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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 03:51


FMI : perspectives économiques mondiales


« La crise financière prolongée a frappé l’activité économique mondiale au-delà de ce qui avait été prévu précédemment », constate le FMI, qui insiste sur les risques croissants naissant du retard à traiter le secteur financier, facteur aggravant de la crise. « La clé, c’est de traiter de façon crédible les actifs problématiques et les préoccupations sur la solvabilité des banques », préconise-t-il.

FMI, mars 2009

Document de travail préparé par le FMI pour la réunion des ministres de finances et des banquiers centraux du G-20 à Londres les 13 et 14 mars. (extrait)

Développements récents

1 - La crise financière prolongée a frappé l’activité économique mondiale au-delà de ce qui avait été prévu précédemment

La baisse du PIB mondial est estimée avoir atteint le chiffre sans précédent de 5% au quatrième trimestre (annualisé), entrainée par les économies avancées, où l’activité s’est contractée de près de 7%. Le PIB a baissé au cours du quatrième trimestre d’environ 6 pour cent aux États-Unis et dans la zone euro, tandis qu’il a chuté de 13 pour cent au Japon, valeur record dans la période d’après-guerre. La croissance a également plongé dans de nombreux pays émergents, ce qui reflète la convergence de l’affaiblissement de la demande extérieure, du resserrement des contraintes de financement, et de la chute des cours des matières premières. L’inflation mondiale continue de chuter rapidement, ce qui reflète la forte baisse de l’activité économique et l’effondrement des prix depuis la mi-2008.

2 - Les données récentes indiquent une faiblesse soutenue dans la période à venir

Les indices mondiaux de la Production Manufacturière (PMI) continuent à faiblir dans les économies avancées et émergentes. Le volume du commerce international continue à diminuer rapidement, tandis que les données sur la production et l’emploi suggèrent que mondialement l’activité continue de se contracter au cours du trimestre actuel.

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3 - Mondialement, les problèmes du secteur financiers restent importants, affaiblissant la croissance

• Dans les économies avancées, où peu de progrès ont été réalisés jusqu’ici dans le traitement des actifs en difficulté, l’incertitude concernant la solvabilité des banques reste élevée, empêchant un rétablissement de la confiance du marché. La situation du secteur du crédit continue d’être gravement compromise, alors que les marchés des actifs titrisés (à l’exception des titres hypothécaires avec des garanties des gouvernements) restent bloqués. Les récentes enquêtes sur les prêts bancaires aux États-Unis et dans la zone euro indiquent une baisse de la demande de crédit, accompagnée par un resserrement des normes d’octroi des prêts. Malgré l’aggravation de la récession, la perspective de la hausse des besoins de financement a prévenu la baisse du rendement des obligations. Les primes de risques (spreads) des CDS sur la dette émise par les Etats sont également sous pression, notamment pour les économies présentant un niveau d’endettement élevé ou de graves problèmes du système bancaire relativement à la taille de leur économie.

• les économies émergentes et en développement continuent de faire face à des tensions aiguë sur leur financement extérieur. Cela est particulièrement le cas pour les entreprises des économies émergentes qui doivent faire face à d’importants refinancements de dettes (rollover), qui menacent de provoquer des défaillance à grande échelle du secteur privé qui pourraient saper les perspectives de croissance. Cela, à son tour, ne ferait qu’aggraver les perspectives dans les économies avancées et déclencherait un cercle vicieux.

(JPG) 4 - Le stress financier persistant a continué à provoquer de forts mouvements sur les devises

Le dollar et le yen ont continué de s’apprécier en termes effectifs réels, avec un renforcement du yen particulièrement important. Le renminbi a aussi continué à s’apprécier au cours de cette dernière année. Cependant, plusieurs autres monnaies des économies émergentes ont connu des dépréciations :le real brésilien, en rouble russe, le won coréen, peso mexicain, le zloty polonais, et la roupie indonésienne.

5 - Les baisses de prix des matières premières n’ont pas ralenti et ont conduit à des variations massives des termes de l’échange

Dans l’avenir, les prix ont peu de chances de remonter tandis que l’activité mondiale se ralentit.

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Perspectives

6 - Dans ce contexte, l’activité mondiale devrait se contracter en 2009 pour la première fois en 60 ans

La contraction de l’activité mondiale est désormais estimée de 0,5 à 1 pour cent en 2009 sur une base annuelle moyenne, avant de se redresser progressivement en 2010 (tableau 1). La nouvelle version révisée des projections reflète une tourmente financière qui ne faiblit pas, le naufrage de la confiance, et l’effet limité à ce jour des mesures politiques visant au rétablissement de la santé du système financier.

• Il est toujours prévu que la croissance mondiale connaisse une reprise modeste l’année prochaine, conditionnée par : des mesures politiques globales afin de stabiliser les conditions du secteur financier ; la mise en oeuvre de politiques de soutiens budgétaires importants ; l’amélioration progressive des conditions de crédit ; la fin de la baisse du marché immobilier aux États-Unis ; l’effet d’amortissement résultant de la forte baisse des cours du pétrole et des principales matières premières.

• Toutefois, en cas de nouveaux retards dans la mise en œuvre des politiques globales pour stabiliser la situation financière, la récession sera plus profonde et plus prolongée, en dépit des politiques macroéconomiques visant à renforcer la demande.

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7 - Les économies des pays avancés souffriront de profondes récessions en 2009

Les économies du G7, considérées en tant que groupe, devraient connaître la plus forte contraction de la période d’après-guerre. Avec la tendance négative et l’effet limité des politiques visant à lever les incertitudes et à traiter les problèmes de la finance à ce jour, les effets adverses des boucles « macro-financières » se sont intensifiés, et les perspectives de reprise avant la mi-2010 sont en recul.

• Aux États-Unis, la contraction de l’activité en 2009 devrait porter l’écart de production (output gap) [1] à des niveaux jamais observés depuis le début des années 1980. En supposant que la situation des marchés financiers s’améliore relativement rapidement dans la seconde moitié de 2009, sur la base des mise en œuvre d’un plan détaillé et convaincant pour la remise en ordre du secteur financier, ainsi que par la poursuite des politique de soutien à la demande intérieure, la croissance devrait devenir positive dans le courant du troisième trimestre 2010.

• Dans la zone euro, la baisse d’activité en 2009 reflète une forte chute de la demande extérieure, l’impact de la correction du marché immobilier dans certains États membres (qui a commencé plus tard qu’aux États-Unis), et une intensification des contraintes sur le financement. L’impact de la baisse de la demande extérieure a été plus important et la politique de relance plus modérée qu’aux Etats-Unis, bien que les stabilisateurs automatiques sont un peu plus importants en zone euro.

• Au Japon, la forte baisse de la production reflète le plongeon des exportations nettes et des investissements des entreprises, et la faiblesse de la consommation du secteur privé. Le secteur financier, bien que n’étant pas à l’épicentre de cette crise, subit aussi ses effets négatifs, ce qui pèse sur les perspectives de croissance.

8 - Dans les économies émergentes et en développement, ainsi que dans les pays à faible revenu, la croissance continuera d’être entravée par les contraintes de financement, la baisse des prix des matières premières, la faiblesse de la demande extérieure, et la retombée de la demande intérieure.

L’activité ne devrait augmenter que faiblement en 2009, avant de se redresser progressivement en 2010. Quelques économies subiront de graves revers.

• Les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) et les Etats du Commonwealth sont les plus durement touchés. Les perturbations financières mondiales ont fortement affecté la région PECO, en particulier, compte tenu des importants déficits des comptes courants. Plusieurs pays font face à une forte contraction des flux de capitaux, et ceux qui en souffriront le plus ont d’importants déficits budgétaires ou extérieurs (Pays Baltes, Hongrie, Croatie, Roumanie et Bulgarie).

• En Amérique latine, la situation financière tendue et une demande extérieure plus faible sont un frein à la la croissance dans la région, avec une croissance en forte décélération au Brésil et le Mexique devant entrer en récession, selon les projections.

• Les pays émergents d’Asie sont frappés en raison de leur dépendance aux exportations du secteur manufacturier. L’activité manufacturière de la région a été particulièrement touchée par l’effondrement des exportations dans le secteur informatique. La croissance connait également un ralentissement en Chine, mais évolue à partir d’une valeur élevée (13 pour cent en 2007), et la demande intérieure est soutenue par une politique de relance forte.

• En Afrique et au Moyen-Orient, on prévoit également que la croissance ralentisse, mais de façon plus modérée que dans d’autres régions. En Afrique, la croissance devrait être modérée en particulier dans pays exportateurs, et plusieurs pays connaissent une réduction de la demande pour leurs exportations, la baisse des envois de fonds et des investissement étranger direct (IED), tandis que les flux d’aide financière sont menacés. Au Moyen-Orient, les effets de la crise financière ont été plus limités jusqu’à présent. En dépit de la forte baisse des prix du pétrole, les dépenses des gouvernements sont en grande partie maintenus afin d’amortir les répercussions sur l’activité économique.

(JPG) 9 - L’inflation va continuer à reculer en raison de la combinaison de la baisse des prix des matières premières et du ralentissement économique de plus en plus prononcé, avec un accroissement des risques de déflation dans les économies avancées

Les analyses effectuées par les services suggèrent que vulnérabilité du G7 à la déflation a augmenté au-dessus du sommet précédemment atteint, reflétant des risques élevés au Japon et aux Etats-Unis (selon les estimations) et des risques plus modérés pour plusieurs membres de la zone euro y compris l’Allemagne, l’Italie, et la France. En outre, l’indice de vulnérabilité sous-estime le risque que la déflation puisse s’installer, car il ne tient pas compte de la baisse significative des prix de l’immobilier dans certains pays.

Risques

10 - En dépit d’une importante révision à la baisse des prévisions, les risques continuent à prédominer

Le principal risque est que de nouveaux retards dans la mise en œuvre des politiques visant à stabiliser les conditions financières conduiraient inévitablement à une intensification des boucles de rétroaction négatives entre l’économie réelle et le système financier. Une nouvelle détérioration de la solidité financière des banques dans les économies avancées en raison de pertes pourrait conduire à une récession plus profonde et plus longue, provoquant un resserrement du crédit plus sévère affectant l’activité réelle.

La baisse des prix de l’immobilier et l’augmentation des défauts dans les États-Unis, Royaume-Uni, et des parties de la zone euro sont provoquent déjà des difficultés dans le système financier. L’augmentation des licenciement ralentirait encore davantage la consommation et l’investissement résidentiel.

11 - Les risques de déflation, concentrés dans les grandes économies avancées, pourraient provoquer une récession plus longue et plus prononcée

Les anticipations de baisse des prix pourraient inciter les consommateurs et les entreprises à reporter les dépenses et entraîner plus profondément l’économie en récession. Avec les taux directeurs déjà proches de zéro dans de nombreux cas, les autorités monétaires n’ont qu’une capacité limitée à contrecarrer les pressions déflationnistes par des moyens traditionnels, tandis que le l’efficacité des approches moins conventionnelles est beaucoup moins certaine.

(JPG) 12 - Il existe un risque sérieux que les économies émergentes ne soient pas en mesure d’obtenir de financement extérieur

Un nombre croissant de pays émergents et d’entreprises de ces pays pourraient ne pas avoir suffisamment accès aux financements étrangers, en raison du deleveraging [2] global, des gros besoins de financement des économies avancées et de l’augmentation de la préférence nationale. Globalement, les risques sont plus importants pour les économies émergentes qui comptent sur les flux transfrontaliers pour financer les déficits de leur compte courant ou pour financer les activités de leurs secteurs financiers ou des entreprises.

13 - Le spectre du protectionnisme commercial et financier est une préoccupation croissante

Nonobstant les engagements pris par les pays du G-20 de ne pas recourir à des mesures protectionnistes, d’inquiétants dérapages ont eu lieu. Les lignes sont floues entre l’intervention publique visant à contenir l’impact de la crise financière sur les secteurs en difficulté et les subventions inappropriées aux industries dont la viabilité à long terme est discutable. Certaines politiques de soutien à la finance conduisent également les banques à orienter le crédit vers leur pays. Dans le même temps, il y a des risques croissants que certains pays émergents confrontés à des pressions extérieures sur leurs comptes cherchent à imposer des contrôles de capitaux.

14 - Cependant, la situation économique et financière mondiale pourrait rebondir plus rapidement que prévu si les mesures politiques sont renforcées de façon crédible

La crise actuelle est surtout une « crise de confiance. » Malgré une incertitude exceptionnelle, bien supérieure à celle observée au cours d’une récession classique, les mesures politiques pourraient contribuer à ramener la confiance, ce qui soutiendrait la remontée des dépenses et la croissance mondiale. La clé, c’est de traiter de façon crédible les actifs problématiques et les préoccupations sur la solvabilité des banques.


Publication originale FMI, traduction Contre Info

[1] Différence entre PIB réel et potentiel

[2] processus de désendettement et de liquidation des actifs

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Published by Goudouly - dans -*- politique
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