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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 03:37
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Le Krach boursier révèle un système financier à bout de course

 



L’effondrement boursier du « Martin Luther King Day » n’est pas la cause de la crise, mais sa conséquence. Loin d’une crise boursière, comme lors de la bulle Internet au début des années 2000, nous assistons en fait à une crise globale du crédit. Son cœur se trouve dans les innovations malhonnêtes – au vrai sens du terme ! – des banques dont le but avoué était de réaliser davantage de profit sans prise de risque. Ainsi, les établissements bancaires encaissaient les commissions des prêts octroyés tout en déléguant la gestion des risques à des intermédiaires. Une fois de plus, la dilution des responsabilités est une marque caractéristique de la déréglementation libérale. La cerise sur le gâteau a été cette invention : la dilution des risques dans l’ensemble du système financier, c'est à dire cette fameuse « titrisation » qui consiste à vendre des « packages » financiers mélangeant toute sorte de titres et de dettes (l'objectif étant de dissimuler les risques réels).
 

Pour en arriver à cette situation catastrophique, il a fallu paradoxalement en finir avec les mécanismes de contrôle des marchés financiers. Il est presque comique de constater que ceux-là mêmes qui n’ont à la bouche que « l’économie de marché » ont en réalité tout fait pour détruire son existence et ces mécanismes de régulation et de contrôle. Dans l’univers post-moderne de la finance, c’en est terminé avec les notations objectives, les contrôles, le bilan honnête (le « hors bilan » devenant de plus en plus important), la régulation disciplinaire du marché, le mécanisme d’autorégulation des risques, ne sachant plus ou ils se trouvent.

 

Il s’agit bien d’une crise du crédit et celle-ci est directement le résultat d’une politique économique en cours depuis trente ans. Comment en effet conjuguer dans le même temps une diminution de la part du travail dans la répartition du profit au bénéfice du capital (-11 % en vingt ans), et une croissance de la consommation courante des ménages des pays occidentaux ? C’est impossible à moins de provoquer dans un premier temps une réduction de l’épargne et dans un second temps d’inciter à un endettement, puis finalement à un surendettement des ménages lorsque l'endettement a atteint ses limites raisonnable. Par exemple, la banque centrale d’Angleterre a, dans les trois dernières années, tiré la sonnette d’alarme à de nombreuses reprises en affirmant que la plupart des ménages britanniques étaient en réalité en banqueroute. Et il en va de même en Espagne. La politique stratégique du « crédit à tout va » a généré depuis la crise asiatique, il y a dix ans, une gigantesque bulle. Entre juin 2006 et juin 2007, aux États Unis d'Amérique, le PIB a augmenté de 250 milliards de dollars et la dette des ménages des ménages et des entreprises de 2 186 milliards de dollars. La zone euro suit la même voie. Cette logique de l'endettement permet de créer un flux d'argent des plus pauvres vers les plus riches sans créer fondamentalement de richesses ou très peu. L'illusion est que le PIB augmente, mais il augmente sur du vide. La surenchère conduit à des prêt sur des durées dépassant la durée de vie humaine transmissibles aux enfants, sur des endettement mensuel trois ou quatre supérieur au salaire : c'est une course qui ne repose que sur l'illusion que l'on peut endetter sans fin. Depuis des années, l’inflation des liquidités mondiales s’auto-alimentait par la création de valeurs fictives qui, d’une part, garantissaient l’adossement du crédit et, d’autre part, « fixaient » ces liquidités monstrueuses. Les actions mobilières ou les biens immobiliers tels des mollusques accrochés aux rochers, servant de supports pour cette « illusion fiduciaire ».

 

Il fallait bien que ce système de « cavalerie » s’arrête un jour ou l’autre ; il aura tout de même duré plus de dix ans. Aujourd’hui, nous sommes revenus dans le monde réel où justement la valorisation des actifs va retrouver sa réalité de marché. En résumé, il va falloir comparer la dette à ce qui existe dans la réalité. Et il y a fort à parier que nous allons assister à une destruction de richesse (en fait fictive) à l’échelle de la planète. Comme d’habitude, les plus pauvres, les surendettés paieront les pots cassés par la saisie et la liquidation de leurs biens achetés à (sur)crédit, comme c’est déjà le cas pour les foyers modestes américains victimes de ces « crédits subprimes » qui ne sont ni plus ni moins que des crédits usuraires.

 

Mais cette crise, qui s’est déjà étendue à l’économie des pays occidentaux, va peut-être montrer les limites du turbo-capitalisme, même aux yeux des profiteurs du système. Dans le seul but de cyniquement sauver l’essentiel de leurs gains, certains d’entre eux commencent à penser et à dire que l’on ne peut plus continuer comme avant. Il faut faire l'effort rendre compatible une paupérisation relative des pauvres avec une augmentation de la consommation (il faut bien qu'il achète pour que les riches continuent à se gaver ! ).

 

Un fait révélateur indiquant l'arrivée imminente de la crise : les milieux financiers ont exprimé la semaine dernière leur défiance devant le plan de relance de 140 milliards de dollars annoncé par le président Bush, au motif qu’il ratait sa cible. Aujourd'hui, il faudrait être idiot pour croire que 140 milliards de dollars vont sauver la situation de la dette aux USA. Des experts financiers proposent d’aider les foyers modestes car ces aides passent directement dans le circuit commercial, contrairement aux réductions d’impôts du plan Bush qui, pour l’essentiel, ne font qu'augmenter le patrimoine des classes aisées.

 

Soyons optimistes, lorsque, pour sauver leurs peaux, certains financiers commencent à envisager un « new deal » roosveltien, le « front populaire » retrouve parfois de sa vigueur !

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Published by Dominique - dans -*- goudouly
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