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Il n'aurait fallu

Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Qui donc a rendu
Leurs couleurs perdus
Aux jours aux semaines
Sa réalité
A l'immense été
Des choses humaines

Moi qui frémissais
Toujours je ne sais
De quelle colère
Deux bras ont suffi
Pour faire à ma vie
Un grand collier d'air

Rien qu'un mouvement
Ce geste en dormant
Léger qui me frôle
Un souffle posé
Moins Une rosée
Contre mon épaule

Un front qui s'appuie
A moi dans la nuit
Deux grands yeux ouverts
Et tout m'a semblé
Comme un champs de blé
Dans cet univers

Un tendre jardin
Dans l'herbe où soudain
La verveine pousse
Et mon coeur défunt
Renaît au parfum
Qui fait l'ombre douce

Louis Aragon dans le Roman inachevé


 

Blog Goudouly

Goudouly avec un Y...le poète avait un i

Les humeurs permanentes de ce qui touche les habitants de la rue Goudouly.
Chaque article est signé et n'engage que la personne signataire, comme quoi chacun peut s'exprimer dans le respect de l'autre.
Parfois un écho particulier est donné à ce qu'ont pu écrire des amis, des connaissances, des parcours...ce sont des articles de copinages.
Tous les articles récents ne sont pas en première page. Alors, fouillez dans les catégories !!




KEMPF Hervé
Source : internationalnews
 
Stephen Hawking n’est pas un hurluberlu. Il est même sans doute le savant le plus célèbre du monde depuis que sa "Brève histoire du temps" s’est vendue à près de 10 millions d’exemplaires. Le 16 octobre 2001, il lançait, dans le Daily Telegraph, un avertissement d’une particulière gravité. "Si le 11 septembre a été quelque chose d’horrible, affirmait-il, il n’a pas menacé la survie de l’espèce humaine, comme le font les armes nucléaires. Mais, sur le long terme, je suis plus préoccupé par la biologie. Les armes nucléaires nécessitent de grandes usines, alors qu’on peut faire des manipulations génétiques dans un petit laboratoire. Il est impossible de contrôler tous les laboratoires du monde. Le danger est que, par accident ou volontairement, nous créions un virus qui nous détruira."

En évoquant dans cette inquiétante déclaration la destruction de l’espèce humaine par un organisme génétiquement modifié, le physicien faisait écho à une préoccupation grandissante dans les milieux scientifiques et militaires : le génie génétique permet maintenant, en manipulant le génome des agents classiques de la guerre biologique - peste, maladie du charbon, tularémie, etc. -, de les rendre beaucoup plus dangereux qu’ils ne le sont déjà.

Cette idée s’est définitivement imposée en décembre 1997, quand, dans un article de la revue scientifique Vaccine, des savants russes ont expliqué comment ils avaient modifié génétiquement une souche de maladie du charbon (Bacillus anthracis) de façon à la rendre insensible aux vaccins existant contre cette bactérie.

C’est pendant le même mois de décembre 1997 que le président américain Bill Clinton eut l’occasion de discuter longuement avec Craig Venter, un éminent spécialiste du décryptage du génome humain : lors de ce dîner dans une résidence luxueuse d’une petite île de Caroline du Sud, racontent trois journalistes du New York Times dans leur livre Germs, Venter expliqua au président que la connaissance des génomes "pourrait être extraordinairement dangereuse si elle se retrouvait dans de mauvaises mains". "Clinton, ajoutent-ils, demanda si la variole pourrait être combinée avec un autre agent nocif pour la rendre encore plus menaçante. Venter répondit que c’était possible."

Comment le génie génétique peut-il servir à mettre au point de nouvelles armes biologiques ? La liste des possibilités, décrite par les spécialistes, est désagréablement longue. On peut rendre pathogène une bactérie inoffensive et bien connue, telle Escherichia coli, en lui insérant des gènes de toxicité empruntés au génome de bactéries dangereuses. On peut modifier une bactérie pathogène, afin qu’elle ne soit pas reconnue par le système immunitaire ou que les vaccins existants soient inefficaces. On peut chercher à rendre l’agent insensible aux antibiotiques, ce qui rendrait la protection des populations ciblées difficile, voire impossible.

Ces techniques sont déjà pratiquement maîtrisées. Les spécialistes voient encore plus loin, comme le relate un article cosigné par Claire Fraser, la femme de Craig Venter, dans Nature Genetics du 22 octobre 2001 : par exemple, la possibilité d’introduire un virus "silencieux" dans le génome d’une population donnée, virus qui serait réveillé ultérieurement par un signal chimique. "L’idée, explique David Sourdive, un spécialiste français de l’étude des génomes, est de réaliser une arme ciblée sur une population choisie et préalablement "marquée" par un virus."

"En fait, dit un expert de la délégation générale pour l’armement, il n’y a rien en biologie qui ne soit transposable sur le plan militaire." Le décryptage et la publication des génomes deviennent une source d’inquiétude majeure : le danger est en effet que l’on puisse reconstituer le virus à partir de sa séquence, ou tout du moins repérer les zones de virulence, cloner ces gènes et les transférer dans un autre organisme. Le directeur du centre HKU Pasteur, Antoine Danchin, regrette ainsi que l’on ait publié la carte génétique du virus de la variole en 1992. "Ne pouvait-on imaginer, dit-il, que ce qui est simple pour des laboratoires bien outillés, reconstruire un virus à partir de sa séquence, l’est aussi pour des laboratoires mal intentionnés ?"

"QUI A LE DROIT DE SAVOIR ?"

Mais de telles voix sont isolées : en octobre dernier, le centre britannique Sanger a fièrement annoncé le décryptage du génome de Yersinia pestis, la bactérie responsable de la peste noire. Une publication diversement appréciée par les toxicologues, alors que des souches résistant à tout antibiotique ont été repérées à Madagascar. "Mais on ne peut pas ne pas publier les résultats, dit Michèle Mock, spécialiste de la maladie du charbon à l’Institut Pasteur. Et puis sur la base de quels critères déterminer qui a le droit de savoir ?"

De nombreux spécialistes craignent davantage une autre forme de bioterrorisme : celle qui ciblerait l’agriculture. "Des armes tournées vers la production agricole seraient beaucoup plus efficaces, dit David Sourdive. D’abord, l’effet de déstabilisation d’une maladie agricole est garanti et bien connu : voyez par exemple ce qui s’est passé avec la fièvre aphteuse en 2001. Et puis l’agriculture est plus vulnérable parce qu’elle présente beaucoup moins de diversité génétique que les populations humaines." Le travail sur les maladies agricoles était déjà un des principaux programmes de recherche d’armes biologiques pendant la guerre froide, tant aux Etats-Unis qu’en URSS.

Outre son efficacité, ce type de recherche présente un autre avantage : il est beaucoup plus discret. Comment distinguer un laboratoire agronomique d’un laboratoire militaire ? Enfin, les OGM agricoles présentent certains points communs avec les agents bactériologiques militaires : ainsi la bactérie Bacillus thuringiensis, qui est un des outils les plus utilisés par les firmes de biotechnologie végétale, est un cousin très proche de Bacillus anthracis, l’agent de la maladie du charbon, dont il constitue un très bon modèle.

La question de l’emploi de l’arme biologique n’appartient plus, depuis quelques années, à la pure spéculation : dans le cadre de leur lutte contre la drogue, les Etats-Unis tentent depuis 1997 de faire accepter l’utilisation d’un champignon, Fusarium oxysporum, qui détruit la plante d’où l’on extrait la cocaïne. Une version génétiquement modifiée de ce champignon existe en laboratoire. Les Etats-Unis voulaient l’utiliser en Colombie, même si, selon des mouvements écologistes comme le Sunshine Project, ce champignon pourrait avoir des effets dévastateurs sur la biodiversité très riche des terres colombiennes : devant l’opposition qui s’est levée en Amérique latine et en Europe, ils ont pour l’instant repoussé l’utilisation du champignon. Mais jusqu’à quand ? A l’autre bout du monde, en Asie centrale, ils étudient aussi, dans un laboratoire de Tachkent, en Ouzbékistan, un champignon capable de s’attaquer au pavot, largement cultivé dans la région et notamment en Afghanistan. Si les opinions publiques n’y prennent garde, la guerre agrobiologique est à deux doigts de se banaliser, tandis que la guerre biologique - devrait-on dire biotechnologique ? - est redevenue une possibilité sérieuse.


Hervé Kempf


L'économiste Christian Jacquiau décrypte la mystification du projet de loi LME qui, sous couvert de défendre le pouvoir d'achat, fait le lit de l'oligopole de la grande distribution



Nicolas Sarkozy, président de la décroissance
Reconnaissant ses erreurs sur presque tous les sujets, Nicolas Sarkozy nous la joue désormais profil bas. Sans rien changer au fond. Sur RTL, Nicolas Poincaré s'est livré dans l'émission On refait le monde du 25 avril 2008 à un édifiant montage de son mea culpa télévisuel.
Florilège : Le paquet fiscal ? «Une erreur de communication totale».
La carte famille nombreuse ? «On a commis une erreur».
Ingrid Betancourt ? «Peut être que j'ai mal fait ».
La cacophonie au gouvernement ? «J'ai sans doute fait une erreur».
La surmédiatisation de sa vie privée ? «Sans doute ai-je une part de responsabilité».
C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute...

Est-ce l'arrivée de Thierry Saussez, parachuté dans la précipitation sur l'Élysée pour sauver l'image du soldat Nicolas qui lui donne tant d'humilité ?
Ou bien s'agit-il d'un nouvel exercice de communication cachant à peine une incapacité chronique pour notre champion de la réforme (55 au compteur dès la première année de son quinquennat) de se réformer lui-même ?

Nicolas Sarkozy, président de la décroissance
Un Président fâché avec l'économie

Le président Sarkozy est un homme qui va vite.
Dans la confusion qui règne à l'Élysée, il travaille désormais à la mise en oeuvre de décisions soufflées par des conseillers de passage (le lobby de la grande distribution, Jacques Attali, Michel-Edouard Leclerc et quelques autres...) aux effets pour le moins contre-productifs, inflationnistes, destructeurs d'emplois et donc… réducteurs de pouvoir d'achat. De quoi alimenter ses futures confessions télévisuelles.
À la question de la journaliste Véronique Auger (France 3) : «Vous aviez dit que vous seriez le président du pouvoir d'achat», Nicolas Sarkozy rabâche : «Le problème de la France c'est qu'on ne travaille pas assez, que par conséquent on n'a pas assez de croissance et pas assez de pouvoir d'achat».
Et si c'était rigoureusement le contraire ?
Et s'il était, par ses décisions à l'emporte-pièce, un facteur aggravant de la situation ?
Qui peut croire sérieusement que la compression du pouvoir d'achat (maintien des salaires au plus bas, réduction des prestations sociales, application de la franchise médicale, etc.) accentuée encore par la volonté annoncée de baisser les prix à la production (ce qui ne peut qu'avoir un effet négatif sur les revenus des producteurs, des entreprises et de leurs salariés) pourrait déboucher sur une progression de la consommation susceptible de faire tourner nos usines à plein régime, au point qu'elles en arriveraient à embaucher massivement ?
Qui, à part peut-être Jacques Attali, ceux qui l'écoutent, et tous ceux qui ont intérêt à nous faire avaler cette incroyable couleuvre ?
«J'ai maintenant la possibilité de deux leviers supplémentaires», précise ce président décidément fâché avec la chose économique.
Quels sont donc ces deux miraculeuses manettes qu'il sort soudain de sa botte ?
« D'abord sur les prix. J'ai regardé les comparaisons de prix dans les grandes surfaces, ça va pas faire plaisir à tout le monde ce que je dis, mais c'est la vérité. Ce sont des chiffres qui ont été publiés par la commission européenne. Les prix ont davantage augmenté en France que dans la quasi totalité des i[autres pays d'Europe».
«C'est pas normaaaaaaal !», s'exclame le président, traînant sur les mots comme pour mieux exprimer son indignation du moment. Le constat n'est pourtant pas nouveau. Cela fait longtemps que la France est en tête des pays européens les plus chers. «Les prix ont augmenté au moment (du passage à) l'euro et c'est un beau mensonge que de le contester», affirme-t-il aujourd'hui un brin accusateur.
«Y'a pas de raison (sic) que les consommateurs français payent plus cher le même produit», s'indigne le président dans une envolée de comptoir, se gardant bien toutefois d'apporter une quelconque analyse à cet incontestable constat que font les citoyens français au quotidien.

Un cadeau à l'oligopole de la grande distribution

Comment expliquer cette incroyable différence de prix alors que le territoire français est le plus maillé au monde en terme de mètres carrés de grandes surfaces par habitants ?
La France compte en effet un hypermarché pour 46 000 habitants lorsqu'il y en a un pour 51 000 habitants en Allemagne et un pour 130 000 habitants en Italie !
De cela, Nicolas Sarkozy ne dira mot. Et pour cause puisqu'il entend bien renforcer la puissance de ces oligopoles en donnant davantage de pouvoir encore aux centrales d'achat de ses amis de la grande distribution !
À un Patrick Poivre d'Arvor l'interrogeant sur les multiples «tables rondes» réunies sur le sujet et n'ayant débouché sur rien, Nicolas Sarkozy répond sans vergogne : «nous avons progressé en supprimant une partie des marges arrière. Je ne vais pas entrer dans le détail de tout cela. Luc Chatel et Christine Lagarde présenteront un texte au mois de juin qui va permettre la négociabilité entre les fournisseurs et les grandes surfaces...», déclenchant manifestement interrogations et scepticisme chez les cinq journalistes venus l'interroger.
«Les fournisseurs de l'industrie agroalimentaire et les agriculteurs ne sont pas contents par rapport à cette loi. Ils estiment que cela va faire pression sur leurs marges à eux...», l'interrompt alors la journaliste Véronique Auger.
Le pouvoir accru, accordé sans contrepartie, sans garde-fou, aux centrales d'achat de la grande distribution ne peut, en effet, qu'avoir un impact dévastateur sur l'amont (les agriculteurs, les PME/PMI, l'industrie agroalimentaire et leurs sous-traitants) et en cascade : sur les salariés des filières, leurs emplois et leur pouvoir d'achat.
Le gouvernement Fillon, inspiré par le fameux rapport Attali, avait déjà réussi l'exploit de mettre les avocats et les coiffeurs dans la rue. Nicolas Sarkozy s'apprête à faire beaucoup mieux encore en faisant voter ces lois Chatel / Lagarde, réclamées depuis tant d'années par le lobby de la grande distribution.
Fait sans précédent, l'Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires), la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), le réseau COOP de France (coopératives agricoles), la CGGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France), la CGI (Confédération française du commerce interentreprises) et l'ILEC (Institut de liaison et d'études des industries de consommation), organisations en général plutôt légitimistes pour ne pas dire conservatrices, se sont déclarées prêtes à manifester devant l'Assemblée Nationale si le gouvernement ne revoit pas d'urgence sa copie. Du jamais vu !

Nicolas Sarkozy, président de la décroissance
Le gouvernement choisit la distribution contre l'agro-alimentaire

Réponse de celui qui a la charge de l'intérêt de la Nation, face à un panel de journalistes totalement médusés : «Ça pour faire pression on va faire pression !» (sic), ajoutant encore dans son langage de président : «Ça y sont pas contents... C'est moi qui suis pas content parce que les prix augmentent plus en France qu'ailleurs !».
L'industrie agroalimentaire française emploie 400 000 personnes et occupe, avec un chiffre d'affaires annuel de 140 milliards d'euros, la deuxième place mondiale du secteur, derrière les Etats-Unis.
Pourtant le président semble avoir choisi son camp. Et ce ne sont pas ces arguments de poids qui le feront fléchir, même si la pression des centrales d'achat sur le monde agricole et sur le monde de l'entreprise conduit inéluctablement à la compression de personnel (accélération des délocalisations et amplification de la recherche de sous-traitants socialement moins disant) et à la régression sociale.
«Les salaires en France sont trop bas, les charges sont trop hautes », lance Nicolas Sarkozy à la cantonade ignorant avec superbe que moins de salariés, c'est mécaniquement moins de cotisations sociales, patronales et salariales, ce qui surenchérit les coûts sociaux pour les cotisants restants et alimente le fameux discours sur le « trop de charges».
Moins de salariés c'est aussi moins d'impôts levés, avec pour conséquence globale la diminution des prestations de santé et de retraite, la remise en cause des services publics (fermeture au nom de la modernisation d'hôpitaux, de maternités, d'écoles, de tribunaux, de bureaux de poste ou encore de gare SNCF dites secondaires).
Au final, c'est la porte ouverte à la privatisation de tout ce qui faisait le lien social.
Nicolas Sarkozy est-il aussi naïf qu'on pourrait le penser ou bien, sous des airs de faux candide qui ne trompent plus que 28 % de l'opinion, s'inscrit-il résolument dans une fuite en avant tendant à imposer au pays un ultralibéralisme sauvage qui ne sert que les intérêts de ces puissances financières au sein desquelles il compte de nombreux amis ?
«Il faudra m'expliquer pourquoi le même produit augmente davantage lorsque c'est le consommateur français qui va dans une grande surface en France que lorsque c'est le consommateur allemand qui va dans une grande surface en Allemagne».
Quels sont donc ces conseillers du prince qui ont ainsi intérêt à lui mentir, au point de lui cacher jusqu'à l'impact désastreux des pratiques de la grande distribution française, parmi lesquelles ces fameuses marges arrière dont il semble tout ignorer des mécanismes ?
«Depuis que je suis élu président de la République, il y a eu la crise dite des subprimes qui est en vérité la crise d'un capitalisme financier qui marche sur la tête, qui a fait la part trop belle aux spéculateurs au détriment des entrepreneurs».
Est-ce une raison pour renforcer les pouvoirs de négociation (en fait de spéculation) de la grande distribution ?
Des cris d'alarme du monde paysan ou de celui plus inattendu des groupes de l'agroalimentaire, le président semble n'avoir cure, bien décidé d'appliquer les préconisations d'un rapport Attali inspiré du rapport Canivet, lui-même plus qu'inspiré par un certain Michel Édouard Leclerc, ami du président.
«Alors qu'ils soient pas content j'en suis… euh... tout à fait désolé » (sic) dira le président avant d'ajouter : « Ça ne change en rien ma détermination. Je rendrai aux Français du pouvoir d'achat en obtenant soit la baisse des prix, soit en tous cas la maîtrise de l'augmentation».
Rendre du pouvoir d'achat en obtenant la maîtrise de… l'augmentation ?
Le candidat l'avait promis. Désormais avec Nicolas Sarkozy tout devient possible !


Démonstration

«J'avais pris l'exemple invraisemblable du jambon qui avait augmenté de 40 % en grandes surfaces alors qu'il y avait une crise des éleveurs de porcs qui voyaient leurs prix de vente baisser. Alors y a bien quelqu'un qui entre le consommateur qui paie plus cher et le producteur à qui on paye moins cher, y a bien quelqu'un qui dégustait, en l'occurrence c'est le consommateur. Je ne l'accepte pas». (sic)
Explication de texte : ce « quelqu'un » entre le consommateur et le producteur que le président désigne ici comme consommateur / dégustateur n'est autre que la grande distribution et ses centrales d'achat qui se goinfrent véritablement sur le dos de ceux qui leur font confiance.
Dommage qu'il n'y ait personne dans l'entourage de Nicolas Sarkozy pour lui expliquer que le taux de marges arrière exigé de leurs fournisseurs par les distributeurs dépasse allègrement les 70 % du prix des produits de charcuterie industrielle ! Faut-il s'étonner alors qu'en bout de chaîne les producteurs vendent à perte ?
Le pire c'est que le même Nicolas Sarkozy s'apprête à leur donner carte blanche afin qu'ils puissent exiger davantage encore de leurs fournisseurs !
N'ayant manifestement rien compris au système de la grande distribution - ou feignant de ne pas le comprendre -, Nicolas Sarkozy qui, candidat, avait promis d'aller chercher la croissance « avec les dents » en arrive, à présent, à menacer ceux qui en sont victimes.
« Je vais aller beaucoup plus loin », annonce-t-il. « Et même si je dois convaincre ma propre majorité parlementaire, il faut changer la loi dite Raffarin sur l'urbanisme commercial pour mettre davantage de concurrence. Il faut changer la loi Galland sur la négociabilité des prix parce qu'il faut une vraie concurrence au service des consommateurs ».
Supprimer les modestes contraintes que constituait la loi Raffarin (soumettant à autorisation mais autorisant les nouvelles implantations) puis instaurer et légaliser une impensable concurrence déloyale entre le commerce de proximité et les grands réseaux de distribution fait désormais partie de la panoplie de ce président fâché avec les principes les plus élémentaires de l'économie.
En renforçant l'oligopole constitué par les six centrales d'achat de la grande distribution, le gouvernement s'apprête à accroître leur pouvoir de négociation sur l'amont (agriculteurs et industriels) ce qui ne peut se traduire que par une pression accrue sur les coûts de production, de nouveaux plans sociaux, de nouvelles délocalisations et au final : moins de pouvoir d'achat distribué, moins d'emplois et moins de croissance !
«Il y a eu en deux ans une augmentation de 20 % des travailleurs pauvres», lui pourtant rappelé une Véronique Auger très incisive.
Mais Nicolas Sarkozy a d'autres trucs encore pour relancer la sacro-sainte croissance.
«La deuxième chose qui va me permettre de donner du pouvoir d'achats aux français : le premier ministre déposera un texte dans les 15 jours sur l'intéressement et là, c'est un véritable... projet de société».
De quoi s'agit-il ?
«Il y a des entreprises qui font des profits, et c'est tant mieux, et on peut pas s'en plaindre. II faut souhaiter que toutes les entreprises fassent des profits, des profits souvent considérables et c'est tant mieux, mais il faut que chaque salarié des entreprises puisse en profiter. J'observe qu'en France, les entreprises de moins de 50 salariés ne sont pas obligées de faire la participation ou de faire l'intéressement (sic) et bien désormais, une entreprise qui distribuera une partie de ses bénéfices à ses salariés paiera moins d'impôts sur les bénéfices».
Une promesse qui n'engage que celui qui la professe, puisque la négociabilité des prix réduira les bénéfices de nombre d'entreprises, notamment les plus petites et les plus fragiles, et que l'intéressement risque bien dans ce contexte de se réduire à peau de chagrin.
Qui donc peut vouloir tant de mal à Nicolas Sarkozy pour le conseiller de s'engager dans une telle voie sans issue ?
À moins que décidé de donner tort à ceux de ses détracteurs qui pensent qu'il a définitivement tourné le dos au Grenelle de l'environnement, le président n'engage la France avec volontarisme, personne n'oserait croire que c'est à l'insu de son plein gré, dans une véritable politique de… décroissance ?
Il voudrait le faire qu'ils ne s'y prendrait pas autrement.

couverture


les textes

troisième édition

Sommaire détaillé

Avant-propos

Codes

Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, Partie législative

Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, Partie réglementaire

Accords bilatéraux

Accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles

Accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail

Circulaires

Régimes spéciaux

  • Circulaire du 27 octobre 2005 relative au droit au séjour en France des étrangers relevant de régimes juridiques spéciaux

Visas de long séjour pour les conjoints de Français

  • Circulaire du 19 mars 2007 relative à l’application de l’article L 211-2-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile introduit par la loi n° 2006-911 du 24 juillet 2006 relative à l’immigration et à l’intégration

PaCS

  • Circulaire du 30 octobre 2004 relative aux conditions d’examen des demandes d’admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions de l’ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée (extraits)
  • Circulaire du 16 janvier 2007 relative au droit au séjour en France des étrangers ayant conclu un pacte civil de solidarité (PaCS)
  • Circulaire du 19 janvier 2008 relative au pacte civil de solidarité

Interpellations

  • Circulaire du 21 février 2006 relative aux conditions de l’interpellation d’un étranger en situation irrégulière, à la garde à vue de l’étranger en situation irrégulière, aux réponses pénales
Afin de ne pas augmenter démesurément le volume déjà important de la publication (168 pages), nous n’y avons pas fait figurer les textes déjà publiés dans des Cahiers juridiques, auxquels nous invitons nos lecteurs à se reporter, dans ceux en préparation, ou encore dans les pages « droit/textes/entrée » et « droit/textes/séjour » de ce site.

Cahiers juridiques parus récemment :

En préparation :

  • Le regroupement familial (sous presse)
  • Le mariage
  • Le travail
                                                                                                                                     

Le Président

 

Bruxelles, le 4 avril 2008

 

 

                       

 

 

            J'organise, sous l'égide du groupe de "la Gauche Unitaire Européenne - Gauche Verte Nordique" du Parlement européen (avec la coopération de l'association "Espaces-Marx") une conférence sur le thème :

 

"Ce que nous attendons aujourd'hui de la gauche en Europe"

samedi 17 et dimanche 18 mai 2008 à Paris - Cité des sciences de La Villette.

           

 

Comme vous pourrez le constater à la lecture de la note que je vous joins sur la conception de cette initiative, nous souhaitons contribuer en Europe à un sursaut à gauche, et pour cela engager un vaste débat de société sur les grands enjeux de notre époque, et les pistes de réponses possibles.

 

 Première étape dans ce sens, la conférence des 17 et 18 mai a pour but de lancer ce débat. Une trentaine d'intervenants[1] apporteront leur réponse à cette question devant 400 invités parmi lesquels nous serions heureux de vous compter. La salle ne pouvant accueillir que 400 personnes, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous faire connaître votre réponse aussi rapidement que possible.

 

Dans tous les cas, votre soutien aurait beaucoup d’importance pour la portée de cette initiative. Merci, si c’est le cas, de bien vouloir nous en informer afin que nous puissions l’annoncer.

 

            Les documents joints à cette lettre vous donneront toutes informations concernant la conception et le déroulement de la conférence qui sera largement couverte par la chaîne parlementaire française (LCP) ainsi que par la "WEB-TV" du Parlement européen (qui rayonne sur 27 pays dans 22 langues).  Presse et media seront, par ailleurs, naturellement conviés.

 

            Nous attendons avec intérêt votre réponse et restons à votre disposition pour toute information complémentaire que vous souhaiteriez.

 

            Bien cordialement

Francis WURTZ




[1] PJ : la liste des intervenants, une note sur la conception de l’initiative et son programme.


CONFERENCE

"Ce que nous attendons aujourd'hui de la gauche en Europe"

Paris samedi 17 et dimanche 18 mai 2008

 

 

Programme

 

Organisateur:                         Groupe de la Gauche Unitaire Européenne - Gauche Verte                                               Nordique du Parlement européen (en coopération avec                                                   l'association "Espaces-Marx")

Date de la conférence:          Samedi 17 mai/ dimanche 18 mai 2008

Lieu:                                       PARIS - Cité des sciences de La Villette

(30 avenue Corentin Cariou, 75019 – M° Porte de La Villette)

 

Langues de travail:                Traduction simultanée (français-anglais).

 

Déroulement:                          La conférence se tiendra en cinq séances, au cours desquelles interviendront chaque fois, cinq ou six personnes (10 à 15 min chacune). Parmi les 400 invités, plusieurs dizaines d’entre eux pourront, s’ils le souhaitent, enregistrer en vidéo une intervention qui, comme celles des conférenciers, sera mise en ligne sur un site Internet créé à cet effet.

                                                Ouverte aux media, la conférence sera largement couverte par la Chaîne parlementaire française (LCP), ainsi que par la « WEB-TV » du Parlement européen (qui rayonne sur 27 pays, en 22 langues).

Samedi 17 mai

                                                 9h00:              accueil des participants

                                                9h30:              ouverture

                                               10h00 - 12h30:  première séance

                                               14h00 - 16h15:  deuxième séance

                                               16h30 - 18h30: troisième séance

                                              

Dimanche 18 mai

                                                9h00:              installation des participants

                                                9h15 – 11h00 : première séance

                                               11h15 - 13h00 : deuxième séance

                                               13h00 - 13h30:  clôture

                                              

Contacts:

 

  • Francis WURTZ             Secrétariat: Myriam LOSA (Tél + 32 2 284 51 06)

                                         Portable: + 32 472 62 06 62

                                         francis.wurtz@europarl.europa.eu

 

  • Patrice COHEN-SEAT     Secrétariat: Michèle CASTILLON (Tél + 33 01 42 17 45 10)

                                         pcohenseat@espaces-marx.org



CONFERENCE

sur le thème:

 

"Ce que nous attendons aujourd'hui de la gauche en Europe"

17 et 18 mai 2008

PARIS: cité des sciences de LA VILLETTE

 

 

Ont déjà annoncé leur participation :

 

Didier BEZACE, directeur de théâtre

Josep BORREL, ancien Président du Parlement européen (2004-2007)

FranK BSIRSKE, Secrétaire général du syndicat VER.DI (DGB)  (à confirmer)

Robert CASTEL, sociologue

Eduardo CHAGAS, Secrétaire général de la Fédération Européenne des travailleurs des Transports (CES)

Michel COOL, journaliste, ancien rédacteur en chef de Témoignage Chrétien  

Régis DEBRAY, écrivain

Jean-Pierre DUBOIS, Président de la Ligue des Droits de l’Homme

Maryse DUMAS, Secrétaire confédérale de la CGT                       

Jacques GENEREUX, économiste                                      

Susan GEORGE, écrivaine, Présidente du Transnational Institute

Edouard GLISSANT, écrivain                        

Robert GUEDIGUIAN, réalisateur                           

Alain JOXE, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

Véronique DE KEYSER, députée européenne (PSE- Belgique)

Frédéric LEBARON, sociologue

Caroline LUCAS, députée européenne (Verts - Grande Bretagne)

Nasser MANSOURI, membre du Conseil Economique et Social               

Gérard MORDILLAT, écrivain et réalisateur

Luisa MORGANTINI, vice-présidente du Parlement européen (GUE - Italie)

Edgar MORIN, sociologue                                      

Ricardo PETRELLA, Secrétaire général du Comité international pour un contrat mondial de l'eau

Emmanuelle PERREUX, Présidente du Syndicat de la Magistrature                    

Nina SANKARI, responsable du réseau "Initiative Féministe Européenne" (Pologne)

Georges SEGUY, ancien Secrétaire général de la CGT

Leïla SHAHID, déléguée générale de Palestine auprès de l'Union européenne

Aurélie TROUVE, co-présidente d’ATTAC

Alain HURSTEL; Syndicaliste CFDT; Secrétaire du Comité d'Entreprise Européen  Alcatel

 


I.Johsua : «le neo-libéralisme exhume le spectre de 1929»

Selon cet économiste marxiste, les crises à répétition sont l'un des symptômes de l'économie néolibérale, responsable de l'instabilité d'un système désormais abstrait et bien loin des réalités humaines.

Les bourses mondialisées, créatrices de bulles spéculatives. (© Cathy Lehnebach)

Isaac Johsua est économiste, membre du conseil scientifique d'Attac. Longtemps dirigeant de l'extrême gauche, il se réclame toujours du marxisme dans ses analyses. Il fut l'auteur d'une analyse remarquée de la crise de 1929 (1).

Marianne: La crise des subprimes est désormais déclarée «plus grande crise financière depuis 1945». Cela veut donc dire depuis celle de 1929. La comparaison est-elle éclairante ?
Isaac Johsua : En tous cas, elle vaut d'être tentée. Car il y a bien des points communs entre ce que nous vivons aujourd'hui et ce qui s'est passé aux Etats-Unis et en Europe à partir de 1929. Par exemple, les deux crises ont pour origine une bulle spéculative. Elle était boursière en 1929, elle est immobilière en 2007-2008. Autre point commun : le surendettement des ménages américains, qui renforce la spirale dépressive de la crise. De même l'effondrement de la livre sterling en 1931 avait aggravé la situation, comme la chute du dollar en ce moment. Bien sûr ce n'est pas une répétition, puisque entretemps, nous nous sommes dotés d'instruments stabilisateurs de l'activité, que ce soient des allocations (avant guerre, il faut se souvenir que les chômeurs dépendaient de la simple charité privée !), ou des budgets nationaux. L'histoire ne repasse pas les plats, du moins pas aussi simplement.

Mais il y a aussi l'ampleur…
I. J. : Certes, et c'est pour cela que l'hypothèse d'une crise majeure est à redouter. Depuis 1929, le capitalisme s'est transformé, et la mondialisation a étendu l'hégémonie du salariat à l'ensemble de la planète. On peut dire qu'aujourd'hui, il a éliminé toute la petite production, majoritairement agricole, qui représentait, jusqu'à la seconde Guerre mondiale, voire au-delà, une sorte d'amortisseur des crises. Avec la mondialisation, l'espace disponible pour les perturbations s'est dilaté à l'ensemble de la planète, l'interconnexion des marchés est complète et diffuse toujours plus rapidement les mouvements de flux et de reflux. Les crises se succèdent de plus en plus rapidement et s'élargissent : la crise mexicaine en 1995, celle du sud-est en 1997, de la nouvelle économie en 2001 centrée sur les Etats-Unis et enfin celle d'aujourd'hui qui concerne le monde entier. C'est un démenti aux thèses néolibérales.

En quoi ?
I. J. : En ce que le néolibéralisme à l'oeuvre depuis les années 1990 a détruit le compromis fordiste, mis en place justement pour sortir de la crise de 1929. Le fordisme, est un modèle pragmatique, auquel Keynes a donné une assise théorique. Il consistait à mettre en place un nouveau rapport salarial qui stabilise l'emploi, ou au moins le revenu, et donc stabilise la consommation. Dans un monde peuplé à 95% de salariés, sensible aux chocs dépressifs, il faut éviter l'effondrement de la consommation. Or, depuis 1990, l'épisode néo-libéral a consisté à démanteler ce compromis fordiste, et à placer comme moteur de la consommation, non plus la croissance des rémunérations, mais celle de l'endettement des ménages. Ainsi, dans les dernières années, celui des Américains a cru de 30%, jusqu'à devenir nettement négatif. C'est dément ! Ce faisant la mondialisation néolibérale a fait la démonstration que le système est instable, s'il n'est pas adossé à des institutions comme l'Etat, les conventions collectives et des systèmes redistributifs de protection sociale.

C'est donc cet endettement des ménages qui est à l'origine de la crise.
I. J. : Oui, parce que Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine, a mis en place sciemment une machine infernale. Les baisses des taux qu'il a pratiquées ont eu pour effet d'augmenter toujours plus l'endettement des ménages. Aujourd'hui ce n'est plus possible. On peut continuer à baisser les taux d'intérêts, les ménages, qui voient le prix de leurs maisons baisser, n'emprunteront pas davantage. Du coup, emprunteurs et créanciers sont pris au piège. Et l'on s'aperçoit alors que la crise est une crise de rentabilité du capital. Je m'explique : les marchés financiers ont eu l'ambition démesurée d'exiger des taux de rendements qui n'ont aucune commune mesure avec la rentabilité de l'économie réelle. C'est cela qui a été le moteur de l'inventivité des marchés, de l'innovation financière comme la titrisation des crédits. Il s'agissait de s'affranchir de la sphère de la production afin d'atteindre la fameuse règle des 15% de rentabilité du capital. On sort enfin de ce grand rêve éveillé. Et on peut dire que la crise est une protestation véhémente contre ces exigences insensées des détenteurs du capital. On va revenir à davantage de mesure. Mais il faudra se souvenir que ce rêve des profits illimités est partie intégrante du système capitalisme. Rappelons nous la bulle Internet était née de perspectives de profits extraordinaire que promettait la «nouvelle économie».

Quelles solutions pour s'en sortir ?
I. J. : Il va falloir couvrir les pertes qui paralysent le système. C'est d'abord aux capitalistes de le faire. Ensuite se pose une question politique : faudra-t-il nationaliser les banques. C'est ce que prône, de fait, Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI. On a commencé en Grande-Bretagne avec la Northern Rock. Mais que va-t-on nationaliser : les banques qui font du profit ou celles qui sont percluses de pertes et sont non-viables ? Cela s'appelle privatiser les profits et socialiser les pertes.
Il faudra bien en arriver au vrai débat. Comment en finir avec la révolution néoconservatrice qui n'a qu'une seule idée : empêcher les salaires d'augmenter et pousser au surendettement. Il faut retrouver un partage négocié de la valeur ajoutée entre salariés et employeurs. Cela fait intervenir la politique. Il faut limiter la capacité de nuisance de la finance. Dans notre pétition, nous demandons la suppression de l'article du traité de Lisbonne qui sanctuarise la libre-circulation des capitaux. Pas parce que nous sommes anti-européens, mais par ce que la libre circulation des capitaux est un des moteurs puissants des bulles spéculatives. Renoncer à contrôler ces flux, c'est admettre que d'autres crises plus dévastatrices succéderont à celle que nous connaissons. Et à titre personnel, je pense que si nous n'obtenons pas de réponse de l'Europe, il faudra poser cette question au niveau national. Si nous le voulons, nous le pouvons et l'impuissance de l'Europe ne peut demeurer un prétexte à l'inaction.

Certes, mais n'est-ce pas là des solutions qui tendent à revenir à un capitalisme plus stable. On aurait pu penser que cette crise exemplaire du capitalisme ramène au devant de la scène des solutions alternative au système, et osons le mot : socialiste. Or ce n'est pas le cas.
I. J. : Il y a deux réponses à cette question. La première est que l'on compte aujourd'hui les chercheurs marxistes sur le doigt des deux mains. Et ils ont tous, comme moi, des cheveux bien blancs. La seconde c'est que la chute du mur de Berlin a tué pour longtemps l'idée d'une économie entièrement planifiée. Je faisais partie de ceux qui ne nourrissaient aucune illusion sur ce qu'était le socialisme pratiqué en URSS. Mais la disparition du communisme a ancré pour longtemps dans la tête des gens que cette voie-là a abouti à une impasse.

(1) La crise de 1929 et l'émergence américaine, PUF, 1999 ; Une trajectoire du capital : De la crise de 1929 à celle de la nouvelle économie, Syllepse, 2006.

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