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Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

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Un salaud est mort

UN salaud est mort, en parler encore est aussi l'honorer.

Malgré cela son parcours de vie est encore à étudier et les protections dont il a bénéficié restent obscures.

Ce serviteur de l'état avait plusieurs visages. Lequel était le vrai? C'est le propre des polymorphes.

Quoiqu'il en soit il renvoie à une période que nous ne pouvons pas oublier et a des comportements difficiles.


Voici les principales dates de la carrière administrative et politique de Maurice Papon mort à 96 ans.

3 septembre 1910 : naissance à Gretz-Armainvilliers, en Seine-et-Marne. Maurice Papon est le fils d’un notable, proche de l’esprit radical socialiste de l’époque. Après des études secondaires comme interne au lycée Montaigne à Bordeaux, il entre à Henri IV à Paris. L’élève Papon s’inscrit alors à la Ligue d’action républicaine et socialiste, au côté du jeune Pierre Mendès-France.

 

février 1931: attaché au cabinet du ministre de l'Air, le radical-socialiste Jean-Louis Dumesnil

 

1935 : il entame sa carrière administrative à 20 ans comme rédacteur au ministère de l'Intérieur.

 

- janvier 1936: chef du cabinet du directeur adjoint des affaires départementales et communales. Son chef est Maurice Sabatier

- juin 1936: attaché au cabinet de François de Tessan, sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil (gouvernement Léon Blum)
- juillet 1937: même fonction auprès de M. de Tessan, devenu sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères (gouvernement Camille Chautemps)
- mars 1938: attaché parlementaire de M. de Tessan

 

1940 : il adopte les idées de la «Révolution nationale» du maréchal Pétain. Attaché de plusieurs cabinets ministériels, il devient sous-préfet un an plus tard.

 - novembre 1940: rapatrié de Syrie, il est nommé par Vichy sous-chef de bureau à l'administration centrale (du ministère de l'Intérieur)
- février 1941: nommé sous-préfet 1ère classe
- mars 1941: directeur du cabinet de Maurice Sabatier, secrétaire général pour l'administration (ministère de l'Intérieur)

1942 : nommé secrétaire général de la préfecture de la Gironde par Pierre Laval, à Bordeaux, en zone occupée. Bras droit du préfet ( M.Sabatier), il prend la tête du Service des questions juives, chargés de recenser les juifs de la région, de les arrêter et d’organiser leur déportation vers le camp de Drancy.

 

Bien que mis en cause à la Libération par des résistants (août 1944), il devient directeur de cabinet du commissaire de la République (haut fonctionnaire mis en place à la Libération en remplacement des préfets de Vichy) à Bordeaux, après avoir présenté un certificat de résistance, dont l’authenticité a été rejetée depuis. Confirmé après-guerre dans ses fonctions par le général De Gaulle, il est nommé préfet des Landes, puis directeur de cabinet du commissaire de la République d'Aquitaine Gaston Cusin.

 

Octobre 1945 : il réintègre le ministère de l’Intérieur, où il poursuit une carrière de haut-fonctionnaire comme sous directeur de l’Algérie. Il devient alors successivement préfet de la Corse en janvier 1947 (nommé par Blum), puis de Constantine en Algérie, deux ans plus tard. Il devient ensuite secrétaire général du protectorat du Maroc (1954-55, nommé par Pierre Mendés France), inspecteur général régional des départements de l'Est algérien (1956-1958 nommé par Henri Queuille).

 

Mars 1958 : Maurice Papon est nommé préfet de police de Paris par le gouvernement Félix Gaillard. A ce poste, il réprime violemment la grande manifestation des Algériens le 17 octobre 1961, à Paris. Il est également mis en cause pour la mort de neuf personnes anti-OAS, dont huit militants communistes au métro Charonne, le 8 février 1962. Le 12 juillet 1961, le général De Gaulle lui remet les insignes de commandeur de la Légion d’Honneur.

 

Janvier 1967 : il quitte la préfecture de police de Paris et fait passage dans l'industrie comme PDG de Sud-Aviation.

 

1968 : Maurice Papon devient trésorier de l'UDR, puis du RPR. En mars 1971, il est élu député du Cher, puis de Saint-Amand-Montrond comme maire, un poste qu’il occupera jusqu’en 1983. De 1968 à 1971 il est trésorier de l'UDR

 

1972 : président de la commission des finances de l'Assemblée nationale

1973 à 1978 : rapporteur général du budget

 

1978 : il abandonne son mandat de député pour devenir ministre du Budget de Raymond Barre.

 

1981 : dépôt des premières plaintes avec constitution de partie civile, pour crimes contre l’humanité, complicité d’assassinat et abus d’autorité. Le 6 mai, Le Canard enchaîné publie entre les deux tours de l'élection présidentielle un article: «Papon, aide de camps. Quand un ministre de Giscard faisait déporter des juifs», dans lequel sont cités des documents signés de sa main, alors qu’il était ministre au Budget, tendant à prouver sa responsabilité dans la déportation de 1 690 Juifs de Bordeaux à Drancy (Seine-Saint-Denis), sous l’occupation nazie, de 1942 à 1944.

 

Janvier 1983 : Maurice Papon est inculpé de crimes contre l’humanité. Trois mois plus tard, il porte plainte pour information calomnieuse contre les familles qui le poursuivent. Il essuiera encore deux nouvelles inculpations, en octobre 1990 et en juin 1992, avant la clôture de l’instruction en juillet 1995.

 

Décembre 1995 : Maurice Papon est renvoyé en cour d’assises pour complicité de crimes contre l’humanité dans l’organisation de quatre convois de déportation. Sa responsabilité sera finalement étendue à huit convois.

 

8 octobre 1997-2 avril 1998 : son procès se solde par une condamnation à dix ans de réclusion criminelle.

 

Novembre 1999 : il est exclu de l'Ordre de la Légion d'honneur et sera condamné en 2004 à 2.500 euros d'amende pour port illégal de cette décoration.

 

Septembre 2002 : la cour d’appel de Paris ordonne la mise en liberté de Maurice Papon pour raisons médicales.

 

8 Février 2007 : à 97 ans, Maurice Papon est hospitalisé pour une «insuffisance cardiaque». Ses proches se disent inquiets.


Maurice Papon, un fonctionnaire modèle rattrapé par son passé vichyste

AP | 17.02.2007

 

 

Tour à tour serviteur du régime de Vichy et de Charles de Gaulle, ministre sous Giscard d'Estaing, Maurice Papon, qui s'est éteint à l'âge de 96 ans, avait connu un brillant parcours de haut fonctionnaire avant d'être rattrapé par son passé sous l'Occupation. Condamné en 1998 à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'Humanité, l'ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde avait passé moins de trois ans en prison.

Né le 3 septembre 1910 à Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne), Maurice Papon avait effectué à Paris un cursus universitaire des plus classiques -licence de droit, Institut des sciences politiques, certificat de psychologie et de sociologie- qui l'a conduit à des responsabilités dans la haute fonction publique.

Membre des Jeunesses radicales socialistes, il intègre le ministère de l'Intérieur en juillet 1935 en tant que chef de cabinet de Maurice Sabatier, directeur adjoint de l'Administration départementale et communale. Mobilisé en 1939 et affecté au 2ème régiment d'infanterie coloniale à Tripoli, Maurice Papon est rapatrié sanitaire en novembre 1940.

A nouveau régime, nouvelles fonctions. Après avoir réintégré le ministère de l'Intérieur à Vichy, il est nommé, en juin 1942, secrétaire général de la préfecture de la Gironde, chargé des questions juives, sous l'autorité de Maurice Sabatier.

Fonctionnaire jugé efficace et digne de confiance par l'occupant nazi, Maurice Papon se rapproche de la Résistance en novembre 1943. Il affirme avoir alors rayé "plus de 200 noms" du fichier juif tenu méticuleusement à jour par la préfecture.

La Libération donne un nouveau coup de fouet à sa carrière: en août 1944, il est promu directeur de cabinet de Gaston Cusin, commissaire de la République de Bordeaux. Préfet de Corse en 1947, puis de Constantine (Algérie) en 1949, secrétaire général du résident général au Maroc en 1954, il sera nommé Préfet de police de Paris en mars 1958, poste qu'il occupera jusqu'en janvier 1967. C'est à ce titre qu'il supervisera la sanglante répression de la manifestation organisée par le FLN (Front de libération nationale) algérien à Paris le 17 octobre 1961.

A partir de 1968, Maurice Papon, devenu président-directeur général de Sud-Aviation (l'actuelle Aérospatiale), se lance dans une carrière de politique. Il se fait élire député gaulliste du Cher à trois reprises (1968, 1973, 1978). En 1972, il devient président de la commission des finances de l'Assemblée Nationale, puis rapporteur du Budget.

La carrière politique de Maurice Papon atteint son apogée avec son entrée en 1978 au second gouvernement de Raymond Barre, en qualité de ministre du Budget. Portefeuille qu'il occupera jusqu'à l'élection de François Mitterrand en mai 1981.

Le parcours, jusque-là sans faute, de ce grand commis de l'Etat connaîtra un premier accroc avec la publication, entre les deux tours de l'élection présidentielle, d'un article du "Canard Enchaîné" qui dénonce son rôle "d'aide de camps" sous l'Occupation.

Des révélations qui mettront en branle une longue, très longue, procédure judiciaire: entre les premières plaintes contre Maurice Papon et le procès, il s'écoulera près de dix-sept ans.

Il comparaît finalement fin 1997 devant la cour d'assises de la Gironde. Mais, dès les premiers jours d'audience, Maurice Papon est remis en liberté pour raisons médicales. Ce procès sera l'un des plus longs de l'histoire judiciaire française: six mois, au terme desquels la cour d'assises condamnera, le 2 avril 1998, l'ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde à dix ans de réclusion pour "complicité de crimes contre l'Humanité" pour son rôle dans la déportation de juifs.

Mais, dans les faits, Maurice Papon restera moins de trois ans derrière les barreaux, du 22 octobre 1999 au 18 septembre 2002, date à laquelle sa peine a été suspendue pour raisons de santé. Après sa condamnation par la cour d'assises de la Gironde en avril 1998, l'octogénaire n'avait pas été immédiatement incarcéré en raison de son pourvoi en cassation.

Comme la loi le lui imposait, Maurice Papon aurait dû se constituer prisonnier la veille de l'examen de son pourvoi par la Cour de cassation en octobre 1999, mais il a préféré choisir la voie de l'exil et a donc été déchu de son pourvoi. Expulsé de Suisse, il a finalement été incarcéré le 22 octobre 1999. Et c'est seulement en juin 2004 que la Cour de cassation a examiné et rejeté le pourvoi de Maurice Papon, rendant définitive sa condamnation.

En novembre 2003, alors qu'un décret présidentiel l'avait privé de toutes ses décorations depuis quatre ans, il arbore sa Légion d'honneur dans une photographie prise lors d'une interview au magazine "Le Point". Il écopera d'une amende de 2.500 euros pour port illégal de décoration.

Depuis sa sortie de prison, il était retourné vivre dans sa maison natale de Gretz-Armainvilliers. C'est là qu'il a été victime d'un malaise cardiaque le 8 février 2007 qui a nécessité son hospitalisation dans une clinique de Seine-et-Marne pour une intervention sur son pacemaker.

Féru d'auteurs classiques, Maurice Papon, avait expliqué en octobre 1999, dans "La vérité n'intéressait personne", un ouvrage d'entretiens avec Michel Bergès, l'historien à l'origine de "l'affaire Papon", s'être converti au bouddhisme voilà plus de dix ans. AP

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