Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
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ANNEXES
Toussaint Louverture
François-Dominique Toussaint Louverture, né en 1743, affranchi en 1176, mort en captivité en 1803 au Fort de Joux, à La Cluse-et-Mijoux (Doubs). Il est le plus grand dirigeant de la Révolution haïtienne, devenu par la suite gouverneur de Saint-Domingue (le nom d'Haïti à l'époque), il fut tour à tour général de l’Espagne puis de la France, résistant aux français, aux espagnols, aux anglais puis encore aux français. Partout où il passait il confirmait l’émancipation des esclaves.
Robespierre
Maximilien Marie Isidore de Robespierre, né en 1758 à Arras mort guillotiné le 28 juillet 1794 à Paris place de la Concorde. C’était un avocat et un homme politique. Principale figure des Montagnards sous la Convention, il incarna la tendance démocratique de la Révolution française. Il demeure également l’un des personnages les plus controversés de cette période, surnommé l’Incorruptible par ses partisans, la chandelle d’Arras par Rivarol, l'un de ses adversaires, et qualifié de tyran ou de dictateur sanguinaire par ses ennemis pendant la Terreur et après Thermidor.
Il est encore de nos jours présenté dans les manuels scolaires d’une manière négative bien qu’il ait été une figure emblématique de la révolution française. La bourgeoisie dans son ensemble a besoin de faire valoir Danton au détriment de Robespierre, alors que ces deux personnages et d’autres, se sont nourris les uns des autres durant les 5 années qui vont de 1789 à 1794 et où Robespierre à fait valoir son âme profondément démocratique, roturière et anti-aristocratique. Robespierre ne reconnut aucun pouvoir ne détenant pas son mandat de la nation.
Cf son discours sur la liberté de la presse dans lequel il conseille de désobéir aux lois lorsque la presse est muselée. (http://www.archipelrouge.fr/spip.php?article75) .
Considéré par certains comme le premier environnementaliste
Son essai majeur désobéissance civile a été publié en 1849.
A travers cet essai Thoreau (http://www.forget-me.net/Thoreau/) défend les comportements individualistes et pose les fondements du libéralisme: « de grand cœur, j’accepte la devise : « Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins » et j’aimerais la voir suivie de manière plus rapide et plus systématique. Poussée à fond, elle se ramène à ceci auquel je crois également : « que le gouvernement le meilleur est celui qui ne gouverne pas du tout » et lorsque les hommes y seront préparés, ce sera le genre de gouvernement qu’ils auront. »
La non-intervention de l’état, la main invisible du marché est ici affirmée bien des années en amont.
· Gandhi n'utilisait l'agitation non violente que contre des gens avec qui il partageait certains principes moraux, c'est-à-dire les hindous et les britanniques libéraux. Envers les musulmans, il ne procédait pas par action non violente mais par concessions et démissions, sans jamais négocier une contrepartie équitable. Il trompait ainsi les attentes de ses électeurs hindous et ne parvenait d'ailleurs qu'à rendre les musulmans plus arrogants. Incapable de tirer la leçon des effets en retour de la réalité politique, il persévéra dans ces concessions alors qu'elles ne causaient visiblement pas un rapprochement entre hindous et musulmans.
· Des facteurs, internes et externes, autres que l'action non-violente de Gandhi ont contribué à la libération de l'Inde. Parmi les facteurs externes, il faut mentionner les pressions anticoloniales exercées par les États-Unis et l'Union Soviétique sur la Grande-Bretagne.
· voir : Imago Mundi : http://www.cosmovisions.com/ChronoInde.htm)
Le concept de non violence (ahimsa) et résistance non violente a une longue histoire dans la pensée religieuse indienne et a eu de nombreuses occurrences dans des contextes hindouistes, bouddhistes, jaïnistes et judéo-chrétiens. Gandhi explique cette philosophie et ce mode de vie dans son autobiographie
« Quelle différence cela fait-il aux morts, aux orphelins et aux sans-abris, que la destruction aveugle ait été amenée au nom du totalitarisme ou au nom sacré de la liberté et de la démocratie ? »
« Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer. »
Lettre de Gandhi à Hitler, dans laquelle il le conjure de ne pas déclencher la guerre et d'atteindre ses objectifs par la non-violence, 23 juillet 1939.
En appliquant ces principes, Gandhi n'hésita pas à les emmener aux extrêmes de sa logique. En 1940, quand l'invasion des îles britanniques par l'Allemagne nazie semblait imminente, Gandhi donna l'avis suivant au peuple anglais
« J'aimerais que vous déposiez les armes que vous possédez comme étant inutiles pour vous sauver, vous ou l'humanité. Vous inviterez Herr Hitler et Signor Mussolini à prendre ce qu'ils veulent des pays que vous appelez vos possessions... Si ces gentlemen choisissent d'occuper vos foyers, vous les leur laisserez. S'ils ne vous laissent pas partir, vous vous laisserez massacrer, hommes, femmes et enfants, mais vous refuserez de leur prêter allégeance. »
Néanmoins, Gandhi se rendait compte que ce niveau de non violence requérait une foi et un courage incroyable que peu de monde possédait. Il conseillait donc qu'il n'était pas nécessaire que tous restent non-violents, surtout si la non violence était utilisée pour cacher la lâcheté:
« Je crois que s'il y a seulement le choix entre la violence et la lâcheté, je conseille la violence. »
Martin Luther King
Le révérend Martin Luther King Jr, né à Atlanta (USA) en 1929 et mort assassiné le 4 avril 1968 à Memphis. Il était pasteur baptiste et militant non violent afro-américain pour les droits civiques, un activiste politique. Il est considéré comme l'un des plus grands orateurs américains. Il est surtout connu pour son discours « I have a dream » (J'ai un rêve), prononcé le 28 août 1963 devant le Lincoln Memorial à Washington durant la marche pour l'emploi et la liberté. En 1964 il devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix pour sa lutte non-violente contre la ségrégation et pour la paix. Martin Luther King invoquait souvent à la responsabilité personnelle pour développer la paix mondiale.
Martin Luther King est une des personnalités les plus admirée de l'histoire américaine. Comme il avait été inspiré par Gandhi, de nombreuses personnalités sur la scène internationale dont Colin Powell, José Bové et Jesse Jackson l'ont pris comme exemple pour sa lutte en faveur des droits de l'homme et sa méthode désobéissance civile au travers de la non-violence pour y parvenir. Il a influencé les mouvements des droits de l'homme en Afrique du Sud et a été cité comme inspiration par un autre prix Nobel de la paix qui a combattu pour l'égalité dans ce pays, Albert Luthuli.
Citations :
« Vous ne pouvez pas parler d'une résolution du problème économique des nègres sans parler de milliards de dollars. Vous ne pouvez pas parler de la fin des bidonvilles sans dire d'abord que les profits ne doivent plus être faits sur les bidonvilles. Vous falsifiez vraiment parce que vous avez affaire à des gens maintenant. Vous avez affaire à des capitaines d'industrie (...) Maintenant ça signifie que vous vous déplacez dans une mer agitée, parce que ça signifie qu'il y a quelque chose qui ne va pas avec... Le capitalisme... Il doit y avoir une meilleure distribution des richesses et peut être que l'Amérique doit se diriger vers un socialisme démocratique»
« Faites nous ce que vous voudrez, nous continuerons à vous aimer. »
« Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants habiteront un jour une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la teneur de leur personnalité. Je fais un rêve aujourd'hui ! »
« Nous devons être capables de nous dresser contre nos adversaires les plus acharnés et de leur dire : nous répondrons à votre capacité d'infliger des souffrances par notre capacité de supporter la souffrance. A votre force matérielle nous opposerons la force de notre âme... »
« La violence est aussi inefficace qu'immorale. Elle est inefficace parce qu'elle engendre un cycle infernal conduisant à l'anéantissement général. »
Nelson Mandela
Nelson Rolihlahla Mandela, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo (Afrique du Sud) dans l'ancien Bantoustan du Transkei. Il fut président de l'Afrique du Sud de 1994 à 1999, premier président noir en Afrique du Sud démocratique et fut l'un des dirigeants de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud. Il est avocat.
En 1952 Nelson Mandela devient l’un des 4 vice-présidents de l’ANC, il est chargé en particulier de préparer un plan permettant de travailler secrètement. Les dirigeants de l’ANC se préparent déjà à leur interdiction et donc à un travail clandestin, mais pas encore à la lutte armée.
Pendant ce temps la township de Sophiatown est rayé de la carte en 3 ans, pour se recréer ailleurs à Soweto (South West Townships)
Pour Nelson Mandela c’est la preuve que la résistance pacifique a montré ses limites, mais aussi il a prouvé son sens de l’anticipation, car dés 1953 il a affirmé : « le temps de la résistance passive est terminée, la non violence est une stratégie vaine, elle ne renversera jamais une minorité »
Après multiples péripéties judiciaires ou autres il finira en prison en 1963 jusqu’en 1982 puis en « régime de faveur » de 1982 à 1990 qui serviront de négociations pour abolir l’apartheid et accéder au pouvoir.
Citations :
« Notre politique était fondée sur la non-violence, mais l’attitude du gouvernement s’est durcie, il a promulgué une législation draconienne et envoyé l’armée dans les townships. Il est devenu évident qu’avec un tel gouvernement refusant toutes les discussions, nous n’avions aucunes autres alternatives que de recourir à la lutte armée. Nous agissions avec le sabotage de structures importantes, de pilonnes électriques mais toujours avec la précaution de ne pas créer de victimes. Cette forme d’action était dictée par les actes de l’oppresseur lui-même. L’histoire nous a montrée que si l’oppresseur utilise la négociation, la discussion, la persuasion, alors l’opprimé n’a jamais recourt à la violence. Dans l’histoire, ce n’est que lorsque les gouvernements ont refusés de négocier et ont eu recourt à la force que les peuples opprimés de la plupart des pays du monde ont pris les armes. C’est ainsi que nous avons agit. »
«Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé.»
«Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité.»
«Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès.»
«Nous ne sommes pas encore libres, nous avons seulement atteint la liberté d'être libres.»
«Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit.»
«Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.»
«En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d'en faire autant.»
Suivant différentes sources et acteurs on peut finalement fournir les critères suivants :
1 C’est un acte personnel et responsable
2 C’est un acte désintéressé
3 C’est une action juridique
4 C’est une action de résistance collective
5 C’est une action organisée
6 C’est une action ciblée
7 C’est une action publique
8 C’est une action non-violente
9 C’est une action risquée
10 C’est une action ultime
Interview "acte du colloque de ICAD sur la désobéissance"
La désobéissance est-elle innée?
Jean-Charles Nayebi: Non dans le sens biologique du terme. L’enfant naît avec le potentiel de développer son psychisme mais en attendant de pouvoir interpréter le monde par lui-même il se sert de l’espace psychique maternel. Ce premier temps d’attente se transforme en l’établissement de l’ordre de la pensée maternelle. Dans un second temps, l’enfant, avancé dans sa maturation psycho-affective désobéit à l’ordre maternel pour aller s’aventurer lui-même le monde et là, on assiste à une désobéissance créatrice d’une intelligence individualisée..
En quoi est-elle nécessaire?
Jean-Charles Nayebi: Elle est d’abord nécessaire pour pouvoir penser et pour s’individualiser. Sur le plan social elle est nécessaire comme un contre-pouvoir à l’image des révolutions ou des principales religions monothéistes: Moïse, Jésus et Mahomet étaient des contestataires; ils désobéirent à l’ordre établi pour créer une organisation nouvelle de la société qui perdure jusqu’à notre époque. Mais les sociétés primitives, n’en déplaise aux pseudo-éthnologues culturalistes blasés de la société moderne, la désobéissance est sévèrement punie; l’ordre établi est identique à celui des ancêtres; ainsi vous voyez que la désobéissance est absolument nécessaire pour progresser dans la mesure où les sociétés les plus évoluées connaissent plus de mouvements de désobéissance intellectuelle et sociale.
Quelles en sont les limites?
Jean-Charles Nayebi: Il est très difficile de définir des limites bien précises de la désobéissance car il est difficile de définir les limites du progrès humain. C’est quelque chose qui est constamment en mouvement. Plus l’homme pousse ses limites plus il lui faut pousser les limites de sa pensée donc de sa capacité à désobéir; mais nous pouvons donner des limites partielles à la désobéissance comme celles de l’éthique. Toute désobéissance mettant en péril la liberté franchit les limites de l’acceptable. Les limites de la désobéissance sont atteintes où le risque introduit par cette désobéissance n’est plus individuel.
Quelles en sont les dangers?
Jean-Charles Nayebi: La désobéissance est d’essence bi-potentiel. Elle n’est, en soi, ni positive ni négative. Elle le devient une fois agi; à l’épreuve du réel si les conséquences sont positives nous l’interpréterons comme une initiative originale mais si elles sont négatives nous l’interpréterons comme un manquement au devoir et comme une non observance de la hiérarchie en place. Ainsi, une désobéissance est interprétée comme dangereuse si l’autorité et la cohérence du groupe où sévit le désobéissant a souffert dans son intégrité ou dans sa sécurité.
Sources: psychologie.fr®
Le manifeste des désobéissants
Bonjour à tous,
Nous sommes un certain nombre à penser que la situation inquiétante de notre planète nous impose de retrouver le chemin de formes d’action et de lutte plus efficaces et plus radicales. Nous croyons que la réalité des rapports de force que nous subissons en matière de nucléaire civil et militaire, de protection de l'environnement contre les pratiques de certaines multinationales, de mondialisation de l’injustice sociale, etc. exigent de renouer avec une culture de la désobéissance civile/civique, de l'action directe non violente, du refus radical et ludique.
Conscients des limites liées aux modes traditionnels de mobilisation (pétitions, manifestations...), qui ne nous valent que de trop rares victoires, et n'attirent plus guère les nouvelles générations de militants, nous avons décidé de former un réseau informel de militants de l'action directe non violente. Parce que nous voulons nous battre pour la défense de la vie et de la justice sociale, nous avons décidé de nous organiser en un groupe de volontaires et d'activistes prêts à agir de manière directe et non violente aussi souvent que nécessaire/possible.
Nous sommes des faucheurs d'OGM, des démonteurs de panneaux publicitaires, des clowns activistes, des dégonfleurs de 4x4 de ville, des inspecteurs citoyens de sites nucléaires, des intermittents du spectacle, des activistes écologistes, des hébergeurs de sans papiers, etc. Nous pensons que nos luttes et nos méthodes relèvent d'une dynamique alter mondialiste plus indispensable que jamais, et que c'est ensemble, et dans l'action directe non violente, que nous rendrons possible la transformation radicale de notre société, et de ce fait notre survie à tous dans un monde redevenu vivable.
Dans un premier temps, nous avons décidé de nous former à l’action directe non violente, et aussi de faire émerger parmi nous des formateurs d’activistes, afin de démultiplier les formations et d’élargir ainsi nos rangs, tout en diffusant la culture de l’action directe non violente. Des stages se tiennent régulièrement, auxquels vous pouvez participer en vous inscrivant auprès de nous. Vous pouvez y participer quelle que soit votre expérience du militantisme ou de l’action directe non violente. Ces stages sont aussi l’occasion de discuter la préparation d’actions concrètes.
En espérant vous compter nombreux parmi nous,
Xavier Renou
Pour le collectif initiateur du Manifeste des Désobéissants
De la résistance populaire à la désobéissance civique
(le Monde Diplomatique d’avril 2006)
Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944
Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940- 1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.
Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.
Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :
Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 :
Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques » , droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.
Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».
Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.
Sources diverses :