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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 03:43

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Pas d’anti-politisme primaire !

http://goudouly.over-blog.com/article-pas-d-anti-politisme-primaire--41663251.html


Mon ami Guy m’a mise au défi en m’imposant une thématique.

C’est rare qu’il le fasse, mais là je crois qu’il a pris un malin plaisir...et en plus je le suspecte d’avoir lu l’article du Monde Diplomatique du mois d’octobre de l’année dernière (2009).

Il est important de dire que je suis en accord avec quelques points de cet article, même si je le trouve trop partiel...mais très juste.

 

Au fait, bonne année à toutes et tous, beaucoup de bonheur, de santé et soyez solidaires, regardez votre voisine, votre voisin, allez voir vos vieux parents, vos grands parents, créez des réseaux locaux de solidarité, faites des échanges gratuits...vivez avec les autres localement.

 

Bonne année Guy.

 

Donc le défi de Guy est d’aborder la question politique par ce biais : « Faire de la politique ou vivre de la politique ? »

 

Super, vous allez voir on va s’éclater !

 

Je dois vous avertir que c’est mon dada

(Quelle menteuse ! C’est juste pour faire monter la pression !)

 

Nous allons repartir des Grecs.

Bon je sais ça ne le fait pas, mais quand même.

 

La démocratie, c’est avant tout eux qui en ont jeté les bases.

 

C’est vrai qu’on idéalise la démocratie Athénienne alors qu’il n’était tout de même question que d’une démocratie censitaire, au tirage au sort (ça c’est à regarder de près) et sexiste.

Idéalisons, idéalisons !

 

Faire de la politique était déjà s’intéresser  à l’organisation publique...cela n’empêchait pas déjà les intérêts particuliers.

 

Bon d’accord, faisons un bond séculaire en avant et laissons de côté les républiques scandinaves, italiennes ou suisse et notons juste au passage que le droit de vote des femmes a mis bien du temps à s’imposer.

Ce n’est que la fin du 19ème siècle pour les états les plus évolués et le 20ème siècle que les femmes ont pu croire en la démocratie d’une manière quasi universelle.

Pour rappel la France n’a permis à ses femmes de voter qu’à compter de 1944. Il y a quelque 65 ans. C’était hier.

 

Ne craignez rien, je ne m’égare pas et je ne fais pas ma féministe.

J’explique juste aux gens la démocratie et le pouvoir, donc la politique !

 

Mais la démocratie, bien que très proche du sujet, n’est pas le thème imposé par l’ami Guy, donc passons.

 

Pourquoi tout de même ce détour ?

Parce que la professionnalisation de la politique a toujours été un sujet capté par les « élites » politiques, et que vouloir faire de la politique c’est vouloir entrer dans la caste politique...même si la pression populaire, comme dans le cas du vote de femmes, a enclin à modifier « légèrement » les règles en cours de route.

Reprenez l’excellent article du Diplo cité en exergue : « Le personnel qui s’y adonne (il parle de la politique, bien sûr) le fait de plus en plus longtemps et s’apparente à une caste inamovible. En 1958, un député sur trois était âgé de moins de 40 ans. Cette proportion a chuté en 2002 à un sur treize. En 2008, les plus de 55 ans représentent pour la première fois la majorité absolue des députés. La règle de la prime aux sortants s’est imposée dans quasiment l’ensemble des formations partisanes. »

 

Là on se dit : la « classe » politique en France s’est féminisée, mais elle elle a pris un coup de vieux.

 

Cette constatation conduit à quelle conclusion ?

 

La classe politique s’est professionnalisée.

Rien de neuf comme nous je vous l’ai dit en amont, sauf qu’il y a eu une période, disons après le seconde guerre mondiale et jusqu’à 1983, où un espoir de démocratisation de la politique en France a pu se faire jour.

Des idées se sont avancées, des principes se sont élaborés et ont fait trembler LE pouvoir et où mai 1968 a été un catalyseur...pour mieux être circonvenues.

 

La politique après 1983 a changé de « Régime », elle est redevenu professionnelle, les appareils politiques ont retenu les leçons de la période pour permettre à une « élite politique » de contrôler les masses.

 

Alors faire de la politique c’est quoi ?

 

Est-ce se lancer dans l’arène et se faire élire ?

Citez moi un exemple durable (mot à la mode) d’une personne qui a pu maintenir sa place sans l’appui d’un appareil politique aux fesses ?

Personnellement je n’en ai pas.

Citez moi un appareil qui soit en mesure à ce jour de se lancer dans l’arène sans faire allégeance au domaine dominant, aujourd’hui le capitalisme ?

 

Quelle organisation politique est capable de dire à ce jour : «  je prends le temps de la réflexion avec les citoyens, avec les militants avant de me présenter à des élections » ?

Je n’en vois pas.

 

Quelle est l’organisation politique, syndicale ou associative qui est prête à mettre comme sujet de discussion central le statut de l’élu ?

Aucune.

J’ai vérifié.

Dites à Guy si vous en connaissez, ça me plairait de discuter avec.

 

Le grand objectif des appareils politiques est d’avoir des élus, quelque soit le programme, d’avoir des « permanents » payés par les militants et les élus pour « tenir » le réseau politique qui les concerne et de se « reproduire ».

 

De ce côté-là ce n’est pas réjouissant.

 

Comme le dit si bien le rédacteur de l’article du Diplo, au fait son nom est Rémy Lefebvre, c’est aussi bien de le nommer : « Au total, les institutions locales tiennent les partis de gauche (mais ils peuvent être de droite, c’est en cela que je le trouve partiel) beaucoup plus que l’inverse » mais aussi « La prime à la « compétence » technicise les problèmes et les dépolitise — y compris dans l’esprit des profanes qui ont intériorisé la division des rôles comme une nécessité fonctionnelle. » et encore «  La professionnalisation qui l’affecte (la classe politique) concourt ainsi à l’éloigner socialement et pratiquement des groupes sociaux qu’elle est censée défendre. »

 

Ce mec à tout compris et à tout bien nommé.

 

Donc de ce côté-là rien à espérer, sinon le soutien au modèle dominant, pour asseoir son POUVOIR.

 

Alors faire de la politique c’est quoi, puisque je viens de parler de vivre de la politique ?

 

Se lancer dans le cirque politique est un vrai danger humain, qui ne vous laisse pas indemne.

Je connais quelques personnes, qui n’ont pas perdu leurs illusions, mais qui ont perdu la foi qui les habitaient.

De vrais humanistes.

 

Dans notre société hyper médiatisée, hyper contrôlée, la parole n’est pas permis aux simples gens en questionnement politique qui veulent œuvrer dans la sphère publique et être utiles à leurs semblables.

 

Il y a tellement de leviers pour contenir les velléités !

L’argent étant le principal.

L’intimidation, le saupoudrage des subventions, le « dézingague » urbi et orbi, la calomnie, le « ragottage » et j’en passe.

Je vous dis que j’en connais, qui bien que n’ayant pas perdu leur idéal, se traînent en déshérence.

 

Je me souviens de Verts, de gauchistes, d’associatifs qui voulaient faire de la politique autrement.

Ils se sont tous ralliés au paradigme économique en fonctionnement...pour obtenir des miettes.

 

Demandez au premier élu venu s’il est prêt à revenir dans son ancien boulot ?

Aucun.

Faites en l’expérience.

Vous connaissez tous un élu.

 

Le statut de l’élu, débattu devant les électeurs, je vous le dis il n’y a que ça de vrai.

Il n’y a que ça de vrai puisqu’ils s’en servent d’argument pour justifier le fait qu’il ne faut pas en parler.

Rémy Lefebvre l’a dit bien mieux dit que moi.

 

Ce gars a aussi écrit : « Le cumul des mandats représente une véritable assurance-vie politique et un réducteur d’incertitude électorale. Il aide à construire l’inamovibilité en renforçant l’implantation locale, en neutralisant la concurrence ou en permettant de rester dans le jeu en cas de perte d’un des mandats. C’est une donnée structurelle du jeu politique. »

 

J’adore

 

Quand est-ce qu’on fait quoi ?

Nous devrions nous occuper de notre avenir.

Aurore

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Published by Aurore - dans -*- Billets
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