La gigantesque défaite culturelle et politique que nous venons de subir au printemps 2007 doit fermer la parenthèse des impasses théoriques et pratiques de l’altermondialisme et de l’antilibéralisme dans la période précédente allant du 29 mai 2005 au printemps 2007. Tout repli sur des appareils ou fraction d’appareils n’est plus à la hauteur des enjeux. Il n’y a pas une organisation ou fraction d’organisation qui ne doit pas se remettre en cause si elle souhaite participer à la nécessaire résistance contre le turbocapitalisme, dernière phase connue du capitalisme. Tout appareil ou fraction d’appareil qui aurait pour objectif principal la guerre civile interne à son organisation ou le myope affrontement de telle organisation contre une autre organisation amie deviendra de fait « hors sol ». Il y a donc beaucoup de militants « hors sol » car ils ne sont pas encore sortis des anciens schémas qui ont fracassé les 31,3% du non de gauche au TCE au grand profit de la nouvelle droite bonapartiste coulé dans le moule de l’alliance du néolibéralisme avec le communautarisme et l’intégrisme financier et de ses pseudos opposants soit démocrates-chrétiens soit sociaux libéraux.
Il faut donc une nouvelle stratégie pour reprendre le combat de l’émancipation humaine.
Garder nos idées demande une nouvelle stratégie. Garder l’ancienne stratégie qui a échoué nous entraînera à abandonner nos idées dans une pitoyable concurrence des dogmes stratégiques largement véhiculés dans l’altermondialisme et l’antilibéralisme.
J’invite donc les camarades à redéfinir leur stratégie autour de trois axes :
- -1) se reposer la question de l’analyse du monde qui nous entoure pour la dégager des fausses bonnes idées largement répandues dans l’altermondialisme et l’antilibéralisme et qui ont abouti au gaspillage du rassemblement du non de gauche le 29 mai 2005. Pour cela, multiplions les réunions publiques ou non pour sortir de la confusion idéologique. Ces réunions publiques ou non doivent être de vrais lieux de débat et non pas des paroisses ambulantes pour ressasser les dogmes stratégiques qui nous ont fait échouer.
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- -2) considérer que notre adversaire central est, en France, le bonapartisme néolibéral (et non le copain ou la copine d’à coté qui ne pense pas comme vous !), et en Europe et dans le monde, le néolibéralisme communautariste. Il est donc central d’arrêter le montage des événements militants qui ne sont pas organisés pour vaincre notre adversaire central. Seuls des événements militants organisés par des stratégies à fronts larges ont une chance de contribuer à créer le rapport des forces nécessaire. Arrêtez de « cuire dans votre jus » et ouvrez vous au rassemblement le plus large contre notre adversaire central !C’est sans doute plus difficile mais refaire ce qui a échoué n’a plus aucun intérêt.
Alors, il n’y a plus à hésiter ! Arrêter de construire des réunions publiques sans suite simplement pour faire plaisir à Pierre, Paul ou Jacques : le militantisme ne doit pas se résumer à la mythomanie compassionnelle. - Le militantisme doit s’enraciner d’abord dans les couches populaires et les catégories qui souffrent de l’abandon du principe de la nécessaire solidarité de la naissance à la mort. Tout le reste n’est que bavardage au sein du ghetto des couches moyennes supérieures radicalisées qui « cuisent dans leur jus ». Vous n’avez pas les idées claires sur ce point, alors organisons tous ensemble des réunions publiques ou non sur ces thèmes. Refuser de les organiser car cela diviserait est une mascarade qui nous suffisamment couté ! Et pourtant des événements militants prochains ont suspendus ces débats au nom du consensus totalitaire. Dommage ! Nous devons concentrer nos actions dans les stratégies à fronts larges et axer les réunions publiques ou non sur ces stratégies. Il y a pourtant du travail sur la planche et du choix : Convergence services publics, Etats généraux de la santé et de l’assurance-maladie (EGSAM), Bureau laïque international(BLI),éducation populaire sur la construction européenne.
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- -3) sans refondation idéologique épousant les intérêts des couches populaires et des catégories mises en difficulté par le turbocapitalisme, il n’y a pas d’avenir. Arrêtons de crier « Avenir,avenir,avenir » si on ne refonde pas la pensée et surtout la stratégie! Arrêtons de crier « à bas le néolibéralisme » si on ne construit pas la théorie et la pratique pour sa défaite ! Arrêtons de crier « vive l’altermondialisme » si c’est pour vivre la mascarade du dernier FSM ,sponsorisé par une multinationale du téléphone,avec des droits d’entrée interdisant, sauf le dernier jour, l’entrée aux travailleurs kenyans,et principalement animé par les organisations caritatives religieuses. Mais arrivé à ce raisonnement, nous devons comprendre que cela nous demandera de revenir sur l’idée de nation, de laïcité, de république, de liberté, d’égalité, de solidarité,de fraternité, de démocratie,de souveraineté populaire, de droit à la sûreté(article 2 de la déclaration du 26 août 1789),du développement durable, que certains altermondialistes et antilibéraux croyaient obsolètes ! Ce sont ces principes et concepts qui sont opérants dans les couches populaires et les catégories qui souffrent. Pas les autres !!! Notre rôle est donc de les actualiser pour les réinsérer dans la bataille laïque et sociale.
Voilà la ligne stratégique à débattre et ensuite à appliquer.
A bientôt si vous le voulez bien !
bernard.teper@ufal.org