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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 03:13

Le secteur mutualiste en péril

Par Sylvie Mayer,

coauteure et coordinatrice du Guide de l’économie équitable (*), responsable commerce équitable, économie sociale et solidaire du PCF.


Comment faire pour protéger l’économie sociale des manoeuvres capitalistes ?

Successivement, le Crédit agricole pour 5,9 milliards en juin, la Caisse d’épargne, les Banques populaires pour 3,7 milliards en septembre viennent de recapitaliser assez discrètement pour près de 10 milliards d’euros. 10 milliards d’euros « propriété » de 12,6 millions de Françaises et de Français, leurs coopérateurs ou mutualistes qui auraient dû avoir tous droit à la parole : une personne = une voix selon un des cinq principes de l’économie sociale. Ces 10 milliards sont partis en fumée dans l’économie virtuelle : la spéculation. Les sociétaires « paieront deux fois » : une première fois pour boucher les trous, une deuxième fois car ce sera autant non investi pour créer des emplois, des logements, soutenir l’économie réelle.

Le 15 octobre, le Groupe des caisses d’épargne et les mutuelles de l’assurance MACIF et MAIF (7,2 millions de sociétaires) finissaient de conclure leur rapprochement pour leur future activité de bancassurance.


Comment ont été consultés les 14 millions de citoyens mutualistes concernés de part et d’autre ?

Au même moment, malgré plusieurs réunions de « cadrage » au palais de l’Élysée un nouveau scandale éclatait avec la perte de 695 millions à la Caisse nationale d’épargne. Assumant leurs responsabilités, les trois principaux dirigeants du directoire démissionnaient. Quelques mois plus tôt ce ne fut pas le cas du principal dirigeant du Crédit agricole qui a même succédé depuis au président de la Société générale à la tête de la Fédération bancaire française (FBF). Attendons cependant quelques jours pour apprécier la réalité de ces trois démissions spectaculaires.

Dans un autre domaine d’activité, laCAMIF, le troisième de la vente par correspondance en France, s’est détourné de ses obligations mutualistes en ouvrant son capital aux 3 Suisses International puis à un fonds de pension, Osiris Partners. Celui-ci, en 2007, a pris le contrôle de la CAMIF Particuliers en investissant 25 millions d’euros. Malgré plusieurs injections de capitaux, la CAMIF est aujourd’hui conduite à des licenciements dans sa principale filiale et devra licencier 144 personnes dans la maison mère. Quand et comment, en toute transparence, les dirigeants, les coopérateurs et les mutualistes analyseront-ils ce qui s’est passé et se passe ?


Comment en est-on arrivé là ?

Par absence de contre-pouvoir donc de démocratie ? Par abus de démocratie délégataire ? Par détournement des principes coopératifs et mutualistes avec la création de structures cotées en Bourse et échappant de fait à tout contrôle citoyen ? En sera-t-il de même pour la fusion annoncée et accélérée du groupe Caisses d’épargne et Banque populaire ? Cette fusion nécessite une modification de la loi : seul espoir d’un contrôle citoyen ?

En utilisant les outils du capitalisme, en agissant comme les capitalistes, quelques équipes dirigeantes détournent l’économie sociale de son rôle social et solidaire.

L’économie sociale et solidaire peut contribuer à la transformation de l’économie en combinant démocratie représentative, démocratie économique et démocratie sociétale et donnant des contre-pouvoirs aux citoyens.

Les sociétaires, coopérateurs, mutualistes doivent intervenir pour qu’elle retrouve ses principes de solidarité, hors des schémas capitalistes.

Nous faisons plusieurs propositions en ce sens :

À court terme : renforcer par la loi la participation des mutualistes et coopérateurs aux activités et assemblées générales.

À moyen terme :

- rendre obligatoire un minimum de financement de l’économie sociale et solidaire (SCOP, SCIC…) par le secteur bancaire coopératif et mutualiste ;

- élaborer un plan de création de nouvelles sociétés coopératives de production fondé sur un droit de préemption des salariés en cas de cession des entreprises (700 000 entreprises et 3 000 000 de salariés concernés avec le papy- boom).

Immédiatement nous proposons à chacune et chacun des 20 millions de Françaises et des Français sociétaires des groupes Crédit agricole, Banques populaires, Caisses d’épargne, Crédit mutuel, aux 7,2 millions mutualistes de la MACIF et de la MAIF, aux élus des collectivités locales, de demander la convocation en urgence d’assemblées générales exceptionnelles dans toutes leurs instances.

Vous avez le pouvoir d’agir, d’exercer votre citoyenneté économique.

Vous souhaitez agir : nous vous suggérons un modèle de lettre selon votre banque ou assurance mutualiste.

http://guideeconomieequitablebancassurance.blogspot.com

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Published by Goudouly - dans -*- associations
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commentaires

Franois TATARD 01/12/2008 11:21

 
2008/9/12 Tatard François    ( tatardflr@orange.fr)
 
COMPLEMENTAIRES SANTE
 
 
Lorsqu'on fait le bilan sur plusieurs années, pour comparer le montant cotisé avec les avantages acquis on s'aperçoit qu'on sera toujours perdant, car la fidélité ne trouve pas de réponse.
Compte tenu du niveau mental moyen des populations il apparait que peu de gens font cette comparaison. Devant l'objection de la dépense médicale la réponse la plus fréquente est :
"je m'en fous j'ai ma mutuelle". En conséquence, il n'y a plus aucun frein à la consommation médicale. La Sécurité Sociale qui couvre à 100% le coup dur est perdante, alors que la complémentaire santé se contente de rembourser le tiers payant hors coup dur. On comprend mal que la SS encourage ces « complémentaires santé » qui la ruinent.
 
Extrait du livre "LES GLORIEUSES
"
 
Les assurances sociales.
 
C'est effectivement le principe juridique qui a été adopté autant pour l'Assurance maladie que pour l'Assurance retraite.
Avant la première guerre mondiale, des organismes très autonomes ont pris en charge ces affaires, sans aucune contrainte ni obligation d'adhérer.
 
L'Assurance, est une vieille invention qui prétend réaliser un compromis entre la notion mathématique du calcul des probabilités et le principe moral de solidarité.
La Compagnie d'Assurance constitue une activité commerciale qui s'intéresse aux "probabilités" et n'utilise les notions de solidarité que pour placer commercialement sa marchandise.
A l'inverse, la SECURITE SOCIALE est censée donner la priorité à la solidarité.
 
L'Assurance, en général, a une tendance certaine à l'escroquerie. C'est ce qui arrive souvent chez l'assureur et quelquefois chez l'assuré. Mais la partie n'est pas égale, car la justice est beaucoup mieux manipulée par l'assureur que par l'assuré.
L'escroquerie de l'assuré s'appelle la "baraterie", dans l'Assurance maritime. Elle consiste à détruire volontairement le bien assuré pour une valeur excessive, afin de toucher une juteuse réparation. Elle n'existe pas quand l'Assureur fait son travail de contrôle. Pour les grosses choses, comme des navires, des avions et des immeubles, l'Assureur confie le contrôle à des organismes spécialisés, aux frais de l'Assuré. Dans ce cas-là, l'Assureur se contente de l'engagement de ne rien contester en cas de dommage.
L'Assureur, magnifique escroc, entretient un gros service juridique de contentieux, pour contester systématiquement ses obligations. Le temps travaille pour lui. C'est l'inverse pour l'Assuré. L'Assureur exploite au maximum la lassitude de l'Assuré, peu confiant dans une justice versatile et trop lente.
La faillite de l'Assureur est ce qui correspond au summum de l'escroquerie. Pour limiter les dégâts, la loi lui impose de prévoir des "provisions" sous forme de biens immeubles. En cas d'insuffisance, l'obligation de réassurance conduit l'Assureur à se faire globalement garantir par plus gros que lui.
 
Une variété d'Assureurs mérite une parenthèse. Les "Mutuelles" sont censées être sans but lucratif. En conséquence, elles prétendent se baser principalement sur la solidarité. En réalité, leur caractère souvent corporatiste, correspond à un calcul de probabilités des risques. Leur clientèle, bien ciblée, est souvent dévouée et peu encline à l'escroquerie.
La MAIF (Mutuelle d'Assurance des Instituteurs de France) a longtemps été exemplaire dans sa gestion économique et dans sa morale solidaire.
D'autres mutuelles professionnelles de "Complémentaire Maladie" se montrent très compétitives par une gestion simplifiée. A l'une d'entre elles, qui remboursait plus qu'on avait dépensé, la question a été posée : pourquoi cette générosité ?
Réponse :
"C'est la garantie qu'aucune contestation ne s'élèvera avec nos adhérents. Nous n'avons donc pas de service de contentieux, avec ses téléphones ses secrétaires et autres dépenses de frais généraux. L'économie réalisée est bien supérieure à notre générosité apparente."
 
C'est une belle leçon de gestion. Malheureusement, les dirigeants de ces mutuelles rêvent souvent de grandeur. Ils sont à l'image de nos hommes politiques. Ils veulent le maximum de pouvoir, sur de gros bataillons, avec de gros budgets qui font l'admiration des foules et justifient de jolis avantages en nature pour leurs cadres dirigeants.
Alors, peu à peu, la petite Mutuelle ou Coopérative du début grandit comme la grenouille de la fable. On modifie un peu la stratégie pour élargir la clientèle. On fait de la publicité, du marketing comme ils disent. Finalement, on ressemble à une vulgaire affaire capitaliste, avec cet avantage de pouvoir puiser dans une plus grosse caisse pour les besoins du personnel.
 
Mutuelles et Coopératives, portées au succès par le dévouement et l'honnêteté des fondateurs, finissent toujours par mourir de ne plus servir qu'aux ambitions de leurs dirigeants et aux intérêts de leurs salariés.

Franois TATARD 01/12/2008 11:20

 
Subject: Fw: La misère fait peur à voir
Il faut rétablir la peine de mort ou redevenir une vraie démocratie
 
Charles Milhaud n'est pas un "homme d'argent". Vraiment?
 
En démissionnant de la présidence du directoire de la Caisse d'Epargne, Charles Milhaud (photo) a fait une déclaration très émouvante dans laquelle il annonce qu'il renonce à son indemnité de départ. "Je ne demande aucune indemnité", déclare-t-il. Et il ajoute: "Ceux qui me connaissent savent aussi que je ne suis pas un homme d'argent". Vraiment?
 
A lire les rapports annuels de la Caisse d'Epargne, on n'avait pas remarqué cette qualité chez cet homme. Le patron de l'Ecureuil se caractérise au contraire par un appât du gain démesuré par rapport à ses performances. La politique de rémunération du patron de l'Ecureuil permet même de comprendre pourquoi ce dernier s'est lancé dans une course à la taille effrénée. Qui s'est révélée une catastrophe pour les comptes de l'Ecureuil.
 
Voici la rémunération de Charles Milhaud, depuis 2002:
> > > 2002: 514 000 euros
> > > 2003: 453 000 euros
> > > 2004: 664 000 euros
> > > 2005: 914 500 euros
> > > 2006: 1 064 000 euros
> > > 2007: 1 584 000 euros
 
Cette évolution amène plusieurs commentaires:
 
De 2002 à 2007, la rémunération du patron de l'Ecureuil a été multipliée par trois. En dehors de l'année 2003, la progression est régulière, atteignant d'un exercice à l'autre jusqu'à +50%.
Cette évolution le fait changer de catégorie: au début des années 2000, Milhaud a un salaire de patron d'entreprise publique. A la fin, il s'approche de ce que gagnent ses collègues banquiers, qui sont à la tête d'entreprises cotées. Rappelons que la Caisse d'Epargne n'est pas cotée, au contraire de sa filiale Natixis, dont Milhaud est le président du conseil de surveillance.
La cotation de Natixis (un désastre pour les actionnaires: l'introduction s'est faite à 19,55 euros, le titre tourne en ce moment autour de 2 euros) a été un élément supplémentaire d'inflation. Milhaud a reçu une prime exceptionnelle de 150 000 euros (pour la réussite de l'opération, sic) ainsi que 100 000 stock-options.
Pendant le même temps, les Caisses d'Epargne ont effectivement évolué. Le chiffre d'affaires (Produit net bancaire) a explosé, passant de 1,1 milliards d'euros à 10 milliards entre 2002 et 2007. Le résultat net a aussi progressé (de 196 millions à 1,3 milliards), mais en moins forte proportion: la marge nette passe de 17% à 13%. Ce qui veut dire que le groupe est devenu plus gros, mais moins rentable. Et que la rémunération de son patron a d'abord été liée au PNB et pas à cet indicateur moins favorable.
Voila pour la performance de Milhaud...
 
Et à ceux qui s'inquiètent pour ses vieux jours. Même si l'ex-patron de l'Ecureuil ne touchera pas de golden parachute, il ne part pas avec rien. D'abord, officiellement, Milhaud est toujours président du conseil de surveillance de Natixis (fonction qui lui permet de toucher 308 000 euros par an, somme comprise dans le total énoncé plus haut). En plus, cet homme de 65 ans pourra toucher la retraite maison de la Caisse d'Epargne. Son contrat de travail lui donne le droit à "une rente annuelle égale à 10% de la rémunération brute moyenne des trois meilleurs années civiles complètes perçue au sein du groupe Caisse d'Epargne". Il s'agît, comme par hasard, des trois dernières années. Et cela donne 119 000 euros par an.
 
A part cela, Milhaud a eu "un comportement irréprochable" en démissionnant. Et c'est vrai puisque c'est lui qui le dit...