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L’Avenir d’Attac ?
Attac a-t-elle un avenir ?
C’est la question que tout un chacun qui s’intéresse de près ou de loin à Attac se pose.
Et chacun porte sa réponse.
Mon analyse valant celles d’autres, je me lance et vous dit que c’est moi qui ait raison (ça ne coûte rien, c’est prétentieux et si ça tombe juste je pourrais toujours vous dire : Ah, vous voyez, je vous l’avais dit !)
Mais avant de parler de l’avenir il faut parler du passé.
Les causes
Elles sont diverses, comme il se doit et se retrouvent dans les courants qui composent le conseil d’administration (CA). Elles reposent sur des intérêts divergents, qui, dans ce type de situation, s’assemblent dans une alliance objective.
- D’un côté les tenants d’une extrême gauche, activiste qui pour la plus part se mélangent avec les candidatures unitaires.
- D’un autre côté les tenants d’un candidat à gauche (nous éviterons ici de préciser ce qu’est la gauche) capable de battre Sarkozy.
- Des personnes disposées à jouer un rôle dans « l’histoire », ou bien à poursuivre leur carrière sur la scène nationale ou internationale.
- Egalement des personnes souhaitant maintenir leurs postes de permanents au sein de structures diverses.
- Un groupe de personnes incapables de subir la pression et prêt accomplir n’importe quelle forfaiture dans ces conditions.
- Des syndicalistes qui sont là pour contrôler Attac, laissent aller l’association tant qu’elle ne s’occupe que de la finance mais prennent le contrôle dés qu’il est envisagé d’aborder les problèmes liés au travail, au chômage, à la place des syndicats.
Il va de soi qu’une personne peut très bien appartenir à plusieurs catégories, de manière indistincte.
Une fois dit cela entrons dans les détails et tant que faire se peut avec des preuves à l’appuie.
Car en matière d’intoxication les élections dans Attac ont donné lieux à une leçon exemplaire dans le domaine de la manipulation où certains seront payés en retour.
1er exemple :
- Michel Husson qui a eu un rôle actif, dés avril 2006, dans la configuration d’une mise en place d’une fraude possible lors des élections à venir dans Attac, sera payé cash.
Il est membre du conseil scientifique d’Attac et devrait rapidement en prendre la vice-présidence, sinon la présidence.
Cela pose un véritable problème de choix compte tenu de la loyauté de Dominique Pilhon à cette place. Ce dernier n’est pas un tenant de l’extrême gauche, mais d’avantage de la social démocratie. De là à penser qu’il a joué « son » rôle dans le cadre du démontage d’Attac pour la période électorale, il n’y a qu’un pas que je franchi allègrement.
Donc la bataille pour cette place importante au sein d’Attac mettra en présence deux économistes d’obédiences différentes - véritables économistes tout de même. Cette bataille qui passe par l’occupation de postes aurait du passer par un véritable débat de fond sur le sujet économique. Le débat n’aura pas lieu.
(NB :Une des causes de la perte d’audience d’Attac est aussi de ne pas avoir su renouveler son conseil scientifique (CS) en faisant entrer des personnes d’horizons différents, non issues du monde économique et non issues du monde de l’université. Pour avoir dit cela en son temps, avec d’autres, je me suis fait taxé de fossoyeur du CS.)
Notons au passage que dans sa nouvelle composition le CA d’Attac comprend 9 membres dits actifs issus de
Nous voyons déjà que l’enjeu dans Attac n’était pas la poursuite d’une démarche d’éducation populaire dans la perspective de donner un sens à la vie en permettant à chacun de s’épanouir et de trouver sa place de citoyen. L’enjeu etait bien de contrôler un appareil soit pour empêcher une expression durant la campagne électorale, soit pour l’orienter vers un candidat.
Deux pistes sont à privilégier à ce point :
- suite à la campagne tonitruante qu’Attac a mené durant le référendum sur le TCE en montrant ce que l’éducation populaire est capable de transmettre, parfois à l’encontre de la volonté des membres fondateurs du CA (j’ai tout de même entendu dire par plusieurs membres fondateurs, lors du CA de St Denis en décembre 2004, après la publication du résultat du vote interne pour une participation active à la campagne contre le TCE : « bon d’accord, maintenant que les militants, les adhérents, se sont prononcés, revenons aux choses sérieuses, nous n’allons pas faire une campagne de grande envergure, laissons cela aux organisations politiques qui sauront s’en débrouiller, le rôle d’Attac n’est pas là ». Ce point est particulièrement important car il s’agit ni plus ni moins au sein du CA d’Attac que de représentant de Sud, de
Attac en campagne
Thierry Brun http://www.politis.fr/article1939.html
Même amoindrie par une crise interne, l’association compte peser dans le débat électoral et mener un processus de refondation, avec une nouvelle équipe à sa tête. Sa relance passe par un « Manifeste altermondialiste » qui paraît cette semaine, et dont nous publions des extraits. …/
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L’association altermondialiste a accordé une place importante à l’Europe dans son nouveau manifeste, qui réunit 105 propositions, notamment sur la précarité, le chômage, le logement, les délocalisations, les privatisations, l’écologie, etc. Sous-titré Construire un monde solidaire[1], écologique et démocratique, le texte n’est évidemment pas sans rappeler les propositions de la charte du collectif national pour une candidature unitaire antilibérale…
Pour le dire rapidement et sans détour, Attac se positionne pour aider la candidature de José Bové. Surtout quand l’on sait les personnes qui conseillent J. Bové depuis la préparation du rassemblement du Larzac en 2003 (Voir le site de Construire un monde solidaire : http://www.monde-solidaire.org/spip/ …sans rapport aucun avec le titre du Manifeste d’Attac !), pour cette présidentielle (Gus Massiah, Pierre Khalfa, Francine Bavay (compagne de P Khalfa) François Simon, compagnon de Geneviève Azam, Christophe Aguiton, Julien Lusson (au service de F Bavay)) tous présents d’une manière ou d’une autre dans Attac. Nous verrons en d’autres temps le rapprochement des Verts politique avec Bové.
- suite à la campagne tonitruante qu’Attac a mené durant le référendum sur le TCE en montrant ce que l’éducation populaire est capable de transmettre, il ne faut surtout pas permettre à ce genre d’organisation d’interférer dans la campagne présidentielle qui s’annonce. Le parti socialiste (PS), a du coup tout intérêt à mettre à son service le monde altermondialiste. Chose faite il y a peu (mardi 9 janvier 2007 au siège du PS) une réunion avec pour objectif affiché : la préparation du FSM de Nairobi (depuis quand le PS s’occupe de ce genre d’événement ? On sent bien un basculement) sous la houlette de Harlem Désir et Kader Arif, Susan George représentant Attac. Réunion boycotté par les syndicats… pas de prise de risques de leur part, la courroie de transmission Attac et CRID étant sur place. Le CRID par la voix de Gus Massiah et de Bernard Pinaud ont invité le PS à Nairobi à la réunion d’accueil du CRID…cadeau Royal pour le PS dans cette période électorale.
Comme nous pouvons le deviner ici les alliances objectives fonctionnent bien et la mise sous tutelle d’Attac était une condition sine qua non d’une campagne présidentielle sans surprise.
Pour cela il fallait monter une opération de dénigrement en utilisant les faiblesses de l’ « adversaire ». Et comme l’adversaire a commis des erreurs importantes comme celle de se fourvoyer dans une opération de fraude minable et sans envergure cela a oblitéré le débat de fond et ouvert un boulevard aux magouilles.
Le contenu du débat de fond qui devait avoir lieu n’était pas négligeable et devait conditionner la poursuite du mouvement altermondialiste :
Ø quels types d’actions mener : activisme, ou multiplicité et diversité des luttes ?
Ø la laïcité au cœur de notre combat, ou « laïcité ouverte » ?
Ø Attac lieu de convergence des luttes, ou bien de discussion et de réflexion ?
Ø le libéralisme et comment envisager d’en sortir ? (on s’en accommode ou on le vire ?)
Ø la question du travail et du chômage (voir plus haut le blocage des syndicats)
Ø l’évolution de la démocratie : participation, délégation, …
Ø le statut de l’élu
Ø ….
Toutes questions de fonds qui auraient du être menées dans le cadre d’Attac, et dans le cadre d’une campagne électorale interne, si les statuts de cette association avaient permis de mettre en place ce type de discussion. Voir pour cela la motion de Poitiers qui en 2005 posait les conditions pour un véritable débat dans Attac et au-delà dans la société (http://goudouly.over-blog.com/article-3880709.html).
La suite
Aujourd’hui Attac est entre les mains d’une seule tendance qui parait pour l’instant homogène mais qui déjà se lézarde.
Les premiers communiqués d’Attac du nouveau CA qui datent tous deux du 5 janvier 2007, n’augurent rien de bon sur la qualité du travail qu’ils vont mettre en œuvre et sur les retours d’ascenseurs qu’ils sont tenus de faire.
Voir sur le site d’Attac : http://www.france.attac.org/ en particulier le communiqué sur le droit au logement (http://www.france.attac.org/spip.php?article6827 ) qui est une copié collé des déclarations du DAL. Ce communiqué est à rapprocher d’une interview de Pierre Khalfa par Marianne où il répond à la question : Vous vous prononcez pour le droit au logement opposable. Or, demain sera examiné un projet de loi en ce sens au Conseil des ministres. Approuvez-vous cette initiative ?
Je ne peux pas me prononcer tant que je n'ai pas lu la loi [2]i. Cela étant dit…
Pour un responsable national (ou ex responsable ?) participer à la rédaction d’un communiqué sans avoir lu la loi, pose quelques questions. En allant voir sur le site d’Attac on voit bien que Khalfa n’est plus membre ni du bureau, ni du CA…à quel titre s’exprime-t-il ? Et tout ceci pour dire qu’il n’a pas lu la loi ???
A voir aussi le communiqué sur les OGM (http://www.france.attac.org/spip.php?article6825 ) qui confirme ce qui est écrit un peu plus haut avec tout d’abord une erreur d’analyse dans le communiqué en ce qui concerne la place de
Extrait de l’article paru en octobre 2006 dans Agrodistribution (groupe France Agricole) « pour les semis 2007, l’offre ne manquera pas en France puisqu’au moins 9 semenciers proposeront des variétés de maïs Bt, résistant à la pyrale. (…) chez Monsanto, on estime que les surfaces cultivées avec du maïs ogm en France pourraient passer de près de
Enfin, mais pas finalement, il faut nommer les syndicats et quelques organisations qui ont pignon sur rue de la lutte sociale (voir le liste des membres fondateurs d’Attac membre du CA sur le site d’Attac France : http://www.france.attac.org/a603 ). Ces organisations connues ont toutes fait et réussies le contrôle d’Attac pour que rien ne vienne mettre en cause leurs places dans le paysage « politique » français.
Le grand défaut de ces organisations est d’avoir des permanents…permanents qui ne veulent (à de rares exceptions) jamais retourner dans « la vraie vie », au travail. Ils sont un peu comme les députés et les sénateurs. Il est certain que pour eux, envisager de revoir la place du travail dans la société et le rôle des syndicats dans tout cela, ainsi que d’envisager le statut de l’élu doit les faire trembler pour leurs postes si chèrement acquis.
En parlant de syndicaliste, en lien direct avec les propos tenus un peu plus haut, P Khalfa, qui avait annoncé, son retrait d’Attac afin de calmer les esprits dans l’association, s’est octroyé le poste de rédacteur en chef de la parution régulière d’Attac « Lignes d’Attac ». Jolie sortie.
Tout compte fait des personnes sans génie mais avec une certaine ténacité doublé d’une roublardise à toutes épreuves savent avec certitude conserver une place.
Et maintenant que vais-je faire ?
A titre personnel je n’ai pas renouvelé mon adhésion à Attac.
Je ne fonctionne plus dans des organisations avec lesquelles je suis en désaccord sur le fond. Je ne crois plus au combat de l’intérieur. Mais ceci est mon problème.
Pour comprendre ce qui est écrit avant et ce qui conclu cet article il est nécessaire de faire un dernier constat : au sein du dernier conseil d’administration tout le monde ou presque était d’accord pour dire qu’en l’état actuel d’audience d’Attac la seule étape suivante possible était la forme politique. Je dis ceci malgré les votes successifs qu’il y a pu avoir pour décréter à hue et à dia « Attac ne deviendra pas un parti politique ». C’est une des raisons profondes qui ont entrainé la chute d’Attac, car peu de monde était d’accord sur le nom du candidat qui devait être présent. Aussi Attac devait disparaître.
Ce que je vois venir (Mme Irma) et c’est déjà en route, c’est une épuration intérieure à Attac sur des bases « Aktivistes », suivant des méthodes aux antipodes de celles annoncées durant la campagne interne, à l’encontre de la démocratie participative, en pratiquant le passage en force. Les premiers communiqués d’Attac 2007 en sont la preuve flagrante (voir plus haut).
Je vois aussi (dans ma boule de cristal) de graves dissensions entre les membres de la direction d’Attac, car les objectifs n’étant plus les mêmes, une fois les élections présidentielles passées, la bagarre redémarrera, entre l’extrême gauche et les tenants de la social démocratie…à moins que pour ces derniers l’opération « haro sur Attac durant la campagne présidentielle » leur ait suffit et qu’ils lâchent le morceau, n’ayant plus aucune nécessité de ce côté là.
Attac va signer toutes les pétitions « contre » qui circuleront sur la terre de France. Elle ne produira plus ou que très rarement ses propres analyses. Elle ne fera que « copier – coller » les analyses des autres.
Certains dans Attac vont s’empresser de contrôler ce qui faisait la richesse de cette association à nulle autre pareille : ses listes électroniques. Les mêmes qui, il n’y a pas si longtemps, ont crié au loup dés qu’il a été question de « modérer » les listes électroniques où des propose xénophobes, racistes et sexistes se répandaient.
Elle tentera (bien que déjà dépassée par le CRID sur le terrain) de contrôler la « place » internationale de l’altermondialisme et elle échouera (pour des raisons que je lui laisse découvrir. C’est plus marrant.)
Elle succombera à une incapacité de gestion et à un manque de prévision de la baisse des adhérents.
Elle deviendra une organisation croupion au service du réseau de la rue Voltaire (CRID, Cedetim, etc…) ou bien de
Attac n’aura plus la dimension qu’elle avait à son départ, ce creuset de discussion, d’analyse large de la crise systémique mondiale et des solutions à proposer à la discussion. Ce lieu d’échange et d’émulation est mort et n’a aucune chance de renaitre sur la forme que nous avons connu.
Et la fraude, la fraude ! Elle sera oubliée, la plainte sera « perdue » dans les limbes de la justice ou bien elle disparaitra à petits pas, simplement parce qu’il ne peut pas y avoir de plainte pour une élection dans le milieu associatif…elle a fait son œuvre, elle n’est plus utile.
Ceux qui un jour se retrouveront, dans d’autres lieux, pour un même combat feront attention sur la forme à donner à ce type d’organisation. Ils ne feront plus confiance à ceux d’en haut (où que soit le haut). Ce ne sera en rien ce type de montage qui existera. La formule était bonne au départ, mais il aurait fallu transformer Attac dés que les comités locaux ont pris de l’ampleur (voir motion de Poitiers : http://goudouly.over-blog.com/article-3880709.html). J’ai fait parti de l’équipe qui aurait pu réussir cette transformation, qui a essayé et qui a raté.
La place à d’autres. Un éternel regret demeurrera.
Dominique Mourlane