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Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

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un front social est nécessaire



Rappel des faits : Septembre 2008, le crash étasunien entraîne une grave crise bancaire et financière. Elle se transforme petit à petit en une crise économique majeure entraînant à son tour le début d’une crise sociale de grande ampleur. Édifié sur des contradictions majeures avec la réalité du monde, le système capitaliste dans sa globalité, c’est à dire son schéma civilisationnel, est en train de rompre : chômage galopant, perte de pouvoir d’achat, augmentation de la précarité des conditions de vie, attaques permanentes des droits, etc.

Les dirigeants et les penseurs engagent ou proposent des "plans de relance" de type keynésiens, dont la seule finalité est de restaurer la production, la consommation, et d’assurer les profits à une culture toute entière dévouée au productivisme et l’accumulation. La droite propose des aides sans contreparties aux spéculateurs et aux banquiers. Même le PS ne propose dans les faits que près de 20 milliards d’euros dans la partie relance sociale (une fois décomptés les remboursements anticipés des entreprises). Montant ridicule tant la dette contractée par le système est un gouffre. La plupart des autres partis de la gauche sont soit absents de toute proposition, soit en dehors de la réalité matérielle. Le capitalisme a trop bien formé les « esprits éclairés » : ils n’arrivent pas à penser autrement qu’en termes capitalistes. De fait, la plupart se placent dans une simple surenchère par rapport au projet social-démocrate du PS sans mettre en avant la rupture complète et la conception d’une alternative de société pour simplement mieux vivre.

La FED détruit la dette des USA en même temps que le système monétaire

Et les relances keynésiennes ont quelques doux rêves de pouvoir remettre le système à flot (ce qui revient à replacer les populations dans un système capitaliste…), car si questionner leur réelle efficacité était tabou, leur échec est désormais incontournable car aucun de ces penseurs keynésiens n’a anticipé le tourbillon étasunien que voici : Nous savons que la dette étasunienne est comblée par des achats, en provenance du sud-est asiatique, des Bons du Trésor étasunien (la dette à long terme des États-Unis). Or, ces derniers temps, il semble que les acheteurs chinois et japonais aient commencé à se questionner et à poser des conditions à l’achat, voire à la conservation de leurs créances. Pour preuve, la demande de l’état chinois faite ces jours derniers aux américains pour que ceux-ci veillent à ce que ces Bons du Trésor aient toujours de la valeur.
La riposte étasunienne ne s’est pas fait attendre : le mercredi 18 Mars 2009, la Federal Reserve Bank, la banque centrale étasunienne, a procédé à l’élargissement de ses prérogatives en se dotant de la capacité (inouïe !) de racheter sa propre dette en émettant des dollars ! Elle a annoncé son intention immédiate de racheter pour 300 milliards de dollars de dette (le budget total de la dette atteignant désormais le chiffre impressionnant de presque 2000 milliards de dollars).

Ce n’est, ni plus ni moins, que le fonctionnement de la planche à billets qui va permettre aux USA de racheter leur dette… à ceux qui voudront bien recevoir encore des dollars ! Déjà, en 1971, le président Nixon avait mis fin à la parité du « dollar-or ». Mais ce que les USA viennent de proclamer c’est que le dollar n’a plus aucune parité avec rien : le prennent ceux qui « croient » encore à sa valeur. La FED rachète sa propre de dette publique par des fonds publics eux-même endettés. Autrement dit : la dette étasunienne est rachetée par des billets… qui ne valent que le papier et l’encre.
Bien évidemment, la direction étasunienne prend cette décision car elle estime que là se trouve son seul espoir de sauver le capitalisme et les profits étasuniens. Tout système qui n’a plus de contre pouvoir va au bout de lui même et les USA ne font pas exception à la règle : Il s’agit d’une fuite en avant pour tenter de se maintenir à la tête du Monde. Mais cette décision, prise moins de 6 mois après le crash de septembre 2008, va entraîner une réaction en chaîne qui va commencer par une perte de valeur du dollar, monnaie ne valant plus rien du tout puisqu’elle sera imprimée à la demande.
Mais qui peut croire que la direction étasunienne pourra ad vitam racheter sa dette par du papier ? Comment le système monétaire pourra t-il s’en sortir sans dévaluer massivement l’ensemble des avoirs par un nouvel écroulement boursier ou par une hyperinflation, ou par les deux à la fois ?
L’ère industrielle, entamée il y a deux cents ans, va prendre fin. Elle s’achève car le paradigme qui la porte, « l’économisme », se fonde sur une névrose de la production et de l’accumulation sans fin dans un monde vivant fini. Cet effondrement marque l’échec de l’économisme, pensée autiste qui rapporte tout à sa propre finalité, oubliant que l’économie n’est qu’un outil au service d’un projet politique, c’est à dire d’une culture et de valeurs de vie, d’un rapport individuel à soi, à autrui et au monde vivant. Le capitalisme était voué à l’échec car son paradigme est une névrose. Nous ne sommes pas devant une crise, mais bien devant une mutation. Et les derniers soubresauts du capitalisme dans sa forme actuelle vont produire des conditions de vie très dures pour les populations : la dévaluation et l’hyperinflation entrainant des pertes d’emploi, la diminution drastique de pouvoir d’achats, la hausse des loyers et des soins de santé, la précarisation des conditions de vies…

Du constat à l’action de sauvegarde et la construction politique

Face à l’échec annoncé des keynésiens, au « sauve qui peut capitalistique » et devant les difficultés matérielles à venir, il est nécessaire de proposer le plus rapidement possible un front social de protection du peuple. Car si le rôle du mouvement social n’est effectivement pas dans le champ politique, l’action sociale fait partie du développement politique.
Par ailleurs, tant qu’ils se couperont du mouvement social, les acteurs de la gauche anti-libérale abandonneront leurs responsabilités historiques et laisseront béant un espace de construction que les peuples doivent investir avec les forces organisationnelles conscientes de l’enjeu. Le but n’est plus de « réparer », il est désormais double : sauvegarder les individus et construire un projet alternatif.
L’intersyndicale qui a mené les journées du 29 janvier et du 19 mars pourrait former l’embryon d’un front social de protection du peuple. Certains diront que cela n’en prend pas le chemin car des syndicats tergiversent depuis vendredi dernier. Il faut donc porter cette proposition au sein même de l’intersyndicale afin d’en élargir la portée à tous les acteurs, du mouvement social et du champ politique, qui réaliseront que l’enjeu n’est plus de sauver le système, mais d’en préparer un autre.
Bien sûr, les actions du LKP en Guadeloupe, du « 5 février » en Martinique, du COSPAR à la Réunion, ne sont pas transposables en l’état. Il faut noter qu’en métropole les deux premiers rassemblements, le 29 janvier et le 19 mars, ont été organisés par l’intersyndicale qui a fait un bon travail de rassemblement. Mais le point primordial dans les mobilisations des DOM est l’adoption d’une stratégie globalisante à front large : revendications immédiates en terme de pouvoir d’achat, de logement, de services publics, de santé et de protection sociale ; et ces revendications sont allées de paire avec une réorganisation collective dans le but de palier aux défaillances du système.

La préparation d’un projet de société alternatif

Marcher sur ses deux jambes consiste donc à porter cette exigence d’un front social suivant deux axes : primo, préparer les éléments qui vont permettre la sauvegarde immédiate des populations basée sur des revendications touchant tous les compartiments de la vie (pouvoir d’achat, logement, santé, etc.) ; secondo, organiser la campagne d’éducation populaire dans le but d’œuvrer, non plus à la sauvegarde autiste d’un système caduque, mais à la construction citoyenne d’un réel projet alternatif de société. Cette auto-organisation de défense du peuple dans un front social large doit être un lieu de débat novateur pour concevoir les solutions alternatives dans l’intérêt des populations et non dans l’intérêt de ceux qui, y compris à gauche, rêvent encore du schéma productiviste, industrieux et accumulateur de valeurs marchandes au prix des existences humaines ; que ce schéma soit étatisé ou individualisé, le paradigme de référence reste le même. Car devant le silence actuel des forces politiques sur le terrain d’une réelle société alternative, il faudra bien un lieu pour soutenir les peuples, mais également les préparer à construire une société de demain plus juste et agréable à vivre.
En effet, ne doutons pas que, depuis les cartons des tenants du capitalisme, sortira au moment opportun, une solution « séduisante » pour imposer et de pérenniser le système actuel par la force, l’autoritarisme, le sécuritaire et la culture liberticide directement sur les rails de la culture et des valeurs de vie de l’ère industrielle (cf. Edito Respublica n°611). Ce jour là, la passivité et l’attentisme actuel des dirigeants politiques et sociaux, dans leur incapacité à préparer un projet alternatif, sera la signature de leur échec : Ce que l’histoire retiendra d’eux ! Car ce jour là, ou le projet alternatif de société sera prêt pour être mis en avant, ou un capitalisme étatisé, autoritaire et liberticide aura le champ libre pour s’imposer de nouveau.

Quelque soit les pilotes de la dérive de cette civilisation productiviste que nous vivons, l’intérêt de chaque individu est bafoué par ceux là même qui ont construit ce château de cartes et l’entretiennent depuis 200 ans. Il nous appartient donc de nous prendre en charge et d’être des forces de propositions, de sortir de l’économisme pour changer notre paradigme et construire à partir d’un nouveau avec tous ceux qui n’ont pour intérêt que le bien être des individus et des populations. Ce complet changement de paradigme, la tradition de la gauche du XXIème siècle doit l’assumer, marquer sa fracture avec l’ancienne et embrasser dans sa globalité la rupture de civilisation et porter le projet qui sera à construire au delà de la mutation que nous vivons. Cette époque est à nous, tel est notre rôle. À nous, individus et citoyens, d’édifier cet avenir.

Évariste

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D
Je suis bien d'accord qu'un nouveau système économique reste à inventer, qui remettra l'Homme en premier et non l'accuùilation de richesses périssables et superflues, mais quel système ? Quelle organisation ? Et que diront les pays qui luttent aujourd'hui pour obtenir les seuls biens de première nécessité ? Ceux qui sont dans une logique de survie accepteront-ils que les règles du jeu changent en cours de partie ?
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