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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 03:50


L’effondrement de la social-démocratie

et la question de l’Alternative. (2)

 par Philippe Zarifian


 

 

La création d’une idéologie et de propositions politiques réactives.

    Que cet effondrement des régimes et des institutions sociales démocrates pose problème, et en premier lieu aux « travailleurs, aux précaires et aux chômeurs », qui ont constitué la base sociale de soutien populaire à ces régimes, c’est l’évidence même. Strictement personne ne peut voir ses droits sociaux, sa sécurité sociale pour lui-même et sa famille et son niveau de vie régresser sans vouloir réagir.

    Mais nous sommes à un tournant et face à des choix politiques difficiles, mais clairs à effectuer.

    Si je laisse de côté les différentes versions, de droite ou de gauche ou du centre d’accompagnement de l’actuelle transformation du capitalisme, transformation qui, qu’elle soit politiquement conduite par le PS, par Sarkozy, par Bayrou ou par d’autres, ne peut que dégrader les conditions du vivre de la majorité de la population en France (et dans le monde), il n’y a en réalité que deux voies. Croire qu’on puisse éviter le choix entre l’une de ces deux voix est à mon avis une illusion. La dernière campagne présidentielle l’a montré.

    La première voie est logique : elle vise à prolonger ou refaire vivre la social-démocratie.

    C’est une orientation nostalgique, passéiste, mais parfaitement compréhensible. On sait immédiatement pour quoi on se bat et ce n’est pas un hasard si ceux qui proposent cette voie utilisent :

-         une position réactive, une position « anti » : antilibéralisme, anticapitalisme, anti-privatisation et tous les « anti » que l’on peut poser sur des situations concrètes qui se dégradent, mais avec une pensée politique et des référents du passé et strictement aucune chance d’un succès un tant soit peu durable. Le fait que de nouveaux thèmes majeurs aient surgi dans le domaine politique et deviennent incontournables – je pense bien entendu à l’écologie – ne change pas la posture. Il existe une posture social-démocrate face à la question écologique et elle possède un nom : le développement durable (ou soutenable). Elle emprunte les mêmes formes d’exercice du pouvoir que celles que l’Etat Providence avait instauré et peut susciter les mêmes (formellement parlant) mouvements de revendications. Que l’on puisse d’ailleurs parler de « revendications » en matière écologique est la preuve de cette reproduction à l’identique d’une posture passée, au moment où elle entre en échec durable.

Sans vouloir être inutilement polémique, je dois dire que la dernière phrase du texte de la LCR en vue de la réunion des 28 et 29 juin est un véritable chef d’œuvre :

« Unis autour de la nécessité de défendre un plan d’action anticapitaliste intégrant revendications sociales, démocratiques, féministes, écologiques, antiracistes et anti-impérialistes, nous pouvons construire ensemble un nouveau parti ».

Sans commentaires !

-         et une déformation de ce qu’ont été réellement les Trente Glorieuses.

Sans contester les apports, dans le cas français, de la sécurité sociale, de la hausse régulière des salaires, des entreprises publiques, d’un niveau élevé d’emploi, etc., il faut malgré tout indiquer les faces sombres de cette période.

D’abord, et ce n’est pas rien, la question première de ce que Marx appelait le communisme, et qu’on peut appeler l’Alternative aujourd’hui a été, pendant cette période, refoulée et enterrée, au point d’en faire disparaître, non pas la nécessité et l’aspiration profonde (ce qui est impossible), mais l’idée même, l’idéal. Il s’est produit ce qu’il faut bien appeler un véritable embourgeoisement de la pensée commune « de gauche » (toutes gauches confondues).

Ensuite le prix à payer pour ces « acquis sociaux » a été lourd. Il a pour nom :

o       le développement d’une taylorisation du travail, qui, dans le cas français, a été particulièrement dure et violente, avec, on le sait, un recours massif à l’immigration et à l’exode rurale,

o       une étatisation en profondeur des rapports sociaux, certes autour des institutions d’Etat, mais au-delà, à travers tous les relais locaux, associatifs et thématiques de l’Etat central. Étatisation que l’on appelle pudiquement : institutionnalisation…

o       le maintien ou la pénétration d’un nationalisme assez infecte, qui a pris, dans de nombreux domaines, la forme d’un pur et simple chauvinisme sur le plan idéologique, mais qui, surtout, a installé la référence à « l’étranger » dans un état d’infériorité et de suspicion (l’étranger n’est acceptable que comme travailleur immigré et aussi longtemps que le chômage reste faible). Bref, pour être clair : une posture raciste et d’enfermement sur l’identité française, qui, si elle émerge au grand jour aujourd’hui, a été installée déjà pendant toute la période de l’après-guerre,

o       une vision des femmes comme pures « travailleuses », avec des tentatives jamais abouties d’arriver à l’égalité professionnelle. Bref : des femmes qui ne pouvaient s’émanciper qu’en se masculinisant…

o       Enfin, ne l’oublions pas, une société étouffante, convenue, dogmatique, sans idéal ni horizon, l’équivalent de ce qui a fait sombrer une partie des Suédois dans la mélancolie.

N’oublions pas que Mai 68 a été mené en rébellion contre ce que ces Trente Glorieuses avaient produit (et au moment où elles se poursuivaient).

N’oublions pas que l’essentiel de ce qui a été acquis en matière d’émancipation des femmes, l’a été après cette période : dans  les années 70.

N’oublions que les fameux « services publics » fonctionnaient comme des administrations bureaucratisées, la bureaucratie normative tenant lieu de taylorisme (c’était vrai dans tous les organismes de la sécurité sociale par exemple).

N’oublions pas que les grandes entreprises publics étaient fondées sur un rapport capitaliste (les cheminots, les postiers, etc., étant avant tout des salariés, inscrit dans un rapport salarial, avec pour seul avantage réel la sécurité de l’emploi) et qu’elles se foutaient royalement des usagers (c’est les fonctionnaires de l’Etat qui définissaient ce qu’étaient les besoins de la population en matière de services publics, avec la vision uniformisatrice de tout bon haut fonctionnaire !).

N’oublions pas enfin que des questions majeures de notre époque n’ont jamais été abordées, ont été littéralement étouffées. Je pense à la question écologique bien sûr (pensons seulement à la façon dont la voix de René Dumont a été étouffée), je pense à la question d’un renouvellement profond de la démocratie (pourtant déjà présente dans les débats et pratiques sur l’autogestion, dans l’œuvre de Castoriadis et de bien d’autres), je pense à la question de la misère dans le monde (que, vivant dans une bulle sécurisée, on voulait ignorer en France).

Je pourrais allonger la liste.

 

Cette première voie, faire revivre la social-démocratie – bien représentée par les positions d’Yves Salesse dans la campagne présidentielle et reprise, avec plus de dynamisme, par la direction actuelle de la LCR – conduit non seulement dans une impasse, est fondamentalement réactive et défensive, sans avenir, mais elle nous empêche de réapprendre à penser, à imaginer, à voir tout ce que la social-démocratie a éliminé et ignoré. Elle nous enferme dans toutes les tares de la social-démocratie et surtout : elle nous empêche de nous projeter dans l’avenir. J’ajouterai, et ce n’est pas un mince problème à gauche, que social-démocratie d’un côté, dans une version réactive et donc radicalisée, et social opportunisme de l’autre (ou social libéralisme : peu importe l’étiquette) sont comme les deux faces d’une même pièce. Ils s’entretiennent l’un l’autre. Ils excluent toute pensée et pratiques alternatives. A force de radoter, en montrant du doigt le « ralliement au PS », comme le danger majeur, comme Besancenot ne cesse de le rappeler, on tourne en rond et perd son temps.

 

La question de l’Alternative.

    La seconde voie est celle de l’Alternative, non pas alternative à la gauche ou alternative à gauche, mais alternative au capitalisme. Pour moi, elle a un nom : le communisme. Je n’ai aucune raison, à titre personnel, de ne pas penser avec ce concept, forgé à la fois par certains socialistes utopiques, par Marx et le courant qu’il incarnait et par les anarchistes. Je n’ai aucune raison de nier un héritage et des acquis conceptuels. Mais je sais, comme tout le monde, le discrédit qui s’est abattu sur ce terme. Je parlerai donc d’Alternative, avec d’autant plus de facilité que j’ai participé à la fondation, dans les années 80, de la FGA (Fédération pour une gauche alternative), l’un des tout premiers mouvements politiques à porter ce nom.

Quitte à étonner, je pense que la pensée théorique et politique sur l’Alternative est déjà largement constituée. Elle existe. Il suffit de s’en saisir dans la clarté, donc sans confusion avec la voie de la social-démocratie radicalisée. C’est comme dans une pièce trop encombrée : il faut faire le vide, trouver et retrouver l’essentiel et jeter le reste.

     

    Une pensée politique n’est jamais entièrement nouvelle. Elle se nourrit toujours de pensées élaborées dans le passé.     Néanmoins, il est bon de se dire qu’aucune pensée ne se développe, sans être influencée, voire provoquée, par les mutations et les potentialités qui affectent les conditions concrètes du vivre humain. Il s’agit ici de ce que l’on peut appeler : les émergences, qui engagent, au présent de la réalité vécue, des devenirs possibles. Une pensée politique alternative, c’est d’abord cela : une pensée qui se saisit des tensions et des émergences, celles déjà actuelles que l’on peut distinguer dans la vie réelle, pour les projeter dans le futur.

    Parmi les assertions de Marx, une des meilleures à mon avis, écrite dans l’Idéologie Allemande, est celle-ci :

« Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devrait se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes » (Marx, L’Idéologie allemande, éditions sociales, p. 38).

 

    Pour aller l’essentiel : ce qui condense toutes les émergences porteuses d’une alternative peut être dénommé émancipation humaine et émancipation sociale. Il faut ajouter : émancipation humaine, comme étant au fondement de l’émancipation sociale et comme lui donnant sa véritable portée. Tout tient dans ces deux expressions. Émancipation, c'est-à-dire mouvement qui porte en lui un gain permanent en liberté, tout en abolissant les états actuels d’oppression. L’émancipation est processuelle. On n’est jamais entièrement libre. Et de nouveaux facteurs d’oppression, que nous ne connaissons pas, peuvent apparaître. La liberté en soi est un mot creux, une généralité vide. On le devient, on gagne en liberté en menant une lutte d’émancipation. Il n’existe aucune « fin de l’Histoire ». Il serait tout aussi absurde de faire d’une société communiste une société idéale qui serait constituerait cette fin, que de faire du capitalisme cette fin, comme certains tentent de le présenter aujourd’hui. Toute tentative de se projeter sur une « fin finale » est dogmatique, irréelle et, par elle-même, emprunte de totalitarisme. C’est ce que laisse entendre Marx dans sa critique du programme de Gotha, en montrant que continueront de subsister, dans le socialisme, des inégalités et des facteurs d’oppression et que le programme de Gotha, en idéalisant le socialisme, provoque les pires illusions. C’est pourquoi il est tellement important de raisonner et de parler de manière processuelle, de raisonner sur des développements d’émergences et des tensions, sur des déplacements, en admettant parfaitement qu’il y a de multiples choses que nous ne pouvons pas aujourd’hui connaître, dont nous ne pouvons pas parler, car elles n’ont, pour l’instant, aucune réalité, même émergente. Pour moi, parler de la « liberté » en soi, autrement dit d’un état de complète liberté est une aberration, qui, à sa manière, provoque son contraire : l’oppression par rapport à une utopie sans base concrète, l’enfermement dans cette utopie, à la manière dont des sectes religieuses le pratiquent

Précisons.

    Marx, mais il serait trop long de le démontrer, avait déjà vu que, sur le fond, c’est bel et bien l’émancipation humaine qui se jouait, l’émancipation sociale (par rapport au capital) n’étant qu’un détour et une condition.

L’émancipation humaine est une : elle ne se découpe pas en rondelles. Par contre, elle se joue sur plusieurs terrains à la fois, avec des historicités et des maturités différentes. Un même individu peut avoir progressé sur tel terrain, tout en restant très aliéné sur un autre. Son émancipation ne sera que partielle. Il lui importe de le savoir.

    Les terrains actuels, ceux de notre époque et de notre vie actuelle, nous les connaissons et s’est déjà accumulée une foultitude d’expériences et de réflexions.

    Nommons-les :

-         l’émancipation des femmes,

-         l’émancipation à l’égard de l’oppression capitaliste (qui pousse à revenir sur la question dite de l’autogestion, de l’association d’hommes libres et à redéfinir les finalités de l’activité des entreprises autour de la notion de « service », notion sur laquelle des progrès importants ont été faits ces dernières années),

-         l’émancipation à l’égard de la misère (qui pousse à penser la question du partage, non des richesses, mais des capacités - les « capabilities » pour reprendre l’expression d’Amartya Sen - à assurer pour tout humain les conditions d’une vie décente et digne, le partage des richesses ou des biens ayant déjà amplement montré à quelles impasses dramatiques il menait),

-         l’émancipation à l’égard du temps contraint (que Marx appelait : le développement du temps disponible et de la multi-activité),

-         l’émancipation à l’égard de toutes les formes de pouvoir politique structurellement inégalitaire (qu’on peut qualifier aujourd’hui de déploiement de la démocratie active et d’exercice direct de la citoyenneté),

-         l’émancipation écologique.

 

    Je me limiterai à cette dernière, pour une raison simple : nous avons toutes les raisons de penser qu’elle est fondamentale, puisque s’y joue l’existence humaine elle-même.

Sur la question écologique, on voit immédiatement comment se distingue un point de vue alternatif d’un point de vue social-démocrate revendicatif.

    On peut, comme cela est généralement fait, partir des dégradations dites écologiques et de leur gravité, pour rechercher le coupable. Et le coupable est tout trouver : c’est le capitalisme. On retombe en terrain connu : l’anticapitalisme devient une lutte écologique ! L’émancipation sociale conditionne l’émancipation humaine. La revendication s’installe. Ce n’est pas faux d’un simple point de vue logique : il est vrai que le capitalisme industriel a provoqué une nette augmentation de l’émission de CO2, un gaspillage des ressources, une montée des déchets non dégradables, etc. Mais prendre le problème sous cet aspect, c’est à la fois :

-         afficher, pour des décennies, son impuissance : personne ne peut sérieusement affirmer que nous sommes proches de nous débarrasser du capitalisme, et donc de supprimer ce que l’on croit être la cause dernière des actuelles dégradations. Il s’agit là d’une impuissance proprement insoutenable !!! Car il y a urgence ! Tous les récents rapports scientifiques le montrent (sur l’effet de serre, sur la biodiversité, sur l’accès à l’eau potable, etc.).

-         et prendre la question écologique par la négative.

    Or c’est un chemin très différent qu’une démarche alternative nous pousse à emprunter. La question écologique n’est pas négative, mais positive. S’émanciper, c’est, comme sur tout terrain, partir de l’affirmatif et du positif, et non pas du réactif. C’est se battre à partir de ce point d’ancrage affirmatif, actif (ce que les luttes pour l’émancipation des femmes ont démontré et font dans leur domaine, s’affranchissant au passage du simple égalitarisme social-démocrate).

Le mot « écologie » signifie, en grec, la connaissance de la maison, du lieu où l’on habite. On peut élargir et préciser cette définition en disant que l’écologie désigne les connaissances et les pratiques qui permettent de construire et maintenir un milieu favorable au déploiement d’une vie bonne pour les humains et, de manière plus générale, pour tous les êtres vivants.

    L’éthique de la vie bonne a déjà été définie, en son temps, par Aristote. Bonne pour le corps, bonne pour le psychisme, bonne pour la vie sociale tissée autour de liens d’amitié. Une vie bonne et heureuse, ajoutait Aristote.

    Dans les conditions actuelles, on peut préciser les aspects suivants :

-         dans le rapport homme / nature, il ne faut jamais oublier que l’homme est, pour partie, un être de nature (et pas seulement un être de culture). Il est un être de nature par son corps et l’ensemble des affects qui y sont directement associés. Chacun sait, par expérience, ce que signifie « se sentir bien dans son corps » et en possession de tous ses moyens. L’éthique de la vie bonne, c’est d’abord cela, tout simplement.

-         mais l’éthique de la vie bonne ne concerne pas seulement chacun d’entre nous, personnellement. Elle concerne aussi la vie commune et les conditions globales de vie sur Terre. De ce second point de vue, la préoccupation écologique conduit à penser un milieu naturel et un cadre de vie qui assurent, durablement, aux humains, dans leur globalité, les conditions propices à une vie commune pacifique et heureuse. Le souci écologique ne peut agir que sur les « conditions propices à ». Mais c’est déjà énorme.

    Ces deux aspects soulignent le lien étroit qui existe entre la santé du corps (la vie au sens organique et corporel, en considérant l’humain comme un être de nature) et les valeurs de vie commune d’un point de vue éthique (en considérant l’homme comme un être social).

 

    Prendre l’écologie de manière résolument positive et alternative ne conduit pas à sous-estimer la gravité des problèmes que nous devons affronter. Mais elle modifie fortement la posture politique. C’est en transformant notre manière d’envisager la vie et en luttant pour faire advenir une vie bonne dans ses différents aspects, que l’on peut, sans attendre (et malgré la domination du capitalisme), avancer des prises de position politiques, prendre des initiatives pratiques et agir auprès de l’opinion publique pour attaquer, à la racine, les dégradations que nous subissons, lesquelles altèrent, jusqu’à pouvoir la détruire, notre capacité de vivre.

 

Conclusion

    L’effondrement de la social-démocratie s’opère sous nos yeux. Une des causes en est un changement profond dans le développement, désormais mondialisé, du capitalisme et le basculement dans une politique qui, tout à la fois, favorise le plein développement d’un capital financier prédateur et spéculatif, avec son cortège d’effets négatifs sur les conditions de vie des peuples et engendre un régime, interne et externe, guerrier et sécuritaire. Le sarkozisme en est l’expression en France.

Ce contexte peut conduire à des formes radicalisées de revendications sociale-démocrates, dont la LCR en France veut être, en soutenant la création d’un parti anticapitaliste, le fer de lance. Mais, outre le caractère profondément passéiste, voire archaïque, de ce programme revendicatif, il est d’avance voué à l’échec.

    Nous avons la possibilité de reprendre le flambeau d’une alternative révolutionnaire, renouant avec les analyses et les idéaux des fondateurs des principes du communisme, mais en tenant pleinement compte des caractères de la période actuelle, de ses nouveaux défis, en plaçant au centre, la question écologique, tout en envisageant la pluralité nécessaire des terrains de lutte.

    Une lutte « pour » avant d’être une lutte « contre ». L’élément essentiel de la politique alternative est l’émancipation humaine. C’est à partir d’elle que doit être reconsidérée la nécessaire émancipation sociale.

Nous ne partons pas de rien, loin de là. Les acquis, en termes de réflexion théorique et d’expériences pratiques, sont déjà nombreux. Au stade actuel, il s’agit plutôt de les clarifier et d’en proposer une synthèse. Cela pourrait représenter la partie essentielle d’un nouveau projet politique.

 

Paris, le 13 juin 2008  





[1][1] Il faut le dire et le savoir : l’influence du léninisme, au sens rigoureux de la pensée et de la pratique politiques impulsées par Lénine, a été très faible en France. Toutes les études sérieuses l’attestent. Parler donc d’une matrice « marxiste léniniste » n’est en aucun cas sérieux. C’est de la pure rhétorique. On pourrait par contre parler d’une « stalino social-démocratie », dont George Marchais aura été le modèle !



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Published by Philippe Zarifian - dans -*- politique
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