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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 03:59


Par Michel Lasserre

(2) Formes, natures et fonctions de la monnaie


Formes et natures

Parmi les différentes formes que la monnaie a pu prendre dans son histoire, on peut distinguer :

-   la monnaie marchandise : bétail, grain, sel, coquillages, tabac, fèves de cacao, thé, ...

-   la monnaie métal : sous forme de lingot ou de pièces de métal précieux, s'apparentant à de la monnaie-marchandise.

-   la monnaie papier : avec ou sans contrepartie métallique.

-   la monnaie dématérialisée : totalement inconsistante.

La forme de la monnaie est une chose, sa nature en est une autre. Si la nature coïncide avec la forme dans le cas des monnaies-marchandises, il n'en est pas toujours de même. 

La pièce d'or est faite d'une matière qui possède une valeur en elle même. Certes une valeur spéculative due entre autre à la rareté du métal (la totalité de l'or extrait depuis 6000 ans représente seulement le volume d'un cube de 20 m de côté), mais aussi une valeur minimum correspondant au coût nécessaire pour l'extraire. 

Les monnaies papier ou dématérialisée sont d'un tout autre type. 
L'or que l'on possédait chez soi résistait à toutes les crises, alors que la monnaie papier d'État est d'une nature qui ne résiste pas à une inflation galopante, et que la monnaie dématérialisée disparaît avec la faillite de la banque sur les comptes de laquelle elle est inscrite.

Si la nature de la monnaie métallique, ou équivalente à du métal, était suffisamment claire, il n'en est plus de même pour la monnaie papier ou dématérialisée. La valeur du billet de banque ne correspond pas à la valeur du papier qui le constitue. Dans le cas de la monnaie scripturale, simples signes codés, l'abstraction devient totale. 

Le système de création monétaire adopté par la Banque de Suède au milieu du 17ème siècle, qui consiste à émettre des billets contre des escomptes de traites, n'a pas fondamentalement changé depuis cette époque. Les Banques créent toujours la monnaie en contrepartie de créances, qu'elles rachètent avec de la monnaie fabriquée pour l'occasion. 
Excepté une petite part correspondant à l'or en possession de la Banque Centrale, la monnaie que nous connaissons a donc pour contrepartie des crédits à l'économie (des dettes), et c'est pour cela qu'on l'appelle "monnaie de crédit". 

Il n'est pas toujours facile d'admettre l'idée abstraite que la monnaie est la contrepartie de reconnaissances de dettes. Certains ont essayé de la concrétiser en précisant la nature des créances en question, ce sont des créances à "l'économie", c'est à dire à la production ou à la consommation. Ces créances à la production auraient, elles mêmes, une contrepartie bel et bien tangible. Elles correspondraient à une production marchande en cours de fabrication ou en attente d'être vendue. Les économistes considèrent donc que la monnaie moderne est le fruit de la "monétisation d'une production". 

On peut toutefois observer qu'une partie des créances en cours, soit presque ¼ de "l'endettement intérieur total", correspond à des créances aux ménages, c'est à dire à du crédit à la consommation ou à l'habitat, et que ce crédit ne correspond à aucune production en cours. Sa seule contrepartie est constituée de simples reconnaissances de dettes, sur un produit déjà fabriqué et parfois déjà consommé.



Fonctions de la monnaie

La monnaie n'est d'aucune utilité immédiate à un individu isolé, elle ne vaut rien en elle-même. C'est un bien privé, car elle appartient à des individus qui en disposent comme ils l'entendent, mais qui n'existe que par son rôle social. 

Ce rôle va de pair avec différentes fonctions, dont les trois le plus souvent citées sont : 

- unité de compte ou de valeur : c'est l'unité de mesure commune, l'indispensable étalon qui permet de fixer un prix, de déterminer une valeur marchande. Les prix sont annoncés en quantité de monnaie, et la richesse est estimée pareillement. 

- intermédiaire des échanges : la monnaie permet des échanges plus facile que le troc. C'est là la fonction la plus courante de la monnaie, elle est distribuée par l'intermédiaire des revenus, et chacun l'utilise pour l'échanger contre des biens ou des services.

- réserve de valeur : la monnaie rend possible l'utilisation différée dans le temps de la valeur d'échange qu'elle représente, car on n'est pas obligé de la dépenser immédiatement. La qualité de cette fonction de réserve de valeur dépend, bien sûr, de la stabilité monétaire (inflation).

Une quatrième fonction, le plus souvent omise par les économistes, est celle de moyen d'enrichissement. En effet, dans notre système économique reposant sur le droit de propriété privée des actifs financiers et industriels, la monnaie a le pouvoir de rapporter d'autre monnaie. Elle permet, à son propriétaire, de percevoir un revenu par le seul fait de sa richesse. Il lui suffit pour cela de transformer sa monnaie en actifs financiers, en la "plaçant". C'est à dire en la prêtant contre intérêt, ou bien en l'échangeant contre des actions de sociétés. 

Comme l'intérêt et le profit n'ont rien de miraculeux et proviennent forcément quelque part du travail d'autrui, en se transformant en capital financier la monnaie peut accorder à son propriétaire le pouvoir de capter une part de la richesse produite par le travail d'autrui. Par l'intermédiaire de l'intérêt et du profit, la monnaie joue donc le rôle d'instrument de captation et de transfert de richesse, et assure la fonction de moyen d'enrichissement privé.

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Published by Dominique - dans -*- goudouly
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