Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vous Êtes Arrivé

  • : Le blog de la rue Goudouly
  • Le blog de la rue Goudouly
  • : Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
  • Contact

Pour le plaisir

Recherche

Mémoire Classée

En campagne

13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 03:17



Je me préparais à sortir quand mon frère me proposa de me déposer au lycée.

— Après tout, c’est ta voiture !

Quand, en passant au Castelet, j’aperçus Ka sur le parking devant une grosse berline, je m’enfonçai dans mon siège pour qu’il ne me voie pas. Mais mon frère s’arrêta.

— Pourquoi tu t’arrêtes ? Je ne veux pas le voir.

— Il veut juste te parler.

— On n’a plus rien à se dire.

— Fais-le pour moi. Sinon, je vais perdre mon boulot. Tu l’écoutes, c’est tout. Il veut s’excuser.

 A contrecœur, je sortis de la voiture. Mon frère me fit un signe d’encouragement de la main et repartit aussitôt sur les chapeaux de roue.

— Lâcheur !

J’avais un sale pressentiment.

— Monte, dit Ka avec un sourire timide.

— Je n’ai pas envie. Dis-moi ce que tu as à me dire.

— Pas ici. Monte !

Je secouai la tête. Il avait l’air tout doux, tout gentil. Je ne le sentais pas.

— Je vais être en retard au lycée.

— Je t’y conduis, on aura le temps de causer. Tu peux bien me donner une minute.

C’est à ce moment-là que Tibo passa sur sa Mob. Je le saluai de la main, il s’arrêta.

— Tu as des problèmes, Alys ?

J’avais une terrible envie de lui demander de m’emmener au lycée, mais Ka avait l’air tellement contrit que je n’eus pas le cœur de lui faire ça. Je le regretterai toute ma vie.

— Non ! Merci, Tibo. Tout va bien. On se voit tout à l’heure !

— Tu es sûre ? Je t’attends si tu veux.

La proposition mit Ka hors de lui. Ses yeux fulgurèrent, mais une fois encore, il se contint.

— Puisqu’Alys te dit qu’elle n’a pas de problèmes !

— Bon, bon, je m’en vais. Tu m’appelles si ça se passe mal.

A peine il se fut éloigné que Ka aboya.

— Tu es sorti avec lui, hein ? Tu m’as trompé avec ce... cette racaille.

— Si tu commences comme ça, je m’en vais.

Je voulus sortir, mais il verrouilla les portières.

— Ouvre-moi ou j’appelle la police !

Je sortis mon portable. Il me l’arracha et le jeta par la vitre de son côté.

— Non, mais ça va pas. Arrête tout de suite. Je te préviens, je vais crier.

Il monta le volume la musique à pleins tubes pour couvrir ma voix.

Quelques minutes plus tard, la voiture empruntait une vieille rue.

Il était encore plus énervé qu’hier... comme s’il était en manque. Oui, c’était ça, c’était la drogue, c’était pour ça qu’il passait par ces phases d’euphorie et de dépression.

Il s’engouffra sous un porche.

— Descends et tâche de ne pas te donner en spectacle.

— On est où ?

— Descends, je te dis !

A peine descendue, je voulus m’enfuir mais il me décocha un coup de pied qui me fit m’étaler dans le couloir. Je lui fis face. Une violente gifle me propulsa contre un coin de mur et je perdis connaissance.

 

Quand je me réveillai, j’étais attachée aux montants d’un lit. Nue. Il y avait une seringue sur un plateau. J’étais seule dans la pièce. Je me rendormis. Ka devait m’avoir droguée.

Quand je me réveillai, il était là. Il avait l’air plus apaisé. Sans doute avait-il pris sa dose de remontant.

— Je suis sincèrement désolé, ma puce, mais tu ne m’as pas laissé le choix. Tu vas être gentille, n’est-ce pas ? On fait la paix ?

Il s’approcha pour me donner un baiser mais je détournai la tête.

— Détache-moi !

— Un baiser d’abord.

— Tu es un monstre. Tu me dégoûtes.

Il commença à m’embrasser et me toucher partout. Je le mordis, lui crachai au visage. Plus je me démenais, plus mes liens se resserraient. Je me mis à hurler.

— Crie autant que tu veux. Les murs sont épais.

Je continuai à crier, à essayer de le mordre, de lui cracher dessus. Je ne parvins qu’à l’empêcher d’abuser de moi.

— Si je ne peux t’avoir, personne ne t’aura, décréta-t-il après avoir en vain voulu me forcer à ouvrir les jambes.

Il se rhabilla.

— Je reviens. Je vais aller voir ton papa. N’ouvre pas des yeux comme ça. On est de vieux amis tous les deux. Il me fournit en carburant. On va en avoir besoin tous les deux ! Une fois que tu y auras goûté, il n’y aura plus de problèmes entre toi et moi.

La porte claqua. Je me sentais sale. Une haine montait en moi comme je n’en avais jamais senti auparavant. Je finis par m’endormir.

 

 

Quand Ka revint, les yeux brillants, il s’allongea sur le lit près de moi, alluma une cigarette et me parla d’une voix douce.

— Tu m’aimes ?

Je lui crachai au visage

— Je te hais.

Il tira sur sa clope jusqu’à ce que le bout fût incandescent, et me l’écrasa sur la peau.

— Tu m’aimes ?

Il me reposa encore et encore la question, et, chaque fois que je disais non, que je secouais la tête, que je l’injuriais, il me brûlait.

— Je veux tu me supplies !

De temps en temps, il s’arrêtait pour sniffer un peu de poudre blanche qu’il avait étalée sur le marbre du chevet. Il tenta de m’en faire respirer mais l’effet fut le contraire de ce qu’il espérait. Ma haine décupla. Il fallait croire qu’il tirait du plaisir de ma rage, car subitement, il se mit à respirer plus rapidement, se serra contre moi en haletant et soudain...

— Alys, je t’aime, je... Ah !

Je l’entendis respirer plus tranquillement dans mon dos. Il s’était endormi. Les liens qui serraient ma main gauche s’étaient relâchés dans les mouvements désordonnés qu’avaient provoqués la torture. Je parvins à la libérer et, le plus lentement possible, je détachai ma main droite puis mes pieds. Je glissai du lit. Mes jambes étaient ankylosées et je faillis tomber.

Je le regardai dormir. Ka ronflait et bavait un peu. J’aurais pu le tuer. Mais j’avais trop peur qu’il se réveille. Je fonçai vers la porte. Elle était fermée. Je revins vers lui pour fouiller dans son costume.

Le trousseau de clés fit un horrible cliquètement quand je le sortis et il ouvrit les yeux.

— Où est-ce que tu pensais aller ? demanda-t-il d’une voix pâteuse. Reviens, sinon, je vais te punir !

J’ouvris la fenêtre et je sautai. Heureusement, je retombai sans me faire plus de mal qu’une vilaine écorchure et je me mis à courir.

Partager cet article

Repost 0
Published by Goudouly - dans -*- culture
commenter cet article

commentaires