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Samedi 10 mars 6 10 /03 /Mars 04:04
Une histoire de l'éducation populaire
Jean-Marie Migno

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, se développe en France un courant d'idées qui cherche à promouvoir la diffusion de la connaissance au plus grand nombre pour que chacun puisse assumer son rôle de citoyen : l'éducation populaire. Sous cette appellation se trouvent intriqués, à partir de cette période, quatre grands domaines d'intervention : activités complémentaires de l'école, formation permanente, action culturelle et engagement dans la cité. Toujours très actif aujourd'hui, ce mouvement a connu une histoire faite d'enthousiasmes et de réussites, mais aussi d'incompréhensions et de critiques, voire de rejets. D'abord perçue comme une éducation culturelle touchant à la vie tout entière, l'éducation populaire a ensuite connu différentes phases : mise en place de la formation permanente puis de l'animation socioculturelle et, à partir des années 1980, développement de l'éducation civique.
C'est cette riche histoire que propose de découvrir cet ouvrage. Son auteur montre le rôle essentiel joué par l'éducation populaire au sein de la société : il s'intéresse à l'éthique sociale qui la fonde, à quelques figures marquantes, à des institutions et organismes qui s'en réclament, à des programmes et actions inscrits dans la vie nationale et internationale, aux populations touchées par les acteurs du mouvement. Témoignant d'une certaine forme d'utopie républicaine - celle d'une société fraternelle et de progrès -, l'éducation populaire épouse les grandes questions de société de son temps et participe, selon Jean-Marie Mignon, de l'ensemble des mythes fondateurs qui permettent à la société française de conserver son unité.

  • Editeur : Editions La Découverte (22 février 2007)
  • Collection : Alternatives sociales
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2707149055
  • ISBN-13: 978-2707149053
  • Prix : 24€




Transformation sociale ou institution?

L'Education populaire représente aujourd'hui un ensemble multiple complexe...

Qu'y a t-il de comparable entre la Ligue de l'Enseignement, institution parmi les institutions et l'association de quartier, si ce n'est une histoire que la premiere semble avoir oubliée et que la seconde ignore?

L'auteur nous entraîne dans la grande epopée de l'Education populaire qui s'est developpée à la fin du 19ème siècle pour prendre son envol durant le front populaire et surtout à la libération.

C'est cette période d'ailleurs, de 1944 à aujourd'hui qui retient l'attention de Jean Marie Mignon.

Dès la fin de la guerre, alors que le nationalime fait des ravages, les mouvements d'éducation populaire vont rouvrir et faire fonctionner en Allemagne même les auberges de jeunesse et les universités populaires.

L'internationalisme n'est pas pour ces pionniers un slogan pour congrès mais une raison d'être, une valeur à faire vivre.

Il s'agit pour tous les mouvements qui se construisent et se dévéloppent de promouvoir la diffusion de la connaissance devenant accessible à toutes et à tous.


Les divergences sont importantes entre les associations « contenues » plus ou moins bien par les églises et les laïques qui enrichissent leur reflexion et n'hesitent pas à s'affirmer comme mouvements de transformation sociale.

C'est ainsi que « Depuis 1956, la Ligue de l'enseignement a suscité des débats sur la regulation des naissances ».

Beaucoup de digues vont sauter et des mouvements d'inspiration confessionnelle vont être traversés par des courants progressistes.

« Le Mouvement francais pour le planning familial (MFPF), fondé par des militantes est créé en 1960 »

L'épopée des militants se termine-t-elle à la fin des années 70 avec la double impasse que representent l'institutionnalisation et la marchandisation?

La question est posée en filigrane par l'auteur et par de nombreux acteurs associatifs.

Beaucoup ont cru à une refondation pouvant s'appuyer sur les rencontres de l'Education Populaire initiées par la Ministre Marie George Buffet. L'attente très forte de la part de militants et de militantes sera vite déçue.

Luc Carton à qui est confié le rapport est remercié « il s'efface des couloirs du ministère ».

Le document final sera « sans saveur ni couleur ».

Jean Marie Mignon n'élude aucun débat ni aucun élément clé de l'histoire riche de mouvement.

L'auteur , conseiller technique et pédagogique de la Jeunesse et Sports nous livre aussi ses reflexions sur l'avenir de l'Education populaire.

Je ne partage pas toute son analyse et notamment quand il propose que l'éducation populaire se réoriente pour « mener un travail d'intégration, éduquer dans une norme sociale commune »

Cette voie si elle est suivie risque de dématurer l'objet même de ce grand mouvement émancipateur devenant un régulateur social.


Ce livre a le mérite d'apporter un éclairage complet sur l'histoire du mouvement d'éducation populaire et d'amorcer le débat indispensable que les militantes et militants doivent mener afin que ce mouvement n'abandonne pas l'orientation qui est la sienne pour ne devenir qu'une institution plus ou moins intégrée à l'appareil d'Etat.
Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- copinage
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