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En campagne

13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 03:19


La grande invasion…

 

           C’est reparti à la hausse. Les mineurs étrangers isolés sont de retour, africains essentiellement, sous le ciel clément de l’Ariège en ce début d’automne. Chacun comprendra qu’un africain ce n’est pas nécessairement masochiste et que le soleil, les platanes, une assiette et un toit, c’est mieux que la « jungle de Calais » ou les marchands de sommeil à Paris.

 

           Le parcours légal et officiel, répondant aux lois de protection de l’enfance est presque toujours le même en cascade : signalement ou présentation à la Police ou la Gendarmerie qui communique au Procureur… qui prend une mesure de protection d’urgence et de placement… qui incombe à l’Aide Sociale à l’Enfance donc au Conseil général… qui paie… Et la note est salée puisque le prix de journée en établissement est au minimum de 150 € à la charge du contribuable local puisque depuis longtemps, l’Etat à fui ses responsabilités et imposé ces dépenses aux collectivités territoriales (vive la décentralisation !). On comprend la colère des élus locaux qui doivent expliquer à leurs administrés où passe l’argent de l’impôt. Mais, ne nous trompons pas de cible et ne faisons pas de ces gamins en errance les pestiférés, source de tous nos malheurs…

 

           Ils sont donc une vingtaine à avoir osé mettre les pieds ici depuis le début de l’année. De là à fantasmer sur les réseaux organisés qui s’acharneraient spécialement sur l’un des départements les plus pauvres de France, il n’y a qu’un pas…Les soupçons et les hypothèses partent dans tous les sens… De là à penser que tous ces miséreux pourraient bien aller se faire enregistrer ailleurs… Il y a un second pas de franchi et chacun  cherche comment on pourrait « refiler le bébé » au département d’à côté si possible sans le lui demander…

 

           Lors d’une récente réunion de travail sur le sujet nous avons d’abord insisté pour que les textes en vigueur sur la protection de l’enfance soient respectés, pour que les jeunes concernés ne soient pas les victimes de conflits institutionnels… Si les textes et les procédures doivent être changés, c’est un problème réglementaire ou législatif qui revient à qui de droit.

 

             Nous avons fait remarquer que si l’objectif était de mieux répartir les charges au niveau de la région (et pourquoi pas national) que chacun des intervenants avait un relais régional qui, saisi des demandes pourrait les orienter suivant les disponibilités et moyens de chaque département. Il existe au niveau régional : un procureur général, une Préfecture de région, un Conseil régional. Il existe aussi une plate-forme (Montauban – Toulouse), il existe aussi l’OFI (anciennement Anaem chargé des contrats d’intégration et surtout de percevoir des taxes de plus en plus élevées) Enfin, les premières  demandes d’asiles ne viennent-elles pas d’être centralisées sur Toulouse pour tous les départements de Midi-pyrénées…

 

           Malgré ce catalogue de possibilités, chaque institutionnel a campé  sur son « pré carré » renvoyant la responsabilité à l’autre et insistant un peu lourdement pour que des associations comme les nôtres règlent le problème (ce qui ne manque pas de sel quand on sait les ennuis rencontrés par Claudine Louis cet été !)… Laissons pour piètres, les propos laissant sous-entendre que nous serions complices ou responsables de cette « invasion » et cherchons ensemble comment nous pouvons améliorer la situation dans l’intérêt prioritaire des adolescents concernés.

 

           Nos associations, composées de bénévoles, fonctionnent sur leurs fonds propres et  viennent en aide d’abord aux intéressés (aide matérielle, accompagnement juridique et accès au Droit…). Elles n’ont d’autres moyens d’action que la bonne volonté, la générosité et la pugnacité de leurs adhérents… Elles peuvent dresser un état des lieux, formuler des revendications et faire des propositions mais elles n’ont pas pour vocation de suppléer les carences législatives et institutionnelles, carences qu’elles se doivent de dénoncer auprès des citoyens au nom de la solidarité et de la fraternité.

 

 

PITCHOU en fait les frais…

 

           Pitchou est arrivé la semaine passée en Ariège alors que l’Aude c’est si beau avec les vignes et la mer… Sûrement un mauvais coup du « réseau »… oui, mais lequel ? Et s’il n’était pas mineur ? et si on nous refaisait un petit coup de test osseux… Autant d’arguments fallacieux avancés comme pour mieux justifier le rejet…

 

           Pitchou est arrivé au mauvais moment, en plein « ras le bol » du Conseil général. Il a suivi le cursus décrit ci-dessus (Police, procureur, ASE) mais le Conseil Général, bravant la loi,  s’est insurgé contre cette nouvelle charge et a refusé d’appliquer la mesure de protection prononcée. Après l’errance dans les rues de Pamiers, Pitchou a fini sa course à l’hôpital où il séjourne toujours aujourd’hui bien qu’il ne soit pas malade, heureusement…

 

           L’administration de l’hôpital et les médecins responsables ne savent pas à qui remettre ce jeune mineur, ni d’ailleurs à qui envoyer la facture… Rappelons qu’une journée d’hôpital c’est au minimum 600 €. Il y aurait bien quelques possibilités d’hébergement en établissement ou en famille d’accueil mais ils n’ont pas été sollicités et ne pourront pas répondre favorablement connaissant le refus de prise en charge de l’Aide Sociale à l’Enfance…

 

           Pitchou du haut de ses officiels seize ans, n’est pas en souffrance, il est en danger… Qui portera le chapeau en cas de pépin ? A moins que, lassé du mauvais tour qu’on lui joue, il ne disparaisse comme il est arrivé… On entend déjà les « ouf » de soulagement « on vous l’avait bien dit : le réseau ! ».

 

           Il y a des jours où l’on se sent tout seul

           Mais peinard…

 

 

le 7 octobre 2009

Christian Morisse

 

 

 

Réseau Education Sans Frontière  (RESF 09)

Coordination Ligue des Droits de l’Homme de l’Ariège

(BP 20151   0903  Foix cédex  - tél : 05 61 65 65 98   ou  06 70 94 08 48)

 

 

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