Ban Ki-moon appelle les pays riches à aider les pays en développement dans la lutte contre le changement climatique
9 mai 2007
Devant la Commission du développement durable, réunie aujourd'hui à New York pour sa quinzième session, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a enjoint les pays développés à fournir aux plus pauvres l'assistance nécessaire pour renforcer leurs capacités d'adaptation et rendre plus propres les technologies énergétiques dont ils font usage.
« Ce sont les pays en développement, et en particulier les petits pays insulaires en développement, qui souffriront le plus et les premiers, des conséquences de l'émission des gaz à effet de serre dans l'atmosphère », a rappelé le Secrétaire général lors de la séance d'aujourd'hui.
Sur toutes les problématiques relatives au développement durable, « une des questions urgentes à laquelle nous devons accorder une attention soutenue et au plus haut niveau, est celle du changement climatique, dont les implications touchent aussi bien les pays riches que les pays pauvres », a-t-il insisté.
« Environ 1,6 milliard de personnes sont aujourd'hui privées d'accès à l'électricité et 2,4 milliards ne disposent pas de services énergétiques modernes qui leur permettraient de satisfaire leurs besoins domestiques quotidiens », a souligné Ban Ki-moon.
Selon lui, les partenariats créés par la Commission du développement durable, notamment avec la société civile et les milieux d'affaires, ont permis de prendre des mesures pour essayer de trouver des remèdes à cette situation en mettant l'accent sur le développement des énergies renouvelables.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques a en effet confirmé que le réchauffement de la planète était absolument indiscutable sur le plan scientifique, a indiqué le Secrétaire général (dépêche du 01.03.2007 et dépêche du 04.05.2007).
« Un marché des émissions de carbone serait susceptible d'améliorer à long terme la situation à laquelle le monde fait face, à condition que les pays riches fournissent aux plus pauvres l'assistance nécessaire », a-t-il déclaré.
« J'ai placé la question du changement climatique en tête de mes priorités, et j'ai, à ce sujet, engagé des consultations avec les Gouvernements et les principales parties prenantes, par l'intermédiaire de mes Envoyés spéciaux, en vue de trouver une solution multilatérale à ce problème mondial dans le contexte de la Convention-cadre des Nations Unies contre le changement climatique (UNFCC) », a assuré le Secrétaire général.
Nous devons trouver une solution qui soit conforme aux conclusions scientifiques les plus récentes et qui tienne compte des besoins des entreprises sur le long terme, a-t-il indiqué.
Ban Ki-moon a en outre averti que la communauté internationale devait accélérer l'action qu'elle mène sur tous les fronts, si elle veut éviter à la planète et à ses populations certains effets catastrophiques.
Abordant ensuite la question du développement industriel, qui est à l'ordre du jour de la Commission, le Secrétaire général a indiqué qu'il fallait créer un environnement international qui soit plus ouvert aux flux de marchandises et de technologies propres, et qui bénéficie de services d'appui dans ces domaines. Il faut aussi investir dans les ressources humaines, a-t-il ajouté.
La pollution atmosphérique est un produit accessoire, et regrettable, de la pollution industrielle, a-t-il par ailleurs fait remarquer.
Le Secrétaire général a relevé que des réalisations importantes avaient été accomplies, notamment en ce qui concerne la coopération visant à faciliter la réduction et le ralentissement de l'appauvrissement de la couche d'ozone. Cette coopération est aussi destinée à faciliter la mise en place de systèmes internationaux de surveillance.
Au plan des progrès accomplis, l'utilisation de combustibles moins polluants a permis de réduire le niveau d'émissions de gaz polluants, s'est félicité Ban Ki-moon.
Le système des Nations Unies doit cependant faire plus pour intégrer l'examen des questions énergétiques et climatiques au coeur des priorités de la communauté internationale.
Le Secrétaire général appelle le Conseil de sécurité à lutter contre les changements climatiques
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17 avril 2007 – Le Conseil de sécurité a un rôle à jouer pour agir avec les autres organes intergouvernementaux afin de lutter contre les causes profondes des conflits, parmi lesquelles figurent les conséquences économiques et politiques des changements climatiques, a affirmé aujourd'hui le Secrétaire général lors du premier débat du Conseil organisé sur cette question.
« Je suis convaincu qu'aujourd'hui tous les pays reconnaissent que le changement climatique, en particulier, nécessite une réponse globale et à long terme, qui soit conforme aux dernières découvertes scientifiques et compatible avec le développement économique et social », a dit le Secrétaire général lors d'une séance publique du Conseil consacrée à « l'énergie, à la sécurité et au climat », convoquée à l'initiative de son président pour le mois d'avril, le Représentant permanent du Royaume-Uni.
« Tant en termes financiers qu'en termes de vies humaines épargnées et de qualité de vie, le coût de la prévention des conflits est bien moindre que leurs conséquences », a rappelé le Secrétaire général.
Ban Ki-moon a rappelé que, selon les derniers rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), « le réchauffement de la planète est sans équivoque, son impact est manifeste et il ne fait pas de doute que les activités humaines y contribuent de façon considérable » (dépêche du 9.04.2007).
Le Secrétaire général a rappelé que « les changements climatiques anticipés n'étaient pas seulement une préoccupation environnementale ».
Il a évoqué plusieurs scénarios « alarmants, et non pas alarmistes », que la communauté internationale devrait s'attacher à prévenir.
La modification des schémas climatiques, causant inondations et sécheresses, avec les coûts économiques qui s'y rapportent tels que la compensation pour les terres perdues, risque de polariser et de marginaliser les communautés.
Les catastrophes naturelles risquent d'accroître les situations d'urgences humanitaires, et donc l'instabilité et la dislocation sociale.
Les migrations causées par les changements climatiques pourraient renforcer les tensions et les conflits, surtout dans les régions où il existe déjà de nombreuses personnes déplacées et réfugiées.
La raréfaction des ressources, notamment en eau et en nourriture, pourrait transformer une compétition aujourd'hui pacifique en violence.
« Enfin, on sait déjà que le caractère limité de l'accès à l'énergie est une cause importante de conflit. La modification de notre planète risque de l'aggraver encore », a fait observer le Secrétaire général.
Ce dernier a rappelé qu'en outre tous ces scénarios seraient de nature à entraver la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).
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| FAO |
L'agriculture est souvent responsable de la dégradation de l'environnement, notamment lorsque la production alimentaire déroge aux règles de durabilité, lorsque les écosystèmes sont excessivement exploités ou encore du fait de l'épuisement des ressources naturelles, souligne un communiqué publié aujourd'hui depuis Rome.
Mais, dans le même temps, c'est sur les agriculteurs que repose la protection et l'exploitation durable des ressources naturelles; leur rôle est important pour arrêter la dégradation des écosystèmes vitaux, a expliqué Alexander Müller, Sous-Directeur général de la FAO.
Une volonté politique est nécessaire pour stopper la dégradation des écosystèmes grâce à des changements au niveau des politiques, des institutions et des pratiques agricoles.
L'agriculture doit figurer au centre de la scène si l'on tient à préserver l'équilibre écologique dont dépendent les générations actuelles et futures, a ajouté Alexander Müller.
« En l'absence de ces changements, la dégradation environnementale menacerait la productivité agricole et la sécurité alimentaire ».
« Une bonne partie du débat sur la biodiversité, le changement climatique et la bioénergie se déroule sans la participation effective du secteur agricole et des ministères concernés. Cela doit changer. En outre, nous avons besoin, de toute urgence, d'une analyse mondiale sur les risques environnementaux liés à l'agriculture afin d'identifier des solutions au double plan écologique et économique ».
En dépit d'importants accords internationaux sur l'environnement, les émissions de gaz à effet de serre augmentent, l'extinction des espèces vivantes se poursuit et la désertification est de plus en plus préoccupante dans bien des pays, selon le rapport de la FAO.
La dégradation des services offerts par les écosystèmes pourrait empirer au cours de la première moitié de ce siècle, créant ainsi un obstacle à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.
Parallèlement à la croissance de la population mondiale, il faudrait que la production agricole et les disponibilités alimentaires augmentent si l'on veut réduire le nombre de sous-alimentés de la planète, estimé aujourd'hui à 854 millions de personnes.
Le réchauffement climatique augmentera la pression sur l'environnement alors que les systèmes de production actuels seront déstabilisés par les pénuries d'eau, la salinité, l'aridité et l'élévation des températures. En outre, les monocultures destinées à la production de biocarburants devraient accélérer l'érosion de la biodiversité.
« Cette évolution est porteuse de défis considérables, car la biodiversité est la matière brute utilisée par les sélectionneurs pour créer de nouvelles variétés culturales qui permettront de préserver la biodiversité biologique pour l'alimentation et l'agriculture au profit des générations futures, et de conserver l'important fonds génétique nécessaire à la résilience des écosystèmes », selon le rapport.
Le Comité de l'agriculture doit se pencher aussi sur le dossier de l'élevage et discuter des dégâts environnementaux provoqués par l'élevage intensif.
L'élevage occupe une place importante dans l'économie agricole et procure des emplois et des revenus à des millions de personnes. Quelque 987 millions de ruraux pauvres en vivent.
La production de viande mondiale doit plus que doubler passant de 229 millions de tonnes en 1999/2001 à 465 millions en 2050. La production de lait doit passer de 580 millions à plus de 1,043 milliard de tonnes.
La majeure partie de ces augmentations se produira dans des pays qui connaissent une croissance rapide, notamment la Chine, le Brésil et l'Inde.
L'élevage accroît le stress sur les écosystèmes et contribue à l'aggravation des problèmes environnementaux au niveau mondial. A titre d'exemple, 10 à 20% des pâturages sont dégradés principalement par le bétail alors que l'élevage contribue à hauteur de 9% aux émissions de gaz carbonique et à hauteur de 37% aux émissions de méthane. L'élevage, c'est aussi 8% de la consommation mondiale d'eau.
« Il faut rectifier le tir sur le double plan politique et technique pour réduire l'impact de l'élevage sur l'environnement, et cela avant que la situation ne s'aggrave », a conclu Alexander Müller.

Par Roberto Aguirre
APM. La Plata. Argentine, le 22 mars 2007.
Le docteur Miguel Angel Altieri est un des plus grands spécialistes de l'agro écologie dans le monde. Né au Chili et actuellement professeur à l'Université de Berkeley, en Californie, ce spécialiste définit cette discipline comme une science qui pose un nouveau paradigme scientifique pour le développement de l'agriculture, qui rejette la dépendance aux agro-toxiques et à l'utilisation de transgéniques, et réhabilite les savoirs traditionnels des paysans.
A l'occasion du Séminaire d'Agro-écologie qui s'est tenu dans la ville de La Plata, en Argentine, sous l'égide de l'Institut pour la Petite Agriculture Familiale de la région de la Pampa (IPAF de la Pampa) de l'Institut National de Technologie Agricole (INTA) et la Faculté de Sciences Agricoles et Forestières de l'Université Nationale de La Plata, Miguel Altieri a donné une conférence où il a expliqué le développement de son modèle. APM a pu échanger avec l'académicien sur les sujets liés à la réalité latinoaméricaine.
Avec la visite du président des Etats-Unis, George Bush, en Amérique Latine, plus spécifiquement au Brésil, s'est déclenchée une polémique autour de la viabilité du développement des biocombustibles. Quel est votre avis à ce sujet ?
Les biocombustibles sont une tragédie écologique et sociale. Avec leur production on va créer un très grand problème de souveraineté alimentaire, puisqu'il y a des milliers d'hectares de soja, de canne à sucre et de palmier africain qui vont se développer, ce qui va produire une déforestation massive. Ceci est déjà le cas en Colombie et en Amazonie au Brésil. Cela va en outre augmenter l'échelle de production de monocultures mécanisées, avec de hautes doses d'engrais , spécifiquement de l'Atrazine, qui est un herbicide très nuisible avec un effet endocrinien. Disons que les problèmes de l'agriculture industrielle seront renforcés de façon énorme.
D'autre part, le développement des biocombustibles n'a aucun sens d'un point de vue énergétique, puisque toutes les études qui ont été faites démontrent qu'on a besoin de davantage de pétrole pour fabriquer du biocombustible. Par exemple, dans le cas de l'éthanol de maïs on a besoin de 1.3 kilocalories de pétrole pour produire une kilocalorie de bioéthanol. Ceci n'a aucun sens. Ce qui arrive, principalement, c'est la conception d'une nouvelle stratégie de reproduction pour le capitalisme, qui prend le contrôle des systèmes alimentaires. Se produit ici l'alliance inconnue des multinationales pétrolières biotechnologiques, des fabricants de voitures, des grands négociants de grains et de quelques institutions conservatrices. Alors, il y a un conglomérat qui va décider avec la Chine, étant donné sa demande de soja, quels vont être les grandes orientations des paysages ruraux de l'Amérique Latine. Je crois qu'en ce sens nous devons faire très attention à ce que nos gouvernements, bien qu'ils veuillent utiliser cette opportunité, donnent la priorité à la souveraineté alimentaire comme un élément de développement stratégique.
Ces jours -ci des études ont vu le jour confirmant que les Etats-Unis et l'Union Européenne n'ont pas assez des terres pour remplir les objectifs imposés pour le développement des biocombustibles. Ceci implique qu'on a déjà pris une décision : l'Amérique Latine et les pays du Tiers Monde sont ceux qui fourniront les ressources nécessaires...
Je cite seulement un exemple. Pour que les Etats-Unis produisent tout l'éthanol dont ils ont besoin pour remplacer leur pétrole, ils devront cultiver six fois leur surface. Alors, il est clair qu'ils vont le faire dans les pays d'Amérique Latine et, de fait, ils sont déjà en chemin ; telle fut la convention qu'a signé Bush avec Lula et voilà les marchés qui vont dicter ce qu'on va commencer à produire.
Sommes-nous face à une nouvelle forme de colonialisme ?
Totalement, c'est un impérialisme écologique. Mais nous aussi, comme pays, nous devrions avoir la dignité suffisante pour nous mettre dans cette affaire, en privilégiant la souveraineté alimentaire : la terre en plus que destinerons aux biocombustibles. Il doit y avoir d'importantes décisions parce ce qui est en jeu est trop important.
Dans votre dissertation vous posiez que l'agro-écologie a une dimension politique, et que son développement doit avoir lieu depuis les mouvements paysans eux-mêmes. Concevez-vous l'agro-écologie comme l'outil du changement social ?
Les mouvements paysans et les mouvements sociaux ruraux ont accepté l'agro-écologie, ce n'est pas que l'agro-écologie les ait acceptés. De même, ils ont reconnu l'agro-écologie comme un moyen fondamental pour atteindre la souveraineté alimentaire. Ils voient que la proposition agro-écologique est très compatible avec leurs discours parce que c'est une science et une technologie socialement active qui permet et favorise la participation sociale. C'est une science qui n'est pas contre la rationalité paysanne mais elle s'est construite, au contraire, sur la connaissance paysanne, en opposition au paradigme traditionnel qui détruit la connaissance paysanne.
D'autre part l'agro-écologie est une ressource économiquement durable parce qu'elle se base sur l'utilisation de ressources locales, qui lui permet de développer une proposition beaucoup plus bon marché et non dépendante. Elle est aussi écologiquement saine, parce qu'elle ne prétend pas modifier l'écosystème campagnard, mais essaye de l'optimiser, contrairement à l'agriculture traditionnelle qui tend à le détruire. La majorité des mouvements sociaux voit l'agro-écologie comme une science, qui fournit les bases scientifiques pour une transformation de l'agriculture, mais compromise avec un agenda de développement social et durable très clair, à savoir, socialement juste, qui considère la réforme agricole, la réalité des paysans et le respect des cultures. C'est pourquoi, les mouvements paysans ont vu que l'agro-écologie offre un outil très important, et qu'elle est compatible avec leurs objectifs de souveraineté alimentaire.
Comme a été souligné le rôle des mouvements sociaux, vous avez souligné que la voie institutionnelle aurait des limites pour le développement d'un modèle agro-écologique.
Oui, il a des limites parce que les institutions, surtout l'État, souffrent des oscillations politiques et n'ont pas de continuité dans les programmes. Nous ne pouvons alors pas penser que le futur de l'agro-écologie va rester dans la main de décisions politiques qui sont changeantes. C'est pourquoi nous devons doter de pouvoir les Communautés rurales pour qu'elles reproduisent ce modèle.
Mais ces processus institutionnels plus ouverts, peuvent être utilisés par les groupements paysans pour démarrer avec un projet.
Oui, il y a plusieurs espaces ouverts, et je crois qu'il faut les utiliser et les soutenir, mais aussi les organisations paysannes doivent avoir un rôle plus actif, non pas si passif.
En pensant aux mouvements sociaux comme les véritables acteurs de l'agro-écologie, que vous avez défini comme une "révolution latinoaméricaine", pourquoi croyez-vous que la majorité des mouvements sociaux en Amérique latine sont attachés à l'agro-écologie comme modèle de lutte ?
Il arrive que la plus grande partie de la pauvreté est d'origine rurale, les grandes masses de pauvres dans les villes sont, dans leur majorité, des paysans qui ont été déplacés. D'autre part, de nos jours par l'agriculture passent tous les problèmes fondamentaux de l'humanité : le problème énergétique, celui de la sécurité alimentaire et celui de la santé. Les mouvements sociaux observent ceci et voient que l'agro-écologie leur donne une force à plusieurs endroits. Et ceci se produit aussi dans les espaces urbains, où les gens se rendent compte que la qualité de vie dépend de la qualité de l'agriculture. En ce sens, les gens savent que s'ils achètent du McDonald's, ils achètent un type d'agriculture qui endommage leur santé, tandis que s'ils achètent sur les marchés locaux, en plus de soutenir leurs petits agriculteurs, ils ont accès à des aliments sains et de la biodiversité.

Lamboley Michel
Ingénieur – économiste
Doctorant à l’INRETS
La question du logement ne peut être traité de manière individuelle. Cette question ne se limite pas à héberger des gens mais à les envelopper dans un contexte social permettant des bénéfices en termes de confort individuels et environnemental. La politique du logement ne peut qu’être conçue avec l’objectif de la mixité sociale celle-ci permettant en retour un plus grand usage des transports en commun. A cela s’ajoute bien entendu, la question des mobilités attachées au loisir et au travail est-il possible de renoncer à la voiture ? Il apparaît que non pour les déplacements de loisirs ce qui n’est pas le cas de la mobilité attaché au travail qui peut être réduite par une politique d’urbanisme audacieuse. Néanmoins, à plus long terme, pour préserver la planète, seule la sortie du pétrole est envisageable.
1) Du logement et de la mixité sociale.
Les crises successives de la capacité du parc de logement à héberger ont connu des réflexions qui sont largement antérieure à l’appel de l’abbé Pierre. Que l’on songe à l’Utopie de Thomas More pour en être convaincu. Pour le dire simplement, la crise du logement est liée profondément au développement de la ville en tant que rassemblement des individus dans un périmètre restreint. Des problèmes récurrents de logement s’y produisent dans lesquels les plus humbles sont les plus touchés. En effet, la hiérarchie sociale s’y reproduit en fonction des lieux occupés, quartier riche ou quartier pauvre. Or force est de constater que cette question récurrente n’a pas été traitée par les constructions massives d’HLM, (en particuliers au travers des villes nouvelles ou des barres d’immeuble) qui ont reproduit et amplifiée cette division spatiale de l’espace en France bien qu’elle ait résolu le problème du logement, (au sens d’habitation disponible) lui-même. Depuis, le recours aux forces du marché à non seulement amplifié la division spatiale, et le communautarisme puisque la mixité sociale gage d’intégration laïque n’existe plus, mais entraîne de plus une raréfaction des capacités du parc de logement disponibles.
Après un peu d’histoire, les mécanismes économiques et institutionnels responsables de cette situation seront développés avant ses conséquences sur la mobilité spatiale.
Un peu d’histoire.
Le logement est un problème qui date de l’antiquité. Les rues peuplées de mendiants vivant dans la rue ne sont pas une image d’Epinal mais une réalité historique. La première révolution industrielle en France, commencée sous Louis XVIII et terminée sous Napoléon III, amplifie les phénomènes migratoires urbains et donc les crises.
Pourtant concrètement, la question du logement restait traité de « manière individuelle » autrement dit en laissant cours au « force du marché ». L’intervention publique y restait faible, une prémisse de centralisation, autrement dit d’une intervention de l’Etat, n’apparaît qu’en 1848. Sous le second Empire, à Paris le modèle Haussmanien se met en place, malgré l’opposition des Orléanistes farouches défenseurs du statut quo, avec des recettes qui seront réemployées par les futurs planificateurs urbains : expropriation d’utilité publique votée en 1807, financement de l’Etat et planification urbaine. La restructuration de Paris est globale puisque l’on pense la ville en fonction des transports et de l’habitat. L’apparition du chemin de fer permet une expansion de la ville par l’intermédiaire d’un programme d’infrastructure adéquate. Comme l’indique Napoléon III « En principe les gares de chemin de fer doivent le plus possibles être établies non pas près du centre mais à la circonférence afin d’y multiplier les habitants. L’ancêtre du RER (Réseau Express Régional) est né.
Pourtant, ce modèle entre en crise dès 1880. Plusieurs facteurs en sont à l’origine, insuffisance de logements sociaux, d’infrastructure de transport, expansion de la banlieue et intégration forcée des industries polluantes autrefois exclues. En 1889 Georges Siefried et Jules Picot défendent l’idée des Habitation à Bon Marché (HBM). Il s’agissait de permettre l’accession à la propriété des ouvriers afin d’éviter le péril du Socialisme. La loi Bonnevay de 1912 est votée sous la pression des conseils municipaux locaux afin d’étendre les compétences des pouvoirs locaux à cette question qui restait la compétence de l’initiative privée. Les offices HBM ancêtres des offices HLM, naissent alors. Ces HBM n’ont pas résolu la crise du logement qui sera particulièrement tendue au sortir de la première guerre mondiale. Néanmoins, l’idée d’une planification urbaine fait son chemin.
Dès 1933 la charte d’Athènes relance une Utopie, celle de la ville en hauteur. La « cité jardin » des socialistes utopiste est reprise en compte et placée dans les grands ensembles. Massivement appliquée dans les pays socialiste ce type d’architecture sera repris en compte lors de la création des villes nouvelles en France donnant naissance aux cités. L’objectif étant la encore de loger les personnes démunies au sein de logements plus vastes équipés d’un confort moderne (eau gaz électricité). Les infrastructures de transport (RER routes) complétaient le dispositif en fonction des nouvelles possibilité technologiques en particuliers l’apparition de la voiture.
Les mécanismes d’exclusion liée au marché.
A l’heure actuelle 50% des locataires en France sont hébergés dans le parc privé. Dans le cadre du marché, la propension des propriétaires à générer de la plus value est génératrice d’augmentations de loyer pour les locataires.
Les loyers permettent alors une plus grande rentabilité des investissements, les placements s’accroissent et les prix d’achat des logements augmentent. La construction de logements supplémentaires demande du temps. Elle arrive donc en retard par rapport aux besoins solvables ce qui permet une hausse continue des prix d’achat mais aussi des loyers : l’investisseur qui fait du locatif exige un taux de rentabilité qui dépend principalement de l’investissement initial (prix d’achat). Or ce taux dépend, en premier lieu, des loyers qui augmentent donc. Ces hausses s’alimentent jusqu’à ce que les mises en chantier ne rencontrent plus de clientèle c’est alors la crise.
Les mises en chantiers cessent jusqu’au prochains cycle mais si les prix d’achat peuvent baisser (et encore ceux des appartements neufs), les loyers eux ne baissent pas. En effet, la demande liée à l’achat d’appartement est différente des besoins d’hébergement qui croissent pour des raisons sociales. Ainsi, l’éclatement de la cellule familiale père mère enfant pour un noyau mère (père) enfant dans la majorité des cas augmentent avec le célibat la demande d’hébergement et donc de logements. Dans ce cadre, les familles ou les individus à revenus modestes ne peuvent que s’éloigner du centre pour trouver à se loger, souvent en banlieue moins bien équipée de structure de transport collectif. Dans les grandes villes Françaises (Paris Lyon …) les augmentations de loyer chassent une partie des classes déshéritées au profit des classes solvables des centres des villes qui profitent alors des infrastructures existantes (transport collectif entre autre).
Sans intervention publique, la ségrégation spatiale, voire l’exclusion du logement même en travaillant, conforme à la division sociale du travail est une conséquence du fonctionnement du marché. Les problème sociaux sont alors traités par la puissance publique qui construit alors des Habitation Bon marché et autre HLM. Pourtant cette construction elle-même de critères économique, les fonds publics ne sont pas extensibles à l’infini. Les nouveaux bâtiments sont construits dans des zones excentrées ou le prix du foncier est faible ce qui en retour pose des problèmes d’éloignement du centre et d’exclusion spatiale. Dans ces bâtiments, l’accession à la propriété reste faible puisque le rêve des populations est d’accéder à un logement individuel « intégré » et non hors de la cité.
De plus, ces zones présentent, pour certaines, des problèmes sociaux récurrents ce qui dévaloriserait le patrimoine dans le cas d’un achat de logement. Les populations qui le peuvent encore, s’achètent donc un habitat individuel certes plus éloignés voir rural mais conforme à leur désir. Les populations restant cumulent alors les problèmes sociaux voir culturel. Si aucune revalorisation sociale et patrimoniale n’intervient, les zones d’exclusion naissent alors.
Dans ce domaine force est de constater que, contrairement à l’idéologie libérale, la somme des intérêts individuels ne concourre pas à l’intérêt général.
Les mécanismes d’exclusion institutionnels.
La principale difficulté du réaménagement urbain provient de la structure patrimoniale du foncier. Patrimoine transmissible, les propriétaires voit d’un mauvais œil les expropriations fusse t’elle pour l’intérêt publique. De plus, dans les classes populaires en particuliers, l’accession au statut de propriétaire est une marque d’ascension sociale et de sécurité économique. En effet, on ne dépend plus d’un logeur aussi philanthrope soit-il. Aujourd’hui plus de 50% des habitants sont propriétaires de leur logement. Dans ces derniers, certains touchent le RMI. Bref la question de la pauvreté économique prend un visage moins simpliste que le traditionnel « chômage exclusion du logement ».
Plusieurs niveaux institutionnels interviennent dans la politique du logement et le rôle des collectivités locales et en particuliers de la commune n’y est pas négligeable. Dans ce cadre, les pressions et les politiques d’intérêts locales jouent un grand rôle tant du point de vue du réaménagement urbain que de la politique de logement social. La commune peut en effet refuser d’accueillir des logements sociaux ou au contraire en construire de manière intensive au travers d’office HLM. Dans ce cadre, la loi des 20% et la mise en place des « plafonds » prévu par la loi d’orientation de la ville de 1991 complétée n’a que deux défauts les moyens de sanctions sont trop faible et qu’elle ne porte que sur la construction de logements. Pourtant même en si cette loi était appliquée, aucune garantie n’existe sur la fait que les nouvelles constructions soit intégrée à la ville et non positionnée sur des lieux spécifiques (terrain éloigné du centre ou difficile d’accès) générateur de rupture urbaine. En effet, même si l’on est pauvre (et surtout si l’on est pauvre) construire une cité HLM risque de dévaloriser le pavillon dans lequel de nombreux travaux ont été faits. Le résultat est cependant le même l’absence de mixité sociale. En effet, accumuler les logements sociaux ou les exclure revient à cumuler les populations riches ou les populations « pauvres » mais à les séparer.
Au travers de l’impôt progressif la plus-value attachée à la location du logement privée peut être prélevé pour être redistribué. Néanmoins, l’impôt augmente son taux de prélèvement en fonction des tranches de revenu, ce qui n’empêche pas une plus value croissante. Augmenter son loyer est toujours rentable, d’autant que des niches fiscales existent pour encourager la location. Aussi laminer la plus-value provoquerait en retour des augmentations de loyer afin d’atteindre un seuil de rentabilité vis-à-vis de son investissement. L’aide de l’Etat augmenterait alors au travers des APL (Aide Personnalisée au Logement) dans le logement privé conventionné. Aussi, tenter de récupérer une partie de la plus value locative par l’intermédiaire de l’impôt progressif peut avoir de redoutables effets pervers sur les locataires qui paient en partie ce prélèvement. De plus, l’absence de plus-value détruirait le marché de la construction privée ce qui serait complètement impossible à gérer.
Enfin, le financement des HLM s’effectue au travers de la caisse des dépôts et consignation. Les réserves de fonds proviennent du livret A. Un mécanisme relativement simple unit le taux de rémunération du livret A au taux de prêt accordé aux offices HLM. Ce lien pose un réel problème attaché à la gestion de l’épargne populaire. En cas de baisse de l‘épargne sur ces livret, le logement social se trouve en déficit de financement. La construction de nouveaux logements sociaux s’en ressent donc. La période 1987-
Même si la baisse des niveaux de rémunération des « livrets A » en
En conclusion les conséquences sur la mobilité en terme de voyageurs:
L’insuffisance de logements sociaux et l’augmentation des loyers entraînent un éloignement progressif des lieux d’habitats vis-à-vis des centres. Cette situation entraîne des besoins nouveaux de transport. L’absence totale de mixité sociale ayant elle pour conséquence l’utilisation forcée d’un certain type de véhicule (l’automobile) appelé « dépendance automobile[1] ».
2) Du besoin de transport
La mobilité spatiale à pour origine la résidence et la mobilité résidentielle. Eloigner les lieux de résidence conduit à augmenter les distances parcourues. Dans ce cadre la mobilité motorisée devient privilégiée. Dans cette mobilité plusieurs moyens collectif ou individuels peuvent être mobilisés. Or force est de constater (cf Statistiques INSEE recensement de la population sur ces point) que les populations aisées ont tendance à privilégier les véhicules individuels tandis que les populations plus modestes les transports en commun. Pourtant l’éloignement des centres urbains entraîne pour des populations modestes la nécessité de posséder un véhicule individuel. Dans ce cadre, la notion simpliste riche = voiture et pauvre= transport en commun doit la encore être dépassé. Si la mobilité résidentielle peut être liée au loyer et au prix du foncier la mobilité spatiale peut être liée d’une part aux activités économiques emplois et non économiques loisir. L’augmentation des activités de loisir entraîne une mobilité accrue indépendante de l’éloignement des lieux de travail. Pour ce dernier, il apparaît clairement que la localisation des entreprises dans le cadre des bassins d’emplois pose problème. Ces zones ne sont pas toujours pourvues de transport en commun. De plus les déplacements en véhicule individuel pour ses loisirs impliquent alors une plus forte mobilité motorisée dans des zones qui elles non plus ne sont pas forcément pourvues de structures de transport collectif.
La encore un peu d’histoire précédera le détail de ces mécanismes de localisation de déplacement spatial.
Un peu d’histoire
L’accroissement de la mobilité dépend en premier lieux des possibilités attachées à la ville et à ses transports. Les villes antiques ne disposant que du cheval et de la marche à pieds n’étaient pas étalées. Lors de la révolution industrielle le fait que les ouvriers étaient proche, en terme de distance, des lieux de production provenait du fait que seule la marche à pieds pouvait être utilisée. La proximité de
L’accroissement de la dimension énergétique du déplacement outre qu’elle permet une redistribution spatiale des lieux de production entraîne l’émergence d’une politique de sauvegarde des ressources énergétique. L’inquiétude autour des réserves énergétique apparaît dès le début du 20 ième siècle au USA et est formalisé économique dès 1929 par Hotelling. Le transfert de l’automobile en tant que produit de masse apparaît en 1960 en France. Initialement freiné par la capacité d’apprentissage de certaines classes d’âge et la faible féminisation de la conduite, la possession d’automobile croît d’autant que la famille éclate et s’individualise et touche toutes les catégories sociales. L’étalement urbain croît et la mobilité en terme de distance dans les trajets domicile travail s’accroît. L’accroissement des droits sociaux, la réduction du temps de travail, accroissent aussi les besoins de déplacement de loisir.
Les mécanismes liée aux déplacements de loisir.
L’expansion de l’utilisation de l’automobile pour les déplacements de loisir est la principale cause de l’augmentation de la mobilité A cela s’ajoute la faible augmentation des coûts d’usage de l’automobile. Même si en termes d’achat les prix de l’automobile n’ont guère baissée malgré les baisses de
De plus, la proximité de parking auprès des parcs de loisir, voire des cinémas, amplifie l’usage de la voiture dans le cadre de ces déplacements d’autant que les transports en commun urbains ne couvrent pas toujours non seulement les horaires de déplacement, mais aussi les localisations spatiale. Enfin, les services habituels rendu par la voiture, déposer les enfants à l’école par exemple, conduisent à une augmentation des micro déplacements.
Les déplacements de loisir sont donc difficilement gérables par la planification, d’autant que cela n’est pas souhaitable. Planifier le temps libre des citoyens s’appelle une dictature. Dans ce cadre, l’éloignement ajouté à l’augmentation du temps libre conduit à une hausse des consommations d’énergie attachée aux déplacements.
Les mécanismes attachées aux activités professionnelles.
La localisation des entreprises est un facteur essentiel dans l’usage ou non des la voiture. Si elles sont situées dans une zone industrielle susceptibles de recevoir des transports en commun alors il est possible d’envisager une régulation de la mobilité. Par contre en l’absence de telles infrastructures la voiture devient un outil indispensable pour de déplacement pour la main d’œuvre. A cela s’ajoute des métiers spécifiques le BTP en particuliers dont les chantiers se déplacent et nécessite des transports individuels sauf à organiser un transport collectif.
Outre cette question de localisation et d’activité spécifique, la question des droits sociaux se pose. L’augmentation des temps partiels, ajouté à la pluri activité d’une certaine partie du salariat (en particulier l’Intérim) les oblige à disposer d’un véhicule afin de se rendre dans les lieux d’activités professionnelles. De plus l’existence d’horaires atypiques, à l’exemple du marché de Rungis oblige certains à se déplacer en voiture et non en transport urbain même si cette zone en est pourvue.
Même si pour une certaine partie du salariat cette mobilité est choisie elle est contrainte pour une autre. La précarisation croissante de la main d’ouvre et l’existence de contrat de travail de plus en plus atypique (CNE) renforce la précarisation de la main d’œuvre de la main d’œuvre dans l’objectif de la « flexibilisé ». Cette flexibilité tant spatiale que temporelle (en terme d’horaires) jouent sur l’usage ou non des transport en commun et donc de la voiture. De plus , la précarité n’encourage pas forcément l’usage des transports en commun d’autant que les prix du ticket individuel de carnet de ticket augmente de manière continue et supérieure à l’inflation (0.88 en 2000 contre 1.05 en 2004 + 27 centimes soit + de 20% sur 4 ans).
Il est clair qu’une régulation du marché tant du point de vue de la localisation des entreprises que des droits sociaux doit être mise en œuvre afin de limiter les dégâts sociaux dus au « laisser faire. »
Conclusion ; une utilisation croissante de la voiture et des consommations d’énergie.
La possession de véhicules s’accroît d’autant que le noyau familial s’éclate au profit du duo (mère-enfant). L’accroissement de la possession et de l’utilisation des véhicules individuels est largement favorisé par l’éloignement résidentiel. Une amplification du nombre de déplacements due au loisir tant en termes de trajet que de distance s’ajoute aujourd’hui aux trajets professionnels. Ces derniers, même s’ils restent stagnant, sont influencés par une plus forte flexibilité professionnelle. La mobilité croît et la consommation d’énergie en particuliers de produits pétroliers l’accompagne. Cette consommation implique alors des problèmes liés à l’émission de gaz à effet de serre.
3) La question des gaz à effet de serre
La pollution doit être dissociée de l’émission de gaz à effet de serre. En effet la pollution est une question plus vaste que l’émission de gaz à effet de serre (oxyde de carbone et d’azote). Tous les transports polluent mais certains pollue et émettent des gaz à effet de serre. Tout dépend de leurs énergies de traction. Ceux qui utilisent les énergies fossiles émettent des gaz ceux qui utilisent l’énergie électrique n’en émettent pas. Or si un problème global se pose aujourd’hui ce n’est pas la question de la pollution mais la question de l’émission des gaz à effet de serre. Problème global car modifiant le climat à l’opposé des pollutions locales, y compris atmosphériques, qui même si elles font des victimes ne risquent pas de déboucher sur la catastrophe humanitaire voire totale, au sens de la survie de notre espèce, qui se prépare aujourd’hui. La pollution a toujours existé, elle a reçu des qualificatifs différents et des notions différentes au cours du temps. Si aujourd’hui la question des transports prend la place qu’elle a aujourd’hui a aujourd’hui, et, en particuliers des transports urbains, c’est que 80% de la population (y compris
Le passage historique précédera les mécanismes attachés au lien énergie pollution.
Un peu d’histoire.
L’énergie et la possession des ressources sont fortement liées à la révolution industrielle. L’utilisation du charbon à la place du bois est due en particuliers à la raréfaction des ressources forestière de l’Angleterre et aux possibilités offertes par les machines à vapeur (machine à feu) initialement utilisée dans l’adduction d’eau. L’accroissement de l’utilisation des machines à vapeur y compris dans les transports en particuliers les locomotives et les navires permettront une expansion de l’utilisation de la traction mécanique au détriment de la traction animale utilisée alors. Outre la formidable baisse des coûts de transport et donc des possibilités d’expansion des marchés que cette baisse a offerte les premières pollutions d’origine carboniques apparaissent et en particuliers le Smog de Londres. La question de l’effet de la pollution atmosphérique suer les végétaux est connue depuis le 19ième siècle au travers des travaux de deux scientifique J Schoeder et C Reuss sur l’action des pollutions industrielle sur les végétaux. Cette question de la pollution atmosphérique est reprise en 1964 en Europe ou le choix des combustibles apparaissait déjà comme l’élément majeur de la pollution. Des mesures concernant les pots d’échappement des voitures sont prises. Comme toujours la question du coût des opérations attaché à lutter contre cette menace fut mise dans la balance. L’apparition du problème du réchauffement planétaire un moment contesté en particuliers par les pétroliers ne fait plus aujourd’hui aucun doute et a fait l’objet des accords de Kyoto.
L’utilisation des combustibles fossiles est le facteur d’émission des gaz à effet de serre. Du point de vue urbain l’augmentation des normes de confort des logements et des l’utilisation croissante des modes de transport individuels sont des facteurs amplifiant la situation.
Gaz à effet de serre et combustible.
L’utilisation du pétrole en tant que mode de propulsion des voitures provient avant tout de sa simplicité d’usage. Stockable et facilement distribuable, ce combustible accompagne la mise au point des moteurs à explosion qui s’imposeront face aux au autres possibilités de motorisation mécanique (électrique et vapeur en particuliers).
L’utilisation du pétrole n’émet pas que des gaz à effet de serre. Tout dépend comment il est raffiné, il doit être en particuliers désulfuré. Ce taux de soufre à des conséquences sur sa valeur d’échange. Moins il est soufré, plus il est facile à raffiner et moins il coûte cher à la sortie de la raffinerie. Cette nécessité du raffinage implique que dans l’industrie pétrolière plusieurs opérations sont disjointe l’exploitation le transport, le raffinage et la distribution (transport + stockage).Cette particularité à permis l’émergence du concept de « dé-intégration » dans le cadre des industries énergétique (concept utilisé en particuliers en France dns les secteur du gaz de l’électricité). Ce concept est astucieux puisqu’il permet une appropriation plus importante de plus value par les industries pétrolières. En effet le pouvoir du producteur est limité par le fait qu’il doit vendre sa production.
L’apparition d’industries « dé-intégrées » a permis l’émergence de marchés entre la production et le transport. Ces marchés sont dominés par les industries pétrolières qui servent d’intermédiaire aux producteurs qui veulent vendre leur production. Sachant qu’il existe toujours des fluctuations attachées à l’achat et à la vente d’une production, la vente de produits financiers à des producteurs désireux de « se couvrir sur les marchés », permet à ses industries de récupérer certains bénéfices des transactions financières effectuées à cet effet. Malheureusement pour elles, elles risquent d’être victime de leur succès puisque les fonds de pension utilisent ces marchés à des fins spéculatives. 30% des transactions étaient purement spéculative en 2004[3]. Les banques s’intéressent aujourd’hui à ces marchés d’autant que la rareté s’installe et que les cours sont à la hausse et instables, (la spéculation devient profitable) du fait en particuliers de l’émergence de pays tel que l’Inde ou
Outre ces considérations, la filière émet tout au long de sa transformation des gaz à effet de serre. Du point de vue l’extraction et des torchères, du point de vue des transports et de ses navires, du point de vue des raffineries et de son vapocraquage, bien que des filtres sont installées progressivement, du point de vue de sa distribution et de ses camions, et enfin cerise sur la gâteau du point de vue de son usage. Bref, pour le climat on ne peut « guère faire mieux. » Ce combustible est employé tant dans les transports de voyageurs que dans le chauffage.
Augmentation de l’usage : Mobilité et logement
L’accroissement de la mobilité et de l’utilisation des véhicules motorisés et en particuliers de la voiture implique une plus grande utilisation de carburant. Même si les voitures modernes sont moins gourmandes en énergie elles sont plus nombreuses, et plus grave, elles vieillissent puisque la paupérisation croissante implique un moindre renouvellement du parc. Or les plus pauvres n’achètent pas de voitures, même s’ils en ont besoin, ils polluent donc plus. Une taxe uniforme les pénalisera d’autant plus qu’ils sont contraints.
L’augmentation des normes de confort au travers du chauffage central et de l’utilisation du fioul implique une croissance des consommations dans le cadre d’un accroissement du parc (C'est-à-dire des capacités d’hébergement). Dans ce cadre, construire des logements c’est bien, construire des logements moins gourmant en énergie c’est mieux, mais il faut surtout construire des logements sans émissions de CO2. De ce point de vue, on ne fait pas mieux que l’électrique. La question de la cuisson des aliments se pose, faut-il continuer à utiliser du gaz émetteur de CO2? S’il est quasiment impossible d’agir sur l’ancien parc il est possible de le faire sur le nouveau dans le cadre d’une politique du logement bien pensée.
Conclusion; du logement et de la mobilité que faire ?
La question de fonds aujourd’hui si notre espèce veut survivre se pose en ces termes : changer de combustible tant pour la traction motorisée que pour le confort du logement.
Renforcer l’efficacité énergétique ne résoudra pas le problème de la croissance des consommations énergétiques. Elle permettra un ralentissement mais aucunement l’absence de besoin sauf comme d’habitude à sacrifier les pauvres aux utopies idéalistes qui les pénalisent sans résoudre les problèmes. Concrètement, priver de la voiture tout le monde, revient à pénaliser la liberté de déplacement. Sauf à instaurer une dictature on voit guère comment faire.
Aussi, il s’agit de mettre en œuvre une politique nationale d’industrialisation la ou cela est utile (il ne s’agit pas de planifier l’ensemble de l’activité économique à la soviétique): une restructuration de l’industrie automobile pour la faire sortir du pétrole et de la nationalisation du secteur du nucléaire aujourd’hui privatisée en France.
Mettre en œuvre une réglementation adaptée envers les collectivités locales afin de les entraîner vers un accroissement de la mixité sociale est un deuxième volet. A cette mixité, une politique d’urbanisme audacieuse visant à localiser les industries vers des infrastructures de transport en commun permettrait de combattre l’accroissement des parking des entreprises et donc l’incitation à l’usage des véhicules individuels. Utiliser la décentralisation en redéfinissant le rôle de l’Etat en tant qu’acteur est aujourd’hui indispensable. La redéfinition des institutions est donc impérative.
Sortir du pétrole est un enjeu qui dépasse largement tous les débats politiciens, une chose est néanmoins certaine : le libéralisme dans ces deux composantes, irresponsabilité politique et confiance dans le marché, nous mène à notre perte.
Vous allez dire que je m'acharne !
MAis des exemples sur la mafia Monsanto sont légion et de nouveaux apparaissent régulièrement.
Cette entreprise monstrueuse, n'a aucun scrupule, ne recule devient rien et n'a d'autre objectif que le fric, au détriment des humains.

LEMONDE.FR | 12.02.07
Le gouvernement britannique et Monsanto ont dissimulé la pollution d'une réserve
La carrière de Brofiscin, près du village de Groesfaen, au Pays de Galles, est au cœur d'une réserve d'espèces sauvages.
En 2003, des vapeurs malodorantes ont rappelé aux villageois que, dans les années 60,
des déchets toxiques y avaient été enterrés. Depuis, l'Agence de l'environnement
britannique a dépensé quelque 800 000 livres (1,2 million d'euros) afin d'en savoir
plus sur la teneur de ces déchets et les risques qu'ils posent en matière de contamination,
notamment de l'eau. Elle vient d'annoncer l'ouverture d'une enquête officielle à ce
sujet : la carrière serait un des endroits les plus pollués du Royaume-Uni.
Soixante-sept substances y ont été répertoriées, dont des dérivés du célèbre et
sinistre agent orange (employé notamment par les Etats-Unis au Vietnam), des dioxines et des PCB.
Auteur, en 1972, d'un rapport sur la mort par empoisonnement de neuf vaches,
Douglas Gowan avance aujourd'hui dans le Guardian que "les autorités connaissent la situation
depuis des années, mais n'ont rien fait". Coupables, selon lui, de négligence et d'incompétence,
elles auraient aussi tenté de camoufler l'ampleur du problème. Interrogé par le quotidien
britannique, un agriculteur déclare ainsi n'avoir nullement été prévenu de la présence
de déchets toxiques lorsqu'il acheta des terres dans la région. Aujourd'hui, le petit ruisseau
qui les traverse vire à l'orange lorsqu'il pleut.
"NOUS POUVONS NE RIEN DIRE ET NE RIEN FAIRE"
Mais les autorités ne sont pas les seules impliquées : Monsanto, le géant de
l'agrochimie, a lui aussi tenté de dissimuler la pollution. En 1968, ses experts
démontrèrent en effet que les PCB contaminaient bien le lait maternel, les
poissons, oiseaux et espèces sauvages. Dans un rapport confidentiel sur les
différentes options envisageables par Monsanto, on peut ainsi lire que "les
pressions publiques et légales visant à éliminer et prévenir la contamination
sont inévitables". "Nous ne pourrons probablement pas les enrayer, dit encore le rapport.
Nous pouvons ne rien dire et ne rien faire ; créer un écran de fumée ; fermer immédiatement
l'usine ; réagir de façon responsable [et] admettre les preuves de la contamination environnementale."
La société stoppa la production de PCB aux Etats-Unis en 1971, mais le gouvernement britannique
– qui connaissait les dangers du PCB depuis les années 60 – l'autorisa à en produire au
Pays de Galles, jusqu'en 1977. Monsanto se défend aujourd'hui en avançant que c'est le ministère
de l'industrie qui ne voulait pas, à l'époque, qu'elle ferme son usine. La société transfère également
la responsabilité de la pollution aux sous-traitants qu'elle avait chargés de ses déchets et qui,
avertis de la toxicité des produits, n'en ont pas moins décidé de les enfouir dans la carrière
de Brofiscin jusqu'en 1972.
Selon le Daily Telegraph, les responsabilités seront d'autant plus difficiles à établir
qu'à l'époque, il était tout à fait légal d'enterrer de tels déchets.
La convention d'Aarhus reconnait le droit de chacun et chacune à un environnement sain - ainsi que son devoir de le protéger.
La France (entre autres) à signée cette conventin, qui fait partie avec le protocole de Kyoto et quelques autres conventions des rares textes universels sociaux ou environnementaux qui procédent du bon sens pour l'avenir de la planète.
Je vous invite à lire cette convention (tout au moins son guide simplifié) avec attention...pour vos enfants.
C'est là et en dessous...

Publié conjointement par les Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CENUE) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), le livre intitulé "Votre droit à un environnement sain : un guide simplifié de la Convention d'Aarhus sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement" est désormais consultable sur Internet en anglais,
français et russe. Ce guide de 18 pages veut présenter les droits et les obligations qui découlent de la Convention d'Aarhus en termes simples et faciles à comprendre. À leur seconde réunion au Kazakhstan en 2005, les Parties à la Convention ont adopté un amendement à la Convention visant à renforcer les droits du public à participer au processus décisionnel quant aux organismes génétiquement modifiés.
Voir http://www.unep.org/dec/docs/Aarhus_Convention_French.pdf (742 KO)
ou contacter public.participation@unece.org pour de plus amples informations.
La version française du guide “Lobby Planet” de Bruxelles est aujourd‘hui disponible!
Le guide Lobby Planet du quartier européen de Bruxelles offre en 28 pages un aperçu unique de l’influence politique grandissante exercée par les grandes entreprises, les agences de relations publiques, les think-tanks et les groupes industriels qui opèrent depuis des bureaux disséminés autour des institutions de l’Union Européenne.
Vous pouvez télécharger un pdf du guide ou bien commander un exemplaire papier (2,5€ qui comprennent les frais d’expédition).
Ce site internet vous permet d’effectuer une visite virtuelle du quartier européen de Bruxelles. Des animations 3D, des images et de petits textes vous présenteront les quartiers généraux de certains lobbies, des think tanks, des entreprises individuelles, des agences de relations publiques, des cabinets juridiques et d’autres acteurs-clés des politiques économiques de l’UE, tous situés commodément tout près des allées du pouvoir à Bruxelles. La visite virtuelle n’est disponible qu’en anglais, mais une version française est en préparation.
Pendant que vous traverserez de clic en clic le quartier de l’UE, vous pourrez lire des exemples concrets de lobbying insidieux, d’accès privilégié à la décision politique et autres pratiques douteuses qui sapent le processus démocratique.
Cliquez ici pour entamer votre visite virtuelle à travers le quartier de l’UE à Bruxelles.

Il ne s’agit pas d’économiser 5 minutes d’électricité uniquement ce jour-là, mais d’attirer l’attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d’énergie et l’urgence de passer à l’action !
5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.
Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l’urgence de la situation climatique mondiale.
Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l’élection présidentielle !
Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites le également apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters.
Contact :
Cyrielle den Hartigh, Les Amis de la Terre :
Tél : 01 48 51 18 95
D'accord Aurélien est un pote. Mais quand même ce qu'il écrit est juste.
Manque peut être un truc, mais ça c'est un pari et dans l'angoisse nous devons attendre encore jusqu'à la fin janvier :
Le grand tueur de Jacques se présente et l'écolo de service lui sert d'appoint pour bloquer des voix à gauche ???
Hulot une opération politique de Chirac ?
Pourquoi pas !
Il y en aura toujours pour dire : "du moment qu'il n'y a pas Sarkozy".
Ouais ! mais on aura toujours Royal.
Par Aurélien Bernier, membre du Conseil d'administration d'Attac, animateur de la commission OGM
Il est assez facile de s'arrêter à la personnalité de Nicolas Hulot ou aux contradictions de son curriculum vitae pour
rejeter en bloc la récente démarche de sa fondation autour du « pacte écologique » (1).
Certes, l'animateur a usé et sans doute abusé des ficelles commerciales se
raccrochant à ses prestations télévisuelles, et il constitue un cas d'école pour
disserter sur le sujet : « peut-on défendre l'environnement avec le soutien de
grandes multinationales ? »
Pour autant, se limiter à ces aspects revient à ne pas analyser les raisons du
succès populaire qui marque cette initiative (2), et surtout, à ne pas aborder la question du
contenu. Car le « pacte écologique » a bel et bien un contenu qui mérite qu'on s'y attarde.
Il est en effet révélateur à la fois d'une montée en puissance des préoccupations écologiques,
mais également d'une difficulté à revendiquer une rupture claire avec les politiques libérales.
Il dessine un projet écologique arrêté au milieu du gué, qui correspond sans doute assez bien à
l'état actuel de l'opinion française.
Tout comme le traité, le pacte est un accord écrit entre États ou organisations internationales
dans le but de produire des effets de droit qui auront une autorité supérieure à celle des lois.
Avec le « pacte écologique » lancé au début du mois de novembre 2006, la fondation Nicolas
Hulot souhaite donc placer un ensemble d'engagements écologiques au dessus des considérations
politiciennes lors des échéances électorales de 2007. D'emblée, le document de présentation
ambitionne de prendre de la hauteur : le projet est situé par les rédacteurs « ni à gauche, ni à
droite, mais au dessus ».
La démarche fonctionne en deux temps. D'une part, le pacte, constitué de dix objectifs et cinq
propositions, sert d'outil d'interpellation des candidats à la présidentielle qui sont priés de réagir.
Les réponses seront bien évidemment rendues publiques. Mais, en parallèle, les citoyens
peuvent signer ce pacte. Ce faisant, ils accentuent la pression sur les politiques, et peuvent
constituer ainsi un réseau qui analyserait les réponses (et les programmes politiques ?) sous
l'angle du développement durable. Le tout bénéficiant de la capacité de répercussion médiatique
de Nicolas Hulot; Reconnaissons que le dispositif est particulièrement bien ficelé.
Le parti pris annoncé est de proposer des mesures directement applicables au niveau national.
Si cette position de principe est à relativiser au vu du contenu des différents paragraphes, il n'en
reste pas moins que l'intention est bonne : populariser des options réalistes mais efficaces qui
seront d'autant plus difficiles à écarter pour les candidats. On ne peut s'empêcher de faire le
rapprochement avec le manifeste d'Attac, et notamment sa partie écologie, qui reste souvent sur
des généralités et qui, surtout, néglige le niveau d'intervention national.
S'il en est le porteur, Nicolas Hulot n'est pas l'unique rédacteur du « pacte écologique ».
Vingt-quatre membres du Comité de Veille Écologique de la Fondation Nicolas Hulot pour la
Nature et l'Homme ont travaillé sur ce document. La diversité des sensibilités aurait là encore de
quoi faire réfléchir Attac et son Conseil Scientifique composé très majoritairement d'économistes.
A l'inverse, dans le groupe de travail de la FNH, nous trouvons un philosophe, un agriculteur, un
pédiatre, un médecin, un vétérinaire, un professeur des universités en droit maritime, un
enseignant en science de l'information et de la communication, un paléoanthropologue; On
comprend mieux pourquoi le document parvient à toucher un si large public.
Un succès à faire pâlir les associations
Une organisation comme Greenpeace, dont l'efficacité médiatique n'est pourtant pas à remettre
en cause, rêverait sans doute que ses campagnes puissent trouver une audience comparable à
celle du « pacte écologique ». L'émergence des préoccupations environnementales dans le débat
public constitue bien sûr un terrain favorable. Mais le succès de Nicolas Hulot est d'autant plus
frappant que les associations traditionnelles de protection de l'environnement ne font état d'aucun
regain d'activité militante ces derniers mois, et qu'un parti comme les Verts se trouve dans une
situation particulièrement morose sur le plan politique.
A l'inverse, la cote de popularité d'Hulot atteindrait 87 % (3). Pour autant, les personnes
sondées ne souhaitent pas le voir candidat (à 49 % contre 46), même si elles lui reconnaissent
les qualités nécessaires à 66 %. On retrouve ici la principale raison qui a fait le succès d'Attac
dans la campagne contre le projet de Traité Constitutionnel Européen : lorsque les citoyens
identifient un acteur comme apportant des arguments sérieux et sincères dans le débat public
sans vouloir entrer dans le jeu partisan, ils lui accordent une confiance bien plus large qu'aux
organisations présentant des candidats. Une analyse des intentions de vote au premier tour
des présidentielles de 2007 en fonction d'une éventuelle candidature Hulot montre que ce dernier
agit sur un électorat qui va de la LCR à l'UDF et à celui de Corinne Lepage. Les seuls
pourcentages sur lesquels il n'influerait pas seraient ceux d'Arlette Laguiller, Nicolas Sarkozy,
Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen. L'ambition de placer ce débat sur l'environnement au
dessus des clivages partisans se traduit donc assez concrètement dans la réalité. Ceci étant,
ce parti pris pour la rédaction du « pacte écologique » explique également la tonalité d'un
document très généraliste, ambigu et dans lequel plusieurs points éludés ou abordés très
sommairement posent question.
L'écologie comme élément structurant
Sur les trois piliers que compte le développement durable (social, économique et environnemental),
les rédacteurs font le choix de privilégier ouvertement le dernier dans leurs propositions.
S'il est compréhensible que la question écologique soit centrale, l'objectif 1, consacré à
l'économie, est particulièrement pauvre. Il se contente de prôner une « reconversion vers des
productions économes en matières premières et en énergie » et une « reconversion dans une
économie du durable plutôt que du jetable » qui créerait des emplois de proximité. Rien n'est dit
sur les moyens mobilisés pour amorcer ce virage à cent quatre-vingt degrés. Pourtant, des leviers
concrets existent. Les achats publics représentent environ 15 % du PIB de la France.
L'introduction systématique de clauses environnementales dans les marchés publics,
rendue obligatoire par la loi, aurait un effet spectaculaire sur la production. Rien n'est dit non
plus sur le dumping environnemental : comment empêcher la délocalisation de plus en plus
évidente des activités polluantes ?
Sur le volet social, le texte se contente également de peu. Certaines préconisations
pourraient revenir d'ailleurs à favoriser l'écologie au détriment du social. Ainsi, l'objectif 6
considère qu'il faut « donner un prix au droit d'accès à une ressource, à un service ou à un
bien d'origine naturel en utilisant les instruments économiques : taxes, normes ou quotas ».
Cette approche marchande écarte explicitement la possibilité de définir un droit d'accès
gratuit à ces ressources pour les personnes à faibles revenus. De même, l'objectif 6 indique
qu'il faut « imposer la Haute Qualité Environnementale » pour les nouvelles constructions
sans évoquer la question du surcoût pour les acheteurs. Le texte parle simplement
« d'accompagner les ménages aux revenus modestes » sans plus de précisions. Il est
dommage que l'économique et le social soient ainsi restreints à la portion congrue, ce qui
limite d'autant la crédibilité du pacte.
Les contradictions de l'écologie et du libéralisme
Tout au long du document, on observe une hésitation entre une condamnation de la logique
libérale pour « raisons écologiques » et une acceptation de celle-ci.
Autant les dispositifs incitatifs proposés sont nombreux (« favoriser les transports en commun »
dans l'objectif 5, « favoriser l'agriculture durable de qualité » dans l'objectif 3, etc.), autant la
contrainte réglementaire apparaît peu dans le texte, et presque toujours sous forme de
mécanisme financier (taxe sur les poids lourds dans l'objectif 5, taxe sur le carbone dans
la proposition 2). La grande absente du « pacte écologique » est la police de l'environnement.
Malgré cela, on relève des propositions qui vont assez loin et peuvent intéresser bon nombre
de militants antilibéraux : augmentation de l'aide au développement, suppression des
subventions à l'exportation et restauration de protections douanières pour les produits
agricoles (objectif 10), encouragement du retour aux commerces de proximité au détriment
des hypermarchés (objectif 4), introduction d'une évaluation en terme de coût global (objectif 6),
création d'une organisation des Nations Unies pour l'environnement qui ait un niveau de décision
« au moins égal à celui de l'économie et du commerce » (objectif 10); jusqu'à une volonté de
« rompre avec la course aux infrastructures et avec la tendance à un étalement urbain continu »
qui ne correspond pas vraiment avec les intérêts de groupes comme Bouygues, par exemple.
Malheureusement, d'autres passages ont encore des parfums de libéralisme, notamment
lorsqu'il est question de « réduire les prélèvements sur le travail pour les remplacer par une
fiscalité écologique ». Implicitement, le pacte accepte aussi le principe des marchés de droit
à polluer issu du Protocole de Kyoto en proposant un « abaissement progressif des quotas »
d'émission de gaz à effet de serre, tout en prenant soin d'éviter d'aborder frontalement le sujet.
Entre ces deux rives, certaines demandes pêchent par manque de précision et peuvent devenir
dangereuses. Ainsi, l'objectif 8 sur la santé « recommande » (sic) que l'on « transpose
fidèlement » les directives européennes sur les OGM. Or, une transposition « fidèle » n'a pas
de sens, puisque la directive 2001-18 sur les disséminations autorise justement des
transcriptions très éloignées. Là où on aurait pu lire « une transcription stricte dans le sens
du principe de précaution et de la préservation des systèmes agraires non-OGM », on obtient
une position ambiguë.
Pas de réorganisation de l'action publique en perspective
Le « pacte écologique » ne réclame pas de réorganisation générale de l'action publique en
matière d'environnement. Dans l'objectif 7, il est même suggéré d'ajouter une nouvelle agence
à la kyrielle d'organismes publics thématiques qui existe déjà. Seulement deux propositions
apparaissent : la création d'un corps de fonctionnaires issus d'une Grande école de l'écologie
et la création d'un poste de vice-premier ministre de l'environnement. Il est dommage que les
rédacteurs n'aillent pas plus loin avec, par exemple, la création d'une grande Agence de
l'environnement multi thématique déclinée en délégations régionales et infrarégionales, qui serait
un guichet unique pour le citoyen et assumerait un véritable rôle de service public. De même,
plutôt qu'un vice-premier ministre, pourquoi ne pas avoir imaginé un Conseil de l'Environnement
à l'image du Conseil Constitutionnel, qui analyserait et validerait ou non les politiques publiques
en fonction de critères écologiques et de durabilité ? Et pourquoi ne pas revendiquer pour l'action
publique de véritables moyens financiers qui ne sont nulle part mentionnés par la FNH ?
On peut toutefois apprécier le fait que le groupe de rédaction n'hésite pas à affirmer que le
Ministère de la recherche est le « reflet des lobbies scientifiques » et qu'il suggère de l'orienter
vers une approche pluridisciplinaire et transversale (objectif 9), ou encore la demande la
généralisation des conférences de citoyens (proposition 4).
Pour une version 2 du pacte
Au final, il ressort de la lecture de la campagne portée par Nicolas Hulot une impression
mitigée, faite de bonnes surprises (comme la critique du libre-échangisme à propos du volet
agricole) et de moins bonnes (comme l'acceptation tacite du marché des droits à polluer et
des bourses de carbone).
Il n'en reste pas moins que, jusqu'à présent, la démarche a connu un succès assez remarquable
et qu'elle devrait peser dans le débat électoral, voire donner des idées à d'autres structures.
Comme pour les films à succès, nous pourrions donc espérer une version 2, qui rompe plus
franchement avec la logique libérale et qui soit plus rigoureuse sur certaines propositions.
Pourquoi pas au printemps 2007, par exemple ?
Aurélien Bernier
(1)http://www.pacte-ecologique-2007.org/nicolas-hulot/index.php (http://www.pacte-ecologique-2007.org/nicolas-hulot/index.php)
(2)Le texte a mobilisé 300 000 signataires en à peine plus d'un mois.
(3)Sondage CSA / LE NOUVEL OBSERVATEUR réalisé par téléphone les 29 et 30 août 2006.
http://www.csa-tmo.fr/dataset/data2006/opi20060830c.htm (http://www.csa-tmo.fr/dataset/data2006/opi20060830c.htm)