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Explication de notre position
à propos de la motion de synthèse adoptée
par la réunion nationale des collectifs des 17-18 mars 2007
Clémentine AUTAIN – Eric COQUEREL – Claude DEBONS – François LABROILLE Roger MARTELLI – Claude MICHEL – Michel NAUDY - Christian PICQUET
A l’issue de la réunion nationale des collectifs, un compromis a pu être trouvé pour permettre à notre mouvement de ne pas se fracturer malgré des choix différents aux élections présidentielles.
Nous nous en félicitons tout en en connaissant la fragilité. C’est la raison pour laquelle il ne peut y avoir d’expression nationale au nom des collectifs — ceux-ci ayant fait des choix différents pour les présidentielles — avant la prochaine réunion de la coordination nationale au lendemain du premier tour.
Nous espérons que l’esprit de consensus qui avait présidé à l’élaboration du texte « Stratégie » et des « 125 propositions » prendra le pas sur l’intolérance qui menacerait l’objectif stratégique du rassemblement de toutes les forces antilibérales.
Nous verrons donc, au lendemain du premier tour des présidentielles, comment se poseront alors les questions politiques et quels seront les meilleurs moyens d’y répondre.
Bobigny, le 18 mars 2007.
Contribution au débat pour la réunion nationale des collectifs unitaires antilibéraux – Bobigny 17-18 mars 2007
Proposée par :
Clémentine Autain - Pierre Carassus - Eric Coquerel - Claude Debons - Christian Picquet - Roger Martelli - Claude Michel (syndicaliste) - Catherine Tricot - Pierre Zarka – Charles Aramburu (Val de Marne) – Louis-Marie Barnier (Créteil) - Gérard Beck (Grenoble) – Annick Berthelot (Vitry) - Nicolas Besseyre (Saône-et-Loire) - Eric Butot (Lyon) - Michel Boulay (militant PCF Manche) - Alain Bousquet (Gironde) - Michel Cahen (CIUD Gironde, CIUL Talence) – Muriel Carpentier (militante associative, Paris 14) - Robert Chazot (Yonne) - François Cocq (Val de Marne) - Bernard Couturier (Bordeaux, LCR) - Pierre-Marie Danquigny (Vaucluse) - Andre Deluchat (Val de Marne) - Patrick Derrien (Montluçon) - Marie Hélène Descot (Villenave d’Ornon 33) – Patrick Duchemin (Fontenay aux Roses) - Joelle Ellert (Paris 15) - Michèle Ernis (Saint Etienne du Rouvray) - Dominique Fie (Anthony) – Brigitte Haudebourg (Le Mans) - Anne Jollet (Paris 13, CN du PCF) – Jean Louis Grégoire (Angers) - François Labroille (Paris) - Guy Lavrat (Migennes) – Alex Legros (Le Mans, MGP) - Jacques Lejamtel (Saint Lô) - Bruno Leveder (Rennes) - Nicolas Liébault (Paris 14, PCF) – Lucien Matron (Saône et Loire) - Danielle Mesplé (Cherbourg) - François Meyroune (Yonne) - Alain Millien (Alternative Citoyenne Manche) - Dominique Mourlane (Ariège) - Michel Naudy (Ariège) - Jean Paul Negre (Nevers) - Bruno Negroni (Paris 13, militant associatif) - Mamadou Niang (CIUD Gironde, CIUL Bègles) - André Pacco (Migennes) – Luc Quinton (Grenoble) - Claude Rayon (Granville) – Cécile Silhouette (Paris 11) – Omar Slifi (militant associatif Paris 14) - Josette Touzet (Talence) – José Tovar (Noisy le Sec) - My-Hanh Tran-Huu (Paris 14, PCF) – Stéphanie Treillet (Créteil) - Elisabeth Verdavaine (militante Alternatifs Paris 14) - François Vigneau (Paris 15)…..
Pour la présidentielle, nous avons échoué sur ce que nous avions défini comme la condition primordiale pour réussir : le rassemblement de la gauche antilibérale. Ce fait pèse d’ores et déjà sur la situation politique : le discours antilibéral est affaibli et l’absence de dynamique du côté d’une gauche de gauche pèse sur l’allant de la gauche toute entière. Cela ne doit pas nous faire oublier :
- que l’avenir est dans la convergence des antilibéraux pour donner un débouché politique aux mobilisations sociales et que nous ne pouvons nous résigner à leur dispersion, quel que soit l’éclatement temporaire du paysage électoral ;
- que les collectifs doivent être partout, parfois contre vents et marées, les leviers pour promouvoir et réussir l’unité de toutes les composantes de la gauche antilibérale, avec l’ambition de s’élargir et de se diversifier.
Nous tirerons ultérieurement le bilan de notre expérience, les leçons de notre échec ; nous réfléchirons aux responsabilités des uns et des autres. Ce bilan partagé pourra conduire à repenser, le moment venu et dans un climat plus apaisé, notre cadre et nos méthodes d’élaboration commune. Mais dans l’immédiat, parce que la période peut nous annoncer pire encore, nous estimons que le plus important est d’envoyer le signe que nous ne nous résignons pas à la division durable de notre espace.
1. Il faut tout d’abord préserver la possibilité d’un cadre commun à tous. Cela nécessite d’abord de réaffirmer la règle du consensus, au sein des collectifs et entre eux, afin de préserver les conditions de notre unité, par-delà les choix de chacun à cette présidentielle. Cela suppose ensuite de reconnaître clairement, à notre réunion nationale de ce week-end, l’impossibilité que le mouvement des collectifs s’engage, en tant que tel, derrière quelque candidature que ce soit, quelle qu’en soit la légitimité. La coordination qui sortira de notre réunion nationale devra être mandatée en ce sens et être la garante de l’unité autant que de la diversité des collectifs (en consolidant l’avancée réalisée dans la participation des collectifs locaux, ce que l’ex-ciun n’avait pas su réaliser).
2. Nous devons nous fixer l’objectif de réussir aux législatives ce que nous n’avons pas pu réussir à la présidentielle. Cela suppose de maintenir les conditions d’un espace de dialogue ouvert à toutes les forces antilibérales sans exception. L’objectif doit être d’aller, dans chaque circonscription, vers des candidatures de consensus rassemblant l’arc le plus large possible des forces et sensibilités antilibérales sur des bases claires reprenant nos textes programmatiques et stratégiques antérieurs actualisés par le refus de participer à un gouvernement et une majorité sur les bases du projet du Parti socialiste et du pacte présidentiel de sa candidate. L’accord qui vient de se conclure en Ariège est de ce point de vue exemplaire. Pour aller le plus loin possible vers cet objectif, un label de type « gauche unie antilibérale » pourrait être attribué à ces accords réussis, afin de leur donner une lisibilité et un sens au niveau national. Cette attribution n'aura de crédibilité — et l'organisme qui l'attribue n'aura de légitimité largement reconnue — que si elle s'applique à des candidatures réellement unitaires, pleinement représentatives de notre diversité. Notre coordination (clairement indépendante de toute candidature à la présidentielle et pleinement représentative de tous les collectifs unitaires) doit être l’élément moteur d’un processus unitaire de ce type.
3. Ces conditions remplies, nous pouvons ainsi travailler à renouer le fil du rassemblement durable inscrit dans notre texte du 10 mai 2006. À l’issue de cette séquence électorale, la coordination des collectifs unitaires pourra alors travailler pour organiser à la rentrée des assises ouvertes à toutes les forces de la gauche antilibérale qui le souhaiteront.
Voilà les objectifs que nous devons nous assigner ce week-end, afin de relancer le processus et le mouvement des collectifs unitaires.
Contacts :
Clementine Autain : <Clementine.Autain@mairie-paris.fr>
Eric Coquerel : <ecoquerel@effetsmer.com>
Claude Debons : <claude.debons@wanadoo.fr>
Roger Martelli : <martelli@club-internet.fr>
Christian Picquet : <c.pic@wanadoo.fr>