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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 03:48

Par Aurélien BERNIER

 

Dans un point de vue publié par le quotidien économique « La Tribune » le 17 avril sous le titre « Renoncer à la PAC: une faute politique »1, M. Michel Barnier, actuel ministre de l'agriculture et de la pêche, se lance dans un grand plaidoyer pour le maintien des aides directes accordées par l'Union européenne au secteur agricole. Et prend le parti de ne pas lésiner sur l'argumentation.


Ainsi, « la suppression des aides [...] banalise l'activité agricole en niant sa dimension de bien public, c'est-à-dire sa capacité à créer ou à détruire notre environnement. Elle met à mal nos entreprises agro-alimentaires qui valorisent 70 % de notre production agricole et sont le deuxième employeur de main-d'oeuvre ».

Ou bien encore, « l'alimentation ne peut être laissée à la seule spéculation financière, au moins-disant sanitaire et environnemental ou aux simples lois du marché ».


Pourtant ― et nous pouvons le regretter ― notre homme n'a pas brusquement pris conscience de l'impasse dans laquelle nous mène un néo-libéralisme qu'il s'est toujours appliqué à promouvoir. Cet exercice obligé de défense de la Politique Agricole Commune (PAC) s'apparente bien plus à un numéro d'équilibriste, qui utilise les contre-vérités et ne craint pas les incohérences.


Première contre-vérité : la PAC permet de favoriser une agriculture respectueuse de l'environnement et du tissus social. Car, d'après le ministre, « il est urgent de renforcer les soutiens aux systèmes de production durables ». S'il n'est pas question de nier qu'avec un budget de 50 milliards d'euros par an, la PAC pourrait servir à cela, force est de constater qu'il n'est est rien. Cette somme bénéficie toujours outrageusement aux agriculteurs les plus productivistes, taxés seulement à hauteur de 3% pour financer le deuxième pilier du développement rural. Quant à l'éco-conditionnalité2 introduite en 2003 avec les Accords de Luxembourg, elle consiste quasi-exclusivement à subordonner le versement des aides au respect d'une réglementation assez dérisoire. En d'autres termes, les politiques agricoles de l'Union européenne portent une lourde responsabilité dans la destruction de l'environnement, et il semble que cette situation soit amenée à durer.


Deuxième contre-vérité : la PAC permettrait d'éviter la dépendance alimentaire de l'Europe vis-à-vis du monde. Argument éculé, mais toujours pratique, l'indépendance sert décidément à tout justifier, du maintien des subventions à l'acceptation des organismes génétiquement modifiés (OGM)... Il s'agit pourtant d'un monumental attrape-nigaud. Dès les débuts du GATT3, en 1962, l'accord de Dillon a fixé les bases du commerce de produits agricoles entre les Etats-Unis et l'Union européenne. Il intervient dans la foulée du Plan Marshall, qui prévoit que les Etats-Unis viendront en aide aux pays européens… à condition de pouvoir y écouler leurs surplus agricoles. Or, les Etats-Unis ont fortement développé leur production de soja pendant la guerre. L'Europe s'engage donc à produire des céréales et à importer le soja américain. Un second accord est négocié fin 1992 à Blair House4, qui plafonne à un peu plus de cinq millions d'hectares les cultures européennes de colza, tournesol, soja et autres graines oléoprotéagineuses. Ce faisant, l'Europe s'interdit de produire plus de 30% de sa consommation en oléoprotéagineux, qui constitue la matière première de l'alimentation du bétail. Elle se place en situation de totale dépendance vis-à-vis du continent américain, qui pèse à lui seul 80% de la production mondiale. Et jamais la PAC n'a eu pour ambition de changer cet état de fait, bien au contraire.


Soyons clairs. S'ils souhaitent vraiment oeuvrer en faveur de l'autonomie alimentaire du continent et du développement durable, les ministres européens en ont les moyens. Ils peuvent dénoncer les accords de Blair House et utiliser l'argent de la PAC pour amorcer la désintensification de l'élevage, la conversion aux cultures protéagineuses et la réduction de l'empreinte écologique de la production. Ils peuvent réclamer une taxe aux frontières pour éviter, comme le souligne M. le ministre, que « les exportations des puissances agricoles [du Sud] entrent sur le marché européen, sans entraves » et ne créent une concurrence profondément faussée, qui ne tient compte ni des conditions environnementales ni des conditions sociales de production. Les Etats membres pourraient sortir du néo-libéralisme, mais ils ne le veulent évidemment pas. Dès lors, il ne reste plus d'autre choix à M. Barnier que de défendre les subventions publiques pour éviter que les agriculteurs ne mettent le pays à feu et à sang. Et pour que l'industrie agro-alimentaire française continue à fonctionner.


Cette schizophrénie apparente d'un ministre très libéral pose une question bien plus globale. Pourquoi ce qui serait valable pour l'agriculture ne le serait-il pas pour l'industrie ou les services ? Pourquoi les salariés devraient-ils se faire licencier au nom de la concurrence internationale alors que les fonds publics sont utilisés pour maintenir la production agricole artificiellement viable ? Reprenons les termes exacts de M. Barnier, et remplaçons simplement le mot « agriculture ». « L'industrie ne peut être laissée à la seule spéculation financière, au moins-disant sanitaire et environnemental ou aux simples lois du marché ». Voilà une phrase qui a tout autant de sens que l'originale.


Face à un marché qui montre en permanence sa totale incapacité à réguler l'économie, les Etats doivent tirer les conséquences du libre-échange. La sortie de l'OMC est devenue incontournable, tout comme l'introduction de nouvelles barrières douanières basées sur des critères socio-environnementaux, une relocalisation de la production agricole et industrielle, de même qu'un strict conditionnement des aides publiques. Il s'agit ni plus ni moins de remettre l'économie et la finance sous contrôle démocratique. Y renoncer serait, pour le coup, la plus grande faute politique jamais commise.

 

2L'écoconditionnalité consiste à subordonner le paiement d'aides publiques au respect de normes environnementales.

3Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, signé le 30 octobre 1947 pour harmoniser les politiques douanières des parties signataires. Cet accord multilatéral de libre-échange entra en vigueur en janvier 1948 et aboutira en 1994 à la création de l'Organisation Mondial du Commerce.

4Blair House est la maison où résident les invités présidentiels de la Maison Blanche lorsqu'ils doivent séjourner à Washington, D.C., la capitale des Etats-Unis.

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Published by Aurélien Bernier - dans -*- pesticides
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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 04:00


 Femmes enceintes et pesticides : 
attention, danger !


Femmes enceintes exposées aux pesticides = Perturbation ultérieure du développement des fonctions reproductrices chez les garçons qu'elles portent, selon une nouvelle étude danoise.



Perturbation du développement des fonctions reproductrices chez les garçons dont les mères sont exposées aux pesticides pendant la grossesse.
http://www.ehponline.org/members/2008/10790/10790.pdf

Une nouvelle étude danoise montre que les garçons dont les mères travaillent dans des serres où on utilise des pesticides pendant leur grossesse ont un développement des fonctions reproductrices perturbé

Cette étude, conduite par le professeur Andersen (Institut de Santé Publique, University of Southern Denmark) et ses collègues, a étudié le développement des fonctions reproductrices des garçons de plus de 110 paires mères/fils, selon que les mères avaient travaillé ou non dans des serres pendant leur grossesse. A l’âge de trois mois ont été mesurés la position et le volume des testicules, la longueur du pénis, la position de l’urètre ainsi que la concentration sérique des hormones sexuelles.

Résultats :

La prévalence du cryptorchidisme (testicules non descendus) était plus importante chez les garçons des mères exposées aux pesticides dans les serres que chez les garçons des mères non exposées. De plus, les garçons dont les mamans avaient été exposées dans les
serres montraient une longueur du pénis inférieure à ceux dont les mères n’avaient pas été exposées. Le volume testiculaire et la concentration sérique en testostérone étaient inférieurs chez ces mêmes garçons.

Pour les auteurs, ces résultats suggèrent un effet négatif de l’usage professionnel des pesticides par les mères pendant la grossesse sur le développement des fonctions de reproduction chez leurs garçons, malgré les précautions d'utilisation prises.

Voir l'étude complète à l'adresse :
http://www.ehponline.org/members/2008/10790/10790.pdf

Le MDRGF appelle le gouvernement à prendre en compte ces résultats pour accélérer la mise en ouvre du plan de réduction de l'usage des pesticides et également pour exclure dans les meilleurs délais les pesticides perturbateurs endocriniens, souvent mis en accusation par les scientifiques pour de tels effets.
http://www.ehponline.org/


Plan pesticides « ECOPYTHO 2018 » : le MDRGF réagit.
http://www.mdrgf.org

Entre bonnes nouvelles et fausses avancées, le plan Ecophyto 2018 se met en place laborieusement. Le MDRGF trouve positif un certain nombre de points mais regrette dans le même temps le manque de cohérence globale du gouvernement sur ce dossier Pesticides.

Retrait des substances les plus préoccupantes. Si le MDRGF se félicite de l’annonce du retrait du marché de 30 substances actives pesticides, nous voulons néanmoins apporter quelques précisions et nuancer les propos :

- sur ces 30 substances actives, 20 ont déjà été retirées de l’Annexe I de la Directive européenne 91/414, ce qui veut dire qu’elle ont ou vont très bientôt être interdites au niveau européen. Cela limite la portée de la mesure de retrait française.

- Le MDRGF regrette que pour 3 de ces substances (carbendazime, molinate, dinocap) une prolongation d’utilisation ait été maintenue jusqu’au 31/12/2009. C’est un an de plus pendant lequel ces substances très dangereuses vont être utilisées et répandues dans notre environnement.

Réduction de 50% des usages de pesticides. Sur l’avancement des travaux du plan de réduction de l’utilisation des pesticides, le MDRGF se réjouit que le Président du Comité Opérationnel du plan Ecophyto 2018 (COMOP), M. Paillotin, ait clairement annoncé que, pour évaluer la réduction de l’usage des pesticides, un indicateur prenant en compte les masses divisées par la dose standard d’emploi a été retenu par le COMOP comme l’indicateur de référence, complété par d’autres indicateurs complémentaires. Un simple indicateur basé sur les seules masses employées introduirait en effet un biais en faisant passer une baisse des poids des nouvelles formulations comme une baisse des usages. Le MDRGF appelle le Ministre de l’Agriculture à retenir cette proposition de M. Paillotin, car elle permettra de disposer d’un indicateur simple et fiable qui mesurera
réellement la baisse de la dépendance de nos systèmes de production aux pesticides, indépendamment de l’apparition de nouveaux produits plus micro-dosés.

« Nous vivons une situation paradoxale. Suite au Grenelle de l’environnement, le gouvernement annonce le retrait d’une première série de molécules dangereuses du marché et autorise dans le même temps l’insecticide Cruiser très dangereux pour les abeilles. Cette décision absurde trouble l’opinion publique qui ne comprend pas la cohérence de cette autorisation précipitée alors que par ailleurs des réductions de l’usage des pesticides sont à l’étude. » déclare F. Veillerette, Président du MDRGF et représentant de l’Alliance pour la planète. « Dans son propre intérêt le gouvernement serait bien inspiré de revenir sur cette autorisation qui sape la confiance du public dans le processus du Grenelle de l’environnement. » ajoute t-il.
 
http://www.mdrgf.org


Aidez les Générations Futures, adhérez au MDRGF
http://www.mdrgf.org/soutien1.html
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Published by Dominique - dans -*- pesticides
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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 03:52


LA CARTE




L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) publie une carte de France interactive donnant accès à des données sur la présence de résidus de pesticides dans l'environnement.

Avec 80.000 tonnes de pesticides par an, la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le 3e consommateur mondial derrière les Etats-Unis et le Japon. Les pesticides, produits visant à la destruction de certains organismes vivants jugés nuisibles (animaux, végétaux, micro-organismes) sont utilisés depuis de nombreuses années dans différents domaines, comme l'agriculture mais aussi la voirie pour l'entretien des infrastructures routières et ferroviaires, le traitement du bois ou bien encore divers usages privés (jardinage, traitement des locaux…). Or, l'utilisation massive de pesticides en milieu agricole et non agricole se répercute à la fois sur l'environnement (pollution des eaux, de l'air, du sol, …) et aussi sur la santé (favorisation de certains cancers, de troubles de la reproduction, de problèmes neurologiques, l'allergies, d'asthme, …).

C'est dans ce contexte et alors que le marché des pesticides a enregistré une hausse en 2005 après six années de baisse,