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Vendredi 19 mars 5 19 /03 /Mars 03:43
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Crisons !

 http://goudouly.over-blog.com/article-crisons--46703762.html

 

Il y avait longtemps que je n’avais mis les pieds dans un bistrot et j’en ai retenu une agréablement surprise.

Pas d’odeurs de cigarettes, les fumeurs sortent, ce qui donne un avantage certain dans les conversations pour ceux qui ne fument pas.

La preuve sera administrée plus tard et fera l’objet d’un adage.

 

Vous l’avez compris nous allons avoir à faire à une conversation de comptoir, conversation dont la France s’honore.

 

Nous étions cinq autour d’un zinc, à l’occasion d’un pot de départ à la retraite d’un collègue et celui-ci dans son bonheur de partir se reposer n’était pas avare du nombre de tournées que nous nous sentions obligés d’honorer en retour.

Vous voyez le genre.

Ces tournées accumulées vous font dépasser vos inhibitions et permettent d’aller chercher dans le fond de sa pensée, sans aucune retenue.

 

Nous en étions là de nos considérations quand la crise financière est venue s’immiscer dans nos échanges.

Et là chacun avait sa théorie.

Même celui qui était parti fumer et qui en revenant avait changé d’idée et surtout perdu le fil de la conversation et qui était sûr de sa nouvelle position, comme avant de celle qu’il défendait dans un autre contexte.

L’adage à point nommé : tu peux t’absenter, tu auras toujours raison du moment que tu suis ton raisonnement, aussi farfelu soit-il !

 

Nous en étions là de nos échanges décousus : qui du fait qu’il fallait « sauver » l’économie française, voire mondiale, avec l’incise d’un autre : « qu’on s’en foutait du monde du moment que la France était sauvée » ; qui du fait que les Etats ne jouent pas leurs rôles ; qui avançant que ce qu’il fallait c’était de contraindre les fainéants d’aller au boulot pour finalement redresser la France ; qui enfin de faire cracher ces salauds de banquiers, « d’ailleurs moi ils m’ont refusé un prêt pour agrandir ma maison » ; ...

Je ne vous dépeins que partiellement le topo, pour vous épargner, mais tout le monde s’est retrouvé dans ce type de conversation un jour ou l’autre, sans plus savoir qui a dit quoi, mais en étant sûr à un moment d’avoir dit de grosses conneries, mais qu’après tout ce n’est pas grave, ça fait avancer le débat.

Ouf !

 

Ces échanges m’ont tout de même permis, après un véritable mal de crâne, moi qui n’y suis pas sujette (sauf question de diplomatie) de revenir sur le bon sens populaire en ce qui concerne cette période difficile de notre histoire mondiale.

D’une manière générale et quoique avec des avis divergents quant aux solutions à apporter, tous les cinq, ce qui fait un véritable panel représentatif, sinon de la société française au moins du bar du coin, nous étions d’accord pour dire que nous nous « faisions ratisser » large par les banques.

L’expression « ratisser large » n’étant pas de moi, mais d’un des protagonistes de cette soirée, il se reconnaîtra et appréciera.

 

Nous avons tous acquiescé pour le « ratissé large ».

 

Il m’appartient maintenant de rentrer un peu plus dans les détails, une fois les effluves passés, sur ce que j’ai pu en comprendre ce soir là.

 

Les banques ont faillies, elles ont fait d’énormes dettes pour pouvoir prétendre à gagner beaucoup plus d’argent pour leur propre compte.

Les banques ont faillies en voulant gagner plus d’argent sans trop bosser.

Les Etats ont été sommés de trouver des solutions financières pour résorber ces dettes et empêcher les banques de sombrer corps et âmes dans le trou qu’elles ont-elles même creusé.

La seule solution envisageable pour ces Etats était (est) de faire payer le plus grand nombre de personnes.

Pour cela il faut pratiquer des transferts de trésoreries sur les collectivités locales pour dégager de la trésorerie au niveau national (la taxe professionnelle par exemple) afin de préparer des sommes pour le service de la dette.

Pour cela il faut diminuer le nombre de fonctionnaires par deux, tout en conservant le même niveau de recette.

Pour cela il ne faut surtout pas prélever plus d’impôts sur les classes les plus hautes, pour pouvoir toujours plus les libérer des contraintes financières, car il ne faut pas oublier que ce sont, pour la plus part, les tenants des cordons des bourses financières privées. Avec au passage un vaccin de rappel sur ce qui concerne les privilèges et le paquet fiscal.

Pour cela il faut permettre que la finance mondiale puisse au passage prélever sa dîme sur les Etats directement via des opérations boursières sur les monnaies (exemple de la Grèce, de l’Italie, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et demain la France).

Pour cela...j’ai du en oublier dans la conversation.

 

Nous voyons un monde sans gène se développer sous nos yeux en toute démocratie.

 

Ce soir là nous avons aussi dérivé sur la démocratie, mais je tenterais, si je m’en rappelle, de vous faire un billet sur cet épique épisode.

 

Revenons en à nos questions économiques.

 

Il faut partir du fait qu’un pays ne peut pas faire faillite.

Oui car quand il ne peut plus payer et que toutes les injonctions du FMI ont été mises en places : diminution des salaires, baisses des services publics pour un transfert vers le privé, augmentation des impôts sur les plus démunis, libéralisation des ressources des plus aisés et éradication des contraintes économiques et juridiques pour soit disant créer de l’émulation économique, retard des départs à la retraite, baisse du niveau de l’éducation afin d’orienter le milieu scolaire vers le privé, pour la santé pareil, etc., etc., il reste toujours pour un Etat la possibilité d’un choix idéologique en refusant de payer le capital et l’intérêt.

Car au-delà de la simple notation sur les marchés internationaux, que cet Etat paye un peu ou pas du tout sa dette organisée par les requins de la finance dans un but d’orientation de l’ensemble des ressources financières vers quelques mains, il y a beaucoup d’intérêt à ne plus rien payer pour permettre au peuple de cet Etat de se reconstituer un ensemble de biens communs plus conforme à une société sociale organisée.

 

Cette longue litanie montre bien tout le ras le bol qu’il peut exister dans notre pays (et je suppose dans les autres pays aussi) pour souhaiter que tout soit remis à plat.

On peut comprendre à la lumière des ces explications l’intérêt en diminution des citoyens pour les élections, ou encore leurs mouvements hiératiques.

 

Personnellement j’aimerais finir ce billet sur une chose que je souhaite par-dessus tout, j’aimerais que la bourse soit interdite en France, et dans le monde aussi.

Un certain De Gaulle en des temps immémoriaux pour les jeunes, disait : « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».

Nous voyons comme nous nous en sommes tant éloignés.

Nous voyons comme notre pays, mais il n’est pas le seul, a été bradé sur le marché du libre échange.

Nous voyons comme les échéances politiques les unes après les autres nous enferment dans un non sens économique pour le plus grand nombre.

Nous devrions nous occuper de notre avenir.

Aurore

Par Rue Goudouly - Publié dans : -*- Billets
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