"On sait où commencerait la déstabilisation, on ne sait où elle s'arrêterait", a-t-il souligné.
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Il n'y a pas de plus parlant exemple que Roubaix concernant la dangereuse gestion communautariste des Verts. A lire absolument, cet article de Marianne :
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Dans la ville du Nord, creuset de l'appel des «indigènes de la République», les tenants d'un islam dur sévissent en toute impunité. La République perd du terrain...
A Roubaix, il y a dans notre vie quotidienne et privée, de façon de plus en plus prégnante, un discours normatif qui s'appuie sur l'islam. Ça s'est accentué ces dernières armées. Il y a eu, et il y a encore, un vrai travail de terrain.» L'homme qui fait ce constat n'est pas un politique. C'est Messaoud Bouras, un simple citoyen qui s'est fait, par la force des choses, une spécialité de la lutte contre l'«islamo-gauchisme roubaisien». Un courant, selon lui, qui mine le débat politique local depuis longtemps.
Seul, pendant des années, à le dénoncer, Messaoud Bouras est aujourd'hui écouté, soutenu par un nombre croissant de Roubaisiens et d'élus.
Trop tard pour empêcher Roubaix de devenir le creuset de l'appel des «indigènes de la République».
Cette pétition violemment antirépublicaine, ethniciste et ultracommunautaire, lancée en janvier 2005 par quelques intellectuels, accusait la France d'avoir une gestion coloniale de ses citoyens issus de l'immigration - notamment par le biais de la loi contre le voile, jugée «discriminatoire, sexiste, raciste» A lire en ligne sur www.indigenes.org. On imagine l'impact, catastrophique, d'un tel discours sur une ville comme Roubaix, dont un tiers de la population est issu de l'immigration maghrébine (la moitié chez les jeunes de moins de 25 ans). Il est pourtant abondamment relayé par des associatifs et des politiques qu'on ne peut taxer d'inconscience. Au contraire, ils savent parfaitement ce qu'ils font. Ce qui n'est pas le cas des élus de la majorité municipale qui ont longtemps donné leur bénédiction, ainsi que plusieurs dizaines de milliers d'euros de subventions annuelles, à des associations dont le but est de promouvoir un islam politique.
«Le blasphème comme un crime»
Il suffit pourtant de jeter un oeil à la liste des conférenciers invités par l'association roubaisienne Rencontre et dialogue (ARD) pour comprendre que sa vocation n'a plus rien à voir avec ce qui avait présidé à sa fondation il y a onze ans. A l'époque, l'ancien maire de Roubaix André Diligent avait souhaité promouvoir le dialogue interreligieux entre musulmans et catholiques. Aujourd'hui, l'ARD promeut surtout des gens comme le prédicateur Hassan Iquioussen - dont les violentes diatribes contre les juifs avaient fait la une des médias fin 2004 -, ainsi que le plus modéré Tariq Ramadan, régulièrement invité. Ce qui n'est guère étonnant lorsqu'on sait que le président de Rencontre et dialogue n'est autre qu'Ali Rahni, le porte-parole du Collectif des musulmans de France (CMF), un mouvement qui soutient activement Tariq Ramadan. Le CMF est aussi l'un des promoteurs autoproclamés de la pétition des «indigènes de la République».
Le point de vue de Rahni sur l'affaire des caricatures, publié le 2 février dernier sur le site communautariste saphirnews.com, en dit long: «La vague de solidarité exprimée par d'autres journaux nationaux ou européens cache mal en fait une tendance islamophobe devenue politiquement correcte chez nous. Il serait naïf de croire que la provocation n'était pas calculée, ou bien qu'il s'agirait de l'expression d'une liberté. Nous sommes conscients que notre pays ne considère pas le blasphème comme un crime. Mais, lorsque cette dernière devient une insulte et une incitation à la haine et à la violence envers la deuxième religion du pays et de ses adeptes, elle doit se fixer elle-même ses propres limites.»
Contacté par téléphone, Ali Rahni, estimant être «la cible de l'extrême droite sioniste», a refusé de s'exprimer dans Marianne, si ce n'est pour nous adresser une mise en garde - «Faut pas jouer avec le feu sinon on se brûle» - et déclarer, avant de raccrocher brutalement: «J'invite qui je veux dans mes débats.» Certes. Mais Ali Rahni oublie un détail: c'est avec l'argent du contribuable qu'il invite «qui il veut», car l'ARD vit en grande partie des subventions publiques et organise ses débats dans une salle mise à sa disposition par la municipalité. «Pourtant, dès qu'on lui demande des comptes, il refuse et nous traite de «négationnistes»», confie-t-on à la mairie de Roubaix.
«Récemment, nous avons tenté de mettre en place une convention entre la ville et l'ARD, mais l'association refuse de communiquer le moindre compte, confirme Christian Maes, responsable du MRC (Mouvement républicain et citoyen) de Roubaix et conseiller du maire pour les associations. Bien sûr, l'ARD a le droit d'exister, mais pas avec de l'argent public.» Dans ces conditions, pourquoi a-t-elle bénéficié des largesses municipales (plusieurs dizaines milliers d'euros par an) pendant des années? «Ce qui se passe est très rampant, estime Christian Maes. C'est même imperceptible pour les gens de l'extérieur. Mais il y a une indéniable pression de l'islam sur la ville et ses élus, que ce soit pour la construction de mosquées ou pour le financement de diverses associations.»
«Une certaine tendance islamophobe est devenue politiquement correcte chez nous.» Ali Rahni
Hassan Iquioussen
Prédicateur une des voix islamistes de Roubaix
Tarig Ramadan
Conférencier. Régulièrement invité par l'association roubaisienne «Rencontre et dialogue».
Saïd Bouamama
Sociologie Un des initiateurs de l'appel des «indigènes de la République».
Les Verts verts...
Une pression qui viendrait du coeur même de la majorité municipale (gauche plurielle) roubaisienne, puisque, d'après un grand nombre d'élus, les Verts de Roubaix seraient acquis à la cause des «islamo-gauchistes» dénoncés par Messaoud Bouras. «Le problème, ce ne sont pas les Verts, mais les Verts verts», lâche un socialiste. De fait, les Verts locaux se montrent très proches de diverses structures controversées, au premier rang desquelles figure l'ARD.
«Ecrivez ce que vous voulez, j'exercerai mon droit de réponse et je vous poursuivrai si nécessaire»: voilà la réponse de Slimane Tir, chef de file des Verts de Roubaix, conseiller municipal et vice-président de Lille métropole communauté urbaine, à nos innombrables demandes d'entretien. Ce refus catégorique peut paraître étonnant de la part d'un homme qu'on nous a décrit comme un sympathique quadragénaire qui brigue un mandat électoral (celui de député de la 7e circonscription) sous l'étiquette d'un parti tout à fait démocratique (on lui souhaite bonne chance!). En fait, tout se passe en circuit fermé: Slimane Tir est un proche d'Ali Rahni, le président de l'ARD, dont il est le beau-frère. Rahni, lui, n'est pas uniquement le beau-frère de Tir, il est aussi membre des Verts, et vice-président de Pastel FM, la radio communautaire dont Slimane Tir est le président.
Cela ne fait cependant pas du conseiller municipal vert un «Vert vert». De même, il est tout à fait possible que Slimane Tir n'ait jamais écouté la radio qu'il préside. Donc il ignore peut-être que la station diffuse le vendredi à 20 heures une émission religieuse intitulée «La prophétie», réalisée avec l'ARD, et où l'islamiste Hassan Iquioussen bénéficie quasi d'une antenne ouverte, comme Ramadan. Une fois de plus avec les deniers publics...
Une troisième association vient compléter ce qui ressemble à un dispositif: l'Université populaire et citoyenne (UPC), qui bénéficie de plus 120 000 euros de subventions annuelles, peut être considérée comme le volet politique de la galaxie.
Là encore, les Verts de Roubaix sont accusés de «truster» cette association fondée par la mairie. «L'UPC, estime un acteur social roubaisien, est minée par cette «envie de rester entre soi» des Verts.» Mais pas seulement. «Je me suis rendu compte qu'il y avait un problème, raconte Max-André Pick, conseiller municipal (UMP), le jour où les responsables de l'UPC sont venus me solliciter pour que des représentants de l'UMP participent à leurs débats. Je me suis renseigné sur les autres conférenciers: c'étaient tous des gens qui s'étaient prononcés contre la loi sur le voile, voire des fondamentalistes.»
Ainsi, sur huit débats programmés par l'«université» en 2005, trois avaient pour invités soit des intellectuels proches de Ramadan (Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde diplomatique), soit des promoteurs de la pétition des «indigènes» (les sociologues Saïd Bouamama et Sylvie Tissot, le professeur de philosophie Pierre Tévanian) - le tout sans le moindre contradicteur, évidemment.
En fait d'«université populaire et citoyenne», les habitants de Roubaix n'ont finalement droit qu'aux discours antirépublicains et ultracommunautaristes des «indigènes de la République», dont l'influence se fait sentir jusque dans les conseils municipaux, où Slimane Tir n'hésite pas à dénoncer haut et fort la «lepénisation des esprits», lorsque des élus lui demandent de s'expliquer sur l'attitude de l'ARD. De même, sur le site des Verts de Roubaix, on peut lire une proposition de rencontre publique avec Pierre Tévanian (des «indigènes») et le Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB), groupe ultra dans la mouvance des «indigènes», «afin de débattre de l'impact du rapport colonial persistant sur la situation actuelle des immigrés et de leurs héritiers et ensemble de tracer des pistes sur les ripostes possibles».
«Ce qui se passe est très rampant. Il y a une indéniable pression de l'islam sur la ville et ses élus.»
Christian Maes
Lent endoctrinement
Le but est, bien sûr, d'abord électoral. «Slimane Tir est persuadé qu'il y a un vote musulman à Roubaix, explique Max-André Pick, et qu'il percera grâce à ça, mais il se trompe. Les musulmans sont attachés au modèle laïc républicain.» Les Verts de Roubaix ne sont pas les seuls à chercher à se concilier les bonnes grâces des religieux afin de grappiller quelques voix qui peuvent être décisives: à Lille, la majorité municipale emmenée par Martine Aubry - dont l'époux, Jean-Louis Brochen, est justement l'avocat de Rencontre et dialogue - multiplie les petites attentions à l'égard des imams.
Lille est ainsi la seule municipalité à proposer dans ses piscines des plages horaires réservées aux femmes. Bien sûr, chacun - politiques et religieux - est persuadé d'instrumentaliser l'autre. Qui a raison? Ecoutons des acteurs de terrain.
Ex-proviseur d'un collège de Roubaix, Bernard Truant se souvient: «Vers 1992, des «étudiants» musulmans ont proposé à des parents d'élèves de prendre en charge l'aide aux devoirs. Comme nous aussi, on faisait de l'aide aux devoirs, on s'est vite aperçus que les élèves d'origine maghrébine ne venaient plus. Et on a réalisé qu'en fait de soutien scolaire ils avaient droit tous les soirs à trente minutes de lecture du Coran, et cinq minutes de maths. Ceux qui étaient issus des milieux les plus modestes ont été endoctrinés. Leur comportement a changé, surtout chez les garçons: ils se refermaient sur eux-mêmes, se retiraient de la communauté scolaire.
Quatre ans plus tard, au lycée, il y avait une cinquantaine de filles voilées: le travail commencé en 1992 a porté ses fruits en 1996.» Responsable du comité local de Ni putes ni soumises, Amandine Briffaut fait le même constat: «Nous ne sommes pas les bienvenus à Roubaix. «En voulant dévoiler les femmes on les colonise»: voilà ce qu'on entend dans les débats. Fadela Amara y est traitée de «traîtresse». Pour eux, même les Arabes républicains sont islamophobes.» Et de raconter cette fête de quartier qui a mal tourné. Les organisateurs avaient fait venir des danseuses brésiliennes - 2005 était l'Année du Brésil. Elles n'ont jamais pu finir leur spectacle: elles ont dû se rhabiller sous les huées. «Il y a même des gamins qui ont rentré leurs mères pour qu'elles ne voient pas de femmes «dénudées». Et le pire, c'est que ce n'est pas un quartier où les filles sont particulièrement opprimées. Mais, là, c'était clairement le début du processus.»
D'autant que toute résistance semble avoir été vaincue. Ainsi, en septembre 2004, la Fédération des associations laïques (FAL) de Roubaix avait organisé un débat sur le thème du voile à l'école, avec pour invités un proviseur de lycée hostile à la loi contre le voile et... le sociologue provoile Saïd Bouamama. Personne n'était là pour les contredire. Même parmi les membres de la FAL! Vous avez dit «débat démocratique»?
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Le Pen a toujours soutenu les pires dictateur. Il se fait ici le défensur du président iranien Ahmadinejad qu'il critiquait trois mois au paravant. Une attitude totalement irresponsable.
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Le président du Front national Jean-Marie Le Pen "ne voit pas" pas pourquoi l'Iran devrait être empêché de se doter de l'arme nucléaire, indique-t-il dans l'éditorial du mensuel du FN, "Français d'Abord", du mois de mars.
"Je ne vois pas au nom de quel principe on peut interdire à un Etat de vouloir maîtriser la technologie nucléaire à des fins civiles ou militaires", écrit le président du parti d'extrême-droite. "Pourquoi reprocher à Ahmadinejad (le président iranien) ce que l'on n'a pas reproché à d'autres avant lui? On n'a pas fait la guerre à l'Inde, au Pakistan ou à Israël lorsque (...) ces pays ont acquis la technologie nucléaire militaire", poursuit-il.
L'arme nucléaire est une "arme dont on ne sert pas, puisque celui qui s'en sert est certain d'être détruit dans les minutes qui suivent", affirme le président du FN. Dans son éditorial, M. Le Pen suggère que l'opinion mondiale est "chauffée à blanc" sur le sujet, parce que les Etats-Unis et leurs "alliés inconditionnels" "désirent ardemment" la guerre contre l'Iran.
"Après les interventions en Afghanistan et en Irak, il faut mettre l'Iran au pas, pour sécuriser les approvisionnements en pétrole, mettre Israël à l'abri, et peut-être aussi faire une guerre d'anéantissement contre l'Islam, conformément au souhait des faucons évangélistes qui dominent les institutions américaines", écrit M. Le Pen.
Dans le même texte, M. Le Pen suggère également que la récente polémique internationale sur les caricatures de Mahomet est liée au bras de fer international avec Téhéran. "Il faut préparer l'opinion à la guerre" contre l'Iran, et "quoi de mieux pour ce faire qu'une bonne polémique internationale à propos de l'islam", déclare-t-il.
(AFP, 12 mars 2006)
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José Bové est un ardent défenseur du voile et de la thèse indigène présentant la laïcité comme une forme nouvelle de colonialisme.
Sur le site Oumma.com, proche de son ami Tariq Ramadan, il revient sur la loi sur les signes religieux à l'école et appelle à la manifestation pro voile du lendemain.
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Entretien avec José Bové :
« J’appelle à la manifestation du samedi 14 qui est fondamentale »
Dans cet entretien accordé à oumma.com, José Bové revient sur la loi anti-foulard qu’il qualifie d’ inutile et dangereuse, et appelle à manifester en masse le samedi 14 février.
Quel est votre sentiment sur la loi qui vient d’être votée contre le port des signes religieux à l’école ?
Comme beaucoup de gens, j’ai été très surpris de cette « affaire du foulard » et de l’ampleur du débat. Cette affaire a été énormément instrumentalisée pour détourner l’attention des vrais problèmes. Malgré elle, cette polémique est devenue une affaire centrale alors qu’en discutant avec les enseignants, les responsables de lycées, les éducateurs, on se rend compte qu’il n’y a pas eu réellement de problèmes de cette nature. A mon sens, tout cela est construit de toutes pièces. De manière claire, je pense que cette loi était inutile et surtout dangereuse car on aujourd’hui on s’attaque au foulard et c’est une façon de criminaliser une partie de la population issue de l’immigration. C’est une façon de montrer du doigt une religion ― pourquoi pas demain une autre. C’est aussi une façon de revenir sur la liberté individuelle qui est malgré tout dans la Constitution française. Donc, je crois que pour toutes ces raisons de fond, cette loi n’a pas de fondement et qu’elle se situe dans la suite logique de toutes ces lois répressives qui se mettent en place. Il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’on vote dans la même semaine, la loi sur le foulard et qu’on vote dans la foulée la loi Perben 2 dans le silence quasi complet. Les médias ne se sont absolument pas intéressés à cette régression des droits individuels.
Pensez-vous que nous sommes en train d’assister à l’élaboration ou au renforcement d’une citoyenneté à double vitesse ?
On assiste à un nouveau type de société qu’on ne connaissait pas en France où l’individu devient naturellement suspect. C’est-à-dire qu’on ne reconnaît plus une personne à ses droits mais tout individu existe par le fait qu’il est potentiellement un délinquant, qu’il peut aller à l’encontre de la loi ou s’opposer à l’Etat. En fait, l’Etat ne protège plus ses habitants ; il cherche désormais à se protéger. On assiste à une modification complète des valeurs de la République et c’est très inquiétant.
Des initiatives comme le Collectif Une école pour tous-tes montrent une conscientisation de l’opinion publique. Pensez-vous que tous les partenariats qui s’engagent aujourd’hui laissent à penser qu’on assiste à la création d’un mouvement alternatif, voire un contre-pouvoir ?
Il est difficile de savoir de quoi sera fait demain, mais on ne peut que constater la conscientisation des gens qui se prennent en main, n’acceptent pas la fatalité en mobilisant. Le noyau est encore petit mais il s’étend. On voit que de plus en plus de gens rejoignent ce genre de collectif. Ils ont compris les manipulations du gouvernement sur cette question de la loi relative au foulard à l’école.
C’est une démarche très positive qui rejoint tous les autres combats autour de la citoyenneté que ce soit dans les quartiers comme au niveau international. Il est important que chacun puisse se battre pour les droits car c’est le Droit qui fondera la société.
Les associations musulmanes commencent à prendre une place importante dans des débats qui ne les concernent plus eux uniquement. Cela a été le cas dans la dynamique alter-mondialiste, autour du FSE, au Larzac et aujourd’hui dans le Collectif une Ecole pour tous-tes. Que pensez-vous de cette participation ?
C’est un signe positif que de voir toutes les communautés qu’elles soient religieuses, philosophiques ou de pensée se retrouver autour d’un certain nombre de réseaux. Quand on voit autour du FSE mais aussi à Bombay au niveau mondial, la présence très variée de gens d’horizons venant de milieux religieux ou philosophiques différents, on ne peut que se réjouir. On ne peut accepter la stigmatisation d’une communauté ou dire que telle communauté doit faire plus d’efforts que les autres. Il nous faut construire un vivre ensemble où chacun a ses droits et reconnaisse les droits des autres. C’est très important et ça me choquerait si telle ou telle communauté devait se sentir obligée ou si elle était contrainte à s’intégrer car que veut dire aujourd’hui s’intégrer ? C’est quand on est montré du doigt et que rien n’est fait pour qu’on puisse vivre en fonction et à partir de ce qui nous constitue dans notre culture et nos racines. Chacun doit pouvoir vivre à partir de ce qu’il est. Si, aujourd’hui, cela ressurgit autour de la communauté musulmane, c’est parce que la France n’en a pas fini dans sa relation avec le Maghreb autour de la question coloniale. Tant qu’on n’appellera pas une guerre par son nom et qu’on ne se souviendra pas de manière claire de ce qui s’est passé en Algérie, tout cela restera profondément ancré et il est de notre devoir de nous battre contre cela.
Estimez-vous qu’on assiste à une lepénisation des esprits ?
Je ne sais pas si on doit reprocher la situation à Le Pen plus qu’à Sarkozy, voire à même certaines personnes de gauche tentées par la logique sécuritaire. Mais on assiste à un bouleversement où c’est l’individu qui est menacé ; ce qu’il faut dénoncer et combattre. Chacun doit se mobiliser et être prêt à descendre dans la rue ; agir dans son quartier, son lycée ou sur son lieu de travail. Et aussi que chacun n’oublie pas que le droit de vote a été acquis par la lutte et qu’il faut se battre pour le sauvegarder car le vote fait partie du combat.
Appelez-vous à la manifestation du 14 ?
J’appelle effectivement à cette manifestation car je pense qu’elle est fondamentale. Je ne serai malheureusement pas présent personnellement car j’ai d’autres obligations mais je crois qu’il est important qu’il y ait le maximum de gens possibles. En tous les cas, je tiens à dire que je m’associe à tous ceux qui seront dans la rue ce jour-là.
J’espère aussi que grâce à ce mouvement beaucoup de gens vont prendre conscience de la réalité et se rendront compte combien la manipulation est grande. C’est en descendant dans la rue pour protester et discutant avec les uns et les autres qu’on est le plus armé afin de résister à ceux qui veulent faire reculer les droits.
Propos recueillis par Siham Andalouci
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C'est une constante à l'extrême gauche, si la laïcité est chaque fois affirmée comme un principe républicain essentiel, elle est souvent releguée après le combat des inégalités. "Peut-on parler de laïcité lorsque les inégalités progressent ?" s'interroge MG Buffet. Et pourquoi ne le pourrait-on pas ?
La loi sur les signes religieux à l'école est dénoncée comme une loi qui "divise", une loi "de circonstance" pas à la hauteur des enjeux. Elle sera "inefficace" et "néfaste" pour Marie-George Buffet qui promet même un effet boomerang. Mais que propose-t-elle en échange ? Le PC souhaite s'attaquer aux causes créant le communautarisme, le repli identitaire. Il ne semble pas souhaiter combattre les agressions contre la laïcité. Comme si tous les musulmans se retrouvaient derrière le voile, MG Buffet semble dénoncer une stigmatisation à travers ce projet de loi de tous les musulmans.
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Intervention de Marie-George Buffet à l'Assemblée nationale lors de la discussion sur le "projet de loi relatif à l’application du principe de laïcité".
Monsieur le Président,
Monsieur le Premier ministre,
Mes chers collègues,
La laïcité est un bien essentiel dans notre République. Il s’agit d’un principe fondateur de notre pacte social auquel je veux réaffirmer aujourd’hui l’attachement indéfectible et profond du groupe des députés communistes et républicains. C’est une question complexe et les députés communistes et républicains se prononceront chacun et chacune en toute conscience. C’est une question qui appelle un débat digne, et notre assemblée doit à tout prix éviter de se laisser tromper par les prismes déformants de l’actualité, en mesurant bien les défis auxquels nous sommes confrontés.
Accordons-nous d’abord sur le diagnostic : oui, la laïcité est menacée. Et les fractures qui parcourent le pacte social et républicain sont les menaces les plus profondes. Elles sont le terreau des replis communautaires, des crispations identitaires, de la désespérance qui ouvrent des champs au fléau des intégrismes.
Qui a pour ambition de donner vraiment à la laïcité tout son éclat, doit s’attaquer aux causes de ses difficultés, plutôt que d’en traiter seulement les effets.
Peut on parler de laïcité lorsque les inégalités progressent, et que les discriminations frappent en masse des hommes et des femmes ? Peut-on parler de laïcité lorsque les libertés sont réduites pour beaucoup ? Peut-on parler de laïcité lorsque le fil qui lie entre eux les hommes et les femmes se rompt sous le poids du fardeau de chacun ? Il est manifeste aujourd’hui que la laïcité ne peut être garantie dans notre pays que si la liberté, l’égalité et la fraternité sont la règle, ce qui, de notre point de vue est assez loin d’être le cas.
La laïcité peut être menacée aussi en Europe. On l’a vu avec les débats constitutionnels.
La laïcité est menacée enfin par les postures d’affrontement, par la division et la stigmatisation, par la négation de l’individu et de sa liberté de conscience, par les intégrismes totalisants. Elle est menacée aussi lorsque le champ du débat démocratique se rabougrit au profit de postures sécuritaires et autoritaires, lorsque se dessine une société de pensée unique débarrassée des questions de sens !
« La laïcité », n’en faisons pas un slogan, un bouclier porteur d’interdits. Elle s’est forgée dans notre pays au fil des décennies, depuis la Révolution Française, comme un élément essentiel de notre démocratie.
Qu’est-ce que la laïcité aujourd’hui ? Nous aurions pu en débattre. Le rapport Stasi s’essayait à une réflexion globale, mais vous avez réduit la discussion à « la loi sur le voile », comme il est dit. Nous n’avons eu de grand débat public ni sur la laïcité, ni sur l’égalité entre hommes et femmes. Voilà pourtant les sujets essentiels sur lesquels nous aurions pu échanger pour éclairer la réflexion sur des problèmes particuliers. Le grand débat sur l’école que vous nous aviez annoncé aurait pu instruire ces questions à la lumière des principes éducatifs, mais il s’est rétréci comme une peau de chagrin.
Dans notre France du XXIème siècle, les individus vivent des appartenances éclatées, dans des vies trop souvent difficiles. La crise des valeurs, la crise des idéologies, la crise de sens, la crise de la politique qui prospèrent sur le terreau de la crise sociale, accentuent la difficulté à trouver des repères. Cela conduit parfois à des difficultés à se situer dans l’espace de la laïcité. Nous aurions pu parler de tout cela. En préparation du centenaire de la loi de 1905, nous aurions pu avoir l’audace d’un grand débat pluraliste sur un siècle de laïcité, débouchant, si nécessaire sur une grande loi. Celle qui nous est proposée aujourd’hui réduit le champ de la laïcité.
Tout prête à penser en réalité que par ce débat et cette loi, vos objectifs sont ailleurs que dans l’application du principe de laïcité, que celui-ci ne serait qu’un luxueux paravent utilisé à d’autres fins que celles affichées.
La laïcité mérite mieux que cela. Elle est pour nous, le principe social et politique qui permet à notre peuple la cohésion dans la pluralité. Elle découle directement de l’affirmation fondamentale des droits universels de l’être humain. Ces droits ne sont pas liés à l’appartenance à tel ou tel groupe social, ils ne sont pas non plus liés à telle ou telle opinion qu’elle soit politique ou religieuse. Ces droits sont assortis de façon inaliénable à la condition d’être humain. Cela suppose donc la liberté d’opinion et de pensée, la liberté religieuse. Cela implique plus que la tolérance, la reconnaissance. La laïcité est donc la garantie d’une société de paix, bâtie par des hommes et des femmes différents qui veulent vivre ensemble.
Mais il s’agit également, dans un même mouvement, d’affirmer que l’autorité publique procède de la souveraineté du peuple et ne peut être soumise à aucune forme de tutelle extérieure. La laïcité fait donc de la République un espace accueillant toutes les représentations du monde, dès lors qu’elles ne contestent pas son principe. Son affirmation est indissociable dans notre histoire de la lutte pour la République. C’est pourquoi nous craignons l’image répressive qui lui est donnée. La laïcité est un idéal positif, un concept social mobilisateur, un élément essentiel d’un projet de société. Ce n’est pas une grammaire statique, mais c’est le sens lui-même et le mouvement.
C’est dans ce contexte, qu’il faut évoquer le voile. Le voile représente pour moi une atteinte insupportable à l’intégrité et à la dignité des femmes en tant que négation de leur corps, de leurs désirs, de leur personnalité. La République ne peut se résoudre à la domination des femmes et ne doit avoir de cesse que d’agir en faveur de l’égalité entre hommes et femmes. Il faut avoir le courage de dire que ce combat n’est pas derrière nous, que demeurent, ici et dans le monde, des discriminations; que demeurent des violences inacceptables ; qu’une nouvelle domination masculine se fait jour dans une partie de notre jeunesse… Oui, il s’agit bien d’un combat actuel dans toutes les sphères de la société, dans tous les domaines. C’est sur ce terrain-là que le voile me semble devoir être combattu, sans complaisance, avec constance et détermination. Nous voulons avec les jeunes filles et les femmes voilées, créer les conditions de leur émancipation.
Entre parenthèses, est-ce toujours cette domination masculine qui gêne derrière le voile ? N’est-ce pas parfois pour certains cette France devenue plurielle ? Pour nous, c’est une réalité, et c’est une richesse.
Nous savons que les raisons pour lesquelles des femmes et des jeunes filles portent le voile sont variées. Elles sont au moins au nombre de trois : certaines se le voient imposer, d’autres sont convaincues d’accomplir ainsi un devoir religieux, d’autres enfin entendent, de la sorte, se protéger d’agressions masculines. C’est aussi sur ces causes qu’il faut intervenir : mieux faire progresser l’émancipation féminine et les droits des femmes, mieux assurer le vivre ensemble dans les cités, mener le débat sur la laïcité et mener le combat contre l’intégrisme.
Ce combat doit être déterminé. L’intégrisme est un principe politique qui entend que des préceptes religieux régissent la vie politique. Il fait violence à l’individu, à sa liberté. L’intégrisme est inacceptable en France comme ailleurs, de par l’universalité des droits de l’homme. Il faut mener ce combat de manière politique, pour qu’il soit gagné dans les consciences. Il faut réaffirmer partout l’autorité de l’Etat républicain, faire appliquer nos lois contre le racisme, l’antisémitisme, contre les violences, contre les atteintes à la démocratie. Mais il faut aller au-delà en affichant l’engagement républicain pour le progrès et l’émancipation humaine. Un engagement qui n’emploie pas seulement l’argument d’autorité mais mène avec conviction le combat laïque. L’autorité de l’Etat procède en effet à la fois de son bien fondé, et de sa capacité à convaincre et à créer un mouvement d’ensemble. On ne débusque pas l’obscurantisme, on ne met pas en difficulté les intégrismes, en pointant du doigt tous les croyants, en stigmatisant particulièrement les musulmans, en visant une fois de plus, parmi eux les femmes, en faisant du voile un étendard qu’il n’était pas toujours. J’en veux pour preuve la manifestation de femmes voilées encadrées par des intégristes du 17 janvier dernier.
C’est ainsi qu’en septembre prochain, faute d’avoir réellement réfléchi à la situation, la loi que vous nous proposez laissera pour l’essentiel la communauté éducative désemparée, parce que la source des problèmes auxquels elle est confrontée ne sera pas tarie, parce que ses questions vont bien au-delà de votre article de loi. C’est ainsi que le droit et la dignité des femmes continueront d’être des questions laissées dans l’ombre. C’est ainsi que le seul choix de l’interdit, continuera à échafauder cette société de la peur et du communautarisme.
Combattre l’intégrisme suppose d’avoir confiance en la force des idéaux républicains et démocratiques, d’avoir confiance en la capacité de chacun et chacune à réfléchir et à comprendre. Cela suppose des actes politiques forts, cela suppose un engagement déterminé. Mais la loi qui nous est proposée divise notre peuple, elle n’apporte en réalité de solution ni face au voile, ni face aux grandes questions du vivre ensemble aujourd’hui. Il serait grave de chercher ici à se dédouaner. La réponse proposée n’est pas à la hauteur du problème posé. Ne cédons pas à un climat, ayons le courage de dire que la laïcité nécessite un grand débat, une grande loi, et non des décisions de circonstance.
Jusqu’où irons-nous dans cette direction ? D’aucuns ont proposé de remettre à l’ordre du jour le port de l’uniforme. Le ministre de l’Education Nationale a évoqué le port de la barbe, soulignant ainsi le caractère potentiellement inopérant de la loi que vous nous proposez. Quant à l’extension proposée par certains de la loi aux signes politiques et philosophiques, ils éclairent d’un jour nouveau l’interdiction des signes religieux. Ainsi, notre République serait menacée par les convictions religieuses, politiques et philosophiques. Permettez-moi de ne pas partager cette analyse. Les doutes quant à votre politique en matière de laïcité et de lutte contre le voile sont nombreux.
Pensez-vous que l’on puisse considérer l’école comme un sanctuaire échappant aux bruits du monde, où seule est autorisée à en parler l’institution ?
Pensez-vous que l’on puisse créer une séparation factice entre public et privé pour ce qui concerne les convictions et l’identité de chacun, sans mettre en danger la liberté d’expression ?
Pensez-vous que l’on puisse se contenter de poser la question de la laïcité à l’école ?
N’êtes-vous pas interrogés par les appels des autorités religieuses dans leur diversité ainsi que d’organisations attachées à la laïcité et aux droits de l’homme, de syndicats qui craignent les limites et les conséquences de votre démarche ?
L’interdiction, enfin, et l’exclusion, sont-elles les meilleurs chemins d’une liberté retrouvée ?
Votre loi sera inefficace, car elle va multiplier les tensions stériles sans solutions progressistes. Votre loi sera néfaste car elle va réduire le champ de la laïcité, donc de la démocratie, et déséquilibrer le processus éducatif au profit du terme normatif et arbitraire. L’inquiétude est grande que la loi proposée ne s’avère finalement être un boomerang. Vraiment, ce n’est pas ainsi que l’on gagnera contre le voile, ni contre l’intégrisme.
Il faut combattre fermement ce qui porte atteinte à la dignité de l’individu, ce qui l’agresse, ce qui provoque des situations d’affrontement. Il y a des signes à donner, pour dire la détermination de la République face à l’intégrisme, face aux atteintes à l’intégrité des femmes ; je veux croire que cela nous rassemble ici sur tous les bancs. Ce sont les signes d’une vigilance, d’un engagement des institutions et des élus pour ne pas laisser se développer ces phénomènes, pour ne pas laisser tranquilles ceux qui en sont les porteurs, pour animer le débat, pour convaincre. Faisons vivre la laïcité, mettons-la en mouvement. Je crois que la communauté éducative a la capacité, si on lui en donne les moyens, de faire vivre des règlements librement consentis faisant appel à l’intelligence de chacune et de chacun, à l’entre-eux des élèves, au développement de la citoyenneté. Ne faut-il pas repenser l’enseignement de la laïcité, de l’histoire, du fait politique et religieux ? Ne serait-il pas utile à la communauté éducative et au-delà, de créer un Haut-Conseil à la laïcité, dont le rôle serait de faire vivre la laïcité concrètement, d’assurer un rôle de médiation, de réfléchir à en donner les clefs par un mode d’emploi ? Ne faut-il pas réfléchir à la manière dont nous pouvons mieux intégrer l’apport de chacun à la cohésion sociale au sein du débat républicain, et produire les gestes de reconnaissance attendus ? Ne peut-on pas en quelque sorte, mettre à l’ordre du jour cette question : qu’avons-nous à construire ensemble ?
La laïcité a besoin qu’on lui donne du souffle, qu’on la rende vivante. Elle a besoin de s’expérimenter, d’être vécue en conscience. Elle n’a pas besoin de la peur et de toutes sortes de phobies. Elle a besoin que les différences s’expriment dans le respect total d’autrui et de la société. C’est là qu’elle trouve son sens et son efficacité. Partout il faut permettre, dans les établissements scolaires et ailleurs que l’on se penche sur cette question, que l’on évalue les conditions dans lesquelles elle s’exerce, que l’on se donne les règles qu’il convient de se fixer ensemble pour éviter les situations d’affrontement.
Le renouveau de la laïcité doit s’accompagner nécessairement d’un renouveau de la citoyenneté et de la politique. D’un renouveau de la recherche de sens. La mixité de notre société, l’unité de notre peuple, l’universalité de l’humanité doivent se bâtir dans la laïcité. Elle exige de rechercher ce qui nous fait semblables sans occulter ce qui nous différencie, pour vivre ensemble pleinement. Elle exige la liberté, l’égalité, et la fraternité.
Il faut le craindre, nous risquons d’être conduits aujourd’hui à une délibération qui laissera chacun et chacune insatisfait. Evidemment, le débat a traversé le groupe des député-e-s communistes et républicains. Ils voteront chacun et chacune en conscience. Ils appellent, pour vaincre le repli et l’intégrisme à une politique de liberté, d’égalité, de fraternité. C’est ce combat qui fera que la laïcité vivra.