Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vous Êtes Arrivé

  • : Le blog de la rue Goudouly
  • Le blog de la rue Goudouly
  • : Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
  • Contact

Pour le plaisir

Recherche

Mémoire Classée

En campagne

2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 03:37

L’arme ultime : dominer la culture et l’éthique de vie

En cette rentrée, l’actualité pleut sous les mesures de décomposition du tissu social. Loin de partir en vacances le gouvernement a profité des vacances pour faire tourner à plein régime la machine de déstructuration et de segmentation. Quatre terrains symboliques pour lire la culture libérale anglo-saxonne :
D’abord le RSA, dont la mise place poursuit le renforcement de la valeur : «  chômeur  » = «  personne qui refuse de travailler  » en lieu est place de «  chômeur  » = «  personne qui ne trouve pas de travail  ». La différence symbolique est énorme.

Nul ne regarde les autres citoyens de la même manière suivant qu’il adopte l’un ou l’autre des deux points de vue, et, par voie de conséquence, soutenir les caisses de chômage ne sera pas vécu de la même façon... l’identification «  chômeur  » = «  personne qui refuse de travailler  » permet de supprimer ses caisses sans que personne n’y trouve à redire. Leur suppression sera même vécue comme un soulagement, une forme de «  justice à l’égard de ceux qui, eux, travaillent !  ».
Ensuite l’ISF, pour lequel la surprise avait été de ne pas le voir supprimé purement et simplement en Mai 2007, date de l’annexion de la présidence française par le libéralisme. Mais c’était sans compter la grande bourgeoisie ! Toujours avide, elle a su montrer au président qu’il était de bon ton de revenir dans le droit chemin. Ainsi, l’ISF pourrait disparaître, lui qui est un symbole d’une justice sociale pour la solidarité à l’ensemble des individus-citoyens. Inculquer l’idée que cet impôt est «  injuste  » et «  inutile  » est un vrai coup porté à l’éthique et à la culture d’individus-citoyens pour en faire des «  individus-nus  ».
Nous avons aussi EDVIGE, le nouveau fichier de renseignements de la police. Certes, nous avions déjà les dossiers des RG, mais EDVIGE va beaucoup plus loin : renseignements sur les opinions philosophiques, sur la sexualité, sur la santé, intégration des enfants (dès 13 ans), ce fichier est une véritable atteinte à la laïcité dans le sens le plus strict car préserver la sécurité des personnes pour leurs opinions passe aussi par préserver leur intimité. Là encore, l’argumentation de l’éthique libérale anglo-saxonne inverse et invoque la sécurité, non la dangerosité et l’atteinte à l’intimité qu’un tel fichier représente. Imposer l’idée que «  pour notre sécurité  » nos faits, nos gestes et notre vie doivent être connus est un point essentiel à imposer pour asseoir un régime sécuritaire et liberticide.
Enfin, la «  mixité scolaire  » permet de tirer au sort quelques élèves et de les envoyer dans des établissements de meilleur niveau. Cette mesure vise à faire accepter que «  l’aumône  » faite à ses enfants est une chance pour eux. D’abord l’aumône met toujours celui qui reçoit en état de dépendance à l’égard au donateur (à comparer avec la volonté de l’éducation nationale de donner à chaque enfant les mêmes chances que tous les autres).
La mixité vise également à faire paraître pour «  normale  » la différence entre établissements scolaires et instaurer une méthode de quotas au lieu de travailler à l’égalité des futurs individus-citoyens. Enfin, permettre à quelques élèves de s’en sortir dédouane d’aider la totalité des enfants de notre pays en travaillant à édifier une vraie éducation nationale digne de ce nom. Ici aussi, le modèle de la charité produit la stagnation sociale, la soumission au «  vouloir du prince  ».
Là encore, l’objectif est très précis : imposer l’idée que ce système est «  bien  », «  normal  », «  juste  ».

Une logique de domination

Le libéralisme anglo-saxon produit concrètement des effets très violents : segmentation du tissu social et isolement des individus, culpabilisation et responsabilisation des plus faibles, impunité des puissants et détournement du pouvoir pour l’usage privé, destruction des infrastructures de soutient à la population, règne de la possession et consumérisme exacerbé, dévalorisation des savoirs et mise en avant de la superficialité et des dogmes, communautarisme, détournement et affaiblissement de la justice, atteinte à la vie privée, ... la liste est d’une longueur effarante !
Contrer chacun de ces points de manière isolée revient à remplir le tonneau des danaïdes : le problème n’est pas le niveau d’eau qui diminue, mais les trous dans le tonneau ! Or la gauche du XXe siècle a tenu pour gage de réussite son action sur le plan économique et social : elle a passé son temps à verser de l’eau dans le tonneau. À l’inverse le libéralisme a attaqué non seulement sur le plan économique et social, mais aussi sur le plan culturel et éthique. En intégrant que l’homme est humain et pas seulement un artisan du grand prolétariat, il a pris une longueur d’avance sur l’ancienne gauche : rien de surprenant à ce qu’il l’emporte aujourd’hui. Cette constatation est d’autant plus importante et pesante que le prix du libéralisme anglo-saxon est très élevé en termes de coût humain. La dégradation du système de santé, par exemple, c’est la misère et la douleur individuelle des personnes qui subissent les affres de la maladie parce qu’ils n’ont pas la possibilité de se soigner correctement. Mais malgré ces prix exorbitants en termes de douleur individuelle, de mutilation de la vie, d’intrusion dans l’intimité, de frustrations et de soumissions, le libéralisme s’impose ! L’Homme est un être humain avec une culture et une éthique de vie.

Le monopole de la culture et de l’éthique fonde le pouvoir

Pierre Bourdieu ne cessait de le répéter : celui qui détient le monopole de la normalité culturelle et éthique assure son pouvoir de domination. Tout son travail de sociologue n’a eu qu’un seul but : sortir de l’ombre ce qui assure la domination, mettre à disposition des plus faibles les armes pour comprendre comment ils sont abusés, maîtrisés et dominés.
Le libéralisme anglo-saxon n’arrive à imposer son coût humain exorbitant que parce qu’il multiplie la propagande de son style de vie ; que parce qu’il travaille sans relâche à inculquer aux individus les normes culturelles, les valeurs et l’éthique de vie qui rendent «  normales  » et «  justes  » les décisions politiques les plus humainement rétrogrades. L’individu qui aime ces chaînes parce qu’il les trouve «  seyantes », «  protectrices  » ou «  naturelles  » : voila le type d’être humain que vise le libéralisme anglo-saxon. Et pour cela, il n’y a qu’une arme : travailler la culture et l’éthique de vie des individus, rééduquer leur psychologie.
Pour «  notre bien personnel et notre sécurité à tous  » : EDVIGE viole notre intimité ; pour «  offrir aux enfants la chance de réussir à l’école  » : la mixité scolaire entre établissements abandonnés et établissement de haut niveau entérine l’abandon d’une éducation égalitaire pour tous ; pour «  sauver les retraites  » : allongement de la durée de cotisation et augmentation de la misère chez les personnes âgées ; pour «  sauver notre santé  » : mise en place de franchises médicales qui empêchent les plus démunis de se soigner correctement. Imposer la culture et l’éthique de vie est l’élément qui permet au libéralisme anglo-saxon de coloniser la psychologie des individus et leur faire accepter ce que l’on imaginait «  inacceptable  » !

Dans cette guerre des valeurs, les militants doivent produire une nouvelle culture et une nouvelle éthique de vie ; une éthique de vie alternative qui soit opposable à l’éthique de vie prônée par le libéralisme anglo-saxon. La base en est une culture de l’individualité citoyenne, une éthique de vie qui réalise consciemment l’importance et l’attachement à la vie et la défense d’un cadre collectif qui garantisse la souveraineté des individualités et les rend possibles. Ce cadre porte un nom : le Pacte Républicain, ces acteurs en sont les individus-citoyens.

A chaque époque ses engagements et ses actions propres. Contre les mass-médias dominants qui envahissent les foyers, les militants doivent sortir des conférences et porter, propager, répandre cette culture et cette éthique de l’individu-citoyen par l’éducation populaire pour proposer un autre système de vie. Là est à la fois notre fierté et notre tâche à nous, militants de la gauche du XXIe siècle.

Évariste

Partager cet article

Repost 0
Published by Goudouly - dans -*- politique
commenter cet article

commentaires