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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 03:50

http://goudouly.over-blog.com/article-la-joyeuse-tristesse-des-roms-55425484.html

 

 

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 03:04

http://goudouly.over-blog.com/article-quand-les-droits-de-l-homme-a-la-fran-aise-herissent-l-onu-55414574.html

"Correspondances"
Conception : S. Mouton - Erich Halff - Yannick Brunel

Sophie Mouton

5e Courant d'art à Deauville
"La magie de l'image"
29 mai / 5 juin 1998
Prod. Art et Culture à Deauville
Dir. Jérôme Anquetil

 

cARTed Network

The cARTed Picture Show
Sculpture Amicale - Friendly Sculpture
cARTed Series n.065 - mai 1998 - Deauville
special "5° Courant d'Art à Deauville"


Quand les droits de l'Homme à la française hérissent l'ONU

Écrit par Arnaud Bihel

       

La France a connu deux jours tendus à Genève, lors de son audition par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (CERD). Les récents discours de ses dirigeants ont hérissé les experts du comité. Ces critiques viennent s'ajouter au conflit, déjà ancien, qui oppose la France et le CERD sur les « statistiques ethniques ».


 

Le programme des auditions de la 77ème session du CERD avait été fixé avant même les discours et annonces polémiques de l'été sur les Roms, les Gens du voyage et les « Français d'origine étrangère ». Régulièrement, comme tous les pays ayant ratifié la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la France passe ainsi son oral. Les sujets à aborder ne manquaient pas : débat sur l'identité nationale, politique d'immigration, contrôles au faciès, la « discrimination à l'égard des Roms » ou la « portée des lois sur les gens du voyage »... Les 18 experts qui ont auditionné la délégation française, mercredi et jeudi, rendront leurs conclusions à la fin du mois.

Un point de satisfaction à retirer ? Oui : l'annonce par la France de la mise en oeuvre prochaine d'un plan de lutte national contre le racisme. Mais la Fédération internationale des Ligues droits de l'Homme (FIDH) déplore sur ce point l'absence de concertation avec les principaux acteurs en ce domaine, et ne voit là « qu’une manière de détourner l’attention des véritables problèmes ».


Le discours de Grenoble ne passe pas


« Problèmes », au yeux du CERD : les toutes récentes prises de position du chef de l'Etat (notamment son discours du 30 juillet à Grenoble) et de membres du gouvernement ou de l'UMP, qui ont attiré des remarques corrosives. Les experts du comité ont dénoncé une « recrudescence notable du racisme » en France. Le représentant du Togo s'en est directement pris à Nicolas Sarkozy : « Le discours du chef de l'Etat n'est pas seulement discriminant, c'est aussi une incitation à la haine. »

Pour la FIDH c'est « une volée de bois vert » que la France a reçue à Genève. Sur Rue89, Julie Gromellon, représentante de la fédération dans les débats, rapporte : « D'habitude, les experts s'interrogent sur la conformité d'une politique nationale par rapport à la convention. Mais là, les membres du comité ont été choqués par les récentes déclarations au plus haut niveau de l'Etat. Ils critiquent l'attitude générale de la France, qui non seulement ne reconnaît pas les discriminations raciales, mais en nie aussi l'existence. Ils reprochent à la France de se retrancher derrière les principes de “liberté, égalité, fraternité” pour dire que “tout va bien”. »


Statistiques ethniques, visions divergentes


La question de la mesure des discriminations raciales est, il faut le dire, un point de tension récurrent entre la France et le CERD. Suivant en cela la tradition anglo-saxonne, ce dernier appelle depuis des années Paris à mettre en place des « statistiques ethniques » afin de disposer de données pour mieux appréhender les discriminations.

Une sujet sensible que la France rejette par principe, se fondant sur l’article 1er de la Constitution : la République « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Les exceptions existent, encadrées pour des travaux de recherche, ou relatives à l’origine géographique ou la nationalité antérieure à la nationalité française. Mais pas au sens des « statistiques ethniques » demandées par le comité. Paris l'expliquait ainsi l'an dernier au CERD : «  l’affirmation de l’identité est le résultat d’un choix personnel, non de critères applicables définissant a priori tel ou tel groupe et dont découlerait un régime juridique distinct. »

Une position plus inconfortable à tenir, toutefois, quand ses dirigeants eux-mêmes en viennent à pointer du doigt des groupes définis a priori...

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 03:44

http://goudouly.over-blog.com/article-la-france-et-les-enfants-d-immigres-une-crise-du-don-55414004.html

 

carte postale de Serge Fabresson

Cher Salman, je trouve stupide...

Serge FABRESSON
Vous, curieuse lectrice
aiguillez votre regard
avec ou sans fil.

 

cARTed Network

The cARTed Picture Show
Sculpture Amicale - Friendly Sculpture
cARTed Series n.027 - avril 1996 - Mont St Jean

 

 

La France et les enfants d’immigrés : une crise du don

Julien Rémy,

« La France et les enfants d’immigrés : une crise du don »

Revue du MAUSS permanente

http://www.journaldumauss.net/spip.php?article701

 

Comment penser la difficile insertion des enfants issus de l’immigration dans la société française postcoloniale ? En termes de crise du don et de surendettement symbolique, répond Julien Rémy, dans ce texte qui est celui par lequel il a présenté sa thèse de doctorat de sociologie, soutenue le 2 juin 2010 à l’université Paris Ouest Nanterre-La Défense (Jury : Ahmed Boubeker, Alain Caillé, Francesco Fistetti, Davuid Lepoutre et Alain Tarrius).

 

 

Le travail dont on va discuter aujourd’hui porte sur les obstacles à la reconnaissance sociale des enfants d’immigrés. Je me contenterai ici de reprendre les principales étapes de mon raisonnement en essayant de mettre l’accent sur des points peut-être mal explicités dans la thèse, et en tentant de donner quelques esquisses de réponses aux lectures dont j’ai pu bénéficier de la part des rapporteurs du jury.

Le surendettement symbolique

Le principal obstacle à la reconnaissance sociale des enfants d’immigrés, c’est une forme de disqualification ou une stigmatisation, que j’ai appelée « le surendettement symbolique ». Cette disqualification symbolique conduit à voir les enfants d’immigrés comme n’ayant jamais les capacités de donner. Elle s’inscrit dans un double contexte : d’une part, la persistance d’un imaginaire colonial qui conduit une partie des Français à voir les immigrés issus des anciennes colonies comme des personnes en situation de dette vis-à-vis de la France ; d’autre part, un contexte social où l’accès au travail salarié, et donc à des places sociales valorisantes, est de plus en plus difficile.


L’héritage de la colonisation

Je reviens rapidement sur la persistance d’un certain imaginaire colonial. Dans de nombreux ouvrages sur la question, on peut lire que l’idéologie coloniale a été une façon de travestir la situation coloniale en un « don de civilisation » fait aux pays colonisés. C’est peut-être même une particularité de la colonisation française, comme le soulignent les auteurs de l’ouvrage La République coloniale  : « La République coloniale, rappellent-ils, veut se distinguer des autres puissances coloniales par sa nature “généreuse” ». « La France a été bonne et généreuse avec les peuples qu’elle a soumis », voilà le message transmis à des générations de Français, notamment au travers des manuels scolaires (je pense notamment ici au manuel Lavisse, dont cette dernière phrase est tirée).
Aujourd’hui, la France se présente encore parfois comme créditrice face aux immigrés et à leurs enfants. On se rappelle ainsi la loi du 23 février 2005 et la proposition qu’elle contenait d’inscrire dans les programmes scolaires « le rôle positif de la colonisation française ». Dans un ouvrage récent, Benjamin Stora souligne la prégnance de ce regard bienveillant sur l’histoire coloniale de la France en rappelant qu’en décembre 2005, une large majorité de Français étaient favorables à cette loi.
Ce regard qui persiste est l’un des obstacles aux multiples demandes de reconnaissance des enfants de l’immigration.


Un contexte plus général de dépolitisation de la vie sociale

Mais le rapport entre la France et les enfants d’immigrés ne saurait être vu qu’à travers ce transfert de mémoire. La disqualification symbolique s’inscrit dans un contexte plus général de dépolitisation de la vie sociale, très étroitement lié à un processus de désindustrialisation initié dans les années 1970. Le travail industriel offrait aux ouvriers une possibilité de contribuer à la production de la richesse de la société, et de faire valoir auprès de tous cette contribution, notamment par l’action syndicale. La désindustrialisation a engendré le déclin de ce monde ouvrier et du conflit social central qu’il mettait en scène. Il s’agit de ce que François Dubet a appelé la fin des banlieues rouges. De ce fait, un sentiment douloureux d’inutilité sociale s’est substitué à la fierté d’appartenir au monde ouvrier, à un monde de production.
Ces transformations ont fortement affecté les quartiers populaires et d’immigration. Les enfants d’immigrés, dont la plupart des parents occupaient en France des postes d’ouvriers, accèdent eux de plus en plus difficilement au travail. Ils sont donc de plus en plus perçus comme des « débiteurs » sociaux, comme des personnes qui profitent du système sans y apporter de contribution.


La notion de surendettement symbolique

Héritiers involontaires à la fois de l’immigration postcoloniale et du monde ouvrier, les enfants d’immigrés subissent cette double disqualification symbolique que j’assimile à un surendettement symbolique.


Je souhaiterais apporter deux précisions à propos de cette notion de surendettement symbolique

1. D’abord, pour préciser qu’il ne s’agit pas d’une situation de surendettement réel. Je me place ici sur le plan des représentations. Comme E. Goffman, il faut distinguer une identité sociale virtuelle et l’identité sociale réelle, et noter qu’il peut y avoir un « décalage » ou un « désaccord » entre ces deux types d’identités. Le surendettement symbolique représente ici une identité sociale virtuelle, ou bien encore le « stéréotype » qui met à l’index les stigmatisés en leur attribuant une identité négative.

2. Ensuite, je ne crois pas que cette notion de surendettement symbolique induise une posture misérabiliste, c’est-à-dire une posture qui tend à sous-estimer les capacités des enfants d’immigrés. Il est vrai que la construction de la thèse peut amener à penser que les enfants d’immigrés seraient en quelque sorte « piégés » par le surendettement symbolique. Mais dans mon esprit, cette notion ne préjuge ni des possibilités de résistance des personnes qui subissent le stigmate, ni des processus de subjectivation qui restent tout à fait possibles, et qui sont d’ailleurs à l’oeuvre. Mais je reviendrai sans doute sur ce point dans le courant de la discussion.


Postures face au surendettement symbolique


Les effets de cette situation de surendettement symbolique

Quelles sont les différentes réponses à cette situation de surendettement symbolique, à ce regard dominant qui pose les enfants d’immigrés comme étant en dette vis-à-vis de la société ? Dans cette thèse, je distingue 4 postures différentes, que j’étudie à travers une description de 4 univers sociaux et symboliques différents.


2°) Les différentes postures :

- a) La première posture est celle de l’oubli de la dette. L’oubli de la dette est une posture un peu particulière. C’est une posture d’indifférence face au surendettement symbolique. L’étude de la culture de rue montre que les adolescents des quartiers populaires et d’immigration ne sont véritablement pas affectés par le stigmate postcolonial. Ils n’en perçoivent pas encore véritablement les conséquences de ce regard hérité du colonialisme sur leur vie quotidienne.
Cette posture est mise à mal du fait de la raréfaction du travail industriel, qui proposait aux adolescents des quartiers populaires des voies de sortie socialement valorisées à la culture de rue.

- b) La deuxième posture est celle de l’acceptation de la dette. Elle est celle de ceux qui peuvent ressentir un sentiment de gratitude vis-à-vis de la France. Dans le chapitre qui traite de cette posture, je m’oppose assez explicitement à une conception républicaniste de l’intégration. Les parcours d’insertion sociale ne procèdent pas d’une adhésion abstraite aux principes tout aussi abstraits de la République. Ils se jouent plutôt à un niveau microsociologique, dans les interactions, par une succession d’expériences relationnelles positives avec des personnes extérieures aux groupes d’appartenances primaires.
Mais, là aussi, cette posture peut dysfonctionner quand les tendances de la société française à la ségrégation et à la concentration de la pauvreté rendent de plus en plus difficiles ces expériences relationnelles positives.

- c) La troisième posture est celle de la contestation de la dette. C’est dans cette partie que je laisse entrevoir des possibilités de résistance face au surendettement symbolique. Je tente de montrer que les banlieues « ne sont pas un désert politique », pour reprendre une expression d’Abdellali Hajjat. Il s’agit ici de sujets collectifs (et non plus d’individus) qui s’opposent explicitement à une citoyenneté conditionnelle, c’est-à-dire à une citoyenneté qui, pour aller vite, leur demande de donner deux fois plus (de s’investir deux fois plus, de montrer deux fois plus de loyauté que les autres, etc.). Ces sujets collectifs s’opposent également, avec force, aux représentations héritées de la colonisation.
Ce qui compromet cette posture, je crois, c’est la déconnexion croissante entre le combat contre les injustices économiques et sociales et la lutte pour la reconnaissance des héritiers de l’immigration. Cette déconnexion fait perdre de la force à ses mouvements, car elle les isole des autres mouvements de plus grande envergure, et bénéficiant d’une plus grande audience auprès de la société française.

- d) Enfin, la quatrième posture est celle du retournement de la dette. Je m’appuie dans ce chapitre sur un certain nombre de textes de rap, notamment les textes de rap hard core, qui empruntent assez largement au champ lexical du don et de la dette, et ce, pour opérer une sorte de revanche en parole, en renversant la situation de surendettement symbolique. Dans ces textes de rap, c’est la France qui est en dette vis-à-vis des enfants d’immigrés.


Quelques précisions sur cette partie de la thèse

D’abord pour rappeler qu’il s’agit d’une typologie, c’est-à-dire que ces différentes postures n’existent pas à l’état « pur », ou comme telles, dans la réalité sociale. Je précise d’ailleurs à plusieurs reprises, et notamment dans le chapitre V, que lorsqu’on s’intéresse aux personnes réelles, ce sont plutôt à des enchevêtrements de ces différentes postures que nous avons affaire. Enchevêtrements de plusieurs sortes : enchevêtrements synchroniques – une même personne peut adopter plusieurs postures dans le même temps ; enchevêtrements diachroniques – il est possible d’envisager des passages d’une posture à l’autre au cours du temps. Ce sont également des enchevêtrements qui se jouent à plusieurs niveaux : ils peuvent se jouer à un niveau individuel ou à un niveau collectif…
Deuxième remarque : cette typologie vise à rendre compte d’une pluralité de points de vue sur la question du surendettement symbolique, sans accorder plus d’importance à l’une ou à l’autre. Je ne préjuge pas, par exemple, de leur « poids sociologique » dans la société française. En tout cas, dans mon esprit, la réponse de l’acceptation n’est pas sociologiquement plus importante que celle de la contestation. Simplement, elle est présente parce qu’elle peut rendre compte d’un certain nombre de situations. Enfin, si, dans la dernière partie de la thèse, j’ai choisi de mettre l’accent sur la posture du ressentiment, c’est surtout parce qu’elle est la plus problématique, au sens où, dans mon esprit, c’est cette posture – d’un côté comme de l’autre d’ailleurs – qui empêchent l’avènement de relations sociales plus positives, ou en tout cas, moins marquées par la domination.


La crise du don


Fragmentation des identités populaires et crise du don

La dernière partie de ma thèse fait dialoguer les deux représentations les plus opposées : celle d’une France créancière vis-à-vis de l’immigration ; celle d’une France en dette vis-à-vis des immigrés. C’est ce dialogue virtuel, mais qui reste aujourd’hui un dialogue de sourd, que j’appelle la « crise du don ».

- a) Je commence cette partie en revenant sur la dépolitisation de la vie sociale et en montrant qu’elle a conduit à une crispation postcoloniale, c’est-à-dire à un repli vers une identité française qui se voudrait grandie par l’histoire coloniale de la France. Ce repli peut prendre la forme d’un ressentiment. En ce sens, je me sens assez proche des analyses qui observent une « nostalgie de la grandeur », transmise et diffusée notamment chez la population ouvrière non immigrée.

- b) Je mets ensuite directement cette représentation postcoloniale en face-à-face avec des représentations opposées, et ce, en m’appuyant sur deux entretiens. Ce dialogue virtuel entre ces deux entretiens est décrit comme une relation d’endettement mutuel négatif. C’est-à-dire qu’elle s’apparente à une relation entre deux personnes qui estiment avoir trop donné.

Mais ce dialogue virtuel permet également de rendre plus complexe ce premier modèle en faisant entrer en jeu le registre de l’offense. Quand elles cherchent à s’opposer à l’image d’une France créancière – les personnes que j’ai interrogées, et les rappeurs évoqués dans le chapitre IV, mettent en avant les crimes coloniaux, les offenses faites aux pays colonisés, le mépris qu’ont connu leurs parents, etc. Nous sommes toujours dans le cadre d’un retournement de la dette, mais il s’agit d’une dette d’offense. En effet, l’offense crée une dette qui appelle réparation. Mais à l’inverse de ce qui se passe dans le cycle du don, c’est celui qui fait l’acte, c’est-à-dire l’offenseur, qui est en dette vis-à-vis de l’offensé. Si on prend en considération ce registre de l’offense, le dialogue virtuel s’apparente alors davantage à celui entre une personne qui estime avoir trop donné, et une autre qui estime avoir été offensée.



La notion d’endettement mutuel négatif

Dans les parties suivantes, j’essaie de théoriser sur ce qu’il y a de problématique dans cette relation, de montrer en quoi elle produit une essentialisation des rapports à l’autre qui rend de plus en plus difficile les relations sociales. Dans le registre du don : plus personne n’envisage de recevoir de l’autre, ou de reconnaître ses dons. Dans le registre de l’offense : plus personne n’accepte de reconnaître ses torts. Il y a un rejet unanime, ou bilatéral, de la dette. Il se produit alors une essentialisation, une fixation des frontières entre « eux » et « nous ». Chacun se retranche dans son camp. Il y a là à mon sens des parallèles à faire avec les analyses qui observent une émergence des « discours clos », c’est-à-dire des discours qui ne font pas référence à l’Autre, à autrui.
La partie sur les postcolonial studies me sert à donner un autre point de vue sur ces phénomènes d’essentialisation. Mais ma relecture sert également à souligner l’importance du conflit pour la reconnaissance des populations symboliquement dominées. Ce conflit, cette lutte pour la reconnaissance, ne peut se faire qu’à l’horizon l’établissement de nouveaux rapports sociaux. Et je crois que le dépassement de l’imaginaire colonial souhaité par les postcolonial studies peut ressembler à une sorte d’endettement mutuel positif entre les peuples, à savoir, des relations où chaque peuple accorderait autant d’importance à ce qu’il a reçu de la riche diversité du monde qu’à ce qu’il a donné.



Le pardon


Enfin, dans le dernier chapitre, j’aboutis à une réflexion sur le pardon pour étudier les possibilités de sorties de la crise du don, les possibilités de « passage » d’un registre de défiance mutuelle au registre de la confiance. Le pardon m’apparaît comme un phénomène intéressant au sens où il peut permettre de conceptualiser la sortie du ressentiment. Comme l’écrivait Hannah Arendt, il « est la seule réaction qui ne se borne pas à ré-agir mais qui agisse de façon nouvelle et inattendue, non conditionnée par l’acte qui l’a provoquée ».
Sans entrer dans le détail, je m’appuie sur l’idée que le pardon est un événement qui permet d’inaugurer des relations positives et qui s’apparente à un don que l’offensé fait à l’offenseur. Je m’explique : Lorsque quelqu’un demande pardon, c’est qu’il reconnaît avoir tort. Il reconnaît avec une dette envers la personne qui a été offensé. En accordant son pardon, l’offensé libère l’offenseur de cette dette. Il le libère du poids de la culpabilité ; en un sens, il lui « donne » le pardon et il y a des chances pour que l’offenseur se sente redevable vis-à-vis de l’offensé. On bascule alors dans le registre du don.

On a un bel exemple de processus de pardon dans le film Invictus, qui traite de l’arrivée au pouvoir de Mandela en Afrique du Sud. On voit bien que le pardon accordé par Mandela aux blancs d’Afrique du Sud a été un moyen d’enclencher des relations positives, parce que face à une telle mansuétude, ces derniers ne pouvaient se sentir que redevables.


Pour conclure, je voudrais faire part de quelques insatisfactions sur cette dernière partie :

- a) Lorsque j’analyse l’impact du surendettement symbolique sur les identités populaires, j’attache plus d’importance au registre du don qu’à celui de l’offense. Je crois pourtant que les enfants d’immigrés ne sont pas seulement perçus comme des donataires – des personnes qui reçoivent des dons – mais comme étant les auteurs d’offenses… Ces représentations ont été largement alimentées par les médias – il suffit de se rappeler les termes de sauvageons, ou de racailles… qui sont des termes qui renvoient davantage au registre de l’offense (voire au registre de la bestialité), qu’à celui du don. Ces représentations sont également à comprendre dans un contexte qui tend à stigmatiser les enfants de l’immigration postcoloniale, en raison de quelques événements à dimension internationale qui ont eu un impact sur la façon dont on se représente les enfants d’immigrés en France (je pense au 11 septembre 2001 bien sûr, mais aussi à des événements plus anciens comme la Guerre du Golfe par exemple). Je crois que le registre de l’offense aurait dû être plus présent dans ma réflexion.

- b) Tout cela me fait dire que la sortie de la crise du don, ou le règlement de ce qu’Achille Mbembe appelle le problème de « mal-représentation », passe selon moi par une réhabilitation deux figures, deux figures impensables de l’immigration.

Première figure impensable : les immigrés et leurs enfants comme « donateurs »
Deuxième figure impensable : les immigrés et leurs enfants comme « offensés ».

Les obstacles à cette réhabilitation sont différents selon la figure considérée.

 

L’immigration qui donne

Je crois que la figure d’une immigration qui donne est peut-être la plus facile à réhabiliter des deux figures. Cette figure a pu être recherchée lors de la « journée sans immigré », organisé le 1er mars dernier par exemple. Il s’agissait pour les acteurs de ce mouvement de montrer, je cite, « l’apport essentiel de l’immigration à ce pays ». Toujours concernant cette figure de l’immigration qui donne, on peut aussi prendre l’exemple du film Indigènes, de Rachid Bouchareb, qui a été suivi d’une série d’article de presse ventant la participation des immigrés à la Seconde Guerre mondiale. Et nul doute que les enfants d’immigrés qui ont vu ce film ont ressenti une certaine fierté…

Cette figure commence donc à acquérir une certaine audience dans la société française, mais je crois que c’est essentiellement parce qu’elle renvoie une image positive de la France. Une France pour laquelle on se mobilise, une France qui intègre, etc. Cela me fait penser à Abdelmalek Sayad qui écrivait que « la bonne assimilation est à mettre au crédit et au bénéfice de la société qui assimile ». Donc, on pourrait dire que, d’un certain point de vue, si l’immigration donne, c’est parce que la France lui a donné la possibilité de le faire… Une véritable réhabilitation de cette figure s’annonce donc plus compliquée que ce qu’il n’y paraît.



Reconnaître la souffrance de l’autre

La figure de l’immigré comme offensé est sans doute encore plus difficile à réhabiliter, parce qu’elle renvoie en miroir l’image d’une société française comme auteur d’offenses. On peut prendre pour exemple ici le succès mitigé du film Mon colonel, qui porte sur la Guerre d’Algérie, ou encore la polémique autour du dernier film de Rachid Bouchareb, Hors-la-loi, dont on peut être sûr qu’il ne fera pas la même unanimité que son précédent film Indigènes.
Je crois pourtant que la sortie de la crise du don passe par une réhabilitation de cette figure, et qu’il faut plaider, comme le souhaiterait Benjamin Stora, pour une reconnaissance de la souffrance de l’autre. Et j’ajouterai, pour conclure : une reconnaissance des dons et de la souffrance de l’autre.


Merci.

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 03:58

http://goudouly.over-blog.com/article--l-agneau-qui-ne-voulait-pas-etre-un-mouton-55351925.html

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L'agneau qui ne voulait pas être un mouton

Didier Jean & Zad

Piqué sur le site de A lire au pays des merveilles

 

Depuis toujours, les moutons se font dévorer par le loup. Tout le monde est d'accord là-dessus. Alors quand le loup a emporté le mouton malade, on n'a rien dit parce qu'on n'était pas malade. Quand le loup s'est attaqué au mouton noir, on n'a rien dit parce qu'on n'était pas noir. Mais quand le loup a englouti le bélier, on s'est dit que notre tour allait bientôt arriver...

- Editions Syros -


Réédition en format souple de cet album édité en partenariat avec Amnesty International.

Un album extraordinaire que celui-ci. Sur une thématique fondamentale mais difficile, il parvient avec force et clarté, sans niaiserie ni faciles simplifications de bon ton, à porter le message aux plus jeunes tout en leur offrant un bel album qui allie le plaisir du texte et de l'image.

Le récit démontre que la loi du plus fort, ou celle de la majorité, n'est pas la meilleure et que l'union fait la force. Il montre aussi qu'il est nécessaire de réfléchir et d'agir face aux événements, qu'il ne faut pas croire tous les beaux discours.

Voici l'histoire : un loup s'en prend à un troupeau de moutons sans que ceux-ci réagissent, se trouvant des bonnes raisons de ne rien changer à leur situation et ne pas se sentir concernés : l'habitude et la résignation, les premières victimes considérées comme marginales, statut confirmé par le meneur. Le loup dévore donc un mouton malade, un mouton au pelage sombre, un mouton à trois pattes... L'inquiètude gagne lorsqu'il prend une brebis et ses petits, mais le bélier rassure ( ! ) en affirmant que " le loup n'emporte que les plus faibles ". Il faudra que ce bélier soit à son tour dévoré pour que le troupeau panique...sans agir, jusqu'à ce qu'un agneau rassemble les moutons contre leur ennemi. Ils élaborent alors ensemble un piège qui les débarasse du prédateur.

P1050003

Je suis véritablement impressionnée par cet album, par la richesse de son discours, par la puissance suggessive de ses illustrations, par son intelligence si parfaitement adaptée à son lectorat.

Les petits écoutent une histoire de loup, ils adorent ça. Nouvellement scolarisés, ils s'intéressent à la vie en groupe, ses dynamiques, et l'expérimente. L'histoire de ce troupeau entre en résonnance tout en captant habilement l'intérêt : il fait un peu peur ce livre avec son gros loup noir, et il fait rire aussi ce livre avec les grimaces de l'agneau qui attire le loup dans le piège.

P1050001

P1050004

Et il fait parler ce livre, beaucoup, parce qu'il raconte une histoire vraie. Du pourquoi, de la différence, des autres.  Qu'importe que ces jeunes lecteurs ne comprennent pas toutes les subtilités de la fable, de la réflexion, de la morale, qu'ils ne connaissent pas encore les mots citoyen, solidarité, responsabilité. La réussite de cet album est justement dans la pertinence de son approche qui se passe d'explications au profit de la narration et de la discussion.

Je n'ai pas pour habitude de donner une touche trop personnelle à mes chroniques littéraires, mais là, je répète : BRAVO

Le site des auteurs : www.didierjean-zad.com

Le texte de l'épilogue à destination des adultes :

" Quand ils sont venus chercher les juifs

je n'ai rien dit car je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les communistes

je n'ai rien dit car je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes

je n'ai rien dit car je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les catholiques

je n'ai rien dit car je n'étais pas catholique.

Et quand ils sont venus me chercher

il n'existait plus personne qui aurait voulu ou pu protester..."

Texte attribué suivant les sources au pasteur Martin Niemoeller ou à Louis Needermeyer.

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 03:33

http://goudouly.over-blog.com/article-tous-ensemble-comme-les-moutons-de-panurge--55227333.html

 

Tous ensemble, comme les moutons de Panurge !



par Bernard Cassen


Quand il s’agit de porter un jugement sur les politiques économiques du Vieux Continent, et en particulier sur la monnaie unique européenne, les réactions en provenance des Etats-Unis sont considérées comme a priori suspectes. Pour autant, quand Barack Obama s’inquiète des conséquences négatives des politiques restrictives mises en œuvre partout en Europe, il n’a pas nécessairement tort parce qu’il est président des Etats-Unis !

Comme lui, n’importe quelle personne dotée d’un minimum de bon sens aura en effet du mal à comprendre comment, à l’intérieur d’un ensemble économique aussi intégré que l’est l’Union européenne (UE), une juxtaposition de plans nationaux d’austérité visant à diminuer la dette publique pourrait conduire à une croissance de l’ensemble des pays concernés. Un tel exemple de pensée magique témoigne du désarroi, voire de la panique de gouvernements européens : ils ont perdu tous leurs repères et oublié les leçons de la Grande Dépression des années 1930 [1]. Ne maîtrisant plus rien, et la plupart d’entre eux ne disposant plus de la confiance de leurs concitoyens, ils capitulent devant le plus puissant, celui de Berlin, qui s’est auto-proclamé modèle à suivre et leur a imposé ses vues.

Le problème est que ce modèle allemand n’est pas transposable chez ses voisins, sauf à s’auto-détruire. Il est en effet fondé sur la déflation salariale – donc sur la stagnation de la consommation, notamment de produits importés - et sur les excédents commerciaux, dont plus de la moitié se réalisent aux dépens de ses partenaires européens. Par définition, les excédents des uns sont les déficits des autres, tout particulièrement au sein de l’UE où plus des deux tiers des échanges s’effectuent intra-zone euro.

Il faudrait donc, pour stimuler la croissance par les exportations, regarder au-delà de l’Allemagne. Mais où ? Vers les Etats-Unis, où le chômage, qui battait déjà tous les records, a recommencé à monter et où la croissance est très inférieure aux prévisions ? Vers la Chine, qui revoit à la baisse sa production manufacturière, ce qui conduit les multinationales présentes dans le pays à revoir à la baisse leurs espérances de profit ? On revient ainsi au point de départ : c’est à l’Europe de trouver en elle-même les moteurs de son redressement, non seulement en s’affranchissant de la dictature des agences de notation et des marchés financiers, mais aussi en prenant le contre-pied de la politique allemande.

Pour le prix Nobel d’économie américain Paul Krugman, le comportement du gouvernement d’Angela Merkel défie toute rationalité économique : « Cela n’a rien à voir avec du réalisme. Il s’agit d’une posture moralisatrice : les Allemands ont tendance à penser que les déficits sont moralement mauvais et que des budgets en équilibre, eux, sont vertueux, et cela indépendamment des circonstances ou de la logique économique » [2]. A la décharge de Berlin, il faut reconnaître que le comportement des autres gouvernements européens est tout aussi aberrant. Il rappelle celui des moutons de Panurge, personnage du Quart Livre de François Rabelais. A bord d’un bateau transportant un troupeau de ces ruminants, Panurge en achète un à son propriétaire, et le jette à la mer. Attirés par ses bêlements, les autres suivent son exemple et meurent noyés. Ce que l’on oublie parfois, et qu’il faut rappeler à Mme Merkel, c’est que, à la fin, Panurge est lui-même entraîné dans les flots par le dernier mouton…

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 03:28
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La corruption de la démocratie



par Ignacio Ramonet


L’ "affaire Bettencourt" qui secoue la France avec sa tornade de perquisitions, de haines familiales, de chèques dissimulés, d’enregistrements furtifs, de délits fiscaux, de connivences politico-financières, et de soupçons de financement occulte du parti du président Nicolas Zarkozy, révèle la profonde crise morale que traverse le pays.

Propriétaire de l’empire de cosmétiques et parfums L’Oréal, à la tête d’une fortune de quelque 17 milliards d’euros, Liliane Bettencourt est au centre d’un hallucinant feuilleton devenu affaire d’Etat. Des conversations volées à son domicile ont en effet révélé que le ministre du travail, Eric Woerth, aurait usé de son influence - quand il était ministre du budget et par conséquent responsable de l’administration fiscale - pour faire recruter par la propriétaire de L’Oréal sa propre épouse, Florence, (avec un salaire annuel d’environ 200 000 euros) pour gérer de la fortune de la milliardaire... Au passage, Eric Woerth, également trésorier du parti présidentiel UMP, aurait perçu, en liquide, des dons de dizaines de milliers d’euros pour financer la campagne électorale de Sarkozy en 2007 [1]... En échange, l’ancien ministre du budget est soupçonné d’avoir fermé les yeux sur une partie du patrimoine non déclaré au fisc de Mme Bettencourt : notamment, plusieurs comptes en Suisse et une île des Seychelles estimée à un demi milliard d’euros... Bien entendu, M. Woerth nie en bloc.

Cette consternante affaire acquiert une dimension particulièrement scabreuse quand on sait que ce même Eric Woerth est chargé de conduire la sévère réforme des retraites qui frappera des millions de salariés modestes... Dans une atmosphère de fortes tensions sociales et d’émeutes de déclassés (enfants d’immigrés, tziganes) cette "affaire Bettencourt" réveille le vieil affrontement entre les élites et le peuple. "Le climat de la société, constate le philosophe Marcel Gauchet, se trouve aujourd’hui imprégné de révolte latente et d’un sentiment de distance radicale à l’égard du personnel dirigeant [2]."

La France n’est pas la seule démocratie rongée para la corruption de certains responsables politiques et par la confusion permanente que nombre d’entre eux entretiennent entre la fonction publique et les profits privés. On se souvient, par exemple, du récent scandale des abus des notes de frais des parlementaires britanniques qui contribua sans doute à l’échec électoral des travaillistes anglais le 6 mai dernier. Dans l’Italie de Silvio Berlusconi, presque vingt ans après l’opération "mane pulite" qui avait décapité la classe politique, la corruption, comme une métastase, se répand à nouveau devant l’impuissance d’une gauche paralysée et dépourvue d’idées. La Cour des comptes italienne, dans son dernier rapport, confirme que le nombre de délits de corruption active des fonctionnaires a enflé l’an dernier de plus de 150% [3]. Et que dire de l’Espagne, accablée par les multiples cas de corruption de responsables politiques liés aux "seigneurs du bâtiment" enrichis par les complaisantes tolérances en matière de construction et d’urbanisme.

A l’échelle internationale, la corruption atteint, à l’ère de la globalisation, une dimension structurelle. Sa pratique s’est banalisée ainsi que d’autres formes de la criminalité corruptrice : détournement de fonds, manipulation de contrats publics, abus de biens sociaux, création et financement d’emplois fictifs, fraude fiscale, occultation de capitaux provenant d’activités illicites, etc. Il se vérifie ainsi que la corruption constitue un pilier fondamental du capitalisme. L’essayiste Moisés Naïm affirme que, au cours des prochaines décennies, "les activités des réseaux illégaux et leurs partenaires du monde légal, public ou privé, auront un impact beaucoup plus important sur les relations internationales, les stratégies de développement économique, la promotion de la démocratie, le commerce, les finances, les migrations, la sécurité globale, enfin, sur la guerre et sur la paix, que ce que nous avions imaginé jusqu’à présent [4]."

Selon la Banque mondiale, chaque année, dans le monde, les flux d’argent provenant de la corruption, des affaires délictueuses et de l’évasion fiscale et allant vers les paradis fiscaux atteignent la somme astronomique de 1.600 milliards d’euros... De ce montant, quelque 250 millions correspondent à la fraude fiscale réalisée dans la seule Union européenne. Reversés dans l’économie légale, ces 250 millions d’euros permettraient d’éviter, à eux seuls, les plans de rigueur et la casse des retraites qui provoquent actuellement tant de souffrances sociales.

Nul dirigeant ne doit oublier que la démocratie est essentiellement un projet éthique, fondé sur la vertu et sur un système de nobles valeurs qui donne un sens à l’exercice du pouvoir. Le sociologue José Vidal-Beneyto, dans un livre posthume qui vient de paraître [5], nous le rappelle : "Lorsque, dans une démocratie, les principales forces politiques, en pleine harmonie mafieuse, se mettent d’accord pour tromper les citoyens", la démocratie se discrédite, la politique se dégrade, l’abstention se renforce et, plus dangereux encore, l’extrême droite s’amplifie. Et de conclure : "Un gouvernement se corrompt par la corruption, et quand il y a de la corruption au sein d’une démocratie, c’est la démocratie elle-même qui se retrouve corrompue."

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 03:19

 

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Utopie foncière

 

Dans le cadre de la campagne "Alimentons les régions", les éditions du Linteau rééditent le livre "Utopie foncière" d’Egard Pisani. Avec ses cinq années à la tête du ministère de l’Agriculture de 1961 à 1966, ses deux années à celle du ministère de l’Équipement en 1966 et 1967, l’auteur, plus que d’autres, a été confronté à la forteresse de la propriété foncière.

 

Son livre est l’aboutissement d’une longue expérience et d’une non moins longue réflexion. Il y a trente-cinq ans, mais les propositions qu’il apporte – reprises dans les cent une propositions de François Mitterand et de l’Union de la Gauche en 1981 – ont achoppé l’année suivante sur les propriétaires et les secteurs agro-alimentaire et bancaire.

 

"J’ai longtemps cru que le problème foncier était de nature juridique, technique, économique et qu’une bonne dose d’ingéniosité suffirait à le résoudre. J’ai lentement découvert qu’il était le problème politique le plus significatif qui soit, parce que nos définitions et nos pratiques foncières fondent tout à la fois notre civilisation et notre système de pouvoir, façonnent nos comportements."

 

"Entre l’avoir, l’être, le savoir, le faire, le paraître et le pouvoir, qui absorbent toutes nos énergies, l’avoir l’emporte aujourd’hui car il donne le pouvoir, permet le paraître, domine le faire et dispense d’être et de savoir. »

 

L’appropriation du sol réglée par le code Napoléon n’est pas universelle ni intangible : un nouveau rapport au sol, aussi bien rural qu’urbain, est possible.

C’est donc à une révolution que l’auteur nous convie : celle d’une maîtrise collective du sol, plus économique, plus respectueuse des écosystèmes.

Inscrite au programme de l’Union de la Gauche en 1981, elle reste toujours à faire.

Publié en 1977, ce livre n’a pas pris une ride.

Documents joints

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 03:50

http://goudouly.over-blog.com/article-maus-54065505.html

 

 

*Intégrale Tomes 1-2






 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'auteur a recueilli les souvenirs d'un survivant de l'Holocauste: son père.Témoignage poignant sur l'extermination des juifs durant la seconde guerre, une bd sans concession, traitée sur le mode animalier. Prix Pulitzer en 92, Alph'art album étranger 93.

 

Paru en Février 1998
Série : Maus
Dessinateur : Spiegelman
Scénariste : Spiegelman
Genre : Aventure historique
Éditeur : FLAMMARION
Public conseillé : Ados-Adultes
EAN : 9782080675347

 

Prix public : 30,00 €

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 03:47

RG

http://goudouly.over-blog.com/article-rg-54065350.html

 

 

Images : © GALLIMARD / Peeters F / Dragon P

RG

Coffret Tomes 1-2 

Coffret comprenant les tomes 1 et 2 de la série :

Riyad-sur-Seine et Bangkok-Belleville.

 



Paru en Avril 2009
Série : RG
Dessinateur : Peeters F
Scénariste : Dragon P
Genre : Roman Graphique
Éditeur : GALLIMARD
Collection : BAYOU
Public conseillé : Ados-Adultes
EAN : 9782070625758
Prix public : 33,00 € 



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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 03:42

http://goudouly.over-blog.com/article-pinocchio-54065184.html

 

 

Pinocchio

(Winshluss)




Images : © LES REQUINS MARTEAUX / Winshluss



  

 




 

 

 

Pré-publié en partie dans la revue Ferraille Illustré de 2003 à 2005 et interrompu par Winshluss pour se consacrer avec Marjane Satrapi à la réalisation du film d'animation Persepolis (primé au festival de Cannes et au César et nominé au Oscar), Pinocchio narre les (més)aventures de la célèbre marionnette, revues et corrigées par ce bon petit diable de Winshluss.
La trame y est globalement la même que dans le célèbre roman de Collodi, cependant l'intrigue y est largement modernisée : On retrouve ici un Pinocchio bien loin du gentil petit garçon de Walt Disney ! Le pantin de bois devient là un simple androïde conçu par un ingénieur en mal de reconnaissance.
Tandis que le grillon qui parle (ici un cafard) connaît un sort plus enviable que celui du roman originel, puisqu'il s'agit d'un SDF qui trouve à squatter bien confortablement dans la boite crânienne du petit robot en question.

Winshluss maltraite les codes de la bande dessinée populaire et les références cinématographiques avec virtuosité. Des clichés les plus éculés il invente des formes narratives des plus modernes. Mais toute la force du travail de l'auteur réside dans son traitement graphique. Outre un dessin très expressif, Winshluss fait preuve ici d'une maîtrise insolente du récit muet. Car ce Pinocchio ne contient quasiment aucun dialogue ni texte off. Avec Pinocchio, Winshluss s'ébat joyeusement dans l'univers des enfants pour le plaisir des plus grands un peu comme si Bruno Bettelheim avait écrit pour Tex Avery !


 

Ce livre imposant prouve que Winshluss est sans conteste l'un des auteurs de bande dessinée les plus virtuoses et passionnants de sa génération. Et même s'il est resté bien discret jusqu'à présent sous son pseudonyme de dessinateur de bande dessinée, nul doute que ce livre va enfin le révéler au plus large des publics !
 

 

 

Paru en Décembre 2008
Série : Pinocchio (Winshluss)
Dessinateur : Winshluss
Scénariste : Winshluss
Genre : Roman Graphique
Éditeur : LES REQUINS MARTEAUX
Public conseillé : Ados-Adultes
Album broché en couleur
EAN : 9782849610671

Prix public : 30,00 €

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