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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 03:05
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Mal à l’Europe

http://goudouly.over-blog.com/article-mal-a-l-europe-46257391.html


Je reprends le titre d’un article du Monde écrit par Hervé Kempf dans sa chronique écologique en date du 6 mars 2010.

La phrase d’introduction est pour le droit de propriété que défend farouchement Le Monde, mais peut être pas Hervé Kempf.

Moi, vous connaissez ma position, la parole est libre et l’écrit aussi, les idées grandissent à circuler.

Qu’avons-nous inventé depuis2000 ans ?

 

N’empêche que sa chronique est lourde et excellente aussi je vous en mets l’essentiel :

 

« Un des premiers actes notables de la nouvelle Commission européenne présidée par M. Barroso a été, le 2 mars, de briser le moratoire qui s'était instauré, en Europe, sur les autorisations d'organismes génétiquement modifiés (OGM). De quoi découlait ce moratoire ouvert en 1998 ? Du fait que les gouvernements des Etats ne s'accordaient pas pour leur donner le feu vert. Pourquoi ne s'accordaient-ils pas ? Parce que, étant élus, ils entendaient l'hostilité ou la méfiance de la majorité des citoyens européens à l'égard de cette technologie.

M. Barroso - et les "élites" - juge que les citoyens ont tort. La Commission a donc choisi d'autoriser la culture d'une pomme de terre transgénique. La décision est prise sans que le collège des commissaires en ait discuté en réunion. Le dossier n'est plus géré par le commissaire à l'environnement, mais par celui chargé de "la santé et de la protection des consommateurs", comme si la question des OGM se résumait à un enjeu sanitaire.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments, sur l'avis de laquelle la Commission se fonde, est critiquée par les Etats eux-mêmes (conseil des ministres de décembre 2008). Et l'autorisation accordée concerne un OGM intégrant un gène résistant aux antibiotiques, alors que tout le débat qui a eu lieu durant les années 1990 avait conclu qu'il ne fallait pas utiliser de tels gènes - une conclusion inscrite dans la directive 2001-18 qui est censée guider les choix en la matière.

Déni de démocratie, volonté de se plier aux desiderata des industriels, mépris implicite d'une agriculture qui ne serait pas productiviste : voilà ce qu'est cette décision. Mais il y a plus grave encore, qui touche à l'idéal européen lui-même. Pour continuer à imposer les OGM, la Commission veut que chaque Etat puisse choisir s'il les autorise ou pas chez lui. Cela revient à diviser l'Union, à la laisser aller à hue et à dia sur une question éminemment importante, qui n'est pas de simple convenance nationale, mais implique une politique agricole commune. C'est entériner sa faiblesse, dans le sens souhaité par le "parrain" dont elle n'arrive pas à se défaire, les Etats-Unis.

La décision de la Commission résonne avec un autre échec, à Copenhague, lorsque l'Europe a abandonné aux Etats-Unis et aux pays émergents la conduite de la discussion sur le changement climatique. Durant les années 1990 et au début des années 2000, l'Europe commençait à trouver, par les OGM, par le climat, le chemin d'une diplomatie écologique, où elle esquissait le modèle d'un développement respectueux des humains et de l'environnement.

Elle est en train d'abandonner cette ambition, sans doute la seule qui lui donnait sens. Que les eurocrates et les "élites" ne s'étonnent pas si, décidément, les Européens n'adhèrent pas au conglomérat mou et soumis aux multinationales qu'ils leur imposent. »


Je trouve c’est article intéressant à double titre.

 

Tout d’abord il resitue bien la question des OGM dans son contexte, même s’il peut être ajouté que la consommation des OGM dans ce cadre là se fera par le biais des animaux et qu’il sera alors temps pour la Commission dans un avenir proche d’expliquer que les autorisations d’OGM pourront se faire pour un accès direct à notre consommation.

Même s’il n’est pas aisé de parler de risques avérés en ce qui concerne la consommation, compte tenu du fait qu’aucun test à grande échelle sur un protocole scientifique digne de ce nom n’ait eu lieu, il n’en reste pas moins que l’ingestion de gènes résistants aux antibiotiques posent de véritables problèmes, que ce soit pour les animaux ou les humains.

 

In fine en ce qui concerne le transgénique dans l’alimentaire la compétition économique nous présente bien son vrai visage : faire du fric quelqu’en soit les risques.

 

L’intérêt second réside dans le fait que la commission détricote tout ce dont les politiques, les journaux, la télévision ont pu nous abreuver en 2005 durant la campagne sur le traité Européen pour nous faire gober cette Europe de la finance et de l’argent : nous serons un peuple plus fort, plus solidaire, plus unis et sans guerre.

 

Si l’on regarde ce qui se passe en Grêce, en Angleterre, en Espagne, en Italie, etc...et que l’on rajoute la question symptomatique des OGM on peut juste constater qu’ils posent les premières pierres de futurs conflits, car ils nient les individus tout en alimentant la grande finance et l’industrie.

 

Je suis encore convaincue que le Non au référendum, pour obtenir un Oui à l’Europe des peuples, était la bonne marche à suivre.

 

Et parce que période électorale oblige, je ne peux m’empêcher de compter les courageux qui n’ont pas baissé la garde et qui continuent ce combat pour les peuples.

J’ai noté aussi le nom de ceux qui se sont parjurés pour pouvoir obtenir des places d’élus.

Comme si c’était une fin en soi.

Nous devrions nous occuper de notre avenir.

Aurore

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Published by Rue Goudouly - dans -*- Billets
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