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Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

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La FAO encourage les États à intégrer l’agriculture biologique dans leurs priorités nationales




La FAO encourage les États à intégrer l’agriculture biologique dans leurs priorités nationales
http://www.actu-environnement.com/ae/news/fao_agriculture_biologique_2646.php4
Convaincue que l’agriculture bio pourrait satisfaire la demande alimentaire mondiale tout en réduisant les impacts sur l’environnement et la pauvreté, la FAO encourage les États à intégrer ce mode de production dans leur stratégie de développement.

Suite à la publication de son rapport Agriculture biologique et sécurité alimentaire l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) encourage les États à intégrer l’agriculture biologique dans leurs priorités nationales. Présenté à l’occasion de la Conférence internationale sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire qui s’est tenue du 3 au 5 mai à Rome, le rapport rappelle que l’agriculture biologique n’est plus un phénomène propre aux pays développés. En 2006, elle était pratiquée dans 120 pays sur un total de 31 millions d’hectares et représentait un marché de 40 milliards de dollars.
Après étude des points forts et des faiblesses de l’agriculture biologique et des caractéristiques de sa chaîne d’approvisionnement, le rapport conclu sans réserve que l’agriculture biologique est un modèle alternatif au service d’un développement durable qui a le potentiel nécessaire pour satisfaire la demande alimentaire mondiale tout comme l’agriculture conventionnelle d’aujourd’hui, mais avec un impact mineur sur l’environnement.

Les auteurs du rapport expliquent en effet que la principale caractéristique de l’agriculture biologique est qu’elle s’appuie sur des biens de production disponibles sur place et n’utilise pas de carburants fossiles. De plus, le recours à des procédés naturels améliore aussi bien le rapport coût-efficacité que la capacité des écosystèmes agricoles à survivre au stress climatique.
Par ailleurs, en gérant la biodiversité dans le temps avec la rotation des cultures et dans l’espace en travaillant sur l’association de cultures, les agriculteurs bio utilisent la main-d'œuvre et les services environnementaux pour intensifier la production de manière durable. Au final les coûts environnementaux externes de l’agriculture biologique sont nettement inférieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle. D’autre part, ce mode d’agriculture peut même dans certains cas lutter contre la dégradation naturelle de certains milieux.
Autre avantage, l’agriculture biologique rompt le cercle vicieux de l’endettement pour l’achat d’intrants agricoles, endettement qui entraîne un taux alarmant de suicides dans le monde rural. Selon le rapport, la production accrue de nourriture dans les pays en voie de développement par la conversion des systèmes de subsistance à l’agriculture biologique est plus qu'une proposition sérieuse. Le défi n'est ni agronomique ni économique mais sociopolitique.

Cependant, le rapport reconnaît que certaines conditions doivent être réunies lorsqu’on se convertit à l’agriculture biologique. Il s’agit principalement de la connaissance agroécologique et de la disponibilité de la main-d'œuvre.
Toutefois, Nadia El-Hage Scialabba, experte à la FAO et auteur du rapport, estime que l’exigence d’une main-d'œuvre en nombre suffisant et les gains qui en découlent offrent, là où cette ressource est la plus abondante, des opportunités d’emplois tout en sauvegardant les moyens d’existence des ruraux.

C’est pourquoi, la FAO invite les gouvernements à allouer des ressources à l’agriculture biologique et à intégrer ses objectifs et ses actions dans leurs stratégies nationales de développement agricole et de réduction de la pauvreté. La contribution de l'agriculture biologique à la création d'emplois et à l'accessibilité de la nourriture en milieu rural en fait un bon candidat pour être intégré au cœur des plans de développement.
Le rapport estime que l'intervention publique est nécessaire pour préserver un cadre d’action juste alors que le secteur se développe, afin de protéger les petits producteurs dans les économies nationales et de renforcer la position des opérateurs des pays en voie de développement sur les marchés internationaux.

La FAO insiste également sur les nécessaires investissements pour développer les ressources humaines et la formation dans ce secteur. La FAO propose par exemple que l'option de l’agriculture biologique devienne un thème à part entière de l'éducation agricole et environnementale dans les programmes éducatifs des écoles concernées.

L’organisation des nations unies recommande également d'adopter un ensemble d'outils internationaux comme des normes de production, des procédures de certification et des conditions d'accréditation afin de limiter les entraves au commerce international. Ces outils internationaux devraient être assez flexibles pour permettre d’adapter les modes de production aux contextes locaux, tout en assurant des flux commerciaux équitables.

Enfin, la FAO encourage les investissements en recherche et développement. Elle rappelle qu’au cours des 50 dernières années, la recherche agricole s'est concentrée sur les méthodes et les approches conventionnelles. La part de la recherche dans l'agriculture biologique est proche de zéro dans la plupart des pays et n'excède pas 1% des budgets totaux de recherches dans les pays développés.

F.LABY


Agriculture et environnement : l'opportunité d'une action mondiale

Les enjeux cruciaux sont la conservation de la biodiversité, l'atténuation du changement climatique et le développement des bioénergies...

Au cours des 50 dernières années, l'homme a modifié l'environnement plus rapidement qu'à n'importe quelle autre période comparable de l'histoire de l'humanité, essentiellement pour satisfaire la demande de nourriture, d'eau fraîche, de bois d'oeuvre, de fibres et de combustible. Aujourd'hui, environ 60 pour cent des services écosystémiques évalués dans L'Évaluation des écosystèmes pour le Millénaire sont dégradés ou exploités de manière non viable, et la dégradation pourrait empirer considérablement pendant la première moitié de ce siècle. Il est clair, dit un rapport de la FAO « qu'il n'y a plus d'autre choix que de produire davantage avec moins. La viabilité environnementale dans l'agriculture n'est plus un choix, mais un impératif."

Selon le rapport, l'agriculture a un rôle central à jouer dans la gestion de l'environnement:"C'est dans l'agriculture que résident une grande partie des problèmes et des solutions. Les politiques agricoles doivent tenir compte de nouveaux paramètres, notamment la réaffectation massive des terres agricoles, le remplacement des cultures alimentaires actuelles par des cultures énergétiques, et la contribution potentielle de l'agriculture au développement économique mondial".

La FAO identifie trois facteurs cruciaux dans le secteur agricole: la conservation de la diversité biologique, l'atténuation des changements climatiques, et les bioénergies, et leur rôle essentiel dans les économies agricoles. Il préconise une connaissance plus fine de la manière dont les systèmes de production alimentaire existants peuvent s'adapter à la demande nouvelle de biocarburants, en faisant front à l'évolution du climat et à la réduction de la biodiversité, et en contribuant à l'atténuation de la faim et à l'utilisation durable des ressources naturelles.

 

 1  Biodiversité
 

L'agrobiodiversité utilisée dans la production vivrière est au coeur de notre système de subsistance. L'intensification de l'agriculture et la destruction croissante de la diversité biologique et des habitats ont poussé des espèces sauvages à l'extinction, accéléré la disparition de services environnementaux productifs et réduit les ressources génétiques agricoles essentielles pour la sécurité alimentaire future.


"Le changement climatique devrait entraîner des modifications de la biodiversité à tous les niveaux, des écosystèmes aux espèces et aux gènes"
Le changement climatique devrait entraîner des modifications de la biodiversité à tous les niveaux, des écosystèmes aux espèces et aux gènes.

Vu l'accroissement escompté de la population mondiale de 50 pour cent d'ici 2050, la biodiversité doit être gérée afin de promouvoir une intensification durable de la productivité agricole, tout en conservant un volume adéquat de biodiversité naturelle et cultivée. L'agriculture sera de plus en plus appelée à fournir des services écosystémiques, comme la fixation du carbone, et à produire les matières premières nécessaires aux biocombustibles, en utilisant de plus en plus de terres, souvent en concurrence avec la production vivrière. "Il est encore difficile de dire comment ce genre de défi sera surmonté par les écosystèmes et les populations affectés, mais il est clair que des recherches doivent être menées, et que des mesures de planification agricole devront être prises pour atténuer les impacts physiques et socioéconomiques néfastes," indique le rapport de la FAO.

 

 2  Changement climatique
 

Si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas, la température de la planète augmentera vraisemblablement de 2 à 3°C au cours des 50 prochaines années, portant à des changements de climat qui auront des répercussions sur la production vivrière, la santé et l'environnement. Les pratiques agricoles - telles que le déboisement, les parcs d'engraissement du bétail et les engrais - représentent actuellement 25 pour cent environ des émissions de gaz à effet de serre. Parallèlement, la fréquence croissante des tempêtes, des sécheresses et des inondations causées par le changement climatique menace la viabilité des agroécosystèmes.


"Les pratiques agricoles - telles que le déboisement, les parcs d'engraissement du bétail et les engrais - représentent actuellement 25 pour cent environ des émissions de gaz à effet de serre"
Les changements des campagnes agricoles et le raccourcissement des cycles biologiques de l'ensemble des organismes entraîneront l'apparition de nouveaux ravageurs et maladies, tandis qu'un accroissement général des schémas et de la variabilité des risques se répercutera sur les revenus et la sécurité alimentaire.

Selon la FAO, l'agriculture "peut constituer une partie de la solution en contribuant à l'atténuation des changements climatiques, par la conservation, la fixation et la substitution du carbone, et en créant des systèmes agricoles en mesure d'amortir les épisodes climatiques extrêmes". Mais il convient d'accorder plus d'attention à l'adaptation aux changements climatiques, en particulier dans les pays en développement. La recherche de mécanismes d'adaptation peut fournir aux agriculteurs, aux pasteurs et aux forestiers des connaissances, y compris des données et outils agro-météorologiques, pour suivre les conditions de croissance et les conditions après récolte, un zonage agro-climatique pour la modélisation des impacts et l'évaluation de la vulnérabilité, et la gestion de la biodiversité pour renforcer la résilience aux transformations et aux stress de l'environnement.

 

 3  Bioénergie
 

Les projections indiquent que les bioénergies produites à partir de la biomasse pourraient satisfaire jusqu'à 25 pour cent de la demande énergétique mondiale d'ici 2050. En tant que sources d'énergie à faible émission de carbone, la plupart des systèmes bioénergétiques peuvent contribuer à l'atténuation des changements climatiques en remplaçant les combustibles fossiles et en favorisant le piégeage du carbone dans les plantations bioénergétiques.

L'agriculture et la foresterie étant les principales sources de biomasse, le marché croissant des matières premières de la bioénergie pourrait contribuer de façon appréciable à l'augmentation des revenus agricoles. Plus de 200 essences de végétaux pourraient servir à la production bioénergétique, et certaines plantes pourraient aider à remettre en état les terres dégradées et marginales. Toutefois, met en garde la FAO,


"Le développement des bioénergies suscite des préoccupations pour la sécurité alimentaire, car les terres et autres ressources productives sont détournées de la production vivrière"
le développement des bioénergies suscite des préoccupations pour la sécurité alimentaire, car les terres et autres ressources productives sont détournées de la production vivrière. En outre, l'intensification des opérations de biocarburants pourrait avoir des impacts négatifs sur l'eau et le sol, les habitats naturels et la biodiversité.

Il est urgent d'évaluer la viabilité de certains systèmes bioénergétiques, en fonction des besoins et des dotations en ressources des pays, des politiques en vigueur et des scénarios plausibles concernant les variables économiques, environnementales et politiques. " Les politiques bioénergétiques ne peuvent être correctement gérées hors du cadre politique et réglementaire global de l'agriculture," dit le rapport. "Il faudra pour cela une planification cohérente et à long terme de la transition, tenant compte de la complexité d'une gestion évolutive dans une économie mondiale de marché".

"Compromis difficiles". L'agriculture est amenée à jouer des rôles divers dans lesquels des compromis difficiles, mais d'une importance considérable, devront être trouvés: .Tout en garantissant la sécurité alimentaire d'une population mondiale et en offrant une source de moyens d'existence à des milliards de personnes, plus particulièrement des pauvres, elle doit aussi être prestataire de services écosystémiques à l'ensemble du milieu naturel, servir de puits de carbone, et satisfaire la demande future de biocombustibles et de bioplastiques.


"Les changements majeurs apportés aux objectifs mondiaux de production agricole impliqueront des arbitrages complexes qu'il est difficile d'évaluer en termes d'impact..."
"Les changements majeurs apportés aux objectifs mondiaux de production agricole impliqueront des arbitrages complexes qu'il est difficile d'évaluer en termes d'impact écologique global, d'effets sur la sécurité alimentaire, de prix des denrées et de la main-d'oeuvre agricole, des termes de l'échange entre les pays et les régions, d'accès à la terre pour les pauvres et d'égalité sociale."

Il est temps d'agir à l'échelle mondiale, afin d'anticiper les changements dont l'avenir sera probablement porteur, et commencer à modifier les pratiques de production. Pour plus d'efficacité, la planification devra envisager les grands ajustements à apporter à l'agriculture dans le but de produire les matières premières nécessaires à l'élaboration de biocombustibles et de bioplastiques, et en évaluer toutes les répercussions au niveau planétaire, y compris les risques phytosanitaires, et les nouvelles formes d'utilisation des ressources génétiques et des intrants agricoles. Il est donc proposé d'élaborer une stratégie à moyen terme qui aborderait les questions environnementales du point de vue du secteur agricole, avec le double objectif d'accroître la productivité tout en contribuant à la conservation et à la bonne gestion de l'environnement mondial.

Ce cadre stratégique porterait sur les grands enjeux écologiques, notamment la biodiversité, les bioénergies et les changements climatiques, influant sur la sécurité alimentaire, et soumettrait à la communauté internationale différentes solutions pour des approches écologiquement et économiquement rationnelles et des ajustements politiques et réglementaires.

Publié en avril 2007
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