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  • : Le blog de la rue Goudouly
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  • : Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 03:42





Résumé de l’intervention de Raphaël Favier à l'Université Populaire de Mazères (9 mai 2008)

Première partie

    A - Etat de la recherche.


        * De 1974 à 1981, la recherche est délaissée.
        * En 1982 relance par le gouvernement.
        * En 1989, effondrement du marxisme.
        * La tendance devient une évolution vers l’insignifiance et le danger de l’interrogation de "à quoi ça sert ?"

    B - Introduction au débat.


        * Certains désastres financiers récents montrent des disfonctionnements.
        * On constate un déficit de réflexion.
        * Les philosophes Bourdieu et Bouveresse apportent trois remarques.
        * On ne tire pas les conséquences des échecs.
        * La forme par excellence de l’immoralité est l’illogisme.
     * On est passé du conformisme subversif de Mai 68 à un conformisme de l’adhésion  consensuelle, ce qui peut entraîner des incohérences de comportement, telle que ce responsable CGT d’usine cherchant un repreneur.

    C - Méthodologie générale : Originalité d’une question.


       1. Observer : la nature, le terrain… d’où émerge une question. (attention, avec l’ordinateur, à ne pas perdre la pratique de l’observation)
        2. Faire la bibliographie…permet de vérifier la pertinence de la question.
        3. Si pertinence, mise au point d’un protocole expérimental.
        4. On en tire des résultats que l’on commente.
        5. On propose si possible une modélisation, qui a une durée de vie variable.

    D - Les outils.


        * Des lois constamment vérifiées.
        * Des écritures : mathématiques, grammaires, banques de données…
     * Des techniques (dont l’informatique). Cela permet de rejeter les incohérences et de prévoir certains phénomènes. Avec application à la compréhension du mouvement social.

    E - Exemples d’outils. Les systèmes en évolution.


        1) Les systèmes déterministes réversibles (Newton)

       Newton regarde de l’extérieur alors que l’on est dans la nature.

        (Il faut rentrer dans le mouvement social)
      (A l’occasion de son exposé sur l’évolution historique des systèmes, Raphaël nous fait remarquer qu’à deux époques importantes pour la science, en 1848 et 1906, l’art, la littérature, la philosophie ont également été bouleversés pour en conclure que la science n’est pas isolée du monde mais baigne dans un bain de culture.)                  
        Fourier : "S’il n’y a pas de différence, il n’y a pas de mouvement."

       

        Le monde fonctionne selon un système ternaire :


            * actif - passif - interaction réciproque de l’actif et du passif.
            * Cette interaction n’est jamais un équilibre statique car il ne serait que passif et l’actif n’existerait plus.
            * La conséquence est que le consensus n’existe pas
            * Le mouvement social se bat contre quelque chose.
            * L’émancipation humaine ne se fait pas au consensus.
            * La nature fonctionne par différences avec une notion de processus.

    2) Les systèmes thermodynamiques. (Carnot)


        Une source froide et une source chaude créent un mouvement mais Carnot constate que le rendement n’atteint jamais 100 %.
        Claudius lui répond : La somme des différences initiales étant l’énergie potentielle du système, l’énergie utile est égale à cette énergie potentielle moins l’énergie dissipée dans la transformation. Cette énergie dissipée s’appelle l’Entropie.
        L’entropie égale à zéro n’existe pas. Il n’y a pas d’ordre parfait. Il faut payer l’entropie pour avoir un résultat.

    3) Les systèmes à structures dissipatives.


        Il a été constaté que les systèmes microscopiques de Newton (l’individu) sont réversibles, alors que les systèmes macroscopiques de Carnot (les masses) sont irréversibles.
        Botzmann apporte une réponse en étudiant la statistique aux problèmes de réversibilité et d’irréversibilité.
        Dans un processus continu, à partir d’un certain moment, plusieurs orientations apparaissent et le hasard détermine le choix.
        Monot en 1966 apporte la réponse dans son ouvrage "Le hasard et la nécessité".
        C’est l’histoire du système qui détermine l’orientation (d’où la nécessité de l’émancipation des individus). 4) Les systèmes chaotiques.
        En étudiant la météo, Lorentz découvre un phénomène d’effets en spirale dont un élément périphérique peut entraîner de grandes variations du système.
        C’est l’effet papillon.

        En conclusion de cette phase d’exposé, Raphaël précise les notions d’infrastructure et de superstructure.
            L’infrastructure est le domaine de l’économie au quotidien.
            La superstructure est le domaine de l’idéologie.

    La charte d’Amiens, à la création de la CGT, expose que ce syndicat ouvrier doit travailler à ces deux niveaux :
         - améliorer le sort des travailleurs au quotidien
         - préparer un changement de société.



Deuxième partie

Rappels
        A la suite des travaux de Prigogine, il apparaît qu’un système poussé au-delà de son état d’équilibre atteint un point de bifurcation : plusieurs chemins apparaissent, chacun étant déterminé selon le principe de nécessité. L’un d’eux seulement sera emprunté, selon les lois du hasard (cf. Jacques Monod). Une action de faible énergie appliquée au point de bifurcation peut sélectionner un des chemins, conduisant à une transformation pouvant être de grande ampleur. Dans le cas contraire, l’énergie se dissipera. Appliqué à l’histoire et à la sociologie, ces conclusions scientifiques expliquent les victoires des bolcheviks en 1917et des révolutionnaires en 1789, obtenues par un petit groupe, ce qui permet à l’UFAL du XXIe de prétendre à pouvoir exercer une influence importante si elle agit au bon moment.
        Entropie et théorie de l’information (Shannon - années 70) ''

E (énergie utile) = U (énergie interne du système) - S (entropie : mesure du désordre)''

        L’ordre créé par l’information diminue l’entropie du système, ce qui permet de récupérer de l’énergie.
        Exemple : quand je tire sur un élastique, j’ordonne les chaînes de polymères du caoutchouc, et il y a échauffement.

        Les sciences humaines


Les relations entre la théorie freudienne et la psychologie de masse du fascisme ont été étudiées par W. Reich. Le fascisme fait appel au côté primitif de l’esprit humain. Les Etats-Unis, pour bâtir leur propre machine de propagande en récupérant les résultats des expérimentations fascistes de la 2e guerre mondiale. Mai 68 est une révolte contre le père freudien. Le peuple a basculé vers les valeurs maternelles (écologie - mère nature, féminisme, droit à l’avortement). Aucune avancée sociale n’a été obtenue sans lutte.

        La nature fonctionne à l’énergie minimale


Sarkozy décrète le contraire : travailler plus pour gagner plus. Mais la nature choisit toujours la voie de la dépense minimale d’énergie pour une action donnée. Les outils créés par l’homme (la technologie) suivent cette loi. Ils débarrassent l’être humain des tâches répétitives, et les plus contraignantes. Les gains de productivité dus à l’amélioration de la technologie ont dégagé du temps. Du point de vue patronal, il n’y a pas assez de travail pour tous. Du point de vue salarié, on peut travailler moins. Antoine Riboud n’a-t-il pas déclaré : " Si nous étions de vrais patrons, tous les Français devraient travailler 31 heures par semaine ". En fait, c’est bien : "Travailler plus pour que, eux, gagnent plus". "Le capitalisme est arrivé au stade de domination du capital financier et des monopoles, mettant au premier plan la circulation des capitaux, et le monde est partagé entre les grands pays capitalistes, le partage entre les trusts commence" (impérialisme selon Lénine, 1917)

        L’innovation


Elle est devenue centrale dans le système productif. Plus on investit en recherche et développement dans l’industrie, plus on crée des emplois (35 ans de résultats de l’Union Européenne). Un emploi de haute technologie engendre trois autres emplois. Depuis 2000, la France est un des pays industrialisés qui investit le moins dans le domaine de l’innovation. C’est ainsi que notre pays est passé d’un niveau de haute technologie à un niveau technologiquement moyen. 50 % d’un Airbus sont fabriqués aux Etats-Unis aujourd’hui. La même perte vers l’étranger affecte les secteurs de l’électronique et des réacteurs nucléaires. En effet, le MEDEF veut faire de la France un pays orienté vers les productions immatérielles : création, tourisme, services (mais le chiffre d’affaires du tourisme rapporté au PIB est en baisse).

En conclusion


L’éducation populaire doit aboutir à l’éducation politique, faute de quoi on s’arrête au milieu du gué. Mais la gauche a échoué par méconnaissance de ce qui précède, et qui aurait dû lui servir de boîte à outils.


Ce qui a changé par rapport au XIXe siècle

        Dans le monde


Le XXe siècle a connu les deux conflits mondiaux (185 millions de morts, 100 millions de personnes déplacées), des guerres coloniales, la guerre d’Espagne, et la grande révolution russe de 1917. Le Code civil a vu transformer 50 % de ses 2500 articles, ceux relatifs à la famille. Des transformations sont également entreprises pour le Code du travail. Le rapport antagoniste ouvriers / bourgeois s’est transformé en une opposition salariés / capitalistes et hauts salaires. Le capitalisme populaire a d’ailleurs échoué. La masse des flux de capitaux excède désormais de loin la capacité de production des biens et des services réels (A. Gorz). 1000 milliards d’euros et de dollars ont été créés par les banques centrales occidentales pour sauver le monde de la crise financière issue des subprimes. Mais en même temps, on nous dit qu’il n’y a plus d’argent pour la protection sociale ! Les mécanismes de soumission ont évolué en parallèle. 1 % de la population exploite la production de 92 % des travailleurs (les salariés). L’état est lui-même soumis aux contraintes des patrons, puisqu’il ne récupère pas les 20 milliards (sur 64 milliards d’aides), qu’il a versés inutilement aux entreprises selon la Cour des Comptes. Les Etats n’hésitent pas à utiliser le terrorisme pour occuper la sphère de l’information. La corruption à grande échelle est officiellement admise. Les écarts de répartition de richesses sont devenus monstrueux : les 500 premières fortunes représentaient 6 % du PIB en 1996, 16 % en 2006, et en représenteront 20 % en 2010. Le capitalisme, basé sur le bluff, est devenu fragile. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) constituent le plus grand réseau fasciste de l’histoire humaine (fichiers sur l’école, base de données biométriques, etc.…)

        Les " plus " de la France


Il existe encore des savoirs et des savoir-faire de qualité (énergie, transformation de la matière, transports). La production agricole et agro-alimentaire reste suffisante. Les infrastructures sont de qualité.

        Les grands mythes idéologiques actuels


Nous nous croyons libres et en démocratie : faux ! Nous sommes constamment contrôlés (cf. TIC). " L’entreprise est la cellule vivante de la société " (L. Parisot). Ceci suppose que l’état doit la protéger, que out ce qui existe doit être tourné vers elle. Et l’on ignore les suicides de chez Renault et Peugeot, les maisons médicales de la MGEN… Tout ce qui est public est obsolète, donc bon à vendre…pourtant, on achète ! Le partenariat public-privé est présenté comme la nouvelle formule de modernisation de l’action publique, mais elle introduit la loi du marché dans les biens communs (extension du principe de collectivisation des pertes et privatisation des gains). Les coûts salariaux sont élevés : faux ! La masse salariale ne représente que 4 % du prix de revient d’une voiture (mais c’est elle que les patrons citent comme principal levier d’ajustement des coûts). La vitesse est devenue porteuse de valeur : c’est l’ère du zapping dans la communication. Mais les Grecs disaient que la matière vite produite ne vaut rien. La solidarité coûte cher : faux ! Les résultats d’une belle équipe sont souvent supérieurs à ceux d’un homme seul. La nation n’a plus de sens, l’Etat providence a vécu. Pourquoi aide-t-il maintenant les banques en faillite. La France est attractive pour les investissements étrangers : faux ! 2 % des capitaux des fonds de pension servent réellement aux investissements, 98 % servent à la spéculation. Et aussi : le pseudo-libéralisme de l’agriculture, l’état " à détruire " alors qu’ils sert les intérêts capitalistes, un salarié sur sept dépend d’investisseurs étrangers, 40 % des salariés touchent moins de 1, 3 SMIC, etc.

        Les propositions


Des gens politiquement sûrs, ayant la même vision du monde, pourraient agir dans le sens du contrôle de l’économie, de la réappropriation des biens communs (eau, éducation, santé…), et du maintien du système de solidarité. Un ensemble d’actions publiques appropriées pourrait assurer l’éducation populaire d’un grand nombre de citoyens, permettant l’émergence d’une nouvelle classe d’intellectuels militants. Le nouveau fascisme électronique doit être dénoncé, et la guerre combattue. Une République laïque des communes pourrait naître, qui s’appuierait sur la substitution de l’argent des campagnes électorales par la constitution de listes de signatures de soutien. Un tribunal de type Jean-Paul Sartre / Bertrand Russel pourrait être mis en place : présidé par deux personnalités intouchables, il serait chargé de dénoncer le pillage public.

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Published by Raphaël Favier - dans -*- politique
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