Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vous Êtes Arrivé

  • : Le blog de la rue Goudouly
  • Le blog de la rue Goudouly
  • : Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
  • Contact

Pour le plaisir

Recherche

Mémoire Classée

En campagne

6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 03:55

Rengaine capitaliste de la socialisation des pertes pour maximiser d'ultérieurs profits

 Dès 1972, François Mitterrand préconisait la nécessité de procéder à de nouvelles nationalisations pour réaliser un plan économique contre le chômage, l'inflation et la crise. Dans son introduction au Programme de gouvernement du Parti socialiste, le héraut d’Epinay écrivait ainsi :
« Le PS propose d'arracher aux monopoles l'instrument de leur pouvoir en transférant les grands moyens de production du secteur privé au secteur public. Dans l'immédiat, ces nationalisations affecteront par priorité l'ensemble du domaine bancaire et financier (quel chef d'entreprise ignore que les banques sont les nouveaux seigneurs ?) et elles s'appliqueront au domaine industriel selon des critères précis. »

Dès 1981, les nationalisations ont immédiatement été profitables aux entrepreneurs, car indispensables à la survie du régime capitaliste. Elles ont servi à renflouer des groupes industriels et financiers privés français mal en point, avant qu’ils soient privatisés à compter de 1986 par la droite et la gauche, l’apport de fonds publics et les restructurations engagées ayant permis de restaurer de considérables rentabilités.

Aujourd’hui, la crise économique est marquée par la domination d’une économie financière qui ne réinvestit plus ses profits dans l’économie productive. Ses enchaînements dramatiques seront la récession, l’accroissement du chômage et la paupérisation galopante dans le monde, ainsi que nous l’écrivions il y a tout juste un an (cf. art. OP, Lettre 17). La montée des périls s’aggrave durablement et ce sont les peuples qui boiront la coupe d’amertume. Car cette crise annonce que seuls les peuples peuvent retourner la tendance, à condition qu’ils s’unissent et reprennent leur initiative politique.

D’une guerre à l’autre

Pour tenter de secourir un système financier autonome et anonyme, des banques et assurances sont rachetées en totalité ou partie dans les pays capitalistes. Dans le même temps, la presse internationale salue la belle connivence entre laudateurs du capitalisme, mais se prend à imaginer que des gouvernements libéraux seraient devenus collectivistes. Il faut bien agiter le « retour du spectre » socialiste pour maintenir un semblant de cohésion d’intérêts contradictoires au sein du camp capitaliste.

Or, peut-on véritablement parler de nationalisations, ne serait-ce qu’au sens gaullien de réappropriation d’un bien commun utile à la nation tout entière, au sortir de l’occupation allemande ?

Certes, à présent il ne s’agit point d’une reprise en main d’entreprises destinée à nourrir un projet contraire à la libre expansion de la course à la rentabilité financière mais bien d’une socialisation généralisée des pertes des banques. L’Etat et le citoyen-contribuable sont devenus les deux mamelles serviles du capital.

Historiquement, aussi bien concernant les nationalisations de l’immédiat après-guerre que celles de 1981, sans le rôle économique que l'Etat a pu jouer, jamais le capitalisme n'aurait pu vivre, se déployer et s’étendre. Encore moins survivre sans sa participation à la résorption, minime, de son antagonisme fondamental situé dans le règne de la marchandise. Car, c’est bien là le rôle des conceptions de l’Etat-Providence ou celles dites « régulatrices » recherchant à aménager des cautères sociaux (Rmi, allocations chômage…) sur la misère engendrée par la réification des hommes. Avec de tels subterfuges, on sait éviter jacqueries et luttes sociales généralisées. Pour combien de temps ?

Un modèle « régulateur » industrieux nous permet de saisir l’embout du canon que nous posent sur le front quelques énergiques contempteurs du socialisme républicain. Ainsi, l’économiste Dominique Strauss-Kahn, alors candidat à l’investiture de ses camarades de parti, en 2006, affichait l’idée des « nationalisations temporaires ». Ainsi souhaitait-il mettre l’intervention publique au service des territoires (nota : et non plus la nation !). Pour lui, notre tissu industriel semble menacé par des phénomènes de délocalisations et une disparité de traitement selon les « zonages économiques ». Cette nationalisation temporaire des entreprises leur permettrait « un apport en capital devant leur servir à surmonter une mauvaise passe ».

Loué soit cette belle pensée, incarnée désormais depuis le Fonds monétaire international et ses affidés réunis au club des chefs d’Etat soucieux de contrôler « les dérives prédatrices » du capitalisme, pour reprendre l’expression de Nicolas Sarkozy.

Car, à l’heure de l’épuisement historique du capitalisme, l'Etat et surtout les collectivités territoriales sont transformés en instruments devant assumer un rôle majeur dans la reconstitution d’infrastructures privatisables (routes, chemins de fer, canaux, ports, docks, écoles, hôpitaux, etc.).

Pourquoi ? L’Etat est resté aux mains de fractions de classes possédantes. Elles luttent entre elles mais tirent les ficelles de la lutte des places au sein du quarantenaire biparti d’où des manœuvriers conduisent, aux ordres, la politique quotidienne de gestion de la crise capitaliste.

Naguère, l'Etat a joué un rôle primordial dans la mise sur pied du crédit. Avec son appui, la Banque de France, fondée en 1800, a rempli une fonction centrale dans le développement du système de crédit (privilège de l'émission de la monnaie pour la France entière en 1848, réescompte, avances sur titres, etc.). C'est encore l'Etat qui a créé en 1816 la Caisse des dépôts et consignations, le Crédit foncier en 1855, etc. Or, tous ces marchés et les suivants que l'Etat ouvre ont continuellement été une source constante de profits pour le capital et ont, par nature, été décisifs pour la constitution d'importants secteurs industriels privatifs.

Résister : réorganisation politique des classes populaires

Passagèrement, pour résister à la crise financière, certains réclament des changements de propriété ou de dirigeants. D’autres aspirent à modifier la gestion dans le privé et dans le public. Sont-ce des antiennes suffisantes ? Ce n’est pas la rengaine de la nationalisation qui sera efficace. A-t-on déjà oublié les crises sur les matières premières agricoles de 2007, les crises pétrolières de cet été ? L’interventionnisme actuel des Etats et des banques centrales pour sauvegarder leur système financier démontre qu’il faut bouleverser profondément la base de tous les rapports de production et d’échanges.

Autrement dit, le régime social fondé sur l’anarchiste régime marchand capitaliste révèle son absurdité structurelle et ses dégâts. C’est une question de vie ou de mort pour l’homme, las de subir la résolution des conflits des capitalistes entre eux dans les repartages du monde impérialistes. C’est-à-dire les guerres économiques et/ou armées.

Au final, cette crise est une aubaine. Elle dévoile notre Germinal historique : sans organisation fondée sur des analyses des situations, un but commun, une idéologie socialiste conquérante et une perspective révolutionnaire républicaine, les peuples ne seront jamais en mesure de combattre une économie politique clopinant sur la tête. Il n’est pas trop tard pour construire l’union de lutte de toutes les classes populaires qui vivent sur la seule force de leur travail.

Olivier Pascault

Partager cet article

Repost 0
Published by Goudouly - dans -*- politique
commenter cet article

commentaires

eva 06/11/2008 04:04

BonjourUne fois de plus, je cite ton site... bien amicalement Eva