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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 03:11


2 œuvres, deux visions

 http://goudouly.over-blog.com/article-2-oeuvres-deux-visions-45406943.html

 

Nous nous sommes rendus dernièrement à Paris pour un marathon culturel.

 

Nous sommes si loin de tout que notre boulimie se développe dés que nous arrivons prés du centre du monde !

 

Là les propositions sont nombreuses et difficiles à discerner pour quelqu’un qui ne fait qu’un saut de puce.

Nous avons malgré tout été divinement conseillé par un véritable autochtone.

 

Entre autres choses deux œuvres nous ont arrêté.

Celle de Soulages et celle de Boltanski.

Une à Beaubourg, l’autre au grand Palais.

Une retraçant un parcours de vie, l’autre étant un instant de vie.

 

Commençons par Soulages à Beaubourg retraçant un parcours d’artiste.

Le démarrage de son œuvre sur le noir est un mélange de noir de blanc et de quelques couleurs.

Cette partie là ne m’a pas enthousiasmé mais était nécessaire pour comprendre l’artiste et son évolution.


Pierre Soulages, Peinture 202 x 327 cm

Pierre Soulages, Peinture 202 x 327 cm

objectif-paris.com

http://www.objectif-paris.com/forum/gallery/centre-georges-pompidou-a6/pierre-soulages-peinture-202-327-p43.html



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Pierre SOULAGES :
700 x 704 - 147 ko - jpg
passion-estampes.com

http://www.passion-estampes.com/deco/soulages-juin1989.html

 

Les organisateurs ne s’y sont pas trompés, ils ne s’éternisent pas sur cette période et rapidement nous font passer dans un « tunnel » pour nous faire découvrir un triptyque de « l’outre noir » et nous faire accéder à la deuxième partie de l’exposition.

 

Dés ce moment là, la vie de l’artiste, et donc la notre, bascule.

Tout est noir.

Mais rien n’est uniforme, rien n’est identique.

Tout nous parle, tout nous porte vers des imaginaires.

Le noir est travaillé dans sa structure, dans sa consistance, dans sa luminosité.

La répétition est nécessaire aussi pour comprendre la profondeur, la lumière.

Soulages nous renvoie à nous même, à notre imaginaire, à travers cette unique lumière noire.

 

Une exposition bien présentée, et donc bien ressentie.

 

Au détour d’un passage au Louvre, pour dire bonjour à Monna Lisa et voir quelques sculptures des arts premiers, surprise dans la galerie des peintres Italiens que de rencontrer encore un Soulages au milieu des peintures du 17ème et 18ème siècle.

Son travail, bien que surprenant, car remarquable dans cet endroit, n’est pas en décalage.

 

Ensuite une visite au grand Palais pour Christian Boltanski présentant une seule œuvre dans un environnement monumental.

Comme d’aucun pourront le lire dans différentes revues, cette œuvre, comme d’autres de Boltanski, renvoie à la Shoah.

 

Le grand Palais doit mesurer quelque chose comme 150 mètres de long sur quelques 80 mètres de profondeur.

L’exposition annuelle développée par ce lieu s’appelle Monumenta.

Celle de Boltanski s’appelle Personnes.

 

Vous entrez devant un mur de boites en fer blanc ayant contenu des gâteaux, mais vous faisant irrémédiablement penser à des urnes funéraires.

Et ce ne sont pas les numéros individuels inscrits sur les boites qui nous enlèvent cette pensée.

 

 

Personnes », de

400 x 265 - 36 ko - jpg

savemybrain.net

http://savemybrain.net/v2/2010/01/29/monumenta-2010-christian-boltanski-personnes/

 

 

Il faut contourner le mur : par la droite ou par la gauche.

Cela revient au même.

Derrière ce mur et sur toute la largeur du grand Palais sont alignés des carrés de vêtements bien rangés au sol.

Cela doit représenter quelque chose comme 100 à 150 carrés de vêtements bariolés bien alignés et surmontés de néons eux aussi bien alignés.

A chaque carré un son métallique, différent pour chacun, renvoie à un rythme, proche du cœur, mais aussi à notre ère industrielle et à la production, et de fait renvoie aussi à la consommation.

Il y a ce mélange là qui nous visse à notre passé indicible et qui nous resitue dans notre quotidien aliénant.

http://savemybrain.net/v2/2010/01/29/monumenta-2010-christian-boltanski-personnes/

 

Un jeu de miroir infaillible que la pyramide sur plombée d’une grue au fond de la salle n’efface pas.

 

Cette pyramide de vêtements toujours colorés, haute de 20 à 30 mètres, surplombée par la mécanique d’une grue métronome, nous fait penser aussi à notre quotidien et à son rythme répétitif....avec en arrière fond les spectateurs de notre vie en haut de l’escalier monumental du grand Palais qui contemple l’ensemble d’une image renversée.

 

 

http://coups.de.coeur.over-blog.com/article-christian-boltanski-personnes--43562169.html

 

Je ne sais si l’artiste a voulu nous faire toucher tout cela, où si ce n’est que son travail sur la Shoah qui compte...mais c’est bien ce que j’ai entendu et retenu.

 

Une œuvre éphémère (2 mois) mais qui restera dans ma mémoire.

 

Deux artistes majeurs, avec toute leur ambiguïté du rapport au pouvoir.

 

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Published by Rue Goudouly - dans -*- culture
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