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Vendredi 13 octobre 2006 5 13 /10 /2006 09:28

 Assassinat du duc d'Orléans.

 

Quand l'apparition de la forêt du Mans eut ravi au fils de Charles V la raison et l'autorité, pour ne lui laisser qu' un vain titre, qui ne fît que mieux ressortir l'abandon et la misère où Charles l'insensé termina sa vie, le gouvernement du royaume devint l'objet d'âpres ambitions.

 

 

Les plus ardents à la poursuite du pouvoir vacant furent le duc d'Orléans, .frère du roi, et Jean Sans Peur, duc de Bourgogne ; la lutte entre eux fut acharnée et commença cette longue suite de troubles et de guerres civiles qui conduisirent la France à une ruine presque complète.

 

 

Dès que la démence de Charles VI l'eut mis dans l'impossibilité de diriger les affaires, le duc d'Orléans réclama la régence comme premier prince du sang ; toutefois, tant que vécut Philippe le Hardi, chef du deuxième duché de Bourgogne, le duc d'Orléans, son neveu, contint ses désirs.

 

 

Mais lorsque Jean Sans Peur succéda à son père, les prétentions rivales des maisons d'Orléans et de Bourgogne éclatèrent sans réserve : les deux cousins avec une profonde animosité se disputèrent l'administration du royaume, s'appuyant, l'un sur la bourgeoisie de Paris, parmi laquelle il était rendu populaire ; l'autre, le frère de Charles VI, sur les seigneurs qu'il attirait par les séductions de son esprit, par le luxe de ses habitudes.

 

 

Durant trois années cependant, de 1404 à 1407, la querelle fut entre eux en quelque sorte toute politique , ils s'attaquaient seulement encore par les mesures qu'ils obtenaient réciproquement du conseil institué pour administrer le pays.

 

 

Le duc de Bourgogne apportait une constante opposition à tout ce que décidait son adversaire : il protestait hautement contre l'établissement des impôts excessif, levés pour payer les immenses prodigalités, les ruineuses magnificences du frère de Charles VI ; il s'unissait intimement aux Parisiens, relevait leurs barricades et les soulevait contre l'épouse et le frère de Charles VI.

 

 

En 1405 ses intrigues excitèrent une révolte dans Paris, il la seconda avec une petite armée, s'empara du jeune dauphin, et obligea le duc d'Orléans et la reine Isabeau de Bavière à fuir ; la guerre était imminente, le duc fugitif était revenu vers Paris avec une armée, on allait combattre, quand les négociations du duc de Berry amenèrent un accommodement.

 

 

Le duc d'Orléans se vengea l'année suivante, en faisant échouer, par l'influence qu'il exerçait sur le gouvernement, une entreprise d'un haut intérêt pour la France et pour la popularité de son adversaire : en 1106 le duc de Bourgogne avait fait des préparatifs considérables contre Calais, il avait assemblé des troupes lorsqu'il fut arrêté par la pénurie du trésor, qu'avaient épuisé les largesses et les fêtes splendides de son rival ; il reçut l'ordre de licencier ses soldats et revint animé d'une haine violente contre celui qui l'avait empêché, d'accomplir la conquête brillante qu'il méditait.

 

 

A ces ressentiments politiques, à cette lutte d'ambition, se joignaient dans les derniers temps des raisons plus intimes, des injures domestiques qui compromettaient également l'honneur des deux princes.

 

 

Encore une fois cependant, le duc de Berry tenta de réconcilier ses neveux ; il parvint même à leur faire jurer paix et amitié en présence du conseil du roi, ils rompirent ensemble l'hostie sainte en témoignage de leur sincérité et s'embrassèrent.

 

 

Mais chez le duc de Bourgogne ces bienveillantes démonstrations n'étaient qu'apparentes, il gardait toujours un désir féroce de vengeance et, à l'instant même où il promettait l'oubli devant Dieu, il méditait une horrible violence.

 

 

Le 23 novembre 1407, le lendemain même d'un repas offert aux deux princes par le duc de Berry pour sceller mieux leur réconciliation, le duc d'Orléans étant allé dans la soirée visiter la reine Isabeau de Bavière à son hôtel de la rue Barbette, un valet de chambre du roi, complice de ses ennemis, lui vint dire :

 

 

"Monseigneur, le roi vous mande que sans délai veniez devers lui et qu'il a à parler à vous hâtivement et pour chose qui grandement touche à lui et à vous."

Le prince, sans défiance, sans aucun soupçon, sortit aussitôt accompagné seulement de deux écuyers, de quelques pages et de quatre ou cinq valets de pied portant des torches.

 

 

Il s'en allait, vêtu simplement d'une robe de damas noir, en arrière de ses gens, chantant à demi voix en se jouant avec insouciance, quand tout à coup vers la moitié de la rue Barbette une troupe d'hommes armés, cachée dans une maison, se précipite sur son escorte, renverse les torches, les foule aux pieds, et court au duc en s'écriant :

 

 

A mort ! à mort !

 

 

D'abord le prince crut à une méprise et s'écria :

 

 

Je suis le duc d'Orléans. C'est ce que nous demandons !

 

 

lui répondirent les meurtriers, et ils le jetèrent en même temps de sa mule en redoublant leurs violences.

 

 

Ce fut un instant d'affreux désordre, où se confondaient les cris de douleur et les menaces de mort ; les assassins frappaient de haches et d'épées leur victime, qui essayait vainement de parer les coups avec son bras.

 

 

Le duc tomba sans que la fureur de cette attaque se ralentît : ses cris éveillaient au loin l'écho sans qu'on accourût à lui ; les fenêtres restaient fermées, la rue déserte. 

Cependant, au commencement de ce tumulte, les chevaux des écuyers qui précédaient le duc s'étaient emportés, et quand ils purent les arrêter ils aperçurent la mule de leur maître qui les suivait sans porter de cavalier.

 

 

Alors ils redoutèrent un malheur et revinrent sur leurs pas ; en voyant le duc d'Orléans accablé par cette bande d'assassins, ils coururent à l'hôtel de la reine en criant

 

 

au meurtre !

 

 

Enfin on s'agita, on vint au secours du prince ; alors un homme cache jusqu'aux yeux sous un grand chaperon rouge, sortant d'une maison voisine, s'approcha des meurtriers en leur disant :

 

 

Eteignez tout, allons nous-en, il est bien mort, et tous s'enfuirent en semant la rue de chausses trappes et en incendiant une maison pour arrêter les poursuites.

 

 

Cette triste lueur éclaira une scène de désolation : le prince était étendu dans la boue, la tête brisée, le corps couvert de blessures, un main séparée du bras ; à ses côtés gisait un jeune écuyer, autrefois son page, qui avait été tué en le défendant. 

Ces misérables restes soigneusement recueillis furent placés dans un cercueil de plomb et ensevelis avec solennité, tous les seigneurs qui formaient surtout le parti du duc d'Orléans, ses oncles les ducs de Berry et de Bourbon, les comtes de Nevers, de Clermont, de Vendôme, de Saint Pol assistèrent à la funèbre cérémonie. 

Le duc de Bourgogne se mêla à cette foule et vint donner de feints regrets à sa victime ; mais il ne trompa personne, nul n'ignorait le nom de l'assassin : tout d'abord on avait désigné Jean Sans Peur ; on prétendit même l'avoir aperçu parmi les hommes de la vue Barbette.

 

 

Cependant le conseil des princes se réunit pour découvrir l'auteur du crime, et le duc de Bourgogne, qui avait repris son audace, s'avoua hardiment comme le meurtrier et se réfugia dans ses états.

 

 

Cette précaution était inutile, on n'osa pas le poursuivre ; la duchesse d'Orléans, Valentine de Milan, demanda justice sans pouvoir l'obtenir, et la voix seule de cette épouse désolée s'éleva contre cette lâche et horrible violence.

 

 

Les Parisiens, qui détestaient le duc d'Orléans pour son faste et son orgueil, applaudirent hautement ; les états de Flandre et de Bourgogne, auxquels le duc exposa

 

 

"comment il avoit fait occire le duc Louis et la cause pourquoi il l'avoit fait,"

 

 

approuvèrent également sa conduite.

 

 

Le duc de Bourgogne ne resta pas longtemps éloigné de Paris, il revint avec une armée, malgré les défenses du roi, et fut reçu comme un protecteur par les Parisiens ; ils saluèrent son retour de leurs acclamations, et l'entrée du meurtrier du frère de Charles VI sembla un triomphe.

 

 

Afin qu' il fût complet, Jean Sans Peur fit prononcer publiquement en présence de la cour, par un cordelier appeler Jean Petit, une apologie de son crime ; étrange monument des mœurs de ce siècle, lâche discours qui déshonorait tout à la fois et celui qui le prononçait et ceux qui l'écoutaient.

 

 

On profita d'un instant de calme pour faire déclarer à Charles VI qu'il ne conservait aucune déplaisance de la mort de son frère, et le duc de Bourgogne se crut suffisamment absous.

 

 

En 1409 de nouvelles négociations eurent lieu, et la reine et les princes d'Orléans, qui jusqu'alors s'étaient refusés à toute paix, consentirent à pardonner au meurtrier du duc d'Orléans.

 

 

La réconciliation eut lieu dans l'église de Chartres : les fils du duc d'Orléans jurèrent qu'ils ne gardaient aucune malveillance contre leur cousin, et celui-ci voulut bien demander pardon au roi :

 

 

"pour le fait commis en la personne du duc d'Orléans pour le bien du royaume et de sa personne ;"

 

 

on se promit solennellement, en face de l'autel, une inviolable amitié et l'oubli du passé.

 

 

Jean Sans Peur put alors croire son crime entièrement expié ; mais il avait donné aux partis un exemple fatal , qui ne fut point oublié : un jour on devait, lui rappelant l'assassinat de la rue Barbette, le frapper en prétextant le bien du royaume, comme il l'avait fait lui même pour justifier sa vengeance.

Faits mémorables

de l'histoire de 

France

L. Michelant.

 

1498 Le duc d'Orléans, petit-neveu de Charles V, petit-fils du duc d'Orléans assassiné par Jean sans Peur en 1407, fils du duc d'Orléans et de Marie de Clèves, né en 1462, succède à Charles VIII sous le nom de Louis XII. C'est lui qui avait été fait prisonnier à Saint-Aubin-du-Cormier. Il avait épousé la fille de Louis XI, Jeanne de France, mais pour conserver la Bretagne , il répudia cette princesse, pour épouser en 1499 la veuve de Charles VIII, Anne de Bretagne, née en 1477. Il avait combattu glorieusement en Italie pendant l'expédition de Charles VIII. Il avait lui-même des droits sur le royaume de Naples en tant que successeur de ce dernier, et sur le Milanais comme héritier de son aïeule Valentine Visconti.


1499 La conquête du Milanais, dirigée pour le compte de Louis XII par Trivulce, avec le concours de troupes vénitiennes et suisses, s'effectue en vingt jours (oct.).


1500 La population milanaise, durement opprimée par Trivulce, se révolte et il faut au condottiere de Louis XII une nouvelle campagne pour reconquérir le pays. Le duc Ludovic le More, qui a profité du soulèvement populaire pour reprendre son trône, est abandonné par ses mercenaires suisses ; livré au général français La Trémoille , il est envoyé prisonnier en France et enfermé au château de Loches (où il mourra après dix ans de captivité). Les Génois se placent volontairement sous la domination de Louis XII.

 

 

 

1501-1503 Louis XII s'allie avec Ferdinand le Catholique, roi d'Espagne, pour faire la conquête du royaume de Naples dont il lui promet une part, par le traité de Grenade. Les deux souverains ont respectivement pour généraux le duc de Nemours et Gonsalve de Cordoue. Le royaume de Naples (où restaient çà et là des éléments français depuis l'expédition de Charles VIII) est rapidement conquis. Cependant les Espagnols soulèvent des difficultés à propos de la délimitation de leur part de la conquête : ils sont plus nombreux que les Français et en profitent pour chasser du midi de l'Italie leurs alliés de la veille : ils restent maîtres du royaume. C'est pour faire sauter les forts de Naples occupés par les Français, que l'on fait pour la première fois usage de la mine. Les faits d'armes les plus remarquables qui résultent de ces événements sont les défaites des Français à Seminara, Cérignole et sur le Garigliano. Dans cette campagne, se distinguèrent particulièrement les capitaines français : La Palisse , le chevalier Bayard, le duc de Nemours et Louis d'Ars. Ce dernier ayant été bloqué dans la ville de Venouse qu'il commandait, y soutint un siège d'une année, et ne l'abandonna qu'en 1504 sur l'ordre formel de Louis XII : il traversa alors toute l'Italie avec toute sa petite troupe, et ses armes et bagages, pour rentrer en France.

 


1504-1505 Traités de Blois (1505), qui consacrent la ruine des espérances des Français en Italie. Le royaume de Naples étant complètement perdu pour Louis XII, il lui reste le Milanais, sous réserve d'une redevance à payer à Maximilien d'Autriche. Il décide alors de fiancer sa fille Claude de France, née en 1499, à Charles d'Autriche, petit-fils de l'empereur d'Allemagne et du roi d'Espagne Ferdinand le Catholique ; Claude de France recevra en dot le Milanais et les duchés de Bourgogne et de Bretagne. Par un autre traité, est arrêté le mariage de Germaine de Foix, nièce de Louis XII, avec le roi d'Espagne, veuf de Isabelle de Castille.


1508 États généraux de Tours. — Convoqués par Louis XII, ils annulent le traité de Blois relatif au mariage de Claude de France, qu'ils supplient Louis XII de donner de préférence pour femme à François d'Angoulême (lequel doit être son héritier). Ainsi le Milanais peut-être, et en tout cas sûrement la Bourgogne et la Bretagne resteront à la Couronne de France. Pour témoigner à Louis XII la gratitude de la Nation pour sa bonté, et pour les réductions d'impôts qu'il a ordonnées, les États lui décernent le titre de Père du Peuple.
— Formation entre Louis XII, Maximilien d'Autriche, Ferdinand le Catholique et le pape Jules II de la Ligue de Cambrai contre la république de Venise dont les empiétements les inquiètent et dont les pro-cédés équivoques les ont tous plus ou moins lésés. Louis XII est à la tête des Français.


1509 Victoire des Français commandés par Louis XII, à Agnadel, sur les Vénitiens. Ceux-ci, après leur défaite, retirent dans leur territoire propre, toutes leurs troupes de la terre ferme qu'elles occupaient et ouvrent une campagne diplomatique dans le but de désunir les nouveaux alliés.


1511 Le pape Jules II, à qui les Vénitiens ont restitué les villes qu'ils lui avaient prises dans la Romagne , se réconcilie avec la République et se retourne contre Louis XII. Il noue à son tour une ligue dans laquelle ne tardent pas à entrer ceux qui hier encore étaient les alliés du roi de France, puis Henri VIII d'Angle-terre. Le but de cette ligue est de chasser complète-ment les Français d'Italie. — Mort de Commines.


1511-1513 La nouvelle campagne d'Italie est pour l'armée française et ses chefs une suite de faits glorieux, mais le résultat en est déplorable. Gaston de Foix (neveu de Louis XII) s'illustre à Bologne, à Brescia, à Ravenne. Bayard renouvelle ses exploits. Mais les Français sont battus à Novare entre Turin et Milan. Entre temps les Anglais avaient envahi la France au nord, et infligeaient à la chevalerie française une sévère défaite à Guinegate en une rencontre qui fut appelée « Journée des Eperons », à cause de la rapidité avec laquelle les nôtres se sauvèrent du champ de bataille. La France était envahie aussi dans le sud, en Navarre, et dans l'est, par les Suisses qui s'avancèrent jusqu'à Dijon. La guerre se faisait aussi contre les Anglais sur mer : notre marine, encore bien peu nombreuse, y perdit la Belle Cordelière , vaisseau d'un modèle alors tout nouveau, et que son capitaine Primoguet, fit sauter plutôt que de le rendre à la flotte ennemie supérieure en force.


Gaston de Foix, né à Mazères le 10 décembre 1489, mort à Ravenne le 11 avril 1512, fut duc de Nemours, comte d'Étampes et vicomte de Narbonne.

Il était fils de Jean de Foix, comte d'Étampes et vicomte de Narbonne, et de Marie d'Orléans, une sœur de Louis XII.

Il reçut le commandement de l'armée royale en Italie, et mérita par ses hauts faits d'être surnommé le Foudre d'Italie : il débloqua Bologne, prit Brescia, gagna sur l'armée hispano-italienne la bataille de Ravenne, mais fut tué en poursuivant les vaincus.

 


 

Pierre Terrail de Bayard


Pierre Terrail
 
   Pierre Terrail

Pierre Terrail, seigneur de Bayard (Château de Bayard, Pontcharra (Isère) 1476 - Romagnano Sesia (ou Rovasenda), Milanais 1524)

Plus connu sous le surnom de Bayard ou du chevalier Bayard, Pierre III Terrail, fils d'Aymon (ou Amon) et de Hélène Alleman-Laval, était un noble dauphinois, né à Pontcharra en 1476, mort à Rovasenda en 1524, qui s'illustra notamment comme chevalier dans les guerres d'Italie (XVeXVIe siècle).

Sa vie fut narrée par un de ses compagnons d'armes, Jacques de Mailles (dans la Très joyeuse et très plaisante histoire du gentil seigneur de Bayart, le bon chevalier sans peur et sans reproche).

Il est le personnage historique qui donna naissance à la légende du « chevalier sans peur et sans reproche » et symbolise, par excellence, les valeurs de la chevalerie française à la fin du Moyen Âge.



 

1514 Mort d'Anne de Bretagne. Mariage de Claude de France avec François d'Angoulême. Louis XII se réconcilie avec Henri VIII, dont il épousa la soeur (Traité de Londres). Cessation des hostilités contre la France par suite d'accords entre Louis XII et les confédérés encore agissants. II est remarquable que les revers militaires et diplomatiques essuyés par Louis XII n'ont pas nui à la prospérité intérieure de la France. La Couronne s'est vue à plusieurs reprises dans de grands embarras financiers, néanmoins au cours du règne, la population s'est accrue, le commerce s'est développé, le bien-être s'est étendu — et le roi est resté populaire. Louis XII a été puissamment aidé dans la bonne conduite des affaires intérieures par son premier ministre, le cardinal Georges d'Amboise, auquel la population garde autant de reconnaissance qu'à lui-même.


1515 Mort de Louis XII. — Il ne laisse pas d'enfants.


Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- histoire
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Samedi 14 octobre 2006 6 14 /10 /2006 06:40

1449-1450  Grâce à ces mesures, Charles VII put reprendre sur une grande échelle la lutte contre les Anglais qui possédaient toujours la Normandie et la Guyenne. La Normandie leur fut d'abord reprise. Rouen ouvrit ses portes et les Anglais furent chassés peu à peu de la province ; ayant tenté de débarquer une armée à Cher-bourg pour s'opposer aux progrès de Charles VII, ils subirent à Formigny une défaite qui débarrassa d'eux définitivement la Normandie (1450). Le roi d'Angle-terre ne conservait dans cette région que les îles dites anglo-normandes qui depuis lors sont restées anglaises.


1451-1453 Pendant que se passaient ces événements, un général de Charles VII, le comte de Dunois, avait entrepris la conquête de la Guyenne ; en 1451 il entrait à Bordeaux et en chassait les Anglais. Les habitants, dont cette victoire menaçait les intérêts commerciaux, se soulevèrent contre les Français, et les Anglais cherchèrent à exploiter ce mouvement pour rétablir leur domination dans la contrée, mais ils furent battus à Castillon en 1453 et abandonnèrent pour toujours le sol français. Les Anglais ne possédaient plus en France que la ville de Calais. Ces faits marquent la fin de la guerre de Cent ans.


1453 En cette année se produit un événement capital dans l'histoire du monde. La prise de Constantinople par les Turcs précipite l'effondrement de l'empire d'Orient ou Bas-Empire, et marque la fin du Moyen Âge et le commencement des temps modernes.


1453-1461 Les dernières années du règne virent s'accomplir encore d'autres réformes et créations utiles. Charles VIl crée le Parlement de Toulouse et celui de Grenoble et fait commencer la rédaction des diverses Coutumes qui régissaient la vie civile.
On doit reprocher à ce souverain son ingratitude envers Jacques Cœur qui avait restauré et administré sagement les finances du royaume, et qui avait puissamment aidé de ses deniers au relèvement de la monarchie et du pays. Le grand argentier fut sacrifié à ses ennemis, ses biens furent confisqués et il alla mourir en exil.
La favorite de Charles VII, Agnès Sorel, dame de Beauté (nom d'une seigneurie qu'elle possédait) née en 1422 (morte en 1450) fut mêlée de très près aux affaires de la monarchie, mais elle eut sur l'esprit du roi et sur la marche des événements une heureuse influence. Au contraire, le dauphin Louis (plus tard Louis XI) fut pour Charles VII son père un ennemi infatigable. Né en 1423 (fils de Marie d'Anjou), il s'était dès 1440 joint à la Praguerie. En 1455, il fomenta une nouvelle révolte contre Charles VII: celui-ci châtia rudement les révoltés et le dauphin dut chercher un refuge auprès du duc de Bourgogne (1456). Ces derniers événements altérèrent la santé
de Charles VII qui d'ailleurs vivait dans la crainte continuelle d'être empoisonné à l'instigation du dauphin ; il mourut en 1481.


Le règne de Charles VII a vu la France réduite à la dernière extrémité, puis sauvée par une intervention miraculeuse et finalement relevée de ses ruines. On peut reprocher à Charles VII son indolence, sa négligence de ses devoirs pendant ses premières années de règne ; mais on doit reconnaître que, par la suite, il fit preuve d'énergie et de grands talents d'administrateur. Malheureusement, l'ingratitude dont il fit preuve en-vers Jeanne d'Arc et Jacques Cœur a jeté une ombre défavorable sur sa mémoire. Les circonstances de son règne lui ont fait donner par les historiens les surnoms de l'Indolent, puis le Bien-Servi, puis le Victorieux.


1456 Jacques Coeur.

 

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JACQUES COEUR DE BOURGES


UNE JEUNESSE ORDINAIRE

 Jacques Cœur est né à Bourges en 1400 dans une maison proche de l'église Saint-Pierre-le-Marché, rue de la Parerie, où son père exerçait la profession de marchand pelletier.

Ce père, Pierre Cœur, de condition modeste venu de Saint Pourçain va épouser la veuve d'un boucher, la dame Bacquelier, ce qui le propulse d'une marche dans la notoriété, la corporation des bouchers étant particulièrement puissante.

 Le petit Jacques passe sa petite enfance dans ce quartier de la rue des toiles et de l'Eglise appelée aujourd'hui Notre Dame, au pied du rempart avant d'aller habiter à l'angle de la rue des Armuriers et du Tambourin d'Argent, en face d'une superbe maison appartenant à la famille de Lambert de Léodepart, le prévôt de Bourges, " valet de Chambre du duc Jean de Berry ".

C'est à proximité du Palais du Duc Jean que se déroule l'adolescence de Jacques Cœur, à deux pas de la Sainte Chapelle où il poursuivra ses études. Le duc Jean de Berry, mécène et habile homme politique sera un grand bâtisseur, il possèdera plus de 15 châteaux, c'est un ami des artistes, on lui doit une des plus belles œuvres de la littérature : les Très Riches Heures du duc de Berry ".

 Ce début du XV ième siècle n'est pas particulièrement réjouissant, la période est fort tourmentée avec la " guerre de cent ans ", alors que les épidémies et la peste sont des maux quotidiens, à cela s'ajoutent les méfaits des écorcheurs et autres brigands.

Jacques Cœur a 15 ans lorsque se déroule une des plus cuisantes défaites de l'armée française à la bataille d'Azincourt, une partie importante de l'aristocratie est décimée et une part essentielle de la France passe sous la coupe des Anglais.

Trois ans plus tard, le dauphin, futur Charles VII quitte précipitamment Paris, chassé par Jean sans Peur et se réfugie en Berry, devenant " le petit roi de Bourges ", titre donné avec beaucoup de dérision.

La présence du dauphin et de la cour va stimuler la ville sur le plan des échanges et du commerce.

 Très jeune, Jacques Cœur gérera un des douze changes de la ville. Son entrée dans le monde des affaires se fera avec l'aide de l'épouse de Lambert de Léodepart, celle-ci ayant été mariée avec un maître des monnaies de Bourges. Il commencera un travail de change place Gordaine avec ses associés, Godard et Ravant le Danois. Bientôt il sera inquiété pour " falsification " dans les titres des monnaies frappées..

Il s'en sortira plutôt bien, le roi Charles VII signant une lettre de rémission, alors qu'il aurait pu être envoyé dans une basse fosse ou sur une galère.

 

LA MONTEE VERS LA PUISSANCE

 Jacques Cœur devient un commerçant à une échelle beaucoup plus ample que ses concurrents français de l'époque. Il rêve sans doute de rivaliser avec les Médicis de Florence ou les marchands de Gênes ou de Venise. Son premier voyage dans les pays du Levant se déroule en 1432, on ne sait pas ce qu'il a ramené, sinon une stratégie d'approche de ce commerce. Le retour sera délicat, il fera naufrage au large de Calvi, fait prisonnier, et rendu contre une rançon assez faible, ce qui signifie qu'à cette époque il n'était pas considéré comme un personnage important.

 Il fait construire des navires sur le modèle des bateaux génois, après en avoir copié un qu'il avait acheté... ce qui lui vaudra quelques ennuis.

 

Marchand mais aussi banquier, armateur, industriel, maître de mines dans le Forez, il est le contemporain de Jeanne d'Arc, qui habitera Bourges en 1429, de Gilles de Rais, et le confident d'Agnès Sorel. Ne dit-on pas que Perrette, la fille de Jacques Cœur accueillait dans son château, les amours de Charles VII et de la belle Agnès. Il conçoit des routes, installe des comptoirs pour faire " commerce avec les infidèles ", créa une flotte de navires, ses galées, et le négoce avec le Levant devint plus que prospère.

Il est un " manager " d'une grande modernité, à la fois Receveur des taxes sur le sel, Commissaire aux Etats du Languedoc, maître des Monnaies et Argentier du Roi, il tisse un réseau commercial de toute première importance, avec Montpellier, puis Lyon, Avignon, Limoges, Rouen et Paris.

Comme l'écrivent ses biographes, " Il fut créateur, sans le savoir, des sociétés multinationales et des entreprises à succursales multiples, il réussit à stopper la dévaluation de la monnaie ". Il fut un génial administrateur et un diplomate dans des situations délicates, fréquentant les rois, les princes et les papes.

 

En fait, la fortune du grand argentier ne serait pas due totalement à la vente de tissus ou de fourrures aux nobles de la cour, ni dans la fabrication de l'or à partir de métaux vils comme cela se murmurait dans les milieux alchimistes. C'était sans doute plus simple et plus rentable, il " jouait les différences de cours de l'Or et de l'Argent, entre l'Occident et le Levant.

En occident, le bi-métallisme était de rigueur, mais il manquait beaucoup d'or, alors que les mines de plomb argentifère étaient prospères. Inversement, le Levant " regorgeait d'Or " et la cote de l'argent était au plus haut. Il devenait alors aisé, pour un financier un peu aventureux de changer des quantités d'argent venues d'Occident contre de l'Or.

 Jacques Cœur est anobli en 1441, et deux ans plus tard, il acquiert un terrain, pour y construire une " grant'maison ", ce que nous appelons le Palais. Les travaux vont commencer assez vite, mais les difficultés techniques apparaissent, car la construction se fait sur une partie du rempart gallo-romain.

En 1450, le Palais est presque terminé. Jacques Cœur donne une fête dans la salle des festins, pour la réception organisée à la suite de l'accession comme archevêque de Bourges de son fils, Jean. Ce sera une des rares occasions pour Jacques Cœur de profiter de son palais.

Outre son Palais de Bourges, le grand Argentier acquiert moult maisons, châteaux et propriétés en Berry comme dans l'ensemble du pays. La " route touristique Jacques Cœur " permet de se promener à Ainay-le-Viel, ou encore à Menetou-Salon, deux châteaux acquis par Jacques Cœur, et sur les terres de ce dernier, il avait des vignes donnant un excellent vin pour l'époque. Plus loin, il aura une loge de marchands à Montpellier, une autre à Tours, alors que le château de Boissy, proche de Roanne devait être une étape entre Bourges et le midi.

En 1450, il est au sommet de son art, il a construit un palais, il gagne beaucoup d'argent, et le roi Charles VII, comme une grande partie de la cour lui doivent de l'argent, beaucoup d'argent !

 

LA CHUTE

 Alors que tout va bien, semble-t-il, Jacques Cœur est arrêté sur l'ordre du roi Charles VII le 31 juillet 1451 au château de Taillebourg. Il est emprisonné pour une dizaine de motifs plus ou moins sérieux.

Il a fait beaucoup de jaloux, et ne dit-on pas cette formule qui ne devait pas faire très plaisir à Charles VII : " Le Roi fait ce qu'il peut, Jacques Cœur fait ce qu'il veut ". Il était devenu l'égal des " grands " du royaume, paradant à Rouen en 1449 avec le roi et les hauts dignitaires !

Les accusations et les procès de l'époque sont caractéristiques : on ne badine pas avec les aveux. Torturé et soumis à la question il avoue tout ce que veulent ses détracteurs, et il est condamné à mort le 23 mai 1453.

 Il va finir sa vie aventureuse comme dans un roman de cape et d'épée. Il s'évade de sa prison de Poitiers, avec l'aide de ses amis, et par le canal des couvents dont celui de Beaucaire, il rejoint Rome et le Pape, affrète une flotte au nom de son illustre hôte, et s'en va combattre les infidèles. Il meurt le 25 novembre 1456 sur l'île de Chio, sans doute lors d'un combat naval avec les Turcs.

 

Son corps sera enterré dans le couvent des Cordeliers, et les restes seront dispersés par un tremblement de terre pour les uns, par des pillages et destructions des infidèles pour les autres. 

 

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1461 Avènement de Louis XI (né en 1423, fils du précédent et de Marie d'Anjou). — Il a épousé, étant encore dauphin, Marguerite d'Écosse (née en 1424). Il monte sur le trône dans des conditions de sécurité que n'ont pas connues beaucoup de ses prédécesseurs. La monarchie est affermie, la grande féodalité très ébranlée, les finances sont mieux réglées, une armée permanente permet au roi d'imposer ses décisions ; enfin des institutions administratives et judiciaires assurent un certain ordre dans le pays. Mais Louis XI n'entend pas suivre toutes les voies ouvertes par Char-les VII ; à peine sacré à Reims, il entame avec le Saint-Siège des négociations en vue de l'abandon de la Pragmatique Sanction.



Louis XI


1464 Il ne cache pas d'autre part son intention de poursuivre la lutte contre les derniers représentants de la féodalité. — Formation de la Ligue du Bien public, entre les grands seigneurs féodaux (ducs de Bourgogne, de Nemours, de Bourbon, de Bretagne et comte d'Armagnac) contre Louis XI, qui les a tous mécontentés et surtout alarmés par quelques réformes précipitées, ainsi que par l'annonce de ses projets de leur abaissement. Bien que l'intérêt de ces princes soit entièrement opposé à celui de la population, ils n'hésitent pas à qualifier leur alliance Ligue du Bien public.


1465 Les coalisés marchent sur la capitale. Louis XI va au-devant d'eux avec l'armée royale. Une bataille se livre le 16 juillet à Montlhéry, mais elle reste indécise. Louis XI se hâte de rentrer dans Paris et de le mettre en état de défense; pour s'assurer la bienveillance des bourgeois, il leur rend leurs privilèges et pendant ce temps, il noue des négociations avec les chefs de la ligue. Ces démarches réussissent à les désunir. Il fait alors avec eux les traités de Conflans et de Saint-Maur par lesquels la ligue est dissoute. Il cède la Normandie à son frère (duc de Berry). Mais il est bien résolu à n'exécuter aucune des clauses qu'il vient de signer. — Mort du poète Charles d'Orléans.


1467 Mort du duc de Bourgogne Philippe le Bon. Son fils Charles le Téméraire lui succède. Gand et Liège se révoltent contre lui et Louis XI leur donne clandestinement son appui. A l'intérieur, Louis XI déclare les offices inamovibles et organise militairement les corps de métiers de Paris. Cependant, les traités qu'il a signés ne s'exécutant pas, une deuxième ligue se forme contre lui, cette fois entre Charles le Téméraire, son beau-frère, Edouard IV d'Angleterre et le duc de Bretagne. Louis XI fait tête d'abord contre ce der-nier; il lui inflige une défaite et lui impose le traité d'Ancenis. Puis il se retourne vers les deux autres, mais n'étant pas suffisamment fort pour les attaquer, il cherche à agir de ruse contre le duc de Bourgogne.


1468 Louis XI fait déclarer par les États généraux réunis à Tours, la Normandie inaliénable, comme faisant partie du domaine de la couronne : elle ne pourra donc être attribuée à son frère ; après quoi il sollicite une entrevue avec Charles le Téméraire à Péronne, où devront être débattues et, promet-il sans doute, résolues les questions qui les divisent. Mais en même temps, afin de créer à Charles des embarras qui le rendront de composition plus facile, il pousse les Liégeois à une nouvelle révolte, cette fois contre leur évêque, parent de Charles, qu'ils chassent de son siège. Charles apprend cette traîtrise et retient Louis prisonnier dans le château de Péronne. Louis XI, cependant, désarme son redoutable adversaire par sa soumission affectée, et consent à signer le traité qu'il lui impose. Aux termes de ce traité, dit de Péronne, le frère de Louis XI (qui est l'allié du Téméraire et qui a été frustré de la Normandie) recevra les provinces de Champagne et de Brie (qui relient les possessions du duc de Bourgogne en Bourgogne et en Flandre) et Louis XI devra assister à la campagne contre les Liégeois. A cette occasion, Louis détache du service du duc, par ses promesses et sa duplicité, le célèbre Philippe de Commines, qui après avoir été le meilleur conseiller de Charles le Téméraire sera l'ami, le confident et l'historiographe du roi de France. Après quoi, Louis part avec Charles contre les villes flamandes dont ses intrigues ont provoqué la révolte, et assiste au sac de Liège par les Bourguignons.
Une fois rentré à Paris, Louis s'efforce de ne pas tenir les engagements qu'il vient de prendre; il commence par attribuer à son frère la Guyenne au lieu de la Champagne qui lui a été promise par traité, mais qui, à son gré, est trop voisine de Paris pour être possédée par un seigneur aussi turbulent et qui, d'ailleurs, reste l'allié du duc de Bourgogne. — Louis XI fait enfermer dans une cage de fer son conseiller, le cardinal La Balue, qu'il accuse de l'avoir trahi.

 

1470 Louis XI convoque à Tours, l'Assemblée des Notables, par laquelle il fait annuler le traité de Péronne. Se prévalant de cette décision (qui est beaucoup son ouvrage), il fait saisir les villes de la Somme : Saint-Quentin, Roye, Montdidier, Amiens, qu'il avait rachetées au duc de Bourgogne et que celui-ci lui avait reprises.
Formation d'une nouvelle ligue à l'instigation du nouveau duc de Guyenne, qui a encore pour alliés Charles le Téméraire et Édouard IV d'Angleterre. De même qu'il la déjà fait, Louis XI n'oppose d'abord à ses ennemis que des ruses dilatoires par lesquelles il espère les diviser.


1472 Mort du duc de Guyenne, frère de Louis XI. Cette mort survient trop opportunément pour qu'on ne soupçonne pas Louis XI d'en être l'instigateur : cela ne l'empêche pas de saisir la Guyenne. Charles le Téméraire, en proie à la fureur, accuse Louis d'empoisonnement, et jette des troupes contre les villes de Picardie que le roi vient de lui reprendre. Nesle et Roye sont saccagées ; mais les Bourguignons échouent devant Beauvais, grâce surtout à l'héroïsme d'une jeune fille : Jeanne Lainé, dite Jeanne Hachette. Pour se dédommager de cet échec, Charles ravage la Normandie, espérant que, par la possession de cette province, il pourra faire sa jonction avec le duc de Bretagne. Mais entre temps, Louis XI, tant par force que par ruse, a imposé à ce dernier une trêve ; Charles réduit à ses propres moyens, se voit lui-même contraint d'en signer une, à Senlis.


1472-1475  La trêve de Senlis n'empêche pas Louis XI de reprendre les villes de la Somme que Charles lui a récemment enlevées et de débarrasser peu à peu la région des forces bourguignonnes qui pouvaient s'y trouver encore, tandis que le duc de Lorraine bataille en Lorraine, en Allemagne, avec l'espoir d'arrondir et de souder les unes aux autres ses possessions dont il rêve de former un royaume. Sur la demande du duc, Édouard d'Angleterre lui amène des troupes en France, mais les finasseries de Louis XI, une fois de plus, font avorter le projet des deux alliés. Charles, d'ailleurs, ne peut rejoindre Édouard dans les délais prévus pour le déclenchement de leur action commune ; Louis obtient d'Édouard la signature d'un traité de paix, à Pecquigny (1475). Lorsque le duc de Bourgogne arrive enfin, il se trouve seul pour engager la lutte, et à son tour signe un traité avec Louis XI, ce qui d'ailleurs lui permettra de se retourner vers les Suisses et vers la Lorraine, qu'il cherche à asservir, et contre lesquels il fera deux expéditions malheureuses, dans la dernière desquelles il trouvera la mort (1477).


1474 Incorporation du Roussillon au domaine royal. — Le roi d'Aragon avait engagé le Roussillon au roi de France pour 200 000 écus. Cette somme n'ayant pas été remboursée, Louis XI fit saisir Perpignan et occuper la province qui depuis lors est restée française.


1475-1477 - 5 janvier 1477 mort de Charles le Téméraire à la bataille de Nancy. Débarrassé de son plus redoutable ennemi, Louis XI se donne tout entier à la lutte contre la féodalité. Prenant acte de l'hostilité que lui ont témoignée la plupart de ses grands chefs et des perfidies dont, il faut bien le dire, ils s'étaient rendus coupables envers lui, Louis XI fait agir contre eux, selon le cas, son Parlement ou ses troupes, et leur fait expier les actes qu'il leur reproche. Ainsi périssent le duc d'Alençon et son fils, le comte d'Armagnac, le comte de Saint-Pol, le duc de Nemours. Leurs domaines, confisqués, sont incorporés au domaine royal. La féodalité est ainsi décapitée, et l'unité territoriale de la France presque réalisée.

 

Charles le Téméraire en armure de combat (Musée du Palais des ducs de Bourgogne, Dijon)

Charles le Téméraire en armure de combat
(Musée du Palais des ducs de Bourgogne, Dijon)

 

1477-1482 A la mort de Charles le Téméraire qui ne laisse qu'une fille, Marie, Louis XI essaye de mettre la main sur les possessions du duc. Pour y parvenir, il affiche le projet de marier Marie, qui a vingt ans, avec le dauphin, son fils, qui en a huit: d'ailleurs il fait envahir les États de Bourgogne par ses troupes, dont les exactions mécontentent les populations. Pour se débarrasser de ses prétentions, Marie donne sa main à l'archiduc Maximilien d'Autriche. Celui-ci prend les armes pour recouvrer l'héritage de sa femme. En 1479, il gagne sur les Français la bataille de Guinegate; l'Artois se révolte contre Louis XI, mais ce mouvement est vite réprimé. Une révolte des Flamands arrive à point pour empêcher Maximilien de pousser les hostilités contre le roi de France ; l'archiduc est amené à signer le traité d'Arras qui donne à la France l'Artois, les villes de la Somme et le duché de Bourgogne. Les Pays-Bas restent à la maison d'Autriche et sont attribués au fils de Maximilien et de Marie (qui entre temps est morte prématurément) Philippe le Beau (lequel sera le père de Charles-Quint).


1481 Entre temps, Louis XI a hérité des possessions du duc d'Anjou qui lui a volontairement légué l'Anjou, le Maine, la Provence. Louis XI règne maintenant sur un vaste royaume d'un seul tenant. La Lorraine ainsi que les droits sur le royaume de Naples restent à René de Vaudemont, petit-fils du duc d'Anjou.


1483 Mort de Louis XI. — L'histoire a gardé le souvenir de ses fourberies et on peut dire aussi de ses crimes ; mais elle lui tient compte de son patriotisme inlassable. Si ce roi montra peu de scrupules dans la poursuite de ses desseins, peu d'honnêteté dans sa manière de gouverner, on doit reconnaître que tous ses actes eurent pour but la consolidation du pouvoir royal et l'extension du domaine de la couronne, c'est-à-dire la grandeur de la France. Peu estimable comme homme, il n'en fut pas moins un grand roi par ses conceptions politiques et les conséquences de leur réalisation.

Louis XI créa les parlements de Bordeaux et de Dijon;

Il encouragea le commerce et facilita l'accès de la France aux négociants étrangers ;

il améliora les routes ;

établit les premières postes (qui, à vrai dire, ne servirent d'abord qu'à la transmission de ses ordres) ;

il favorisa l'établissement de l'imprimerie à Paris

grâce à lui se fondèrent, à Tours, les premières manufactures de soieries.

Sous le règne de Louis XI, vécut le poète François Villon.

 

Je suis François, dont il me poise
Né de Paris emprès Pontoise
Et de la corde d'une toise
Saura mon col que mon cul poise

« Je suis Français et cela me pèse
Né à Paris près de Pontoise
Et de la corde d'une toise
Mon cou saura ce que pèse mon cul »


1484 Avènement de Charles VIII; âgé seulement de treize ans et d'ailleurs débile et maladif, il est trop jeune pour régner. Selon le voeu de Louis XI, la tutelle du jeune prince et la régence seront exercées par sa soeur aînée Anne, mariée au sire de Beaujeu. Cette princesse, douée d'une haute raison et de brillantes qualités, tout entière à ses devoirs, a laissé un grand renom dans l'Histoire.


Anne de Beaujeu


Cependant, les seigneurs que Louis XI avait tenus en respect, jugent le moment propice pour renverser l'oeuvre du feu roi, reconquérir leurs privilèges perdus et imposer l'un d'eux comme régent: une ère de troubles se prépare. Anne de Beaujeu réunit les États généraux pour la première fois au grand complet (paysans compris). Elle fait régler la question de la régence, de manière que Louis, duc d'Orléans, dont on doit redouter la frivolité, en soit exclu, et elle se fait attribuer, à défaut du titre, les pouvoirs de régente; enfin, elle obtient d'eux les subsides nécessaires pour faire face à l'orage qui menace.


1485-1488 Le duc d'Orléans s'associe avec le duc de Bretagne et quelques seigneurs mécontents, et prend les armes en 1485, puis en 1487 contre la régente, mais ces tentatives, quoique vivement poussées, n'ont aucun résultat.
Anne de Beaujeu a confié le commandement de l'armée royale à La Trémoille. Celui-ci conduit énergiquement la guerre. En 1488, il bat les alliés, et fait le duc d'Orléans prisonnier à Saint-Aubin-du-Cormier. Le duc de Bretagne François II est obligé de signer le traité de Sablé. On a appelé cette guerre la guerre folle, à causa de l'imprudence que montrèrent les seigneurs en s'attaquant au pouvoir royal déjà assez fort pour résister à toute révolte.


1491 Mort du duc de Bretagne. — Il ne laisse qu'une fille, Anne, qui est promise à Maximilien d'Autriche (veuf de Marie de Bourgogne). Mais celui-ci ne se presse pas de réaliser ce mariage. Charles VIII se rend en Bretagne, dont sa soeur a fait saisir entre temps les principales villes et se fait agréer pour époux par Anne, d'où résulte l'incorporation au royaume du duché de Bretagne.


1492 Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.

 Dans l'ordre, la Nina, la Santa-Maria et la Pinta.

Les trois navires présumés de Christophe Colomb,

d'après un dessin attribué à son fils,

Fernando Colomb.




— Henri VII d'Angleterre a préparé une guerre contre la France; pour l'éviter Charles VIII renouvelle à Étaples le traité par lequel Louis XI payait un tribut aux Anglais.


1492-1493 Charles VIII se croyant appelé à une carrière militaire glorieuse projette de revendiquer les droits de la maison d'Anjou sur le royaume de Naples et, de là, de porter la guerre en Orient pour briser la puissance des Turcs et rétablir, à son profit, le trône de Jérusalem. Afin de se rendre les mains libres pour ces expéditions, il rétrocède, par le traité de Narbonne, le Roussillon à Ferdinand le Catholique et, par le traité de Senlis (1493), la Franche-Comté et l'Artois à la maison d'Autriche. Il convient de dire d'ailleurs que ces deux dernières provinces étaient réservées par le traité d'Arras, pour servir de dot à la fille de Maximilien, que Charles VIII devait épouser, et qui était élevée à la cour de France, mais qu'il renvoya pour se marier avec Anne de Bretagne.

 



Charles VIII

 

1494-1495 Malgré des débuts brillants, l'expédition de Charles VIII échoue. Plusieurs princes italiens l'avaient encouragé à l'entreprendre, espérant chacun profiter de ses succès. II entra en triomphateur à Rome (31 décembre 1494), puis à Naples (22 février 1495). Mais sa rapide fortune qui avait d'abord ébloui ses nouveaux amis, ne tarde pas à les inquiéter. Ils redoutent de s'être donné un maître, là où ils ne cherchaient qu'un appui ou un instrument les uns contre les autres. A peine est-il entré à Naples qu'une ligue se forme derrière lui entre le pape Alexandre VI, l'empereur d'Autriche, la République de Venise, Ferdinand le Catholique (roi d'Espagne) et Ludovic le More (qui entre temps a vu son ambition se réaliser en devenant duc de Milan). A cette nouvelle, Char-les VIII reprend le chemin de la France avec l'armée très peu nombreuse qu'il a amenée. Les confédérés au nombre de 40 000 essaient de lui barrer le pas-sage. Mais le 8 juillet, bien que n'ayant que 9 000 hommes (car il a laissé une partie de son monde à Naples), Charles écrase à Fornoue les Vénitiens et les Milanais, dans une grande bataille où se montrent tout particulièrement le courage et la fougue des Français que les Italiens reconnaissent en lui donnant le nom de furia francese. Au cours de cette campagne, d'ailleurs, s'est imposée la supériorité de l'artillerie française. Après sa victoire de Fornoue, qu'il ne sut pas exploiter, Charles VIII rentre en France. Quant aux troupes laissées à la garde du royaume de Naples, elles eurent à se défendre contre les anciens maîtres du pays : après quelques succès dont le plus connu est celui de Seminara, en 1503, elles durent capituler à Atella et obtinrent leur retour en France.


1495-1498 Charles VIII emploie ces deux années, d'une part à réorganiser le Parlement (fixation du Grand Conseil) et à poursuivre quelques réformes intéressantes ; d'autre part, à préparer une nouvelle expédition contre l'Italie. Mais en avril de cette dernière année, il meurt à Amboise, des suites d'un accident (il s'était frappé le front en passant sous une porte trop basse). Charles VIII ne laisse pas d'enfants. Son règne a appauvri le Trésor, mais a imposé à l'étranger le respect du nom français, et mieux, a vu s'affirmer l'existence d'une nationalité française.

 

Chronologie des rois de France, rois des Français et empereurs des Français
de 987 à 1870
987 996 1031 1060 1108 1137 1180 1223 1226
   Hugues Capet Robert II Henri Ier Philippe Ier Louis VI Louis VII Philippe II Louis VIII   
1226 1270 1285 1314 1316 1316 1322 1328 1350
   Louis IX Philippe III Philippe IV Louis X Jean Ier Philippe V Charles IV Philippe VI   
1350 1364 1380 1422 1461 1483 1498 1515 1547 1559
   Jean II Charles V Charles VI Charles VII Louis XI Charles VIII Louis XII François Ier Henri II   
1559 1560 1574 1589 1610 1643 1715 1774 1792
   François II Charles IX Henri III Henri IV Louis XIII Louis XIV Louis XV Louis XVI   
1792 1804 1814 1824 1830 1848 1852 1870
     -   Napoléon Ier Louis XVIII Charles X Louis-Philippe Ier - Napoléon III   

Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- histoire
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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /2006 16:15
1380  Mort de Du Guesclin devant la forteresse de Châteauneuf-Randon tenue par les Anglais et dont il faisait le siège. Charles V voulut qu'il fût inhumé auprès des rois de France, dans l'abbaye de Saint-Denis.
Mort de Charles V. Ce règne doit être regardé comme un des meilleurs que la France ail connus. II vit la réalisation de réformes heureuses et de grands progrès.



Citons :
  • l'agrandissement et la consolidation du domaine royal;
  • la restauration des finances (vide à l'avènement, le Trésor contenait plusieurs millions à la mort de Charles V);
  • l'économie instaurée dans les services publics, notamment dans la perception des impôts ;
  • la substitution dans le Parlement des légistes aux barons ;
  • la création, sous le nom de Librairie royale, de la Bibliothèque Nationale , dont le premier siège fut dans la Tour du Louvre (commencée avec 20 volumes, elle en contenait 900 quand mourut le roi) ;
  • l'établissement du Palais de justice (dans l'ancien château de saint Louis) ;
  • la fondation de la Bastille (qui ne fut du reste achevée que plus tard), etc.

  • De plus, Charles V fixa à 13 ans révolus la majorité des rois de France.


Le célèbre chroniqueur Froissart, auquel on doit le plus de renseignements sur la guerre de Cent ans et dont les écrits ont beaucoup contribué à nous faire connaître le Moyen Âge, vécut sous ce règne (1325-1400). Charles V avait épousé Jeanne de Bourbon, dont il eut Charles VI (né en 1368) qui lui succéda.


A la mort de Charles V son fils (né en 1368 de Jeanne de Bourbon) lui succède sous le nom de Charles VI, mais il est mineur et ne gouverne d'abord que sous la tutelle de ses oncles, les ducs d'Anjou, de Bourgogne et de Berry, qui mettent au pillage le trésor royal, lentement constitué par Charles V, et mécontentent la population par leur attitude hautaine et arrogante.

1382 Les régents font annoncer qu'ils rétablissent des taxes qui avaient été abolies par le feu roi. A cette nouvelle, le peuple de Paris se révolte, massacre un collecteur d'impôts et s'empare des armes qui étaient tenues en réserve
que dans le Languedoc, où les révoltés prennent le nom de Tuchins. Pendant ces troubles, les Flamands se sont, de leur côté, soulevés contre leur comte, et se sont donné pour chef Philippe Artevelde (fils de Jacques Artevelde que les Français ont combattu sous le règne de Philippe VI). Le comte de Flandre étant le beau-père du duc de Bourgogne (l'un des régents de France), celui-ci pousse Charles VI à prendre les armes en sa faveur. La chevalerie française obéit d'au-tant plus volontiers en cette circonstance à Charles VI, que le mouvement qui se produit dans les Flandres est en réalité une révolte des artisans et des bourgeois contre les seigneurs. Les Français sont commandés par un ancien compagnon d'armes de Du Guesclin, le connétable Olivier de Clisson. La rencontre a lieu le 17 novembre à Rosebecque ; les Flamands y sont complètement battus par les Français et leur chef Artevelde y est tué. A la suite de cette victoire, Charles VI entre à Gand et y fait décapiter plusieurs bourgeois regardés comme les chefs du mouvement. Après quoi il rentre à Paris pour réduire la révolte des Maillotins. à l'Hôtel de Ville, notamment de maillets de plomb fabriqués autrefois pour être distribués en cas de besoin aux défenseurs des remparts : de là le surnom de Maillotins donné à ces insurgés qui, maîtres de la ville, y font régner la terreur et y commettent toute sorte d'excès. En même temps, des troubles analogues éclatent dans plusieurs villes, telles que Reims, Sens, Compiègne, Amiens et Rouen, et jusque dans le Languedoc, où les révoltés prennent le nom de Tuchins. Pendant ces troubles, les Flamands se sont, de leur côté, soulevés contre leur comte, et se sont donné pour chef Philippe Artevelde (fils de Jacques Artevelde que les Français ont combattu sous le règne de Philippe VI). Le comte de Flandre étant le beau-père du duc de Bourgogne (l'un des régents de France), celui-ci pousse Charles VI à prendre les armes en sa faveur. La chevalerie française obéit d'au-tant plus volontiers en cette circonstance à Charles VI, que le mouvement qui se produit dans les Flandres est en réalité une révolte des artisans et des bourgeois contre les seigneurs. Les Français sont commandés par un ancien compagnon d'armes de Du Guesclin, le connétable Olivier de Clisson. La rencontre a lieu le 17 novembre à Rosebecque ; les Flamands y sont complètement battus par les Français et leur chef Artevelde y est tué. A la suite de cette victoire, Charles VI entre à Gand et y fait décapiter plusieurs bourgeois regardés comme les chefs du mouvement. Après quoi il rentre à Paris pour réduire la révolte des Maillotins.

1385 Charles VI épouse Isabeau de Bavière, fille d'Étienne II, duc de Bavière, née en 1371, qui est restée célèbre par les scandales de sa vie privée et publique.

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Charles VI le Fou



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Charles VI
 
Illustration tirée du livre " Bien connaître les généalogies des rois de France " par J.C. Volkmann

Fils de Charles V et de Jeanne de Bourbon, Charles VI naît à Paris en 1368 et meurt en 1422. A la mort de son père, en 1380, il est sacré roi à Reims. N'ayant que 12 ans, ce sont ses oncles : Louis de Bourbon, Louis 1er d'Anjou, Jean de Berry et Philippe de Bourgogne dit " le Hardi " qui assurent sa tutelle et la régence. Depuis ce jour, le jeune Charles VI sera tiraillé entre ces Princes qui serviront avant tout leurs intérêts personnels.

En février-mars 1382, il dut affronter la révolte des Maillotins de Paris. En 1383/84, ses armées conquièrent les Flandres et Philippe le Hardi devient Comte de Flandres. 1385 : c'est la date de son mariage avec Isabeau de Bavière dont il aura 11 enfants !

En 1388, à sa majorité, il prend les rênes du pouvoir, renvoie " ses chers oncles " et s'entoure des anciens conseillés de son père, comme Olivier de Clisson Juvénal des Ursins ou Jean de Vienne, qui sont appelés par dérision les Marmousets. La nouvelle équipe procède à une réforme générale de l'Etat et de l?administration.

C'est en 1392 qu'apparaissent les premiers signes de folie, comme en ce jour du 5 août 1392, où lors de la traversée de la forêt du Mans, il crut tomber dans une embuscade. Il frappa de son épée et tua tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Charles VI fut maîtrisé, ligoté et ramené au Mans sur un chariot ! Au retour, les oncles reprennent le pouvoir et renvoient les Marmousets.


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Folie de Charles VI


 

En 1393, à la suite d'un horrible accident resté dans les mémoires sous le nom du " Bal des Ardents " ou " bal des Sauvages ", (Louis d'Orléans s'approche d'un groupe de danseurs vêtus uniquement de plumes avec une torche à la main. Or celle-ci enflamma ses danseurs parmi lesquels se trouvait Charles VI. Il fut sauvé de la mort par sa tante qui avait jeté son manteau sur lui.) sa raison vacilla encore un peu plus. Il vit alors reclus dans son Hôtel Royal, l'hôtel Saint-Pol à Paris, alternant les périodes de lucidité et de folie.

En 1408, Isabeau de Bavière donne naissance à son 11éme enfant, Charles, le futur Charles VII. A la mort de Philippe le Hardi en 1404, son fils Jean Sans Peur le remplace auprès du roi et surtout de la Reine.

Il occupe Paris, il est maître de la Bourgogne ,des Flandres, de l'Artois et obtient la garde du Dauphin Charles. A partir de 1410, une véritable guerre civile s'installe entre les Armagnacs partisans de Charles d'Orléans et les Bourguignons de Jean Sans Peur, allié des Anglais qui pendant ce temps là, débarquent dans le Cotentin ! Le royaume est dans le plus grand chaos, l'armée française est écrasée à Azincourt en 1415.



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Charles VI à Azincourt

(musée de Dijon)

 
 
 
 

Tous les enfants de Charles VI mourront avant leur majorité, seul reste le dauphin Charles, qui est nommé régent en 1418 durant les " absences " de son père. Il négocie avec Jean Sans Peur, mais lors de l'entrevue de réconciliation à Montereau, celui-ci est assassiné Charles est tenu pour responsable et déchu de ses droits par sa mère. Il ira se réfugier à Bourges.

Les Anglais gagnent du terrain, prennent toute la Normandie, arrivent aux portes de Paris. Une paix éphémère est instituée et Charles VI signe alors le 22 mai 1420, le traité de Troyes, qui reconnaît Henri V d'Angleterre comme héritier de la couronne de France.

Compte tenu de l'état du roi de France, Henri V d'Angleterre prend la régence de la France. Charles VI meurt le 21 octobre 1422 près de sa favorite Odinette de Champdivers. Il sera inhumé à Saint Denis le 9 novembre 1422


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1388
Charles VI décidé à gouverner seul renvoie ses oncles dont l'action a été si funeste, et rappelle les anciens conseillers de son père, gens de petite noblesse, et même de mince origine (et que pour cette raison on appela les Marmousets), mais sages et prévoyants.
L'administration prudente et économe des Marmousets ramène quelque prospérité dans le pays.


1389
Louis, duc d'Orléans, frère de Charles VI, épouse Valentine Visconti, qui reçoit en dot des droits sur le Milanais (cause des futures guerres d'Italie).

1392 Attentat à Paris de Pierre de Craon contre Olivier de Clisson, qui est laissé pour mort, mais réchappe de ses blessures. Cette tentative de meurtre a eu lieu à l'instigation du duc de Bretagne, ennemi mortel du connétable. Charles VI exige la remise du meurtrier qui s'est réfugié à la cour du duc, et que celui-ci refuse de livrer. Le roi de France, pour venger son fidèle lieutenant auquel il doit la victoire de Rosebecque ainsi que le rétablissement du prestige royal et qui est du reste un personnage considérable, prépare une expédition contre le duc, et entre en campagne. Le 5 août, comme l'armée, au sortir de la forêt du Mans, débouchait en plaine par une chaleur torride, Charles VI, déjà troublé par l'apparition soudaine d'un individu qui, sous bois, lui avait crié d'arrêter parce qu'il était trahi, devient subitement fou en entendant le bruit d'armes qu'un soldat laissait par négligence s'entrechoquer. Il se jette l'épée haute sur son entourage, tue quatre hommes de son escorte et n'est maîtrisé qu'à grand-peine. Ses oncles reprennent le pouvoir concurremment avec son frère Louis d'Orléans. Sa folie cependant n'est pas absolue, et on le voit pendant trente-cinq ans que dure encore son règne, s'occuper fréquemment des affaires de l'État.


1396  Jean sans Peur, fils du duc de Bourgogne, conduit une expédition de chevaliers français à la défense de la Hongrie contre les Turcs ; il est battu à Nicopolis par le sultan Bajazet Ier.


Jean sans peur 

Jean sans peur

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1404 Mort de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Son fils Jean sans Peur lui succède.


Isabeau de Bavière


1407 La mésintelligence règne entre les régents du royaume au nombre desquels se place la reine Isabeau de Bavière : elle est particulièrement vive entre le duc d'Orléans et le duc de Bourgogne qui, pour se débarrasser de son rival, le fait assassiner à Paris dans un guet-apens.

 

 

 

Isabelle de Bavière

ou Isabeau de Bavière



1407-1435 Armagnacs et Bourguignons. Charles, fils de Louis d'Orléans qui vient d'être assassiné, épouse la fille du comte d'Armagnac et rallie autour de lui tous les partisans de sa maison, auxquels on donne le nom d'Armagnacs; il entre en lutte armée avec les parti-sans du duc de Bourgogne, appelés les Bourguignons. Cette querelle, qui partage la France en deux camps, dégénère en une véritable guerre civile ; les deux factions rivalisent d'atrocités.

Les Bourguignons dominent d'abord dans Paris, où ils s'appuient sur la corporation des bouchers dirigés par Caboche et Capeluche, et surnommés les Cabochiens. Ceux-ci poussent les excès si loin que la population appelle les Armagnacs à son secours (1413), et l'on voit les fureurs des Armagnacs succéder à celles des Bourguignons. La lutte continue entre ces irréconciliables adversaires. Le parti Armagnac s'aliène les sympathies du peuple en sollicitant le concours des Anglais. En 1414, Charles VI marche contre le duc de Bourgogne qu'il va assiéger à Arras. C'est au cours de ce siège qu'il est fait pour la première fois usage des arquebuses que l'on appelait alors e canons à main s. Cette expédition n'a pas de suites : Charles accorde la paix au duc.


1415 Les Anglais ont cherché à profiter du désordre où se trouve la France pour débarquer des troupes à l'embouchure de la Seine. Un grand nombre d'Armagnacs et de Bourguignons font trêve à leur querelle pour marcher ensemble contre eux sous le commande-ment du connétable d'Albret ; le duc de Bourgogne ne se joint pas à eux.


 

Les Français livrent bataille aux Anglais à Azincourt où la chevalerie française subit un désastre sans précédent.

 

Bataille d'Azincourt

25 octobre 1415



Clairière entre le bois d'Azincourt et celui de Tramecourt

dans l'Artois (Nord)


1418 Henri V d'Angleterre profite de sa victoire pour continuer la conquête de la Normandie ; Caen et Rouen se défendent héroïquement. Jean sans Peur exploite cet événement en soulevant le peuple de Paris contre les Armagnacs dont le chef, Jean d'Armagnac, vient d'être fait connétable. Les Bourguignons entrent dans la ville avec l'aide des Cabochiens, se saisissent de tous les Armagnacs qu'ils peuvent trouver et les massacrent. Le dauphin Charles (fils aîné de Charles VI et d'Isabeau de Bavière) n'échappe à la mort que grâce au dévouement de Tanneguy Duchâtel, prévôt des marchands, qui l'emporte couvert d'un manteau et réussit à le faire sortir de Paris. Le dauphin prend le titre de régent et transfère à Poitiers le siège du gouvernement et ce qui, du Parlement et de l'Université, s'attache à sa fortune.


 

Henry V d'Angleterre

Henry V d'Angleterre


1419 Les amis du dauphin, feignant de désirer une réconciliation avec le duc de Bourgogne Jean sans Peur, attirent ce dernier à Montereau, où il est assassiné par Tanneguy Duchâtel.


1420 Traité de Troyes, négocié par Isabeau de Bavière et Philippe le Bon, duc de Bourgogne (fils de Jean sans Peur) avec les Anglais, et qu'on fait signer à Charles VI malgré sa débilité mentale. Par ce traité, le dauphin est déshérité au profit de Henri V, roi d'Angleterre qui est déclaré régent, et héritier de la couronne de France, à la condition d'épouser Catherine, fille de Charles VI.


Henri V fait son entrée à Paris et se fait remettre le Louvre, la Bastille , Vincennes, Sens, Montereau et Melun, que ses troupes occupent.


1421 Le dauphin n'a pas cessé de guerroyer contre les Anglais. Sept mille Écossais sont venus se mettre à sa solde, mais en général le sort des armes ne lui est pas favorable.


1422 Mort de Charles VI et de Henri V d'Angleterre; Henri VI, qu'Henri V a eu de la fille de Charles VI, âgé seulement de dix mois, est proclamé à Paris roi de France et d'Angleterre, tandis que le dauphin Charles se proclame roi de France à Mehun-sur-Yèvre (en Berry), sous le nom de Charles VII.

La règne de Charles VI a été désastreux pour la France. Pendant que le pays était livré aux horreurs de la guerre civile, ceux qui prétendaient le gouverner au nom du roi fou l'exploitaient indignement, et finalement en vendaient aux Anglais la plus grande partie. La reine Isabeau, qui a marqué ce long règne de ses débauches et de ses exactions, survit à son complice Henri V d'Angleterre jusqu'en 1435.

Charles VI passa presque toutes les années de sa folie dans une sorte d'internement, livré aux soins d'une compagne, Odette de Champdivers, qui inventa pour le distraire, dit-on, les cartes à jouer.

Lors de la mort de Charles VI, les Armagnacs et les Bourguignons étaient encore en guerre : les premiers représentaient le parti du dauphin, les Bourguignons étaient inféodés aux Anglais.

Avènement de Charles VII (né en 1403). A ce moment, il ne possède que la Touraine , l'Orléanais, le Berry, l'Auvergne et le Dauphiné : il a fixé sa capitale à Bourges, aussi les Anglais l'appellent-ils par dérision le roi de Bourges.

Tout le reste du royaume, tel qu'il était à l'avènement de Charles VI, est entre les mains des Anglais qui, tout au moins, en occupent les points les plus importants, et gouverné par leur duc de Bedford ; celui-ci, allié avec le duc de Bourgogne, continue la conquête de la France.

Charles VII est entouré de capitaines braves et dévoués, tels que La Hire , Xaintrailles, le connétable de Richemond, mais il manque de ressources pour soutenir efficacement la lutte. D'ailleurs, bien qu'il ait donné à l'occasion des preuves de bravoure, il est indolent et prodigue et sacrifie tout au plaisir.


1423-1429 Au cours de la lutte contre les Anglais, les Français et les Écossais qui combattent avec eux sont battus dans toutes les rencontres : à Crevant (1423), à Verneuil (1424), à Rouvray (1429) où ils ont la satisfaction platonique de détruire un convoi de harengs destiné au ravitaillement des Anglais, ce qui a fait donner à cette affaire le nom de Journée des Harengs. Aussi les Anglais ont-ils pu descendre jusqu'à Orléans, qu'ils assiègent et autour de laquelle ils ont élevé des bastilles (forteresses en bois ou matériaux légers pour abriter les assiégeants).

 


Voici une image de Jeanne d'Arc


 

 

 












1429-1431 Mission et actes de Jeanne d'Arc. C'est la fille de pauvres gens de Domrémy (village de Lorraine), elle est née en 1412. Vers l'âge de treize ans, elle a commencé à avoir des visions au cours des-quelles, dit-elle, l'archange saint Michel et des saintes lui ont apparu, et lui ont ordonné de délivrer la France des Anglais. Elle se défend pendant cinq ans, que durent ces manifestations de l'au-delà, d'accepter cette mission pour laquelle elle ne se voit pas faite. Cependant, dans sa province reculée, les gens souffrent cruellement de l'état de guerre permanent ; le bruit des défaites des compagnons du roi de France est parvenu jusqu'à eux ; ils n'ignorent pas qu'Orléans qui est le dernier rempart de la monarchie est dans une position précaire. Ces dernières nouvelles emportent le consentement de Jeanne. Elle va raconter ses visions au capitaine du pays pour le roi, le sire de Baudricourt, et le somme de la faire conduire auprès de Charles VII ; Baudricourt commence par la rebuter, et enfin ébranlé par la conviction de la jeune « pastoure », il consent à son départ, lui facilite l'achat d'un cheval et de vêtements masculins, lui donne une épée et une escorte de six hommes d'armes. Après un voyage de vingt jours, Jeanne arrive à Chinon où se tient la Cour. Charles VII ne la laisse que trois jours plus tard pénétrer auprès de lui, encore s'est-il mêlé à la foule des courtisans pour voir si elle le reconnaîtra, mais elle va à lui sans hésitation. Le roi des cieux, lui dit-elle, vous mande par moi, gentil dauphin, que vous serez sacré et couronné à Reims.

Après divers incidents, le roi, gagné lui aussi, ainsi que son entourage, par l'assurance de celle qui se dit envoyée de Dieu, consent à lui confier quelques troupes avec lesquelles elle part pour faire lever le siège d'Orléans. Jeanne d'Arc réussit à pénétrer le 20 avril dans Orléans où les assiégés, confiants dans sa mission et subjugués par son ascendant, se rangent sous ses ordres : en quelques jours, elle rétablit la discipline, réorganise la défense et dirige de sa personne plusieurs coups de main hors des murs, au cours desquels différentes bastilles sont enlevées aux Anglais. Le 7 mai, malgré l'avis des capitaines, elle ordonne une grande sortie qui donne lieu à un violent combat où elle est blessée, mais les Français, après avoir été sur le point de lâcher pied, sur ses exhortations reprennent vigoureusement l'offensive et remportent la victoire. Le lendemain, les Anglais épouvantés lèvent le siège. C'est cet événement que la ville d'Orléans en particulier, et la France en général, commémorent par de grandes fêtes le 8 mai.


Les Français, électrisés par ce succès magnifique, suivent dès lors aveuglément Jeanne d'Arc. Sous ses ordres, ils pourchassent les Anglais en retraite, leur reprennent Jargeau, Beaugency et Meung. Enfin, le 18 juin, elle remporte à Patay une nouvelle grande victoire qui lui ouvre la route de Reims ; Troyes et Châlons lui font leur soumission. Le gouverneur bourguignon de Reims est contraint par l'enthousiasme populaire d'ouvrir les portes de la ville à Jeanne et à Charles VII.

Le 17 juillet, en présence de Jeanne d'Arc, des capitaines et de l'armée, a lieu dans la cathédrale le sacre solennel de Charles VII par l'archevêque Regnault de Chartres, que le retour des Français a remis en possession de son siège.

Jeanne d'Arc à Reims lors du sacre du roi Charles VII

Artiste : Jules Eugène Lenepveu (1890)

Lieu : Panthéon


Jeanne est décidée à poursuivre sans autre répit les Anglais, mais les chefs de l'armée, jaloux sans doute de l'ascendant qu'elle pourrait prendre sur le roi, ne la secondent que mollement. Cependant elle vient attaquer Paris (fin août 1429), et bien qu'elle manque des moyens nécessaires pour une aussi grosse entreprise, elle tente de forcer l'entrée de la ville par la porte Saint-Honoré.

La ville est sur le point d'être prise, lorsque Jeanne est blessée : ses troupes l'entraînent en arrière, et les Anglais restent maîtres de la place. Jeanne continue de tenir la campagne, mais le mauvais vouloir des chefs des troupes paralyse ses efforts et elle ne remporte plus que des succès sans conséquence. En 1430, le duc de Bourgogne étant venu mettre le siège devant Compiègne qui tenait pour le roi de France, les habitants demandent le secours de Jeanne ; tout ce que l'héroïne peut obtenir de Charles VII est un renfort de 70 hommes, avec lequel elle essaye de bousculer dans une sortie les assiégeants (24 mai).

La sortie est malheureuse; d'ailleurs les Français n'étaient pas en force ; en rentrant en désordre et précipitamment dans la ville, ils abandonnent Jeanne qui vient d'être blessée, et tombe aux mains des Bourguignons, dont le chef, Jean de Luxembourg, la vend aux Anglais (novembre 1430).

Conduite à Rouen où elle est emprisonnée, Jeanne expie par toute sorte de mauvais traitements ses victoires sur les Anglais : ceux-ci l'accusent de sorcellerie pour se débarrasser plus facilement d'elle en se réservant les apparences du bon droit. Un tribunal est formé soi-disant pour la juger, mais qui a en réalité pour mission de la condamner. En effet, après diverses péripéties où se révélèrent manifestement la duplicité et la rancune des Anglais, Jeanne est condamnée à être brûlée vive et subit héroïquement le dernier supplice le 30 mai 1431. L'histoire a gardé le nom, à jamais souillé, du personnage qui, pour complaire aux Anglais, dirigea ce procès inique de manière à le faire aboutir à la condamnation de Jeanne d'Arc : c'était Cauchon, évêque de Beauvais.

 


Voici une image de Jeanne d'Arc au bûcher





































 



1431 Naissance de François Villon.


François de Moncorbier dit Villon

(né en 1431 ou 1432 à Paris, disparu en 1463)

est un poète français de la fin du Moyen Âge.

Il est probablement l'auteur français le plus connu de cette période.

Les romantiques en firent le précurseur des poètes maudits.


François Villon (Grand Testament de Maistre François Villon, 1489)

François Villon
(Grand Testament de Maistre François Villon, 1489)

 

 


 1431-1435 Charles VII n'avait tenté que peu d'efforts pour sauver celle à qui il  devait d'avoir pu recouvrer une grande partie de son royaume. Cependant, la mort de l'héroïne provoqua une réaction favorable dans les esprits. Le roi se mit sérieusement au travail ; tandis que ses capitaines continuaient à batailler contre les Anglais et les Bourguignons, il réorganisait le pays et entamait des négociations avec le duc de Bourgogne en vue d'une réconciliation avec celui-ci.


1435 Paix d'Arras. Au prix de concessions territoriales importantes, Charles VII réussit à détacher le duc de Bourgogne de ses alliés les Anglais, il abandonnait à Philippe le Bon les comtés de Mâcon et d'Auxerre, ainsi que quelques villes de la Somme : Abbeville, Amiens, Corbie, Péronne et Saint-Quentin que, d'ailleurs, il se réservait la faculté de racheter ; mais ce sacrifice mettait fin à la lutte entre Armagnacs et Bourguignons.


1436 Cependant Paris était toujours occupé par les Anglais. Les notables se concertèrent pour mettre fin à la domination étrangère. Dans ce but, à l'instigation de l'un d'eux, Michel Laillier, ils ouvrirent clandestinement les portes au connétable de Richemond qui reprit promptement possession de la ville. La garnison anglaise se retira dans la Bastille , d'où il lui fut permis plus tard de sortir sans dommage pour quitter la capitale.

 

1437 Charles VII fait solennellement son entrée à Paris, mais ne s'y fixe pas.


1438 Une violente épidémie de peste désole Paris et une partie de la France. Le concile de Bourges édicte la Pragmatique Sanction qui règle les rapports du clergé de France avec le Saint-Siège et établit l'Église gallicane.


1439 Il s'était formé un peu partout des bandes de malfaiteurs, hommes de guerre renvoyés sans solde, mercenaires étrangers sans emploi, gens sans aveu de toute sorte qui, sous le nom d'Écorcheurs, ravageaient la France. Charles VII convoqua en 1439 les États généraux à Orléans et obtint d'eux, sous le nom de taille permanente, les fonds nécessaires pour la création de troupes permanentes qui devaient rétablir partout l'ordre et la sécurité. La création de cette force royale inquiéta les seigneurs, qui y virent (non sans raison) un instrument à l'aide duquel la monarchie pourrait les dépouiller de leurs privilèges féodaux ; ils se révoltèrent contre le roi : ce mouvement fut appelé la Praguerie parce qu'il coïncidait avec une manifestation analogue qui avait lieu en Bohême ; Charles VII en vint à bout facilement.

Charles VII conclut une trêve avec l'Angleterre et en profita pour persuader les Écorcheurs d'aller se battre pour le compte d'autres princes en Lorraine et en Suisse : il en enrôla cependant un certain nombre des plus braves dans ses troupes de récente création.


1445 Création des Compagnies d'ordonnance (15 de 600 hommes à cheval) qui furent le noyau de la cavalerie française.


1448 Création de l'infanterie régulière française dont les premières unités sont les francs-archers. Perfectionnement et extension de l'artillerie, sous la direction des frères Bureau. Les bombardes du temps de Crécy font place à de véritables canons.  Réorganisation des finances sous la direction de Jacques Coeur, qui mit sa grande fortune personnelle à la disposition du roi pour lui permettre de réaliser ses projets.

 


Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- histoire
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Lundi 16 octobre 2006 1 16 /10 /2006 10:06
Roi Philippe VI de Valois
Philippe VI de Valois

1328 Avènement de Philippe VI de Valois ou le Hardi. Charles IV ne laissait pas d'héritiers du trône. A sa mort, la couronne fut revendiquée par trois prétendants : Philippe de Valois, fils de Charles de Valois (frère de Philippe IV) et de Marguerite de Sicile (né en 1293) ; Édouard III, roi d'Angleterre, qui était fils d'Isabelle, fille de Philippe IV ; et Philippe d'Evreux, gendre de Louis X le Hutin. Les États généraux (réduits à la réunion des pairs et des barons) furent convoqués pour se prononcer entre eux, et écartèrent Édouard III et Philippe d'Évreux par applica-tion de la loi salique (ces deux prétendants ne postu-lant la couronne qu'en vertu du droit que pouvaient y avoir leurs femmes, nièce et petite-fille de Philippe IV).
Dès le début de son règne, Philippe VI prit fait et cause pour Louis de Rethel dans le différend qui mettait celui-ci aux prises avec ses sujets, Flamands révoltés, et vainquit ces derniers à Cassel.


Édouard III d'Angleterre (Histoire de l'Angleterre de Cassel, 1902)
Édouard III d'Angleterre



1329-1337 La victoire de Cassel donnait à Philippe un prestige qu'il jugea suffisant pour exiger d'Édouard III d'Angleterre que celui-ci vînt lui rendre hommage comme son vassal pour la Guyenne et la Gascogne. Lié par la loi féodale, Édouard se soumit à cette exigence, en venant faire hommage à son suzerain, à Amiens ; mais il prédit qu'il se vengerait de cette humiliation. En effet, il s'assura le concours du comte de Hainaut, de l'empereur Louis de Bavière, du duc de Brabant et de Jacques Artevelde, échevin de Gand et des communes de Flandre. Puis, à l'instigation de Robert d'Artois (beau-frère de Philippe), il réclama de nouveau le trône de France. Prévenu de la naissance de cette coalition, Philippe crut bon de prendre les devants en faisant saisir quelques places en Guyenne et en Flandre. Ce furent les premiers faits de guerre de la longue période qui devait être appelée guerre de Cent ans (1337-1453). Rappelons que les causes lointaines de ce long conflit furent : la conquête de l'Angleterre par Guillaume de Normandie ; le divorce de Louis VII avec Éléonore d'Aquitaine (ou de Guyenne) qui épousa ensuite Henri Plantagenet futur roi d'Angleterre et lui apporta en dot une grande partie de la France ; enfin, en tout dernier lieu, les prétentions d'Édouard III à la couronne de France.
 
Bataille de l'Ecluse
Bataille de l'Ecluse



1337-1453 Guerre de Cent ans. La guerre de Cent ans n'a pas consisté en une suite ininterrompue de batailles ; elle a été une longue série d'actes hostiles de part et d'autre, entre lesquels s'écoulent des pauses plus ou moins longues de paix armée. On la divise en quatre périodes : la première est malheureuse pour la France (Philippe VI et Jean le Bon) ; la deuxième est marquée par les succès des Français (Charles V) ; la troisième voit revenir, pour les Français, les revers de toute sorte : la France est à moitié conquise par les Anglais (Charles VI) ; la quatrième et dernière est la période de revanche glorieuse dont Jeanne d'Arc est le plus éclatant personnage (Charles VII). La guerre de Cent ans, en réalité de cent quinze ans, se termine par les victoires françaises de Formigny en 1450 et de Castillon en 1453, par lesquelles les Anglais sont définitivement expulsés de France.

1340 Les hostilités, commencées par Philippe VI par la saisie de villes en Guyenne et en Flandre, eurent pour second acte la bataille navale de l'Écluse, dans laquelle la flotte française fut anéantie par les flottes conjuguées de l'Angleterre et de Flandre.


les chroniques du XIVe siècle de Jean Froissart
(miniature de la bataille de l'Ecluse)

1341-1385 Guerre des Deux Jeanne ou de Bretagne. Jeanne de Penthièvre (femme de Charles de Blois) et son frère Jean de Montfort (mari de Jeanne de Flandre) se disputent le duché de Bretagne dont le dernier duc leur oncle, vient de mourir sans héritier direct.
Philippe VI prend le parti de Jeanne de Penthièvre, Édouard III celui de Jean de Montfort (Jeanne de Flandre). Tous les deux en appellent aux armes : cette guerre de quatorze ans a pris le nom des femmes des prétendants à cause du rôle actif qu'elles y jouèrent ; elle se termina par le traité de Guérande, en vertu duquel la Bretagne restait à la maison de Montfort, la maison de Penthièvre recevant en compensation la vicomté de Limoges.

1346 Cependant la guerre ne cessait point entre les deux principaux ennemis. En 1346, Édouard III, conseillé et dirigé par le traître Geoffroy d'Harcourt, envahit la France. Philippe marcha à sa rencontre et lui livra bataille à Crécy, où les Anglais firent, pour la première fois en Europe, usage de la poudre et des canons ; les Français y furent complètement défaits. C'est à cette bataille que fit ses premières armes le fils aîné d'Édouard III qu'on surnomma le Prince Noir, à cause de la couleur de son armure.

1347 En 1346 et 1347, Édouard III fit le siège de Calais, dont la population lui résista pendant onze mois. Exaspéré par cette résistance, il jura de la passer au fil de l'épée ; la famine ayant obligé les habitants à capituler, il eût mis sa menace à exécution, sans les instances de sa femme, Philippine de Hainaut, qui obtint non seulement la grâce des Calaisiens, mais encore celle de cinq notables qui, conduits par Eustache de Saint-Pierre, venaient se livrer à lui, ayant offert leur vie pour sauver celle de leurs concitoyens.
La ville de Calais devait rester deux cent dix ans aux mains des Anglais, auxquels elle ne fut reprise qu'en 1558 par le duc de Guise.

Les Bourgeois de Calais
Sculpture bronze (entre 1884 et 1895)
Auguste Rodin
Metropolitan Museum of Art



1349 Philippe VI acquiert de Humbert II le Dauphiné, à la condition que dans l'avenir, le fils aîné du roi de France portera le titre de dauphin ; par la suite, le titre passa aux fils aînés des dauphins, lorsque ceux-ci mouraient sans avoir régné. En cette année meurt Jeanne, reine de Navarre, fille de Louis le Hutin. Son fils, Charles le Mauvais, lui succède.

1350 Mort de Philippe VI. Il avait épousé en premières noces Jeanne de Bourgogne, fille du duc Robert II ; en secondes noces, Blanche, fille de Philippe d'Évreux, roi de Navarre. Tant par ses mariages que par son accession au trône et ses négociations, il ajouta au domaine royal, outre le Dauphiné, la seigneurie de Montpellier, les duchés de Valois, d'Anjou et du Maine. Philippe VI laissait le souvenir d'un souverain incapable et d'un prince hautain : il imita à plusieurs reprises Philippe le Bel en altérant les monnaies et institua sur le sel l'impôt dit de la Gabelle.

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La taxation du sel : la Gabelle

La gabelle vient d'un mot d'origine arabe KABALA qui signifie taxe. Au départ ce mot s'appliquait à toutes les taxes prises sur les produits de consommation. En Franc, le mot est réduit au sel. Le développement du commerce du sel suscita l'intérêt des hommes de pouvoir et on instaura ainsi un impôt spécifique appelé la gabelle. En Franche-Comté, le commerce du sel fut d'abord exempt de droit. Mais peu à peu, les impositions sont apparues.



Allégorie sur le paysan "né pour la peine"
(extrait : Les chemins du sel de Gilbert Dunoyer)
 

A la fin du XIV siècle, Philippe le Hardi qui régnait à l'époque sur la Franche-Comté décida d'appliquer dans cette province une gabelle sur le sel afin de restaurer les finances ducales mises à mal par les fortes dépenses .

Pendant quatre siècles et demi, de Philippe de Valois à Louis XVII, la gabelle du sel fut appliquée dans le royaume de France. Le roi était considéré comme le propriétaire du sol et ainsi, il pouvait contrôler les matières premières et en même temps les eaux salées. Avec les impôts, le roi de France voulait se donner le monopôle sur la vente du sel. La vente du sel fut donc contrôlée par un corps d'officiers royaux dits "les grenetiers", mais les contribuables étaient tenus également de consommer annuellement le "sel du devoir" c'est à dire une certaine quantité de sel. La perception de cette gabelle n'était pas uniforme. Aux XVII et XVIIIe siècle, on pouvait distinguer :

-les pays francs : ils étaient exempts d'impôts soit parce qu'ils avaient été dispensés lors de leur réunion récente au royaume, soit parce que c'était des régions maritimes.

-les pays rédimés qui avaient acheté par un versement forfaitaire une exemption à perpétuité de la gabelle.

-les pays de salins où l'état producteur de sel pouvait percevoir directement son profit en majorant les prix de vente ce qui rendait la gabelle presque inexistante.

-le pays de quart-bouillon, le sel y était non par dessèchement, mais dans des sauneries particulières où l'on faisait bouillir le sable imprégné de sel de mer ; ces sauneries versaient le quart de leur fabrication dans les greniers du roi.

-les pays de petite gabelle, où la vente du sel était assurée par les greniers à sel, mais où la consommation restait généralement libre.

-les pays de grande Gabelle : on devait y acheter obligtoirement une quantité fixe annuelle de "sel du devoir", ce qui transformait la gabelle en un vrai impôt direct.

 

Renforcée par Colbert, l'organisation de la gabelle arriva à son apogée 1680. Il instaure un véritable code fixant toutes les modalités de perception de l'impôt, son montant, les peines qui seraient appliquées aux contrevenants. Il obligea les Français à s'approvisionner obligatoirement dans les greniers royaux. Les mesures prises par Colbert portèrent le prix du sel à vingt fois son prix. La Gabelle fera des ravages jusqu'en 1790. Par conséquent, les populations ne voulurent plus payer cet impôt. Alors petit à petit, une contrebande s'est mise en place avec les faux-sauniers qui sévissaient entre les pays où le sel était cher et ceux où il ne l'était pas. Ce système de gabelle normalement applicable à tous officiellement ne l'était pas. En effet, le clergé, la noblesse, les membres de l'université, les officiers royaux y échappaient en bénéficiant du "franc salé" qui leur permettait d'acheter le sel à un prix inférieur au tarif. Le sel se trouvait détourné des salines ou il était volé lors de son transport ou directement à l'intérieur des salines malgré la surveillance.

Pour se prémunir contre cette fraude et reconnaître facilement le " vrai" du " faux sel", les autorités firent fabriquer le produit d'une manière différente selon les régions où il sera commercialisé. Le poids, la forme, la grosseur des salignions varièrent au départ des salines. On y fit apparaître soit les armes du duché et d'autres marques précises. Les faux sauniers furent punis de différentes manières : année de galère, peine de mort.


Pillage et massacre du côté de l'hôtel de Guyenne par les parisiens menés par Simon Caboche en 1413
(extrait : Les chemins du sel de Gilbert Dunoyer)

Au Moyen-Age, en Franche-Comté, le faux saunage fut appelé " mesvandaige". Au XVIII siècle, les canalisations amenant l'eau salée de Salins vers Arc-et-Senans furent souvent percées et la saumure traitée en cachette dans des ateliers clandestins. Bien que la gabelle fut très impopulaire, l'Etat ne voulait y renoncer car elle apportait richesse au pays. Il faudra attendre1790 pour que cette Gabelle soit abolie par l'assemblée constituante.

Carte représentant les différents régimes la gabelle.

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1350-1355 Avènement en 1350 de Jean II le Bon (fils du précédent). il régnait depuis peu de temps lorsqu'il fit exécuter sans jugement le connétable Raoul, comte d'Eu, parce qu'il le soupçonnait d'intelligences avec la cour d'Angleterre : il donna la charge devenue ainsi vacante à son favori Lacerda que, peu après, Charles le Mauvais fit assassiner. Par représailles, Jean profita de l'occasion d'un banquet à Rouen pour faire saisir Charles qui fut emprisonné, et un certain nombre de ses compagnons que l'on décapita séance tenante. Le mécontentement que cet événement causa aux Anglais, dont Charles était l'allié, s'aggrava de l'échec subi dans le Combat des Trente par les champions anglais. On a donné ce nom à un combat que livrèrent en 1351, près de Ploërmel, trente chevaliers français, tenants de Charles de Blois, commandés par Beaumanoir de Josselin, à trente chevaliers anglais commandés par Richard Benborough, qui furent vaincus. La reprise de la guerre avec l'Angleterre devenait inévitable. En 1355, Jean le Bon convoqua les États généraux pour leur demander des subsides pour la soutenir. Le Prince Noir débarqua à Bordeaux à la tête d'une armée.

1356-1357 Bataille de Poitiers en 1356 (livrée à Maupertuis), dans laquelle les Français furent battus par les Anglais et le roi Jean fait prisonnier et emmené à Londres. Le dauphin Charles, régent pendant la captivité de son père, réunit à deux reprises (1358-1357) les États généraux pour leur demander de nouveaux subsides destinés à entretenir une armée pour défendre le territoire pendant la captivité du roi. Les États, dirigés par Robert Le Coq, évêque de Laon et Étienne Marcel, prévôt des marchands, firent preuve d'une vive hostilité envers la couronne : ils accordèrent néanmoins les subsides demandés ; mais à la condition qu'une commission de trente-six membres, nommée dans leur rein, aurait le contrôle de leur emploi.

1358 A la faveur de ces événements éclata le mouvement populaire appelé la Jacquerie, du nom de Jacques sous lequel on désignait par dérision les paysans. Ceux-ci, exaspérés par les longues misères résultant de l'invasion de la France par les bandes anglaises, se soulevèrent contre l'autorité royale et contre leurs seigneurs, dont ils pillèrent et brûlèrent les châteaux. Cette révolte fut durement réprimée et échoua misérablement. Pendant ce temps, le pays était dévasté par les Grandes Compagnies, bandes formées, pour la plus grande partie, des mercenaires étrangers qui avaient fait partie de l'armée du roi Jean, défaite à Poitiers, et avaient été licenciés sur place, et probablement sans solde. Gens de sac et de corde, ils ne vivaient que de pillage dans les pays qu'ils parcouraient en tous sens jusqu'à ce qu'ils n'en pussent plus rien tirer. Les méfaits de ces bandes, en révélant le danger qu'il y avait à faire défendre le territoire national par des mercenaires étrangers dont on ne pouvait plus ensuite se débarrasser, furent sans doute une des raisons pour lesquelles les États généraux de 1357 votèrent la création d'une armée permanente de 30 000 hommes.
Cette année 1358 fut encore marquée par une insurrection des habitants de Paris contre le dauphin Charles, qui faisait percevoir des impôts sans l'autorisation des États généraux.

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Le 21 mai 1358, une centaine de paysans du Beauvaisis se réunissent en bande et s'en prennent aux maisons de gentilshommes et aux châteaux de la région, violant et tuant allègrement les habitants, brûlant les demeures. Leur révolte s'étend très vite à la paysannerie du bassin parisien.

Jacquerie de Meaux (1357) , miniature de la BNFC'est le début de la plus grande des «jacqueries» qui ont ensanglanté les campagnes françaises au Moyen Âge.

Ces révoltes sont ainsi nommées d'après l'appellation de Jacques ou Jacques Bonhomme donnée aux paysans.

Leurs participants ne sont pas de pauvres hères. Au contraire, ils figurent parmi les paysans aisés de l'une des régions les plus riches d'Europe.

Leur révolte est motivée par la crainte d'être spoliés par les seigneurs et les bourgeois.

Depuis l'épidémie de Grande Peste qui a ravagé l'Occident dix ans plus tôt, ils sont en situation de mieux faire valoir leurs droits, les seigneurs étant partout en quête de main-d'oeuvre pour remettre en culture les terres abandonnées.

Or, la noblesse française est laminée par les Anglais à la bataille de Poitiers. Le roi Jean II le Bon est prisonnier à Londres. Paris est sous la coupe d'Étienne Marcel, le prévôt des marchands, en révolte contre l'héritier de la monarchie.

Les paysans ne supportent pas que les nobles, défaits au combat et ayant souvent fui de façon très lâche devant les Anglais, fassent maintenant pression sur eux pour leur extorquer de nouvelles taxes.

C'est dans ces conditions que survient la Grande Jacquerie du Beauvaisis. Sous l'impulsion d'un certain Guillaume Carle, elle rassemble en quelques semaines 6000 paysans. Elle obtient même le soutien d'Étienne Marcel.

Mais les nobles commandés par Gaston Phoebus, comte de Foix, puis par son rival, le roi de Navarre Charles le Mauvais, écrasent les Jacques à Clermont-sur-Oise le 10 juin 1358. Les chefs des révoltés sont impitoyablement torturés et exécutés.

Ce drame ne met pas pour autant un terme aux révoltes paysannes. D'autres surviendront tout au long des décennies suivantes, notamment en Angleterre, en 1381, sous la conduite de Wat Tyler, et en Hongrie.

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1360 Traité de Brétigny par lequel l'Angleterre rendait la liberté au roi Jean moyennant une rançon de trois millions d'écus d'or ; et la France renonçait à tous droits sur la Guyenne, le Ponthieu et les villes de Guînes et de Calais. Jean le Bon rentra en France, laissant son second fils, le duc d'Anjou, en otage à Calais, jusqu'au paiement de la rançon, mais le jeune prince s'étant évadé, le roi vint reprendre à Londres sa captivité, par respect dit-il de sa parole, et surtout, disait-on, parce que la captivité lui était douce.

1361 Jean le Bon fonda la deuxième maison de Bourgogne, en donnant cette province en apanage à son quatrième fils, Philippe le Hardi, qui avait bravement combattu à ses côtés à Poitiers. Cette maison, qui devait s'éteindre en 1477, fut successivement représentée, après Philippe le Hardi, par Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire. La première maison de Bourgogne était issue de Robert le Pieux.

1362 Édouard III donne à son fils, le Prince Noir, le duché d'Aquitaine, avec Bordeaux pour capitale.


Portrait du Prince Noir, Cassell's History of England, 1902
Portrait du Prince Noir, Cassell's History of England, 1902
Édouard de Woodstock, dit le Prince noir,
prince de Galles, prince d'Aquitaine,
duc de Cornouailles et comte de Chester



1364 Mort de Jean le Bon à Londres, en captivité. Il avait épousé Bonne de Luxembourg, dont il eut Charles V qui lui succéda, et Philippe le Hardi qu'il fit duc de Bourgogne.

Avènement de Charles V (né en 1337) surnommé le Sage, tant à cause de son savoir que de la prudence avec laquelle il gouverna. Le règne s'ouvrait dans de mauvaises conditions. Charles sut s'entourer d'hommes de valeur et arriva à surmonter toutes les difficultés résultant des règnes précédents. Il eut surtout à lutter contre Charles le Mauvais, roi de Navarre, Pierre le Cruel, roi de Castille, les Grandes Compagnies et les Anglais. Son meilleur général fut le Breton Du Guesclin (né en 1320). Il laissa la France relativement prospère.

Victoire de Du Guesclin à Cocherel, sur Jean de Grailly, Captal de Buch, qui commandait les troupes de Charles le Mauvais. Bataille d'Auray (épisode de la guerre de Bretagne ou des Deux Jeanne), dans laquelle Jean de Montfort battit son rival Charles de Blois qui y fut tué, et fit prisonnier Du Guesclin qui d'ailleurs racheta peu après sa liberté. Premiers établissements français à la Côte d'Afrique (les Dieppois en Guinée et au Sénégal).

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Bertrand du Guesclin


 

 



 


 


Au service du roi Jean le Bon,  il attaque et rançonne les Anglais qui s'aventurent dans la forêt de Brocéliande, en Bretagne du Nord. La guerre de Cent Ans vient de commencer. Bertrand réinvente le harcèlement des troupes par ruses et subterfuges, qu'on appelle aujourd'hui guérilla et qui, de tout temps, sut faire échec aux armées les plus puissantes. Il devient vite la terreur des occupants qui l'ont surnommé « le Dogue noir de Brocéliande ».

Ces débuts épiques ont mené du Guesclin vers la gloire. A trente-sept ans, le voilà chevalier, seigneur de la Motte Broons, capitaine ... Elles sont loin les années de maquis, mais les Anglais craignent plus que jamais ce petit homme « de grosse et rude taille » dont le nom devient célèbre dans toute la France. Il reste le plus sûr atout du Dauphin (futur Charles V), qui a pris la régence du royaume en l'absence de son père, le roi Jean le Bon, retenu prisonnier à Londres.

L'Anglais n'accepte de restituer son otage que contre espèces sonnantes et trébuchantes. De plus, il en profite pour accuser Bertrand de trahison et demande un duel, pour le soumettre au jugement de Dieu ... histoire de prouver, par la même que le Breton n'est pas si invincible que cela ! La place du Marché, à Dinan, est alors transformée en champs clos où vont s'affronter les deux adversaires, pour la plus grande joie des populations avoisinantes. On a confiance en Bertrand qui a déjà fait mordre la poussière à tant d'Anglais ... mais cette fois, il a affaire à forte partie : Thomas de Canterbury est renommé pour sa puissance au combat.

Aussi est-ce avec un rien d'inquiétude que l'on voit pénétrer en lice un Bertrand portant sur son armure la tunique aux couleurs des Du Guesclin : aigle noir à deux têtes sur fond blanc barré d'une diagonale rouge. Les deux chevaliers jettent leurs destriers l'un contre l'autre, et bientôt jaillissent des étincelles dans le fracas des épées contre les armures et les écus. Bertrand tombe à terre, au grand dam de la foule anxieuse ; Sans attendre qu'il se relève, Canterbury pousse son cheval à la charge. Mais le Breton a tout de même eu le temps d'envoyer promener une partie de son lourd harnachement, ce qui le rend plus libre de ses mouvements. Il désarçonne son adversaire qui n'en peut plus, lui ôte son heaume et commence à l'assommer de ses mains gantées de fer. C'en est fini du présomptueux.

Les années passent : Bertrand n'a pas le temps de s'occuper de lui-même. Plusieurs fois fait prisonnier par les anglais, il a dû payer rançon pour être libéré ; mais il a aussi délivré Rennes, Melun, Ploërmel, ce qui lui vaut d'être nommé gouverneur de Pontorson par le Dauphin. Voilà Du Guesclin seigneur en son château, capitaine souverain pour le duché de Normandie, vassal mais aussi ami personnel du Duc de Bretagne. Et c'est cet ami haut placé qu'il prie d'intervenir pour réaliser son alliance avec Tiphaine Raguenel.

La famille de la jeune fille est flattée d'une telle demande : voilà où sa bravoure a mené le petit Breton ! Et Tiphaine « au clair visage » se prend à aimer celui qui veut conquérir la gloire pour ses beaux yeux. Mais, dans les semaines qui précèdent son mariage, Bertrand est donné en otage par son suzerain aux Anglais, en gage d'une nouvelle trêve. Bertrand n'accepte qu'à condition d'être libéré au bout d'un mois : il est bien décidé à ne laisser aucun impératif, royal ou pas, empiéter sur sa vie privée. Cependant, le mois écoulé, son geôlier, Guillaume Felton, refuse de le laisser partir. Comme il a tout de même droit aux promenades à cheval, Bertrand en profite un jour pour lancer sa monture au triple galop et ainsi s'échapper. Cette fois, c'est pour lui-même qu'il se hâte : sa bien-aimée l'attend ; il lui tarde de la revoir enfin, celle qui lui est restée fidèle des années durant, sûre qu'elle serait un jour sa femme.

Les noces sont célébrées en grande magnificence à Dinan, au milieu d'une liesse indescriptible : Bertrand du Guesclin est si populaire ! Toute la noblesse de Bretagne est également présente. Puis Bertrand à Auray doit prêter main forte à son suzerain, le duc de Bretagne. Le résultat ne se fait pas attendre : l'armée est défaite, le duc tué et Bertrand prisonnier après, il est vrai, s'être battu furieusement ; il a tout de même fini par céder aux injonctions de son vainqueur : « Messire Bertrand, au nom de Dieu, rendez-vous ! Vous voyez bien que la journée n'est pas vôtre! »
Mais, les lois de la chevalerie ont parfois de quoi vous mettre du baume au cœur : en s'engageant sur l'honneur à ne point reprendre le combat que lorsqu'il aura entièrement acquitté sa rançon, Bertrand est mis en liberté provisoire et peut donc rejoindre sa femme à Pontorson.
L'inactivité forcée de son mari aurait pu être une aubaine pour la jeune femme, mais elle a assez de cœur pour ne pas se réjouir trop fort : après tour, il est malheureux de ne pouvoir voler au secours de son roi qui en a pourtant bien besoin. Bertrand est prisonnier en son propre château et, pour Tiphaine, la gloire de son seigneur compte plus que son propre bonheur.

Finalement, c'est le roi Charles V, le Sage, qui paiera la dette de son fidèle vassal. Un mois plus tard, Bertrand a levé son armée ; il peut donc partir à la conquête de la France. Tiphaine lui donne sa bénédiction : « Sire, par vous ont été faits commencés, et par vous seulement, en nos jours, doit être France recouvrée. »
Il se trouve en Poitou lorsqu'il apprend qu'elle est morte, dans l'isolement, comme elle a vécu, discrète compagne d'un homme qui était parti à la conquête de la gloire pour que l'on oublie sa laideur. Du Guesclin lui survivra sept ans, volant de victoires en triomphes pour s'éteindre quelques semaines seulement avant son roi, Charles V. Le 13 juillet 1380 à Châteauneuf-de-Randon en Auvergne. Il fut emporté par la maladie pendant le terrible siège de la ville. A l'expiration de la trêve, le gouverneur de la ville vint symboliquement déposer les clefs de la cité sur son cercueil.
De Tiphaine, Guyard de Berville a dit qu'elle fut une incomparable femme, « dont le plus grand éloge est d'avoir été digne de Bertrand du Guesclin, comme il était le seul digne d'elle. »


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1365 Traité de Guérande qui met fin à la guerre de Bretagne. La Bretagne était attribuée à la maison de Montfort qui se reconnaissait vassale du roi de France et la maison de Blois (soutenue dans cette guerre par la France) recevait le comté de Penthièvre et la vicomté de Limoges.

Traité de Saint-Denis, qui mit fin à la guerre entre la France et la Navarre. Charles le Mauvais renonçait à ses prétentions au trône de France et abandonnait le duché de Normandie ; il recevait par contre la seigneurie de Montpellier.

1366-1369 Les Grandes Compagnies (voir 1358) infestaient la France de leurs déprédations. Pour en débarrasser le pays, Charles V chargea Du Guesclin de les conduire en Espagne, au service d'Henri de Transtamare, révolté contre son frère, Pierre le Cruel, roi de Castille, qui avait fait étrangler leur mère.
Du Guesclin pénétra avec ces bandes en Castille et fit couronner Henri de Transtamare à Burgos. Pierre le Cruel se réfugia à Bordeaux auprès du Prince Noir, avec l'appui duquel il ne tarda pas à recommencer la lutte.

1367 Bataille de Navarette. Du Guesclin y fut battu et fait prisonnier par le Prince Noir, qui lui rendit quelque temps après la liberté.

1369 Bataille de Montiel, gagnée sur les Anglais et les partisans de Pierre par Du Guesclin. Pierre le Cruel est tué peu après dans une rixe par son frère, Henri de Transtamare, qui prend la couronne de Castille.

1369 -1380 Sur les plaintes des seigneurs gascons, causées par les exactions du Prince Noir, Charles V cita ce dernier à comparaître devant la Cour de Paris, mais il se déroba, et Du Guesclin reprit les armes contre lui, secondé par Olivier de Clisson et par Boucicaut.
Dans cette guerre, sur les instructions de Du Guesclin, les chefs français évitèrent les grandes rencontres, s'attachant surtout à réduire les Anglais en détail. Cette tactique réussit pleinement; les Anglais furent peu à peu chassés des territoires qu'ils occupaient. A la mort de Charles V, ils ne tenaient plus que les places de Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux et Bayonne.


Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- histoire
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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /2006 21:44

987 Avènement de Hugues Capet. — A la mort de Louis V, la couronne revenait à son oncle Charles, duc de la Basse-Lorraine, frère de Louis d'Outre-mer, mais les seigneurs le repoussèrent parce qu'il s'était reconnu vassal d'Othon, empereur d'Allemagne, et offrirent le trône à Hugues Capet, maire du palais, fils de Hugues le Grand. Proclamé roi à Noyon, Hugues Capet alla se faire sacrer à Reims par l'archevêque Adalbéron, et fixa sa résidence à Paris, qui n'a depuis lors cessé d'être la capitale de la France.
Hugues
Capet n'ayant été élu que par un petit nombre de seigneurs, s'efforça de se faire accepter par ceux qui n'avaient pas participé à son élection, et dans ce but eut recours, avec succès, aux bons offices de l'Eglise. Il lui fallut cependant imposer son autorité par la force à quelques mécontents. Un des plus irréductibles était Adalbert, comte de Périgueux, qui cependant finit par reconnaître sa suzeraineté.

991 Hugues Capet eut à soutenir une autre guerre contre Charles de,Lorraine que son ascension au trône avait évincé. Charles avait pu, grâce à quelque trahison, se rendre maître de Laon où il s'était fait proclamer roi par ses compagnons. Une autre trahison livra la ville et le prétendant à Hugues Capet : Charles fut enfermé à Orléans, où il mourut en 992.
Afin d'éviter à son fils Robert les surprises que réservaient alors les successions au trône, et qu'il avait vu si souvent se produire, Hugues voulut de son vivant élever son successeur à la royauté ; dans ce but, il l'associa au trône.


996 Avènement de Robert le Pieux, fils de Hugues Capet et d'Adélaïde de Poitiers. Ce roi a laissé une réputation méritée de bonté et de charité. Il cultiva les arts avec succès. Son règne ne vit pas de guerres, mais il eut, à cause de ses femmes, de nombreuses tribulations. Il avait épousé pour des raisons politiques Rosala, fille de Bérenger, comte de Provence, qu'il n'aimait pas et qu'il répudia dès qu'il le put pour épouser Berthe de Bourgogne, sa cousine, dont il était épris. Ce mariage scandalisa le Saint-Siège, et Robert fut frappé d'excommunication : cela était alors une chose trop grave pour qu'il passât outre. Il dut se séparer de Berthe, et ne put reprendre Rosala, qui avait embrassé l'état monastique. Il épousa en troisièmes noces Constance, fille d'un comte d'Arles, belle, intelligente, mais impérieuse et hautaine, qui ne tarda pas à s'aliéner toute la noblesse d'origine franque dont son époux était entouré.

1000 En cette année, selon la croyance superstitieuse du peuple dans presque toute l'Europe, le monde devait finir : on croyait avoir vu cette prédiction dans l'Apocalypse (texte symbolique, incompris à l'époque). Depuis quelques années, le monde était en proie à la terreur ; chacun s'ingéniait à détourner de soi, par sa piété et ses bonnes œuvres, le châtiment qui devait frapper les pécheurs au dernier jour universel, que l'on croyait si proche. L'histoire a gardé le souvenir de l'an mille comme celui du temps où l'âme humaine fut le plus troublée. Mais cette époque ne fut marquée que par une grande famine causée par l'incurie des gens qui, dans l'attente de la mort, avaient cru inutile de cultiver les terres.

1016 -1020 Réunion à la France du duché de Bourgogne : le dernier duc étant mort sans héritier, le duché devait faire retour à la couronne ; mais en raison de l'opposition manifestée par les grands du duché contre cette solution, il fallut prendre les armes pour faire rentrer cette province dans l'obéissance.


1031 Avènement de Henri Ier, fils de Robert le Pieux et de Constance. Cette dernière avait projeté de faire donner la couronne à son autre fils Robert, et elle le poussa à renverser Henri, qui dut prendre les armes pour se défendre. Robert fut vaincu dans cette lutte, mais Henri, dans un but de pacification, lui céda le duché de Bourgogne (qui resta dans sa famille jusqu'en 1361).

1032 Année de cruelle famine, conséquence de l'incurie résultant des terreurs vécues dans l'attente de l'an mille.

1033 Rodolphe III, roi de Provence, lègue en mourant son royaume à Conrad II, empereur d'Allemagne. — Des aventuriers normands, commandés par les fils de Tancrède de Hauteville, s'emparent de la Pouille (Italie) et l'érigent en comté au bénéfice de leur chef. Cette conquête amena la création du royaume des Deux-Siciles, sur lequel régna dès 1130 Roger II, fils de Tancrède.

1035 Avènement au duché de Normandie de Guillaume le Bâtard, plus connu sous le nom de Guillaume le Conquérant, né en 1027, fils du duc Robert le Diable ou le Magnifique.

1041 Établissement, à l'instigation des évêques, de la Trêve de Dieu, instituée dans le but de réduire les guerres privées et de protéger les gens sans défense contre les brutalités et les exactions des hommes de guerre : elle interdisait tout acte de violence entre le mercredi soir et le lundi matin. Inutile de dire que cette généreuse institution ne fut pas toujours appliquée. La Chevalerie fut instituée à la même époque, aussi à l'instigation de l'Église, pour faire respecter la Trêve de Dieu et protéger les faibles.
La Trêve de Dieu et la Chevalerie eurent une action indéniablement bienfaisante sur les idées et les mœurs de la féodalité.

1043 Apparition en France du mal des Ardents, fléau épidémique, sorte de lèpre qui sévit pendant deux siècles.


1060 Avènement de Philippe Ier, fils de Henri Ier et d'Anne de Russie, né en 1052. Indolent et ami des plaisirs, ce roi ne prit que peu de part aux grandes choses qui s'accomplirent sous son règne. Âgé seulement de huit ans à la mort de son père, il régna d'abord sous la tutelle de Baudouin V, comte de Flandre. Il eut, comme Robert le Pieux, maille à partir avec le Saint-Siège à propos de ses mariages. En effet, il avait épousé Berthe, fille de Florent, comte de Hollande, et il la répudia pour vivre avec Bertrade de Montfort, femme de Foulques, comte d'Anjou, qu'il avait enlevée. Il fut pour ces faits excommunié.

1086 Conquête de l'Angleterre par les Normands dirigés par Guillaume le Conquérant. Guillaume prétendait avoir des droits sur l'Angleterre en vertu d'un testament d'Édouard le Confesseur. Il prit ce prétexte pour faire une descente en Angleterre. A la bataille d'Hastings, il battit le roi Harold, qui fut tué. Guillaume établit sa souveraineté sur le pays et le distribua en fiefs entre ses compagnons. Cette conquête fut une des causes des longues guerres qui eurent lieu entre l'Angleterre et la France.

1071 Philippe Ier, intervenant dans les affaires de Flandre, est battu à Cassel.

1087 Intervention de Philippe Ier dans le différend entre Guillaume le Conquérant et son fils Robert Courte-Heuse (en faveur de Robert) ; il est battu à Mantes.

1094 Fondation du royaume de Portugal. Deux chevaliers de Bourgogne, Henri et Raymond, ayant été appelés en Espagne par le roi de Castille Alphonse VI, devinrent ses gendres. Le fils de Henri fut roi du Portugal (que les deux frères avaient fondé) ; le fils de Raymond succéda au roi de Castille.

 1095 Le moine Pierre l'Ermite prêche la première croisade au concile de Clermont-Ferrand, présidé par le pape Urbain II. Cet appel aux armes de la chrétienté se justifiait par les mauvais traitements que les musulmans, maîtres de la Palestine, faisaient subir à leurs sujets chrétiens et aux pèlerins qui allaient visiter les Lieux saints. Le but de l'expédition réclamée par Pierre l'Ermite, et des sept autres croisades qui suivirent celle-là, était donc de libérer les chrétiens d'Asie et les Lieux saints du joug des musulmans, et en occupant ces lointains territoires, de prévenir de nouvelles entreprises des sectateurs de Mahomet contre les nations d'Occident. Les croisades échouèrent à ce point de vue, mais elles eurent pour la civilisation de l'Europe des conséquences indéniablement heureuses.

1096 -1099 Première croisade : elle comprit deux expéditions : d'abord Pierre l'Ermite et Gautier Sans-Avoir, pauvre gentilhomme bourguignon, partirent à la tête d'une masse confuse, indisciplinée, ignorante et dénuée de tout : ces bandes à peu près désarmées et affamées, traversèrent péniblement l'Europe, trouvèrent à Constantinople un accueil qui les réconforta sans les rendre plus redoutables et passèrent en Asie où le sultan de Nicée, à la bataille de ce nom, les tailla en pièces. La deuxième expédition ne comprenait que des gens aguerris et pourvus, en armes et en approvisionnements, de ce qui leur était nécessaire : c'était une véritable armée, qui marcha en bon ordre sous le commandement de Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lorraine. Cette expédition rencontra en Asie de grandes difficultés ; néanmoins, après s'être emparée des villes de Nicée, Tarse, Antioche, elle assiégea et prit Jérusalem. Godefroy de Bouillon en fut proclamé roi (1099), et y promulgua, d'accord avec les seigneurs qui l'accompagnaient, les Assises de Jérusalem, qui instauraient en Asie la féodalité européenne. Le nouvel État dura jusqu'en 1187, époque à laquelle il fut détruit par le sultan Saladin.

1099 Le roi Philippe Ier associe à la couronne son fils Louis, né de Berthe de Hollande en 1081 : ce sera dans l'histoire, Louis VI le Gros, surnommé aussi le Batailleur et l'Éveillé.

 

1100 Mort de Godefroy de Bouillon, roi de Jérusalem. Son frère Baudouin Ier lui succède.

1108 Avènement de Louis VI. le Gros— Ce prince turbulent, mais brave et intelligent, passa son règne à batailler pour agrandir le royaume et affermir la royauté. Tous ses efforts tendirent à réduire, avec l'appui du clergé et des villes, les privilèges des grands vassaux, à faire régner l'ordre dans le royaume, et à établir une administration centralisatrice. Dès son avènement, il partit en guerre contre les seigneurs de Montlhéry et du Puiset qui ravageaient les campagnes à leur portée et détroussaient pèlerins et voyageurs : il s'empara de leurs repaires et les détruisit.

1118 Fondation en Palestine, par Hugues de Payens, de l'ordre militaire et religieux des Templiers.

1119 Louis VI ayant excité Robert Courte-lieuse (fils de Guillaume le Conquérant) à exiger de Henri Ier d'Angleterre, le duché de Normandie, Henri s'empara par vengeance de la place de Gisors, mais il fut ensuite battu à Brenneville. La paix de Gisors mit fin à cette courte guerre.

1124 L'empereur d'Allemagne, Henri V, poussé par Henri Ier d'Angleterre, envahit la Champagne. Louis rencontre des Allemands, qui ne jugent pas prudent de l'attendre. C'est au cours de cette campagne que devint général pour les Français, le cri de guerre : Montjoie-Saint-Denis. 

1108-1124 Le règne de Louis VI fut marqué surtout par l'activité que prit le mouvement communal, qu'il favorisa et dont il fit profiter la monarchie, mais sans y prendre directement part. Les communes étaient les villes qui, ayant obtenu de leur suzerain une charte d'autonomie, sanctionnée par le roi, s'administraient et se gardaient elles-mêmes. Leur émancipation ne pouvait que restreindre le pouvoir féodal, aussi fut-elle toujours favorisée par les rois de France, auquel elles étaient reconnaissantes de leur appui moral. A l'émancipation des communes remonte la naissance de la bourgeoisie et la formation du tiers état. Les premières communes affranchies furent : Le Mans en 1066, Cambrai en 1076 ; ensuite, parmi les plus importantes, Laon et Amiens en 1111.

1129 Mariage de Mathilde, fille de Henri Ier d'Angleterre, avec Geoffroy Plantagenet, comte d'Anjou.

1130 Couronnement à Palerme du premier roi normand de Sicile, Roger II (fils de Tancrède de Haute-ville) qui régnera jusqu'en 1154.

1135 A la mort de Henri Ier d'Angleterre, Etienne, comte de Blois, petit-fils par sa mère de Guillaume le Conquérant, s'empare de la couronne au détriment de Mathilde, femme de Plantagenet.

1136 Le célèbre philosophe Abailard (ou Abélard) commence à enseigner à l'Université de Paris. Quelques années auparavant (en 1122), ses ouvrages sur la, Trinité avaient été déclarés hérétiques et condamnés par le concile de Soissons.


1137 Mort de Louis VI et avènement de Louis VII dit le Jeune (fils de Louis VI et d'Alix de Savoie, né en 1119). En cette année, Louis VII épouse Eléonore de Guyenne (ou d'Aquitaine) qui lui apporte en dot la Guyenne, la Gascogne, le Poitou, la Marche, le Limousin, l'Angoumois, la Saintonge et le Périgord.

1142 Pour punir le comte de Champagne, qui avait refusé de l'aider dans une expédition contre le comté de Toulouse dont il voulait s'emparer, Louis VII envahit la Champagne et la ravagea en partie. Il fit notamment brûler l'église de Vitry avec les 1 300 personnes qui s'y étaient réfugiées. Ce fut pour expier cet acte de barbarie qu'il entreprit un peu plus tard une croisade (la deuxième).

1147 Le moine Arnaud de Brescia qui avait été le disciple d'Abailard, ennemi du pouvoir temporel des papes, tente de le renverser et d'établir à Rome le gouvernement républicain. — Deuxième croisade, prêchée par saint Bernard à Vézelay. Les troupes partent sous le commandement de Louis VII et de Conrad III, empereur d'Allemagne. L'expédition fut malheureuse. Les croisés assiégèrent inutilement Damas (1148) et la discorde s'étant mise entre les deux princes qui les commandaient, Conrad regagna ses Etats.

1149 Retour en France, presque sans armée, et sans gloire, de Louis VII. Pendant son absence, le gouvernement avait été exercé par le moine Suger, abbé de Saint-Denis, qui avait été aussi le premier ministre de Louis VI et mérita par sa sagesse d'être appelé par le peuple le Père de la patrie (né en 1081, mort en 1151).

1152 Divorce (prononcé par le concile de Beaugency) de Louis VII et d'Eléonore de Guyenne ; celle-ci porta la même année sa main et son immense dot à Henri Plantagenet. (Déjà comte du Maine, de l'Anjou et de Touraine, et duc de Normandie depuis 1149, il devint roi d'Angleterre en 1154 et possédait en France un territoire égal à 22 de nos actuels départements.) Ce divorce fut la deuxième des causes des guerres qui éclatèrent plus tard entre la France et l'Angleterre. Louis avait déjà indisposé les Anglais en recueillant Thomas Becket, archevêque de Cantorbery, adversaire déclaré du roi Henri Ier (et qui mourut peu après, assassiné en Angleterre). Enfin Louis VII avait soutenu certaines prétentions des fils de Henri Ire contre leur père. Il était résulté de ce mécontentement quelques conflits armés entre Anglais et Français ; les traités de Montmirail en 1169 et de Montlouis en 1174 les firent cesser.


1180 Mort de Louis VII. — Avènement de Philippe II (Philippe Auguste) né en 1165, fils de Louis VII et d'Adèle de Champagne, que celui-ci avait épousée après la répudiation d'Eléonore.

1180-1189 Les premières années du règne furent employées par le jeune roi à lutter pour rabaissement de Henri II d'Angleterre, qui mourut en 1189 et eut pour successeur Richard Ier, Cœur de Lion. A l'intérieur, il fortifia les institutions sur lesquelles reposait la monarchie et amorça les réformes heureuses et les créations qui ont fait de lui un des rois auxquels la France doit le plus.

1189-1192 Troisième croisade. — Le sultan Saladin venait en 1187, en remportant sur Guy de Lusignan la victoire de Tibériade, de détruire le royaume français de Jérusalem et de s'emparer de cette ville. Guillaume, archevêque de Tyr, vint réclamer le secours des princes d'Occident en faveur des chrétientés d'Asie menacées dans leur existence par le triomphe des musulmans. C'est à Gisors, en France, que ce prélat prêcha la croisade ; le départ eut lieu en 1189 : Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion se mirent à sa tête. De son côté, l'empereur d'Allemagne Frédéric Barberousse, prit la croix et partit pour les rejoindre avec une armée nombreuse.
Frédéric s'empara de la ville d'Iconium et quelque temps après se noya en Cilicie. Les croisés français et anglais s'emparèrent de Saint-Jean-d'Acre. Des différends ayant surgi entre les chefs, Philippe rompit avec Richard et rentra en France en 1191, le laissant continuer seul la croisade (jusqu'en 1192).

1191 De retour en France, Philippe voulut profiter de l'éloignement de Richard et de leur rupture, pour mettre la main sur les provinces que le roi d'Angleterre possédait en France.

 

1192 Ayant conclu la paix avec Saladin, Richard s'achemina vers l'Europe ; mais il fut jeté par un naufrage sur la côte de Dalmatie où il fut reconnu pour avoir, pendant la croisade, insulté la bannière d'un seigneur du pays. Retenu prisonnier par le duc d'Autriche, il recouvra la liberté en payant une rançon et vint prendre en France la direction de la résistance contre Philippe Auguste.

1192-1199 Philippe avait été aidé dans ses projets contre Henri II, puis contre Richard, par le frère de celui-ci, Jean sans Terre. En apprenant le retour de Richard ; pour se faire pardonner de l'avoir trahi, Jean trahit le roi de France et fit massacrer par des Anglais la garnison d'Evreux. Cependant, la lutte entre les deux souverains restant indécise, un accord intervint entre eux, qui mettait fin pour le moment aux hostilités. Mais Richard voulut avoir raison de quelques seigneurs qui avaient déserté sa cause. Il alla dans ce but assiéger le château de Chalus en Limousin, et fut tué pendant cette opération (1199), laissant pour héritier de la couronne, son neveu Arthur de Bretagne, fils posthume de Geoffroy Plantagenet. Le déloyal Jean sans Terre fit enfermer et plus tard (1203) assassiner dans la Tour de Rouen le prétendant Arthur, afin de monter sur le trône à sa place.

1202-1204 Quatrième croisade, qui fut prêchée par Foulques, curé de Neuilly-sur-Marne. La couronne n'y prit pas une part active. Elle eut pour chefs Baudouin IX, comte de Flandre, Boniface, marquis de Montferrat et Simon de Montfort. Baudouin comptait sur la marine vénitienne pour le transport de ses troupes, mais le doge Dandolo exigea pour prix de son aide que Baudouin fasse au profit des Vénitiens la conquête de Zara, en Dalmatie. Une deuxième cause le détourna de sa route. Isaac II l'Ange, empereur d'Orient, que son frère Alexis III venait de détrôner en 1195, sollicita son appui pour reprendre le trône. La croisade se dirigea donc sur Constantinople dont elle s'empara, et rétablit Isaac (1203). Celui-ci ayant été assassiné quelques mois après, Baudouin fut proclamé par ses troupes, empereur de Constantinople (1204). Ce fut l'empire latin de Constantinople qui dura jusqu'en 1261, époque à laquelle les princes byzantins de la famille des Comnène recouvrèrent le trône ; le nouvel empire avait duré cinquante-sept ans. Pendant ce temps, de nombreux seigneurs croisés avaient reçu en fiefs des territoires situés en Grèce, en Bulgarie et en Roumanie, et qui restèrent longtemps dans la famille de certains d'entre eux. Un des croisés, Geoffroi de Villehardouin, s'est immortalisé par le récit qu'il a laissé de la conquête de Constantinople par les croisés, et qui est un des plus anciens monuments de la prose française. Il avait reçu de grands biens en Roumanie.

1203 A la nouvelle de l'assassinat d'Arthur, les Bretons, ses sujets, se soulevèrent. Philippe Auguste cita Jean à comparaître devant sa cour pour être jugé.

1205 La Cour prononça la confiscation des biens de la couronne d'Angleterre en France : Normandie, Maine, Anjou, Touraine, Poitou, pendant que le pape Innocent III frappait Jean de déchéance et chargeait Philippe d'exécuter sa sentence et de s'emparer de la personne dit criminel. Philippe faisait ses préparatifs de guerre dans ce but, lorsque Jean fit acte de soumission envers le pape, qui ordonna à Philippe de s'en tenir là. Mais des troupes anglaises, en France, n'en continuaient pas moins à désoler les campagnes.

1209 Commencement de la croisade contre les Albigeois (qui ne prendra fin qu'en 1229). Les Albigeois étaient une secte hérétique, fondée aux environs d'Albi et dont les doctrines se propageaient rapide-ment dans tout le Midi de la France : on les appelait aussi cathares, d'un mot grec qui signifie purifiés. Les Albigeois comptaient parmi leurs plus puissants protecteurs Raymond VI, comte de Toulouse, Roger, vicomte de Béziers et le propre roi d'Aragon, Pierre.
En 1208, quelques-uns de ces hérétiques assassinèrent, sur les terres de Raymond VI, un moine de Cîteaux, légat du pape, nommé Pierre de Castelnau ; chargé d'enquêter sur leurs doctrines qui d'ailleurs étaient jugées hérétiques et dangereuses pour l'État. Le pape Innocent III ordonna une croisade contre eux. Ce fut surtout le Nord qui fournit le personnel volontaire de l'expédition ; l'antipathie des gens de langue d'ail contre ceux de langue d'oc vint renforcer le sentiment religieux des rudes barons du Nord.
La croisade avait à sa tête Simon de Montfort, un des hommes de guerre les plus cruels de son temps, et son fils Amaury. Les croisés s'emparèrent de Béziers dont les habitants furent passés au fil de l'épée, saccagèrent Carcassonne, battirent les Albigeois à Muret (1213) et mirent le siège devant Toulouse ; Simon de Montfort y fut tué d'une pierre lancée du haut des remparts par une femme, et qui lui enleva le sommet du crâne. Les femmes en effet contribuèrent vaillamment à la défense, en accablant de pierres les assiégeants (1218). Son fils Amaury lui succéda et continua la guerre ; plus tard, il céda ses droits et ses conquêtes à Louis VIII, fils de Philippe Auguste, qui vit là une occasion de réunir effectivement sous son sceptre des provinces qui jusqu'alors ne tenaient à la couronne que par un lien assez lâche de vassalité. Cette guerre ne se termina que pendant la régence de Blanche de Castille.

1214 Obligé de suspendre ses préparatifs contre Jean sans Terre, Philippe Auguste s'était retourné contre le comte Ferrand de Flandre qui, quoique étant son vassal, s'était déclaré pour le roi d'Angleterre ; Philippe arma pour cette campagne les milices communales grâce auxquelles il devait en sortir victorieux. Ferrand était soutenu par les Anglais et par l'empereur d'Allemagne Othon. Malgré ces alliés, Philippe remporta sur lui la célèbre victoire de Bouvines. Les Anglais avaient été, la veille même de ce jour, battus à la Roche-aux-Moines par le fils de Philippe Auguste.

1219-1221 Cinquième croisade, à laquelle le roi de France resta étranger. Jean de Brienne, héritier du titre de roi de Jérusalem et André II de Hongrie, menèrent contre les Sarrasins d'Égypte une expédition sans résultat.

1223 Mort de Philippe Auguste. Cet excellent roi avait considérablement fortifié la monarchie ; il agrandit le domaine royal de sept provinces : Normandie, Maine, Anjou, Touraine, Poitou, Valois et Vermandois. Il établit en France, divisée par lui dans ce but en bailliages et prévôtés, l'administration directe par la couronne ; il adoucit les mœurs violentes du temps, en instituant la trêve appelée quarantaine-le-roi, en vertu de laquelle on ne pouvait tirer vengeance d'une injure avant quarante jours écoulés ; il embellit Paris, dont il bâtit les premiers remparts, bâtit l'Hôtel-Dieu et acheva Notre-Dame. Philippe Auguste fut marié trois fois : 1° avec Isabelle de Hainaut ; 2° avec Ingeburge de Danemark qu'il répudia pour épouser 3° Agnès de Méranie, ce qui le fit excommunier.


Louis VIII le Lion succède à son père Philippe Auguste qui l'a eu en 1187 d'Isabelle de Hainaut. Il avait guerroyé en Angleterre contre Jean sans Terre, au profit des barons de ce pays, qui l'avaient élu pour leur roi. Mais il fut ensuite défait et rentra en France. Roi de France, il conquit sur les Anglais un certain nombre de places, et prit part à la croisade contre les Albigeois. Il fut surnommé le Lion et mourut en 1226. Il laisse son royaume à un enfant de douze ans, le futur Saint Louis.


 


1226 Avènement de Louis IX (saint Louis), fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, âgé seulement de 11 ans (né en 1215). La reine Blanche de Castille prend la régence (qu'elle exercera avec fermeté et habileté). Les principaux faits de la régence se rapportent à la lutte que la régente eut à soutenir (et dont elle sortit victorieuse) contre les grands vassaux désireux de profiter de la minorité de Louis IX pour recouvrer des privilèges et acquérir des avantages matériels. Blanche de Castille détache de leur parti le plus puissant, Thibaut, comte de Champagne, dont la défection amène la soumission du duc de Bretagne et la cessation de l'hostilité des autres vassaux.

1229 Traité de Meaux (dit aussi Traité de Paris) qui met fin à la croisade ou guerre contre les Albigeois.

1233 Organisation par Grégoire IX de l'Inquisition, chargée de poursuivre les erreurs contre la foi catholique.

1234 Mariage de Louis IX avec Marguerite de Provence (née en 1221 et qui mourut en 1295).

1242 A la majorité de Louis IX, un des grands vassaux, le comte de La Marche avait formé, avec raide de Henri III d'Angleterre, une nouvelle ligue contre lui. Le roi de France marcha contre ces ennemis et battit le roi d'Angleterre à Taillebourg et à Saintes. Ces victoires marquent la fin de la lutte des grands vassaux contre la Couronne. Louis IX fait accepter le principe que les seigneurs possédant des fiefs en France et en Angleterre devront désormais choisir ce-lui des deux suzerains auquel ils entendent s'attacher ; il rend à Henri III certains territoires en France, à condition qu'il renonce à ses prétentions sur toutes autres provinces qui lui auraient été précédemment enlevées

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1248-1254 Septième croisade. — (La sixième a eu lieu de 1227 à 1229 sans la participation des Français : elle était conduite par Frédéric II, empereur d'Allemagne, héritier de Jean de Brienne, roi nominal de Jérusalem, qui, ayant réussi à se faire livrer sans combat Jérusalem par le sultan d'Égypte, s'en fit proclamer roi, mais comme il était excommunié, des légats du pape défendirent aux chrétiens de lui obéir.)
Louis IX, au cours d'une grave maladie, avait fait vœu d'entreprendre une croisade, s'il en guérissait. Il était prévenu d'ailleurs que les musulmans avaient repris la Palestine, et menaçaient l'Empire latin de Constantinople, qui était en pleine décadence. Il réunit donc des troupes et s'embarqua pour la Terre Sainte à Aigues-Mortes, emmenant sa femme Marguerite.

1249 Il débarqua à Damiette et s'empara de cette ville après avoir livré bataille.

1250 Deux batailles se livrèrent à Mansourah. Vainqueur dans la première, Louis IX fut, dans la deuxième, battu et fait prisonnier avec un grand nombre de ses compagnons. Traité avec égards par les musulmans, il put se racheter moyennant l'abandon de Damiette, et racheter ses compagnons en payant une rançon de 400 000 besants (d'autres auteurs disent un million de besants). Cependant, les maladies et la famine décimaient ses troupes ; d'autre part, il apprit la mort de sa mère qui exerçait de nouveau la régence en son absence ; il se rembarqua donc avec son armée et rentra en France en 1254. Il avait mis à profit son séjour en Palestine, après sa libération, pour parcourir ce pays, et fortifier les dernières places qu'y possédaient encore les chrétiens. Il laissait parmi les musulmans la réputation d'un prince brave, généreux et vertueux.

1252-1270 Cette période fut consacrée par Louis IX à l'organisation de ses États. Il fit régner en France l'ordre et la sécurité ; d'excellentes institutions fortifièrent la monarchie (enquêteurs qui visitaient les provinces pour réprimer les abus, confirmation et extension de la Quarantaine-le-Roi, abolition du duel judiciaire, établissement d'une sorte de Cour royale de Justice, formation d'un corps de Légistes, mesures propres à établir en France l'unité monétaire, garanties assurées au Clergé par la Pragmatique Sanction de 1269, etc.). Louis IX bâtit la Sainte-Chapelle pour y placer la Couronne d'épines rapportée de Terre Sainte, fonda la Sorbonne, centre d'études universitaires, et les Quinze-Vingts, destinés à hospitaliser les chevaliers revenus aveugles ou blessés de Palestine. Il se montra un souverain éclairé et passionné pour le bien public. 

1270 Huitième croisade. — A l'instigation de Charles d'Anjou, son frère, Louis IX prépara une nouvelle croisade (ce fut la dernière de ces expéditions). Cette fois, il allait attaquer les musulmans sur les rivages de l'Afrique, peut-être pour attirer leurs forces de ce côté, et ainsi soulager les dernières villes chrétiennes de Palestine qu'ils ne cessaient d'attaquer. Louis IX porta donc son année près de Tunis, sur l'emplacement de l'ancienne Carthage. Il remporta d'abord quelques succès, mais la peste se mit dans son armée, lui-même fut frappé du fléau et y succomba devant Tunis (1270). Le reste de l'armée se distingua encore par quelques faits d'armes et Philippe III qui succédait à saint Louis la ramena en France.


1270 Avènement de Philippe III le Hardi, fils de Louis IX et de Marguerite de Provence, né en 1245, proclamé roi devant Tunis. En 1271, il hérita de son oncle Alphonse de Poitiers, recueillant ainsi le Poitou, l'Auvergne et le Comté de Toulouse, qui furent incorporés au domaine royal.

1282 Un autre de ses oncles, Charles d'Anjou (le même qui avait provoqué la huitième croisade), régnait sur la Sicile, où ses hommes d'armes passaient pour terroriser et dépouiller la population. A l'instigation de Pierre III d'Aragon, à Palerme et dans quelques autres villes, elle se souleva en masse, le lundi de Pâques, au moment où les cloches appelaient aux vêpres, et massacra traîtreusement tous les Français qui purent être atteints : il en périt huit mille et deux seulement s'échappèrent. C'est à cette journée que l'on a donné le nom de Vêpres siciliennes. Un médecin nommé Jean de Procida avait été le principal agent de Pierre d'Aragon dans cette affaire.

1285 En punition de son rôle dans les événements de Sicile, le pape excommunia Pierre d'Aragon et donna son royaume à Charles de Valois, fils de Philippe le Hardi. Ce dernier de son côté prit les armes pour tirer vengeance du roi d'Aragon, qu'il alla attaquer en Catalogne, mais sans succès. A son retour, Philippe III mourut à Perpignan.
Philippe avait épousé en premières noces Isabelle d'Aragon (fille de Jacques ler, prédécesseur de Pierre III) ; celle-ci étant morte, il épousa Marie de Brabant, fille du duc Henri III de Brabant.


1285 Avènement de Philippe IV le Bel, fils du précédent et d'Isabelle d'Aragon, né en 1268. C'est une des personnalités les plus curieuses de la monarchie française et un des rois qui ont fait le plus pour la France, bien qu'en usant souvent de moyens critiquables. En 1284, Philippe avait épousé Jeanne de Navarre, qui lui apporta la Champagne et la Navarre, et pris le titre de roi de Navarre. La Champagne rentra de ce fait dans le domaine royal.

 

1291 Traité de Tarascon, qui met fin à la guerre entreprise par Philippe III contre l'Espagne . En vertu de ce traité, le royaume de Naples reste à la maison d'Anjou et la Sicile est attribuée à l'Aragon.

1292 Rixe à Bayonne entre matelots français et anglais, origine de la guerre qui éclatera peu après entre la France (alliée à l'Écosse) et l'Angleterre (alliée à la Flandre).

1297-1305 En 1297, premières hostilités de cette guerre, dont les faits principaux sont : les victoires remportées par les Français sur les Anglais à Furnes (1297) et à Comines (1299). Ces succès et l'intervention du pape Boniface VIII amènent les Anglais à signer la paix (traité de Montreuil, 1299). La fille de Philippe IV, Isabelle de France, fut mariée en vertu de cet arrange-ment au fils du roi d'Angleterre. Cependant la guerre, un moment interrompue avec la Flanche, se ralluma par suite du massacre, à Bruges, de 3 000 Français par les Flamands outrés de la déloyauté de Philippe qui, ayant attiré à Paris le comte de Flandre, Guy de Dampierre, l'y retenait prisonnier (il mourut en cette captivité en 1305). En 1302, les Flamands infligent une sanglante défaite aux Français commandés par Robert d'Artois (cousin de Philippe IV) à Courtrai; mais en 1304 les Français battent les Flamands à Mons-en-Puelle. Cette guerre se termine en 1305: la Flandre française reste à la France.

1302 Pour satisfaire aux grands besoins d'argent du Trésor, Philippe altérait les monnaies et, de plus, avait fait saisir les revenus des églises. Un évêque de Pamiers, Bernard Saisset, refusant d'obéir aux injonctions royales, Philippe le fit arrêter et prétendit le faire juger par une cour laïque. Le pape s'interposa, réclamant l'évêque comme n'étant justiciable que de lui seul. Une première bulle, lancée contre le roi, demeura sans effet ; Philippe fit même emprisonner le légat du pape. Ce dernier adressa au monarque un nouvel avertissement, la bulle Ausculta filii. Philippe voulut faire la nation entière juge du différend et pour la première fois convoqua les États généraux (trois ordres), afin de leur soumettre la bulle (dont il avait d'ailleurs eu la précaution de dénaturer le texte). Les États réunis à Paris donnèrent raison à Philippe contre Boniface VIII.

1303 Des envoyés de Philippe IV, Nogaret et Sciarra Colonna, chargés de notifier à Boniface VIII le résultat de la tenue des États généraux, insultent gravement à Anagni le souverain pontife, d'où résulte une rupture entre la France et le Saint-Siège.

1305 Bertrand de Got, évêque de Bordeaux, est élu pape sous le nom de Clément V en remplacement de Boniface VIII, grâce au concours de Philippe le Bel.

1309 Le nouveau pape Clément V, afin de témoigner sa gratitude au roi de France (qui l'a fait élire) transporte le siège de la papauté en France, à Avignon (où il demeurera jusqu'en 1378).

1312 Concile de Vienne, dans lequel Clément V prononcer l'abolition de l'ordre des Templiers. Philippe le Bel ne réussissant toujours pas à équilibrer les finances du royaume par des expédients, songeait de-puis longtemps à s'emparer des immenses richesses que les Templiers possédaient en France. Cet ordre était accusé par la rumeur publique de pratiquer, sous le couvert du catholicisme, une hérésie rapportée d'Asie, le manichéisme ; on les accusait aussi de se livrer entre eux à la sodomie. Philippe prit acte de ces bruits pour réunir de nouveau, en 1308, les États généraux, afin de faire déclarer par eux que les Templiers, par leurs crimes, avaient mérité la mort. Armé de cette décision, Philippe ordonna la confiscation de leurs biens et exigea de Clément V (qui ne pouvait rien lui refuser) l'abolition de l'ordre, contre lequel d'autre part était ouverte une instruction qui ne pouvait pas ne pas donner les résultats que le roi en attendait. Reconnus donc coupables à tort ou à raison, un grand nombre de Templiers furent emprisonnés. En 1310, 54 d'entre eux périrent sur le bûcher. En 1314, leur grand-maître, Jacques Molay, et les trois derniers dignitaires de l'ordre, montèrent à leur tour sur le bûcher.

1314 Il paraît que Jacques Molay, en montant sur le bûcher, avait prédit à Philippe et à Clément V qu'ils ne tarderaient pas à comparaître eux-mêmes devant le Souverain Juge. Cette prédiction se réalisa la même année : les deux persécuteurs de l'ordre du Temple moururent en effet en 1314. Philippe le Bel laissait le souvenir d'un prince habile mais fourbe ; mais il a créé des institutions qui ont été heureuses pour la France ; on lui dut la réorganisation du Parlement, qu'il divisa en trois sections : le Parlement proprement dit qui était une Cour de justice, le Grand-Conseil qui était chargé de préparer les lois, et la Chambre des Comptes qui avait à s'occuper des finances du royaume. Il établit les premières douanes et permit aux serfs, du moins dans le Midi, d'acheter leur libération à prix d'argent. Par contre, afin de remplir les coffres de l'État, il expulsa les juifs de France après avoir confisqué leurs biens, et il pressura toutes les classes de la société afin de tirer d'elles de l'argent, avec le concours des légistes (hommes de loi dont les décisions étaient censées justifier ses exactions). Ceux-ci s'étant attiré, par leur servilité à l'égard du roi et l'iniquité de leurs sentences, l'animadversion de la population, une révolte éclata contre eux : le plus puissant, Enguerrand de Marigny, surintendant des finances, qui était peut-être le moins coupable, fut pendu en 1315 au gibet de Montfaucon. Énfin, Philippe le Bel avait agrandi par son mariage le domaine royal, et il lutta pendant tout son règne pour la consolidation des droits de la couronne (c'est-à-dire alors de l'État) à l'encontre de la noblesse et de la papauté. Philippe le Bel laissait trois fils qui lui succédèrent à tour de rôle.

1314 Avènement de Louis X le Hutin, né en 1289, fils aîné de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre. Ce surnom lui fut donné à cause de son caractère querelleur. Son court règne fut marqué par le triomphe de la réaction de la bourgeoisie contre les agissements de la noblesse, réaction dont fut victime, comme on vient de le dire, Enguerrand de Marigny (1315). Toujours à court d'argent, comme son père dont il imita les pro-cédés, Louis X affranchit les serfs de ses domaines moyennant finance. Une expédition militaire qu'il entreprit contre les Flamands n'eut pas de résultat. Louis X avait épousé Marguerite de Bourgogne, qu'il fit étrangler en 1315, à cause des scandales de sa conduite. II mourut en 1316.

1316 Jean Ier (fils de Louis X) ne règne pas (mort en bas âge).

1316 Avènement de
Philippe V le Long (deuxième fils de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre) né en 1294. Louis X laissait deux enfants : Jean (Jean Ier) et Jeanne, tous deux en bas âge. Philippe V prit la régence et sur ces entrefaites, Jean mourut ; Phi-lippe V se fit reconnaître pour roi. La couronne fut réclamée au nom de Jeanne. Philippe réunit les États généraux (1317) en leur demandant de se prononcer sur l'application dans ce cas de la loi salique. (Cette loi établie par les Francs Saliens et qui se rapportait aux diverses circonstances de leur vie sociale, contenait une clause en vertu de laquelle, chez eux, les femmes étaient exclues du partage de la terre conquise. Étant donné l'origine de la monarchie française, on pouvait regarder la loi salique comme l'un de ses fondements.) Les États généraux interprétèrent la vieille loi franque dans le sens des prétentions de Philippe, et déclarèrent les femmes incapables de succéder au trône de France. Philippe V eut à réprimer un soulèvement des pastoureaux du Midi qui, fanatisés par quelques meneurs, se croyaient appelés à entreprendre une nouvelle croisade ; il persécuta les juifs, prit des mesures contre la libre circulation des lépreux qui constituaient un danger public, et amorça l'unification dans le royaume des poids et mesures. Il organisa une Cour des Comptes. Il épousa Jeanne de Bourgogne qui lui survécut de trois ans. II mourut en 1322.

1322 Avènement de Charles IV le Bel, troisième fils de Philippe IV et de Jeanne de Navarre, né en 1294. Le seul fait vraiment intéressant de ce règne de six ans fut l'érection en duché-pairie de la baronnie de Bourbon, en faveur de Louis, comte de Clermont, fils de Robert de France, petit-fils de Louis IX le Saint (qui devait être l'origine de la maison royale de Bourbon). Charles IV fut le dernier des Capétiens directs. Il mourut en 1328.


 


 

 

Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- histoire
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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /2006 22:02

752 Pépin le Bref, avec l'assentiment du pape Zacharie, fait déposer par l'assemblée des leudes Childéric III qui se retire à Saint-Orner dans un monastère où il finira ses jours. C'est le dernier roi mérovingien en même temps que le dernier « roi fainéants. ? Pépin le Bref est acclamé comme roi, à Soissons, par l'assemblée des chefs et des évêques et porté sur le pavois. Peu de temps après, il va se faire sacrer par Boniface, l'évêque de Mayence.

754 Pépin le Bref est sacré roi une deuxième fois à Reims, par le pape Etienne II qui était venu en France pour implorer le secours de ses armes contre les Lombards qui menaçaient le Saint-Siège.

Sacre de Pépin le Bref en 751

754-768 Pépin le Bref, pour assurer la sécurité du Saint-Siège, fait la guerre à Astolphe, roi des Lombards. Il enlève à ce dernier l'Exarchat de Ravenne et la Pentapole , dont il fait don au Saint-Siège, fondant ainsi la puissance temporelle des Papes. ? En outre, après une campagne sans résultat contre les Saxons, il fait la guerre aux Sarrasins encore établis en Provence et dans la Septimanie , et les rejette définitivement au-delà des Pyrénées ; enfin, il s'attaque aux Aquitains dont le duc, Waïfre descendant de Caribert, frère de Dagobert, refuse de se soumettre à lui. ? Mort de Waïfre assassiné, croit-on, à l'instigation de Pépin ; cette mort ne met pas fin à la lutte opiniâtrement soutenue par les Aquitains.

768 Mort de Pépin le Bref. ? Avant de mourir, il avait partagé ses Etats entre ses deux fils : Charles et Carloman. ? Charles entre en possession de ceux qui ne sont pas attribués à son frère, avec lequel il continue la guerre contre les Aquitains. 

 

768-771 Règne de Carloman sur Austrasie, Bourgogne et Provence. Il meurt en 771, ne laissant que deux enfants en bas âge. Charles usurpe sa succession, au détriment de ses neveux, qui vont se réfugier auprès de Didier, roi des Lombards.

 

771 Charles (futur Charlemagne) devient seul roi de tous les Etats sur lesquels avait régné Pépin le Bref. Son long règne est un des plus remplis et des plus glorieux de l'Histoire.

 

 

772-805 Guerre contre les Saxons (en trois périodes) :

    772-776, prise de la ville saxonne d'Ehresburg, et destruction du temple et de l'idole d'Irmensul, divinité des Saxons.

    777-785 : Les Saxons, en apprenant que Charles vient de subir un grave revers à Roncevaux, violent la trêve qu'ils avaient conclue avec lui à Paderborn et qui avait mis un terme à la première période d'hostilités ; ils envahissent le royaume franc et y commettent de grands ravages. Charles revient d'Espagne à marches forcées et inflige aux Saxons une sanglante défaite à la suite de laquelle il fait décapiter 4 500 des leurs, prisonniers. Cela détermine Witikind, leur roi, à se soumettre et à venir à Attigny, où réside Charles, demander le baptême.

    793-805 Après quelques années de tranquillité relative, les Saxons         recommencent la guerre. Pour en finir avec eux, Charles fait enlever 10 500 de leurs familles qu'il dissémine en leur accordant des terres dans le Centre et le Midi de la France.

774 Guerre contre les Lombards. ? Didier, leur roi, avait recueilli les neveux de Charles, et avec eux, un certain nombre de Francs ennemis du nouveau règne. De plus, il ne cessait d'inquiéter le Saint-Siège. Charles franchit les Alpes, s'empare de Pavie, fait prisonnier Didier qu'il envoie finir ses jours dans un cloître à Corbie, et se proclame lui-même roi des Lombards, à Monza, près de Milan.

778 Guerre contre les Arabes d'Espagne, entreprise contre le calife de Cordoue, tant sur la sollicitation de quelques émirs du Nord qui avaient à se plaindre de lui, que dans le but d'améliorer la condition des chrétiens d'Espagne, et de reculer le plus loin possible des Pyrénées, les foyers possibles d'invasions sarrasines en France. Charles porta victorieusement ses armes jusqu'à l'Ebre. ? Mais la fin de l'expédition ne fut pas heureuse. Au cours de la retraite qui la couronna, son arrière-garde tomba dans une embuscade, à Roncevaux où périt Roland, neveu de Charles. (C'est en apprenant ce revers que les Saxons s'étaient révoltés.)

787 Guerre contre les Bavarois aidés par le duc de Bénévent. Pour prévenir leurs attaques, Charles marcha contre eux ; le duc de Bénévent fut tué. Le duc de Bavière, condamné à mort par les chefs francs, obtint de Charles la vie sauve, mais fut enfermé pour le reste de ses jours à l'abbaye de Jumièges. Charles annexa la Bavière à ses Etats.

788-796 Cette période fut occupée par une guerre dirigée par Pépin, fils de Charles, contre les Avars, descendants des Huns, pour mettre un terme à leurs incursions sur les territoires de la monarchie. Elle fut couronnée du succès que Charles en espérait et rapporta à ses troupes un immense butin.

800 Charles est proclamé empereur d'Occident, à Rome, par le pape Léon III, le jour de Noël. A cette occasion, le pape lui met sur la tête la couronne des empereurs romains. Le peuple assemblé ratifie par ses acclamations l'acte du souverain pontife. ? Première apparition des Normands (pirates scandinaves) sur les côtes de France.

 

Sacre de Charlemagne

Chroniques de Jean Fouquet

 

814 Mort de Charles, que la postérité a appelé Charlemagne (Charles le Grand).

 

Le Charlemagne de Albrecht Dürer

Le Charlemagne de Albrecht Dürer


 

La guerre entre Charlemagne et les Saxons

La guerre entre Charlemagne et les Saxons
 

 

768-814 Le long règne de Charlemagne est aussi glorieux par les institutions qu'il donna à la France que par les guerres dans lesquelles il triompha. Il s'efforça de civiliser les peuples soumis par ses armes. Dans ses Etats, il introduisit, ou selon le cas, développa l'instruction du peuple, il institua des magistrats qui rendaient la justice à demeure, et d'autres qui pour la rendre faisaient de véritables tournées d'inspection : les missi dominici contrôlaient en même temps les actes des fonctionnaires dont les uns étaient nommés par le pouvoir, les autres à l'élection.
Deux fois par an, le roi réunissait dans une assemblée les chefs et les évêques (en automne) et des représentants de toutes les classes de la société (en mai), afin de prendre l'avis des premiers sur les choses du gouvernement, et de permettre aux seconds de délibérer utilement sur leurs intérêts.
Les Capitulaires sont un recueil de décrets par lesquels Charles réglementait l'administration de la justice et les choses de la guerre.
La grande puissance de Charles incitait tous les autres souverains à rechercher son amitié. C'est ainsi qu'il reçut une ambassade chargée par le calife d'Orient, Haroun-al-Raschid de lui remettre de riches présents et de solliciter son alliance. Le commerce sous ce règne fut florissant, et d'excellentes mesures de police assuraient la tranquillité intérieure de l'Etat.

L'immense empire carolingien s'étend entre la mer Baltique, l'Eider, la mer du Nord, l'Océan Atlantique, l'Ebre, la Méditerranée, la Pescara et le Garigliano, l'Adriatique, la Bosna, la Save, la Theiss et l'Oder. La capitale était Aix-la-Chapelle, où se voit encore le tombeau de l'empereur.

 

 

Partage au traité de Verdun
Partage de l'empire carolingien au traité de Verdun

 

 

 

 

Partage de l'Empire. Charlemagne avait fait des rois de ses trois fils, en leur donnant à chacun une partie de son empire. Pépin avait reçu l'Italie et Charles l'Allemagne ; Louis, l'Aquitaine. Pépin mourut avant l'empereur et son royaume échut à son fils Bernard ; Charles étant mort aussi avant son père eut pour héritier Louis (le Débonnaire).

814 Avènement de Louis Ier le Débonnaire. Ce prince régnait déjà sur les Aquitains et les Allemands, lorsque lui échut l'immense empire de Charlemagne.

817 Trouvant trop lourd pour un seul le gouvernement de tant de peuples différents, Louis procéda à un partage de ses territoires entre ses trois fils : Lothaire, Pépin et Louis. Lothaire était associé à l'Empire, à Pépin échut l'Aquitaine, à Louis la Bavière (ce fut Louis le Germanique). Ces deux derniers ne pouvaient entreprendre de guerre, ni conclure de traité, sans l'autorisation de Lothaire. Bernard, leur cousin, fut confirmé dans sa possession de l'Italie, que d'ailleurs Charlemagne lui avait reconnue à la mort de son père ; cependant il se crut lésé par ces dispositions ; il se révolta contre son oncle, entre les mains duquel il tomba par trahison et qui, pour le punir, lui fit crever les yeux, ce dont il mourut. Louis crut expier ce crime en en faisant pénitence publiquement, à Attigny.

829-830 De sa seconde femme appelée Judith de Bavière, épousée en 819, Louis eut un fils, Charles (qui plus tard fut surnommé le Chauve), auquel il voulut assurer aussi un royaume, et dans ce but il prétendit remanier le partage fait en 817. Les trois premiers fils, nés d'Ermengarde, la première femme, protestèrent les armes à la main contre cette décision. Vainqueurs de leur père, ils le déposèrent. Cependant cette déposition ne fut pas sanctionnée par l'assemblée des Grands, à Nimègue, et d'ailleurs les trois révoltés étant entrés en composition, Louis reprit possession de son trône.

833-834 Ces événements n'avaient pas fait renoncer Louis à l'idée d'un nouveau partage. A peine rétabli sur le trône, il chercha à déposséder son fils Pépin de l'Aquitaine pour la donner à Charles, fils de Judith. Lothaire et Louis le Germanique se jugeant menacés par les nouveaux projets de leur père prirent les armes contre lui et l'attaquèrent à Colmar. Abandonné par ses soldats, Louis le Débonnaire tomba aux mains des révoltés, qui le déposèrent de nouveau en lui infligeant, à Soissons, une sorte de dégradation publique. Cependant la masse de ses sujets lui était restée fidèle et n'apprit qu'avec indignation l'outrage qu'il venait de subir. Les évêques réunis à Thionville condamnèrent solennellement les actes de ses fils et le remirent en possession du trône.

838 Mort de Pépin, roi des Aquitains.

840 Louis le Germanique exigeant, contre les intentions de son père, une part de l'héritage de Pépin, Louis le Débonnaire marcha contre lui, mais la mort le surprit au cours de cette campagne.
Pendant ce règne, les Normands continuèrent leurs incursions armées en diverses parties du littoral de l'Empire. En 838, ils remontèrent la Loire et le Loiret et pillèrent la ville d'Orléans.

841 Louis le Débonnaire ayant de bonne heure associé à l'Empire son fils Lothaire, celui-ci entendit, après le décès du père, exercer l'autorité impériale et garder ses frères sous son contrôle. Ces derniers se révoltèrent contre ces prétentions et prirent les armes contre leur aîné (c'étaient Charles le Chauve et Louis le Germanique) ; ils le battirent à la bataille de Fontanet.

842 Cependant la défaite de Lothaire n'avait pas altéré son prestige, ni réduit sa puissance. En vue de la continuation de la lutte contre lui, Charles et Louis renouvelèrent leur alliance, à Strasbourg, par un acte rédigé en français et en allemand, appelé Serment de Strasbourg auquel participèrent leurs compagnons et qui est resté célèbre pour nous, parce que c'est le premier texte français que l'on possède, les actes publics et privés étant jusqu'alors exclusivement rédigés en latin.

843 L'attitude résolue de ses frères incita Lothaire à entrer en composition. Entre eux trois intervint le Traité de Verdun par lequel ils se partagèrent l'Empire. Charles le Chauve eut la Gaule comprise entre l'Océan, l'Escaut, la Meuse , la Saône et l'Ebre. Ce vaste territoire, d'un seul tenant, constitua le royaume de France ; on peut donc dire que Charles le Chauve a été le premier roi de France. Louis le Germanique conserva la Germanie ; Lothaire eut l'Italie et les territoires compris entre les deux autres royaumes (ce fut la Lotharingie , d'où est venu le nom de Lorraine) et conserva le titre d'empereur.

Lothaire Ier

Lothaire Ier

 

845 Les Normands remontent le cours de la Seine sur leurs barques et pillent les environs de Paris.

 

 

 

 

847 Charles le Chauve rend l'édit de Marron, près de Maestricht, par lequel les seigneurs sont dispensés de suivre le roi à la guerre à moins que ce ne soit contre l'étranger, et les hommes libres ont la faculté de choisir leur suzerain autre que le roi.
Vers cette époque, le roi reconnaît la souveraineté du duc de Bretagne; il constitue le duché de France, dont le premier titulaire est Robert surnommé le Fort (tige des Capétiens : il fut le bisaïeul de Hugues Capet) ; et le comté de Flandre en faveur de son gendre Baudouin Bras-de-Fer.

866 Par faiblesse ou incapacité, Charles le Chauve n'avait organisé aucune défense générale contre les Normands qui devenaient de jour en jour plus audacieux et pénétraient en France par tous les fleuves; il avait cru suffisant de laisser à chaque seigneur riverain la défense de son territoire. Les pirates s'étaient établis en France en plusieurs endroits, notamment dans Ille d'Oyssel, près de Rouen et dans Ille de Noirmoutier d'où ils partaient pour infester les contrées d'alentour et où ils remisaient leur butin. Un de leurs chefs, Hastings, qui avait été serf aux environs de Troyes, était particulièrement redoutable. Robert le Fort réunit les forces de quelques autres seigneurs pour marcher contre lui; une bataille se livra près de Brissarthe dans l'Anjou, où Hastings fut battu, mais Robert le Fort y perdit la vie.

877 En cette année fut dressé, par Charles le Chauve, le capitulaire de Kiersy-sur-Oise (capitulaire: ordonnances, ou recueil d'ordonnances, divisés en chapitres) qui assurait aux seigneurs l'hérédité des fiefs, charges et dignités qu'ils n'avaient possédés jusqu'alors qu'un titre temporaire. Mort de Lothaire, empereur d'Italie. Charles le Chauve passe promptement les Alpes dans le but de s'emparer du trône devenu vacant et réussit en effet à se faire couronner empereur à Rome; mais en s'en retournant, il meurt, au pied du mont Colis.

871- 879 Règne de Louis II le Bègue, fils de Charles le Chauve (né en 846), qui ne se distingua que par la facilité avec laquelle il se laissa arracher de nouveaux fiefs par les seigneurs de son entourage. Cependant Bernard, duc de Septimanie, s'étant révolté contre son autorité, il allait se mettre en route pour le châtier, lorsqu'il mourut. En cette même année, Boson, beau-frère de Charles le Chauve, fonda à son profit le royaume d'Arles (dit aussi de Provence, ou de Bourgogne cisjurane).

879 Louis III et Carloman, fils de Louis le Bègue recueillirent sa succession et régnèrent de concert, bien qu'ils se fussent partagé le royaume de telle sorte que Carloman avait l'Aquitaine et la Bourgogne. Louis avait dû abandonner une partie de la Lorraine à Louis de Germanie. Les deux frères dirigèrent une expédition contre leur oncle Boson, se trouvant frustrés des territoires que celui-ci s'était adjugés pour les ériger en royaume; ils s'emparèrent, après un siège de deux ans, de sa ville de Vienne, mais ils durent abandonner cette guerre pour se retourner contre les Normands au nord-ouest de leur royaume. Grâce à cette circonstance, Boson conserva son trône si récemment édifié. Ils remportèrent quelques succès dans la lutte qu'ils entreprirent contre les pirates, notamment à Saucourten-Nimeu, dans la Somme actuelle; mais Louis III mourut d'un accident en 882.

882 Mort de Louis III. Carloman seul roi. Ce dernier ne régna seul que deux ans. Il mourut en 884, victime comme son frère, d'un accident, sans que rien de particulier ait marqué la fin de son règne.

884 Avènement de Charles le Gros, fils de Louis le Germanique et d'Emma de Bavière, né en 839. Le trône laissé par Carloman revenait à son deuxième frère Charles, fils posthume de Louis le Bègue, mais celui-ci n'était encore qu'un enfant de cinq ans. Pour cette raison, les seigneurs élurent Charles, qui se trouva à la tête d'un empire aussi vaste que celui de Charlemagne. Le nouveau roi était paresseux, incapable et lâche. Il laissa les Normands poursuivre leurs ravages et s'enhardir jusqu'à venir mettre le siège devant Paris. La future capitale de la France souffrit cruellement au cours de ce siège, mais fut héroïquement défendue par ses habitants commandés par Eudes, fils de Robert le Fort et par l'évêque Cozlin. Charles le Gros n'arriva, avec 40 000 hommes d'armes, au secours des Parisiens assiégés depuis onze mois, que pour acheter la retraite des Normands, ce qui permit aux pirates d'aller piller d'autres provinces.

Représentation de Vikings datant du IXe ou Xe siècle

Représentation de Vikings

datant du IXè ou Xè siècle

 

887 Indignés de la lâcheté de Charles le Gros et de son incapacité, les seigneurs, réunis en la diète de Tribur, le déposèrent, et partagèrent son empire en sept royaumes indépendants : 1. France; 2. Provence (Bourgogne cisjurane); 3. Bourgogne transjurane ; 4. Italie ; 5. Lorraine; 6. Allemagne (Germanie) ; 7. Navarre. Eudes fut, à Compiègne, proclamé roi de France par les seigneurs.

888 Eudes continua avec succès la lutte contre les Normands, sur lesquels il remporta entre autres victoires, celle de Montfaucon où il leur tua 20 000 hommes.

896 Charles, fils posthume de Louis le Bègue, n'avait pas renoncé à la succession de son père. Une ligue se forma entre seigneurs de son entourage pour faire valoir ses droits, et prit les armes contre Eudes. Les amis de Charles furent vaincus, mais Eudes, par esprit de justice et pour éviter de nouvelles réclamations, lui céda les provinces situées entre Seine et Meuse.

898 Mort de Eudes. Le duché de France passe à son frère Robert. Charles III (le Simple) occupe seul le trône.

 

Le simple ne signifiait pas sot, mais honnête.

 

911 Traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu entre Charles III et Rollon, chef des pirates normands établis dans l'ancienne Normandie, dans le but de mettre un ternie aux incursions de ces aventuriers dans le haut pays. Charles donnait sa fille Gisèle en mariage à Rollon et abandonnait à ce dernier la Neustrie maritime qui devint de ce fait le duché de Normandie, sous les conditions que Rollon se reconnaissait le vassal du roi de France et embrasserait avec ses compagnons le christianisme, ce qu'ils firent solennellement à Rouen. II est remarquable que les Normands se fixèrent assez facilement au sol et que la Normandie ne tarda pas à devenir une des plus prospères provinces de France. Rollon mourut en 931.

922 Soulèvement des seigneurs contre Charles le Simple, causé par leur dépit d'avoir vu le roi prendre pour favori et ministre un certain Haganon, auquel ils reprochaient l'obscurité de sa naissance et son esprit d'intrigue. Dans une assemblée, ils le déposèrent et élurent à sa place Robert (frère d'Eudes), qui se fit aussitôt sacrer à Reims. Charles III marcha contre ce rival et lui livra bataille à Soissons. ? Bataille de Soissons : Robert y est tué, mais Charles le Simple est battu. Charles prend la fuite, va se réfugier auprès du duc de Vernandols, est livré quelque temps après par celui-ci à ses ennemis, et enfermé au château de Péronne, où il meurt en 929. Le fils de Robert, Hugues le Grand, ayant rallié ses partisans, achève la victoire de Soissons et ceint la couronne des rois de France.

923 Maître de la couronne, Hugues l'offrit à son beau-frère Raoul (gendre de Robert), duc de Bourgogne, mais sous le nouveau roi, il dirigea les affaires de l'Etat. Hugues se fit remarquer par les campagnes heureuses qu'il entreprit contre les Hongrois, descendants des Huns, qui avaient envahi le royaume après avoir ravagé l'Allemagne et qui n'étalent pas moins redoutables que leurs ancêtres.

936 A la mort de Raoul, il y eut un interrègne de cinq mois, pendant lequel Hugues continua de gouverner. Il appela au trône un fils de Charles le Simple et d'Odgiwe, né en 921 : Louis W, dit d'Outre-mer, parce qu'il résidait alors en Angleterre où il s'était réfugié après la bataille de Soissons ; c'est à lui d'ailleurs que revenait en droit la couronne. Louis IV batailla bravement contre les Hongrois et les Normands, mais il voulut s'affranchir de la tutelle de Hugues le Grand et, fait prisonnier dans un des combats qui se livrèrent à cette occasion, il dut faire abandon de tous ses biens pour se racheter. Sur l'intervention de son beau-frère Othon, empereur d'Allemagne, dont il avait épousé la s?ur Gorberge, disent les uns, du pape, disent les autres, Hugues lui rendit, avec la liberté, la ville de Laon. Louis mourut en 954.

954 Avènement de Lothaire (fils du précédent). Ce fut encore Hugues le Grand qui présida à l'avènement de ce nouveau roi, mais en gardant pour lui toute l'autorité.

956 Mort de Hugues le Grand. Son fils aîné Hugues Capet lui succède comme duc de France et maire du palais avec tout le pouvoir qu'il avait eu.

974 Lothaire eut quelques démêlés avec Othon (d'Allemagne), qui se réglèrent les armes à la main. Complètement dominé par le maire du palais et tenu en suspicion par les seigneurs, il ne put donner la mesure de sa valeur, qui était réelle. Il mourut en 986.

986 Avènement de Louis V, fils de Lothaire et d'Emma (né en 967). Ce prince ne régna, d'ailleurs sans éclat, que quatorze mois. Il mourut d'un accident de chasse. Ce fut le dernier Carolingien.

 


Dynastie Carolingienne (751 - 1002)
  • Arnulfiens et Pippinides

Rois des Francs

  • Pépin le Bref (751-768)
  • Carloman Ier (768-771)
  • Charlemagne (768-814)
  • Pépin (? 810)
  • Louis le Pieux (814-840)

Francie Médiane

  • Lothaire Ier (843-855)
  • Louis II (855-875)
  • Lothaire II (855-869)
  • Charles (855-863)

Aquitaine

  • Pépin Ier (817-838)
  • Pépin II (838-852)

Francie Orientale

  • Louis II de Germanie (843-876)
  • Carloman (876-882)
  • Louis III (876-882)
  • Charles III le Gros (876-888)
  • Arnoulf Ier (887-899)
  • Zwentibold (894-900)
  • Louis IV l'Enfant (899-911)

Francie Occidentale

  • Charles le chauve (843-877)
  • Louis II le bègue (877-879)
  • Louis III (879-882)
  • Carloman II (879-884)
  • Charles III le simple (893-929)
  • Louis IV d'Outremer (936-954)
  • Lothaire (954-986)
  • Louis V (986-987)
  • Charles (? 991)
  • Otton (? 1002)

 

Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- histoire
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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /2006 20:11
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Parures féminines

Jouy-le-Comte (commune de Parmain, Val d''Oise)
Milieu du VIe siècle environ
Achat à un jardinier en 1878

Ces bijoux achetés en 1878 avec quelques autres objets, comme provenant de deux «auges» mérovingiennes - sarcophages ? - ont probablement appartenu à un seul costume de qualité tout à fait exceptionnelle. L''ensemble comporte en effet les principaux éléments de la parure féminine mérovingienne du VIe siècle tels qu''ils ont été retrouvés dans de nombreuses sépultures.

La petite paire de fibules (broches) en forme de griffon fermait au niveau du cou l''ouverture d''un vêtement de dessus. Elles étaient peut-être reliées entre elles par la chaînette. L''épingle d''argent ornée d''un dé polyédrique pouvait être fichée plus bas que les petites fibules, sur le même vêtement de dessus. L''épingle à tête en corbeille ajourée maintenait la coiffure ou le voile couvrant la tête. Les fils d''or autrefois brodés sur un bandeau de tissu ornaient cette coiffure ou formaient le galon de la tunique ou du manteau. La paire de grande fibules ansées était portée à la hauteur du bassin sur la tunique. Une bague complétait cette luxueuse tenue.

Eléments issus du site du Musée d'Archéologie nationale



448
Le chef Franc Mérovée est élevé sur le pavois (est reconnu pour chef par toutes les tribus franques occupant le même territoire dans la Gaule). De lui sortira la Première race des rois de France.

 451 Les Huns, conduits par Attila, envahissent la Gaule, et se répandent jusque dans la région de Lutèce, dont ils s'éloignent devant l'attitude résolue de ses habitants, encouragés par sainte Geneviève. Peu après ils sont battus près de Châlons-sur-Marne par les forces réunies du général romain Aétius et des chefs francs, Mérovée et Théodoric. Attila vaincu, passe avec ses hordes en Italie.

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Mobilier funéraire de la Basilique de Saint-Denis

Sarcophage 23
Basilique de Saint-Denis, Seine-Saint-Denis
fin du Ve siècle
fouille Edouard Salin

Acq. 1994

D'un sarcophage rectangulaire fouillé à 2,3 m sous le choeur de la basilique actuelle proviennent une petite croix en or et deux fibules (broches) ansées digitées en fer damasquinées et cloisonnées d'or et de grenats. Des bijoux de type analogue sont caractéristiques du costume des femmes de l'aristocratie germanique occidentale, franque ou alamanne de la fin du Ve siècle.

D'après la vie de sainte Geneviève rédigée au début du VIe, cette sainte fit édifier une grande basilique de pierre sur la tombe de saint Denis, premier évêque de Paris, martyrisé vers 250. Geneviève dont le nom est germanique appartenait probablement à une famille de cadres militaires « barbares » de l'armée romaine tardive.

Les fouilles faites sous la basilique de Saint-Denis ont révélé que dès la fin du Ve siècle des membres de l''aristocratie germanique, voire même de la famille royale mérovingienne s’y sont faits enterrer, longtemps avant Dagobert, le premier souverain mérovingien dont l''inhumation à Saint-Denis en 639 soit attestée avec certitude.

Eléments issus du site du Musée d'Archéologie nationale


458 Childéric Ier succède à Mérovée en qualité de chef ou roi des Francs ; ses compagnons l'exilent en Thuringe à cause de ses débauches, et offrent le pouvoir au général romain Egidius, mais ils ne tardent pas à se lasser d'obéir à un étranger, et ils rappellent leur roi. Il eut pour épouse Basine.

476 Un chef Hérule, Odoacre, s'empare de Rome, et dépose le dernier empereur, Romulus Augustule. Cet événement met fin à l'empire romain d'Occident (dont la Gaule était une province). Cependant l'autorité romaine continuera quelques années encore à s'exercer dans quelques parties de la Gaule.

481 Clovis (fils de Childéric Ier et de Basine) succède à Childéric Ier.
 A ce moment, six peuples différents dominent sur la Gaule : les Francs en Belgique (et Nord de la France actuelle), les Alamans entre les Vosges et le Rhin, les Burgondes dans les vallées du Rhône et de la Saône, les Wisigoths entre la Loire et les Pyrénées, les Armoricains en Bretagne, Anjou et Maine ; enfin, ce qu'il reste des Romains, dans les vallées de la Marne et de l'Oise.


Fibules mérovingiennes

Fibules mérovingiennes

Vision d'artiste de Clovis sur une médaille de bronze datant de 1720


Vision d'artiste de Clovis sur une médaille de bronze datant de 1720


486 Clovis bat à Soissons Syagrius, le dernier représentant du pouvoir romain en Gaule. Cet événement marque la fin de la domination romaine en Gaule.

493 Clovis épouse Clotilde ; elle prépare par ses exhortations sa conversion au christianisme.

496 Clovis marche contre les Alamans dans le but d'arrêter leurs invasions. Il les bat à Tolbiac. A la suite de cette victoire, il embrasse avec ses compagnons le christianisme, et est baptisé par saint Rémy, évêque de Reims, avec 3 000 de ses guerriers.

Le baptême de Clovis, d'après Saint Gilles


Le baptême de Clovis, d'après Saint Gilles

500 Clovis marche contre les Burgondes et bat, près de Dijon, à l'Ouche, leur chef Gondebaud, qui est dès lors obligé de lui payer tribut.

507 Alaric II, roi des Wisigoths, qui était Arien, persécutait les évêques d'Aquitaine. Ceux-ci implorèrent la protection de Clovis, qui marcha contre le roi Wisigoth, le battit à Vouillé, près de Poitiers, et le tua de sa propre main. Cette victoire étendit la domination de Clovis jusqu'aux Pyrénées.

511 Mort de Clovis.
Partage de son royaume entre ses quatre fils :
Thierry régnera à Metz sur l'Austrasie ; Clodomir à Orléans ; Childebert à Paris ; Clotaire à Soissons (Neustrie).


Le royaume de Clovis 1er au Ve siècle

Le royaume de Clovis 1er au Ve siècle


523 Les quatre fils de Clovis concluent une alliance pour faire ensemble la conquête de la Bourgogne.

524 Dans cette guerre, Clodomir, roi d'Orléans, est tué au combat de Véséronce. Ses frères Childebert et Clotaire font assassiner ses enfants (dont un leur échappe et deviendra moine sous le nom de saint Cloud), afin de se partager leur héritage. Un peu plus tard, Thierry se signale par une expédition contre l'Auvergne, et meurt. Son fils Théodebert qui lui succède, essaie, sans y parvenir, de conquérir l'Italie.

548 Mort de Théodebert, roi d'Austrasie. Son fils Théodebald lui succède.

555 Mort de Théodebald.

558 Mort de Childebert, roi de Paris. Héritant de ses trois frères, Clotaire réunit toute la monarchie.

561 Mort de Clotaire et partage par tirage au sort de la monarchie, entre ses quatre fils : Caribert (Paris), Gontran (Orléans), Sigebert (Metz) et Chilpéric (Soissons).

566 Sigebert épouse Brunehaut, fille d'Athanagilde, roi des Wisigoths d'Espagne, née en 534.

567 Mort de Caribert, roi de Paris, causée par ses excès de toute sorte. — Chilpéric épouse Galswinthe, soeur de Brunehaut.

568 Commencement de la lutte, qui durera près d'un siècle et demi, entre les Francs de l'est ou Ripuaires, du royaume d'Austrasie, et les Francs de l'ouest, du royaume de Neustrie.
Mort de Galswinthe, que la concubine de Chilpéric, Frédégonde, fait étrangler pour prendre sa place.



L'Austrasie en 752


 

La Neustrie en 752

 


575 Mort de Sigebert, roi d'Austrasie. — Sa veuve Brunehaut gouverne à sa place, en attendant que leur fils Childebert II soit en état de régner.

584 Chilpéric, roi de Soissons, meurt assassiné par ordre de sa femme Frédégonde, qui prend le pouvoir, et gouverne jusqu'à ce que leur fils Clotaire II soit en état de régner.

587 Traité d'Andelot, entre Gontran, roi d'Orléans et Childebert II, fils de Sigebert, roi de Metz. Ce traité est relatif à la possession des fiefs par les leudes (compagnons d'armes des précédents rois) ; Gontran et Childebert y renouvellent leur alliance, et se font donation de leurs royaumes au dernier survivant.

593 Mort de Gontran et de Childebert II. Ce dernier laisse deux fils : Théodebert II et Thierry II, qui règnent très peu de temps en Austrasie, Bourgogne et Orléans.

596 Victoires de Frédégonde à Driossy et à Latofao sur les Austrasiens.

597 Mort de Frédégonde. — Son fils Clotaire II exerçait déjà le pouvoir.

600 et 604 Victoires des Austrasiens sur les Neustriens, à Dormeilles et à Etampes.

613 Mort de Brunehaut. — Les Austrasiens, de nouveau vaincus par les Neustriens de Clotaire II, fils de Chilpéric et de Frédégonde, la lui livrent et il la fait périr ignominieusement. Clotaire II réunit toute la monarchie. L'empire des Francs s'étend alors du Weser à la Garonne, comprenant les royaumes d'Austrasie, Bourgogne et Neustrie, qui ont chacun leur administration particulière.

615 Clotaire II confirme en faveur des leudes l'inamovibilité de leurs fiefs, et aux évêques l'élection par les fidèles et le droit d'être jugés par leurs égaux.

628 Mort de Clotaire II. — Avènement de Dagobert, son fils.

628-638 Règne de Dagobert, pendant lequel eurent lieu des expéditions heureuses contre les Saxons et les Bretons, et qui fut marqué par une véritable prospérité à l'intérieur. — Dagobert eut pour ministres le célèbre saint Eloi, orfèvre, évêque de Noyon, saint Ouen, évêque de Rouen et Pépin de Landen qui fut la tige des Carolingiens. — Fondation du duché d'Aquitaine en faveur de Caribert, frère de Dagobert. -- Fondation de l'Abbaye de Saint-Denis, qui fut par la suite le lieu de sépulture des rois de France.




639 Mort de Dagobert. — Pépin de Landen, maire du palais en Austrasie, s'empare du pouvoir, le successeur de Dagobert, Sigebert III, étant encore mineur. (Grimoald, fils de Pépin de Landen, lui succède et, à la mort de Sigebert III, tente de faire couronner son propre fils, mais il est assassiné par les Francs fidèles à la famille de Dagobert. Sigebert II n'a pas régné.)
Dagobert laissait deux fils : Sigebert III et Clovis II qui furent les premiers rois fainéants, ainsi surnommés parce qu'ils laissaient le gouvernement aux mains des maires du palais. Clovis Il épousa sainte Bathilde. Ces deux princes moururent en 656. Clovis II laissait trois fils : Clotaire III, Childéric II, Thierry III.

656-670 Règne de Clotaire III en Neustrie. — Ebroïn, maire du palais, gouverne à partir de 659, jusqu'en 681 ; à la mort de Clotaire, il fait élire pour lui succéder Thierry III, dont l'autorité reste précaire jusqu'en 673.

656-673 Règne de Childéric II sur l'Austrasie et la Bourgogne. — Seul roi en 670, il eut pour conseiller saint Léger. Il périt assassiné en 673 par un de ses leudes (Bodilon).

673 Avènement de Thierry III (frère des précédents) qui réunit toute la monarchie franque, et règne sous la tutelle d'Ebroïn.

674 Dagobert II prend le pouvoir en Austrasie ; meurt en 679.

680-687 Ebroïn est assassiné après sa victoire à Latofao, sur le maire du palais d'Austrasie, Pépin d'Héristal (petit-fils de Pépin de Landen). Les Neustriens commandés par Berthaire, successeur d'Ebroïn, sont définitivement battus à Testry par Pépin d'Héristal ; Berthaire y perd la vie (687). — Pépin d'Héristal gouverne seul.

691-715 Cette période voit se succéder trois rois en Neustrie et Bourgogne, savoir : Clovis III fils de Thierry III (691-711); Childebert III fils de Thierry III (695-711); Dagobert III fils du précédent (711-715).

714 Avènement comme maire du palais d'Austrasie, de Charles (Martel), fils de Pépin d'Héristal. Il gouvernera seul jusqu'en 737 les Etats francs (qui ont pour rois Chilpéric II, Clotaire IV, Thierry IV), et pendant l'interrègne, de 737 à 741.

715-717 Règne de Chilpéric II est sous la tutelle de Charles-Martel ; en 717, victoire de ce dernier sur les Neustriens à Vincy.

717-720 Règne de Clotaire IV sous la tutelle de Charles-Martel ; en 719, victoire de ce dernier sur les Neustriens à Soissons : c'est le dernier acte de la lutte entre l'Austrasie et la Neustrie qui dès lors n'a plus d'existence politique.

720-737 Règne de Thierry IV, dirigé comme les précédents par Charles-Martel.

732 En cette année, Charles-Martel remporte sur les Sarrasins d'Espagne, qui avaient envahi et occupaient le Midi de la France, la sanglante victoire de Poitiers qui arrête pour toujours les conquêtes des Musulmans et les oblige à se replier jusqu'en Provence. C'est à l'occasion de cette bataille que fut donné à Charles le surnom de Martel, parce qu'il y écrasait les ennemis de sa masse d'armes comme avec un marteau.

737-742 Interrègne. — Gouvernement de Charles-Martel jusqu'en 741, puis de Pépin le Bref, son fils.

739 Charles-Martel enlève la Provence aux Sarrasins.

 

Arrêt de l'invasion musulmane

Charles de Steuben, Bataille de Poitiers, en octobre 732, par Charles de Steuben, Musée du château de Versailles, France

Charles de Steuben, Bataille de Poitiers, 
octobre 732
 Musée du château de Versailles

En 732 , Charles Martel dut affronter les armées musulmanes du gouverneur d'Espagne Abd el Rahman. En effet, depuis 711, les Berbères occupaient la péninsule ibérique, et continuaient lentement à avancer vers le Nord, au-delà des Pyrénées, si bien qu'en 725, ils avaient déjà conquis le Languedoc et une grande partie de la Bourgogne actuelle et allaient entrer au cœur du territoire franc. Grâce à l'intervention du duc d'Aquitaine, Eudes, qui les arrêta une première fois à Toulouse, en 721 les premières tentatives furent repoussées. Fort de sa victoire, le duc d'Aquitaine voulut prévenir le retour des musulmans d'Espagne en s'alliant à Munuza, gouverneur berbère de la Septimanie. Le dénommé Munuza, bien que de religion musulmane, était en révolte contre ses coreligionnaires d'Espagne. Eudes lui donna sa fille en mariage. Mais Munuza fut tué en affrontant le gouverneur d'Espagne Abd el-Rahman qui, dans la foulée, lança une expédition punitive contre les Aquitains. Il engagea donc en 732 une importante offensive au travers de la frontière franque, dans le but, entre autres, d'aller piller le sanctuaire de Saint-Martin de Tours.

Cette fois, le duc Eudes ne put les arrêter seul, et demanda à Charles de venir à son aide. Le 19 octobre 732, les armées de Charles et du duc réunies faisaient face à la razzia à Moussais, sur l'actuelle commune de Vouneuil-sur-Vienne, entre Tours et Poitiers. Charles fit tout pour éviter l'affrontement mais encouragea le pillage aux alentours, ce qui eut pour double effet de saturer de butin les Sarrasins les rendant moins mobiles et cupides. Après six jours d'observation, la bataille s'engagea le 25 octobre et fut assez brève. Charles tua leur chef Abd el Rahman, ce qui décida les troupes sarrasines à prendre le chemin du retour. Selon d'autres sources, Abdelramane n'aurait pas été tué à la bataille de Poitiers mais aurait simplement reflué vers ses bases arrières de Narbonne. Poursuivit par les troupes franques de Charles Martel, il aurait été tué et son armée exterminée à Louchapt au pied de la falaise du Sangou, dans le Lot, en 733. L'Hôtel de ville de la commune de Martel aurait été construit sur le lieu même de la bataille.

Selon certains auteurs, c'est suite à cette victoire que Charles fut surnommé Martel, puisqu'il avait violemment écrasé les troupes mahométanes, tel un marteau — le marteau étant aussi une arme de combat. Selon d'autres, profitant de l'affaiblissement du duc Eudes, il s'empare des évêchés de la Loire puis descend dans le Midi qu'il saccage consciencieusement et d'où il chasse les chefs musulmans qui s'y étaient installés quelques années plus tôt. C'est seulement alors à cette occasion qu'il aurait gagné le surnom de Martel. Une troisième source déclare que c'est à la bataille de Loupchat que, porté en triomphe au cri de "Charles Martel !", il aurait gagné ce surnom. En tout état de cause, il est certain que ce surnom a surtout « frappé » les esprits ce qui a contribué à la création du mythe de Charles Martel.

Les troupes arabo-musulmanes ne sont pas pour autant battues sur tous les fronts. Elles prennent Avignon et Arles en 735 puis attaquent la Bourgogne. Beaucoup de seigneurs bourguignons « pactisent » alors avec les berbères mais Charles Martel parvint à les refouler dans le sud de la vallée du Rhône en 736.

En 737, il reprend Avignon avec son demi-frère Childebrand, mais n'arrive pas à prendre Narbonne. Il s'allie aux Lombards pour reprendre la Provence en 739. Tous ceux qui avaient alors collaboré avec les berbères sont châtiés et leurs biens donnés aux guerriers francs. Les Berbères ne possèdent alors plus que Narbonne. Ces batailles ont grandement contribué à unifier le royaume franc autour de Charles Martel.



 

742-752 Règne de Childéric III, avec Pépin le Bref pour maire du palais. Sous ce règne, Pépin (surnommé le Bref à cause de sa petite taille) fit victorieusement la guerre aux Francs de l'est au nord : Saxons, Allemands et Bavarois qu'il contraignit au respect des droits de Childéric III.


Dynastie Mérovingienne (370 - 755)


  • Frotmond
  • Pharamond
  • Clodion
  • Mérovée
  • Childéric Ier
  • Clovis Ier
  • Childebert Ier
  • Clodomir Ier
  • Clotaire Ier
  • Thierry Ier
  • Caribert Ier
  • Gontran Ier
  • Sigebert Ier
  • Childebert II
  • Théodebert II
  • Thierry II
  • Théodebert Ier
  • Théodebald Ier
  • Sigebert II
  • Chilpéric Ier
  • Clotaire II
  • Caribert II
  • Dagobert Ier
  • Sigebert III
  • Dagobert II
  • Clovis II
  • Clotaire III
  • Childéric II
  • Chilpéric II
  • Childéric III
  • Thierry III
  • Clotaire IV
  • Clovis III
  • Clovis IV
  • Childebert III
  • Dagobert III
  • Thierry IV

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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 13:20


 

Bronze coulé, hauteur 140 mm (Ier siècle av ou ap JC)
Inventaire A
6296.

LA DANSEUSE.

La plus célèbre et la plus gracieuse des figurines est la statuette dite de "la danseuse".
Elle est nue, le corps grêle, légèrement cambrée, le bras droit étendu, la main gauche posée derrière la nuque sur la chevelure qui tombe dans le dos. La tête rejetée en arrière, elle est saisie sur le vif, dans le tournoiement de la danse.
Le visage est dessiné avec soin, les lèvres charnues sont entrouvertes, les yeux soulignés d'un cerne en relief lui donnent une allure un peu extatique. Le buste est étroit, les côtes sont dessinées de chaque côté d'un sillon qui descend jusqu'au nombril. Les seins sont menus, le ventre est rond, le sexe est bien marqué (la rima), contrairement aux oeuvres classiques gréco-romaines. Cette statuette doit sa renommée à son aspect très moderne, et elle fait penser, entre autres, aux sculptures de Giacometti. L'artisan gaulois a réussi à exprimer le rythme et la force qui animent cette danseuse sacrée. Ici apparaît le sens de la stylisation et du mouvement propre aux artistes gaulois.

Image et commentaire tirés du site de Jean-François BRADU


122 av. J.-C.
Conquête du Midi de la Gaule. — Fondation d'Aix.

58 av. J.-C.
Commencement de la conquête générale des Gaules par Jules César. — Il bat les Helvètes près d'Autun et rejette au-delà du Rhin les Suèves commandés par Arioviste.

57 av. J.-C.
Campagne des Romains contre les Belges, qui sont battus sur l'Aisne et sur la Sambre. — Crassus, général romain, soumet une partie de l'Armorique.

56 av. J.-C.
Les Gaulois commencent à organiser la défense générale de leurs territoires. — Jules César achève la soumission de la péninsule armoricaine. — Crassus soumet l’Aquitaine.

55 av. J.-C.
Les tribus germaniques sont rejetées par les Romains au-delà du Rhin. La plus grande partie des Gaules paraît alors soumise. — Les Romains passent en Angleterre dont ils projettent la conquête.

54 av. J.-C.
Insurrection de la Gaule-Belgique contre les Romains. — Ambiorix, chef des Eburons, massacre une légion romaine. — César bat les Nerviens. — Labienus, un des lieutenants de César, bat les Trévires.

53 av. J.-C.
Les Belges se soulèvent de nouveau sous le commandement d'Ambiorix. Ce dernier est vaincu, mais il échappe aux légions romaines. — Une tentative d'invasion des Germains est repoussée par les Romains.

51 av. J.-C.
Fin de la conquête de la Gaule par Jules César, qui bat successivement les Eburons et les Tré-vires, et réduit les derniers efforts des Arvernes. — La domination romaine est, dès cette année-là, assurée sur toute la Gaule.

51 av. J.-C. à 406 ap. J.-C.
La Gaule vit, se civilise et prospère sous l'administration romaine ; le Christianisme y devient la religion dominante

 


Détail du chaudron de Gundestrup :
Taranis avec la roue, symbole de l'univers céleste.
(musée de Copenhague).

TARANIS :
c'était la divinité principale, le dieu du tonnerre (taran)
et des forces cosmiques (symbolismes : la roue et le foudre),
il sera assimilé à Jupiter.

Image et commentaires tirés du site de Jean-François BRADU

 

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Intermède

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Vercingétorix chef Gaulois

Le nom de Vercingétorix signifie "grand roi des guerriers".

Il est le fils du noble arverne Celtill.

Le fils de Celtill

vers -80 : Celtill tente de restaurer à son profit la royauté chez les Arvernes et échoue.

 -73 à -71 : Révolte de Spartacus.

 -72 : Naissance de Vercingétorix

Pendant l'enfance de Vercingétorix, Celtill, qui continue ses manoeuvres, est arrêté et condamné à mort. Il mourra sur le bûcher.

-69 : En Egypte, naissance de la future reine Cléopâtre VII.

-65 : Lorsqu'il devient édile, Jules César donne des jeux mémorables, avec 600 gladiateurs revêtus d'armure d'argent.

-60 : Premier triumvirat = pacte entre César, Pompée et Crassus.

 -59 : Jules César est nommé Consul                   

-58 : Fin du mandat de consul de Jules César. Il devient gouverneur de la Province.

-58 à -53 : Conquête de la Gaule par les armées de Jules César.

Le chef arverne


D'après un statère en or de 52 av. J.-C., provient du trésor de Pionsat (Puy-de-Dôme)
D'après un statère en or de 52 av. J.-C.
provient du trésor de Pionsat (Puy-de-Dôme)



 9 juin -53 : Crassus perd la bataille de Carrhes face aux Parthes. Le général parthe Suréna lui fait couler de l'or en fusion dans la bouche pour le gaver de ce métal dont il était si friand.

 -53 : En réaction à des désordres qu'il a lui même suscité, le Sénat nomme (au mépris du droit romain) Pompée consul seul et à vie, avec les pleins pouvoirs.

Vercingétorix ne veut pas accepter l'invasion de la Gaule. Avec ses amis, il tente de soulever les Arvernes de Gergovie, mais les notables les chassent de la ville.

Vercingétorix et ses compagnons battent alors les environs de la ville et reviennent avec une foule de partisans.

-53 : Vercingétorix est proclamé chef des Arvernes.

La révolte générale

Les chefs gaulois décident de se réunir. La rencontre a lieu en forêt carnute. Le soulèvement général est décidé. Vercingétorix est désigné chef des Gaulois, rétablissant en quelque sorte l'autorité du Brenn

janvier -52 : Les chefs gaulois se réunissent pour décider du soulèvement général des peuples de la Gaule.

 

Les peuples de Gaule se soulèvent.

janvier -52 : Début du soulèvement par la prise de Cénabum (Orléans).

 Fufius Cita et d'autres marchands romains sont massacrés.

La riposte de César

César décide de frapper fort. Il reprend et brûle Cenabum.

 

 Les Gaulois décident de pratiquer la politique de la terre brûlée devant les légions romaines. Ils brûlent eux mêmes villes et villages. Ils ne peuvent cependant se résoudre à brûler Avaricum (Bourges) leur plus belle ville et tentent de la défendre.

 mars-avril -52 : Prise d'Avaricum (Bourges).

La ville est enlevée par les troupes romaines, malgré l'armée gauloise de soutien qui stationnait dans les forêts alentours. Sur les 4000 défenseurs, seulement 800 réussissent à s'échapper.

 

Pour en finir une bonne fois pour toute, César décide de frapper au coeur de la rébellion, c'est-à-dire la ville natale de Vercingétorix : Gergovie (près de Clermont Ferrand). Vercingétorix fait couper tous les ponts pour ralentir l'armée romaine et se retranche dans Gergovie.

juin -52 : Siège de Gergovie.

César lance l'assaut, et les troupes romaines trouvent une faiblesse dans les remparts. Cependant, les cavaliers gaulois lancent une contre-attaque qui balaie les légionnaires qui se débandent. Les romains laissent des centaines de soldats sur le terrain. Ecoeuré, César lève le siège.

 


Cuirasse
8e siècle av. J.-C.,bronze
Marmesse (Haute-Marne)

Musée d'archéologie National
Château de Saint Germain en Laye


Une erreur tragique

La révolte prend de plus en plus d'ampleur. Les peuples traditionnellement alliés de Rome, tels les Eduens, rentrent dans la révolte. César reflue vers le sud avec ses légions, abandonnant la Gaule ! Les Gaulois ne résistent pas à l'envie de tailler complètement en pièce l’envahisseur en retraite.

 

juillet -52 : La cavalerie gauloise se jette sur l'armée romaine en retraite à Aignay le duc.

 

Les romains se mettent en formation de défense. Les charges gauloises s'écrasent sur le mur de fer des boucliers romains, tandis que les auxiliaires germains des romains font des ravages. La charge triomphale se transforme en carnage et en débâcle. Brisée, la cavalerie gauloise doit battre en retraite, talonnée par les romains.

 

 Le siège d'Alesia
 

Les gaulois en déroute s'enferment dans Alésia, l'oppidum des Mandubiens. César vient mettre le siège et entoure l'oppidum d'un ensemble fortifié.
 

 août -52 : Début du siège d’Alesia.

Alesia n'était pas préparée à abriter autant d'hommes pour un siège. Les vivres viennent rapidement à manquer. Vercingétorix commence par renvoyer les cavaliers, puis jette dehors les «bouches inutiles». Coincés entre Alesia et les retranchements romains, femmes, vieillards et enfants vont mourir de faim.

Pendant ce temps, une prodigieuse armée de secours s'est constituée à Bibracte chez les Eduens. Quand elle s'ébranle enfin, elle est constituée de 8000 cavaliers et 200 000 guerriers, le tout commandé par quatre chefs. L'armée vient s'écraser sur les fortifications romaines. Vercingétorix tente une sortie héroïque et désespérée. Il est à deux doigts de passer, mais les légions romaines réussissent à maintenir le blocus.

 

La reddition

Au bout de 6 semaines et l'échec de l'armée de secours, Vercingétorix doit se rendre à César.

 septembre -52 : Prise d’Alesia. Reddition de Vercingétorix.

Vercingétorix fait demander à César s'il le veut mort ou vivant. César exige les chefs et les armes. Paré comme pour une fête, le chef arverne jette ses armes au pied de son vainqueur.

 

La captivité

11 ou 12 janvier -49 : Jules César et son armée franchissent le Rubicon.

9 août -48 : Bataille de Pharsale : Jules César écrase Pompée.

-47 : Incendie de la bibliothèque d'Alexandrie (les historiens pleurent encore ce désastre).

Vercingétorix va passer 7 ans dans un sordide cachot de la prison de la Mamertine avant d'être exécuté. Il aura auparavant subi l'humiliation d'être exhibé au triomphe de César.

 -46 : Vercingétorix figure au triomphe de Jules César.

- 45 : Vercingétorix est exécuté (vraisemblablement étranglé).

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Fin de l'intermède

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406

Commencement des Invasions des Barbares.
Les Burgondes (venus du bassin de la Wartha) (Allemagne), puis les Francs (venus d'entre Weser, Main et Rhin) pénètrent successivement par petites bandes armées, dans la Gaule romaine. Après eux viennent les Wisigoths (originaires des bords du Danube).

412
En 410, Alaric, roi des Wisigoths, s'était emparé de Rome qu'il avait livrée au pillage. Il mourut en 412 et eut pour successeur Ataulphe son beau-père, qui épousa Placidie, fille de Théodose le Grand.
Les Romains lui accordèrent pour ses hordes, qu'ils espéraient détourner ainsi de leurs projets sur l'Italie, des territoires dans la Gaule méridionale (Aquitaine).

A la mort d'Alaric Ier en 410, les wisigoths assurent à leur roi un enterrement digne d’un Prince :

  • des prisonniers sont employés pour détourner le cours d'un fleuve situé au sud de l’Italie et creuser dans son lit une fosse,
  • ils déposent ensuite le corps du roi et de nombreuses richesses,
  • ils rétablissent le cours du fleuve.

Les prisonniers sont ensuite tous massacrés : la mégalomanie n'est donc pas absente à cette époque !

413
Les Burgondes s'établissent en Gaule, dans le bassin du Rhône.

420
Les Francs envahissent en masse le Nord de la Gaule.


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Pour comprendre les migrations des peuples du IV et V ème siècle

Une migration de peuples

Les grandes invasions barbares du IVe au Ve siècle disloquent définitivement l'Empire Romain en renforçant dans la population un sentiment de précarité.

Ces invasions sont globalement constituées d’une série de migration de tribus causée par un peuple nomade terrifiant :les huns.

Ces derniers viennent des steppes d’Europe Orientale et pénètrent brutalement sur les terres des goths en 371. Leur cavalerie légère est d’une efficacité redoutable et ils poussent ainsi les goths, qui eux-mêmes catapultent d’autres peuples en Gaule : il s’agit donc d’une partie de billard de peuples (selon l'expression de Michel Rouche) dont voici les principales migrations :

  • Arrivée en 371 des huns venus d'Asie Centrale sur les terres des ostrogoths (Russie méridionale) : ces derniers négocient avec les romains leur installation comme «peuple fédéré» de l'Empire en Thrace (actuelle Bulgarie) avant d’envahir l’Italie.
  • Les wisigoths d’Alaric, après avoir traversé le Danube en 375, pénètrent en Italie à deux reprises en 401 puis en 410 (pillage de Rome) : ils négocient ensuite en 418 leur installation (environ 100 000 personnes dont 20 000 soldats) en Aquitaine, officiellement concédée par les romains à la suite d’un traité (foedus). Ils choisissent comme capitale Toulouse.

    Ils s'installeront ensuite en Espagne, d'où ils seront chassés par les arabes en 711.

  • Les vandales, les suèves et les alains fuyant eux aussi les Huns, franchissent en 406 avec environ 150000 hommes le Rhin qu’un hiver d'une rigueur exceptionnelle avait gelé : cela prive le monde romain de sa plus précieuse frontière naturelle.
    Ils profitent du fait que le général romain Stilicon avait dégarni la frontière fortifiée rhénane pour arrêter les Wisigoths. Les hordes de Vandales, de Suèves, d'Alains et de Burgondes franchissent le fleuve le 31 décembre 406 en dévastant tout sur leur passage. Les Vandales, dont le nom restera synonyme de destructeur, s’installeront avec 80 000 hommes en Afrique en 429 et les Suèves se fixeront en Espagne. Les vandales, comme les ostrogoths, succomberont ensuite en 533 à la reconquête byzantine.

  • Les burgondes passent le Rhin en 407, se fixent dans l’Allemagne actuelle puis sont installés par les romains comme colons en Savoie après leur terrible défaite contre les Huns de 436 dans laquelle 20 000 d’entre eux périssent
  • Les francs rhénans pillent à de nombreuses reprises la ville de Trèves et ses environs (en 413, 423, 425, 432, 455).



Carte du Völkerwanderung ; cliquez sur l'image pour accéder à une traduction des peuples et territoires.
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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /2007 06:23


Paru sur : Contre Info
 
 

En 2007, les soldats français ont combattu les rebelles en République Centrafricaine au côté des troupes du président François Bozize. A plusieurs reprises les Mirages basés au Tchad ont bombardé les positions des insurgés, au milieu de la population civile. Cette guerre oubliée de tous a dévasté les régions du nord et fait plus de deux cent mille réfugiés dans l’indifférence générale. Johann Hari a enquêté sur place pour The Independent et nous donne son témoignage sur un pays qui a été ravagé par les affrontements sanglants, où la France continue à faire et défaire les régimes au gré de son intérêt.

Depuis 40 ans, le gouvernement français mène en Afrique une guerre secrète, ignorée non seulement des français, mais aussi du monde entier.

 

La France a renversé des démocrates pour installer dictateur après dictateur - finançant et alimentant un terrible génocide.

 

Cette guerre sanglante a provoqué la fuite de milliers de réfugiés qui ont traversé la frontière de la République Centrafricaine vers le Darfour pour tenter de trouver un havre de paix dans l’une des régions les dangereuse du monde.

 

Johann Hari, The Independent, 5 octobre 2007

 

Birao, République Centrafricaine - J’ai pour la première fois entendu la rumeur de cette guerre en mars dernier, quand les journaux relataient brièvement que les militaires français bombardaient la ville de Birao, dans le nord-est de la République Centrafricaine.

 

Pourquoi ces soldats français luttaient-ils là, à des milliers de kilomètres de leur patrie ? Pourquoi étaient-ils intervenus en Afrique Centrale de cette manière depuis tant de décennies ?

 

Ne trouvant pas de réponse à cette question, j’ai décidé d’aller enquêter sur place, sur cette guerre oubliée de la France.

 

Birao : Sur le champs de bataille

 

Je suis sur les lieux du dernier champ de bataille, contemplant les rues boueuses et abandonnées, parsemées de cendre. La ville de Birao est quasi-déserte, pour la première fois depuis 200 ans. A des kilomètres à la ronde toutes les maisons sont brûlées et abandonnées, avec des enfants visiblement affamés, sautillant parmi des débris. Quels étaient tous ces bâtiments ? Sur un panneau vert sale accroché sur une bâtisse réduite à un tas de cendres on peut lire « Ministère de la Justice ».

 

Sur la place du marché, les gens qui sont revenus vendent quelques réserves rares - du riz et du manioc, les produits locaux - et parlent calmement. Aux abords de la ville, il y a des soldats africains armés et entraînés par les Français, affalés derrière des sacs de sable, pointant nerveusement leurs mitrailleuses sur les passants. Ils chantent des hymnes nationalistes et rêvent de leur maison.

 

(JPG) Pour arriver ici, on doit voyager huit heures en empruntant le vol hebdomadaire de l’ONU qui emporte huit passagers au plus et monter ensuite à l’arrière sur le plateau d’un camion rouillé et rouler durant une heure sur des routes ravagées et défoncées. Il est difficile de savoir quand vous êtes arrivés, car seuls le vide et le silence vous accueillent. Qu’est-il arrivé ici ? J’ai posé la question à Mahmoud - l’ un des 10 pour cent des résidents de Birao qui sont revenus parmi les ruines.

 

C’est un fermier de 45 ans, amaigri, qui se tient tristement assis dans la boue et la poussière. Il explique, d’une voix basse, lente, comment sa ville natale en est arrivée là. « Je me suis réveillé pour les prières du matin le 4 mars et il y avait des tirs d’artillerie partout. Nous avons été très effrayés ainsi nous sommes restés dans la maison et avons espéré qu’il s’arrêterait. Mais alors, au début de l’après-midi, les enfants de mon frère sont venus en courant à notre maison, en pleurant et en criant. Ils nous ont dit le Forcés Armées Centrafricaines [Faca - l’armée entraînée et équipée par les Français, au bénéfice de leur homme fort, le Président François Bozize] étaient entré dans leur maison. Ils ne se calmaient pas et n’expliquaient rien. Donc j’ai accouru et j’ai vu mon frère allongé à terre à l’extérieur, mort. Sa femme m’a expliqué qu’ils avaient arrêté, avec trois autres voisins. Ils les ont emmenés dehors et exécutés, un par un, d’une une balle en pleine tête. »

 

(GIF) L’ami de Mahmoud, Idris, vivait à proximité et a lui aussi craint pour sa vie. Il raconte : « nous pouvions voir les villages brûler. Les enfants criaient et ont eu vraiment peur, donc nous nous sommes dirigés deux kilomètres en dehors de la ville, dans la jungle. De là, nous pouvions voir notre ville entière en feu. Nous avons fui le long du fleuve et sommes restés là-bas. Nous avons mangé des poissons, mais il n’y avait pas beaucoup. Certains jours nous ne pouvions rien attraper et nous étions morts de faim. Les enfants ont été si terrifiés. Même maintenant, quand ils entendent du grand bruit, ils croient qu’il y a des tirs d’armes. Ils sont traumatisés. » Idris regarde dans le vide et poursuit : « le quatrième jour, nous avons vu des avions français arriver. Ils ont tirés chacune de leurs six fusées. Les explosions étaient terribles. Nous ne savons pas ce qu’ils visaient, et pourquoi. Puis, des soldats français sont arrivés.... »

 

Un camion militaire rempli de militaires français passe en vrombissant peu après. Les soldats, hâlés, portant lunettes de soleil à la mode, se demandent visiblement avec anxiété « Qu’ est-ce que je fais ici ? »

 

Pendant que Mahmoud et Idris me parlent, le jour baisse. Une noirceur et un silence étouffant envahissent la ville. Il n’y a ni électricité ni clair de lune. La nuit venue, ils m’expliquent alors la raison pour laquelle les militaires soutenus par les français ont commencé les tirs et les bombardement en mars dernier : les gens du pays avaient commencé à se révolter contre le Président Bozize, désespérés qu’il n’ait rien fait pour eux. Les gens ici étaient las de n’avoir « aucune école, aucun hôpital et aucune route. »

 

(JPG) « Nous sommes complètement isolés, » expliquent-ils. « Quand il pleut, nous sommes coupés du monde parce que les routes se transforment en fondrières. Nous n’avons rien. Tout ce que ces rebelles demandaient c’était de l’aide gouvernementale. » Sur les mauvais chemins autour de Birao, j’entendrais cela à chaque fois : ces « rebelles » mendiaient tout simplement l’aide gouvernementale pour des gens affamés, abandonnés. Même les soldats français perplexes et les sbires de Bozize, envoyés dans la région, l’admettent en privé. Pourtant la réponse française a consisté a bombarder les pick-up des « rebelles. » Pourquoi ? Qu’ y a-t-il là bas de si important ?

 

En explorant la jungle, dans les alentours, je me rends compte que de nombreux résidents de Birao se cachent toujours en dehors de la ville, risquant leurs vies au milieu des bêtes sauvages. Dans les régions du nord-ouest dévastées de la même façon, j’ai suivi l’UNICEF jusque dans la jungle et vu un peu partout ces groupes dispersés de familles affamées.

 

(JPG) Dans une clairière, je rencontre un groupe de quatre hommes avec leurs femmes et mères, nettoyant la terre avec, comme seul outil, leurs mains nues pour essayer de planter des plants de cacahuètes. Ils vivent dans des cabanes faites à la main et se nourrissent des souris attrapées avec des pièges. Ariette Nulguhom berce son petit-fils de huit mois au ventre gonflé et prie pour qu’il survive encore à une autre nuit. Elle me dit qu’il « a été malade pendant longtemps. Nous avons essayé de trouver un infirmier, mais il n’y a aucun. Nous croyons que c’est la malaria, mais il n’y a aucun soin ici. Nous ne savons pas ce qui arrivera... Nous sommes tous faibles et fébriles. Nous sommes épuisés parce que nous travaillons tout le jour, chaque jour. Je n’ai pas mangé pendant des jours maintenant. » En abandonnant leurs maisons, ils ont également perdu tout accès à l’hygiène, l’eau, l’électricité et aux soins. Quand les Forces Gouvernementales des Faca ont brûlé ces maisons, ils ont aussi brûlés l’héritage des 18ème, 19ème et 20ème siècles

 

C’est un coin oublié d’un pays oublié. Birao vit et meurt à l’écart, au nord-est de la République Centrafricaine. La RCA, peuplée de 3.8 millions d’habitants, occupe un territoire plus grand que la France, sans débouché sur la mer, situé exactement au coeur de l’Afrique. C’est le pays le moins médiatisé au monde. Même lorsque 212,000 personnes sont chassées de leurs foyers par cette guerre, aucun écho n’apparaît sur le radar du monde. A Birao, je réalise que je suis trop proche des atrocités immédiates pour pouvoir découvrir les causes plus profondes de cette guerre. Je commence seulement à démêler les origines de cette histoire quand soudain je tombe sur un vieil homme, ce qui est très rare en Centrafrique.

 
 
 

Paoua : Un pays d’enfants

 

(JPG) En République Centrafricaine, vous contredisez les statistiques si vous vivez plus vieux que 42 ans. Par moment, cela a l’air d’un pays d’enfants, bourdonnant avec des rires durcis autour de vous, le fusil en main, sans aucun adulte en vue. Ainsi quand je vois Zolo Bartholemew boitant dans les débris incendiés de la ville - cette fois-ci dans le nord-ouest du pays, à l’extérieur de la ville de Paoua - il a l’air d’un mirage. Il n’a aucune dent, un visage fripé et quand je lui demande son âge, il ne le sait pas. Mais il se souvient. Il se souvient de la fin de la première présence des Français ici - et pourquoi ils étaient là.

 

« J’ai regardé mes parents forcés à travailler dans les champs quand j’étais un enfant, » dit-il en Sango, la langue locale. « Quand ils sont devenus fatigués, ils ont été fouettés et battus pour aller plus vite. Ca a ressemblé constamment à cela. » Le drapeau français a été d’abord hissé dans le coeur de l’Afrique le 3 octobre 1880, sur la rive droite du Congo au nom de la Liberté, l’Egalité et la Fraternité - pour l’homme blanc. Le territoire a été rapidement découpé entre les sociétés françaises, à qui on a donné le droit d’asservir les gens, comme les parents de Zolo, et de les forcer pour récolter le caoutchouc. Ce caoutchouc était produit pour les pneus automobiles vendus à Paris, Londres et New York. Un missionnaire français, le Père Daigre, a décrit ce qu’il a vu : « il est commun de rencontrer de longues files de prisonniers, nus et dans un état pitoyable, traînés par une corde autour de leurs cous. Ils sont affamés, malades et tombent comme des mouches. Ceux qui sont vraiment malades et les petits enfants ont étés abandonnés dans les villages pour mourir d’inanition. Les gens moins affectés tuent souvent les mourants, pour s’alimenter. »

 

Zolo fait un signe de la tête. « Quand les Blancs étaient ici, nous avons souffert même plus » dit-il. « Ils nous ont forcés à travailler. Nous étions des esclaves. »

 

Un administrateur français, horrifié, a écrit au cours des années 1920 que les gens du pays ont lutté contre leur asservissement par les entreprises coloniales en devenant « troglodytes, en se nourrissants minablement des racines jusqu’à ce qu’ils meurent de faim, plutôt qu’accepter ces fardeaux terribles. ». Les régions qui étaient « il y a seulement quelques mois riches, peuplées et durablement occupées en de grands villages » sont devenues, écrit-il, « des terres et des plantations à l’abandon, parsemées des villages délabrés. »

 

(JPG) Mais dans les années 1950, les hommes comme Zolo se sont soulevés en refusant la servitude. « Nous avons suivi Boganda, » dit-il. Barthélemy Boganda est né dans un village Centrafricain, près d’ici, en 1910 et, comme enfant, il a vu sa mère se faire battre à mort par des gardes, responsables de la cueillette du caoutchouc pour une société française. Il a monté les échelons progressivement à travers la prêtrise Catholique, s’est marié avec une femme française pour devenir rapidement le chef du mouvement pour la démocratie en Centrafrique. Il commençait ses discours à l’adresse des Français en se présentant comme le fils d’un cannibale polygame, puis en leur donnant ensuite un cours sur les valeurs de la révolution française, avec une facilité qui les laissait stupéfiés et honteux. Il était le visionnaire d’une Afrique démocratique au-delà des tribus, au-delà des races et au-delà du colonialisme. Il était le défenseur passionné de la pluralité des partis politiques, de la presse libre et des droits de l’homme. Il s’enthousiasmait à l’idée d’États-Unis d’Afrique, alliant les pays de l’Afrique Centrale.

 

« Et ils l’ont tué, » dit Zolo, qui hoche de la tête, frappant le sol du pied. Le 29 mars 1959, peu de temps après que l’ère du pouvoir direct de la France ait pris fin, l’avion du Président Boganda a explosé en vol. La presse française a fait état d’ « objets suspects » trouvés dans les restes du fuselage - mais sur les ordres du gouvernement français, l’enquête locale a été abandonnée. A sa place, les français ont installé le dictateur David Dacko. Il a rapidement aboli les réformes démocratiques de Boganda, a ramené beaucoup de sociétés françaises et a réinstauré leur vieux système du travail forcé, en le rebaptisant « travail au village. » La domination française sur la République Centrafricaine, se souvient- Zolo, n’a pas pris fin avec « l’indépendance. » Elle s’est simplement transformée, prenant une forme nouvelle, plus insaisissable, qui est à la racine de la guerre actuelle.

 

Mais les preuves se trouvent au loin, à l’ouest, dans la capitale. « Rien n’arrive dans ce pays sans que quelqu’un tire un levier à Paris, » me confie un chauffeur de taxi alors que je prends le chemin de Bangui à l’extrême sud du pays. En passant au milieu des hordes d’enfants dans la rue, la voiture soulève un nuage de poussière rouge. J’ai rendez-vous avec un responsable clandestin de l’opposition.

 

Bangui : Un président torturé

 

(JPG) Bangui ressemble à une ville surgie de la jungle il y a un siècle, et qui depuis lors y retourne imperceptiblement. Chaque bâtiment semble pris par la rouille et de grands jaillissements de végétation tentent de repousser les maisons et les magasins sur le côté, pour atteindre le ciel. Carrefour après carrefour on tombe sur des statues, des caricatures énormes, affreuses, d’africains représentés avec d’ épaisses lèvres et des cheveux frisés à l’Afro, qui donnent à la ville l’allure d’une salle de vente du Ku Klux Klan.

 

Toutes les deux ou trois heures, l’électricité défaille et la ville hoquète puis s’arrête. Les gens traînassent dans les rues, en jouant aux cartes et en essuyant leur sueur avec le revers de leurs poignets. C’est pendant un de ces black-out que j’arrive au bureau d’un chef de l’opposition avec une délégation du groupe militant britannique « Waging Peace ». Son bureau est au-dessus d’une chaîne de magasins. C’est une pièce simple remplie de sculptures africaines et de peintures aux gloires passées et fanées. Il vient vers nous dans un costume vert et - bien qu’il ne le dise pas - nous savons tous qu’il prend un risque énorme en nous rencontrant secrètement comme cela. L’année dernière, 40 personnalités politiques qui ont critiqué le gouvernement du Président Bozize ont été jetées en prison et torturées. « Ils ont essayé de tuer mon fils. Ils essaient de m’assassiner, » dit-il, avec un haussement d’épaules comme si c’était un fait sans gravité. Il donne les détails longs, horribles. Je ne peux pas les répéter ici parce qu’ils l’identifieraient - et deviendraient une condamnation à mort.

 

« Le pays est dans une situation affreuse, » dit-il. « Nous avons été décrits par la revue « Foreign Policy » comme le pire état failli au monde, après l’Irak et l’Afghanistan. » Il qualifie la RCA aujourd’hui de « dictature totale et féroce » sous le pouvoir absolu de Bozize. Les racines des guerres dans le nord-est et le nord-ouest sont simples, juge-t-il.. « La population locale dans ces régions se révolte contre le gouvernement, parce que le gouvernement ne leur fournit rien. Il n’y a aucun service. Il n’y a pas même de routes. Alors les rebelles se soulèvent pour attirer l’attention sur eux - mais le gouvernement réagit en se déchaînant sur la région, en tuant les civils et en incendiant les villes. »

 

A suivre

 

En complément, lire Centrafrique, l’année terrible

Par Marielle & Dominique - Publié dans : -*- histoire
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 03:38


Lettre au Président Obama, Prix Nobel de la Paix

http://goudouly.over-blog.com/article-lettre-au-president-obama-prix-nobel-de-la-paix-37461811.html
Adolfo Pérez Esquivel

Sur     


Recevez un salut fraternel de Paix et de Bien.

Tout d’abord mes félicitations pour votre désignation comme Prix Nobel de la Paix 2009, en espérant que cela contribuera à fortifier la Paix dans votre pays et dans le monde, malgré les conflits et les situations où les Etats-Unis sont impliqués et en souhaitant que cela puisse contribuer à rétablir des liens de coopération et de solidarité entre les peuples.

Je tiens à vous signaler tout de même que la nouvelle de votre désignation m’a surpris. Je connais votre valeur et votre décision de surmonter les graves problèmes dans votre pays et dans le monde. Vous voulez donner réalité au rêve de Martin Luther King, lui qui a lutté sans cesse pour établir les droits civils dans votre pays et pour surmonter les injustices afin que tous et toutes nous puissions nous asseoir à la même table de la fraternité et partager ensemble le pain qui alimente le corps et le pain qui alimente l’esprit et pour que nous construisions ensemble les chemins de la liberté. La Paix est une construction permanente entre les personnes et les peuples dans la diversité et l’unité.

Monsieur le Président, les Etats-Unis  doivent affronter de grands défis, à l’intérieur comme au niveau international. Vous avez besoin de prendre des décisions politiques pour surmonter les conflits armés qui affectent toute l’humanité, conflits dans lesquels votre pays est impliqué. Vous n’êtes pas encore arrivé à éradiquer la torture et à fermer la prison de Guantanamo à Cuba, ni celle d’Abou Graïb en Irak. Jusqu’à présent, il ne vous a pas été possible de mener à bien la décision que vous avez vous-même exprimée à plusieurs reprises de mettre fin à la guerre en Irak et en Afghanistan. Les avancées en la matière sont très faibles et insignifiantes.

D’un autre côté, en Amérique Latine, il est urgent de mettre fin au blocus immoral et injuste contre Cuba  qui dure depuis presque 50 ans  et il est aussi urgent de libérer les 5 prisonniers cubains de Miami et, avant tout, de leur permettre de recevoir la visite de leurs familles qui, depuis 10 ans, n’arrivent pas à obtenir un visa pour rendre visite à ces personnes qui leur sont chères. Ceci  viole le Droit Humanitaire.

Même si vos déclarations sont pleines d’espoir, il est maintenant nécessaire de les concrétiser dans la pratique en étant cohérent entre le dire et le faire. Il vous faut trouver des chemins alternatifs de construction sociale, culturelle et politique qui permettent de changer les relations entre les Etats-Unis et les peuples du monde, car ces relations sont le plus souvent conflictuelles et ne respectent pas la diversité et la souveraineté des autres peuples.

La nouvelle installation de sept bases militaires nord-américaines en Colombie ne contribue pas à la Paix. Au contraire, elle intensifie les conflits et met en péril les démocraties en Amérique Latine. D’autre part, le coup d’Etat au Honduras n’aurait bien sûr, pu avoir lieu sans la participation du gouvernement des Etats-Unis.

Monsieur le Président, vous êtes face à de grands défis et on sait très bien qu’ils ne peuvent être assumés par une seule personne. Les peuples eux aussi doivent pouvoir participer à la construction de nouveaux modèles de vie et parvenir ainsi à réaliser des sociétés plus justes et plus fraternelles.

Ecoutez la voix des peuples et ne vous laissez pas manipuler par ceux qui cherchent toujours à favoriser le capital financier et à imposer leurs propres intérêts économiques, politiques et militaires plutôt que la vie de l’humanité. Ce sont les mêmes qui détruisent l’environnement et les libertés citoyennes et qui engendrent la faim, la pauvreté et la marginalité.

Souvenez vous aussi que la FAO a signalé que, chaque jour, plus de 35 mille enfants meurent de la faim dans le monde. C’est vous qui, comme Président des Etats-Unis et Prix Nobel de la Paix, devait choisir et décider du chemin à suivre : ou bien vous continuez  à augmenter le budget militaire, en laissant torturer et en envahissant de nouveaux peuples, ou bien vous êtes disposé à construire la Paix en luttant contre la faim, l’analphabétisme et les inégalités sociales pour construire un « Nouveau Contrat Social » pour l’humanité avec le respect et l’égalité de tous et de toutes.

Monsieur le Président, je vous souhaite beaucoup de force et d’espérance et j’espère que votre désignation comme Prix Nobel de la Paix contribuera à fortifier votre possibilité fondamentale de gouverner dans votre propre pays pour être au service des peuples et du monde. Nous qui avons été honorés par l’attribution du Prix Nobel, nous espérons pouvoir unir nos efforts et cheminer ensemble.

Nous espérons avec beaucoup d’espérance que vos prochaines décisions irons dans la bonne direction..

Je vous réitère mes salutations de Paix et de Bien,

 

- Adolfo Pérez Esquivel - Prix Nobel de la Paix 1980.

Buenos Aires, le 9 octobre 2009. 



http://www.alainet.org/active/33602
Par Goudouly - Publié dans : -*- histoire
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