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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 03:45
Affiche 32°, Martin Lartigue...

Affiche de la 32e Hestejada de las arts d'Uzeste Musical

réalisée par Martin Lartigue


La 32e Hestejada de las arts, à Sore puis à Uzeste du 18 au 25 août :

demandez le programme.....clic, clic, clic


Bernard Lubat :

Uzeste est avant tout un acte et non un lieu

Transartistique . Ouverture de la 32e Hestejada de las arts, avec de nouveaux projets pour le nouvel Estaminet. Bernard Lubat revient sur sa démarche et sur l’apport d’André Benedetto.

Interview de Bernard Lubat par Alain Raynal dans l'Humanité

Vous voilà de retour à Uzeste et les retrou-vailles avec un Estaminet tout neuf. Avec quels projets ?

Bernard Lubat. Ce cabaret théâtre amusicien va devenir un laboratoire de recherche et d’innovation transartistique. Il est intéressant de voir une nouvelle génération de jeunes qui ont pour ambition de jouer de la musique improvisée, et non de faire ce qui marche et ce que la télé leur dit. Je n’ai pas envie de la louper. Voilà ce qui justifie l’avenir d’Uzeste musical. Je vais continuer à cultiver cela dans les départements d’Aquitaine en organisant dans les diverses écoles de musique des master classes, avec l’artiste qui vient parler de sa pratique. À partir de là, je souhaite organiser des beufs dans plein d’endroits. Des jam-sessions dans des lieux publics, cafés, centres culturels, des centres d’accueil.

Il y a partout des écoles de musique. Beaucoup de jeunes veulent donc apprendre la musique, mais ensuite ils n’ont plus de lieu dans leur cité pour la jouer et s’exprimer en public. Ils peuvent apprendre mais jamais pratiquer. Imaginons qu’en football, il existe des entraînements mais pas de stades, pas de matchs. En revanche, les constructions de Zénith fleurissent car, là, il y a retour sur investissement électoral gratiné. Les moyens et petits lieux doivent être aidés à exister pour devenir des lieux de pratique vivante de la musique. Il faut inventer le possible de ces lieux. Sans cela on restera toujours baba devant les musiques anglo-klaxonnes, comme je les nomme, ou popcorn musique, ce qui est dangereux pour la musique.

Cette année, un nouveau cycle s’ouvre par la singularisation de l’Estaminet. Ce n’est plus un café dans lequel on joue, mais un lieu dans lequel on joue de la musique et où l’on peut boire un coup. Ce qui n’est pas pareil. De plus en plus la musique n’est plus considérée comme telle, surtout au niveau populaire, elle sert d’animation et d’ambiance des foires commerciales. C’est pour cela qu’on doit et qu’on peut inventer une forme de théâtre, de théâtre amusicien dans l’acte et par l’acte d’Uzeste musical.

Au-delà de l’hommage qui lui sera sera rendu le 25 août, on imagine que la mémoire d’André Benedetto imprégnera tout l’esprit du festival.

Bernard Lubat. Quelque part André Benedetto a inventé Uzeste. Tout au début, il est la première parole sur la scène. C’est un géant d’ici. Avec André, on se confrontait parce qu’on ne savait pas le résultat. Or, pour continuer à travailler la question, nous avons besoin de ces chercheurs de mots, de sons, d’images, d’odeurs, d’accents. De tous ces poètes. Après les départs de Castan, de Meschonnic, et aujourd’hui de Benedetto, je me sens orphelin.

Les articles publiés au lendemain de sa mort montrent que les critiques n’ont pas perçu toute la dimension du personnage. Il n’ont pas vu son parcours est-ouest dans ce sud de France. Uzeste a tenu un rôle important dans cette transversalité transartistique. Pas une fois ils n’ont fait référence au mot Occitanie, si ce n’est pour critiquer. Ces spécialistes n’ont pas su voir ce qui se passait avec Benedetto, comme ils n’ont pas vu les coups de théâtre d’ici. C’est cela le résultat du centralisme. Je suis d’autant plus révolté quand je sais que Benedetto m’a appris tout le contraire du repli. À Uzeste, il n’y a pas de frontières, pas de limites, pas de bords. Comme Benedetto, Uzeste est un acte et non un lieu. Par sa pensée et sa parole Uzeste musical est vraiment devenu un contrecoup de théâtre, un après-coup de théâtre, un opéra populaire, anti-élitiste et anti-populaire. Voilà pourquoi je me trouve aujourd’hui devant un vide furieux, devant le manque d’une pensée, d’une générosité et surtout d’une pudeur à faire rougir de honte des corniauds de la communication et les cocacolabobobaba qui pullulent.


La 32e Hestejada de las arts, à Sore puis à Uzeste du 18 au 25 août.

Alain Raynal

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Published by Goudouly - dans -*- culture
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