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Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

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Hommes et troupeaux

Hommes et troupeaux
L ’estive revisitée dans la montagne ariègeoise



Spécialisation et professionnalisation des éleveurs ont renouvelé le pastoralisme à partir des années 1970. Loin de la représentation classique de montagnards archaïques attachés à leurs traditions, les pratiques actuelles reflètent l’émergence d’une identité professionnelle et sociale spécifique.



Corinne Eychenne
enseigne au département de géographie-aménagement de l’Université de Toulouse-Le Mirail.
Elle a soutenu en 2003 une thèse de doctorat : «Les éleveurs et l’estive, un regard
sur l’action collective. Le cas de la «montagne» ariégeoise. »
par Corinne Eychenne




C ’est bien connu, la vie des éleveurs et de leurs troupeaux est rythmée par les saisons. En montagne sans doute davantage encore. Les longs mois d’hiver, au chaud des étables, ont vu venir au monde les veaux de l’année. La fonte des neiges, la douceur printanière, font reverdir les vallées, et les bêtes retrouvent les pâtures avec une joie parfois exubérante, d’autant plus que le printemps est pour la plupart d’entre elles la saison des amours. Pourtant, rien de comparable avec l’excitation qui précède et accompagne la montée en estive, aux mois de mai et juin. Comme s’il s’agissait d’une villégiature, éleveurs, bergers et troupeaux attendent désormais impatiemment le départ, rendu palpable par la pose des cloches au cou d’animaux soigneusement choisis.
Chacun d’entre nous a de la transhumance une image bucolique et parfois nostalgique. Cette mise à l’écart temporaire de l’univers quotidien des hommes et des troupeaux, dans l’espace démesuré et grandiose de la haute montagne, en apparence si proche de l’état sauvage, est à l’origine d’une symbolique pastorale très forte et largement partagée. Les diverses fêtes de la trans-humance qui s’organisent depuis quelques an-nées sur l’ensemble des massifs français donnent à voir cette patrimonialisation de la transhumance.
Elles sont aussi parfois l’occasion d’une réelle rencontre entre les pastoralistes (éleveurs ou pâtres) et ceux qui, urbains ou ruraux, cherchent, fugitivement, à renouer avec les formes contemporaines de cette pratique héritée du passé.


Réduire au maximum les interventions sur les animaux et les laisser autant que possible libres d’utiliser l’espace à leur guise
Corinne Eychenne ©
  • Editeur : L'Harmattan (1 Fév 2006)
  • ISBN: 2296003249
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