Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
/http%3A%2F%2Fwww.eyrolles.com%2FScan%2F9782911939679.gif)
de John Berger
Editeur : Indigène
"La prison est à présent aussi vaste que la planète. Les zones qui lui sont allouées sont variables. Et peuvent être appelées chantiers, camps de réfugiés, galeries marchandes, périphéries urbaines, ghettos, immeubles de bureaux, bidonvilles, banlieues. Ce qui est essentiel, c'est que ceux qui sont incarcérés dans ces zones sont des camarades prisonniers."
John Berger nous propose un point de repère pour penser le monde : "A travers la planète, nous vivons dans une prison." Cette démonstration où il démêle avec acuité les flux d'informations dont on nous abreuve, ou plutôt qui nous noient, est bien plus qu'un texte brillant. Elle nous mène à l'essentiel : des pistes de résistance pour recouvrer une liberté que les gouvernements, complices du capitalisme financier, tentent de nous subtiliser dans le dénuement de leur pensées sans horizon.
| |
par John Berger - aux Éditions de l’Olivier
Né à Londres en 1926, John Berger vit en Haute-Savoie depuis les années 1970. Scénariste (Il a travaillé avec Alain Tanner), peintre, il a publié en 1967 "un métier idéal", un reportage, augmenté de photographies de Jean Mohr, sur la vie d’un médecin de campagne en Angleterre. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains vivants.
John Berger a fait scandale lorsqu’il a partagé le "Booker Prize" pour son roman "G" avec les Black Panthers. Aujourd’hui il publie "De A à X" aux Éditions de l’Olivier.
Xavier est incarcéré dans la cellule n° 73 de la prison de Suse, où il purge une peine de détention à vie pour terrorisme. Aida est l’amante de Xavier. Elle est libre. Elle lui écrit. De A à X est l’ensemble de ces lettres, "miraculeusement" retrouvées par John Berger, et dont certaines n’ont jamais été envoyées.
Un roman par lettres, donc. Quel genre de roman ? L’amour y est présent à chaque phrase, mais on ne peut dire qu’il en soit le sujet. On pense à un manuel de résistance ou à un traité de guérilla urbaine. Ou à un recueil d’exercices spirituels.
Avec ce livre, John Berger donne la réplique à son époque. Il le fait à sa manière : précise et elliptique. Précise, parce qu’écrire est un travail qui s’apparente à la soudure, à la réparation d’objets cassés ou au fait de recoudre une plaie par balle. Elliptique, parce que comprenne qui voudra.
Dès lors, peu importe que cette histoire se déroule à Mexico, à Ramallah, à Kaboul ou ailleurs. Partout où des hommes, des femmes - et même des enfants - résistent à l’oppression, la voix fraternelle de John Berger les accompagne, comme une chanson de marche pour traverser la nuit.