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Mardi 7 août 2 07 /08 /Août 04:10









Réchauffement climatique. Comment agir pour un travail d’éducation populaire ?




RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE.
COMMENT AGIR POUR UN TRAVAIL D’EDUCATION POPULAIRE ?

Par :

- Aurélien BERNIER, Attac Poitiers, élu au CA d’Attac France, chargé de mission du service public de l’environnement,
- Michel MARCHAND, Attac Nantes, Directeur de Recherche à l’IFREMER
- Geneviève RIVOIRE, Attac Angers, Professeur émérite des universités à Angers.

LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE, UNE URGENCE ABSOLUE.

 

Le réchauffement climatique depuis le 19ème siècle ne prête plus à controverse. C’est un fait établi, de même que son accélération. De 0,7°C en moyenne au 20ème siècle, les prévisions futures pour la fin du siècle actuel situent l’accroissement dans une fourchette de 1,8 à 4,0°C, avec une valeur probable de 3,0°C. Le dernier rapport du GIEC [1] confirme que le changement climatique aura des conséquences de plus en plus graves au 21ème siècle si rien n’est fait pour combattre le phénomène, il affectera tous les éléments fondamentaux de la vie : l’accès à l’eau, la sécurité alimentaire, la santé, l’environnement. Le changement climatique menace de provoquer des guerres et d’accroître des migrations à l’échelle mondiale.

 

La crise climatique est une urgence absolue. On ne peut être que saisi de vertige devant une situation totalement inédite dans l’histoire de l’humanité. La facture énergétique de l’économie mondiale affecte dorénavant le climat de la planète, modifiant le fonctionnement du système « Terre » (océans, atmosphère, forêts, sols, biodiversité) et bouleversant pour les décennies futures le système « Monde » dans toute sa diversité : pays riches/pays pauvres, pays du Nord/pays du Sud, pays protégés/pays vulnérables et au sein même des sociétés propre à chaque nation. Pour donner un seul exemple, 700 millions de personnes souffrent actuellement de « pénurie d’eau », le nombre d’habitants de la planète susceptibles d’être victimes de pénurie d’eau accrue est évalué à 2 milliards pour une hausse de la température mondiale de quelque 2°C par rapport à 1990 et à plus de 3 milliards (la moitié de la population planétaire) pour un réchauffement de 4°C.

 

Le « coup » est parti et pour longtemps, compte tenu de l’inertie du système climatique, pour des siècles, sinon des millénaires lorsqu’on évoque la lente élévation du niveau de la mer. Ceci est sans compter sur un certain nombre d’incertitudes que les climatologues appellent « surprises climatiques » dont un rapport du Sénat souligne la menace, « si les émissions de gaz à effet de serre s’accroissent durablement, il existe des risques d’emballement et de début de dérèglements climatiques graves contre lesquels nos sociétés ne sont pas armées » [2] . La notion même de développement durable, « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » [3] risque de devenir un concept creux, une coquille vide, lorsque l’on pense aux futurs « réfugiés climatiques » de certaines îles du Pacifique ou aux populations des grands deltas d’Asie.

 

Devant une telle situation, de tels enjeux et conséquences, que pouvons nous faire ? Comment une association comme Attac peut agir pour remplir pleinement son rôle de mouvement d’éducation populaire tourné vers l’action ?

TRAVAIL D’EDUCATION POPULAIRE.

L’éducation populaire se définit comme l’introduction de la culture dans le champ du social, du politique et de l’économie, c’est la dimension culturelle du mouvement social dont l’ambition est de nommer le monde et le transformer [4]. L’Association Attac [5] , née en 1998, est un mouvement d’éducation populaire qui vise à développer une culture de la transformation sociale en la reliant à la démocratie. Sabine Jauffret [6], analyse l’expérience d’Attac et souligne la crise de l’engagement militant, même s’il n’est pas propre à l’éducation populaire, comme étant un indicateur inquiétant des ressorts de la citoyenneté. Enrayer le désenchantement nécessite de redéfinir les formes d’action d’une éducation populaire qui ne soit pas nécessairement la recherche du consensus (gommer le conflit, c’est gommer la différence) pour que celle-ci puisse jouer son rôle de critique, d’évaluation et de moteurs des politiques publiques. La société de ce début du 21ème siècle n’est pas en crise - le propre d’une crise est d’être passagère - mais plutôt en profonde mutation, subissant une évolution radicale. Force est de constater que devant une telle évolution, le monde se fait sans les peuples.

LE CONTROLE DES MEDIAS.

Analyser ce qui peut être fait en terme d’éducation populaire, nécessite au préalable de voir comment une question comme le réchauffement climatique est traitée par les médias et quels sont les messages diffusés par les grands décideurs économiques. La perception du changement climatique par les médias britanniques a été examinée durant l’hiver 2005/2006 par un institut de recherche des politiques publiques [7] . La première conclusion qui ressort de cette étude indique que le changement climatique n’était pas considéré comme un fait avéré. Personne ne savait vraiment, les discours apparaissaient confus, contradictoires et chaotiques. Pour chaque argument avancé, un argument contraire était présenté. Trois registres de discours ont été observés. Le premier, celui de l’alarme, décrit le réchauffement comme un phénomène terrible, immense, au-delà de toute maîtrise, il est porteur d’un message implicite de désespoir. Le second registre est celui des « petits gestes » où les actions à faire sont simples, faciles, ancrées dans le quotidien, au risque de tomber dans le superficiel et l’ennuyeux. Enfin, le dernier registre est celui du refus de s’engager dans le débat à travers la moquerie (les prophètes de malheur) et l’humour (les perspectives positives du réchauffement). Il ressort de ce travail deux conclusions majeures : d’une part la juxtaposition de l’ordinaire et de l‘apocalypse nourrit le doute et le rejet ; d’autre part le débat est appauvri par l’absence d’un quelconque registre énonçant les exigences de politiques publiques.

DES SOLUTIONS SANS DEBAT DEMOCRATIQUE.

On peut également s’interroger sur le silence des médias depuis la sortie du précédent rapport du GIEC, paru en 2001, qui confirmait déjà l’ampleur du changement climatique, ses causes et ses conséquences. Pourquoi une médiatisation si tardive, à partir de la fin de l’année 2006, alors que tous les signaux étaient déjà au rouge 5 ans plus tôt ? Sans parler de censure, on a l’impression que le rapport du GIEC est resté aux mains des seuls décideurs et minoré auprès de l’opinion publique. Cette période a laissé aux acteurs économiques le temps de présenter les solutions techniques et stratégiques prétendant répondre efficacement aux enjeux du réchauffement, comme le captage et la séquestration du gaz carbonique dans les couches géologiques profondes, l’investissement massif dans les agro-carburants se traduisant par des politiques intensives de déforestation en Asie et en Amérique latine.

Pour mesurer la sensibilité de l’opinion publique au changement climatique entre 2001 et 2007, il suffit de se reporter au dernier rapport de l’Institut français de l’environnement (Ifen) [8] . En 2004, à la question « en France, parmi les problèmes actuels suivants, lequel est pour vous le plus préoccupant ? », le chômage se situe en premier à 22%, l’insécurité, la misère et l’exclusion, la dégradation de l’environnement entre 13 et 18%, les bouleversements climatiques seulement à 2%. Parmi différents problèmes d’environnement cités, la modification du climat n’apparaît comme un problème très préoccupant pour seulement 42% des français, alors que la pollution des milieux aquatiques est jugée très préoccupante pour 67% (eaux de surface) et 75% (eaux souterraines) des personnes interrogées.

Aujourd’hui, le changement climatique est un thème d’actualité que nous pouvons lire quotidiennement dans la presse non spécialisée. Mais la question posée est largement détournée par des solutions « clés en main », sans qu’il soit envisagé la moindre remise en cause de l’économie actuelle basée sur l’idée d’abondance énergétique avec les illusions qu’elle crée et le gaspillage qu’elle génère. Nous citerons par exemple les propos de Thierry Desmaret, ancien PDG de Total qui déclarait il y a peu « possible de découpler la croissance économique de celle des émissions de gaz à effet de serre. Le but n’est pas de tuer la croissance pour régler le problème du réchauffement de la planète ». Nicholas Stern, ancien chef économiste de la Banque Mondiale, auteur pour le gouvernement britannique d’un rapport sur l’impact du réchauffement climatique [9] (coût humain 200 millions de personnes victimes des sécheresses ou d’inondations et coût économique 5 500 milliards €), ne dit pas autre chose. Il affirme « qu’une action sur le changement climatique n’impose pas une limite aux aspirations de croissance des pays riches ou pauvres. Les changements survenus dans les technologies énergétiques et dans la structure des économies ont créé des possibilités de séparer la croissance des émissions de gaz à effet de serre. Il existe des possibilités commerciales importantes dans les technologies énergétiques moins carbonées ». Et nous citerons le cynisme de Peter Mandelson, Commissaire européen au commerce extérieur qui déclare [10] que « les entreprises européennes doivent voir le changement climatique comme une chance. Il convient de supprimer ou de réduire les règles nationales en matière d’investissement ou de commerce des services qui empêchent le transfert d’expertise et de technologie. La principale manière d’y parvenir est par l’intermédiaire de l’OMC ».

Vu sous l’angle de l’économie de marché, le problème du réchauffement climatique apparaît comme réglé. Les solutions trouvées ne remettent en aucune manière en cause notre mode de vie, quitte à ce que les pays les plus menacés, les plus fragiles en paient le prix fort sur l’autel du maintien de l’abondance. Il semble bien qu’il y ait eu une forme de confiscation du débat démocratique depuis 5 ans sur un enjeu planétaire qui touche durablement le destin des communautés humaines, obstruant toute discussion sur le mode de vie des pays les plus riches, la consommation et le gaspillage énergétique, l’exigence pour la mise en place de politiques publiques à la hauteur des enjeux, la dette écologique des pays du nord vers les pays du sud, etc..…..

Cette situation comporte des risques à travers quatre types de comportement [11] :
- le comportement fataliste privilégiant le développement de la consommation sans prendre en compte l’environnement,
- le comportement d’exclusion des pays du Sud du développement pour préserver le mode vie occidental,
- le comportement d’intégrisme écologique, sacrifiant l’homme à la nature,
- le comportement de fuite en avant technologique, porteuse de nouvelles nuisances et de nature à renforcer les rapports de domination Nord-Sud.

NECESSITE D’INTRODUIRE UN AUTRE DEBAT ?

En octobre 2006, le Groupe de travail « Facteur 4 » (Division par quatre des émissions de gaz à effet de serre de la France à l’horizon 2050 ) a remis son rapport au Gouvernement [12] et formulé 28 recommandations, appelant notamment à la cohérence d’ensemble des politiques publiques, à l’exemplarité de l’Etat (car le réchauffement climatique relève du bien collectif dont l’Etat est traditionnellement le principal garant), au renforcement de l’information en appelant à un effort de pédagogie sur les conséquences du changement climatique, à l’élaboration d’une véritable stratégie locale exprimée dans des Plans Climat Territoriaux.

Cette orientation pour une politique publique trouve une adhésion populaire. Un sondage récent [13] indique qu’une très large majorité de citoyens estiment que les pouvoirs publics n’en font pas assez pour lutter contre le réchauffement climatique, 75% aux Etats-Unis, 80% en Grande Bretagne, 83% en Allemagne, 86% en France, 87% en Italie, 89% en Espagne.

UN OBSTACLE PSYCHOLOGIQUE.

Mais en même temps, ce qui est probablement le plus difficile à faire partager dans un débat à propos du réchauffement climatique et de ses conséquences, c’est son impact futur. Autant être confronté à la souillure du littoral par une marée noire, comme celle de l’Erika, suscite indignation et protestation, autant il est difficile de s’approprier pleinement cette bombe à retardement à l’échelle planétaire que constitue la dérive climatique. La catastrophe est souvent marquée par la banalité des enchaînements et la violence du résultat. Cette description générale s’applique parfaitement au processus du réchauffement climatique, au même titre que les conséquences des politiques néo-libérales apparaissent dans toute leur puissance de désintégration sociale une ou deux décennies plus tard. Et même si nous savons, sommes-nous en état d’intégrer en nous-mêmes les conséquences du réchauffement climatique ? J.P. Dupuy [14] affirme que « ce n’est pas l’incertitude, scientifique ou non, qui est l’obstacle, c’est l’impossibilité de croire que le pire va arriver ». Et il poursuit, par une approche prophétique que « si nous prévoyons le pire, peut-être cela nous donnera-t-il la force qu’il ne se produise pas ». Ceci ne doit pas occulter l’inertie et la "résilience" des hommes politiques, des gouvernements, ainsi que des grandes entreprises multinationales. Il n’en demeure pas moins qu’il faut probablement être capable de lever cet obstacle psychologique majeur avant de s’engager dans un réel débat sur l’énergie. Il faut accepter de mettre tout à plat et répondre au triple défi énergétique, écologique et social auquel nous ne pourrons pas échapper un jour ou l’autre, c’est à dire économiser l’énergie, modifier nos comportements, exiger des politiques publiques cohérentes, produire des objets durables et réparables.

UN DEBAT A PARTIR DU CITOYEN.

En avril 2003, quelques centaines de personnes avaient participé à un débat sur les choix énergétiques au « GMonde Environnement » tenu à Angers [15]. A la tribune, les intervenants, les uns pro-nucléaires, les autres anti-nucléaires, s’expriment sous la houlette d’un modérateur. Ainsi en ont décidé après des débats assez durs les organisateurs du GMonde, eux mêmes partagés sur le sujet. Les arguments s ‘échangent autour de la table, on arrive à s’écouter, la salle participe et dit sa satisfaction pour la qualité du débat permise ce jour là. En août 2003, cette fois sur le plateau du Larzac, les mêmes intervenants à une table ronde, sans modérateur, ne font que soulever les huées ou les applaudissements, comme à un combat de boxe. Cet exemple est présenté ici pour illustrer les difficultés qu’il y a à donner au citoyen toute sa place dans les grandes décisions, en particulier celles qui ont un caractère technico-scientifique difficile à appréhender par les non spécialistes et qui pourtant engagent l’avenir du monde.

Faut-il alors s’en remettre au seul vote des élus, conseillés par des « experts » ? L’histoire récente, dans ce domaine de l’énergie, nous montre que non : depuis plus de 30 ans, nous savons les menaces liées à notre façon de consommer l’énergie, et en même temps nous avons en main l’essentiel des remèdes à promouvoir, en termes d’économies d’énergie et d’utilisation des énergies renouvelables……Et pourtant, pendant ces 30 ans, rien ou presque n’a été engagé autrement que par des individus, prophètes ou militants. Les collectivités n’ont pas su s’emparer du problème.

Quand des menaces vitales pèsent sur le monde, ce sont tous les hommes qui doivent se lever pour faire face, les profanes comme les spécialistes, les électeurs comme les élus, car, pour reprendre les termes de Jean Jacques Rousseau, « c’est de l’extrême diversité des citoyens que naît la possibilité d’une volonté commune…parce que la diversité entre les individus les rend raisonnables en les contraignant à rechercher ce qu’ils ont en commun et qui, étant librement posé, s’impose à chacun ». Rappelons aussi que le rapport de la Commission Mondiale de l’ONU sur le Développement et l’Environnement présidée par G.H.Bruntland [16] , présentant les conditions nécessaires à la durabilité du développement, place au premier rang de celles-ci « un système politique qui assure la participation effective des citoyens à la prise de décisions ».

Une des voies de mise en œuvre concrètes de cette volonté de politique participative peut être trouvée dans la démarche des Conférences de Citoyens [17] Les organisateurs du GMonde évoqué ci-dessus, convaincus de la puissance de ce type de démarche par l’observation de réalisations à l’étranger et en France, et en particulier par les résultats de la Conférence de Citoyens organisée par l’agglomération de Saint Brieuc [18] face aux choix à faire en matière de traitement des déchets ( « Incinérateur ? oui ou non ?…et si non, quoi d’autre ? ») ont proposé à la Région Pays de la Loire d’organiser une Conférence de Citoyens portant sur des choix concrets à faire en matière d’avenir énergétique. De longs échanges ont eu lieu avec les élus, et l’accord est maintenant fait. De quoi s’agit-il plus précisément ?

La Région veut poser aux citoyens la question suivante : « les économies d’énergie, pourquoi ça coince ? ». Elle veut savoir pourquoi les citoyens, conscients maintenant des problèmes liés à l’énergie, ont du mal à passer à l’acte en matière d’économies d’énergie dans leur vie quotidienne. Où sont les freins ? La collectivité y peut-elle quelque chose, et si oui sur quoi ? Pour obtenir des réponses à ces questions, une Conférence de Citoyens est envisagée, dont le mécanisme peut être décrit dans ses grandes lignes :

Quatre groupes d’acteurs interviennent dans la démarche : (i) un comité de pilotage regroupant la Région, les représentants du GMonde et d’autres acteurs de la société civile concernés par le thème (l’ADEME a donné son appui), et assisté par un cabinet d’études, (ii) un panel de scrutateurs arbitre du débat et garant de sa sincérité, (iii) un ou plusieurs groupes de citoyens (de l’ordre de 10 à 20) constitués à partir de tirages au sort par un organisme spécialisé qui vérifiera une bonne représentation de la société civile et en particulier du territoire régional. Ces citoyens sont des profanes sans proximité partisane avec le sujet et qui acceptent de travailler bénévolement, (iv) le public invité à échanger dans le cadre de débats ouverts.

Le comité de pilotage valide la méthode du débat public, la composition des panels de scrutateurs et de citoyens et les documents à destination du public qui vont fixer le cadre du débat. Le groupe de citoyens reçoit une formation à huis clos lors de plusieurs sessions par un panel d’experts sur tous les aspects du dossier, y compris les méthodes d’animation du débat public. Après ces sessions, le groupe fixe par écrit sa compréhension du dossier et décide des thèmes qu’il souhaite approfondir lors de réunions publiques ouvertes ainsi que du profil des experts qu’il souhaite éventuellement convier. Ce travail est rendu public, et le groupe invite la population à participer aux réunions publiques. Toute cette activité est suivie par le panel des scrutateurs qui en garantissent l’honnêteté. Un animateur/formateur apporte son soutien.

A l’issue de tout ce travail, le groupe de citoyens remet au comité de pilotage un rapport conforme aux opinions de ses membres et détaché de tout milieu partisan ou professionnel. Ses avis et recommandations concernant les questions posées peuvent porter sur des points techniques, des propositions opérationnelles ou des méthodes de prise de décision. La Région exprime publiquement les points sur lesquels elle s’engage et la façon dont elle va les mettre en œuvre dans sa conduite de projets. A Saint Brieuc, les résultats montrent que les citoyens peuvent devenir compétents, se sentir responsables au delà même des questions posées, prendre des initiatives et faire des propositions novatrices. Le pari sur la créativité peut être gagné….

UN DEBAT A PARTIR DES POLITIQUES LOCALES.

Partir des politiques locales peut être également une voie de débat, associant mise en œuvre de politiques publiques, comportement et mode de vie individuel. Nous prendrons l’exemple de la ville de Nantes, métropole de quelques 600 000 habitants (environ 1% de la population française). Deux éléments de base sont présentés pour justifier la nécessité d’une politique locale. La température estivale moyenne est estimée à environ 19°C. Il est prévu une augmentation de 6°C si on « laisse faire » et de 3°C si l’on « agit ». Le bilan énergétique effectué sur 12 ans (1991-2003) [19] au niveau de la métropole indique un accroissement de la population de 16% et d’une consommation d’énergie supérieure de 25%, surtout marquée par l’habitat (extension de l’habitat pavillonnaire diffus) et de l’activité tertiaire. Sur cette base, un plan « climat territorial » est proposé, marqué par le respect de l’objectif de Kyoto d’ici 2012, la poursuite des efforts jusqu’en 2025 (« facteur 2 ») et une logique post-Kyoto jusqu’en 2050 (« facteur 4 », en cohérence avec l’objectif national).

Le plan territorial vise à agir sur les causes des émissions de gaz à effet de serre. En premier lieu, l’habitat, en voulant consommer moins d’espace pour consommer moins d’énergie, le plan fait le choix d’une agglomération dense, d’un habitat à haute performance énergétique, appelle à un programme de réhabilitation de l’habitat ancien (isolation, performance énergétique des chaudières et des équipements électriques), à une éco-conditionnalité des aides. La mise en œuvre d’une telle politique dépend aussi et étroitement de la politique du logement, non seulement en terme quantitatif mais aussi en terme d’objectif de mixité sociale au sein d’une grande métropole. Nous ne pouvons que renvoyer à l’analyse de la crise du logement par Olivier Tric [20] qui montre que la plus-value d’un logement ne se réalise pas sur la construction elle-même, mais essentiellement sur le foncier, ajoutant « si nous ne trouvons pas d’alternative au système actuel, la plus-value foncière ne va pas cesser de croître et de provoquer l’exclusion de la grande majorité des gens hors de la ville, vers un no man’s land urbain que préfigurent déjà nos banlieues, pour la plupart dépourvues de toute urbanité ». Il serait donc urgent de séparer la propriété bâtie de la propriété du sol afin que celui-ci soit attribué à un organisme public foncier.

Le second volet d’action concerne les transports, en proposant un accroissement des transports publics, en améliorant les performances énergétiques des véhicules et en soutenant les bio-carburants. Mais, la production des biocarburants à grande échelle constitue une menace supplémentaire pour les peuples et les écosystèmes des pays du sud. Elle touche aux questions du productivisme agricole (utilisation des OGM), du détournement du rôle fondamental de l’agriculture (production d’aliments et non de carburants), de la déforestation (Amazonie, Paraguay, Indonésie), d’atteinte à la biodiversité, d’exode rural vers les grandes métropoles et de souveraineté alimentaire (crise du prix du maïs au Mexique par exemple). La question d’une politique de soutien aux bio-carburants touche également aux orientations de la politique européenne agricole [21] . Ne doit-on pas conditionner un tel soutien à des règles préalables d’utilisation, réserver les bio-carburants aux seuls engins agricoles et aux véhicules de transports collectifs, et ne pas ouvrir la voie au remplacement du pétrole par des bio-carburants, sans remettre en débat les comportements individuels actuels vis-à-vis de l’automobile.

Le troisième volet concerne les énergies renouvelables, notamment le développement de la filière bois-énergie pour le chauffage des bâtiments, le chauffe-eau solaire par des investissement sur une centrale photo-voltaïque conséquente.

Le dernier volet touche à une politique volontariste sur les espaces verts, avec le projet d’une forêt urbaine de plus de 1 400 hectares pour stocker et réduire les émissions de gaz carbonique dans l’atmosphère (10 000 tonnes de CO2 par an). Cette proposition se heurte à l’incrédulité de certains par rapport à l’appui des élus à la construction d’un nouvel aéroport entre Nantes et Rennes alors que l’aéroport existant est loin de fonctionner à pleine capacité.

Le débat sur la mise en œuvre de politiques locales pour lutter contre le réchauffement climatique montre également les obstacles réglementaires à une politique publique volontariste qui voudrait prendre en compte des critères de développement durable dans l’attribution de marchés publics. La commande publique en France représente environ 15% du PIB (136 milliards € en 2003) [22] . Mais l’application du code des marchés publics (Décret n°2006-875 du 1er août 2006) ne permet pas d’évaluer les offres à partir d’un indicateur qui serait une sorte « d’empreinte écologique » (ex. émissions de polluants liés aux transports), le principal critère discriminant reste le meilleur prix, plaçant le dogme de la « libre concurrence » au-dessus de toute autre considération. Modifier les règles d’attribution des marchés publics, pour disposer d’un levier pour orienter les pratiques en matière d’environnement et de progrès social, permettrait pourtant de favoriser le développement local et donnerait aux élus locaux des dispositions et des moyens de faire vivre leur territoire autrement qu’en attirant les entreprises à grands renforts d’exonérations de charges.

Nous voyons par ces quelques exemples l’intérêt du débat local, où des politiques volontaristes peuvent être proposées ou discutées pour lutter contre le réchauffement climatique. Par ailleurs, celles-ci se mêlent naturellement aux autres politiques économiques et sociales, en soulignant les exigences nécessaires pour que les politiques nationales (logement) et européennes (agriculture, code des marchés publics) soient en conformité avec les objectifs affichés (exemple « facteur 4 ») et remplissent les conditions d’une réelle solidarité avec les pays du Sud.

UN DEBAT A PARTIR DE L’ECONOMIE.

Depuis l’expérience du marché du dioxyde de soufre lancé aux États-Unis en 1990, les libéraux tentent de généraliser cette solution directement inspirée de la finance à la gestion des pollutions avec le souci premier d’échapper à la taxation ou à la normalisation. Le marché du CO2 fait donc partie intégrante des dispositions du Protocole de Kyoto, premier traité international fixant des objectifs de résultat et des moyens de lutte contre le changement climatique aux pays développés.

Sans présupposés idéologiques, il convient d’analyser posément les impacts des choix de société effectués par la communauté internationale. Alors que le Protocole de Kyoto est soit encensé, soit critiqué du bout des lèvres pour la timidité de ses engagements, on peut montrer qu’il s’agit en fait d’un accord taillé sur mesure pour les multinationales et les investisseurs [23] .

A l’image des marchés financiers, le marché du carbone dispose des mêmes fonctionnalités (marchés organisés, échanges de gré à gré, produits dérivés, achats au comptant ou à terme…) et offre de nouvelles perspectives de spéculation aux acteurs traditionnels de la finance.

La première période de fonctionnement du marché européen du carbone, qui a ouvert en janvier 2005, révèle la réalité de ce détournement des objectifs environnementaux vers des objectifs de profit. Elle montre également que les mécanismes de projets, qui permettent à une entreprise de pays développé d’acquérir de nouveaux droits à émettre du CO2 en contrepartie de solutions « propres » dans les pays en développement, ont des effets totalement pervers. Grâce à ces réserves de crédits d’émission et grâce aussi aux largesses des États européens qui ont alloué bien trop de quotas à leurs entreprises, le prix de la tonne de carbone est passée en une année de 30 euros à environ 50 centimes. Alors que le système devait créer la rareté, il a abouti à la création d’une valeur quasi-nulle pour le principal gaz responsable de l’effet de serre !

En parallèle, une bulle spéculative est en cours de formation sur le marché des énergies « propres ». Un groupe comme EDF est récemment devenu majoritaire dans le capital du fabriquant de chauffages au bois SUPRA, tandis qu’AREVA tente de s’offrir le numéro un allemand de l’éolien à un prix sans aucun rapport avec la valeur réelle de l’entreprise. Certains spécialistes estiment cet engouement « comparable à l’époque de la bulle internet ».

A l’opposé de tels mécanismes, Attac souhaite débattre d’un système alternatif efficace, basé sur la taxation et la règlementation, mais aussi sur un éco-conditionnement des aides publiques aux entreprises. En particulier, de nouveaux droits de douane assis sur le contenu environnemental des productions doivent être imaginés pour commencer à rétablir une concurrence réellement non faussée entre pays. A l’opposé d’une logique protectionniste, le produit de cette taxe permettrait de développer sans spéculation des projets « propres » dans les pays en développement. Bien évidemment, une taxe identique devrait couvrir également les activités résidentes.
Au vu de la situation, il est donc urgent de provoquer un large débat public sur ces questions primordiales, en dressant un bilan objectif et argumenté du protocole de Kyoto, et en invitant les citoyens à se pencher sur d’autres modèles possibles.

SENSIBILISER PAR L’IMAGINAIRE

L’association Attac dispose d’un Conseil scientifique qui fournit aux militants les éléments d’analyse fiables pour faire un travail d’éducation populaire auprès de nos concitoyens. Mais peut être cela ne suffit-il pas ? Rappelons l’obstacle psychologique à vaincre pour s’approprier ce qui doit être l’un des problèmes majeurs du 21ème siècle. Sans doute faudrait-il également puiser dans le registre de l’imaginaire et de la culture [24] pour faire prendre conscience des conséquences du changement climatique. Probablement un Conseil artistique serait-il tout autant nécessaire qu’un Conseil scientifique pour amener le citoyen à revendiquer le partage du savoir et celui de la décision.

Comme exemple, nous prendrons sous une forme condensée, une nouvelle de Jean-Marc Jancovici [25]] , parue dans l’Expansion en octobre 2005. « Anne n’avait pas faim : les 32°C dans la cuisine lui ôtaient l’appétit. En ce mois d’août, la chaleur finissait par entrer partout. Il faudrait bien, malgré ces conditions, qu’elle aille à vélo au bourg voisin dans la soirée, si elle voulait avoir une chance quelconque de se procurer des légumes pour améliorer la ration distribuée par la Milice. Malgré la difficulté qu’il y avait à savoir ce qui se passait ailleurs, Anne savait qu’elle n’était pas la plus malheureuse. Elle avait conservé, immense privilège, le droit d’habiter dans sa maison, hors de l’enfer des villes. Si elle avait eu le cœur à rire, elle aurait ressorti quelques vieux exemplaires de magazines qui avaient échappé Dieu sait comment aux fouilles périodiques de la maison. Il y était question de croissance durable et de développement industriel planétaire, d’ère des loisirs et du tourisme de masse appelée à durer, de civilisation hydrogène et de biocarburants qui remplaceraient le pétrole. Certes, la voiture à hydrogène était bien là, mais seuls les miliciens en possédaient : elles étaient hors de prix. La rapidité avec laquelle tout avait basculé la sidérait encore. Comme tous ses amis lorsqu’elle avait l’âge de Sophie, sa fille, elle avait trouvé normal d’avoir une voiture, son appartement, de la viande chaque jour, de prendre l’avion pour partir en vacances. Tout le monde faisait pareil, où était le problème ? Si c’était si grave, « on » en parlerait plus que ça dans les médias, c’était évident ! Et si problème il y avait, les ingénieurs allaient trouver des solutions comme ils l’avaient toujours fait ! La radio s’alluma toute seule. Un climatologue autorisé prit la parole pour expliquer que le réchauffement du climat était en train de s’accélérer, que la planète allait prendre au moins 15°C d’ici 2200, et que la Terre ne pourrait nourrir que 100 millions d’hommes. Suivait une allocation du Ministre de la propagande qui expliqua que les négociations avec la Norvège pour reloger d’urgence les Provençaux et les Aquitains avaient échoué. L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Pologne lorgnant les mêmes terres, c’était la guerre. Anne regarda Sophie qui venait d’entrer dans la cuisine et fondit en larmes ».

CONCLUSION : UN DEBAT EGALEMENT A PARTIR DE VALEURS.

 
 

Le débat sur le changement climatique, à partir de politiques locales, de conférences de citoyens, de l’économie, de l’imaginaire, ne peut s’implanter durablement au cœur de la société que s’il s’accompagne d’un débat autour de valeurs collectives et d’une nouvelle perception du monde. Déjà la première Conférence internationale sur l’environnement qui s’était tenue à Stockholm en 1972 proclamait que « tout homme a droit à un environnement de qualité et le devoir de le protéger pour les générations futures ». Vingt ans plus tard, G. Brundtland dont le rapport médiatisait le concept de développement durable à la Conférence internationale de Rio pour l’environnement et le développement, déclarait « les promesses faites à Rio ne pourront être tenues à temps pour assurer notre avenir que si les citoyens, les gens prêts à soutenir des décisions difficiles et à demander le changement savent inspirer leurs gouvernements et exercer des pressions sur eux ». La notion de développement durable [26] induit non seulement un changement de perception du monde (notion de conservation, protection et de régulation), mais également un changement de valeurs. Si la valeur marchande a été et reste toujours la référence dans nos pays occidentaux, tournés vers une économie libérale, d’autres approches sont avancées, notamment par l’Association Attac qui revendique le slogan altermondialiste « le monde n’est pas une marchandise ». La conception dite « négative » de la liberté qui se traduit par « faire ce qu’il me plait, quand et où je veux » conduit à une déresponsablisation de l’individu qui peut se résumer ainsi « c’est la faute aux autres », « moi tout seul, je n’y peux rien », « pas touche à ma liberté » [27] . De nouvelles valeurs doivent émerger. Le respect, de l’autre, de l’environnement, de la vie, de la planète est certainement la valeur la plus sollicitée. La responsabilité qui passe par une implication personnelle nécessite également la capacité de comprendre le point de vue de l’autre. Enfin, la solidarité implique la notion de partage, l’équité et la justice sociale.

 

Au-delà d’un rapport de force entre des conceptions politiques différentes, vision d’une société néo-libérale, basée sur la responsabilité individuelle et d’une société porteuse de valeurs collectives, l’éducation populaire sur les enjeux des politiques énergétiques, du changement climatique nécessite non seulement une approche écologique, sociale, économique mais également une réflexion éthique profonde.

BIBLIOGRAPHIE.

- GIEC (2007) Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé en 1988. Il publie en 2007 son quatrième rapport, en 3 volets : connaissances scientifiques sur l’évolution du climat (février), impacts du réchauffement (avril), maîtrise et réduction des gaz à effet de serre (mai). (http://www.ipcc.ch/)

- Sénat (2006) « Changement climatique et transition énergétique : dépasser la crise ». Rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, n°426 , juin 2006.

- Vallée A. (2002) « Economie de l’Environnement », coll. Points , édition du Seuil, et « la lutte contre l’effet de serre. Equité et efficacité » + Stern N. (2006) « Stern Review on the economics of climate change » (http://www.hm-treasury.gov.uk./media/D/D/climatechange_from_bnfl.pdf)

MOTS CLES : réchauffement climatique, éducation populaire, conférence des citoyens, politiques locales, économie de l’environnement, finance carbone, Protocole de Kyoto.

[1] GIEC « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat » a été créé en 1988. Il publie cette année son quatrième rapport, en 3 volets : connaissances scientifiques sur l’évolution du climat (février), impacts du réchauffement (avril), maîtrise et réduction des gaz à effet de serre (mai). (http://www.ipcc.ch/)

[2] Sénat (2006) « Changement climatique et transition énergétique : dépasser la crise ». Rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, n°426 , juin 2006.

[3] Annie Vallée « Economie de l’Environnement », coll. Points , édition du Seuil, 2002.

[4] Jean-Michel Leterrier (2001) “Citoyens chiche ! Le livre blanc de l’éducation populaire » Editions de l’Atelier.

[5] Attac http://www.france.attac.org

[6] Sabine Jauffret (2006) “L’éducation populaire, une culture de la transformation sociale” http://www.avenirdattac.net

[7] Institute for Public Policy research , IPPR (2006) “Warm words. How are we telling the climate story and can we tell it better ?” (http://www.ippr.org.uk/)

[8] Ifen (2006) “ L’Environnement en France” (http://www.ifen.fr)

[9] Nicholas Stern (2006) « Stern Review on the economics of climate change » (http://www.hm-treasury.gov.uk/independent_reviews/stern_review_economics_climate_change)

[10] interview au Figaro le 18 décembre 2006

[11] Global Chance (2006) « Développement, Energie, Environnement, changer de paradigme ». Les cahiers de Global Chance n°21, mai 2006, http://www.agora21.org

[12] http://www.industrie.gouv.fr/energie

[13] sondage de l’International Herald Tribune paru février 2007

[14] J.P. Dupuy (2002) « Pour un catastrophisme éclairé » Paris, Le Seuil et J.P. Dupuy (2006) « Chernobyl. Journal d’un homme en colère » (2006)

[15] Le « GMonde Environnement » est un événement de dimension nationale qui s’est tenu à Angers du 25 au 27 Avril 2003, en réplique au G8 Environnement qui devait se tenir à Angers aux mêmes dates et s’était finalement rapatrié à Paris. Il a mobilisé une multitude d’acteurs : associations, syndicats, partis politiques, groupes informels, individus

[16] « Notre Avenir à tous » Editions Frison Roche, Paris (1987)

[17] Michel Callon, Pierre Lascoume, Yannick Barthe, « Agir dans un monde incertain », Seuil, 2001.

[18] « Pour débattre du traitement des déchets, Saint Brieuc décentralise la Conférence de Citoyens en France », article paru dans la Revue « Durable », numéro de Janvier/Février 2004

[19] Le référentiel communément adopté pour juger de l’évolution des émissions des gaz à effet de serre est l’année 1990 (Protocole de Kyoto).

[20] Olivier Tric, membre de la Commission logement à Attac (2007). « Peut-on parler d’une crise du logement en France ? ».

[21] Les grands enjeux agricoles du XXIème Siècle. « Changements climatiques et accès aux ressources naturelles » (Actes du colloque de Niort, Poitou-Charentes, 23 et 24 août 2006) et « Face aux enjeux énergétiques, quelle politique agricole européenne et régionale ? » (Actes du colloque de Taissy, 16 et 17 novembre 2006) . Colloques de la FADEAR / Condédération Paysanne (http://www.confédérationpaysanne.fr)

[22] Aurélien Bernier , membre élu du CA Attac (2007) « Développement public et marchés publics »

[23] Aurélien Bernier, « La Mécanique très libérale du Protocole de Kyoto », à paraître.

[24] exemple de création théatrale « Fin de Terre et si le changement climatique remettait en cause nos civilisations ? » pièce de Georges de Cagliari.

[25] J.M. Jancovici expert indépendant du changement climatique [http://www.manicore.com->http://www.manicore.com

[26] notion qui peut aussi être remise en question, voir notamment S. Latouche (2004) « Survivre au développement » Edition des Mille et Une Nuits, Paris.

[27] Francine Pellaud, André Giordan & René Emmanuel Eastes (2007) « vers de nouveaux paradigmes scolaires ». http://www.mediaterre.org/scientifiques/redirect/901,9html

Par Dominique - Publié dans : -*- environnement
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