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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 03:45



Environ 5.000 émigrants ont trouvé la mort en voulant traverser la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis au cours des 13 dernières années.  







Rebelión, 28 novembre 2007.

 

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), l’équivalent du Défenseur du Peuple au Mexique, a dénoncé le fait que 4.745 immigrants aient trouvé la mort en essayant de franchir la frontière des Etats-Unis au cours de ces 13 dernières années.

Au cours d’une rencontre entre des ONG du Mexique et des Etats-Unis qui s’est tenue à Tijuana, ville du nord-est du Mexique et proche de San Diego aux Etats-Unis, le Défenseur du Peuple mexicain, José luis Soberanes, a exigé que les autorités responsables de chacun des deux pays soient tenues de rendre des comptes.

«  Le minimum de justice que l’on doit aux émigrants tombés sur la frontière, a-t-il insisté, c’est au moins d’assumer la conscience de leur mort. Les gouvernements du Mexique et des Etats-Unis doivent accepter cette responsabilité » a-t-il insisté.

Pour Soberanes, son pays doit le faire « parce qu’il n’a pas été capable d’offrir de meilleures conditions de vie et de progrès aux Mexicains qui émigrent » et les Etats-Unis doivent le faire « parce que leur politique de refoulement fait que les émigrants prennent de plus en plus de risques mortels ».

«  Arrêtons la violence ! Pas un mort de plus dans la zone frontière ! » s’écrie Soberanes dans son allocution, en compagnie des représentants de Humane Borders (Frontières Compatissantes), la Coalition en Faveur de la Défense de l’Emigrant, d’ "American Civil Liberties Union" et des « Anges de la Frontière ».

Le président de la CNDH a attiré l’attention sur l’éventualité qu’en 2007 le nombre de migrants morts dépasse les 500 et il a critiqué l’action de la Patrouille Frontalière nord-américaine : « Nous sommes ici pour exiger justice pour les émigrants poursuivis par les gardes frontières, pourchassés et traités somme des délinquants » dit-il.

« Nous déplorons que lorsqu’une personne en quête d’un travail pour survivre leur échappe, ils ne se contentent pas de signaler sa disparition, mais ils la poursuivent à bord de véhicules de tout type et ils préfèrent aboutir à cette extrémité : signaler sa mort », ajoute-t-il.

Selon lui, les agents de la Patrouille Frontalière jouissent de l’impunité pour faire feu contre les émigrants. « Non seulement ils les tuent par traitrise et alors qu’ils ont un avantage considérable sur eux, mais parfois même ils les canardent dans le dos », insiste-t-il

Le Défenseur du Peuple mexicain a souligné aussi qu’au lieu des barrières matérielles et virtuelles il faut chercher une meilleure entente migratoire entre le Mexique et les Etats-Unis.

«  Les murs et la surveillance extrême à la frontière n’ont fait que renforcer le crime organisé et ont accru, pour les migrants, leurs chances de finir entre les mains des trafiquants d’êtres humains ou d’être incapables de survivre aux températures extrêmes et de trouver la mort » se lamente-t-il.

Aux Etats-Unis vivent environ 11 millions de personnes nées au Mexique et sur ces 11 millions, 6 millions sont des sans-papiers et, chaque année, près d’un demi-million de personnes essayent de traverser la frontière vers les Etats-Unis en rêvant d’une vie nouvelle.

Efe

 

- Source : Rebelión www.rebelion.org

- Traduction : Manuel Colinas


 

Migrants Latino-américains au pied du mur

logo ARTICLE 190

Plus de dix ans après la construction du premier mur-frontière à Tijuana, Washington a décidé de le prolonger vers l’est. Les milliards dépensés par le Congrès américain pour sécuriser la frontière ne tarissent cependant pas les flux.

 

 

« Ce vendredi, sur le mur, on va écrire 4000 noms. Des enfants, des femmes et des hommes, des blancs et des noirs. » Les mots du poète anonyme, jetés sur la tôle du « mur de la honte », comme l’appellent ses détracteurs, s’adressent au nouveau président mexicain, Felipe Calderon. « Ils sont le grand échec des deux précédents sextennats. Mais à partir de maintenant, ce sera à toi de porter la responsabilité de chaque nouveau migrant mort derrière ce mur. » Écrit début 2007, ce poème précède quelques milliers de croix blanches et des tombeaux verticaux, fixés sur le mur pour symboliser les quelque 4000 migrants latino-américains morts en tentant de franchir la frontière. José Guttierez, Martha Rivera Garcia, Juan José Romo Zenita, Reynaldo Gonzales Corona, Luis Ramirez Escobar... Les croix portent des noms, des âges, des noms d’États mexicains, quand ils ne portent pas l’inscription « no identificados ».

Bienvenue à Tijuana, ville rendue célèbre par Manu Chao, et dont on dit qu’elle est « la plus visitée au monde ». Ce n’est pas qu’un simple refrain touristique puisque la ville a pendant longtemps concentré le plus important passage migratoire de la planète. Construit en 1994 sous présidence Clinton, le mur est en ce moment prolongé vers l’est, dans le désert, grâce aux 1,2 milliards de dollars de la loi Secure Border Initiative, votée par le Sénat américain en septembre 2006. Concrètement, le mur se présente comme un enchaînement de plaques de tôle ornées de pics saillants et parfois de barbelés. Lorsque le terrain est plat, ce sont deux murs qui attendent les migrants : un premier, fait de plaques de tôle récupérées de la première guerre du Golfe de 1991. Puis un second, beaucoup plus élaboré, succession de hauts pylônes métalliques dotés de gros fils de barbelés. Celui-là est infranchissable.

« Le plus rapide »

Le long du mur, le rêve américain s’affiche
Le long du mur, le rêve américain s’affiche

Quelques kilomètres à l’est de cette longue liste de croix, Daniel, Humberto, Ulices, Ramel et Eduardo, citoyens mexicains âgés de 18 à 28 ans, tuent le temps en mastiquant des rondelles de cannelle et en évoquant les salaires mirifiques qui les attendent de l’autre côté, dans les champs californiens. Habillés de simples T-shirts et de casquettes pour se protéger des vigoureux rayons du soleil, ils attendent que la nuit tombe, sur une dalle perdue dans les montagnes de Tijuana. « On observe bien le mouvement des camionnettes des « Border Patrol » et on étudie le terrain pour être le plus rapide. Une fois la nuit tombée, on court le plus vite possible pour se cacher dans les buissons côté américain. Pour l’instant, on n’a pas réussi à passer car les Américains sont trop bien équipés », explique Humberto, 26 ans, originaire de la province de Guerréro, à 3500 kilomètres au sud de Tijuana. Il en est à son huitième rapatriement, dont quatre en moins d’une semaine, mais ne désespère pas.

Un véritable jeu du chat et de la souris s’est instauré entre migrants, officiers de la « Border Patrol », ainsi que les "minutemen", ces citoyens américains fermement décidés à « garder la frontière » pour mettre fin à ce qu’ils appellent l’« invasion latino ». Les moyens mis en œuvre à la frontière impressionnent. En plus du mur, les officiers de la frontière américaine sont dotés de plusieurs centaines de pick-ups haute technologie et de capteurs thermiques. Près d’une dizaine d’hélicoptères sillonnent la zone frontalière en permanence. Une fois en Californie, plusieurs postes de contrôle filtrent les grandes artères de circulation pour vérifier l’identité des personnes d’origine sud-américaines. Toute personne qui essaie de les faire passer illégalement la frontière encourt une peine de prison de dix ans. Les choses sont claires.

Pour Humberto ainsi que ses concitoyens mexicains, les raisons de rejoindre l’eldorado américain sont nombreuses. « Ici au Mexique, on gagne un dollar de l’heure - officiellement, le salaire minimum au Mexique est de 45 pesos par jour : environ 4 dollars. Là bas, c’est quasiment 7 dollars de l’heure », poursuit Humberto, le seul des cinq à parler anglais. « J’ai tout essayé pour essayer de passer. Ici à Tijuana, à Tecate - une ville à 60 kilomètres à l’est - , par temps de pluie, par brouillard, de jour, de nuit... À chaque fois, les Border Patrol m’ont attrapé et ramené au Mexique. Quand ils nous attrapent, ils nous traitent comme des criminels, nous insultent et se moquent de nous. Ils ne nous donnent jamais d’eau ni de nourriture, nous vident les poches et nous insultent. On n’est pas des criminels, des alcooliques, ou je ne sais quoi encore », explique cet homme qui dit migrer « surtout pour ma mère », restée à Guerrero.

« Faire le sale boulot »

" C’est notre unique solution pour une vie meilleure"

Chaque année, environ 500 migrants perdent la vie dans le périple, ce qui porte à plus de 4000 le bilan total depuis 1994, année de construction du mur à Tijuana. Ils meurent le plus souvent d’épuisement, de soif, de faim, ou suite à une chute ou à une noyade dans la dangereuse rivière frontalière de Rio Bravo. « On connaît les risques, mais c’est notre unique solution pour avoir une vie meilleure », expliquent-ils de concert. À la mi-mars, ils sont plus nombreux que le reste de l’année à tenter le voyage. La saison des récoltes agricoles approche, côté américain. La cueillette est le secteur d’activité dans lequel les sans-papiers ont le plus de chance d’être employés. 90% des travailleurs agricoles de Californie sont des immigrés mexicains ou des sans-papiers latino-américains. « On veut juste faire ce que les Américains ne veulent plus faire : le sale boulot, c’est-à-dire ramasser les oignons, les citrons, les pommes ou les tomates dans les champs, le dos courbé toute la journée. On veut juste gagner un peu plus qu’ici et envoyer de l’argent à nos familles par Western Union. C’est tout. »

Certains migrants en sont à leur trentième tentative. Daniel, 25 ans, en fait partie. Il vient de la ville d’Acapulco, à plusieurs milliers de kilomètres de Tijuana. Célibataire, sans enfants et avec trente pesos en poche (environ trois dollars), il a les mêmes motivations que ses compères, rencontrés le long du mur : faire la saison des récoltes dans ce qui est une des plus importantes régions agricoles du monde, puis la queue, aux guichets des sociétés de transfert d’argent. Sa famille compte sur lui, sur sa force, sa résistance et sa jeunesse. « Je vais passer cette nuit, mais je vais devoir faire attention, parce que là où on a le plus de chance de passer, c’est juste à côté d’un grand canyon. Si on tombe là, on est morts, c’est certain. »

À Tijuana, la « plaie ouverte » de l’immigration, comme l’appellent les artistes qui ont peint le mur côté mexicain, est devenue chose banale. On les croise le long des routes et dans les montagnes depuis près de trente ans. « On ne s’y intéresse plus », dit Blanca, une quinquagénaire dont la terrasse donne juste en face du mur. « Depuis que je suis née, des migrants essaient de passer la frontière. Quand il n’y avait pas de mur, les migrants couraient entre les voitures ou passaient simplement à travers les montagnes. Moi-même je l’ai fait et la moitié de ma famille vit et travaille aux États-Unis. », explique cette quinquagénaire qui franchit tous les jours la frontière pour aller étudier à l’Université de San Diego. « Le problème est que les États-Unis ne reconnaissent pas qu’en construisant ce mur, ils créent une situation d’urgence humanitaire et accroissent la mortalité migratoire. Les migrants sont obligés de trouver de nouvelles routes dans le désert ou dans les montagnes, là où le soleil frappe très fort le jour et où il neige parfois la nuit. C’est dramatique, et ça, ils ne veulent pas l’entendre. »

Julien Brygo

Plus de 4000 migrants sud-américains ont perdu la vie depuis 1994
Plus de 4000 migrants sud-américains ont perdu la vie depuis 1994

 

Au bord de l’Océan Pacifique, des piquets plantés dans le sable signalent la frontière américaine
Au bord de l’Océan Pacifique, des piquets plantés dans le sable signalent la frontière américaine

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Published by Dominique - dans -*- goudouly
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