-*- OGM

Mercredi 4 octobre 2006 3 04 /10 /2006 13:14
La loi d'orientation agricole n° 2006-11 du 5 janvier 2006 (1) destinée 
à "répondre aux attentes des citoyens et des consommateurs" est
entrée en application depuis le 1er juillet. Elle vient de rendre illégales
toutes les préparations non homologuées réalisées à base de plantes
et destinées à l'agriculture biologique. Non seulement leur
commercialisation est dorénavant interdite mais aussi leur utilisation,
leur détention et même leur simple recommandation. Aujourd'hui, le
simple fait de parler publiquement des vertus d'un extrait d'ortie ou de
consoude est punissable de 2 ans de prison et 75000€ d'amende !
Des milliers de publications se retrouvent de fait hors la loi. Jusqu'à ce
chroniqueur de France Inter qui, s'étant inquiété du fait que cette loi
l'empêcherait de donner à ses auditeurs des recettes leur permettant
de traiter naturellement leurs jardins s'est vu fermement conseiller par
les services de l'Etat de ne plus faire la promotion de ces extraits.
 
Les premiers à en avoir subi les conséquences ont été les auteurs 
d'un livre intitulé « purin d'orties et compagnie » (2) qui décrit avec
passion et précision les recettes d'extraits d'une vingtaine de plantes
bénéfiques pour le jardin. En effet, c'est chez l'un d'eux, Eric Petiot,
paysagiste de l'Ain qui organise régulièrement des stages et formations
sur « les plantes qui soignent les plantes » qu'a eu lieu dès fin août la
première perquisition conjointe des services de l'Inspection Nationale
des Enquêtes de Concurrence, de Consommation et de Répression
des Fraudes et du Service Régional de la Protection des Végétaux.
Puis quelques semaines plus tard, c'est chez un autre auteur de ce
brûlot (3) que les services de l'Etat se sont rendus.
 
L'information est partie comme une traînée de poudre, tant et si bien 
qu'il n'aura pas fallu plus de trois semaines après la perquisition chez
Eric
Petiot pour que les grands média nationaux s'en emparent : Denis 
Cheyssoux y consacre son émission du 6/09 (CO2 mon amour sur
France-Inter), puis des brèves dans l'édition régionale de France 3
suivie de près par les deux JT de TF1 et France 2, puis une émission
spéciale le 22/09 de Là bas si j'y suis de Daniel Mermet, Sans parler
de Libération du 15/09, du Monde du 18/09 et même du Times anglais
et de la Stampa italienne. Et sur internet, ce ne sont pas moins de
177000 sites qui ont mentionné le terme « purin d'orties » dans les
3 derniers mois ! Certains ont même cru à une mauvaise blague
interpellant le site hoaxbusters (4) pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas
d'un canular.
 
Bref, un véritable raz-de-marée qui ne pouvait pas, en cette période de 
campagne électorale, laisser indifférents nos chers élus. Car ce n'est
pas parce qu'ils ont voté en janvier cette loi à une majorité écrasante (5)
qu'ils ne se mobilisent pas aujourd'hui pour interpeller notre
gouvernement (6). En effet, une analyse détaillée des débats à
l'assemblée nationale (7) laisse à penser que la majeure partie d'entre
eux n'avaient pas conscience de l'incidence de cette loi sur les produits
de traitement naturels et en particulier sur les extraits de plantes.
Ce serait donc en amont qu'il faudrait chercher l'explication à cette loi ?
C'est en tous cas ce que l'on pourrait interpréter des propos de
François Guillaume (UMP) en introduction du débat parlementaire
le 17 octobre : « En matière phytosanitaire, il est plus facile de
renforcer les contraintes que d'adopter une attitude plus modérée.
Sous la pression de différents lobbys, la réglementation est devenue
totalement ingérable »... Et il connaît bien le sujet ayant été président de
la FNSEA de 1979 à 1986 puis Ministre de l'agriculture de 1986 à 1988.
 
Si aucun des députés n'a encore reçu de réponse du gouvernement, 
le Ministère de l'agriculture lui n'a pas tardé à s'exprimer. Tout d'abord
par la voix de Mr Joël Mathurin, sous-directeur de la qualité et de la
protection des végétaux au Ministère de l'Agriculture dans l'émission
CO2 mon amour, puis trois jours plus tard, par un communiqué de
presse conjoint avec le Ministère de l'économie, des finances et de
l'industrie (8). Devant le tollé déclenché, l'Etat se veut rassurant, se
défend d'avoir voulu interdire l'usage des extraits de plantes (dont le
purin d'ortie). Les promoteurs des extraits de plantes sont accusés
d'avoir mal interprété la loi.
 
J'ai donc demandé l'avis de différents juristes sur cette question dont 
l'avis le plus motivé estime que « l'interprétation ministérielle du texte
est totalement contradictoire ». En effet, « soit toutes les préparations
à base de plantes sont qualifiées de "phytopharmaceutiques" dès lors
qu'elles ont un effet, et dans ce cas la publicité, la vente, comme la
détention et l'utilisation du purin d'ortie sont prohibées. Soit les produits
phytopharmaceutiques sont réduits aux produits "fabriqués
industriellement" par l'homme et dans ce cas la publicité, la vente,
comme la détention et l'utilisation du purin d'ortie est autorisée. » Et de
conclure que « il semble difficile de dire que de tels produits sont
autorisés pour la publicité et l'utilisation mais non pour la mise en vente. ».
 
Un autre juriste considère pour sa part que « Aucun juge même zélé 
ne ferait une telle interprétation de la loi » autrement dit que quelle que
soit la loi, les juges ne poursuivront pas les promoteurs des extraits de
plantes. Ce à quoi un autre répond : « j'ai souvent vu des textes
tellement absurdes qu'ils ne sont quasiment jamais appliqués jusqu'au
jour où... ça tombe sur quelqu'un et c'est imparable. » Ensuite, il précise
que « nous sommes en présence d'un texte qui édicte des infractions
pénales et de ce fait, il y aura forcément intervention d'un juge qui va
lire le texte pour vérifier si l'infraction est constituée ou non et de la
façon dont ce texte là est rédigé, les critères seront très facilement
remplis. Le juge n'aura de même aucune marge d'appréciation sur les
sanctions : ce n'est pas un maximum mais une peine fixe (c'est prison
ET amende ou rien, pas de demi-mesure). »
 
Il conclut ainsi son raisonnement : 
« Je connais ou j'invente la recette d'un bon pesticide naturel, je 
prépare un bidon et :
- J'en donne à mon voisin : c'est une mise sur le marché 
(« toute remise à titre onéreux ou GRATUIT »)
=> 2 ans de prison et 75000 euros d'amende
- J'en épands dans mon potager : c'est une utilisation 
=> 6 mois et 30000 euros
- J'en garde chez moi pour l'utiliser plus tard : c'est une détention 
=> 6 mois et 30000 euros
- J'explique à mon voisin (ou à mes étudiants cf l'affaire Eric PETIOT, 
à mes lecteurs etc..) que ce produit a d'excellentes propriétés phyto
et comment le fabriquer et l'utiliser : c'est en recommander l'utilisation
=> 2 ans et 75000 euros
Bien sûr, c'est complètement ABSURDE mais c'est POSSIBLE. 
Et si ce n'était pas l'intention du législateur (ce que j'espère),
il doit corriger son texte pour éviter que ça arrive. Je suis convaincu
que cette histoire est un dégât collatéral dont les députés et sénateurs
n'ont pas du tout pris conscience en votant la loi (version plus
pessimiste : ils ont été piégés). A eux et au Gouvernement de le
prouver et de rectifier. »
 
Mais au delà de ce débat d'experts, l'une des conséquences de cette 
loi est l'interdiction de fabriquer pour les commercialiser des technologies
utilisées sans dommage depuis des siècles, qui sont indispensables
pour le développement d'une agriculture biologique performante et
capable de répondre aux défis du 21ème siècle. Sans ces produits et
sans semences paysannes, le bio se retrouve de fait soit inefficace,
soit productiviste. Dans le premier cas, cela revient à ne rien avoir le
droit de faire pour favoriser un bon équilibre du potager nécessaire à
une production saine et abondante, bref le bio reste une démarche
archaïque. Dans l'autre, les produits chimiques de synthèse sont
simplement remplacés par des produits chimiques acceptés par le
cahier des charges biologique mais dont les modes d'application et la
logique restent les mêmes que dans l'agriculture intensive.
 
Les produits dits naturels peuvent bien sûr être dangereux. 
Assurer la sécurité sanitaire de la population est un objectif louable.
Mais la loi votée s'en réclame pour mieux s'en détourner : seules
quelques plantes mal utilisées peuvent être dangereuses. Pourquoi ne
pas privilégier l'effort de formation des utilisateurs et légiférer sur les
usages dont on connaît la nocivité pour la santé et/ou l'environnement ?
Le principe de précaution ne doit pas conduire à interdire d'emblée
toutes les plantes et tous les sages reconnus comme inoffensifs.
Pendant ce temps, des produits actifs bien plus dangereux trustent en
toute légalité les rayons des grandes surfaces et les étagères des
jardiniers amateurs qui, le plus souvent, n'ont pas les moyens de
respecter les indispensables précautions à prendre (protections, doses, etc...).
Le principe de précaution ne doit pas non plus conduire à une dérive,
scientiste et techniciste, qui consisterait à indexer l'innocuité d'un produit
sur l'épaisseur de rapports chiffrés d'autant plus indiscutables
qu'incompréhensibles et couverts par le secret commercial.
 
 
(1)http://www.legifrance.gouv.fr/html/actualite/actualite_legislative/decrets_application/2006-11.htm
(2)Purin d'Ortie et Cie, les plantes au secours des plantes, Editions du  Terran – 31160 Sengouagnet
(3)Bernard Bertrand, porte parole de l'association des Amis de l'ortie : bernard@terran.fr ou 06 33 11 02 08
(4)http://www.hoaxbuster.com/hoaxteam/forum_contributions.php?idForum=3152&idMess=51335 
(5)l'UMP et l'UDF ont voté pour, le PS et le PC ont voté contre. 
Tous les détails sur http://www.assemblee-nationale.fr/12/scrutins/jo0817.asp
(6)pas moins de 30 questions de députés ont été publiées au journal officiel 
depuis un mois : http://questions.assemblee-nationale.fr/ rubrique « phytosanitaire »
(7)http://www.assemblee-nationale.fr/12/cra/2005-2006/ 
(8)je peux vous envoyer la retranscription écrite de l'intervention de Joël 
Mathurin ainsi que  le communiqué de presse du Ministère sur simple demande 
demandez en cliquant là !
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Pour animer le débat sur la question du purin d'orties voici les arguments de Bernard Molot
en gros caractères et ceux de Valérie Peyret en gras
Purin d'ortie: rendons à César....

Le purin d'ortie fut en son temps - 1998 - expérimenté comme alternative
au cuivre en viticulture bio dans le cadre d'un projet ACTA (mais oui!!!) via un
groupe de travail rassemblant GDDV 49, CA 83, INRA 33, SPV 21, FIBL, ITV 30
(et pardon aux oubliés) et animé par l'ITAB. Le groupe avait alors choisi d'expérimenter
entre autres les purins d'ortie et de prêle proposés -alors en toute légalité- par un
producteur dont la loi m'oblige désormais à taire le nom, ceci afin que tous les
essais utilisent des formulations parfaitement comparables.


Tout d'abord, il faudrait savoir quel était le mode de fabrication de ce
purin. En effet, les extraits de plantes que j'utilise avec succès dans mon
jardin ne sont pas des purins mais des fermentations contrôlées. La
différence est importante car entre le stade de la fermentation (extrait
fermenté) et celui du pourrissement (purin) la préparation n'a plus du tout
la même composition. Le purin et l'extrait fermenté présentent des qualités
très différentes.


Les expés menées ont toutes mis en évidence une efficacité du purin d'ortie
(utilisé à 5% du volume de bouillie soit 5L dans mon cas) ou de prêle
(utilisé à 20%) associé ou non à de la bouillie bordelaise sous-dosée (2kg/ha soit 400g de Cu/ha).
Cette efficacité, de l'ordre de 20 à 30%, est certes très nettement inférieure à
celles des fongicides habituellement utilisés et donc notoirement insuffisante
lors d'années difficiles. Elle peut toutefois significativement aider les viticulteurs
bio confrontés à la limitation des apports annuels de cuivre en renforçant l'activité
des faibles doses de cuivre.


Le problème de cette démonstration c'est qu'elle se base sur des conditions
d'expérimentations critiquables. En effet, il n'est pas possible de comparer
l'efficacité des fongicides chimiques et naturels en appliquant le mode
d'administration des fongicides chimiques.C'est un peu comme si on comparait
l'efficacité d'un médicament allopathique et de tisanes en mesurant les
résultats deux heures après avoir bu le premier bol de tisane. Le facteur
temps est important. Il dépend des plantes utilisées. Des recherches
sérieuses en ce domaine permettraient d'améliorer les résultats obtenu par
l'amélioration des modes d'utilisation en fonction d'une meilleure
compréhension des modes d'actions.

Le vivant est complexe, nous sommes bien loin de le comprendre, contrairement
à ce que prétendent les promoteur des OGM en se livrant à leurs bricolages
sur l'ADN. Un peu d'humilité ! Hélas, les crédits de recherche sont quasi
inexistants en faveur des extraits de plantes car principalement orientés
vers la biologie moléculaire, dont la principale qualité et de permettre le
renforcement de la concentration des moyens de productions, donc de la
dépendance commerciale et économique des petits acteurs à quelques grosses
multinationales.

L'expérimentation permet cependant de remarquer que les résultats s'améliorent
de façon spectaculaire au bout de quelques années d'utilisation, en
particulier lorsqu'il s'agit de plantes pérennes comme la vigne. J'ai aussi pu
remarquer que les jeunes arbres réagissent beaucoup mieux aux extraits que
les plus vieux à qui il faudra au moins trois années de traitement pour qu'il
commence à être efficace.

Le mode de fabrication du purin ainsi que la matière première elle-même doivent
toutefois générer de fortes fluctuations de composition et donc d'efficacité et ces
chiffres ne sauraient être extrapolés à TOUS les purins d'ortie ou de prêle, ce qui
pourrait déjà constituer un embryon de justification à la circulaire en question

(assez peu convaincant en fait : l'obligation de respect d'un processvoire d'une
teneur minimale suffiraient).


Entièrement d'accord sur le fait que tous les purins
(je préfère dire toutes
les préparations à base de
plantes) ne sont pas les mêmes et que leur
efficacité
est liée à leur mode de fabrication. De là à trouver ne
serait-ce
qu'un embryon de justification à cette loi,
il y a un pas que je ne
franchirai pas. En effet, la loi
n'a pas pour objectif d'assurer une
homogénéité de l'offre
mais bien d'interdire toute utilisation, détention,

recommandation et mise sur le marché des dits extraits
tant qu'ils n'ont pas
d'AMM. Quel petit producteur
trouvera les de 85000 à 165000 euros nécessaires

à l'obtention d'une AMM ?

Le problème c'est de vouloir faire entrer des produits
naturels vivants,
comprenant une multitude de principes
actifs dont personne n'est capable de
dire lequel agit,
dans le moule de l'homologation des substances chimiques
de
synthèse. En effet, comme le disait M. Mathurin du
Ministère de l'Agriculture
lors de l'émission CO2 mon
amour sur France Inter : "pour être clair,
effectivement,
si je laisse faire mes experts, il n'y a pas un produit
bio
qui est évalué parce que c'est compliqué pour eux ça."

Le respect d'un process ou d'une teneur minimale n'a
aucun sens. Rien ne
permet de dire que cela permettra
une régularité des effets. Peut-être même
la variabilité
de la composition est-elle essentielle pour faire face à
celle
des conditions de culture d'une année sur l'autre
en fonction des conditions
pédoclimatiques par exemple.

En réalité il est plus que temps de remettre en question,
non pas les critères
d'homologation, mais le processus
même de normalisation tel qu'il existe
aujourd'hui.
L'opacité règne. Un contrôle démocratique et participatif
doit
être substitué aux réunions d'experts en milieu
feutré et climatisé pour
permettre une véritable liberté
d'entreprendre. La normalisation actuelle est
une arme
de destruction massive des petites entreprises, seules
capables de
relever le défi de la relocalisation de
l'économie.


Si par contre je pense à la bonne quinzaine d'autres produits (échappant à
l'homologation car vendus comme correcteurs de carence, fertilisants etc.)
dont nous avons démontré la totale inefficacité vis à vis du mildiou, sachant en
outre que la législation leur permettait (et leur permet toujours à ma connaissance)
de changer sans aucune difficulté de nom commercial (afin d'échapper à nos
commentaires calamiteux) la circulaire en cause se justifie alors pleinement. Elle

devrait efficacement contribuer à réduire le nombre, jusqu'ici croissant,
de "pigeons" convaincus de détenir une stratégie efficace contre le mildiou et
oubliant simplement que les sécheresses de 2004, 2005 et 2006 permettaient
dans le sud-est une absence presque totale de protection anti-mildiou.


Là encore une transparence est nécessaire. Il ne suffit
pas de dire qu'une
démonstration a été faite et de nous
prier de croire à son infaillibilité
sous le seul prétexte
qu'un expert reconnu nous le dit. Ce procédé qui relève
du scientisme ou de la croyance est devenu insupportable.

Sur le fond, la loi interdit des produits naturels qui
ne peuvent en rien
être comparés aux produits dont parle
ici M. Molot. Il s'agit en effet de
procédés utilisés depuis des siècles, issus de savoir-faire
populaires.


De notre côté, nous avons fait l'expérience cette année
non pas contre le
mildiou mais contre la cloque du pêcher
d'utiliser un extrait fermenté de
prêle (5%) associé à
un extrait fermenté d'ortie (5%). Il y avait à proximité
de chez nous des pêchers n'ayant reçu aucun traitement
et d'autres ayant été
traités avec des fongicides chimiques.

Je n'ai pas de photo de ceux ayant été traités avec des
fongicides chimiques
(considérons qu'ils n'étaient pas
malades) mais par contre, ci-joint deux
photos prises le
26 mai 2006, "pêcher_extrait" étant celui que nous avions

traité avec nos préparations naturelles et "pecher_sans"
étant celui qui
n'a reçu aucun traitement. Y'a pas photo !!


Dernier commentaire : voir dans cette circulaire une volonté du ministère de
favoriser les méchantes firmes phytosanitaires est novateur... Sans doute un effet pervers
de l'intégrisme éco-illogique?


D'une part, il ne s'agit pas d'une circulaire mais d'une loi.
D'autre part, il
ne faut pas être intégriste pour se rendre
compte que l'interdiction des
produits d'origine naturelle
bénéficiera de fait aux laboratoires qui
fabriquent les
seuls produits dorénavant autorisés puisque disposant d'AMM.


Et pour chauffer (si besoin était!) le débat OGM, une devinette délibérément
ironico-provocatrice: Pourquoi ne pas ensager une vigne Bt?


Le Bacillus thuringiensis étant homologué en viti bio, nous pourrions ainsi
envisager la possibilité d'une économie de 2 à 3 traitements voire davantage.

Cet argument n'est pas nouveau et les promoteurs des OGM
s'en servent depuis
de nombreuses années, faisant croire
que l'utilisation de plantes BT implique
une baisse du
nombre de traitements. Cependant, une étude américaine
de
l’université Cornell vient de montrer qu’il n’en
était rien.


En étudiant le cas, sur sept années, de 481 agriculteurs
chinois
ayant planté du coton transgénique Bt développé
par Monsanto, des
chercheurs ont montré que les bénéfices
retirés lors des trois
premières années (baisse de 70% de
l’utilisation d’insecticides,
hausse des revenus des
cultivateurs de 36%) ont rapidement fait place
à une
situation moins réjouissante. En 2004, les agriculteurs
ont dû
utiliser autant de produits phytosanitaires que
les agriculteurs
conventionnels. Au final, les revenus
des premiers étaient de 8%
inférieurs à ceux des seconds,
étant donné que le coton Bt coûte
trois fois plus cher à l’achat.

En cause : l’augmentation des populations d’insectes
tels que les
mirides contre lesquels le Bt ne peut rien.
Il ne protège le coton
que contre un seul type de ver.
Selon les scientifiques de Cornell,
cette hausse d’insectes
« secondaires » pourrait être « une menace
majeure » pour
les pays où le coton génétiquement modifié a été
abondamment
planté, à commencer par la Chine qui compte 5 millions
de
cultivateurs de coton Bt, le Mexique et l’Afrique du Sud.


Moins de gaz-oil donc meilleur bilan carbone, économie des pièges sexuels.
Et finie la diffusion dans l'air ambiant de phéromones (produits organiques de
synthèse soit dit en passant...).


Inutile de creuser la question, l'ingestion de la molécule insecticide supposerait
la perforation préalable des baies, à l'opposé du but recherché. Dommage...

Tout ce développement est en fait sans intérêt. Le point
de départ repose sur
un amalgame indigne d'un expert et
qu'il n'est pas possible de laisser
passer. La molécule
de BT épandue et celle produite après modification
génétique
par la plante ne peuvent pas être comparées. Les processus de

production, d'utilisation et d'action sont radicalement
différents. Nous ne
savons rien ou pas grand chose sur
les conséquences de telles modifications
génétiques sur
le comportement du vivant.
Il est bien évident que si la
molécule BT est autorisée en Bio, le recours à
un OGM BT
ne l'est pas. Et ne devra jamais l'être pour permettre le

développement de l'agro-écologie qui privilégie des
techniques incompatibles.
 

Valérie Peyret


Bernard MOLOT


Remarque : Je n'ai rien contre le purin d'ortie.
L'abus sur le prix de vente est tout de même anormal.

Prix du purin d'ortie ? (Suite – 1)
Sauf erreur de ma part la loi ne vise que les produits à action antiparasitaire
affichée et la parade existe depuis longtemps à travers la classification
"engrais CE" assujettis à simple déclaration de composition. C'est ainsi que
l'on peut trouver des "correcteurs de carence" dont l'étiquette mentionne
(absolument véridique) que la carence en cuivre sensibilise la vigne aux
attaques parasitaires notamment celles du mildiou....
Bernard MOLOT

Prix du purin d'ortie ? (Suite – 2)
Ce qui m'inquiète, c'est qu'au regard de la Loi d’orientation agricole de 2006,
l’enseignement de traitements naturels constitue une infraction et procède à
une saisie de documents puisque c'est ce qui s'est passé.
Sur le fond, Maurice Chevalier chantait "si vous n'aimez pas çà, n'en dégoûtez
pas les autres". J'ai fait du jardinage pendant 20 ans. J'ai plusieurs
générations de maraîchers dans mes gènes. Mes grands-parents, mes parents,
moi-même, n'avons jamais utilisé la chimie mais des vieilles recettes quand il
fallait traiter, le principal traitement étant l'huile de coude (biner, pincer,
tailler, etc.). A signaler qu'un des meilleurs insecticides est la décoction de
tabac et que c'est scandaleux que ce soit autant taxé.
L'AMM vise à protéger la santé publique. Il reste à prouver que le purin d'ortie
ou autres préparations biologiques domestiques puissent mettre en danger la
santé publique. L'argument est un peu léger car depuis le temps, cela se
saurait !
Philippe FICHAUX



Remarque (GW) : Vous n'avez pas tort, mais sur un tout autre plan, il faudrait
que les citadins perçoivent mieux que certes le jardinage est une activité
agricole mais l'agriculture n'est pas que du jardinage… Cela pourrait éviter
des malentendus.


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Recette

Le purin d'orties est un répulsif naturel pour les pucerons et les acariens mais il a d'autres vertus : il sert également d'engrais, il stimule la croissance, renforçant ainsi les défenses naturelles des plantes. Il peut être ainsi utilisé aussi en prévention contre certaines maladies.

Le purin est obtenu par fermentation dont la durée est dépendante de la température. Il est riche en azote ( N ), en minéraux, en vitamines et en oligo-éléments. Évitez la distribution aux plantes en fleurs, car sa forte contenance en azote favorisera le feuillage au détriment de la floraison. Préférez donc son utilisation pendant le printemps au moment ou la végétation redémarre ou après la fructification ou la floraison pour aider les plantes à refaire leurs réserves avant l'hiver.



Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- OGM
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Dimanche 8 octobre 2006 7 08 /10 /2006 21:33
 
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OGM

Cet été, en plusieurs endroits du monde, des traces d’OGM ont été découvertes dans l’alimentation.

En France, au Royaume Uni, en Suisse, en Suède, en Allemagne et aux Pays-Bas, du riz long grain importé des Etats-Unis contenait de manière inattendue une molécule (la protéine PAT) le rendant tolérant à l’herbicide Liberty®. En France, au Royaume Uni et en Allemagne, des pâtes et des bâtonnets de riz importés de Chine et vendus dans des supermarchés renfermaient un insecticide (protéine Bt) potentiellement allergène.
Au Nicaragua, des OGM ont été détectées dans la presque totalité des farines de maïs et les céréales fournies par le Programme d’Aide Alimentaire des Nations Unies. En Chine, en 2005, le laboratoire indépendant GeneScan avait déjà découvert des traces de Bt dans de la nourriture “premier âge”

Ainsi, la contamination génétique aura pris une ampleur internationale en 2006.
Ce ne serait pas si alarmant si ces constructions génétiques avaient été autorisées à la consommation et, en conséquence, clairement indiquées sur l’étiquetage des produits en contenant plus de 0,9%, après qu’une validation scientifique indépendante ait été menée.

Ce ne serait pas si alarmant si les organes de surveillance sanitaire et alimentaire des pays concernés avaient été alertés suffisamment tôt pour éviter à la chaîne alimentaire d’être touchée.

Depuis janvier dernier, au moins 140 000 tonnes de ce riz contaminé ont été exportées vers l’Europe ; il peut être aujourd’hui présent dans la chaîne alimentaire et consommé par des millions de gens, y compris des bébés.

Bien que les importations de riz aient été interrompues fin août par le Japon, et ensuite par la Commission Européenne, un plan d’assainissement imparfait de la chaîne alimentaire a été mis en place, rappelant seulement aux autorités nationales leur devoir de faire détruire les produits contaminés. Dans le cas du riz américain, Bayer essaie plutôt d’échapper aux poursuites judiciaires et d’éviter la destruction de sa production en tentant de modifier la réglementation actuelle portant sur le riz LLRICE601.

Par ailleurs, l'Union européenne s’apprête à autoriser la mise sur le marché de trois types de colzas génétiquement modifiés produits par Bayer, malgré l'opposition d'une majorité d'Etats membres. Cette autorisation pourrait s’avérer catastrophique en raison des risques très élevés de diffusion et dissémination que présente le colza (croisements avec des plantes sauvages comme la ravenelle, dissémination des graines sur de grandes distances, dormance très longue…).

Pour ces raisons,

- CAP 21 soutient la lettre ouverte diffusée par le réseau international créé lors de la JIGMOD (Journée internationale d’Opposition Collective aux OGM) du 8 avril dernier aux organismes de surveillance sanitaire de chaque pays et demande :

- La mise en place d’une expertise totalement indépendante sur l’évaluation des risques que font courir les OGM pour la santé et l’environnement qui sera rendue obligatoire en amont de toute mise sur le marché

- Le retrait de tous les produits contaminés du marché et l’organisation d’une surveillance sanitaire renforcée des importations des pays producteurs d’OGM

Par Eric Delhaye
Porte-parole de CAP 21

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LUTTE OUVRIERE

 

 



Lutte Ouvrière n°1822 du 4 juillet 2003


OGM : on ne peut faire confiance aux capitalistes

Mardi 1er juillet, au Parlement européen, des amendements étaient soumis au vote des députés pour mettre en place et améliorer la traçabilité et l'étiquetage des produits OGM destinés à l'alimentation humaine et animale.

Et, comme l'a dit notre camarade Arlette Laguiller dans son intervention: "rien que la fébrilité des semenciers dans l'activité de lobbying, pour convaincre les députés de rejeter les amendements adoptés par la commission Environnement, nous incite, au contraire, à les voter, malgré les limites de ces textes." Et d'ajouter: "Nous sommes pour la traçabilité et l'étiquetage les plus complets des OGM destinés à l'alimentation humaine et animale, afin que le consommateur puisse juger et choisir. Ce n'est pas la modification génétique elle-même qui pose problème, pas plus que la recherche menée dans ce sens. Ce qui pose problème, c'est que l'exploitation de ces produits soit entièrement entre les mains de grands trusts de l'agro-alimentaire auxquels la société ne peut absolument pas faire confiance. Car ils ne cherchent pas les modifications génétiques en fonction de l'intérêt des hommes mais en fonction de ce que cela leur rapporte."

On peut donner un exemple de cette situation:

Il y a quelques années, un géant des biotechnologies, Astra Zeneca, annonçait à grand renfort de publicité la mise au point d'un riz révolutionnaire, le "riz doré", génétiquement modifié pour contenir un précurseur de la vitamine A. Cette vitamine, que l'on trouve à satiété dans nos pays riches dans les produits laitiers et notamment le beurre, manque dans les pays pauvres et cette carence est responsable, surtout chez les enfants, de troubles de la vue qui peuvent conduire à la cécité. Les géants des biotechnologies se posaient alors en humanitaires, soucieux de la santé des plus pauvres et grâce auxquels des centaines de milliers d'enfants allaient enfin échapper à la cécité.

Ils oubliaient de dire l'essentiel. D'abord qu'il faudrait absorber au moins un kilo de riz (sec!) par jour pour couvrir les besoins. Ensuite, que les recherches étaient loin d'avoir abouti, permettant d'assurer que le précurseur de la vitamine A contenu dans le riz doré était assimilable par l'organisme. Effet d'annonce pour redorer le blason des industriels des biotechnologies, ce riz OGM est encore dans les éprouvettes...

Aux États-Unis, les fermiers utilisateurs de semences OGM n'hésitent pas, lorsqu'il s'agit de graines de coton. Les trois quarts du coton produit sont génétiquement modifiés pour résister aux herbicides. Cela requiert moins de travail, les gains de productivité sont tout bénéfice et... aux USA, le coton, ça ne se mange pas!

Par contre, les mêmes sont beaucoup plus hésitants lorsqu'il s'agit de semer le blé OGM résistant aux herbicides qui sera bientôt disponible. Et des betteraves sucrières, elles aussi résistantes aux herbicides, attendraient depuis plus de quatre ans que les fermiers veuillent bien les utiliser. "Notre secteur n'a jamais refusé la technologie. Ce qui est en cause, c'est plutôt le risque de perdre des parts de marché. Personne ne veut être le premier", explique la directrice de la commission californienne du blé... Eh oui, le blé et le sucre, ça se mange et les producteurs redoutent, non pas les risques des OGM pour l'environnement ou la santé, mais les réactions, les craintes des consommateurs.

Oui, la mise en culture, ou non, des OGM aujourd'hui disponibles ne se fait nullement en fonction de l'impératif de nourrir la planète mais, comme toutes les productions industrielles, en fonction des impératifs de revenus des actionnaires.

Sophie GARGAN

 

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OGM :
 :
le gouvernement passe à l’acte.
Communiqué de la LCR. Le projet de loi débattu au Conseil des ministres du 8 février 2006, sous couvert de trans- position de deux directives européennes, visent à donner aux pouvoirs publics tous les pouvoirs pour autoriser les cultures OGM. Le texte de loi dénature la nécessaire consultation de la population et confisque l’investigation scientifique au profit d’un comité d’experts nommés par décret et dépourvus de tout pouvoir pour contrôler sur le terrain les risques de dissémination. Il reprend aux USA la formule qui consiste à payer pour pouvoir polluer puisque au-delà d’un seuil de contamination relevé à 0,9% (au lieu de 0,1%), un fonds d’indemnisation alimentée par les exploitants d’OGM versera des indemnités aux agriculteurs lésés. Le volet répressif n’est pas oublié. Dépité d’avoir vu les faucheurs d’OGM relaxés lors de plusieurs procès, le gouvernement prévoit dans le texte de loi une peine allant de 2 à 5 ans de prison assortie d’une amende de 30 000 à 75 000 euros. Reste à convaincre les consommateurs d’acheter OGM ce que les grandes firmes industrielles et commerciales n’ont pas réussi à faire jusqu’à aujourd’hui. Un récent sondage indique que 78% des sondés réclament « une interdiction temporaire des OGM afin d’évaluer les impacts sanitaires et environnementaux ». Le plus simple est donc de leur cacher la vérité : l’étiquetage indiquant la présence d’OGM ne sera obligatoire qu’au-delà de 0,9%. La LCR, hostile à la mise en culture d’OGM à ciel ouvert, appelle à la mobilisation contre ce projet de loi, notamment à l’occasion de la journée internationale d’opposition aux OGM qui aura lieu le 8 avril et réaffirme sa solidarité avec les faucheurs d’OGM Le 8 février 2006.

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Par Dominique - Publié dans : -*- OGM
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Dimanche 8 octobre 2006 7 08 /10 /2006 21:38
Ensemble, à gauche, pour construire une alternative antilibérale


Projet-propositions du Collectif national de la gauche antilibérale
pour des candidatures unitaires


CE QUE NOUS VOULONS Introduction et PROPOSITIONS version – 02 octobre 2006

2 - UN NOUVEAU TYPE DE DEVELOPPEMENT

L’agriculture

L’agriculture peut être un secteur important de pollution ou au contraire de protection de l’environnement.

37. Il faut mettre un terme à la toute puissance des firmes agro-alimentaires et de la grande distribution. (à préciser)

38. Les cultures d’OGM en plein champ seront interdites de même que le développement d’OGM à finalité alimentaire.

39. Le maintien des agriculteurs sur leurs exploitations sera encouragée par une politique de juste rémunération à la production et la lutte contre le productivisme agricole nuisible à la qualité, à la santé et à l’environnement.

40. L’agriculture respectueuse de l’environnement et l’agriculture biologique seront encouragées.

41. Plus largement nous refusons la brevetabilité du vivant.





Mes 7 engagements pour 2007

23 août 2006

Je propose aujourd’hui 7 engagements concrets et d’application immédiate au lendemain de l’alternance pour que chaque Française, chaque Français sache dès maintenant quels seront les changements précis apportés par une victoire présidentielle de la gauche.


Nous trouvons en point 4 sur le site de Laurent Fabius

4 - Écologie active

Dérèglement climatique, augmentation des pollutions, catastrophes naturelles : le 21ème siècle sera écologique ou ne sera pas. Pour l’homme et pour la planète, c’est désormais une question de survie. Il est grand temps de réagir. Je ferai du développement durable une exigence prioritaire dans tous les domaines de l’action publique. Une loi programme fixera sur 5 ans les objectifs précis à atteindre concernant notamment les économies d’énergie, les énergies renouvelables, la préservation de l’eau et le développement des transports collectifs. EDF retrouvera un statut 100% public. Prévue par la droite au 1er juillet 2007, la mise en concurrence de l’énergie pour les particuliers sera immédiatement réexaminée. L’expérimentation des OGM de plein champ sera interdite. Le numéro 2 du gouvernement sera chargé, en tant que Ministre d’Etat ou vice premier ministre, du développement durable. Face au péril du dérèglement climatique, je proposerai à nos partenaires européens l’adoption au sein de l’Union d’une fiscalité écologique fondée sur le principe du pollueur / payeur ainsi que le lancement d’un grand programme de ferroutage. Et nous mobiliserons la communauté internationale pour qu’une Organisation mondiale de l’environnement voie enfin le jour, capable notamment de sanctionner les pays qui violent le protocole de Kyoto et de faire respecter les exigences environnementales dans les échanges internationaux.




OGM et élection présidentielle : seul sujet consensuel ou pure démagogie ?
http://infoblog.samizdat.net/2006/10/25/ogm-et-election-presidentielle-seul-sujet-consensuel-ou-pure-demagogie/

En cette période de pré-campagne présidentielle, les deux principaux candidats à la candidature font assaut de déclarations sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), à faire rougir d’aise tous les écologistes.

A lire également sur le site du Monde.fr :

« La position de l’UMP sur les OGM a changé » Présidentielle : Greenpeace prend au mot les candidats et leur suggère un « moratoire sur les OGM »

Dernier exemple en date, et pas des moindres. Nicolas Sarkozy déclarait, à la convention de l’UMP consacrée à l’agriculture le 18 octobre 2006 : « Comme beaucoup de consommateurs et d’agriculteurs, je ne perçois pas, pour le moment, le service réellement rendu par les OGM qui sont mis en culture dans le monde. Je partage donc leurs réticences à ce que nous les utilisions. »

Du côté du PS, à Lens le 16 septembre dernier, Ségolène Royal s’engageait pour une « transcription en droit français du principe de précaution qui nous autorisera à interdire les OGM en plein champ. » A la Fête de la Rose, elle avait rappelé vouloir interdire la culture d’OGM en plein champ, estimant » qu’on nous a menti » tant sur les OGM que sur l’impact de l’agrochimie. Le 7 mai 2004 déjà, dans un article du quotidien Le Monde, elle avait même réclamé : « Il faut maintenir le moratoire, tant que la totalité du problème des OGM n’a pas été mise à plat. »

« Devant une telle unanimité de la part de gens qui sont au pouvoir ou l’ont été, on se demande bien comment il se fait qu’on ait presque 5 000 hectares de maïs transgénique cultivés sans cadre réglementaire, dans le secret et en toute impunité ! », ironise Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France. Depuis dix ans, de gauche comme de droite, les gouvernements
se succèdent sans rien faire et alors que l’opposition de la population ne cesse de grandir. La preuve encore tout récemment : la transposition en droit français de la directive européenne 2001/18, telle que l’a rédigée l’actuel ministre de la Recherche dans son projet de loi OGM, ne vise qu’à légaliser la pollution génétique. En mars dernier, lors de l’examen du texte au Sénat, une poignée
d’élus socialistes a amendé ce projet de loi pour réduire les obligations d’information du public sur l’emplacement des cultures d’OGM. Au final, seuls les sénateurs UMP ont voté pour. Le groupe UDF s’est abstenu. Les Verts, le PCF et finalement le PS ont voté contre.

Depuis, le texte semble être tombé aux oubliettes et la cacophonie règne. Le 4 octobre, le ministre de la Recherche, François Goulard affirmait encore étudier « la possibilité d’inscrire ce texte à l’Assemblée ». Le 19 octobre, Henri Cuq, ministre délégué aux relations avec le Parlement, évoquait une possible transposition par décret. Selon le quotidien Le Monde (22-23 octobre 2006), il a officiellement plaidé « un problème de calendrier » et aurait admis en off : « En réalité, la majorité n’en veut pas ».

« On voit à quel point ce projet de loi est contesté, même au sein du gouvernement qui l’a rédigé. Pourquoi s’entêter ? Il faut rejeter ce mauvais texte dont personne ne veut, conclut Arnaud Apoteker. En revanche, un point semble mettre d’accord une écrasante majorité de Français : c’est l’interdiction des OGM, temporaire ou définitive, réclamée par 86 % de nos concitoyens 1. Nos futurs candidats à la présidentielle vont-ils répondre aux attentes des Français ou bien se contenteront-ils de mots creux ? Si Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ne veulent pas des OGM, la première mesure qu’ils doivent s’engager à mettre en œuvre une fois à l’Elysée est très simple : un
moratoire en attendant une loi qui protège véritablement notre agriculture, notre alimentation et notre environnement. D’autres pays européens ont déjà pris ce type de décision : la Pologne, l’Autriche, la Grèce ou la Hongrie.

Notre futur chef de l’Etat fera-t-il preuve du même courage politique ? »

1 Sondage CSA/Greenpeace 13-14 septembre 2006

Source : http://www.greenpeace.org/france/news/ogm-et-election-presidentielle



OGM : comment mettre le progrès scientifique au service des citoyens ?

- faut-il distinguer entre les types d’OGM en fonction de leur finalité (pratique agricole, alimentation, santé, industrie…) ? Certains sont-ils acceptables, d’autres pas ? Sur quelle base fonder une éventuelle distinction ?



- faut-il distinguer entre les risques environnementaux relatifs à la culture d’OGM et les éventuels risques sanitaires relatifs à la consommation d’OGM, directe ou indirecte ? Comment le principe de précaution doit-il s’appliquer ? Doit-il l’être globalement ou au cas par cas ?



- les essais à l’air libre de cultures OGM sont-ils acceptables ? A quelles conditions ? Quelle devrait être l’autorité compétente pour les autoriser ou les refuser ? Quel doit être le rôle des maires en particulier ? Comment l’information et l’association du public doivent-elles être assurées ?



- comment organiser, le cas échéant, la coexistence entre cultures OGM et non OGM, et quelles doivent être les règles obligatoires en la matière ? Comment organiser et garantir en Europe des zones sans OGM ? Comment organiser des filières totalement séparées ? Comment appliquer le principe pollueur-payeur en cas de dissémination ?



- que peuvent attendre des OGM les agriculteurs face aux industriels les produisant ? Comment garantir leur indépendance ? Comment aider les pays pauvres à conserver leur indépendance par rapport à ces industriels ?



- les OGM peuvent-ils apporter un bénéfice aux consommateurs ?



- le cadre communautaire actuel, en termes de procédure d’autorisation (directive 2001/18) et de traçabilité et d’étiquetage (règlements 1829 et 1830/2003) est-il acceptable ? Suffisant ? Comment devrait-il être renforcé le cas échéant ? Le seuil de 0,9 % pour l’étiquetage d’OGM est-il acceptable ?



- faut-il rechercher un rétablissement du moratoire européen de fait imposé de 1998 à 2004 ?


Ce que j'ai dit sur... Les OGM

« La question environnementale est étroitement liée à la question démocratique »



« La question environnementale est étroitement liée à la question démocratique. Quand il y a un mensonge dans le domaine de l'environnement, alors il y a une régression environnementale. Dans tous les mensonges qui nous ont été racontés sur le nuage de Tchernobyl, sur l'amiante, sur les maladies professionnelles, on sait qu'aujourd'hui, en France, il y a trois millions de salariés exposés à des risques industriels liés à l'environnement. Tous les mensonges ont été dits sur la pollution des sols avec les déchets industriels. Tous les mensonges sont dits sur les OGM. »
Rennes, 29 juin 2006


Les citoyens ont droit à une information transparente, qu’on leur refuse aujourd’hui :

« Ségolène ROYAL demande au Premier Ministre, de prendre les dispositions pour que les graines de maïs trans-géniques cultivées en France en dehors de tout contrôle soient consignées pour éviter leur mise sur le marché. Elle demande également que des vérifications soient faites, sans tarder avant la récolte, pour s’assurer que les pollens de ces maïs OGM n’ont pas pollué les cultures voisines. La pollution génétique se poursuit avec des effets qui peuvent être irréversibles sur l’environnement. Enfin, elle exige que la transparence de l’information à l’égard du public soit respectée. Ségolène Royal demande donc la publication immédiate de la localisation des cultures OGM. »
Communiqué de presse de la Région Poitou-Charentes, 8 Septembre 2005


Mais veillons à ne pas tomber dans l’obscurantisme :

« Notre opposition aux essais d’OGM en plein champ (…) ne procède naturellement d’aucun obscurantisme hostile à la science mais d’un principe de responsabilité à la fois alimentaire et économique. (…) Dans ce domaine comme dans d’autres, la droite, qui diffère d’année en année la transposition d’une directive européenne de bon sens [de 2002 sur la transparence des essais d’OGM], préfère malheureusement le culte du secret au choix de la transparence. Pourtant, de nos jours, la candeur scientiste du 19ème siècle n’est plus de mise et la vraie modernité consiste à se poser à temps les bonnes questions en n’abandonnant pas aux experts et aux lobbys le monopole de décisions qui concernent toute la société. »
Université d’été d’Attac, 25 août 2006


Les OGM peuvent devenir un atout pour les pays du Sud. Encore faudrait-il que les recherches portent plus souvent sur la lutte contre la sécheresse et moins sur la résistance aux herbicides.



« Il ne faut pas tomber dans l’obscurantisme qui consiste à arrêter toutes les recherches. Il faut aussi poser la question de l’impact de l’utilisation des OMG sur les rapports Nord-Sud. »
Ikono, juillet 2006


« Transposer en droit interne le principe de précaution parce que les impacts des OGM sur la santé n'ont pas été rendus publics »

« La loi française est mal faite et devra transposer en droit interne le principe de précaution parce que les impacts des OGM sur la santé n'ont pas été rendus publics. »
Rennes, 29 juin 2006


Le moratoire européen sur l’importation et la culture doit être maintenu :

« Il faut maintenir le moratoire, tant que la totalité du problème des OGM n’a pas été mise à plat. L’Europe a toujours joué un rôle d’évolution en matière environnementale. Il serait paradoxal que, sur la question des OGM, l’Europe ait une posture de régression par rapport aux attentes des territoires. »
Le Monde, 7 mai 2004


Il faut interdire la culture en plein champ, qui risque de provoquer une dissémination non contrôlée des pollens et des gènes :

(En réponse à la question : « Vous avez interdit la culture des OMG à l’air libre en Poitou-Charentes. Est-ce une mesure qu’il faut étendre à  l’ensemble de la France ? ») « Oui, bien sûr, au nom du principe de précaution, et parce que la dissémination des OMG a un impact qui n’est pas totalement maîtrisé. Il peut y avoir aujourd’hui des cultures OMG en plein champ, sans même que les maires ou les habitants soient en soient informés. »
Ikono, juillet 2006


La politique de la Région Poitou-Charentes :

« Un de mes objectifs est de faire de la région une zone d’excellence dans le domaine environnemental. Poitou-Charentes va ainsi devenir un territoire encourageant le développement de l’agriculture bio ou labélisée, ou de production de qualité, et les OGM sont incompatibles avec cet objectif. Donc, la région se déclare opposée à tout essai public ou privé d’OGM. »
Déclaration au Conseil régional de Poitou-Charentes, 2 avril 2004


Et les Faucheurs volontaires ?

« Non seulement, il y aura une mesure de grâce [pour les Faucheurs volontaires] mais il y aura la transcription en droit français du principe de précaution qui nous autorisera à interdire les OGM en plein champs. La question des OGM est symptomatique de la gestion environnementale du gouvernement de droite, parce qu’elle s’appuie sur le secret. »
Lens, 16 septembre 2006




Sarkozy blog


Vous pouvez y aller : rien sur les OGM et après élargissement à l'environnement rien non plus.
Si peut être quelque chose en place en 2005 (allez sur le lien en dessous c'est trop long et sans trop d'intérêt) :

Convention sur l’Ecologie






I. 9) Agir pour un développement durable et solidaire

La France et l’Europe doivent s’engager avec volontarisme dans l’application du protocole de Kyoto et au-delà dans une nouvelle étape de la lutte contre le réchauffement climatique et l’effet de serre.

 

Deux convictions nous animent :

-  les politiques libérales financiarisées et productivistes constituent désormais un obstacle à la défense de l’environnement et à la sauvegarde de la planète ;
-  c’est à la redéfinition du type même de croissance, de production et de consommation qu’il faut s’atteler, en fondant le développement indissociablement sur des critères sociaux et environnementaux.

Cela doit nous conduire à décider :

-  la construction d’un service public de l’eau à partir d’une démarche décentralisée à l’échelon des collectivités locales jusqu’aux niveaux européen et mondial..
-  La constitution d’un pôle public de l’énergie garantissant le retour au public d’EDF et GDF et intégrant également AREVA, le CEA, TOTAL, la COGEMA... ;
-  La définition d’un grand programme de Recherche d’expérimentation et de production en faveur des économies d’énergie, en impulsant des politiques innovantes dans les domaines des traitements des déchets, des transports ( ferroutage, fluvial, maritime), de l’habitat et de l’aménagement urbain et territorial.
-  De même, il faut s’engager résolument en faveur d’une mixité énergétique, préparant la société post-pétrolière sur la base d’énergie non productrice de gaz à effet de serre : les énergies renouvelables mais également l’énergie nucléaire à propos de laquelle il faut ouvrir un débat citoyen transparent afin d’avancer grâce à la Recherche vers un nucléaire propre, sécurisé, durable et surtout 100% public.
-  Dans le domaine alimentaire, il ne faut pas laisser les géants mondiaux de l’agroalimentaire contrôler les semences mondiales, notamment en interdisant la brevetabilité du vivant. La production d’OGM en pleins champs doit faire l’objet d’un moratoire pour permettre un débat public et la maîtrise citoyenne des enjeux d’une alimentation saine de qualité pour tous. La recherche publique doit se poursuivre pleinement, dans des conditions définies par les citoyens et sous des protocoles de contrôle strict.
-  Dans le domaine maritime, nous proposons un renouveau de la politique maritime nationale pour aller, à l’opposé des orientations actuelles des transports maritimes internationaux, vers plus de sécurité des navires et de la navigation et une protection renforcée de la biodiversité des mers et des côtes. Cette orientation créera les conditions d’une revitalisation de la construction navale en France. Cette maîtrise nouvelle passe aussi par la mise hors loi des pavillons de complaisance et la suppression du RIF.
-  Nous proposons la mise en place d’instances citoyennes nationales et européennes de la défense de l’environnement. Nous proposons de multiplier par trois les moyens alloués au ministère en charge de ces questions.







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Discours de clôture de François Bayrou
Colloque "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux" - 11.02.06

(Seul le prononcé fait foi)

 

Mesdames, Messieurs,

Ce colloque sur l’agriculture est probablement le plus « politique », au sens propre du mot, que nous tiendrons dans cette période.

Car ce qui est en jeu, c’est l’orientation de la politique agricole, telle qu’elle a été conçue ces quinze dernières années, son bilan, et la définition d’une « nouvelle politique agricole », avec des orientations bien différentes, et une période de transition sérieuse.

Etant donné les résultats de la politique suivie depuis des années, un constat s’impose : il faut changer de politique agricole ! Il faut définir de nouveaux principes, et en convaincre nos partenaires. De surcroît, étant donné le degré de dépendance créé par la politique initiée en 1992 et constamment suivie depuis, une période de transition est nécessaire de sorte que les logiques changent et que les exploitations soient protégées.

Le bilan d’abord. Je veux vous rappeler que le but affiché de la politique agricole telle qu’elle fut conçue au début des années 90, c’était l’amélioration du revenu agricole et le maintien du nombre des exploitations.

Quinze ans après, que constate-t-on ? Effondrement du revenu agricole et effondrement du nombre des exploitations !

En France, comme dans la majorité des autres pays européens, le revenu courant avant impôt par travailleur non salarié est aujourd’hui inférieur de 25 % au salaire brut moyen d’un travailleur salarié dans une entreprise ! Le résultat courant des exploitations a diminué une nouvelle fois en 2004 de 5 %, et en 2005 de 10 %, la dernière année de progression du revenu agricole étant… 1999 ! L’endettement moyen par exploitation s’élève désormais à plus de 100 000 €.

Plus grave encore, le revenu agricole réel, le résultat courant des exploitations est désormais entièrement constitué par les aides publiques. Selon l’estimation la plus basse, la part des subventions d’exploitation dans le revenu courant est au moins de 95 % en moyenne, et dans certains secteurs atteint jusqu’à 140 et 150 % !

Quant au nombre des exploitations, il est passé de 1 million à moins de 600 000 pendant la même période de 1990 à aujourd’hui ! Une chute de plus de 40 % !

Chute du revenu, chute du nombre des exploitations, chute de l’image des agriculteurs dans l’opinion, et de l’image de l’agriculture auprès des agriculteurs eux-mêmes : les agriculteurs se sont vécus pendant des années comme des indépendants, des entrepreneurs, et comme les meilleurs et les plus proches amis de la nature. Ils ont dû recevoir, en quelques années, la double dévalorisation de passer du statut d’indépendants au statut de dépendants, en raison de l’obligation dans laquelle ils ont été mis de dépendre pour leur vie des aides publiques, et de passer du statut de meilleur défenseur de la nature au statut de pollueur de l’environnement.

Cette double accusation est une double injustice. Les « subventions » sont en réalité des compensations, destinées à offrir artificiellement aux consommateurs les prix de plus en plus bas pour les produits agricoles : en trois décennies, les Français sont passés de 33 % de leur budget pour la consommation alimentaire à quelque 18 % ! Le prix réel des produits agricoles, en euros constants a été divisé par deux dans le dernier quart de siècle ! Et alors qu’un agriculteur français nourrissait en moyenne 15 personnes, il en nourrit aujourd’hui 60, pour deux fois moins cher.

Mais ces compensations ont pris peu à peu l’image de subventions à fonds perdus !

D’autre part, les règles de l’agriculture raisonnée ont fait baisser considérablement l’utilisation par exemple d’engrais azotés et de produits phytosanitaires (certains de ces produits utilisés jadis à une dose de 200 g. à l’hectare, sont aujourd’hui dosés à 4 g./ha !), 50 fois moins. Malgré cela l’image s’est dégradée, et c’est une injustice.

Enfin les conditions de vie, une société en mouvement vers les 35 heures généralisées, et une agriculture exigeante pour beaucoup d’agriculteurs qui ne comptent pas les heures !

Enfin, ce n’est plus le même monde, où chacun, peu ou prou, était en lien avec la terre, avec ses us et ses coutumes.

La complexité administrative, technocratie européenne et technocratie nationale. 300 aides différentes ont été répertoriées, régies par environ 200 règlements et directives communautaires, et au moins autant de textes nationaux. La circulaire qui régit les déclarations de surface fait, par exemple, 110 pages. Imaginez le poids des administrations chargées de contrôler tout cela ! Le paiement des aides est dispersé entre une quinzaine d’organismes différents, les offices agricoles, le centre national pour l’aménagement des exploitations agricoles (CNASEA), les directions départementales de l’agriculture, etc.

La politique agricole suivie ces quinze dernières années n’a pas répondu à ses engagements.

C’est pourquoi notre ligne politique est de changer de politique agricole.

Nous voulons qu’un jour la politique agricole soit à nouveau fondée sur les prix et non plus sur les primes qui effondrent les prix. Nous voulons qu’elle respire à nouveau, par une démarche économique saine, et non pas qu’elle soit chaque année davantage asphyxiée.

Or on ne peut obtenir des prix convenables sans une organisation des marchés. On ne peut obtenir des prix convenables pour l’agriculture des pays développés sans régulation de l’offre. Et on ne peut établir des prix convenables pour les agriculteurs du tiers-monde sans protection.

Or, c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité, la régulation de l’offre de productions agricoles devient crédible sans intervention indemnitaire.

Dans le passé, en effet, quand le régulateur intervenait sur l’offre, avec des droits à produire, la question qui se posait immédiatement était celle de l’utilisation des surfaces excédentaires. Et la définition de surfaces excédentaires supposait une indemnité (c’était par exemple l’utilisation de jachères réglementées, obligatoires et indemnisées ces dernières années en Europe).

Or les biocarburants, bientôt l’utilisation de la biomasse, l’agrochimie au sens large du terme, font apparaître l’espoir d’un débouché écologique, rémunérateur et extensible quasiment à l’infini, tant les perspectives pétrolières se font pressantes et tant l’impératif de protection de l’atmosphère s’impose à l’humanité.

J’ai dit extensible quasiment à l’infini : pour donner un ordre de grandeur adapté à notre pays, si l’on voulait convertir au biocarburant la consommation d’énergie en France, il faudrait utiliser pour ce faire la totalité des surfaces agricoles disponibles dans notre pays.

Et cette démarche écologique est rémunératrice : d’ores et déjà, avec un pétrole au-dessus de 60 dollars le baril, la production de graines de colza par exemple est valorisée 15 à 20 % au-dessus du prix de marché. La production d’éthanol qu’ont poussée des pays comme le Brésil a fait monter le prix du sucre de plus de 60 %.

Pour demain, à très court terme, à terme de quelques mois ou de deux ou trois ans, d’immenses progrès sont à attendre, qui permettront de continuer dans cette voie. Je citais l’utilisation de la masse végétale, qui permet d’améliorer le rendement énergétique de l’opération jusqu’à des multiplicateurs de 5 ou 6, ou l’utilisation d’éthanol, sous forme d’ester éthylique, dans la production de diester, qui pourrait lever les réserves réitérées sur la production d’éthanol, mise en contradiction avec la multiplication des moteurs diesel dans le parc automobile. Mais à terme de dix ans, une génération nouvelle de procédés est attendue, notamment avec la perspective de biocarburants produits par gazéification puis liquéfaction de la biomasse cellulosique et des déchets organiques, qui laissent attendre une forte amélioration de la compétitivité de ces carburants d’origine végétale.

Nous sommes au début de la mise au point des procédés qui permettront de produire de l’énergie, renouvelable et infiniment moins polluante, à partir des productions végétales.

À l’étape actuelle, les sous-produits de ces transformations mettront à disposition des éleveurs, en particulier, des drèges ou des tourteaux, à prix abordables, qui leur permettront de combler le considérable déficit européen en matière de production de protéines.

Et à moyen terme, l’outil de production agricole de la planète sera prêt à faire face aux immenses besoins alimentaires de la population mondiale. La question de la vigilance alimentaire est donc traitée en même temps que celle de l’environnement et celle de la protection du tissu agricole.

Nous avons donc désormais le moyen crédible d’organiser, sans chute de prix, la production agricole mondiale.

Ainsi peut être traitée, pour notre pays, pour l’Europe et pour la planète la triple exigence d’une politique agricole : la sécurité des approvisionnements en produits sains, des conduites protectrices de l’environnement et le choix d’un tissu dense d’agriculteurs.

Première exigence : la sécurité des approvisionnements alimentaires. Cette question, contrairement aux apparences, est toujours d’actualité. L’Europe –beaucoup l’ignorent- est déficitaire dans ses échanges agricoles de l’ordre de 15 % (elle exporte 55 Md€, elle importe 66 Md€). Dans le secteur des protéines, elle ne couvre que 25 % de ses besoins, et importe massivement des graines et des tourteaux d’oléoprotéagineux. Un plan protéines pour rendre l’Europe plus autosuffisante.

À plus forte raison cette question est-elle posée pour l’ensemble de l’humanité. Même en matière de céréales, la production a peine à faire face à la consommation. C’est la solvabilité des marchés qui est en cause et non la demande ! On mesure donc les perspectives dans un monde qu’on nous annonce à 9 milliards d’habitants en 2050, sachant que pendant ce temps, la surface de terres arables recule sur la surface de la planète.

Deuxième objectif : une agriculture vivace, c’est une exigence écologique. Au-delà des biocarburants, il faut avoir conscience que les productions végétales, notamment les productions végétales à cycle long, les prairies, les forêts, sont le moyen le plus rapide et le plus accessible de piéger et de stocker le carbone de plus en plus présent dans l’atmosphère. Toute la réflexion sur les « puits de carbone » qui apparaissent parfois comme des réflexions de science-fiction est donc nécessairement une réflexion sur l’agriculture.

Et le troisième impératif d’une politique agricole, c’est le maintien d’un tissu dense d’agriculteurs.

C’est une exigence très forte chez nous ! Sans les agriculteurs français, les paysages abandonnés, l’espace rural déserté, feraient connaître à notre pays non pas seulement une crise économique (secteur agro-alimentaire privé de matière première), une crise de l’emploi, mais une crise de société et même une crise de civilisation.

Mais c’est une exigence vitale pour le tiers-monde ! Je voudrais vous rappeler les chiffres, si souvent ignorés. Il y a 1,3 milliards de paysans sur la planète. Parmi eux, moins de 30 millions sont mécanisés, disposent d’un tracteur. 250 millions ont une bête de somme. Ce qui veut dire qu’un milliard d’entre eux n’ont que leurs bras pour survivre et quelques outils araires. Ce qui explique que plus d’un milliard d’entre eux vivent avec moins d’un dollar par jour !

La situation de l’agriculture mondiale qui les arrache aujourd’hui à leur terre pour les contraindre à rejoindre les bidonvilles des mégapoles misérables, par exemple en Afrique, est une catastrophe à l’échelle de l’humanité. Ce n’est pas seulement l’Afrique, mais la planète entière qui s’en trouve déséquilibrée. Les vagues d’immigration ne sont qu’une des conséquences en chaîne de cette misère du déracinement, les grandes pandémies, la drogue, en seront évidemment d’autres. Et la vue des images des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, ou la situation de Mayotte, de la Guyanne, de la Guadeloupe disent chacune à leur manière cette catastrophe humanitaire.

Or l’organisation actuelle des marchés agricole mondiaux ne permet pas d’envisager le retour à l’équilibre.

Dans l’organisation actuelle des marchés, il y a deux victimes : les agriculteurs des pays socialement avancés, qui ne survivent que par des aides publiques (primes en Europe, marketing loan aux Etats-Unis), qui coûtent cher à la collectivité et effondrent artificiellement les prix de marché. On arrive donc au paradoxe que les agricultures de ces pays voient les producteurs les plus compétitifs vendre leur production céréalière à des prix inférieurs de 20 ou 30 % à leurs coûts de revient. Ceux-là sont la première victime. Et à l’autre bout de l’échelle les deuxièmes victimes sont les agriculteurs du tiers-monde écrasés sans pitié, mourant de faim, et obligés d’abandonner leur terre.
Le seul modèle agricole réellement adapté à cette organisation des marchés, ce sont les pays du groupe de Cairns, disposant d’immenses surfaces disponibles, d’un prix du foncier très bas, de capitaux illimités pour une mécanisation à outrance, et du coût du travail qualifié très bas. Mais tout cela qui est puissant, fait une production agricole, mais pas un tissu d’agriculteurs pour la planète !

Contrairement aux orientations actuelles, que l’Europe et le tiers-monde subissent sans réaction (les pays en développement se croyant à tort représentés par de puissants producteurs comme le Brésil), on doit donc militer pour une autre politique agricole non seulement en Europe, mais dans le monde.

Le libre-échange est bon, il est nécessaire, il est vital. Mais le libre-échange doit concerner des zones de production agricoles relativement homogènes, comme le marché commun agricole a protégé et ressuscité l’agriculture européenne après la deuxième guerre mondiale.

Les marchés du tiers-monde doivent être protégés au bénéfice des producteurs du tiers-monde. Le monde socialement développé doit organiser ses productions pour que le niveau des prix soit un niveau des prix rémunérateur pour le producteur, sans que l’on soit obligé de passer par l’artifice des aides publiques qui effondrent les prix de marché et désespèrent les agriculteurs. Les productions excédentaires doivent trouver les débouchés nouveaux des biocarburants et de l’agrochimie. À l’intérieur de ces grandes zones (quatre ou cinq) de la planète, le libre-échange est souhaitable et il doit être favorisé. À l’intérieur de ces zones homogènes, la disparition des aides stupides est parfaitement négociable. Et dans les zones du monde des productions massives (le groupe de Cairns) on doit inviter les pays, comme le Brésil a commencé à le faire avec une grande lucidité et une grande prescience, à consacrer à ces productions agro-industrielles tous les surplus dont ils inondent les marchés mondiaux.

Cette organisation nouvelle du monde est donc un immense effort politique.

Un tel effort prendra des années de construction politique. Elle exige que la France en prenne la tête. Elle exige que la France convainque les autres pays européens. Elle exige que l’Europe porte ce message à l’OMC. Il s’agit, au sens propre, d’une révolution, d’un changement d’orientation majeur, d’un modèle nouveau à faire partager.

En attendant, pendant la période de transition, le soutien ne doit pas manquer, ne doit pas faillir. À ce titre il est regrettable que le récent accord budgétaire européen ait diminué de 20 % le montant du deuxième panier.

Mais d’ores et déjà, dans le court terme, des améliorations substantielles peuvent être pensées et apportées à notre politique agricole. Je voudrais à ce stade de notre réflexion, dégager les plus urgentes.

1- D’abord la défense de la diversité. Il n’y a pas une agriculture, il faut qu’il y en ait autant que de secteurs, de filières, de niches, grandes et petites exploitations, fermes biologiques et traditionnelles à gestion maîtrisée. Le pluralisme, c’est la modernité, le pluralisme c’est l’avenir : c’est vrai en démocratie, c’est vrai en agriculture.

2- Ensuite la gestion des risques agricoles : la fixation de prix plancher, la mise en place d’assurances récolte, comme celui dans lequel le gouvernement a annoncé qu’il s’engageait, ou mécanisme fiscaux qui permettraient de lisser dans le temps les fluctuations du revenu comme en disposent déjà les artistes ou les écrivains par exemple.

3- Ensuite l’organisation des professions et des interprofessions pour améliorer les conditions de marché et équilibrer la puissance oligopolistique des centrales d’achat. Je rentre de Guadeloupe et de Martinique : la situation de la banane est périlleuse ; elle est politique puisque seul le respect de nos règles sociales et environnementales expose la banane européenne à succomber devant l’assaut de la banane dollar qui paie ses employés entre six et dix fois moins par jour. Elle exige un investissement politique sans faiblesse. Mais en deux années, un changement positif est intervenu, c’est l’organisation des producteurs qui a permis de passer le prix de vente réel, avant intervention de quelque 235 € la tonne à plus de 430 € ! Et, évidemment, ce n’est pas la même chose. Permettez-moi de dire sans périphrase que les amendes de quelque seize millions d’euros qui ont frappé et menacent d’heure en heure aujourd’hui les organisations de producteurs de bovins qui ont essayé de répondre à la crise de la vache folle sont un scandale. La France doit se regarder comme solidaires des organisations et responsables professionnels qui ont eu dans ces circonstances angoissantes une conduite d’urgence !
4- Une politique de mise en harmonie, et de simplification des labels. Les labels sont précieux. Ils permettent la production adaptée et spécialisée. Mais je crains que trop de labels tue les labels. Il est devenu très difficile de se repérer dans le champ, j’allais dire dans le labyrinthe, des multiples structures publiques chargées de labelliser les productions agricoles et alimentaires : il y a la Commission nationale des labels et certifications, l’institut national des appellations d’origine, la commission nationale de l’agriculture raisonnée, les interprofessions, la société pour l’expansion des ventes de produits agricoles et alimentaires, l’agence pour le développement international des entreprises Ubifrance, l’institut national de la propriété intellectuelle, j’en passe sans doute et des meilleures, les AOC, les IPG, etc. Il faut donc une simplification, une harmonisation, de l’attribution des marques et des labels.
5- Une simplification drastique des obligations administratives et réglementaires. Les agriculteurs étouffent sous la paperasse qu’on leur demande de remplir ! Or une grande part de cette paperasse est d’origine nationale, la technocratie nationale se surajoute à la technocratie européenne. Il est vital de demander aux agriculteurs eux-mêmes de mettre de l’ordre dans ce labyrinthe et d’alléger, enfin, jusqu’à sa plus simple expression la charge administrative à laquelle ils sont soumis !
6- Une clarification de la rémunération des fonctions non-productives de l’agriculture. Ces fonctions non-productives ont une grande importance pour aujourd’hui et pour demain. À terme, c’est elles seules qui doivent faire l’objet d’aides publiques. Mais ces aides et les fonctions assumées en échange doivent devenir parfaitement lisibles pour tous : environnement, paysages, biodiversité, espace rural, préservation de l’écosystème, de la faune et de la flore, défense de l’atmosphère, entretien des sous-bois contre les incendies de forêt, des alpages contre les avalanches, tout cela mérite d’être reconnu et aidé. La mise en place, par exemple, d’un système par points, transparents qui ouvrirait droit aux aides publiques correspondantes. Ainsi seraient construits symétriquement le pollueur-payeur, et le protecteur-indemnisé.
7- Maintien et renforcement de la politique des bio-carburants. En Allemagne, à quelques kilomètres de chez nous, le bio-diesel vaut 20 % moins cher que le diesel ordinaire. Pourquoi serait-ce impossible chez nous ?
8- Une grande politique de recherche française et européenne dans le domaine des biocarburants, des biomatériaux, de la chimie du végétal, des biotechnologies, du génome. La mise en place d’une conférence scientifique générale sur les OGM, sous l’égide par exemple de l’académie des sciences, doit permettre de sortir en quelques mois du silence officiel maintenu en France sur cette question. Je rappelle que nous avons aujourd’hui dans le monde 85 millions d’hectares de cultures OGM, dont 50 millions aux Etats-Unis, et que ces cultures se développent à vitesse croissante au Brésil, en Inde, en Chine.

Voilà l’architecture de la nouvelle politique agricole qu’il est urgent de proposer et de défendre. Nous ne pouvons plus continuer sans visibilité et sans vision, crispés dans la défense d’une politique qui a conduit les agriculteurs dans le mur. Nous avons besoin de perspectives, de principes nouveaux et sains. Nous avons besoin de savoir où nous allons et de donner tout son sens à la période de transition qui permettra de retrouver l’inspiration et la force de l’agriculture française et européenne.

Je voudrais achever ce propos en vous disant mon optimisme. Il suffit d’avoir assisté à ce colloque pour mesurer l’énergie disponible. Il suffit de mesurer l’attente, l’impatience, parfois la rage qui habite les agriculteurs pour savoir que l’on peut désormais leur parler. On ne peut plus les laisser s’asphyxier comme on les asphyxie lentement, à petit feu, depuis des années ! Mais il suffit aussi de voir qu’on va avoir sur la planète besoin d’aliments, besoin de biocarburants, besoin de qualité écologique, de développement durable, de paysans dans tous les pays, de marchés nouveaux, pour mesurer que l’Europe et la France sont en matière agricole, incontournables. Il suffit d’identifier les racines du mal et d’avoir le courage de changer de cap.



 
Par Dominique - Publié dans : -*- OGM
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Jeudi 7 décembre 2006 4 07 /12 /2006 21:36
On vous dit que les OGM tuent !                             

Voyez ça !

Alors puisqu'on vous le dit.

Un de ces 4, quand je serai reposé, je vous ferai un développement sur le sujet.

En attendant allez voir ça ! (c'est le même lien qu'au dessus)

Le brevet étant la base de la main mise sur le vivant, notez comme le mirage de la ville endort les campagnes.        



Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- OGM
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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /2006 17:24
La résistance aux technosciences s'organise au sein même des labos.
Un message, en direct de l'intérieur, met en garde sur l'utilisation de la science au profit des profiteurs.
En même temps il y a un ton et des analyses (bien éloignées de la techno) qui ne me conviennent pas.
Précision utile; lorsqu'il est question du CA d'Attac, l'auteur parle de celui de l'Isére.
Toutefois le combat mené, malgré ces imprécisions, donne le ton de la main mise des affaires dans la science.

La science n'a de sens que si elle a un sens social.
Dominique



Lecteur,
Tu n'aurais pas dû recevoir ce document, du moins pas si tôt, pas sous cette forme. Un simple citoyen nous l'a envoyé depuis son laboratoire, ce qui prouve qu'au sein même des centres de recherche on peut être objecteur de conScience. Tant pis pour la vaste majorité des bien-pensants.
Ce document, c'est le résultat de l'opération NanoViv montée à Grenoble de septembre à décembre 2006 : les "préconisations" de Vivagora et du CCSTI, officines chargées de la propagande des nanotechnologies.
Nous le livrons tel quel, fautes d'orthographe et de grammaire comprises, assorti de quelques notes de traduction (encadrés jaunes).
Cette opération avait deux objectifs :
1) rallier un maximum d'opposants aux nanos autour d'une même table avec les promoteurs des nécrotechnologies grenobloises, voire avec des technarques parisiens et européens ;
2) faire du chiffre, restaurer quelque peu l'image du techno-gratin après les manifestations de juin contre l'inauguration de Minatec.
Le premier point est un échec. Aucun opposant aux nécrotechnologies ne s'est compromis dans cette récupération. NanoViv n'a recruté que les habituels collaborateurs de la démocratie technicienne (Sciences citoyennes...).
Quant au second point, vu les moyens investis il ne devrait tout de même pas être trop difficile d'extorquer quelques papiers complaisants au Daubé et aux médias de connivence.
Sur le fond, cette opération est un symptôme de panique. On voit et on verra de plus en plus se multiplier des cycles "Sciences et démocratie", des "conférences de citoyens", des expositions, des structures de communication, tels le CCSTI et Vivagora ; toutes ces manifestations ont un effet d'esbrouffe momentané mais demeurent impuissantes à enrayer le profond mouvement de défiance des populations vis-à-vis de la société industrielle et de ses fléaux.
Nous vivons un moment de décomposition accélérée où simultanément "l'écologie" est l'obsession d'une campagne présidentielle, et où tous les candidats ne voient d'issue que dans la fuite en avant technologique, l'investissement dans la recherche, l'innovation, la croissance et la consommation.
Cela ne signifie nullement que sous l'effet mécanique de la dégradation environnementale et sociale (effet de serre, misère), notre société bascule dans l'insurrection vitale ; mais inversement l'accroissement des contradictions entre l'économie et l'écologie réveille une instabilité et une inquiétude qu'aucun placebo communicationnel ne suffira à calmer. Ce ne sont pas seulement les glaciers qui ont commencé à dégeler.
Vous n'en avez pas fini avec les opposants aux nécrotechnologies.
Merci de faire circuler,
www.piecesetmaindoeuvre.com



PRECONISATIONS du cycle NANOVIV 2006
Grenoble portées par VIVAGORA et le CCSTI

5 décembre 2006


Le cycle de débats publics NanoViv réalisé à Grenoble de septembre à décembre 2006 a réuni près de 700 personnes, soit 140 participants à chaque séance.
Au cours des cinq séances ciblées, les nano-biotechnologies sont apparues comme porteuses de nouvelles solutions pour soigner, dépolluer, augmenter le rendement énergétique ou la production d'énergie, doter les matériaux de nouvelles fonctions (textiles chauffants, verres autonettoyants, objets communicants…).

Traduction : sans surprise les producteurs de ce cycle de promotion trouvent à la sortie les ingrédients qu'ils ont introduits en début de chaîne. Leurs experts (chercheurs, industriels, institutionnels) ont vanté les bienfaits des nanotechnologies pour réparer les ravages des "innovations" techno-industrielles précédentes, encourageant la poursuite d'un modèle qui leur a valu leur statut, leur carrière, leur pouvoir. Le "public", lui, était invité à "poser des questions".
Lors de la dernière séance (28 novembre), le temps de parole s'est ainsi réparti : Organisation 26' ; Experts > 90' ; Politique 3' ; Citoyens 8' ; Associations 2'. Même dans un "groupe de parole" simplement purgatif destiné à permettre aux "gens" de lâcher la vapeur quant à Minatec et aux nanotechnologies, le techno-gratin ne peut s'empêcher de monopoliser
90 % du temps de réunion.
Cependant, il est apparu qu'une vigilance doit s'exercer du fait que :
- La taille ultrafine des nanoparticules engendrent des craintes sanitaires car les barrières biologiques se trouvent court-circuitées, les nanoparticules non biodégradables peuvent s'accumuler et avoir une toxicité physico-chimique directe.
- Le contrôle des nano-objets agissant sur le vivant ou le modifiant ne peut pas être garanti. Dès lors, on peut se demander comment seront engagées les responsabilités des fabricants des artéfacts.
- La caractère invisible des nanotechnologies laisse craindre des actions et effets à l'insu des personnes, ce qui inquiète et perturbe les relations de confiance.
- Le déferlement annoncé de nanoétiquettes et nanocapteurs communicants, invisibles et interconnectés, peut menacer les libertés et les solidarités.
- La compréhension des finalités poursuivies est peu claire pour l'ensemble de la société qui ne se sent pas associée aux choix.


Traduction : Il est apparu : - qu'on ne pouvait plus dissimuler un certain nombre de griefs exprimés depuis quatre ans par les opposants aux nanotechnologies ;
- que les élus commanditaires du cycle NanoViv avaient besoin d'un dispositif pare-feu, d'intermédiaires choisis et rémunérés, de procédures coûteuses pour traduire et porter jusqu'à leurs bureaux capitonnés les critiques des simples citoyens.
Quelle vigilance attendre de ceux qui n'ont d'autre fonction dans la "démocratie technicienne" que de dissimuler autant qu'ils peuvent les malfaisances des vagues industrielles successives (chimie, nucléaire, biotechnologies, et blablabla) ?
"Vigilance" est le terme inoffensif dans lequel se drapent tous ceux précisément qui ne lancent jamais l'alerte et qui ne
dépassent jamais cette posture de veille abstraite, lieu commun des écologistes étatiques.
Le développement harmonieux des nanotechnologies n'est donc possible que si nous nous dotons d'outils et de procédures.
- d'information (état des connaissances, caractérisation des acteurs et de leurs intérêts…)
- d'interaction entre acteurs impliqués : académiques, industriels, membres de la société civile et politique
- d'élaboration collective des hiérarchies concernant les finalités et les coûts
- de transparence pour appréhender les engagements financiers ainsi que les modes et arguments de décision

Traduction : Si les nanotechnologies constituent un risque sanitaire, modifient le vivant, menacent "les libertés et les solidarités", alors collaborer à leur "développement harmonieux" signifie étouffer toute discordance.
Dorothée Benoit-Browaeys, gouroute de Vivagora, devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques, début novembre 2006 : "Nous n'avons absolument pas pris les devants en France alors que des voix hostiles se sont élevées à Grenoble dès 2002. Le risque est bien réel de voir monter une génération de gens totalement sceptiques envers la science. Cet enlisement risque de nous coûter très cher. (…) quantités de craintes peuvent être recyclées et venir se concentrer sur les nanotechnologies". (Dépêche AFP 8/11/06)

Quand Benoit-Browaeys dit "nous", elle signifie le techno-gratin dont elle est une propagandiste rémunérée. En petit comité parlementaire, elle abandonne la posture de neutralité dont elle se réclame en public, pour alerter les technarques contre le risque de "dysharmonie" – c'est-à-dire les opposants.

"Information" : comprenez intégration à la liaison recherche-industrie des écolo-associatifs certifiés ISO 14000.
"Élaboration collective des hiérarchies"
: terme de novlangue pour dissimuler les engagements financiers et les modes de décision.
Ces outils peuvent avoir une dimension européenne, nationale et locale. Il nous semble que la Région Rhône-Alpes, avec ses atouts propres et ses marges de manoeuvre, peut relever ces défis et s'emparer de ces chantiers, jouant ainsi un rôle à la fois expérimental et pilote.
Traduction : Les nanotechnologies devenant une activité régionale, notamment à travers le "cluster Micro-Nano" de la Région Rhône-Alpes (www.cluster-micronano.fr) - un énième dispositif de transfert technologique des labos vers l'industrie
– la critique pourrait s'organiser à la même échelle. Il serait donc utile que, cette fois, les outils de riposte soient prêts.
Objectifs
L'objectif général de nos préconisations est de décloisonner les milieux, d'outiller la discussion publique sur les choix scientifiques et technologiques, de développer une "innovation responsable" en l'inscrivant dans un processus réflexif durable impliquant les usagers, et ce faisant, d'enrichir la démocratie technique.
Nous proposons ces préconisations de manière ciblée, aux différents responsables académiques, industriels, associatifs et politiques, pour faciliter leur appropriation par chacun.


Traduction : l'objectif de Vivagora est de remplacer la politique et ses rapports de forces, qui contraignent chacun à intervenir dans les conflits collectifs, par un dispositif technique imposant la prééminence des experts et transformant le citoyen en "usager" impuissant. La démocratie technique, c'est la négation du politique, et Vivagora y contribue avec d'autant plus d'ardeur que ses adeptes comptent y gagner en importance et en profit. La démocratie technique est un vaste et prometteur marché public pour les officines de médiation.
NB - Quatre chantiers peuvent concrétiser les demandes faites
à chaque catégorie d'acteurs :
NanoInfo, Veille NanoRisques, Mission NanobioSciences,
Coopération Gouvernance-recherche
(voir fiches chantiers en ligne)
Ces chantiers pourront être suivis par un CREUSET D'ACTEURS DIVERS
(mobilisés au cours du cycle NanoViv)
composé pour un tiers d'académiques,
un tiers d'industriels et un tiers de représentants de la société civile.



Préconisations adressées aux acteurs académiques
Trois objectifs-clés : Réflexion, dialogue et responsabilisation
Le grand débat final NanoViv peut être une opportunité pour mettre en action localement huit recommandations faites par le comité d'éthique du CNRS dans son rapport sur les nanotechnologies, paru en octobre dernier.
Parmi les processus aptes à développer la "vigilance" éthique nous avons ciblé 6 actions :


Traduction : Quand on utilise les pincettes des guillemets, c'est qu'on prend ses distances de cette "vigilance" prétendument désirée. À juste titre : nous n'y croyons pas non plus.
1- FORMATION
Donner les outils nécessaires pour participer à la réflexion collective sur les enjeux des projets scientifiques. Les spécialistes (ingénieurs, thésards ou techniciens) formés aux nanotechnologies ne reçoivent aucune formation solide aux sciences humaines (histoire, philosophie, sciences politiques). Des cursus initiaux ou doctoraux forgeant un sens critique et politique pourraient donner une meilleure conscience des finalités dans les milieux de la recherche.
Ce problème est soulevé de manière récurrente et nécessite de "former les formateurs" en leur donnant une double culture.
Des cursus mixtes sciences dures et sciences politiques ou sociales (comme le master "Sciences, techniques et Démocratie" porté par l'INPG et l'IEP ainsi que "double Deug" entre Paris 6 et Sciences Po Paris) pourraient se multiplier.

Traduction : l'argument d'autorité scientifique ne suffit plus à clore le débat, il faut apprendre à communiquer suivant les techniques éprouvées de Sciences Po, l'atelier de reproduction du personnel dirigeant politique et administratif. Le débat sur "les deux cultures" est récurrent au sein de l'académie depuis 1959 (C.P. Snow "The two cultures"). Historiquement, la création d'un master "Sciences, techniques et Démocratie" de l'Institut national polytechnique de Grenoble et de l'Institut d'études politiques de Grenoble, loin d'être une tentative de questionnement du scientisme obtus, marque l'intégration et la subordination croissantes des sciences dites "humaines" à la liaison recherche-industrie. "À quoi servirait en effet de mener des batailles scientifiques, industrielles et économiques si on ne s'assure pas de leur légitimité culturelle ?" calcule Patrick Pajon - prof à l'université Stendhal et "chargé de valorisation pour la recherche".
(Alphabets, magazine de l'université Stendhal, n°1, mars 2005)
2- GROUPES INTERDISCIPLINAIRES
Inciter à la création de comités de réflexion assez informels pour permettre aux chercheurs impliqués dans les nanotechnologies de confronter leurs questions, de s'interroger sur les choix en train de se faire, de discuter de la construction de choix alternatifs.
Modèle ? La Mission Environnement-société de l'INRA a ainsi mis en place dans les années 2000 des expériences de "confrontation avec la littérature", dans les Laboratoires.

Trois comités pourraient se mettre en place, chacun étant dédié à une zone de convergence :

+ NANO-INFORMATIQUE AMBIANTE
À propos des performances et effets des nanocapteurs, étiquettes électroniques RFID, mémoires connectées…
Il s'agit de traiter de questions d'éthique mais surtout des questions de politique scientifique et industrielle (sur quoi on investit et au détriment de quoi), de choix économiques, de choix de société.
La structure Minatec, l'OMNT ou l'INPG peuvent être le point fédérateur.

+ NANO-BIOTECHNOLOGIES
À propos du contrôle sur les artéfacts hybrides sur les organismes biomanipulés ou les objets capables d'autoassemblage ou d'autoréplication.
Le programme Nanobio peut naturellement promouvoir ce groupe.

+ NANO-COGNO
À propos des implants et de l'action électronique sur le cerveau, ou du projet Félin sur le fantassin du futur doté de capacités augmentées (vue, muscles, éveil…)
Une coordination est possible autour de l'Institut des neurosciences de Grenoble.

Traduction : incitons les bouchers à former des comités de réflexion assez informels pour leur permettre de développer des alternatives à l'alimentation carnivore, le végétarisme par exemple.
Une alternative aux RFID ? L'abolition de la traçabilité. Une alternative à l'hybridation de l'inerte et du vivant, à l'autoréplication des nano-artéfacts ? Au contrôle électronique du cerveau ? Mais !… On croyait que c'était de la science-fiction ? des fantasmes de catastrophistes, de technophobes obscurantistes et irrationnels ? Du bluff technologique ? Que la question ne se poserait jamais ? On nous aurait menti ?
Notons que ces comités de réflexion doivent se mettre en place sous la houlette fédérative de l'Observatoire des micro-nanotechnologies, de Minatec, de l'INPG, de Nanobio, ce qui garantit toute sécurité quant aux directions que pourraient prendre ces réflexions sur la "construction de choix alternatifs".
Pris par les festivités de Minatec, nous n'avons pas eu le temps de nous intéresser comme il le méritait à l'Institut des neurosciences nouvellement fondé. On sait que les neurosciences servent déjà au "marketing neuronal" et à la détection précoce des "comportements déviants" ; on vérifie ici que conformément au projet transhumaniste des technologies convergentes (NBIC : Nano-Biotechs-Info-Cogno), elles participent à l'avènement du surhomme bionique. Pour nos lecteurs grenoblois, signalons que le président fondateur de cet Institut des neurosciences n'est autre que notre vieille connaissance Ethique Feuerstein, déjà créateur de Biopolis, incubateur de start up biotech.
L'alternative à cette reality-science mortifère, c'est la fermeture de Minatec, de Nanobio et de l'Institut des neurosciences.
3- PARTAGE ET DIVERSITE DES SAVOIRS (en lien avec préconisation 16).
Les responsables académiques peuvent être les instigateurs d'expertises nouvelles susceptibles de mettre en valeur les dimensions sociales, anthropologiques, philosophiques et politiques des projets. Les recherches pour inscrire ces dimensions dans les calculs économiques manquent.
De même la construction de scénarii alternatifs de développement (sous des angles économiques et sociaux) susceptibles d'étayer une discussion politique reste à faire.
La valorisation (traduction) et la diffusion de ces analyses pourra être pris en charge par des structures communes des établissements de recherche comme l'Observatoire micro-nanotechnologies (OMNT).

Traduction : on peut faire bosser Vivagora, les sociologues jaunes comme P. Mallein à l'Ideas Lab ou PB Joly à l'INRA, au service de l'acceptabilité. On peut faire plancher les départements de philosophie et de sciences humaines de l'université Stendhal sur "l'imaginaire technologique, les cheminements de la créativité, et la communication de la science et de la technique" et sur "Une arché-typologie des peurs techniques", "Le merveilleux technologique", "Les questionnements éthiques liés au nanomonde". (Alphabets, op. cité). On peut prendre les devants afin de minimiser les réactions hostiles du public.
4- INSTAURER UN DIALOGUE HABITUEL AVEC LA SOCIETE CIVILE ET DECLOISONNER LES INSTANCES DE CONSEIL (en lien avec préconisation 17).
Mettre en place les moyens d'élaboration collective des politiques scientifiques, de façon notamment à y intégrer les dimensions sociales.
L'entreprise est pensable si l'on cesse de confondre les jugements portant sur la validité des énoncés scientifiques et ceux portant sur la pertinence des recherches : les uns relèvent de la communauté des pairs, les autres relèvent de la politique scientifique.
L'exemple de l'interface Sciences et société de l'Université de Lausanne,
pilotée par Alain Kaufmann, peut être une source d'inspiration ?

Ceci peut aussi passer par l'intégration dans les instances administratives ou du pilotage scientifique des grands laboratoires de représentants de la société civile, afin que le questionnement social fasse partie intégrante de la réflexion stratégique.
Exemples : le Comité Consultatif Régional du CEA pourrait s'ouvrir aux représentants associatifs.
Les comités d'évaluation du CNRS sont aussi des lieux à décloisonner.
Les conseils de surveillance ou d'orientation au sein des Universités sont aussi concernés.
Modèle ? Un des exemples de cette ouverture-intégration est celle de la Commission de Génie biomoléculaire (CGB) qui accueille depuis quelques années des représentants du CRI-GEN, de l'Association Logement, cadre de vie (CLCV)…
Traduction : La morgue scientifique est telle qu'on doit rappeler aux chercheurs les réalités politiques et la nécessité, nouvelle et douloureuse, de palabrer avec des brochettes de bureaucrates associatifs (société civile), afin de s'assurer leur bienveillance. Concrètement, cela signifie que Ethique Feuerstein par exemple, devrait se coltiner des réunions filandreuses
avec Henri Biron (président d'honneur de la Frapna) ou avec le conseil d'administration d'Attac avant de faire son Institut des neurosciences. Ennuyeux mais sans risque. Feuerstein avait déjà rencontré le CA d'Attac pour faire valider Biopolis.
Le modèle de la Commission du Génie biomoléculaire n'aurait pu être mieux choisi. Il suffit d'entendre Gilles-Eric Séralini, seul non-conformiste de la CGB, expliquer les rétentions d'information et la manière dont se prennent les décisions d'autorisation d'OGM, pour être fixés sur la qualité du "dialogue" dans ces instances "décloisonnées".
5 – VEILLE SUR LES RISQUES SANITAIRES
En matière de risques sanitaires, le besoin d'une PLATE-FORME de diffusion des données hiérarchisées s'est fortement exprimé notamment chez les inspecteurs du travail, les syndicalistes…
Il serait utile d'établir des ponts entre les acteurs de la médecine du travail et les instances de recherche pour produire une veille sur les risques des nanomatériaux et des nanoparticules, et soutenir la diffusion d'informations pertinentes.

Traduction : contrairement à ce que disaient encore les nanocrates il y a trois ans, la toxicité des nanoparticules est si bien admise qu'ils envisagent déjà les maladies professionnelles et accidents du travail qu'elles causeront. Rappelons qu'on savait aussi pour l'amiante, quoiqu'industriels, élus et syndicalistes aient prétendu ensuite, et que cela n'a pas empêché l'assassinat de 100 000 victimes.
6 – TRANSPARENCE DES LIENS AVEC L'INDUSTRIE ET LE SECTEUR MILITAIRE
Il est important pour clarifier les rôles, de permettre le repérage des sources de financements des laboratoires et leurs implications industrielles. Cette lisibilité peut permettre à chacun d'assumer sa place, en déclarant ses intérêts engagés.

Traduction : les opposants ayant révélé le contrat entre le CEA, Minatec et la Délégation générale à l'armement, et produit un rapport sur "la présence militaire dans le secteur des nanotechnologies" (cf "L'armement du futur : pression sur la recherche" sur www.obsarm.org), il est important d'en toucher un mot, mais rien qu'un mot tant il n'est pas question de toucher au "secret Défense".
Préconisations adressées aux industriels
Trois objectifs-clés : Responsabilité, transparence, normalisation

7 – DEVELOPPEMENT RESPONSABLE DES ENTREPRISES
Veiller à la prise en compte
- des risques liés aux différents usages des produits
- du devenir des produits dans l'environnement, avec intégration du cycle de vie des matériaux dans les calculs de coûts (que fait la filière électronique en amont de la directive sur le recyclage des produits électroniques ? Quelle volonté de faire des dispositifs durables ?)
Mener une politique volontariste de partage des informations sur la nature, les propriétés et la toxicité des produits fabriqués. Encourager les spécialistes internes à donner un avis sur les risques (santé et radiofréquences, santé et nanoparticules, médicaments, toxicité et relarguage dans l'environnement, produits issus des salles blanches…)
Participer aux débats publics de manière à donner les informations sur les pratiques industrielles. Et inversement mettre en
place les dispositifs d'écoute des préoccupations sociétales et de leur prise en compte effective.


Traduction : quasi intraduisible. Que signifie par exemple "Veiller à la prise en compte des risques liés aux différents usages des produits ?"
Demandons aux narco-trafiquants de veiller à la prise en compte des risques liés aux différents usages de l'opium, de la coca, de l'acide ; d'imposer aux cocaleros et aux planteurs d'opium des normes de culture biologique ; d'informer les usagers sur les propriétés et la toxicité des produits ; de participer aux campagnes de prévention des addictions, comme les compagnies de tabac et d'alcool ; de mettre en place des numéros Verts d'écoute des intoxiqués.
Demandons aux industriels d'être leurs propres censeurs, de cesser leurs expéditions de déchets électroniques en Chine et au Nigeria. Demandons-leur d'encourager leurs employés à dénoncer les sales petits secrets maison. Bref, demandons aux industriels de ne plus être des industriels en vue d'un démantèlement responsable des entreprises.
8 - FINANCER LES ETUDES D'IMPACT PAR UNE "TAXE TOXICOLOGIE"
Instaurer une taxe sur les nanoproduits mis sur le marché pour financer la recherche sur les risques sanitaires. Cette taxe pourrait être collectée et gérée de manière paritaire par l'université, les centres de recherche, les entreprises et les syndicats,
avec obligation de publier tous les résultats.

Traduction : on met d'abord les nanoproduits sur le marché et ensuite on étudie leur toxicité. On fait du monde un laboratoire et de ses habitants des cobayes. On répercute sur le prix des nanoproduits consommés par les cobayes le coût des études de toxicité qui devrait être à la charge des fabricants. On génère un nouveau filon financier pour des labos, des start
up et la corruption universitaire en général.
9 - NORMES (en lien avec préconisation 17)
+ Les comités de normalisation sur les nanotechnologies (Afnor ou Iso) doivent être pilotés de manière pluraliste et non pas seulement par les industriels. Des chercheurs en sciences sociales et des associations concernées doivent être associées à ces travaux et à la définition des indicateurs d'intoxication, sous réserve de leur en donner les moyens.
+ De même en matière d'"informatique ambiante", les projets en termes de capture d'informations, de durée de mémorisation des traces, de désactivation des étiquettes identifiantes, du droit de regard sur les interconnexions entre bases de données, pourraient être présentés à des représentants associatifs (Delis, Big Brother Awards…) afin de recueillir des avis.


Traduction : + tandis que depuis deux mois le Comité de la prévention et de la précaution, le Conseil d'analyse stratégique, le Comité d'éthique du CNRS font mine de découvrir les risques sanitaires et environnementaux des nanoparticules, on apprend que la nano-intoxication fait déjà partie d'un processus industriel banal et certifié, mesuré par des "indicateurs".
Mouiller les chercheurs en sciences sociales et les médiateurs associatifs vise à rendre ces indicateurs acceptables aux riverains, aux salariés et aux consommateurs. Mais pour les nanoparticules, pas plus que pour les dioxines des incinérateurs et les radiations nucléaires, aucune dose d'intoxication n'est acceptable.

+ De même en matière d'environnement policier électronique, on pourrait mouiller jusqu'aux plus irréductibles dissidents en leur demandant "leur avis" sur leur propre surveillance.
Préconisations adressées aux associations
Deux objectifs-clés : animation et coopération

Traduction : et surtout pas mobilisation et opposition
10 – CREUSET COLLECTIF (en lien avec préconisation 15)
Une mobilisation s'est produite à l'occasion des débats NanoViv. À cette occasion, un CREUSET ou espace critique et de discussion pérenne peut être mis en place sur les enjeux du développement des technologies convergentes. Cela peut être conçu sur le modèle de la Mission d'animation Agrobiosciences montées à Toulouse en 1999, avec des médiateurs
indépendants.
Le CCSTI peut être un point d'appui pour cette initiative.
L'enjeu est que les instances de décision (des institutions et des grands laboratoires) inscrivent cette initiative comme utile et favorable à leur réflexion stratégique.

Traduction : l'opération NanoViv a été montée en réponse à la mobilisation indépendante contre les nanotechnologies. À cette occasion, Vivagora a racolé tous les absents et ennemis de l'opposition grenobloise aux nécrotechnologies, et aucun membre de celle-ci. Mais on peut toujours monter un espace de blabla, en s'appuyant d'autant plus sur le CCSTI que cette
officine est déjà censée remplir cette fonction au service des laboratoires et des industriels grenoblois qui la cofinancent. Le sieur Chicoineau et ses employés ne sont que trop anxieux de pérenniser leurs postes et de développer leur importance. Il convient de ne pas s'oublier dans les recommandations que l'on adresse à la puissance publique et aux bailleurs de fonds.
Tout de même, l'impudence éhontée de ces mendigots. Ceci dit, l'opération NanoViv et cette suggestion de "creuset collectif" soulignent l'impuissance du CCSTI à enrayer le mouvement de critique des techno-sciences à Grenoble.
11 – COOPERATION (en lien avec préconisation 18)
Il apparaît que les militants sont déconcertés par un caractère transversal des nanotechnologies qui touche aussi bien l'environnement, la santé, l'agriculture, le monde des consommateurs et de la protection des libertés personnelles.
Le phénomène de convergence des nanotechnologies récapitule une série d'alertes déjà vécues avec les technologies de l'information et de la communication (TIC) (protection de la personne, de sa liberté et de son intégrité…) et surtout avec les biotechnologies (modification du vivant, instrumentalisation et appropriation des corps et de leurs éléments… Cette diversité d'enjeux génère une "posture généraliste" où la "technologie" est interrogée en tant que telle comme processus transformateur des modes de vie et de la vie même.
C'est pourquoi la constitution de collectifs alliant les préoccupations environnementales, la défense du consommateur et les libertés individuelles serait favorable l'efficacité des associations. De tels ralliements et collaborations peuvent aussi favoriser l'identification de pôles forts de la société, organisés, représentatifs et légitimes.

Traduction : le charabia s'aggrave. Sans doute parce qu'on n'est pas militants, on n'est pas surpris que le développement du système technicien (alias "Progrès") arrivé au stade des hyper-technologies, affecte tous les aspects de la vie de manière convergente et imbriquée. Toutes les vagues technologiques précédentes (chimie, nucléaire, biotechnologies) qui ont attaqué le tissu même des sociétés et de nos existences, ont triomphé, quelles qu'aient été les alertes et les oppositions. En ce sens, le système technicien est "généraliste", il change la vie et transforme le monde.
À Cuba dans chaque quartier et chaque entreprise, des Comités de défense de la Révolution organisent, encadrent et contrôlent la population au service de la dictature castriste ; à Technopolis, des collectifs écolo-scientistes organiseront le ralliement et la collaboration des populations rétives autour des programmes techno-scientifiques.
Notons le réflexe policier de toujours rassembler et identifier pour contrôler, et désigner qui est légitime à s'opposer. A contrario, les opposants véritables auront à coeur de ne pas se laisser enfermer dans des "pôles forts", des structures figées, repérables et manipulables.
12 –EXPERTISE ALTERNATIVE (en lien préconisation 17).
Les associations peuvent être instigatrices de projets alternatifs, d'analyses de scénario de développement intégrant des dimensions autres que technologiques. Elles peuvent être aidées financièrement (PICRI) pour produire des "cahiers d'acteurs" à verser aux débats et aux projets politiques.
Leur intégration aux processus de décision est un enjeu de diversité et de robustesse de l'innovation.

Traduction : dans un pays où n'importe quel couillon se flatte d'être président d'association, achetons les vanités pour les enrôler au service de l'innovation. Quelle superbe idée que d'offrir aux industriels et à l'Ideas Lab des panels de volontaires pour tester l'acceptabilité des futurs produits.
Préconisations adressées aux politiques
Cinq objectifs-clés : cohérence, transparence,
indépendance, veille et partenariat


Traduction : à ce degré de généralité et d'abstraction, on pourrait aussi bien recommander aux politiques de toujours dire bonjour à la dame et d'avoir un mouchoir propre.
Les citoyens attendent une COHERENCE d'action fondée sur trois exigences :
- accès à l'information,
- implication de la société civile pour nourrir les choix,
- transparence des décisions.
Ces trois axes permettront aux collectivités locales d'éviter le jeu des compétitions respectives et garantiront l'intérêt
général, l'indépendance, la pérennité des décisions.

Traduction : voir page 1.
13 - CONSTRUIRE UN PATRIMOINE "RESSOURCES"
Donner une nouvelle mission à un lieu (bibliothèque universitaire ou bibliothèque du lycée international) pour disposer demanière organisée et durable, des ressources hiérarchisées sur les technologies convergentes.
Cela implique un travail de veille et de capitalisation des publications, presse, documentaires, livres, webographie… Pour ce faire, il faudra disposer d'un espace dédié suffisant et être en mesure d'embaucher une équipe pour réaliser ce travail. Une
lettre (mensuelle ?) de diffusion sur les nanos pourrait aussi alimenter la construction commune.

Traduction : encore des emplois et des crédits pour quelques crevards de la communication. Web-designers, graphistes, imprimeurs, rédacteurs, scénographes, techniciens son et lumière, documentalistes, attachés de presse et de relations publiques, agences d'événements, muséographes : la propagande des nécrotechnologies fournit un "patrimoine ressources"
aux promotions annuelles de l'Institut de la Communication et des Médias d'Echirolles et aux intermittents du spectacle. De proche en proche on "danse" les nanos, on met en scène les nanos, on les expose, on en fait de "l'art", et ainsi c'est l'art qui se suicide au service des technologies.
14 - ASSURER LA TRANSPARENCE DES PROCESSUS DECISIONNELS
Les politiques – dont le rôle est d'arbitrer et non de promouvoir un projet – gagneront en lisibilité s'ils explicitent les dossiers à voter, en livrant les éléments informatifs (historique, tenants et aboutissants…) et les arguments avancés pour chaque scénario envisagé. Les minutes des débats préalables au vote ainsi que les Conventions signées peuvent être livrées à un service d'information, commun aux diverses instances locales.

Traduction : Destot, Migaud, Vallini et leurs collègues n'étaient pas censés promouvoir Biopolis, Minatec, Nanobio etc, mais étudier toutes les implications des nécrotechnologies qu'ils financent, et en livrer tous les éléments au public. Cela aurait évité à Vallini de déclarer, le jour de l'inauguration de Minatec : "Je ne savais pas tout cela quand nous avons pris
cette décision. Si c'était à refaire j'organiserais le débat plus en amont" (La Vie, 1/06/06).
De toute façon ce n'est pas aux politiques, fussent-ils alliés aux industriels et aux scientifiques, de décider de projets qui vont "révolutionner nos vies".
15 - INSTAURER UN SERVICE PUBLIC D'INFORMATION INDEPENDANT DU MONDE SCIENTIFIQUE
+ Inventer des outils médiatiques pour aider à la compréhension des enjeux et donner prise aux citoyens sur les divers scénarii possibles.
Il s'agit de permettre une lecture des questions telles qu'elles se posent pour les décideurs. Par exemple : comment sont évalués les résultats des programmes européens en fonction des objectifs de Lisbonne ? Quelle est la position de Grenoble sur la carte des sciences et des techniques ? Quels sont les opportunités et risques collectifs avec telle ou telle orientation…
Ces analyses n'auront d'intérêt que reliées au contexte régional, national et international et si un dispositif permet de garantir l'accès du grand public à ces informations.
+ Pour faire "vivre l'information" Il est essentiel de soutenir de manière forte et durable un CREUSET de MEDIATEURS, chargés d'organiser des rencontres et débats publics (sur le modèle d'une mission NanobioSciences). Le CCSTI peut aider à porter ce service public.

Traduction : encore un fromage pour le CCSTI, Vivagora et autres agences de médiation. (Pardon pour le comique de répétition.) En fait, le raisonnement derrière cette proposition revient toujours à dire : les "gens" ne comprennent pas, si on leur explique mieux et davantage ils ne s'opposeront plus. Nous avons très bien compris, et c'est justement pourquoi nous
nous opposons.
16 – INTEGRER DAVANTAGE LES EVALUATIONS SOCIALES ET ENVIRONNEMENTALES POUR DECIDER
Introduire de manière systématique des expertises concernant les dimensions sociétales et environnementales des projets.
Indiquer aux porteurs de projets la nécessité de développer pour un "socio-plan" et un "eco-plan" au même titre qu'un "business-plan".
De même que les entreprises sont tenues de décrire leurs impacts éthiques, sociaux et écologiques (Loi NRE), de même les projets scientifiques et industriels (Crolles 3 par exemple) doivent comporter ces trois volets.
Une transparence dans les modes de décision et l'exposé des arguments sera favorisée par la diffusion des "minutes" des délibérations (comptes-rendus) et des contenus des conventions.


Traduction : faut-il souligner que si on se soucie le moins du monde des conséquences sociales et environnementales de Crolles 3 (!), des micro et nanotechnologies, il n'y a plus de "business plan" possible. À moins de tenir pour nuls le pillage des ressources, la destruction du Grésivaudan, la surveillance électronique totale et la création de l'homme bionique. Dans le
monde abstrait de Vivagora, du CCSTI et de la communication scientiste, on peut toujours concilier les inconciliables par des effets de langage magiques.
17 – DONNER DES MOYENS FINANCIERS POUR DES EXPERTISES ASSOCIATIVES
Permettre aux associations de produire des avis, d'explorer de nouvelles procédures, de s'impliquer dans des comités de pilotage en les soutenant financièrement. Cela reprend la préconisation n°2 du rapport de PB Joly demandant le financement à hauteur de 2 % des investissements sur les nanotechnologies (soient 4 M d'euros !) pour des études portées par des associations.
Le recours aux processus PICRI "Partenariat institutions-citoyens pour la recherche et l'innovation" mis en place en région Ile-de-France peut se concevoir à l'échelle de la Metro comme de la Région.

Traduction : 4 millions d'euros ! On suppose qu'il s'agit de 2 % du coût de Minatec (193 M). On imagine déjà la salivation des charognards associatifs devant ces juteuses subventions en échange de leur participation aux comités de pilotage des projets techno-industriels. Sans compter les associations collabos qui se créeront opportunément pour capter cette manne. Et
qui bien sûr ne mordront pas la main qui les nourrit. 2 % du gâteau : c'est le prix de la paix associative.
L'expertise associative n'est jamais qu'une couche d'isolation supplémentaire pour protéger les décideurs de la confrontation directe avec la population. On voit dans les comités de sûreté nucléaire qui entourent les centrales comment les plus avertis des militants associatifs sont phagocytés nolens volens par la bureaucratie pour l'épauler dans la gestion du risque, et la
représenter auprès des anti-nucléaires non intégrés.
18 – INSTAURER DES PRATIQUES RECURRENTES DE CONCERTATION ET DE DEBAT PUBLIC
Les Elus ont tout à gagner à enrichir leurs analyses par des pratiques récurrentes de démocratie technique. Ils peuvent confier à un organe (comme le Conseil
de développement ?) la mission de déployer régulièrement des procédures de type jurys de citoyens, ateliers-scénarios, débats publics, conférence de citoyens…
Ils peuvent ainsi déléguer à des maîtres d'oeuvre compétents et indépendants, ces procédures délibératives et s'engager à répondre aux demandes formulées.
La question de la maîtrise d'oeuvre et des organes légitimes et compétents en la matière est complexe : l'expertise sur le "comment faire" gagne à être complétée par un "savoir-faire" peu répandu aujourd'hui, mais pour lequel quelques structures, dont le CCSTI, développent une compétence.
Traduction : comme les industriels, les élus ont tout intérêt à avoir à leur disposition des panels de citoyens lambda, voire de contestataires potentiels, afin de tester leurs réactions et d'ajuster la communication de leurs projets. En recourant une fois de plus aux services spécialisés du CCSTI et de Vivagora.
On pourrait résumer une grande partie des "préconisations" du CCSTI et de Vivagora par : "donnez de l'argent, des moyens et des contrats au CCSTI et à Vivagora".
Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- OGM
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /2006 12:59

OGM: Bruxelles met la France à l’amende

Correspondant du Figaro à Bruxelles PIERRE AVRIL.
 Publié le 12 décembre 2006
Actualisé le 12 décembre 2006 : 07h24
  Souvent dénoncée par les arracheurs de plants transgéniques, la France est aujourd’hui sanctionnée pour ne pas avoir encadré la dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés.
Souvent dénoncée par les arracheurs de plants transgéniques, la France est aujourd’hui sanctionnée pour ne pas avoir encadré la dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés.
(AP)
 

Pour n’avoir pas transposé une directive sur les OGM, la France écope d’une lourde pénalité financière. In extremis, elle échappe à une sanction pour la pollution des eaux bretonnes par les nitrates.

 
EN MATIÈRE d’environnement, la France est considérée comme l’un des plus mauvais élèves à Bruxelles. Deux semaines après qu’elle a dû retirer son plan d’émission de gaz à effets de serre pour la période 2008-2012 – jugé insuffisant par les autorités communautaires –, Paris va écoper aujourd’hui d’une lourde amende pour n’avoir toujours pas transposé une directive européenne de 2001 visant à encadrer la dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés.
 
Selon nos informations, la Commission européenne devrait saisir officiellement la Cour de Justice européenne (CEJ), et réclamer à la France entre 20 et 40 millions d’euros d’amende auxquels s’ajouterait une astreinte financière comprise entre 300000 et 500000 euros par jour.
 
Cette dernière est censée s’appliquer à partir d’aujourd’hui. Même s’ils sont appelés à modifier, in fine, le montant de ces pénalités, les magistrats du Luxembourg devraient, dans lesmois qui viennent, entériner le principe d’une condamnation financière.
 
Pour Paris, il se n’agit pas d’une surprise. Plus de quatre ans après l’expiration de la date butoir à laquelle les États membres étaient censés transposer la directive OGM, soit le 17 octobre 2002, le projet de loi français, après avoir été voté au Sénat, est aujourd’hui bloqué à l’Assemblée nationale. Et le gouvernement ne fait pas grandchose pour bousculer cette inertie.
 
Pour l’Union européenne, en revanche, ce texte est emblématique. Occupant une place centrale dans la législation européenne relative aux OGM, il prévoit que seuls les OGM autorisés puissent être disséminés dans l’environnement, que ce soit à des fins expérimentales ou dans la perspective d’une mise sur lemarché. Les procédures d’autorisation prévoient notamment une évaluation scientifique des risques pour l’environnement, en partie réalisée par les autorités nationales, ainsi qu’une information du public.
 
Premier avertissement en 2004
 
Une première fois, en juillet 2004, la Cour du Luxembourg avait déjà sanctionné cette absence de transposition. Faute d’initiative de la part des autorités françaises, Bruxelles franchit cette fois le cap des sanctions financières.
 
Par ailleurs, Paris pourrait bientôt se voir confirmer à Luxembourg une autre amende, relative à la transposition incorrecte d’une directive sur les micro-organismes génétiquement modifiés (MGM). Seuls deux autres États membres, la Grèce et L’Espagne, ont déjà écopé d’amendes communautaires dans le domaine de l’environnement…
 
Grâce aux pressions diplomatiques qu’elle a exercées ces derniers jours auprès de la Commission Barroso, la France a néanmoins réussi à échapper à des amendes tout aussi lourdes, concernant cette fois le non-respect des émissions de nitrates dans les eaux de surface de Bretagne, tristement célèbres pour leur haute teneur en nitrates. Une directive de 1975 prévoit de limiter à 50 milligrammes par litre la concentration de nitrates dans l’eau. Or, ce plafond n’est toujours pas respecté dans onze prises d’eau situées dans l’ouest de la France.
 
Le gouvernement, dont le projet de loi sur l’eau était débattu hier à l’Assemblée nationale, demande de la patience de la part de Bruxelles. « Après tous les efforts que nous avons consentis ces derniers temps, ce serait aberrant de nous infliger une amende », plaide une source diplomatique française.
 
Ces doléances ont été entendues. In extremis, ce point a été retiré de l’ordre du jour de la réunion de la Commission prévue aujourd’hui. Jaloux des prérogatives de son portefeuille, le commissaire à l’Environnement, Stavros Dimas, n’en est pas quitte pour autant avec les autorités françaises. Des sanctions financières relatives aux nitrates pourraient être réétudiées en janvier.


Parfois il vaud mieux laisser faire Bruxelles pour permettre aux industriels de se répandre.
Dominique
Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- OGM
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /2006 13:19

 

Bien sûr il n'y a que peu d'analyses transparentes et indépendantes sur aucun PGM, et dés qu'une analyse sort et du coup dénonce l'effet des plantes GM sur l'organisme, le chercheur en question est dénoncé et interdit de travail, ses travaux détruits, ses crédits coupés.

Les entreprise de PGM font leurs propres analyses. S'ils avaient des résultats probabts sur l'inocuité des PGM, ce serait déjà sur la place publique.

Aujourd'hui la menace majeure se nomme OMC..."attention il y a risque de conflit avec l'OMC"
Et puis après.
L'OMC est l'organisme mondial du commerce. Nous connaissons déjà ses conclusions : tout ce qui s'oppose à la marchandisation est proscrit.
Roulez petits bolides !
Marchandisons, marchandisons !
Mais qui sont les marchands ?



 

Les 25 soutiennent l'interdiction d'OGM en Autriche


(AFP - 19/12/06)


Les ministres européens de l'Environnement rejettent une requête de la Commission demandant à l'Autriche de lever son interdiction sur deux maïs OGM, autorisés dans l'UE

Seuls le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède et la République tchèque ont soutenu la demande de Bruxelles de lever la « clause de sauvegarde » appliquée depuis 1999 par l'Autriche contre deux maïs de Monsanto (MON 810) et Bayer (T25) commercialisés dans l'UE depuis 1998. Les autres Etats, soit 20 sur 25 (la Finlande s'abstenant) ont voté contre, y compris ceux où ces maïs sont déjà cultivés, comme l'Espagne ou la France où est cultivé le MON 810.

Selon la législation européenne, un Etat membre a le droit d'appliquer une clause de sauvegarde temporaire contre un OGM en invoquant de nouvelles informations scientifiques mettant en doute l'innocuité de ces produits.

Risque de conflit avec l'OMC

A deux reprises pourtant, l'Autorité européenne de sécurité des aliments
(EFSA) a jugé infondé scientifiquement la décision autrichienne, estimant n'avoir aucune raison de croire à ses effets négatifs sur la santé humaine, animale ou sur l'environnement. Après ces avis, la Commission a demandé aux Etats membres de voter la levée de ces clauses, d'abord en juin 2005 puis ce mardi, sans succès, tant le sujet est sensible en Autriche, Italie ou France.

Face à ce vote, la Commission doit décider de sa réponse : ne rien faire ou mettre une nouvelle proposition sur la table en tenant compte des argumentations des ministres. L'UE risque cependant un nouveau conflit avec l'Organisation mondiale du commerce qui considére que ces clauses ne sont pas justifiées scientifiquement.
Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- OGM
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /2006 18:44

Montage d'une manipulation de la population pour faire avaler les PGM.

Et pourquoi l'USDA autorise la consommation d'un riz GM qui pose problème ? Parce que : "Les experts estiment que le manque à gagner liés aux problèmes d'exportations va atteindre 150 millions de dollars".

Donc il est essentiel pour l'Europe d'aller auprès de l'OMC qui comme son nom l'indique est l'organisation mondiale du commerce, pour réussir à ce que ce type de manipulation ne soit pas vendue en Europe ?? CQFD ?

Où comment prend-on les consommateurs européens pour des cons.

Depuis quand l'OMC s'oppose t-elle à la diffusion de quelque produit que ce soit dans la mesure où il y a échange d'argent ?



L'USDA autorise pour la consommation humaine la variété de riz OGM LL601

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/40367.htm

Le vendredi 28 novembre l'APHIS, agence d'inspection sanitaire de l'USDA a déclaré que la variété de riz OGM LLRICE601 de la société Bayer était sans risque pour la consommation alimentaire humaine. Cette variété résistante à l'herbicide LibertyLink avait été développée dans les années 90 par Bayer, mais elle avait été abandonnée en 2001 avant même que la société n'ait engagée une demande d'autorisation auprès de l'USDA.
En août dernier, l'USDA a officialisé la contamination de la chaîne de production de riz long grain américain par la variété LL601. Cette nouvelle a engendré plusieurs embargos (dont celui de l'UE) sur le riz américain ainsi qu'un dépôt de plainte de plusieurs centaines d'agriculteurs dont les parcelles de riz ont été contaminées. Bayer a part ailleurs immédiatement engagé une demande d'autorisation de la variété en cause.
L'autorisation très rapide de la variété se justifie selon l'USDA par le fait que le gène de résistance introduit est présent dans plusieurs variétés de plantes (dont plusieurs variétés de riz) qui ont déjà reçu une approbation.
Les détracteurs avancent la quasi certitude que le gène va se retrouver dans le riz rouge ou riz sauvage, le principal adventice pour les cultivateurs de riz. Ils avancent aussi qu'en autorisant si facilement la variété LL601 sans sanctionner la compagnie, l'USDA montre clairement une position en faveur des entreprises de biotechnologies et d'indifférence aux questions de santé humaine et environnementales. Selon Joseph Mendelson de l'ONG Center for Food Safety, cet 'approval by contamination' est un encouragement à la négligence pour ces compagnies. L'USDA répond que l'autorisation n'empêche pas une condamnation de Bayer pour non respect des règles de l'APHIS.
Les experts estiment que le manque à gagner liés aux problèmes d'exportations va atteindre 150 millions de dollars. La production de riz US (80% de variétés long grain) est estimée à 1.88 milliards de dollars dont la moitié est exportée.

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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /2007 04:36
Jigmod CALL n°10

Projecteur sur le village Terre

 La plus grande manifestation distribuée jamais organisée par des citoyens du monde a eu lieu le 8 avril 2006; elle était entièrement consacrée aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM).

Le principal message de cette "journée Internationale d'opposition aux OGM" (JIGMOD) était : "Non aux OGM dans les champs et les assiettes", exprimé de multiples façons, par près de 300 équipes à travers le monde, avec le soutien d'un milliers d'organisations locales.

  Cette journée internationale d'actions a été suivie en Novembre 2006 au Japon par la semaine d'Opposition aux OGM.

 En 2007, de telles actions se dérouleront du 8 avril au 8 mai (date anniversaire de la première journée d'action collective d'information), dans le cadre du "mois international d'opposition collective aux OGM" (JIGMOM).


Premiers éléments de programme du JIGMOM
24 mars
Annonce officielle
Manifestation à Paris
8 - 10 avril Festival du Mexique Villes du Mexique
18 - 22 avril Actions d'information pendant le Festival Ecologique Istambul, Turquie
19 - 20 avril 3ème Conférence sur les régions libres d'OGM , la Biodiversité et le développement rural Bruxelles, Belgique
20 avril - 8 mai Expédition à la voile au dessus du cercle polaire, non loin la future réserve internationale de graines cultivées. Lofoten, Norvège
20 - 21 avril Réunion annuelle du Réseau Européen d'ONG sur la Manipulation Génétique (GENET) Bruxelles, Belgique
28 avril - 5 mai "Tour des rizières" pendant la "semaine dorée". Japon
6 mai Festival de rue en parallèle avec la Convention Internationale Annuelle de l'Industrie biotechnologique Boston, USA
8 mai

...de retour des territoires septentrionaux

Paris, France


Si vous souhaitez y participez, indiquez-le à cette adresse électronique.

Voici le formulaire à compléter pour que votre projet soit inclus dans le programme.

Vous trouverez tout sur : JIGMOD
Ou bien dans la colonne de gauche sur ce blog à Altercampagne
c'est pareil !

Petit rappel
ça ne fait jamais de mal

Dormez tranquilles, la commission européenne veille

en direct site Torpedo

Des portes qui claquent, des rebondissements, des dialogues de sourds, des états trompés, des sociétés trompeuses, une commission européenne en metteur en scène, l’OMC en comité de censure, l’AGCS en décorateur....et le public, moi, vous, nous qui continueront à nous faire en... ..trainer dans cette triste sarabande !!

En 1998, Lorsque le Dr Arpad Pustzai, sommité mondiale dans le domaine du transgénique, a osé révéler, au cours d’une émission à la télévision britannique, que le système immunitaire des rats nourris avec des pommes de terre génétiquement modifiées s’en trouvait endommagé et que leurs organes avaient diminué de taille, cet éminent savant fut renvoyé du Rowett Institute d’Aberdeen, comme un vulgaire
malfaiteur
.

Le 7 juillet 2003, Andrew Rowell a révélé, dans le Daily Mail,que le Dr Arpad Pustzai avait été victime de manoeuvres au plus haut niveau politique,en dévoilant une collusion entre certains personnages du gouvernement britannique (Tony Blair) et les compagnies de biotechnologie (Monsanto) qui dépensent des milliards pour contrecarrer l’opposition publique aux OGM. Il ne fait décidément pas bon parler des choses qui fâchent....

L’émission d’investigation "90 Minutes" animée par Paul
Moreira et Luc Hermann après six ans d’existence est supprimée de la grille de rentrée de Canal Plus. Sans doute gênait-elle un peu trop. Pour preuve de sa liberté de parole, ce numéro de l’émission en septembre 2005 qui traitait des OGM... Saisissant ! Je vous invite à cliquer sur cette adresse et à visualiser les 5 premières minutes de cette émission ... La vidéo

Les 25 soutiennent l’interdiction d’OGM en Autriche (AFP - 19/12/06).Les ministres européens de l’Environnement rejettent une requête de la Commission demandant à l’Autriche de lever son interdiction sur deux maïs OGM, autorisés dans l’UE. Seuls le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède et la République tchèque ont soutenu la demande de Bruxelles de lever la « clause de sauvegarde » appliquée depuis 1999 par l’Autriche contre deux maïs de Monsanto (MON 810) et Bayer (T25) commercialisés dans l’UE depuis 1998. Les autres Etats, soit 20 sur 25 (la Finlande s’abstenant) ont voté contre, y compris ceux où ces maïs sont déjà cultivés, comme l’Espagne ou la France où est cultivé le MON 810. Selon la législation européenne, un Etat membre a le droit d’appliquer une clause de sauvegarde temporaire contre un OGM en invoquant de nouvelles informations scientifiques mettant en doute l’innocuité de ces produits.

Risque de conflit avec l’OCM. A deux reprises pourtant, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a jugé infondé scientifiquement la décision autrichienne, estimant n’avoir aucune raison de croire à ses effets négatifs sur la santé humaine, animale ou sur l’environnement. Après ces avis, la Commission a demandé aux Etats membres de voter la levée de ces clauses, d’abord en juin 2005 puis ce mardi, sans succès, tant le sujet est sensible en Autriche, Italie ou France. Face à ce vote, la Commission doit décider de sa réponse : ne rien faire ou mettre une nouvelle proposition sur la table en tenant compte des argumentations des ministres. L’UE risque cependant un nouveau conflit avec l’Organisation mondiale du commerce qui considére que ces clauses ne sont pas justifiées scientifiquement.


Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- OGM
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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /2007 12:25


Comment les riches détruisent la planète

Présentation de l'éditeur
Nous sommes à un moment de l'histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l'espèce humaine : pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d'orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C'est un défi magnifique, mais redoutable. Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s'impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n'est animée d'aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l'idéologie néolibérale ne sait plus que s'autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d'influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse. Cette représentation du monde n'est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l'injustice, sous-estime la gravité de l'empoisonnement de la biosphère, promeut l'abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures. Pour l'auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s'attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd'hui les riches qui menacent la planète.

Biographie de l'auteur
Hervé Kempf est un des journalistes d'environnement les plus réputés. Depuis près de vingt ans, il travaille à faire reconnaître l'écologie comme un secteur d'information à part entière, et a défriché nombre de dossiers sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM. Après avoir fondé Reporterre, il a travaillé à Courrier international, à La Recherche, et maintenant au Monde.

  • Broché: 147 pages
  • Editeur : Seuil (4 janvier 2007)
  • Collection : L'histoire immédiate
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 202089632X
  • ISBN-13: 978-2020896320
  • Prix : 14 €
Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- OGM
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