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Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

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Durban II, le message et le messager






























Durban II, le message et le messager

Contre Info


La conférence dite Durban II offre une nouvelle occasion de constater le fossé existant entre l’occident et le reste de la communauté internationale et de s’interroger sur la solidité des conceptions sur lesquelles il bâtit le magistère moral auquel il prétend et sur lequel se fonde sa prétention à dire le droit et gouverner les affaires du monde.

Vu d’ici, le scandale provoqué par les déclarations du président iranien est à priori tel qu’il dispense même la plupart des journalistes de faire état des paroles prononcées. L’affaire est entendue, Ahmadinejad est un anti sémite revendiqué, qui a appelé par le passé à la destruction d’Israël, et les phrases prononcées du haut de la tribune de l’ONU ne sont autres que d’inadmissibles appels à la haine.

Voici, selon le verbatim de l’ONU, la déclaration qui a provoqué le départ de l’assemblée des représentants de l’Union Européenne :

« Following World War Two they resorted to military aggressions to make an entire nation homeless under the pretext of Jewish suffering. And they sent migrants from Europe, the United States and other parts of the world in order to establish a totally racist government in the occupied Palestine. And in fact, in compensation for the dire consequences of racism in Europe, they helped bring to power the most cruel and repressive racist regime in Palestine. »

Résumés sur le fond, que disent ces mots que les représentants occidentaux n’ont pu entendre - au sens propre ? Que le monde arabe a expié les crimes racistes de l’Europe, et que l’Etat d’Israël pratique fondamentalement une discrimination raciale.

Le poids de la culpabilité qui règne en Europe, les liens nombreux avec l’Etat d’Israël, sa solidarité de destin revendiquée dès l’origine avec l’occident, les passions extrêmes qui entourent ce conflit, ne laissent que bien peu de place à une compréhension plus large et moins partisane de sa réalité.

Pourtant, ce message, au delà de la rhétorique provocatrice qu’affectionne tant le président iranien, reflète malheureusement une vérité historique difficilement contestable.

Pour les historiens du futur, ce fait ne soulèvera sans doute guère de débats : la création d’Israël est la dernière entreprise de colonisation lancée depuis l’occident, au moment même où l’Organisation des Nations Unies faisait du droit des peuples à disposer d’eux mêmes l’un de ses fondements.

Entendons nous. Faire ce constat n’implique aucun jugement de valeur, ni aucune remise en cause. Cette réalité s’est désormais inscrite dans les faits, et l’Etat d’Israël - dans ses frontières de 1967 - est aujourd’hui reconnu comme un fait intangible par l’ensemble des Etats de la région, tout comme par les dirigeants palestiniens, qu’ils appartiennent à l’Autorité Palestinienne ou au Hamas.

Cette nature d’entreprise de colonie de peuplement, consubstantielle à la création d’Israël, allait d’évidence s’accompagner par une politique favorisant les nouveaux arrivants au détriment de la population arabe de la Palestine mandataire.

Dès l’origine, donc, Israël se devait de limiter les droits accordés aux palestiniens, c’est à dire, si les mots ont un sens, de pratiquer une politique de discrimination, sauf à remettre en cause la possibilité même de son existence.

Ces pratiques se poursuivent aujourd’hui encore, et non seulement les palestiniens des territoires occupés mais également les arabes israéliens en subissent les conséquences, par exemple au plan des droits civiques et de l’accession à la propriété, et des consciences aussi peu discutables que Jimmy Carter et Desmond Tutu ont utilisé le terme d’apartheid pour les décrire.

Le mot de racisme choisi par Ahmadinejad est à dessein infamant, et l’on peut comprendre l’émotion qu’il a provoqué. Les faits, pourtant, pourraient donner largement matière à s’interroger sur cette qualification.

Il y a d’évidence un destin tragique dans les circonstances de la création d’Israël. Tragique du génocide - nul besoin d’insister - mais aussi tragique d’un Etat basé sur une appartenance religieuse identifiée à une ethnicité, voulu comme un refuge absolu contre le racisme, et dont sa nature même ne laissait d’autre choix que de pratiquer une discrimination pour assurer sa survie, en contradiction avec ses valeurs fondatrices.

Cette contradiction fondamentale, toujours pas résolue, rarement soulignée, et de plus en plus dangereuse au fur et à mesure que se modifie l’équilibre démographique des peuples entre Jourdain et Méditerranée, est pourtant centrale pour le futur de l’Etat d’Israël. Ses dirigeants en ont pleinement conscience, tout en ne parvenant pas à choisir entre la conservation des terres conquises - donc le péril démographique - et la solution des deux Etats qui sécuriserait enfin Israël.

Vue depuis l’occident cette réalité est reconnue - parfois - mais le plus souvent minorée. Il s’agit là d’affaires de famille, en quelque sorte, qui ne sont que rarement évoquées, tant est forte, disons le encore une fois, la culpabilité. Mais c’est là justement ce qui fait toute la force - pour nous incompréhensible - du discours d’Ahmadinejad.

Car la bienveillance née de cette culpabilité n’est aucunement partagée au delà de l’occident. Pour le reste du monde, ce conflit israélo-palestinien n’est que la dernière occurrence d’une histoire ancienne et fort connue : l’exercice du droit du plus fort, imposé par les armes et financé en partie par les fonds venus de l’ouest, contre un peuple privé de sa terre et soumis à l’arbitraire.

En nous contentant de stigmatiser Ahmadinejad en toute bonne conscience, ce que nous ne comprenons pas, ce que nous ne percevons pas, c’est l’existence de ce fossé entre deux visions du monde. Ce qui pour nous relève de la défense de valeurs morales est largement perçu comme une nouvelle instance du deux-poids deux-mesures, dans lequel nous avons excellé depuis que l’occident s’est lancé à la conquête du globe.

Que la décence et la diplomatie, habituellement requises dans les enceintes internationales, aient pu être mises à mal, ne devrait pas pour autant nous dispenser d’entendre ce message, quel qu’en soit le messager : la relation de l’occident au monde est lue, illustrée et comprise en grande partie à travers le conflit israélo-palestinien, et non, nous n’y sommes pas à notre avantage.

Extrait du discours de Mahmoud Ahmadinejad à Genève

 






La Conférence de l'ONU sur le racisme adopte son document final

Centre d'actualités de l'ONU

La Conférence d'examen de Durban sur le racisme et l'intolérance a adopté mardi, par acclamation, son document final au deuxième jour de ses travaux à Genève, a annoncé la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay.

 

« Le document final a été adopté par les Etats par consensus », s'est félicitée Navi Pillay, en référence au fait qu'un vote n'avait pas été nécessaire. C'est l'aboutissement de longues délibérations, a-t-elle dit lors d'une conférence de presse donnée à Genève.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est déclaré « encouragé » par cette adoption, dans un message transmis par sa porte-parole.

« C'est la bonne réponse à la désinformation répandue pendant sa préparation », a dit Mme Pillay reprenant des propos du représentant de la Suisse, avant de lancer un appel à lire le document lui-même.

 

Le texte controversé a été l'objet de longues discussion préalables à la conférence qui s'est ouverte lundi et qui doit durer jusqu'au 24 avril.

 

L'Allemagne, l'Australie, le Canada, les Etats-Unis, l'Italie, Israël, les Pays-Bas, la Pologne et la Nouvelle-Zélande ont décidé de ne pas participer à la conférence en raison de leur désaccord sur le contenu du projet de déclaration finale et sur la crainte que la conférence ne serve de plateforme à des déclarations antisémites, et leur approbation au document final n'a donc pas été enregistrée mardi.

 

A l'ouverture de la conférence, les déclarations véhémentes du président iranien Mahmoud Ahmadinejad contre Israël ont causé le départ de plusieurs délégués de pays occidentaux présent dans la salle et suscité la réprobation du Secrétaire général Ban Ki-moon et de la Haut Commissaire.

 

Les Etats-Unis avaient réprouvé le texte notamment parce qu'il continue de faire référence au document final de la première Conférence qui s'était tenue à Durban (Afrique du Sud) en 2001. Les pays occidentaux avaient aussi critiqué l'introduction par les pays membres du groupe des Etats islamiques de la notion de « diffamation des religion » - qui avait pour effet de qualifier d'acte « raciste » la simple critique d'un des fondements d'une religion.

 

« Le texte final ne contient plus cette notion », a souligné Navi Pillay mardi lors de sa conférence de presse.

Le texte ne contient plus non plus de référence à la situation au Moyen-Orient comme illustration d'un phénomène raciste, non plus que « l'occupation étrangère » comme cause du racisme, aux côtés de « la pauvreté, le sous-développement, la marginalisation, l'exclusion sociale et les disparités sociales ».

 

Le document final réaffirme que « tous les peuples et individus constituent une seule famille humaine ». Il « condamne les législations, politiques et pratiques fondées sur le racisme » et réaffirme que « toute dissémination d'idées fondées sur la supériorité raciale ou la haine, la provocation à la haine raciale ainsi que tous actes de violence et de provocation à ces actes soient reconnus comme des délits punissables par la loi ».

 

Il affirme que « la démocratie et une gouvernance transparente et responsable et participative » est essentielle pour lutter contre le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie.

 

Le texte déplore « la croissance mondiale du nombre d'incidents racistes ou d'intolérance et de violence religieuse, y compris d'islamophobie, d'antisémitisme, de christianophobie, et d'anti-arabisme manifesté notamment dans les stéréotypes insultants et la stigmatisation des personnes fondés sur leur religion ou leurs croyances ».

 

Enfin, le texte exprime sa préoccupation face « à la persistance des discriminations contre les femmes et les filles sur la base de la race ». Il souligne aussi « dans le contexte des discriminations multiples, la nécessité de traiter toutes les formes de violence contre les femmes et les enfants comme un délit punissable par la loi ».

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