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Peut-on affirmer que la burqa fait obstacle à « l'affirmation de la féminité » ? A supposer que la « féminité » existe et qu’elle soit définissable, toute femme a le droit de la refuser, tout homme peut la revendiquer, cette affirmation peut s'exprimer sous une forme qui n'a pas à être proscrite sauf si elle est contraire aux droits d’autrui, et encore moins prescrite car alors on serait dans une législation de normalisation. Et d'autre part, il n'y a pas plus affirmatif d'une féminité essentielle qu'un taliban ! Il n’y a pas de signalisation plus visible de la féminité qu’une burqa
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Sur ce point, on songera à l’exemple de la Belgique où nombre de municipalités ont pris un règlement de police interdisant la dissimulation du visage sauf pendant le temps du carnaval : ainsi niqab et burqa n’y sont licites que comme déguisements festifs pour un temps déterminé !
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C dans l’air, émission d’Yves Calvi sur la 5, vendredi 19 juin 2009.
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Il faut noter que, outre la multiplicité, la visibilité publique caractérise l’efficacité de la burqa et du niqab. Il s’agit d’affichages. Aussi l’argument des bonnes âmes (« si on les interdit, ces femmes resteront recluses chez elles »), outre qu’il consiste à maintenir une oppression au prétexte d’en éviter une autre, me semble impertinent : burqa et niqab sont des « démonstrations », des affirmations de présence. Du reste ces mêmes bonnes âmes seraient bien inspirées, plutôt que de brandir une séquestration possible, de s’inquiéter des brimades et séquestrations réelles subies par celles qui refusent de se voiler.
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On m’objectera que cet atome constitutif est lui aussi indifférencié : les citoyens ne sont-ils pas tous égaux aux yeux de la loi ? Mais cette indifférenciation porte sur les droits, et laisse chaque singularité se déployer comme telle. On peut même soutenir que l’indifférenciation des droits a pour fin et pour effet le déploiement de ces singularités : c’est le concept de classe paradoxale que j’ai emprunté à Jean-Claude Milner (Les Noms indistincts, Seuil 1987 2e éd. Verdier , 2008) pour l’appliquer à la philosophie politique. Par ailleurs l’égalité des droits suppose des substrats individuels insécables et intrinsèquement distincts par leur identité personnelle qui ne peut être confondue avec nulle autre - qu’on songe tout simplement à l’exercice du suffrage.