-*- politique

Vendredi 29 septembre 2006

Une video de Pierre Bourdieu,
qui ne date pas tant que ça :

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cliquez ici !

...et pour ceux qui sont pressés allez directement à la minute 9
Par Dominique
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Samedi 30 septembre 2006
Un film trés bien fait

Source :
Le vrai Sarkozy

A voir avant et pendant la campagne

durée 10 mn 47 s

Dominique
Par Dominique
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Dimanche 8 octobre 2006
François Bayrou se démarque très clairement des choix communautaristes de Nicolas Sarkozy, "incompatibles avec l'identité française". Il s'oppose également à tout "toilettage" de la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat.
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Le président de l'UDF François Bayrou s'est prononcé mardi contre tout "communautarisme" et a vivement défendu la laïcité française issue de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, "modèle universel" à ses yeux.
"Le communautarisme est incompatible avec l'identité française, et républicaine naturellement", a déclaré M. Bayrou, qui était auditionné par la "Commission de défense de la loi de 1905", du Grand Orient de France, principale obédience maçonnique.
Cette laïcité est "un modèle universel qu'il est bon de défendre et de promouvoir", a ajouté M. Bayrou, qui s'est démarqué de ceux qui jugent cette notion "désuète et anachronique".
Avec cette loi, "la France a fait pour l'humanité un grand pas en fondant cet équilibre nouveau", a ajouté M. Bayrou, qui s'est affirmé lui-même "chrétien", ne décelant "aucun antagonisme, mise en cause de l'esprit et de la démarche religieux" dans la séparation Eglise-Etat.
Il s'est précisément prononcé contre toute modification de la loi de 1905, exprimant ainsi son désaccord avec le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui est comme lui probable candidat à la présidentielle de 2007, et qu'il n'a pas cité.
"La loi de 1905 est un des éléments de la colonne vertébrale de la République française, de la société, de la France. La question des relations entre les religions, les cultes, l'Etat, les collectivités locales peuvent parfaitement se gérer dans le cadre de la loi de 1905", a-t-il dit.
Les partisans du "toilettage" de cette loi "veulent "reprendre et changer le fond" de cette loi, et "revenir à des relations d'ordre structurel, de financement structurel", entre les Eglises et l'Etat, ce qui serait "un grand risque".
"On sait où commencerait la déstabilisation, on ne sait où elle s'arrêterait", a-t-il souligné.

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Il n'y a pas de plus parlant exemple que Roubaix concernant la dangereuse gestion communautariste des Verts. A lire absolument, cet article de Marianne :

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Dans la ville du Nord, creuset de l'appel des «indigènes de la République», les tenants d'un islam dur sévissent en toute impunité. La République perd du terrain...

A Roubaix, il y a dans notre vie quotidienne et privée, de façon de plus en plus prégnante, un discours normatif qui s'appuie sur l'islam. Ça s'est accentué ces dernières armées. Il y a eu, et il y a encore, un vrai travail de terrain.» L'homme qui fait ce constat n'est pas un politique. C'est Messaoud Bouras, un simple citoyen qui s'est fait, par la force des choses, une spécialité de la lutte contre l'«islamo-gauchisme roubaisien». Un courant, selon lui, qui mine le débat politique local depuis longtemps.
Seul, pendant des années, à le dénoncer, Messaoud Bouras est aujourd'hui écouté, soutenu par un nombre croissant de Roubaisiens et d'élus.

Trop tard pour empêcher Roubaix de devenir le creuset de l'appel des «indigènes de la République».

Cette pétition violemment antirépublicaine, ethniciste et ultracommunautaire, lancée en janvier 2005 par quelques intellectuels, accusait la France d'avoir une gestion coloniale de ses citoyens issus de l'immigration - notamment par le biais de la loi contre le voile, jugée «discriminatoire, sexiste, raciste» A lire en ligne sur www.indigenes.org. On imagine l'impact, catastrophique, d'un tel discours sur une ville comme Roubaix, dont un tiers de la population est issu de l'immigration maghrébine (la moitié chez les jeunes de moins de 25 ans). Il est pourtant abondamment relayé par des associatifs et des politiques qu'on ne peut taxer d'inconscience. Au contraire, ils savent parfaitement ce qu'ils font. Ce qui n'est pas le cas des élus de la majorité municipale qui ont longtemps donné leur bénédiction, ainsi que plusieurs dizaines de milliers d'euros de subventions annuelles, à des associations dont le but est de promouvoir un islam politique.
 
«Le blasphème comme un crime»
Il suffit pourtant de jeter un oeil à la liste des conférenciers invités par l'association roubaisienne Rencontre et dialogue (ARD) pour comprendre que sa vocation n'a plus rien à voir avec ce qui avait présidé à sa fondation il y a onze ans. A l'époque, l'ancien maire de Roubaix André Diligent avait souhaité promouvoir le dialogue interreligieux entre musulmans et catholiques. Aujourd'hui, l'ARD promeut surtout des gens comme le prédicateur Hassan Iquioussen - dont les violentes diatribes contre les juifs avaient fait la une des médias fin 2004 -, ainsi que le plus modéré Tariq Ramadan, régulièrement invité. Ce qui n'est guère étonnant lorsqu'on sait que le président de Rencontre et dialogue n'est autre qu'Ali Rahni, le porte-parole du Collectif des musulmans de France (CMF), un mouvement qui soutient activement Tariq Ramadan. Le CMF est aussi l'un des promoteurs autoproclamés de la pétition des «indigènes de la République».
Le point de vue de Rahni sur l'affaire des caricatures, publié le 2 février dernier sur le site communautariste saphirnews.com, en dit long: «La vague de solidarité exprimée par d'autres journaux nationaux ou européens cache mal en fait une tendance islamophobe devenue politiquement correcte chez nous. Il serait naïf de croire que la provocation n'était pas calculée, ou bien qu'il s'agirait de l'expression d'une liberté. Nous sommes conscients que notre pays ne considère pas le blasphème comme un crime. Mais, lorsque cette dernière devient une insulte et une incitation à la haine et à la violence envers la deuxième religion du pays et de ses adeptes, elle doit se fixer elle-même ses propres limites.»
Contacté par téléphone, Ali Rahni, estimant être «la cible de l'extrême droite sioniste», a refusé de s'exprimer dans Marianne, si ce n'est pour nous adresser une mise en garde - «Faut pas jouer avec le feu sinon on se brûle» - et déclarer, avant de raccrocher brutalement: «J'invite qui je veux dans mes débats.» Certes. Mais Ali Rahni oublie un détail: c'est avec l'argent du contribuable qu'il invite «qui il veut», car l'ARD vit en grande partie des subventions publiques et organise ses débats dans une salle mise à sa disposition par la municipalité. «Pourtant, dès qu'on lui demande des comptes, il refuse et nous traite de «négationnistes»», confie-t-on à la mairie de Roubaix.
«Récemment, nous avons tenté de mettre en place une convention entre la ville et l'ARD, mais l'association refuse de communiquer le moindre compte, confirme Christian Maes, responsable du MRC (Mouvement républicain et citoyen) de Roubaix et conseiller du maire pour les associations. Bien sûr, l'ARD a le droit d'exister, mais pas avec de l'argent public.» Dans ces conditions, pourquoi a-t-elle bénéficié des largesses municipales (plusieurs dizaines milliers d'euros par an) pendant des années? «Ce qui se passe est très rampant, estime Christian Maes. C'est même imperceptible pour les gens de l'extérieur. Mais il y a une indéniable pression de l'islam sur la ville et ses élus, que ce soit pour la construction de mosquées ou pour le financement de diverses associations.»
«Une certaine tendance islamophobe est devenue politiquement correcte chez nous.» Ali Rahni
Hassan Iquioussen
Prédicateur une des voix islamistes de Roubaix
Tarig Ramadan
Conférencier. Régulièrement invité par l'association roubaisienne «Rencontre et dialogue».
Saïd Bouamama
Sociologie Un des initiateurs de l'appel des «indigènes de la République».
Les Verts verts...
Une pression qui viendrait du coeur même de la majorité municipale (gauche plurielle) roubaisienne, puisque, d'après un grand nombre d'élus, les Verts de Roubaix seraient acquis à la cause des «islamo-gauchistes» dénoncés par Messaoud Bouras. «Le problème, ce ne sont pas les Verts, mais les Verts verts», lâche un socialiste. De fait, les Verts locaux se montrent très proches de diverses structures controversées, au premier rang desquelles figure l'ARD.
«Ecrivez ce que vous voulez, j'exercerai mon droit de réponse et je vous poursuivrai si nécessaire»: voilà la réponse de Slimane Tir, chef de file des Verts de Roubaix, conseiller municipal et vice-président de Lille métropole communauté urbaine, à nos innombrables demandes d'entretien. Ce refus catégorique peut paraître étonnant de la part d'un homme qu'on nous a décrit comme un sympathique quadragénaire qui brigue un mandat électoral (celui de député de la 7e circonscription) sous l'étiquette d'un parti tout à fait démocratique (on lui souhaite bonne chance!). En fait, tout se passe en circuit fermé: Slimane Tir est un proche d'Ali Rahni, le président de l'ARD, dont il est le beau-frère. Rahni, lui, n'est pas uniquement le beau-frère de Tir, il est aussi membre des Verts, et vice-président de Pastel FM, la radio communautaire dont Slimane Tir est le président.
Cela ne fait cependant pas du conseiller municipal vert un «Vert vert». De même, il est tout à fait possible que Slimane Tir n'ait jamais écouté la radio qu'il préside. Donc il ignore peut-être que la station diffuse le vendredi à 20 heures une émission religieuse intitulée «La prophétie», réalisée avec l'ARD, et où l'islamiste Hassan Iquioussen bénéficie quasi d'une antenne ouverte, comme Ramadan. Une fois de plus avec les deniers publics...
Une troisième association vient compléter ce qui ressemble à un dispositif: l'Université populaire et citoyenne (UPC), qui bénéficie de plus 120 000 euros de subventions annuelles, peut être considérée comme le volet politique de la galaxie.
Là encore, les Verts de Roubaix sont accusés de «truster» cette association fondée par la mairie. «L'UPC, estime un acteur social roubaisien, est minée par cette «envie de rester entre soi» des Verts.» Mais pas seulement. «Je me suis rendu compte qu'il y avait un problème, raconte Max-André Pick, conseiller municipal (UMP), le jour où les responsables de l'UPC sont venus me solliciter pour que des représentants de l'UMP participent à leurs débats. Je me suis renseigné sur les autres conférenciers: c'étaient tous des gens qui s'étaient prononcés contre la loi sur le voile, voire des fondamentalistes.»
Ainsi, sur huit débats programmés par l'«université» en 2005, trois avaient pour invités soit des intellectuels proches de Ramadan (Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde diplomatique), soit des promoteurs de la pétition des «indigènes» (les sociologues Saïd Bouamama et Sylvie Tissot, le professeur de philosophie Pierre Tévanian) - le tout sans le moindre contradicteur, évidemment.
En fait d'«université populaire et citoyenne», les habitants de Roubaix n'ont finalement droit qu'aux discours antirépublicains et ultracommunautaristes des «indigènes de la République», dont l'influence se fait sentir jusque dans les conseils municipaux, où Slimane Tir n'hésite pas à dénoncer haut et fort la «lepénisation des esprits», lorsque des élus lui demandent de s'expliquer sur l'attitude de l'ARD. De même, sur le site des Verts de Roubaix, on peut lire une proposition de rencontre publique avec Pierre Tévanian (des «indigènes») et le Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB), groupe ultra dans la mouvance des «indigènes», «afin de débattre de l'impact du rapport colonial persistant sur la situation actuelle des immigrés et de leurs héritiers et ensemble de tracer des pistes sur les ripostes possibles».
«Ce qui se passe est très rampant. Il y a une indéniable pression de l'islam sur la ville et ses élus.»
Christian Maes
Lent endoctrinement
Le but est, bien sûr, d'abord électoral. «Slimane Tir est persuadé qu'il y a un vote musulman à Roubaix, explique Max-André Pick, et qu'il percera grâce à ça, mais il se trompe. Les musulmans sont attachés au modèle laïc républicain.» Les Verts de Roubaix ne sont pas les seuls à chercher à se concilier les bonnes grâces des religieux afin de grappiller quelques voix qui peuvent être décisives: à Lille, la majorité municipale emmenée par Martine Aubry - dont l'époux, Jean-Louis Brochen, est justement l'avocat de Rencontre et dialogue - multiplie les petites attentions à l'égard des imams.
Lille est ainsi la seule municipalité à proposer dans ses piscines des plages horaires réservées aux femmes. Bien sûr, chacun - politiques et religieux - est persuadé d'instrumentaliser l'autre. Qui a raison? Ecoutons des acteurs de terrain.
Ex-proviseur d'un collège de Roubaix, Bernard Truant se souvient: «Vers 1992, des «étudiants» musulmans ont proposé à des parents d'élèves de prendre en charge l'aide aux devoirs. Comme nous aussi, on faisait de l'aide aux devoirs, on s'est vite aperçus que les élèves d'origine maghrébine ne venaient plus. Et on a réalisé qu'en fait de soutien scolaire ils avaient droit tous les soirs à trente minutes de lecture du Coran, et cinq minutes de maths. Ceux qui étaient issus des milieux les plus modestes ont été endoctrinés. Leur comportement a changé, surtout chez les garçons: ils se refermaient sur eux-mêmes, se retiraient de la communauté scolaire.
Quatre ans plus tard, au lycée, il y avait une cinquantaine de filles voilées: le travail commencé en 1992 a porté ses fruits en 1996.» Responsable du comité local de Ni putes ni soumises, Amandine Briffaut fait le même constat: «Nous ne sommes pas les bienvenus à Roubaix. «En voulant dévoiler les femmes on les colonise»: voilà ce qu'on entend dans les débats. Fadela Amara y est traitée de «traîtresse». Pour eux, même les Arabes républicains sont islamophobes.» Et de raconter cette fête de quartier qui a mal tourné. Les organisateurs avaient fait venir des danseuses brésiliennes - 2005 était l'Année du Brésil. Elles n'ont jamais pu finir leur spectacle: elles ont dû se rhabiller sous les huées. «Il y a même des gamins qui ont rentré leurs mères pour qu'elles ne voient pas de femmes «dénudées». Et le pire, c'est que ce n'est pas un quartier où les filles sont particulièrement opprimées. Mais, là, c'était clairement le début du processus.»
D'autant que toute résistance semble avoir été vaincue. Ainsi, en septembre 2004, la Fédération des associations laïques (FAL) de Roubaix avait organisé un débat sur le thème du voile à l'école, avec pour invités un proviseur de lycée hostile à la loi contre le voile et... le sociologue provoile Saïd Bouamama. Personne n'était là pour les contredire. Même parmi les membres de la FAL! Vous avez dit «débat démocratique»?

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Le Pen a toujours soutenu les pires dictateur. Il se fait ici le défensur du président iranien Ahmadinejad qu'il critiquait trois mois au paravant. Une attitude totalement irresponsable.
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Le président du Front national Jean-Marie Le Pen "ne voit pas" pas pourquoi l'Iran devrait être empêché de se doter de l'arme nucléaire, indique-t-il dans l'éditorial du mensuel du FN, "Français d'Abord", du mois de mars.

"Je ne vois pas au nom de quel principe on peut interdire à un Etat de vouloir maîtriser la technologie nucléaire à des fins civiles ou militaires", écrit le président du parti d'extrême-droite. "Pourquoi reprocher à Ahmadinejad (le président iranien) ce que l'on n'a pas reproché à d'autres avant lui? On n'a pas fait la guerre à l'Inde, au Pakistan ou à Israël lorsque (...) ces pays ont acquis la technologie nucléaire militaire", poursuit-il.

L'arme nucléaire est une "arme dont on ne sert pas, puisque celui qui s'en sert est certain d'être détruit dans les minutes qui suivent", affirme le président du FN. Dans son éditorial, M. Le Pen suggère que l'opinion mondiale est "chauffée à blanc" sur le sujet,
parce que les Etats-Unis et leurs "alliés inconditionnels" "désirent ardemment" la guerre contre l'Iran.

"Après les interventions en Afghanistan et en Irak, il faut mettre l'Iran au pas, pour sécuriser les approvisionnements en pétrole, mettre Israël à l'abri, et peut-être aussi faire une guerre d'anéantissement contre l'Islam, conformément au souhait des faucons évangélistes qui dominent les institutions américaines", écrit M. Le Pen.

Dans le même texte, M. Le Pen suggère également que la récente polémique internationale sur les caricatures de Mahomet est liée au bras de fer international avec Téhéran. "Il faut préparer l'opinion à la guerre" contre l'Iran, et "quoi de mieux pour ce faire qu'une bonne polémique internationale à propos de l'islam", déclare-t-il.
(AFP, 12 mars 2006)
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José Bové est un ardent défenseur du voile et de la thèse indigène présentant la laïcité comme une forme nouvelle de colonialisme.
Sur le site Oumma.com, proche de son ami Tariq Ramadan, il revient sur la loi sur les signes religieux à l'école et appelle à la manifestation pro voile du lendemain.

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Entretien avec José Bové :
« J’appelle à la manifestation du samedi 14 qui est fondamentale »

Dans cet entretien accordé à oumma.com, José Bové revient sur la loi anti-foulard qu’il qualifie d’ inutile et dangereuse, et appelle à manifester en masse le samedi 14 février.

Quel est votre sentiment sur la loi qui vient d’être votée contre le port des signes religieux à l’école ?

 

Comme beaucoup de gens, j’ai été très surpris de cette « affaire du foulard » et de l’ampleur du débat. Cette affaire a été énormément instrumentalisée pour détourner l’attention des vrais problèmes. Malgré elle, cette polémique est devenue une affaire centrale alors qu’en discutant avec les enseignants, les responsables de lycées, les éducateurs, on se rend compte qu’il n’y a pas eu réellement de problèmes de cette nature. A mon sens, tout cela est construit de toutes pièces. De manière claire, je pense que cette loi était inutile et surtout dangereuse car on aujourd’hui on s’attaque au foulard et c’est une façon de criminaliser une partie de la population issue de l’immigration. C’est une façon de montrer du doigt une religion ― pourquoi pas demain une autre. C’est aussi une façon de revenir sur la liberté individuelle qui est malgré tout dans la Constitution française. Donc, je crois que pour toutes ces raisons de fond, cette loi n’a pas de fondement et qu’elle se situe dans la suite logique de toutes ces lois répressives qui se mettent en place. Il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’on vote dans la même semaine, la loi sur le foulard et qu’on vote dans la foulée la loi Perben 2 dans le silence quasi complet. Les médias ne se sont absolument pas intéressés à cette régression des droits individuels.

Pensez-vous que nous sommes en train d’assister à l’élaboration ou au renforcement d’une citoyenneté à double vitesse ?

 

On assiste à un nouveau type de société qu’on ne connaissait pas en France où l’individu devient naturellement suspect. C’est-à-dire qu’on ne reconnaît plus une personne à ses droits mais tout individu existe par le fait qu’il est potentiellement un délinquant, qu’il peut aller à l’encontre de la loi ou s’opposer à l’Etat. En fait, l’Etat ne protège plus ses habitants ; il cherche désormais à se protéger. On assiste à une modification complète des valeurs de la République et c’est très inquiétant.

Des initiatives comme le Collectif Une école pour tous-tes montrent une conscientisation de l’opinion publique. Pensez-vous que tous les partenariats qui s’engagent aujourd’hui laissent à penser qu’on assiste à la création d’un mouvement alternatif, voire un contre-pouvoir ?

 

Il est difficile de savoir de quoi sera fait demain, mais on ne peut que constater la conscientisation des gens qui se prennent en main, n’acceptent pas la fatalité en mobilisant. Le noyau est encore petit mais il s’étend. On voit que de plus en plus de gens rejoignent ce genre de collectif. Ils ont compris les manipulations du gouvernement sur cette question de la loi relative au foulard à l’école.

C’est une démarche très positive qui rejoint tous les autres combats autour de la citoyenneté que ce soit dans les quartiers comme au niveau international. Il est important que chacun puisse se battre pour les droits car c’est le Droit qui fondera la société.

Les associations musulmanes commencent à prendre une place importante dans des débats qui ne les concernent plus eux uniquement. Cela a été le cas dans la dynamique alter-mondialiste, autour du FSE, au Larzac et aujourd’hui dans le Collectif une Ecole pour tous-tes. Que pensez-vous de cette participation ?

 

C’est un signe positif que de voir toutes les communautés qu’elles soient religieuses, philosophiques ou de pensée se retrouver autour d’un certain nombre de réseaux. Quand on voit autour du FSE mais aussi à Bombay au niveau mondial, la présence très variée de gens d’horizons venant de milieux religieux ou philosophiques différents, on ne peut que se réjouir. On ne peut accepter la stigmatisation d’une communauté ou dire que telle communauté doit faire plus d’efforts que les autres. Il nous faut construire un vivre ensemble où chacun a ses droits et reconnaisse les droits des autres. C’est très important et ça me choquerait si telle ou telle communauté devait se sentir obligée ou si elle était contrainte à s’intégrer car que veut dire aujourd’hui s’intégrer ? C’est quand on est montré du doigt et que rien n’est fait pour qu’on puisse vivre en fonction et à partir de ce qui nous constitue dans notre culture et nos racines. Chacun doit pouvoir vivre à partir de ce qu’il est. Si, aujourd’hui, cela ressurgit autour de la communauté musulmane, c’est parce que la France n’en a pas fini dans sa relation avec le Maghreb autour de la question coloniale. Tant qu’on n’appellera pas une guerre par son nom et qu’on ne se souviendra pas de manière claire de ce qui s’est passé en Algérie, tout cela restera profondément ancré et il est de notre devoir de nous battre contre cela.

Estimez-vous qu’on assiste à une lepénisation des esprits ?

 

Je ne sais pas si on doit reprocher la situation à Le Pen plus qu’à Sarkozy, voire à même certaines personnes de gauche tentées par la logique sécuritaire. Mais on assiste à un bouleversement où c’est l’individu qui est menacé ; ce qu’il faut dénoncer et combattre. Chacun doit se mobiliser et être prêt à descendre dans la rue ; agir dans son quartier, son lycée ou sur son lieu de travail. Et aussi que chacun n’oublie pas que le droit de vote a été acquis par la lutte et qu’il faut se battre pour le sauvegarder car le vote fait partie du combat.

Appelez-vous à la manifestation du 14 ?

 

J’appelle effectivement à cette manifestation car je pense qu’elle est fondamentale. Je ne serai malheureusement pas présent personnellement car j’ai d’autres obligations mais je crois qu’il est important qu’il y ait le maximum de gens possibles. En tous les cas, je tiens à dire que je m’associe à tous ceux qui seront dans la rue ce jour-là.

J’espère aussi que grâce à ce mouvement beaucoup de gens vont prendre conscience de la réalité et se rendront compte combien la manipulation est grande. C’est en descendant dans la rue pour protester et discutant avec les uns et les autres qu’on est le plus armé afin de résister à ceux qui veulent faire reculer les droits.

Propos recueillis par Siham Andalouci

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C'est une constante à l'extrême gauche, si la laïcité est chaque fois affirmée comme un principe républicain essentiel, elle est souvent releguée après le combat des inégalités. "Peut-on parler de laïcité lorsque les inégalités progressent ?" s'interroge MG Buffet. Et pourquoi ne le pourrait-on pas ?
La loi sur les signes religieux à l'école est dénoncée comme une loi qui "divise", une loi "de circonstance" pas à la hauteur des enjeux. Elle sera "inefficace" et "néfaste" pour Marie-George Buffet qui promet même un effet boomerang. Mais que propose-t-elle en échange ? Le PC souhaite s'attaquer aux causes créant le communautarisme, le repli identitaire. Il ne semble pas souhaiter combattre les agressions contre la laïcité. Comme si tous les musulmans se retrouvaient derrière le voile, MG Buffet semble dénoncer une stigmatisation à travers ce projet de loi de tous les musulmans.

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Intervention de Marie-George Buffet à l'Assemblée nationale lors de la discussion sur le "projet de loi relatif à l’application du principe de laïcité".

Monsieur le Président,
Monsieur le Premier ministre,
Mes chers collègues,

La laïcité est un bien essentiel dans notre République. Il s’agit d’un principe fondateur de notre pacte social auquel je veux réaffirmer aujourd’hui l’attachement indéfectible et profond du groupe des députés communistes et républicains. C’est une question complexe et les députés communistes et républicains se prononceront chacun et chacune en toute conscience. C’est une question qui appelle un débat digne, et notre assemblée doit à tout prix éviter de se laisser tromper par les prismes déformants de l’actualité, en mesurant bien les défis auxquels nous sommes confrontés.

Accordons-nous d’abord sur le diagnostic : oui, la laïcité est menacée. Et les fractures qui parcourent le pacte social et républicain sont les menaces les plus profondes. Elles sont le terreau des replis communautaires, des crispations identitaires, de la désespérance qui ouvrent des champs au fléau des intégrismes.

Qui a pour ambition de donner vraiment à la laïcité tout son éclat, doit s’attaquer aux causes de ses difficultés, plutôt que d’en traiter seulement les effets.

Peut on parler de laïcité lorsque les inégalités progressent, et que les discriminations frappent en masse des hommes et des femmes ? Peut-on parler de laïcité lorsque les libertés sont réduites pour beaucoup ? Peut-on parler de laïcité lorsque le fil qui lie entre eux les hommes et les femmes se rompt sous le poids du fardeau de chacun ? Il est manifeste aujourd’hui que la laïcité ne peut être garantie dans notre pays que si la liberté, l’égalité et la fraternité sont la règle, ce qui, de notre point de vue est assez loin d’être le cas.

La laïcité peut être menacée aussi en Europe. On l’a vu avec les débats constitutionnels.

La laïcité est menacée enfin par les postures d’affrontement, par la division et la stigmatisation, par la négation de l’individu et de sa liberté de conscience, par les intégrismes totalisants. Elle est menacée aussi lorsque le champ du débat démocratique se rabougrit au profit de postures sécuritaires et autoritaires, lorsque se dessine une société de pensée unique débarrassée des questions de sens !

« La laïcité », n’en faisons pas un slogan, un bouclier porteur d’interdits. Elle s’est forgée dans notre pays au fil des décennies, depuis la Révolution Française, comme un élément essentiel de notre démocratie.

Qu’est-ce que la laïcité aujourd’hui ? Nous aurions pu en débattre. Le rapport Stasi s’essayait à une réflexion globale, mais vous avez réduit la discussion à « la loi sur le voile », comme il est dit. Nous n’avons eu de grand débat public ni sur la laïcité, ni sur l’égalité entre hommes et femmes. Voilà pourtant les sujets essentiels sur lesquels nous aurions pu échanger pour éclairer la réflexion sur des problèmes particuliers. Le grand débat sur l’école que vous nous aviez annoncé aurait pu instruire ces questions à la lumière des principes éducatifs, mais il s’est rétréci comme une peau de chagrin.

Dans notre France du XXIème siècle, les individus vivent des appartenances éclatées, dans des vies trop souvent difficiles. La crise des valeurs, la crise des idéologies, la crise de sens, la crise de la politique qui prospèrent sur le terreau de la crise sociale, accentuent la difficulté à trouver des repères. Cela conduit parfois à des difficultés à se situer dans l’espace de la laïcité. Nous aurions pu parler de tout cela. En préparation du centenaire de la loi de 1905, nous aurions pu avoir l’audace d’un grand débat pluraliste sur un siècle de laïcité, débouchant, si nécessaire sur une grande loi. Celle qui nous est proposée aujourd’hui réduit le champ de la laïcité.

Tout prête à penser en réalité que par ce débat et cette loi, vos objectifs sont ailleurs que dans l’application du principe de laïcité, que celui-ci ne serait qu’un luxueux paravent utilisé à d’autres fins que celles affichées.

La laïcité mérite mieux que cela. Elle est pour nous, le principe social et politique qui permet à notre peuple la cohésion dans la pluralité. Elle découle directement de l’affirmation fondamentale des droits universels de l’être humain. Ces droits ne sont pas liés à l’appartenance à tel ou tel groupe social, ils ne sont pas non plus liés à telle ou telle opinion qu’elle soit politique ou religieuse. Ces droits sont assortis de façon inaliénable à la condition d’être humain. Cela suppose donc la liberté d’opinion et de pensée, la liberté religieuse. Cela implique plus que la tolérance, la reconnaissance. La laïcité est donc la garantie d’une société de paix, bâtie par des hommes et des femmes différents qui veulent vivre ensemble.

Mais il s’agit également, dans un même mouvement, d’affirmer que l’autorité publique procède de la souveraineté du peuple et ne peut être soumise à aucune forme de tutelle extérieure. La laïcité fait donc de la République un espace accueillant toutes les représentations du monde, dès lors qu’elles ne contestent pas son principe. Son affirmation est indissociable dans notre histoire de la lutte pour la République. C’est pourquoi nous craignons l’image répressive qui lui est donnée. La laïcité est un idéal positif, un concept social mobilisateur, un élément essentiel d’un projet de société. Ce n’est pas une grammaire statique, mais c’est le sens lui-même et le mouvement.

C’est dans ce contexte, qu’il faut évoquer le voile. Le voile représente pour moi une atteinte insupportable à l’intégrité et à la dignité des femmes en tant que négation de leur corps, de leurs désirs, de leur personnalité. La République ne peut se résoudre à la domination des femmes et ne doit avoir de cesse que d’agir en faveur de l’égalité entre hommes et femmes. Il faut avoir le courage de dire que ce combat n’est pas derrière nous, que demeurent, ici et dans le monde, des discriminations; que demeurent des violences inacceptables ; qu’une nouvelle domination masculine se fait jour dans une partie de notre jeunesse… Oui, il s’agit bien d’un combat actuel dans toutes les sphères de la société, dans tous les domaines. C’est sur ce terrain-là que le voile me semble devoir être combattu, sans complaisance, avec constance et détermination. Nous voulons avec les jeunes filles et les femmes voilées, créer les conditions de leur émancipation.

Entre parenthèses, est-ce toujours cette domination masculine qui gêne derrière le voile ? N’est-ce pas parfois pour certains cette France devenue plurielle ? Pour nous, c’est une réalité, et c’est une richesse.

Nous savons que les raisons pour lesquelles des femmes et des jeunes filles portent le voile sont variées. Elles sont au moins au nombre de trois : certaines se le voient imposer, d’autres sont convaincues d’accomplir ainsi un devoir religieux, d’autres enfin entendent, de la sorte, se protéger d’agressions masculines. C’est aussi sur ces causes qu’il faut intervenir : mieux faire progresser l’émancipation féminine et les droits des femmes, mieux assurer le vivre ensemble dans les cités, mener le débat sur la laïcité et mener le combat contre l’intégrisme.

Ce combat doit être déterminé. L’intégrisme est un principe politique qui entend que des préceptes religieux régissent la vie politique. Il fait violence à l’individu, à sa liberté. L’intégrisme est inacceptable en France comme ailleurs, de par l’universalité des droits de l’homme. Il faut mener ce combat de manière politique, pour qu’il soit gagné dans les consciences. Il faut réaffirmer partout l’autorité de l’Etat républicain, faire appliquer nos lois contre le racisme, l’antisémitisme, contre les violences, contre les atteintes à la démocratie. Mais il faut aller au-delà en affichant l’engagement républicain pour le progrès et l’émancipation humaine. Un engagement qui n’emploie pas seulement l’argument d’autorité mais mène avec conviction le combat laïque. L’autorité de l’Etat procède en effet à la fois de son bien fondé, et de sa capacité à convaincre et à créer un mouvement d’ensemble. On ne débusque pas l’obscurantisme, on ne met pas en difficulté les intégrismes, en pointant du doigt tous les croyants, en stigmatisant particulièrement les musulmans, en visant une fois de plus, parmi eux les femmes, en faisant du voile un étendard qu’il n’était pas toujours. J’en veux pour preuve la manifestation de femmes voilées encadrées par des intégristes du 17 janvier dernier.

C’est ainsi qu’en septembre prochain, faute d’avoir réellement réfléchi à la situation, la loi que vous nous proposez laissera pour l’essentiel la communauté éducative désemparée, parce que la source des problèmes auxquels elle est confrontée ne sera pas tarie, parce que ses questions vont bien au-delà de votre article de loi. C’est ainsi que le droit et la dignité des femmes continueront d’être des questions laissées dans l’ombre. C’est ainsi que le seul choix de l’interdit, continuera à échafauder cette société de la peur et du communautarisme.

Combattre l’intégrisme suppose d’avoir confiance en la force des idéaux républicains et démocratiques, d’avoir confiance en la capacité de chacun et chacune à réfléchir et à comprendre. Cela suppose des actes politiques forts, cela suppose un engagement déterminé. Mais la loi qui nous est proposée divise notre peuple, elle n’apporte en réalité de solution ni face au voile, ni face aux grandes questions du vivre ensemble aujourd’hui. Il serait grave de chercher ici à se dédouaner. La réponse proposée n’est pas à la hauteur du problème posé. Ne cédons pas à un climat, ayons le courage de dire que la laïcité nécessite un grand débat, une grande loi, et non des décisions de circonstance.

Jusqu’où irons-nous dans cette direction ? D’aucuns ont proposé de remettre à l’ordre du jour le port de l’uniforme. Le ministre de l’Education Nationale a évoqué le port de la barbe, soulignant ainsi le caractère potentiellement inopérant de la loi que vous nous proposez. Quant à l’extension proposée par certains de la loi aux signes politiques et philosophiques, ils éclairent d’un jour nouveau l’interdiction des signes religieux. Ainsi, notre République serait menacée par les convictions religieuses, politiques et philosophiques. Permettez-moi de ne pas partager cette analyse. Les doutes quant à votre politique en matière de laïcité et de lutte contre le voile sont nombreux.

Pensez-vous que l’on puisse considérer l’école comme un sanctuaire échappant aux bruits du monde, où seule est autorisée à en parler l’institution ?

Pensez-vous que l’on puisse créer une séparation factice entre public et privé pour ce qui concerne les convictions et l’identité de chacun, sans mettre en danger la liberté d’expression ?

Pensez-vous que l’on puisse se contenter de poser la question de la laïcité à l’école ?

N’êtes-vous pas interrogés par les appels des autorités religieuses dans leur diversité ainsi que d’organisations attachées à la laïcité et aux droits de l’homme, de syndicats qui craignent les limites et les conséquences de votre démarche ?

L’interdiction, enfin, et l’exclusion, sont-elles les meilleurs chemins d’une liberté retrouvée ?

Votre loi sera inefficace, car elle va multiplier les tensions stériles sans solutions progressistes. Votre loi sera néfaste car elle va réduire le champ de la laïcité, donc de la démocratie, et déséquilibrer le processus éducatif au profit du terme normatif et arbitraire. L’inquiétude est grande que la loi proposée ne s’avère finalement être un boomerang. Vraiment, ce n’est pas ainsi que l’on gagnera contre le voile, ni contre l’intégrisme.

Il faut combattre fermement ce qui porte atteinte à la dignité de l’individu, ce qui l’agresse, ce qui provoque des situations d’affrontement. Il y a des signes à donner, pour dire la détermination de la République face à l’intégrisme, face aux atteintes à l’intégrité des femmes ; je veux croire que cela nous rassemble ici sur tous les bancs. Ce sont les signes d’une vigilance, d’un engagement des institutions et des élus pour ne pas laisser se développer ces phénomènes, pour ne pas laisser tranquilles ceux qui en sont les porteurs, pour animer le débat, pour convaincre. Faisons vivre la laïcité, mettons-la en mouvement. Je crois que la communauté éducative a la capacité, si on lui en donne les moyens, de faire vivre des règlements librement consentis faisant appel à l’intelligence de chacune et de chacun, à l’entre-eux des élèves, au développement de la citoyenneté. Ne faut-il pas repenser l’enseignement de la laïcité, de l’histoire, du fait politique et religieux ? Ne serait-il pas utile à la communauté éducative et au-delà, de créer un Haut-Conseil à la laïcité, dont le rôle serait de faire vivre la laïcité concrètement, d’assurer un rôle de médiation, de réfléchir à en donner les clefs par un mode d’emploi ? Ne faut-il pas réfléchir à la manière dont nous pouvons mieux intégrer l’apport de chacun à la cohésion sociale au sein du débat républicain, et produire les gestes de reconnaissance attendus ? Ne peut-on pas en quelque sorte, mettre à l’ordre du jour cette question : qu’avons-nous à construire ensemble ?

La laïcité a besoin qu’on lui donne du souffle, qu’on la rende vivante. Elle a besoin de s’expérimenter, d’être vécue en conscience. Elle n’a pas besoin de la peur et de toutes sortes de phobies. Elle a besoin que les différences s’expriment dans le respect total d’autrui et de la société. C’est là qu’elle trouve son sens et son efficacité. Partout il faut permettre, dans les établissements scolaires et ailleurs que l’on se penche sur cette question, que l’on évalue les conditions dans lesquelles elle s’exerce, que l’on se donne les règles qu’il convient de se fixer ensemble pour éviter les situations d’affrontement.

Le renouveau de la laïcité doit s’accompagner nécessairement d’un renouveau de la citoyenneté et de la politique. D’un renouveau de la recherche de sens. La mixité de notre société, l’unité de notre peuple, l’universalité de l’humanité doivent se bâtir dans la laïcité. Elle exige de rechercher ce qui nous fait semblables sans occulter ce qui nous différencie, pour vivre ensemble pleinement. Elle exige la liberté, l’égalité, et la fraternité.

Il faut le craindre, nous risquons d’être conduits aujourd’hui à une délibération qui laissera chacun et chacune insatisfait. Evidemment, le débat a traversé le groupe des député-e-s communistes et républicains. Ils voteront chacun et chacune en conscience. Ils appellent, pour vaincre le repli et l’intégrisme à une politique de liberté, d’égalité, de fraternité. C’est ce combat qui fera que la laïcité vivra.

Par Dominique
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Dimanche 8 octobre 2006
Arlette Laguiller,

Arlette laguiller a fait sa première communion, mais ne cache pas son athéisme. Bien sûr, l'athéisme n'a jamais été garant de "laïcisme", aujourd'hui moins que jamais à l'extrême gauche. Cependant, Arlette est bien athée et laïque.

Interrogée par la Libre Pensée sur le statut clérical d'exception d'Alsace Moselle, elle répondait en mars 2002 :

"Etant communiste, je suis athée et je considère que la religion est une affaire privée. Je trouve particulièrement choquant que l'Etat entretienne financièrement les différentes églises sur l'argent de la collectivité, qu'il s'agisse des salaires des ministres du culte en Alsace-Lorraine ou, plus généralement, de subventions accordées aux écoles confessionnelles".

Et si Arlette est opposée à ce statut d'exception, "ce n'est pas tant, dit-elle, au nom d'une laïcité illusoire que parce que je milite contre l'obscurantisme et pense que l'argent public doit aller aux services publics".

Militante féministe et en guerre contre l'obscurantisme religieux

Lors de la journée de la femme en 2004 puis 2005, Arlette défile avec les "Ni Putes Ni Soumises" affichant ainsi son attachement à la laïcité, à la mixité, à l'égalité des sexes. Pour elle, l'association seule avaient "un langage clair sur le voile".

Les militants de Lutte Ouvrière ont en effet fait de la lutte contre le voile, "marque de l'infériorité des femmes", une priorité.  L'intégrisme est pour l'organisation L.O. un danger réel. Il est aussi l'aveu d'un certain désengagement politique des autres structures : "Les militants de l'islam intégriste ont peu à peu rempli le vide laissé par la disparition des structures collectives de type politique ou syndical, qui pouvaient exister auparavant dans les villes et les banlieues". Alors que ses camarades trotskistes de la LCR décidaient de soutenir les islamistes comme alliés anti libéraux, L.O. n'a cessé de dénoncer l'idéologie totalitaire et anti féministe de ces intégristes.

Opposée au relativisme culturel et à toute forme de communautarisme

L'hebdo de Lutte Ouvrière présente des ouvrages d'auteurs militants laïques, comme ceux de Caroline Fourest, Fiammetta Venner ou Chahdortt Djavann. L'organisation partage en effet ce même rejet du relativisme culturel et un attachement aux valeurs des droits de l'Homme. Dans l'affaire du voile, L.O. n'a cessé de dénoncer "les atteintes à la liberté des femmes imposées par les dogmes religieux". L.O. prend parti aussi pour ces militantes lorsqu'elles sont victimes d'intimidations des intégristes.

Elle dénonce aussi les choix communautaristes de Sarkozy et sa gestion religieuse des banlieues: "Il ne s'agit pas de "vendre les cités aux islamistes pour avoir la paix! "

...Mais la lutte anticapitaliste prime sur toutes les autres

Mais la laïcité ne règle pas tout, pour Arlette Laguiller " le principe de laïcité dont se défend la "tradition républicaine" couvre aussi bien des injustices, sociales celles-là, notamment dans le domaine de l'Education nationale. Les enfants des classes populaires, censés recevoir le même enseignement que ceux des classes privilégiées, n'ont pas les mêmes chances de réussite, car ils n'ont pas le même accès à la culture, faute de moyens, et l'Etat "républicain" ne fait rien pour réduire cette inégalité".

Lutte Ouvrière hiérarchise bien les combats. Dans une lettre adressée à la LCR, le comité exécutif de L.O. écrivait : " Il est profondément erroné selon nous de considérer le féminisme, la lutte contre l'homophobie, l'écologie ou l'altermondialisme comme des luttes placées toutes sur le même plan et en particulier sur le même plan que la lutte anticapitaliste, car cela revient à minorer cette dernière". Une déclaration qui laisse perplexe...

YB

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Les +

 Elle s'est violemment opposée au port du voile à l'école et ce, depuis 1989. Ostentatoire ou discret, le voile reste une "marque d'infériorité des femmes". Elle est par ailleurs, sur ce combat, proche des "Ni Putes, Ni Soumises" avec lesquelles elle a défilé à plusieurs reprises.

Elle est en accord avec la ligne de son parti sur cette question. Ce qui n'est pas le cas de tous les candidats. Elle  reste sourde aux appels d'alliance trotskystes/islamistes de ses homologues français de la LCR ou étrangers (le SWP britannique par exemple qui prône une alliance ouverte avec les islamistes).

Comme son parti, elle rejette le communautarisme. "Il faut refuser tout ce qui tend à nous mettre dans des cases, chrétiens, juifs ou musulmans, noirs, blancs, beurs. Car du point de vue des patrons, le racisme, l’oppression des femmes ou les préjugés religieux présente le même intérêt : nous faire oublier la division sociale fondamentale, celle qui nous oppose à eux. Nous diviser pour mieux régner" (Editorial des bulletins d’entreprises l’Etincelle). 

Elle est féministe au sens noble du terme.

 Elle est hostile à une candidature unique anti-libérale en la personne de José Bové. Une chance pour la laïcité !

 L.O. est opposée à toute gestion religieuse des problèmes des banlieues. "Il ne s'agit pas de "vendre les cités aux islamistes pour avoir la paix! "

 L.O. a dénoncé les méthodes d'intimidation utilisées par les islamistes en France et a pris parti pour Fadela Amara (de Ni putes Ni Soumises) et des auteurs Caroline Fourest et Fiammetta Venner qui en ont été victimes.

 L.O. dénonce le relativisme culturel, cette "tolérance à la différence" et l'hypocrisie de ces intellectuels du "respect des différences culturelles" (notamment dans l'affaire du voile).

 L.O. demande à ce que l'athéisme et les convictions non religieuses aient aussi droit de cité face aux préjugés obscurantistes", notamment dans les manuels scolaires.
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Les - 

 La hiérarchie des combats à mener. La lutte contre le capitalisme prime sur tous les autres combats. C'est au nom de cette même hiérarchie que d'autres organisations ont pu s'allier à des mouvements religieux clairement totalitaires pour faire front commun contre l' "ennemi" capitaliste.
 Le dogmatisme. Même son athéisme, Arlette Laguiller le définit par ses convictions politiques : "Etant communiste, je suis athée".
 Elle pourrait parler davantage de laïcité et dénoncer l'islamo gauche d'autres courrants trotskistes au risque de se faire taxer d' "islamophobe". L'insulte fuse vite à l'extrême gauche !

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Corinne Lepage,


Cette candidate ne s'est pas contentée de déclarations, elle s'est engagée sur le terrain en faveur de la laïcité. Au lendemain de la crise internationale sur les caricatures du prophète Mahomet, elle lançait Un Cri contre le racisme et contre l’intégrisme avec Caroline Fourest et Pierre Cassen.

" Il est plus que temps que les laïques, quel que soit leur origine et leur inclinaison politique se regroupent pour défendre la laïcité et la liberté d'expression " écrit-elle sur son blog. Pour elle, il y a urgence. Corinne Lepage souscrit également pleinement au Manifeste des 12 lancée par Charlie Hebdo dont plusieurs dissidents de l’islam menacés de mort et exilés en Europe et aux Etats-Unis à cause de leur positions laïques sont signataires (Ayaan Hirsi Ali, Talisma Nasreen, Salman Rushdie...). La candidate précise qu'elle souhaite que cette déclaration se transforme en "une immense pétition nationale pour défendre la loi de 1905 et refuser de revenir à une situation où on brûle (non plus physiquement mais, moralement ou en punissant pénalement)  ceux qui osent remettre en cause le dogme religieux, quel qu'en soit sa nature".

Pour elle assurément, il s'agit là d' "un des débats de société les plus importants que nous ayons et de la solution que nous lui apporterons dépendra largement la société dans laquelle nous allons vivre très rapidement".

Lors du Congrès du 17 juin de Cap 21, elle réaffirme les principes laïques et s'attaque à la politique communautariste de Nicolas Sarkozy, demandant " l’abandon de cette politique trop souvent menée qui aboutit à déléguer à des grands frères la paix civile. Le refus de tout communautarisme et l’affirmation d’une laïcité ferme est un impératif dans une société diversifiée comme la nôtre. La pratique d’une religion et l’attachement nécessaire à des racines relèvent de la sphère privée. La neutralité de l’Etat est la condition de l’égalité de tous et du respect de chacun ".

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Les +

 Un engagement laïque de terrain qui ne faiblit pas , même (et surtout) en pleine tempête (affaire des caricatures du prophète).
 Une pétition lancée dans Libération avec Caroline Fourest et Pierre Cassen contre l'intégrisme et le racisme.
 Pour la présidente de Cap 21, la France doit refuser "tout communautarisme et affirmer une laïcité ferme".
 
Cap 21 répond à l'appel d’associations canadiennes dénonçant la mise en place de tribunaux islamiques ("sharia court") dans leur pays. Corinne Lepage est partenaire du rassemblement du 8 septembre 2005 devant l’ambassade du Canada à Paris.
Le 2 octobre 2006, la candidate signe deux pétitions qu'elle met en lien sur son blog : une sur "Respublica" de soutien à R. Redeker, philosophe menacé de mort pour ses propos sur l'islam tenus dans une tribune du Figaro, une seconde sur "Regards de Femmes" pour interdire à Hani Ramadan de venir enseigner à Lyon.

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Olivier Besancenot ,

Comme tous les candidats, Olivier Besancenot dit son attachement à la laïcité. Et sans doute se pense-t-il authentiquement laïque. Pourtant, la position de la LCR sur cette question est pour l'heure des plus  inquiétante. Faisant débat au sein même du parti, elle peut être  - on l'espère encore - amenée à évoluer, inch'allah!


Vers une alliance anti-capitalistes / islamistes

Toujours est-il qu'aujourd'hui, la LCR semble suivre la ligne anti laïque du Socialist Workers Party (SWP) britannique, prônant une alliance avec les islamistes dans un même front anti-capitaliste. Vigilant lorsqu'il s'agit des "cathos", intégristes ou non, la LCR perd soudainement tout sens critique lorsqu'il s'agit de ce qu'elle appelle "la religion des ex-colonisé(e)s", comprenez l'islam.

La LCR n'a cessé de dénoncer la loi sur les signes religieux à l'école, souvent comme une forme de colonialisme et par là même de racisme.

Assimiler la laïcité au racisme, c'est exactement le discours des Indgènes de la République auquel la LCR semble emprunter la rhétorique.

Dès lors, les mouvements islamistes deviendraient-ils des mouvements de libération et des alliés dans la lutte contre l'impérialisme étatsunien ? Toute remise en cause de cette alliance serait elle aussitôt taxée d' "islamophobe" ? Si chez certains militants de la LCR, dénoncer les propos antisémites du Hezbollah, les crimes d'honneur du Hamas par exemple serait faire le jeu du sionisme (comme à une autre époque dénoncer les procès de Moscou était faire le jeu de l'impérialisme), d'autres ont un discours plus nuancé.

 

Le cul entre deux chaises

Ainsi la majorité de la direction nationale qui rejoint les Indigènes de la République sur le fond, trouve cependant " problématique d’insinuer, comme le fait l’appel des Indigènes, que toute critique de l’intégrisme et du fondamentalisme religieux obéit nécessairement à une logique de « guerre des civilisations », se met au service du néoconservatisme américain et se fait l’agent de Bush". C'est vrai que c'est un peu fort !

Et si la LCR est aussi hostile à la loi sur l'interdiction à l'école des signes religieux ostensibles, elle est plus sceptique sur le fait de stigmatiser cette loi comme "discriminatoire, sexiste, raciste... loi d'exception aux relents coloniaux " (appel pour des « assises de l’anticolonialisme post-colonial » des Indigènes de la République) alors même peut on lire sur le site de la LCR "qu’on connaît le clivage qui partage les antiracistes quant à l’appréciation du port du voile".

A vrai dire, il est assez difficile de connaître très précisément le discours d'Olivier Besancenot sur ces questions qui se mêle à celui de son parti. Un éclaricissement serait sans doute souhaitable durant la campagne, d'autant que son parti rassemble des sensibilités, des courants divergeants.

YB

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Les +

 Il semblerait que la ligne anti laïque de la LCR ne fasse pas l'unanimité au sein de la Ligue. On peut encore espérer un revirement...

 Si la LCR a condamné la loi sur « les signes ostensibles » comme discriminatoire, elle dit aussi ne pas avoir "renoncé à combattre le port du voile comme signe et instrument d’oppression des femmes, ni à la nécessaire solidarité avec les femmes qui le combattent". Y a donc un peu d'espoir... Mais si ces déclaration pouvait aussi se traduise en actes...

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Les - 

Une opposition à la loi sur le port des symboles religieux à l'école. 

La LCR est de toutes les manifs de barbus, celles des pro voiles bien sur qu'elle encadrait même comme celle pour le Liban où les militants trotskystes n'étaient guère gènés de mêler leur drapeaux  rouges aux drapeaux  jaunes du hezbollah.

 Quand Olivier Besancenot décide de rendre hommage à un homme sur le site de la LCR, c'est au prêcheur Malcolm X qu'il le fait.
 Et lorsqu'il se met au rap,
c'est pour s'afficher avec l'un des plus douteux chanteur du rap français raciste et mysogyne Mr R, l'auteur de ces paroles superbes : « La France est une garce n'oublie pas de la baiser, jusqu'à l'épuiser, comme une salope faut la traiter » ou encore « Mes frères musulmans sont haïs, comme mes frères juifs à l’époque du Reich, de l' Allemagne des nazis ».

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 Dieudonné M'bala M'bala ,

 

 

Dieudonné est une bizarrerie sur l’échiquier politique, une tâche. A lire son "programme" sans grand rapport avec les préoccupations des Français, on pourrait penser qu’il s’est tout simplement trompé de campagne, de pays…. Dieudonné est le seul candidat a soutenir officiellement le Hamas et à faire une campagne exclusivement axée sur le Moyen Orient.

Son programme : la charte du Hamas ?

 

 

C’est presque ainsi qu’il lance sa campagne, chantant les louanges des islamistes. Le 26 janvier 2006, quelques semaines après l’annonce de sa candidature, dans un communiqué officiel, Dieudonné félicite le parti islamiste : « Le Hamas a remporté une grande victoire aux élections législatives palestiniennes et je tiens à lui adresser mes plus sincères félicitations ». Le ton est donné, la campagne est lancée !

Pour comprendre les valeurs chères à l’ancien humoriste, faut-il alors se plonger dans la charte du Hamas ? Cette charte adoptée en 1988 est édifiante : « une Palestine islamique », un statut des femmes ramené à des tâches familiales ou à l’éducation des enfants pour les préparer au rôle de combattant, avec bien sûr « suffisamment de connaissance et d'entendement pour l'exécution des tâches ménagères », dénonciation des Juifs (art. 22), appel à la mort des Juifs : "L'Heure ne viendra pas avant que les mu­sulmans n'aient combattu les Juifs (c'est à dire que les musul­mans ne les aient tués) » (art.7), etc… un joli projet de société en effet pour la France ! On ne peut qu'être curieux de connaitre les maires qui apporteront leur signature à un candidat séduit par un tel programme !

Celà n'empêche bien sûr pas Dieudonné de se déclarer sans rire "anticommunautariste convaincu" et "laïque". L'humoriste pousse même l'humour jusqu'à baptiser l'un de ses spectacles « 1905 ». Ainsi Dieudonné peut se dire laïque et applaudire à la victoire d’un parti islamiste qui affirme clairement que « La Laïcité est en contradiction complète avec l'idéologie religieuse » (art. 27 de la charte du Hamas) ou rencontrer par exemple, comme il l'a fait en août 2006, le directeur de la chaîne du Hezbollah (Al Manar) ou le révérend antisémite Jesse Jackson, également proche du hezbollah (au point qu'il joue régulièrement avec les islamistes un rôle de médiateur).

Un rapprochement avec le Front National

Il est loin le Dieudonné de l’époque de Dreux, en guerre en 1997 contre la candidate FN Marie-France Stirbois ! Aujourd’hui, Dieudonné trouverait presque des charmes au FN, parti soit disant pro arabe et non raciste. C’est le coordinateur de campagne même de Dieudonné, Marc Robert, qui raconte dans une vidéo (si vous avez le courage d'écouter une heure d'âneries) comment Dieudonné a changé son regard sur le FN. Marc Robert, son chef de campagne, est un ancien du Front National justement. A écouter chacune de ses interventions, il semble faire une campagne jumelée : celle de son candidat et celle du FN dont il continue à louer la lucidité et les positions pro-arabes.

Ainsi, s’il est très probable que Dieudonné n’obtienne jamais les 500 signatures nécessaires (qu’il n’a pu avoir déjà en 2002), il aura assurément apporté de l’eau au moulin du Front national.
Et si c'était là le but recherché...

Dieudonné et le FN ne cessent de se faire des clins d'oeil complices.  Dieudonné prend ainsi la défense du numéro 2 du FN, Bruno Gollnish, exclu de l’université de Lyon III à la suite de ses propos sur les chambres à gaz : «  quand je vois ce qui se passe aussi avec M. Gollnisch, retirer son travail à quelqu'un sans que la justice ait pu se prononcer. On est dans un Etat de droit, sous la pression d'un lobby qui se croit tout permis dans ce pays". Le collectif « la banlieue s’exprime » parainné par Dieudonné et son site éponyme prend ouvertement position pour Gollnish faisant même des liens sur le site de l'organe du FN, « National Hebdo » .

De son côté, Jean Marie Le Pen, sur son site, rend la politesse et affiche un message de soutien à l’humoriste dans l'affaire l'opposant à Marc-Olivier Fogiel. De même la mouvance FN soutient la mouvance Dieudonné. Renouveau Français par exemple, proche du FN vient soutenir au tribunal la Tribu Ka.

Quand il ne se compare pas à Gollnish, Dieudonné fait un parallèle entre lui et Le Pen : "plus ils cassent Le Pen, plus les gens votent pour lui. Plus on me casse moi, plus on vient me voir. Ils sont en train de perdre leur pouvoir, les sionistes. Tant mieux" (dans le journal algérien L'Expression). C'est que Dieudonné situe bien le FN dans le même camp que lui, celui des anti-sionistes. Dans « Le choc du mois » (mai 2006), journal (dirigé par jean Marie Molitor, également directeur de "Minute") qui avait cessé de paraître en 1993 après une interview du négationniste Faurisson, Dieudonné interviewé établit encore une véritable communauté de destin entre Le Pen et lui : "Il est la vraie droite, je suis la vraie gauche. le Nouvel Empire n'aime ni les uns ni les autres ».

Dieudonné se retrouve sur la haine des juifs avec les "Identitaires", obsédé pareillement par le "complot sioniste mondial" qu'il croit percevoir derrière presque tous les politiques. Il accorde ainsi une interview sur le site d'extrême droite Novopress, usant chaque fois du mot « sioniste » au lieu de "juif", comme autrefois "Rivarol" parlait de « jeune » pour « maghrébin » afin de contourner la loi Gayssot.

Le négationnisme ne gène pas Dieudonné. Ginette Hess Skandrani a ainsi pu rejoindre le bureau de campagne de Dieudonné. Cette femme, antisémite et négationniste, a été définitivement exclue des Verts en 2005 pour avoir publié des textes sur le site négationniste "Aaargh" (interdit en 2005 par la justice française) et collaboré au journal "L'Audace" du négationniste Mondher Sfar. Elle s'oppose bien sûr à la loi Gayssot qui condamne la publication de propos négationnistes et fait régulièrement publier sur le site officiel de campagne de Dieudonné des articles écrits par ses amis négationnistes. (voir Dieudonné et les négationnistes ). Elle soutient le négationniste Roger Garaudy et est également proche de Mohammed Latrèchefondateur du parti des musulmans, celui même qu'on a appelé le "le Pen arabe".

Antisémite, ultra-communautariste, obsédé par la race

Il est quasiment impossible de faire l’inventaire de toutes les déclarations antisémites et communautaristes du candidat. Celles ayant fait l'objet de procès n'étant pas les plus fracassantes. Il serait sans doute interessant aussi de lire et traduire les interviews qu'il a accordées dans des journaux islamistes. Derrière ses positions anti sionistes, se cache (se cache-t-il vraiment ?) un antisémitisme authentique.

Dieudonné ne peut raisonner qu’en terme de race, communauté, religion. Il opposera toujours, avec cette même indécence, une mémoire à une autre, l’esclavage à la shoah par exemple comme si celles-ci étaient en compétition. Si Dieudonné aime citer les auteurs noirs, il serait sans doute bien avisé alors de relire « Peau noire masque blanc » de Franz Fanon dont la pensée humaniste est en opposition totale avec ses positions. Dieudonné a longtemps joui du bénéfice du doute de par son statut d'humoriste. Le doute aujourd'hui n'est plus permis.

YB

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Les -

Ultra-laïque auto-proclamé, Dieudonné compte ses amis chez les intégristes chiites du Hezbollah (soutien à la chaîne Al-Manar) comme chez les islamistes sunnites du Hamas ou du comité Cheikh Yassine en France.
Il  a d'ailleurs le soutien de nombre d'entre eux. Au Congrès de l'UOIF,
Thami Breze lui ouvre les bras : « Les persécutés se rencontrent. Ils ne veulent pas qu’on pratique notre religion, les libertés sont en train de se rétrécir, les musulmans sont acculés à la clandestinité ». Le théologien Hani Ramadan, frère de Tariq, célèbre pour ses positions en faveur de la lapidation des femmes adultères, reconnait aussi en lui un frère idéologique : « Je sens à travers vos engagements que vous êtes très proche des musulmans. J’ai l’impression que vous êtes un frère. Merci d’être là. »

Ses fréquentations sont au moins aussi douteuses que ses déclarations. Ainsi Dieudonné accueille dans son théâtre par exemple les membres du groupusculaire et raciste Parti Kemite. Les sites proches de Dieudonné les Ogres, la banlieue s'exprime... relaient d'ailleurs les communiqués du mouvement interdit Tribu Ka dont il doit finalement se désolidariser après l'interdiction de son théâtre aux non noirs.
Dieudonné est proche de Thierry Meyssan, président du Réseau Voltaire et auteur de la thèse délirante "l'Effroyable imposture". Comme lui, il a un goût prononcé des complots.
Il fréquente les négationnistes qu'il accueille d'ailleurs aussi dans son théatre de la Main d'Or : Maria Poumier, Ginette Skandrani, etc...
Alain Soral est aussi un de ses amis. Les propos de Soral sont jugés antisémites meme par les représentants de la liste électorale Euro Palestine (à laquelle il avait apporté son soutien). Les initiateurs de la liste décident de prendre leur distance avec Dieudonné qui est alors viré. Leïla Chahid notamment avait jugé que cette liste "contribuait à affaiblir la solidarité avec la Palestine".
Autre
soutien de Dieudonné, le militant islamiste Nouari Khiari qui, d'après le Nouvel Observateur (n°2054, 18 mars 2004) dansait de joie, au siège du Front National à Saint-Cloud, quand il fut annoncé que Le Pen serait présent au deuxième tour de l'élection présidentielle. C'est un proche de Farid Smahi, conseiller régional FN d'Ile-de-France.
Dieudonné a reçu aussi le soutien de Hugues Petit, conseiller régional Front National Rhône-Alpes et proche de Bruno Gollnisch : «Je soutiendrai sans réserve Dieudonné s'il est poursuivi au nom de la loi Gayssot pour ses derniers propos», affirme-t-il.
Quand Dieudonné apporte son soutien à des Juifs, ce ne sont jamais évidemment des laïques mais toujours des religieux antisionistes, comme les extremistes
Netourei Karta qu'il a invités dans son théatre de la Main d’Or pour une conférence de presse. Les Netourei karta ont ainsi pu déclarer : « Tant que l'Etat d'Israël existera, aucune paix ne sera possible ».
Quelques citations de Dieudonné.

Le président vénézuélien Hugo Chavez, proche de Mahmoud Ahmadinejad et soutenant le programme nucléaire de Téhéran, est une des idoles du site de Dieudonné (il l'a d'ailleurs rencontré). Un "délégué Dieudonné" à Caracas se fait même l'échos des dernières frasques de Chavez.
 Pour Dieudonné, le président iranien Ahmadinejad est "un homme de bon sens et de courage. Ses propositions semblent faire avancer le débat" (Sur radiodieudo)

(à suivre... la liste risque d'être un peu longue)

Par Dominique
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Dimanche 8 octobre 2006
A retrouver sur Vigilance laïque les différents candidats
(à la candidature) pour les présidentielles de 2007

Ségolène Royal ,

 La laïcité, ce n'est assurément pas le cheval de bataille de cette candidate ! Les déclarations de Ségolène Royal sur ce thème sont aussi rares qu'ambigües. On connait toutefois sa définition de la laïcité, pour le moins restrictive"La vraie notion de la laïcité, ce n'est pas le refus des religions, mais le respect de toutes les religions et de ceux qui les pratiquent " dit-elle dans Le Parisien (23 février 2006).

En pleine polémique sur le voile à l'école, Ségolène Royal fait diversion avec le string

Pour Ségolène Royal, la polémique sur le voile, c'est beaucoup de bruits pour rien ! D'ailleurs en pleine polémique sur le voile à l'école, la candidate préfère faire diversion avec le string.

Elle se lance alors dans une campagne anti-string au pire moment, à tel point qu'on ne peut s'empecher, à tort ou à raison, d'opposer l'un à l'autre. Aurait-on affaire à une sorte de donnant-donnant à l'adresse des religieux ? Le string, répète S. Royal, est une "atteinte à la dignité de la femme". Et le voile, c'est quoi ? C'est que Mme Royal a un sens des priorités qui lui est très personnel.

Le voile: les dessins animés japonais, "je pense que c'est beaucoup plus grave"

En 89 déjà, elle jugeait cette affaire insignifiante. Ségolène a d'autres bêtes noires bien plus sérieuses : les mangas et les dessins animés dits "violents" par exemple. Goldorak serait-il une menace "bien plus sérieuse" pour la démocratie qu'un Tariq Ramadan ?

"Qu'est-ce qui est le plus inquiétant pour les valeurs françaises ou européennes ? Trois filles qui portent un foulard et qui finissent par l'enlever ou bien le fait que tous les jours des millions d'enfants voient pendant trois heures d'affilée des dessins animés japonais où on s'entretue. [...] Moi je pense que c'est beaucoup plus grave, ce qui se passe à la télévision, et tout le monde s'en fiche ".
Tout le monde en effet ne peut suivre Ségolène dans ses excès...



Une mixité remise en question

L'ordre moral prôné par Ségolène Royal (elle préfère utiliser le terme du pape Benoit XVI : l'"ordre juste") ressemble par bien des aspects à celui prôné par les intégristes. Aussi, arrive-t-il que ses points de vue rencontrent ceux de ces religieux. Il en est ainsi de la question de la mixité.

Comme Martine Aubry, Ségolène Royal défend les horaires d'accès réservé aux femmes dans les piscines municipales, demandés par les associations islamistes :
 
"Dans certains cas, si les municipalités le font, c'est peut être que ça correspond à une demande. Les femmes enceintes ou les filles qui se font embêter à la piscine par les garçons, ça mérite d'être regardé." (interview sur RTL, citée par D. Bernard).
 
A l’école, elle suggère de "réfléchir à des aménagements d'espaces non mixtes, des moments d'accalmie. Lors des cours d'éducation sexuelle par exemple, c'est indispensable. En éducation physique, à la piscine, pourquoi pas. Et même à la cantine qui est un moment fort de déclenchement de violence : on s'y bouscule beaucoup" (Le Parisien, 8 septembre 2003).

"Ca mérite d'être regardé", "pourquoi pas", "réfléchir"... Le problème, c'est que sur ce thème, Ségolène ne tranche jamais totalement. Celà permet bien sûr d'envisager un revirement positif (comme sur les questions en rapports avec les droits homos par exemple qu'elle a fini par accepter du bout des lèvres et poussé par son parti). Mais ce flou prouve surtout la faiblesse de son ancrage dans la laïcité. 

Ses positions que l'on peut qualifier de presque "anti-laïques" semblent davantage le fait d'un féminisme qui fait "fausse route" (pour reprendre le titre de Badinter) que le fruit d'une éducation religieuse stricte. Avec Royal, la femme reste enfermée dans ses spécificités biologiques, éternelle victime. C'est ainsi que nombre de féministes rejoignent les islamistes... par d'autres chemins. C'est pour protéger la femme par exemple que des féministes suédoises demandent des wagons qui leur seraient réservées dans le métro de Stockholm, à l'image de celui de Téhéran. C'est toujours au nom de la protection de la femme qu'on l'enferme, dans un wagon ou sous un voile !


Silence radio  sur l'affaire des caricatures

Comme sur nombre de sujets polémiques, Ségolène Royal préfère ne pas s'exprimer. C'est ainsi que durant la crise internationale qui a suivi les caricatures du prophète, elle n'aura pas dit un seul mot.

Les seuls propos rapportés sur le sujet émane du Monde. Le quotidien retrace une conversation entre la présidente de la région Poitou-Charentes et un de ses amis : "  N'aie pas peur, Jean-Pierre ! Je ne laisserai pas insulter Dieu !" Ségolène Royal, qui se dit "croyante", trouve en effet inadmissible qu'on insulte l'image sacrée du Prophète musulman", renchérit la journaliste, témoin des propos (voir article). Pour Royal, plutôt renoncer à l'esprit critique que d'encourager l'« islamophobie », concept malheureux qui confond critique de la religion et attaque contre les croyants.
Cette façon, face aux démocrates, de donner raison aux théocrates est assez inquiétante pour une candidate possible à l'Elysée...

Toutefois, Ségolène Royal, appartient encore au Parti Socialiste. Sur cette question peut être, comme sur d'autres, elle devra revoir sa copie. Pour le PS, l'idéal laïque n'a pas pris une ride et reste "consubstantiel à la philosophie moderne de l’État".

YB

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Les +

 Le parti socialiste auquel elle appartient, garant d'une certaine orientation laïque. Quoique... à lire le dernier rapport Glavany sur la laïcité, à observer les prises de position anti laiques de Delanoë, Aubry... ou la multiplications des références à la religion de certaines fédérations (comme celle de Guadeloupe)
on peut sérieusement s'interroger ...
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Les - 

Sa définition même de la laïcité plutot restrictive. Pour elle, la laïcité, c'est avant tout le respect des religions.
Son silence durant l'affaire des caricatures du prophète Mahomet. Ses déclarations ensuite plus inquiétantes.

 Sa désinvolture dans l'affaire du voile à l'école et sa manière quasi systématique de ridiculiser l'importance de ce problème en faisant diversion avec d'autres questions mineures.

 Ses déclarations à plusieurs reprises en faveur d'une limitation de la mixité. Des associations féministes lui demandent un
éclaricissement. Elle les ignore.

 

 Un ensemble de prises de positions conservatrices et ultra puritaines. De ses lubies anti pédophiles (voir les effets désastreux de la circulaire Royal à l'école), anti "pornographiques", sa guerre contre les publicités affichant la nudité, les mangas, sa vision restée traditionnaliste de la famille, etc...
 
Ségolène Royal envisagerait de soumettre au référendum des politiques de « quotas  (chat de LCI, 12 avril 2006).

 

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Nicolas Sarkozy ,

Très imprégné de ce qui se passe aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a mis le fait religieux au centre du débat politique, en contradiction totale avec ce qu'est la France aujourd'hui, très largement déconfessionnalisée. Pour lui, la religion est "comme une source d’apaisement utile au fonctionnement de la République. »

 

Ultra communautariste et adepte du "tout religieux"

Nicolas Sarkozy n'hésite d'ailleurs pas à opposer les valeurs religieuses aux valeurs républicaines : « La dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu’elle procède d’une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu’elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain. » écrit-il dans "la Religion, la République, l’espérance". « la République (...) ignore le bien et le mal. [Elle] défend la règle, la loi sans la rattacher à un ordre moral » écrit-il encore.  La religion serait-elle seule source de valeurs morales ?

Si ces déclarations enthousiasment Christine Boutin - "c’est la première fois depuis longtemps qu’un homme politique de premier plan affirme que la religion a valeur de civilisation" dit-elle - à l'UMP, certains font la grimace.

 

Très imprégné de la droite bushiste dans son rapport à la religion

Sarkozy a une conception très anglo-saxonne de la laïcité. Il croit aussi à la discrimination positive, en référence au système mis en place aux Etats-Unis pour aider les minorités défavorisées. Et lorsqu'il parle de minorités, c'est toujours confessionnelles. «Zinedine Zidane et le football, c’est formidable, mais ça ne suffit pas. Les musulmans de France sont capables aussi d’avoir des hauts fonctionnaires, des chercheurs, des médecins, des professeurs». Sarkozy définit ainsi toujours les Maghrébins uniquement par la référence religieuse dont il fait un référent identitaire, un peu comme Tariq Ramadan. De même, il réduit les problèmes de l’intégration à celui de l’islam. Rien d'étonnant alors à ce qu'il préfère faire appel aux imams qu'aux travailleurs sociaux à chaque flambée des banlieues. Intégrer les intégristes serait pour lui le meilleur moyen de favoriser l’intégration.

Sarkozy a une véritable facination pour ces sociétés anglo-saxonnes anti universalistes où l'on vente une juxtaposition des communautés (qui se dressent les unes contre les autres). A tel point qu'il n'est plus toujours très sûr d'être Français : « Je suis un étranger dans mon propre pays » dira-t-il d'ailleurs (discours à Columbia, 04/10/04).

La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat au kärcher !

Nicolas Sarkozy, c'est d'abord un adversaire de la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Et même s'il ne parle que de "toiletter" la loi, pour que l'Etat puisse financer et entretenir des lieux de culte, c'est bien au principe meme de cette loi qu'il s'attaque. N. Sarkozy souhaite notamment supprimer l'article 2 de la loi de 1905, «la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte», mettant ainsi en péril l'équilibre fragile qui a tenu près d'un siècle. C'est ce que propose le rapport Machelon commandé par N. sarkozy.


Avec le CFCM, Sarkozy vend l'islam de France aux intégristes

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) est la plus désolante création de Nicolas Sarkozy. Un véritable cadeau empoisonné à l'adresse des musulmans de France ! En l'associant à la naissance du  (CFCM), Nicolas Sarkozy a cautionné dès le départ l'organisation intégriste de l'UOIF (branche française des Frères musulmans). Ce choix relève d'un calcul bien mauvais : « Je suis convaincu que lorsqu’un ‘radical’ est intégré dans une structure officielle, il perd de sa radicalité " dit Sarkozy. Pari perdu ! Les intégristes n'ont pris que plus d'assurance et gagné une légitimité qu'ils n'auraient probablement jamais eu autrement. Le discours, lui, n'a pas varié d'un iota. 

... Et l'antisémitisme ?

Nicolas Sarkozy ne cesse de défendre l'image de l'UOIF, organisation islamiste proche des Frères musulmans dont l'un des prédicateurs vedettes, Hassan Iquioussen, pense que la Shoah est un complot entre les Juifs et Hitler pour occuper la Palestine. Sans douter de la bonne foi de N. Sarkozy, on peut s'interroger sur l'efficacité de la méthode pour lutter contre l'antisémitisme !

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Les +

 Nicolas Sarkozy a été particulièrement clair et ferme lors de l'affaire des caricatures du prophète : « Je préfère l'excès de caricature à l'excès de censure » a-t-il déclaré, rappelant que la liberté d’expression est un principe démocratique non négociable.
Il a jugé par ailleurs l’attitude de celui qui a pris la décision de révoquer le directeur de la publication de France Soir après la publication des caricarures, peu conforme « à une pratique démocratique normale » au regard de la liberté de la presse.

Mais face aux responsables religieux, N. Sarkozy peut tenir un discours légèrement différent : "Ne cédez pas au terrorisme de la pensée unique. Ne vous laissez pas moquer, diffamer, insulter. (...) Parfois, je regrette la frilosité de certains hommes d’Eglise. Vous n’avez pas à vous excuser de ce que vous croyez. Il est normal de prendre part au débat public. Si vous croyez, vous devez parler, prendre parti, partager." Sans être nécessairement contradictoires, ces deux déclarations mises côte à côte laissent perplexe...

Nicolas Sarkozy sait qui est Tariq Ramadan et sait aussi quelquefois déceler et dénoncer son double discours. Ils partagent cependant ce même désir de s'attaquer à la laicité, dénonçant ce qu'ils appellent tous deux l'"intégrisme laïque". Les deux hommes désignent les citoyens par leur confession : arabe est pour eux synonyme de "musulman". Et pour Nicolas sarkozy "quand on est musulman, ça se lit sur sa figure"
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Les -

Un modèle communautariste anglo saxon

 Le choix même de société : le modèle anglo-saxon de multiculturalisme (ou mutlicommunautarisme) institutionnel. Une véritable menace pour la tradition républicaine française et une atteinte au principe de laïcité et à la norme juridico-politique d'égalité de tous les citoyens devant la loi.
 Il pousse vers ce modèle anglo-saxon, avec comme argument l'échec des banlieues. "Le modèle républicain a failli, ça ne peut pas être pire » dit-il. Si, ça peut etre pire ! En France ce ne sont heureusement que des voitures et des bâtiments qui ont brûlé, alors que dans les pays à modèles communautaires anglo-saxons, les émeutes urbaines sont l’occasion d’affrontements ethniques. On n'en est heureusement pas encore là, mais on pourrait bien y venir à pousser vers toujours plus de communautarisme.
Il pratique partout le clientélisme communautaire. Nicolas Sarkozy, reçoit le prix de la tolérance du Centre Simon Wiesenthal pour son action contre l'antisémitisme et se rend huit jours plus tard à l'Assemblée générale annuelle de l'UOIF… cette même UOIF que le Centre Wiesenthal considère comme violemment antisémite !


Des attaques continues contre la laïcité

Nicolas Sarkozy veut ainsi "toiletter" la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais en s'attaquant au principe meme de la loi (la séparation de l'Etat et des religions quant au finacement des lieux de culte), c'est bien sa suppression qu'il demande.
Pour lui, la laïcité telle définit dans la loi est une laïcité "intransigeante". Comme nombre d'intégristes, N. Sarkozy en appelle à une "laïcité moderne". Le principe laïque n'est il pas déjà moderne en soi ?
 De plus, il récuse la distinction entre sphère publique et sphère privée : "Il n’y a pas deux vies. Comme si la part de soi la plus intime et la plus intéressante, il fallait l’abandonner jusqu’au samedi matin et au dimanche soir inclus. Le domaine de vie privée n’a pas de sens. C’est le domaine de la vie tout court."
Une gestion religieuse des conflits. Sarkozy
négocie la paix sociale avec les prédicateurs islamistes. Les imams deviennent les interlocuteurs privilégiés à chaque problème de banlieues. L'Etat se décharge ainsi sur la religion.
 Avec le CFCM, il asseoit les intégristes à la table de République et laisse l’UOIF et la FNMF devenir les représentants de l’islam de France à jeu égal avec la Mosquée de Paris.
Dans le cadre de ses fonctions ministérielles, Nicolas sarkozy exécute lors d'une cérémonie officielle un signe de croix « ostensible ». Il n'a que faire des scrupules "laïcards". (video zapping)
Concernant la constitution européenne, N. Sarkozy se déclare aussi favorable à une référence aux racines chrétiennes, se démarquant à nouveau de l'ensemble de la classe politique française. (voir article
Sarkozy l'allié anti laïque européen)

La défense des sectes, "nouveaux mouvements spirituels"

 Il reçoit le "secte symbole" de la Scientologie, Tom Cruise. Sarkozy dit n'avoir parlé avec lui que « cinéma et relations franco-américaines» ce qui a été contredit par Tom Cruise lui-même lors d'une conférence de presse : «Nous avons parlé de tout, de scientologie, de cinéma, de vie familiale». Inquiétant : Sarkozy
plaide dans son livre pour que la France cesse de faire l'amalgame entre sectes et «nouveaux mouvements spirituels». Une prise de position qui ne peut que réjouir les sectes comme la Scientologie. (vidéo Cruise & Sarkozy) (video2)
Nicolas Sarkozy défend les sectes. Il a justifié le droit de rassemblement des Témoins de Jéhovah en raison du statut "cultuel" octroyé à l'association. Le 18 juillet 2006, il dit sur Europe 1 :"Les témoins de Jéhovah sont une association cultuelle". Cette organisation fait partie des mouvements épinglés à plusieurs reprises par les rapports parlementaires sur les sectes ainsi que par ceux de plusieurs missions interministérielles successives pour des pratiques contraires aux lois de la République (viol de la loi fiscale, non dénonciation d'actes de pédophilie, refus de transfusion sanguine...)
Le rapport de l'INSERM présenté par N. Sarkozy sur les troubles du comportement proposait de détecter les délinquants dès l'âge de 3 ans. C'est le monde rêvé de la Scientologie où éducateurs et personnel de la petite enfance sont astreint à des stages de formation sur les troubles du comportement. Ce projet comme d'autres va dans le sens d'une privatisation de la Santé publique et de la recherche. Les groupes sectaires sont les premiers sur les questions de santé publique (récupération de patients en fin de vie, des personnes en faiblesse psychologique...).
Sarkozy est pour la multiplication des écoles spécialisées (donc la suppression de la carte scolaire). Là encore, les sectes seront bien sûr en premiere ligne. Chaque établissement sera obligé pour être concurrentiel de rechercher des financements privés.
Les groupes sectaires seront les plus gros donateurs.

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Laurent Fabius ,
(son site et son blog)

" La question de la laïcité et du communautarisme seront au coeur de la présidentielle de 2007 " déclarait Laurent Fabius en avril 2006. Force est de constater qu'elle est également au coeur de son programme. Pour Fabius, le combat pour la laïcité est intrinsèquement lié à celui plus large pour l' "égalité en actes" (le candidat évite en effet le terme d'"intégration" inapproprié lorsqu'il s'agit de personnes n'ayant jamais eu que la France pour pays).

Pour une "laïcité vivante" et une "égalité en actes"

Laurent a mené depuis longtemps une réflexion sur la laïcité. Il est aussi maintes fois intervenu sur ce sujet à l'Assemblée nationale, au Grand Orient de France, dans la presse...

Sa définition du mot ? " Pour moi, la laïcité, c’est à la fois une exigence absolue de neutralité de l’Etat en matière religieuse, et le refus d’un empiètement des Eglises et des cultes sur l’espace public, c’est à dire sur l’autonomie du citoyen. C’est aussi la paix civile assurée par la liberté de conscience et l’égalité de tous sans distinction d’options spirituelles ou de particularismes et sans discrimination liée au sexe ou à l’origine ".

Fabius met aussi l'accent sur une laïcité "qui unit les hommes" et rejette les communautarismes par "l’universalité de la loi"."C’est donc une des conditions de la fraternité".

Il se méfie aussi de l'emploi de certaines expression. A l'adresse par exemple de tous les partisans d'une "laïcité ouverte", expression utilisée par les opposants à la laïcité, Fabius met en garde : " La laïcité n’a donc pas besoin d’adjectif pour la qualifier : « moderne », « ouverte », « raisonnable », « audacieuse ». La laïcité est ; elle est un pilier de notre République ; elle est un atout exceptionnel pour la France ".


Affaire des caricatures : Fabius déçoit affichant une "laïcité honteuse"

L'affaire des caricatures a été un formidable révélateur de la place réelle que revêt pour ces hommes politiques le principe laïque. Et là, déception, lorsqu'on écoute le podcast du candidat Fabius !

" On ne peut s'en sortir qu'en ayant à l'esprit trois notions : le respect, la liberté et l'apaisement. Le respect... beaucoup de musulmans se sont sentis attaqués par ces caricatures qui étaient d'ailleurs de mauvais goût et il faut être extrêmement attentif à ce qui peut porter atteinte au sentiment religieux".

Est-il nécessaire d'aller plus loin ? La liberté d'expression ne vient qu'en second dans son discours, après le respect des religions que les politiques dans leur ensemble se sont empressés de défendre dans un concert d'hypocrisie.

Etait-il également nécessaire de juger de la qualité des dessins alors même que les dessinateurs étaient condamnés à mort ? Et quel rapport avec la liberté de conscience ? N'était-ce pas quelque peu déplacé ? C'est apporter un bien étrange soutien à tous les laïques qui luttent souvent au prix de leur vie dans les théocraties du monde arabe et d'ailleurs ! Quel contraste aussi dans le discours avec tous ces musulmans laïques qui se sont opposés à la censure !

"Je tiens comme à la prunelle de mes yeux à la liberté d'expression" dira-t-il pourtant en conclusion. Mais quelle crédibilité peuvent avoir ces mots après un tel préambule de précaution à l'égard des intégristes ! Dommage, le candidat avait pourtant là, un vrai thème de campagne à investir...

Reste qu'il est sans aucun doute à gauche l'un des candidats les plus laïques.

YB

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Les +

 Le parti socialiste auquel il appartient, résolument laïque. Les discours ou pratiques anti laïques d'élus socialistes (Royal, Delanoë, Aubry...) rsetent très minoritaires au PS.
 Son attachement très fort à la loi de 1905 de séparation de l'eglise et de l'Etat et le rappel de sa vocation universelle : "bien qu’élaborée dans un contexte historique précis, elle atteint d’emblée l’universel". " Il n’est pas question de modifier la loi de 1905. Vouloir le faire pourrait déclencher en France une crise majeure non seulement inutile mais dangereuse et une coupure grave dans notre peuple" dit-il laussi. Il réaffirme son opposition lors de la remise du rapport "Machelon" commendé par N. Sarkozy.
 
Le choix des armes : "Le principal instrument de lutte contre l’obscurantisme religieux et le communautarisme sectaire est bien l’éducation, l’emploi, l’émancipation des femmes, l’accès à la culture commune". Le candidat bencheikh, ex mufti de la mosquée de Marseille ne disait pas différemment : " Le voile est une fausse route pour les jeunes filles (...) La protection de la femme aujourd’hui, c’est l’instruction et l’éducation ".
 O
pposé à la "confessionalisation" de tous les maux de la société : il faut "éviter de considérer que le besoin premier des personnes musulmanes ou d’ « origine musulmane » serait nécessairement toujours d’ordre religieux.
 
L'affirmation de la liberté de conscience comme étant "aussi celle des non croyants". Il faut "réaffirmer que la liberté d’expression est un principe républicain fondamental et qu’il ne saurait être question de limiter cette liberté".

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Les - 

Ses déclarations timides et faites presque d'excuses sur l'affaire des caricatures du prophète Mahomet. Des déclarations qui laissent supposer une laïcité plus intellectualisée que réellement pratique et décridibilise finalement tout le discours pourtant riche qu'il a pu tenir auparavant sur la laïcité. On ne combat pas l'intégrisme en ménageant la chèvre et le choux. Le terme d'"apaisement", de "laïcité apaisée", utilisé également par Nicolas Sarkozy, cache souvent d'indicibles concessions faites aux intégrismes.

Par Dominique
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Mardi 17 octobre 2006
Texte lu de 8 mn sur le contrat implicite qui nous lie à ce monde idéal

A écouter à fond les baffles.

Pour que les collègues du bureau d'à côté entendent !


Dominique

Par Marielle & Dominique
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Lundi 23 octobre 2006

Pour avoir été interpelé par rapport à cet article, je précise que les auteurs sont signalés en bas de page, que je connais personnellement André Bellon avec qui j'ai eu le loisir de travailler un peu, que le fond de l'article me parait trés interressant et qu'il soulève de vrais questions en ce qui concerne la représentation du vote NON au TCE dans la campagne présidentielle en cours en partie pour le PS, et que pour autant je ne suis pas d'accord sur un point de cet article à savoir l'appel à voter blanc qui ne me parait pas une position juste dans ce cas de figure.
Pour autant je ne sais toujours pas pour qui voter en 2007, même si la candidature unique me parait la chose la plus envisageable.

D'ici là beaucoup de choses peuvent évoluer
Dominique


Nous sommes tous des non-candidats

à l’élection présidentielle de 2007

 

Le suffrage universel est en danger depuis des années.

Le plébiscite de 2007 est en passe de l’achever.

 

 

 

Le 29 mai 2005, en refusant le traité constitutionnel européen, les citoyens français ont dit leur volonté d’une autre politique et refusé d’officialiser la disparition de la souveraineté populaire. Comme seule réponse, la plupart des dirigeants politiques ont décidé de continuer sur la même voie, négligeant ce scrutin, méprisant les citoyens et leur décision.

Depuis des années, d’élection en élection, le refrain est le même. Les électeurs sont invités à avaliser sans débat et sans contestation possible tous les textes poubelles que leur propose la classe dirigeante, à voter sans opposition pour les porte-parole qu’elle leur impose.

Des « spécialistes » expliquent doctement que nous vivons une « crise de la démocratie ». Mais de quelle crise s’agit-il sinon d’une offensive menée contre la volonté collective des citoyens ? En effet, une déconstruction progressive de la démocratie et une délégitimation du suffrage universel se développent au nom de la « contrainte internationale », des « impératifs de la construction européenne » ou de « l’efficacité économique ». En s’attaquant ainsi frontalement à la souveraineté populaire, les classes dirigeantes renouent avec des comportements aristocratiques : des élites autoproclamées se cooptent au pouvoir en refusant de rendre compte des choix de fond qu’elles effectuent, notamment en déniant toute valeur à quelque opposition sérieuse que ce soit.

Au total, c’est la liberté individuelle et le contrat social, fondements de la République, qui sont remis en cause. Le mépris affiché envers les partisans du « non » au traité constitutionnel européen est le symbole de cette régression tragique des pratiques démocratiques. Et l’élection présidentielle qui s’annonce s’inscrit dans la volonté d’effacer le vote du 29 mai en ne donnant le choix qu’entre plusieurs partisans du oui. Elle est donc plus un plébiscite en faveur de la classe dirigeante qu’un vrai choix politique. Dans ce contexte, une candidature du Non, vouée à la marginalité,  ne peut que dévaloriser l’expression populaire.

Nous, citoyens conscients et responsables qui avons voté Non au projet de traité constitutionnel, refusons de cautionner un jeu pipé. Attachés au suffrage universel, nous allons toujours voter. Cette fois nous voterons blanc parce que cette présidentielle est, telle qu’elle se dessine, destructrice du débat politique et du choix démocratique. Seule cette attitude nous paraît cohérente avec le vote du 29 mai 2005.

 

Le suffrage universel : un combat

Le suffrage universel ne s’est jamais présenté comme une évidence. C’est une insurrection populaire qui l’imposa, d’ailleurs seulement pour les hommes, le 10 août 1792, à une Révolution française tâtonnante. Auparavant, la bourgeoisie triomphante avait organisé un suffrage censitaire réservant le droit de vote aux possédants. Par la suite, le suffrage universel a toujours été contesté de façon plus ou moins directe par des fractions de la classe dirigeante. Et ce sont les citoyens qui ont permis son maintien, en votant avec constance pour la République à partir des années 1880.

L’acceptation d’un contrat social et l’équilibre au sein de la société passent par l’expression de tous. Nul individu, nul groupe, ne peut prétendre imposer à tous sa vérité, sa volonté. C’est ainsi que la démocratie n’est pas l’alibi de la domination d’une classe mais la forme politique qui permet le dépassement, par conflits et compromis successifs, de cette domination. Les tensions et la violence sociales d’aujourd’hui sont aussi une conséquence de l’absence de démocratie.

Aujourd’hui, si le principe même du suffrage universel n’est plus officiellement attaqué, les forces qui lui sont hostiles cherchent à le contourner et à en réduire la portée. Mais cette nouvelle offensive contre la liberté et la souveraineté populaire, contre tout ce que les citoyens ont chèrement défendu naguère, reste aujourd’hui sans réponse.

Les attaques idéologiques contre les principes républicains ont eu pour but et souvent pour effet de dévaloriser le combat politique et social en même temps que l’expression du peuple. Les mots qui exprimaient jusqu’alors la volonté des citoyens sont eux-mêmes rejetés, déconsidérés. Parlez de souveraineté, on vous traitera de souverainiste, parlez de volonté populaire, on vous traitera de populiste, parlez de nation, on vous traitera de nationaliste. La démocratie elle-même est suspecte car on l’accuse de créer des tensions entre les citoyens. Le peuple est nié quand il n’est pas méprisé, rejeté. Autrefois, on parlait des banlieues rouges, de la zone, des classes dangereuses ; aujourd’hui on parle des racailles ou des salauds, suivant les origines des uns ou des autres. Dans les discours officiels, il n’y a plus d’intérêts qui seraient ceux de toute la nation, plus de peuple pour les définir. Il n’y a plus que les intérêts particuliers. Et les pouvoirs publics, malheureusement, se contentent de plus en plus d’en être les représentants.

Fait nouveau : ces assauts, menés autrefois essentiellement par des contre-révolutionnaires, sont aujourd’hui aussi conduits par des forces qui se réclament de la gauche. En effet, depuis des années, des philosophes membres de la soi-disant « nouvelle gauche » ont théorisé tous les abandons, ont légitimé tous les reniements. Pour eux, la notion de peuple est relativement indéterminée, l’égalité s’efface au profit de la liberté d’entreprise, l’intérêt général se confond avec le bon fonctionnement du libéralisme. De Pierre Rosanvallon à Michel Rocard, du Plan Juppé au traité constitutionnel européen, ils sont de toutes les régressions.

On installe ainsi l’idée d’un monde sans vie politique, sans débats fondamentaux, sans citoyens actifs. Les affirmations non contestées des experts se substituent aux confrontations politiques. Les émotions calculées et les prêches des responsables publics remplacent la condamnation des inégalités. Les mêmes qui ne veulent « laisser personne sur le bord du chemin » ne soutiennent-ils pas la libéralisation des marchés de capitaux ? Au total, l’invocation des contraintes économiques remplace la construction du contrat social, fondement de la République. Les citoyens sont invités à se soumettre à la mondialisation ou à une construction européenne sur laquelle ils n’ont aucune emprise et qui leur sont présentées comme incontestables.

 

Ne pas participer à l’élection présidentielle de 2007- Imposer la reconnaissance du vote blanc.

L’élection présidentielle est, de nos jours, organisée de telle manière qu’elle contraint les candidats soit à se couler dans le moule officiel, soit à demeurer marginaux. Faire émerger un nouvelle pensée ne résiste pas au jeu médiatico-institutionnel. Le rêve de nos dirigeants est, de plus en plus expressément, de constituer un système où la démocratie se résume à une compétition entre deux partis aux pensées assez proches, dessaisissant le citoyen de l’essentiel de sa capacité de choix. Les grands partis, soutenus par les médias, peuvent sans retenue user et abuser de la domination que leur confèrent les institutions. Ainsi 2007 se profile essentiellement comme une compétition entre des candidats tous partisans du oui à un référendum fondamental auquel le peuple français a dit non de la façon la plus nette.

Certes, des candidats honnêtes tenteront, par ailleurs, de porter les couleurs du Non. Mais ils se couleront dans un jeu réducteur dans lequel le clivage du 29 mai n’aura pratiquement pas de place. Ils ne seront alors que des candidats de témoignage ou des forces d’appoint dans les accords électoraux en préparation pour les législatives qui suivront et non des porte-parole crédibles d’une autre politique. Le faible score qu’ils feront comparé au 55% obtenus par le « non » signera leur erreur, tout en affaiblissant la portée du 29-Mai.

Car cette élection présidentielle est un jeu pipé d’avance qu’il ne faut pas cautionner. Il ne s’agit donc pas de trouver un candidat à jeter dans un nœud de vipères, mais de chercher collectivement la meilleure manière de donner un sens politique au Non. Le temps n’est plus aux petits accommodements avec le système dominant, mais à la construction d’une rupture avec lui qui soit cohérente, consistante et responsable.

Le 29 mai 2005 n’a pas vu, en effet, s’exprimer un vote ordinaire. Ce jour là, les électeurs ont montré qu’ils sont prêts à se mobiliser pour répondre à de vrais enjeux politiques. Ils ont affirmé « nous sommes le peuple et nous exprimons notre volonté ». C’est cette volonté et elle seule qu’il faut réaffirmer désormais aussi bien pour la détermination de la politique nationale que pour une construction européenne qui respecte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 

 

Une nouvelle fois dans notre histoire, le Tiers-État n’est rien et doit redevenir tout. Le 29 mai a ouvert un espace politique qui redonne force et vigueur au suffrage universel.

En votant blanc, le refus de cautionner une élection qui n’est qu’une compétition entre des fractions de la nouvelle aristocratie doit permettre de déboucher sur une nouvelle organisation de la vie politique et, dans un premier temps, sur une Assemblée constituante. Celle-ci doit être réellement représentative du peuple français, c'est-à-dire être composée de représentants élus individuellement avec un débat public le plus large possible. Elle sera chargée de restaurer les principes républicains, démocratiques et laïques, la séparation des pouvoirs, l’égalité des citoyens et de donner corps au progrès social.

Face aux conséquences sociales dramatiques des politiques menées depuis des décennies, devant leur caractère destructeur de la société, seule une réappropriation collective de l’idéal démocratique peut permettre de reconstruire la légitimité du pouvoir politique.  

 

Jean-Pierre ALLIOT, Journaliste, André BELLON, Ancien Président de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale, Michel BOUCHAUD, Enseignant, Anne CÉROBÉ, Enseignante, Jérémy MERCIER, Étudiant, Jack PROULT, Militant associatif

 

Par André Bellon
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Dimanche 29 octobre 2006
Intervention de B.Dedeban au meeting de MG Buffet
du 26 octobre 2006

au nom des collectifs unitaires pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes


J’interviens ici au nom du CIUD 31 et de ses collectifs locaux, mais au-delà, je pense pouvoir dire que les axes que je vais développer sont, pour l’essentiel, représentatifs des préoccupations de l ’ensemble des collectifs de notre région Midi-Pyrénées.

Les Collectifs pour un Rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes sont,à tous les niveaux national, régional, départemental, local, divers dans leur composition.

Dans le département de la Haute-Garonne et plus généralement dans tous les départements de notre région Midi-Pyrénées,

-
ils sont constitués d’organisations politiques parmi lesquelles le PCF joue un rôle très important dans la construction et le développement de ces collectifs aux cotés de l’Alternative en Midi-Pyrénées, du MARS, des Alternatifs, des Verts pour le NON regroupés au sein d ’AlterEkolo, PRS et la LCR participant au titre d’observateurs,

- ils sont aussi constitués de militant-e-s de la LCR, de Motivé-e-s, de militant-e-s associatif-ve-s, de syndicalistes,

-ils sont enfin constitués, et ce n ’est pas le moins important, de citoyen-ne-s n’appartenant à aucune organisation.

C’est cette diversité qui fait la richesse de ces collectifs unitaires en permettant l ’expression citoyenne, comme cela a été le cas des collectifs pour le NON au TCE, puis du 29 mai, chaque composante apportant, dans cette pluralité, sa dynamique.

Ces Collectifs sont le signe d’une formidable maturité collective, ils ont permis d ’élaborer les bases d ’une véritable alternative politique.

Par les Collectifs, le « Tous Ensemble », que nous n ’avons cessé de porter au cours de nos luttes et de nos manifestations depuis les grèves de 1995 jusqu’aux succès du 29 mai 2005 et de la mobilisation contre le CPE, se concrétise enfin sur une base programmatique.

Après le « Tous Ensemble » que nous avons réussi, souvent, dans nos combats,nous savons désormais dire « pour quoi faire ».

Nos adversaires, ils-elles ont été et sont nombreux-ses, nous ont, de fait, aidé dans l ’élaboration de ce projet tant attendu !

- Ceux et celles qui avaient osé imaginer que les lois du marché et de la libre concurrence puissent être gravées dans le marbre d’un traité constitutionnel et devenir des « principes constitutionnels européens », NOUS leur avons dit NON !!

- A ceux et celles qui représentaient prés de 90% de nos élu-e-s, 90%de ceux-elles qui théoriquement représentent le peuple, et nous appelaient à voter « Oui », droite et gauche mêlées, nous niant le plus souvent, de concert avec la plupart des médias, toute capacité d ’analyse et de réflexion, à tous ceux et celles là, NOUS avons dit NON !!

- Ceux et celles qui croyaient avoir légitimité pour nous représenter dans la connivence bipolaire autour d ’un projet libéral, à ceux et celles là NOUS leur avons tous et toutes ensemble dit NON !!

Les Collectifs pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes, sont, pour une part, les héritiers des collectifs issus de l ’appel des 200 qui ont permis, par la formidable dynamique citoyenne qu’ils ont impulsée lors de la campagne référendaire, la victoire du NON et un NON de gauche majoritaire, ils sont complémentaires avec les collectifs du 29 mai.
Ces Collectifs unitaires sont les seuls à avoir tiré,les leçons,toutes les leçons du 29 mai 2005 :

- A ceux et celles qui disaient « L ’Europe Sociale passe par le OUI au TCE », nous avons répondu l ’Europe Sociale est à construire autour d ’un projet en rupture totale avec toute forme de politique libérale ou d ’inspiration libérale, c’est-à-dire autour d ’un projet véritablement antilibéral de gauche.

- A ceux et celles qui voulaient bafouer la souveraineté populaire, nous répondons que la question institutionnelle et démocratique doit être au cœur de l ’alternative.

Les Collectifs unitaires ont l ’ambition de répondre à cette attente, certainement majoritaire dans notre pays ;

- OUI,nous proposons une candidature commune antilibérale, véritablement antilibérale, qui, on l ’espère, on le croit, sera unique.

Une candidature qui ne soit pas celle d ’un homme providentiel ou d ’une femme providentielle, occupant une fonction présidentielle reconduisant l ’état existant, mais une candidature qui placera au centre, le projet élaboré collectivement par l ’ensemble des collectifs, une candidature qui portera une triple exigence :

° La première est constituée par les mesures sociales d ’urgence dont l’objectif est de renverser toutes les mesures antisociales de la droite auxquelles sont confronté-e-s les citoyen-ne-s au quotidien et dont les plus démuni-e-s, les sans-papiers, les immigré-e-s, les chômeur-euse-s, la jeunesse, les salarié-e-s sont les premières victimes

° La seconde est de modifier en profondeur les institutions de ce pays.

Pour que plus jamais un parti représentant 18% des votants ne puisse monopoliser tous les pouvoirs;

Pour mettre fin au dessaisissement de la volonté populaire par la mise en place d ’assemblées, élues à la proportionnelle, enfin représentatives de tou-te-s les résident-e-s

° La troisième est l ’exigence écologique pour ne pas léguer aux générations futures une planète en voie de disparition.

- NOUS savons,au sein des Collectifs, que le candidat ou la candidate de ce rassemblement antilibéral de gauche :

*Ne peut être le candidat ou la candidate d ’un seul groupe ou parti même élargi;

*Devra offrir la plus grande chance, par son programme antilibéral sans flou ni
concession et par son engagement sans faille de mise en œuvre de réformes
institutionnelles,de se placer en tête de la gauche au 1 er tour;

*Se devra d ’avoir la capacité, au second tour, de rassembler face à la droite, la même majorité antilibérale de gauche que celle du 29 mai 2005 élargie à tous ceux et toutes celles qui, à gauche, avaient cru devoir souscrire aux consignes de vote « Oui » au référendum, provenant de responsables politiques désormais délégitimé-e-s pour nous représenter.

- Lorsque les Collectifs et le Collectif d ’initiative national choisiront, les 9 et 10 décembre, le candidat ou la candidate du rassemblement :

Ce ne sera pas, cela ne doit pas être, pour faire « le meilleur score possible » dans une stratégie d ’appareil, mais pour gagner dans cette opportunité historique unique :

° la première qui succède à un désaveu populaire du libéralisme

° la première qui succède à l’évidence d’une illégitimité de notre système représentatif majoritaire

° la première,enfin,qui rende crédible l’attente d’une refondation d’une

représentation démocratique trop longtemps bafouée.

Mais pour atteindre tous ces objectifs, rendre l ’espoir perdu, depuis tant d’années,à tou-te-s ces citoyen-ne-s qui souffrent au quotidien des méfaits du libéralisme,leur redonner confiance en l ’avenir, il faut que notre rassemblement fasse apparaître au grand jour et sans flou sa démarche unitaire et collective.

Pour cela il est important, pour ne pas dire essentiel, que, dores et déjà, chacun et chacune des 9 candidats et candidates à la candidature du rassemblement pour les présidentielles s'engage clairement et sans réserve, dans l ’hypothèse où il ou elle ne serait pas choisi-e, à soutenir sans la moindre réticence celui ou celle qui sera désigné-e lors de la réunion nationale.

De même il est essentiel que soient organisés, sans plus tardé, par les Collectifs unitaires
dans le cadre du rassemblement antilibéral des meetings unitaires, comme c ’est le cas par exemple au Mans le 6 novembre ou à Montpellier le 17 novembre, faisant apparaître la diversité du rassemblement au niveau national.

Dans cette logique Toulouse ne peut pas ne pas être, après les succès inespérés qu ’ont connus les 2 meetings régionaux organisés à Toulouse le 13 décembre 2005, qui a réuni 2000 personnes, et surtout le jeudi 12 mai 2005, qui reste gravé dans nos mémoires et qui fut, en réunissant 6000 personnes à un moment crucial de la campagne, un des catalyseurs de la dynamique du NON de gauche, une des villes où se tiendront des meetings régionaux
d ’envergure nationale.

Nous proposons qu’un meeting régional ait lieu dans ce cadre le 16 janvier à Toulouse, qui constituera, sans aucun doute, une étape importante dans la dynamique du rassemblement, avec une tribune, garante de la démarche collective de notre candidature, où nous retrouverons réuni-e-s, on le souhaite, comme ce fut le cas lors de la campagne référendaire, toi, Marie-George, avec J.Bové, Y.Salesse, et on l ’espère O.Besancenot et JL Mélenchon, mais aussi, bien sur, C.Autain, P.Braouezec, F.Bavay, E .Coquerel, C.Villiers, JJ.Boislaroussie.

C ’est bien le pari, de la construction d’un nouveau modèle de société solidaire, démocratique, pacifiste, féministe, écologique, laïque que nous avons engagée ensemble.

C ’est ce pari que nous pouvons gagner !!

C ’est ce pari que nous allons gagner tous et toutes ensemble !!!
Par B.Dedeban
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Jeudi 2 novembre 2006
POUR UNE AUTRE VOIE À GAUCHE !

Les collectifs de l’Ariège pour une alternative de gauche au libéralisme

vous convient à une

CONFÉRENCE-DÉBAT

avec

ROGER MARTELLI

Historien
Directeur de la revue Regards

À PAMIERS
Salle Espaliou
à 20 heures 30

le 22 novembre 2006

LE POUVOIR AUX CITOYENS : UNE UTOPIE ?

Chacun le sent bien : notre pays est en crise profonde. Mais, si cette crise affecte tous les domaines de la vie quotidienne et sociale (revenus, emplois, retraites,
éducation, intégration, environnement), elle est aussi une crise politique. Rarement les citoyens ont exprimé avec tant de force et sous les moyens les plus divers, leur désintérêt voire leur défiance pour les hommes et les femmes politiques assimilés à une « caste » étrangère à leurs préoccupations et sourde à leur demande.
Pour beaucoup, l’essentiel de leur vie est décidé « ailleurs », dans le monde opaque de la finance internationale où l’existence des hommes est devenue une « variable d’ajustement », un aléa économique, un élément de pure rentabilité.
La politique semble devenue hors de portée et impuissante.

La Vème République est à bout de souffle :

  • Ø mode de scrutin injuste excluant de nombreux courants de pensée,

  • Ø assemblée impuissante et tenue en laisse à coup de votes bloqués et de 49-3,

  • Ø gouvernement aux ordres,

  • Ø président irresponsable aux pouvoirs exorbitants,

  • Ø institutions coupées des réalités quotidiennes.

Une étude récente atteste qu’en trente ans, les Français jugeant que les hommes politiques sont corrompus sont passés de 38% à 60% ! Ce terrain est devenu dangereux. Il peut nourrir toutes les démagogies, tous les populismes, tous les extrémismes, toutes les violences.

C’EST TOUT CELA QU’IL FAUT COMBATTRE.
C’EST DE CELA QU’IL FAUT DEBATTRE.

Depuis nos premières assises, le 10 septembre à Saint-Denis, les collectifs unitaires pour une alternative de gauche antilibérale, se sont mis au travail. Avec près de 800 collectifs dans toute la France nous voulons travailler avec vous sur un programme pour soutenir des candidatures uniques aux élections présidentielles et législatives, pour une AUTRE VOIE À GAUCHE ! D’ores et déjà nous proposons une nouvelle République sans laquelle il n’y aura pas de nouvelle politique :

  • v Élections au mode de scrutin proportionnel
  • v Assemblée législative unique,
  • v Gouvernement responsable devant les députés,
  • v Suppression des pouvoirs incontrôlables du Président de la République ,
  • v Droit d’initiative citoyenne tant référendaire que législative ,
  • v Non-cumul et stricte limitation des mandats.

Notre candidate à nous c’est la VI ème République !


Venez en parler le 22 novembre 2006 à PAMIERS à 20 h 30 Salle Espaliou

CONTACTS : Email Collectif2007@ariege.eu.org

Web http://www.ariege.e u.org

Philippe Makowski, 10 rue François Truffaut 0900 Foix
Par Marielle & Dominique
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Jeudi 9 novembre 2006
communiqué de l'ejjp:




Juifs européens pour une paix juste sur GAZA

P.O. Box. 59506 1040 LA Amsterdam The Netherlands
+31 20 67955850 contact@ejjp.org http://ejjp.org

L'Union Européenne doit prendre des mesures fermes et impartiales contre la catastrophe humanitaire à Gaza.
Ces derniers mois, les actions de l'armée israélienne ont abouti à un niveau insupportable de répression et
de persécution de la population palestinienne dans la Bande de Gaza. Les massacres et les meurtres de Palestiniens
non armés, y compris de nombreux enfants et des femmes, cyniquement nommés pendant l'été "Opération Pluie d'Eté" et
portant maintenant le nom d' "Opération Nuages d'Automne", sont indescriptibles. Pendant les quatre derniers mois,
335 Palestiniens ont été tués, dont 85 moins de 17 ans, et 30 femmes. Ces derniers jours, 47 habitants de Beit Hanoun,
parmi lesquels des femmes et des enfants, ont été tués et de nombreux hommes de 16 à 45 ans arrêtés et conduits vers
une destination inconnue. Selon les médias israéliens, 130 d'entre eux étaient armés. Pour le dire clairement: depuis
moins de six mois 252 civils ont été tués par l'armée israélienne à Gaza, sans parler des centaines de blessés et de mutilés.


Quelles sont les raisons qui conduisent le gouvernement israélien à autoriser son armée à mener de telles actions?
Est-ce pour la sécurité?
Est-ce pour démontrer sa puissance contre ceux qui résistent à l'occupation?
 
Y-a-t-il une raison rationnelle?
L'inhumanité de ces attaques incessantes, tant psychologiques que matérielles, jour et nuit, n'a pas d'autre raison
que de semer la crainte et de démontrer sa force.

Contre quelle menace?
Les incursions de l'armée israélienne à Gaza ne peuvent être justifiées par le tir de Quassam ou par la prise en otage
par des militants palestiniens du soldat Gilad Shalit. En effet, la violence arbitraire et sans limite de l'armée
israélienne a probablement mis en danger sa vie.

L'usage de la nouvelle arme létale illégale appelée DIME (Dense Inert Metal Explosive) n'a aucune justification quelconque.
Il est évident qu'il s'agit d'utiliser des gens vivant comme une population emprisonnée par une occupation militaire brutale
comme sujets d'expérimentation pour tester de nouvelles armes létales.

On doit se demander si le motif réel du désengagement israélien de Gaza n'était pas de préparer la voie à de nouvelles
méthodes pour tuer et détruire.
Conformément à la Charte des Nations-Unies, Israël, comme n'importe quel autre membre de
la communauté internationale, doit être jugé, rendu responsable et dissuadé d'imposer des guerres non déclarées conduisant
à la mort de civils, à la destruction de la nature, et à celle de l'industrie et des infrastructures de ses voisins.

En tant que citoyens européens, nous ne voulons pas être silencieux sur les crimes commis contre un peuple occupé et
emprisonné, victime d'événements de l'histoire européenne.

En tant que juifs, nous ne ferons pas la même faute, que nous avons souvent condamnée chez les autres en restant silencieux
devant des crimes contre l'humanité.



Il est absolument essentiel que des mesures fortes, décisives et impartiales soient enfin prises par l'Union Européenne
pour contraindre Israël à respecter le droit international. Nous demandons qu'une force de maintien de la paix soit
immédiatement envoyée à Gaza par l'Union européenne pour protéger la population y vivant. La catastrophe humanitaire a
déjà commencé!

Comité exécutif des Juifs Européens pour une Paix Juste

Dror Feiler (Président) Suède
Dan Judelson (Secrétaire) Grande-Bretagne
Paula Abrams-Hourani Autriche
Paola Canarutto Italie
Liliane Cordova-Kaczerginski France
Fanny Michaela

traduit de l'anglais par JCM




Dessin tiré de :
www.le-jeudi.lu/images/journal/06070649.jpg
 
Par Marielle & Dominique
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