Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
Les dix "idées reçues" sur les OGM
lundi 5 mars 2007 (15h46) : sur Bellacio
1 - Etre contre les OGM c’est être contre le progrès
Le progrès ne doit pas se faire au détriment de la santé et de la sécurité des citoyens ni de l’indépendance des millions d’agriculteurs dans le monde. Dans le cas présent les producteurs d’OGM prennent, de façon irréversible, la nature pour laboratoire et les citoyens pour cobayes. Dans la nature les plantes se croisent (disséminent) et l’homme ne pourra jamais arrêter ce phénomène. Des risques potentiels ont été identifiés pour la santé et l’environnement. C’est pourquoi il faut qu’une évaluation sérieuse des risques sanitaires et environnementaux soit réalisée avant toute culture en plein champs. Ces expérimentations doivent être réalisées en milieu confiné par des laboratoires indépendants (n’ayant aucun intérêt commun avec les grands groupes semenciers) à partir de cahiers des charges précis en accord avec toutes les parties prenantes ; cela avant toute culture en plein champs ; ce n’est pas le cas aujourd’hui.
2 - Les OGM /Médicaments, comment peut on être contre quand il s’agit de sauver des milliers de vie !
Il s’agit d’une culture en plein champs ; à cause des disséminations des plantes entre elles dans la nature nous risquons de consommer demain des médicaments sans le savoir. Les essais doivent donc se faire en milieu confiné ; l’argument des médicaments est souvent utilisé pour faire oublier que les plantes OGM aujourd’hui sont à 99% soit des plantes qui tolèrent un herbicide, soit qui produisent elles même un pesticide ou encore mieux font les deux. Il ne s’agit pas d’être contre la transgénèse mais contre son développement en plein champs sans en avoir auparavant analysé les risques.
3 - Grâce aux OGM on va résorber les problèmes de faim dans le monde.
Cet argument est régulièrement employé et bien sûr touche le grand public ; comment peut on résoudre les problèmes de faim dans le monde avec des semences qui coûtent très cher dont les rendements ne sont pas supérieurs ? Les agriculteurs sont obligés de les racheter tous les ans ; auparavant ils replantaient chaque année leurs propres boutures sans que cela ne coute rien. Des milliers de paysans indiens se suicident chaque année parce qu’ils se sont endettés pour acheter des semences qui ne procurent aucun avantage supplémentaire. Le problème des pays en développement c’est de savoir transporter, stocker et conserver les aliments. Ils ont besoin de diversités dans leur alimentation et les grandes plantation comme le soja au Brésil participent largement à la déforestation et réduisent considérablement la biodiversité et l’agriculture vivrière.
4 - Les OGM si c’était mauvais cela se saurait : les américains en mangent depuis plus de 20 ans et ils n’en meurent pas.
Il n’y a pas de traçabilité sur les OGM aux Etats Unis ; ils ne sont pas étiquetés et aucune étude épidémiologique n’est réalisée. Aucun médecin ne pourra donc attribuer un diabète, une cirrhose, un cancer, une déficience immunitaire une perturbation hormonale etc… à la consommation directe ou indirecte d’OGM ; on sait que les Etats Unis ne sont, pas une référence en terme de santé : multiplication des problèmes d’obésité, d’allergies de diabète, de cancers…
5 - Le combat des OGM n’est il pas déjà dépassé ; n’est ce pas déjà trop tard ?
Non, car les consommateurs européens résistent à la consommation d’ OGM et y sont en majorité opposés ; si les consommateurs ne veulent pas d’OGM le marché ne se développera pas et les cultures non plus ; L’on peut voter tous les jours avec son caddy contre les OGM.
6 - Grâce aux OGM on utilise moins de pesticides et /ou d’herbicides.
Les quantités de pesticides et d’herbicides n’ont fait qu’augmenter dans les pays ou les OGM sont le plus développés. Les plantes et notamment le soja étant tolérantes à un herbicide « « le Round up » on peut traiter tant que l’on veut la plante ne meurt pas. Les plantes se croisent entre elles et des mauvaises herbes deviennent résistantes aux herbicides et il faut les traiter de plus en plus pour qu’elles meurent. Comme les virus deviennent résistants aux antibiotiques les plantes s’adaptent et deviennent résistante aux herbicides, il faudra donc traiter avec des produits de plus en plus forts. Dans le cas du maïs BT la plante produit elle même en continu un insecticide. Au fait que devient l’insecticide dans le corps de l’animal ou de la personne ? Cela personne ne le sait, les recherches sont pratiquement inexistantes et les résultats cachés au grand public. Pesticides et OGM même combat !
7 - Depuis tous temps l’homme fait des OGM ;
la plupart de nos matières
premières sont des hybrides. Les hybrides sont des croisements de plantes d’une même famille (cousines). Dans le cas des OGM l’on introduit dans le génome de la pante ou de l’animal un gène d’une autre espèce ; par exemple un gène animal dans une plante ou vice versa ; on libère ce nouvel organisme dans la nature sans avoie étudié les effets possibles sur d’autres espèces avec les quels ils vont se croiser. Tous ces risques sont pris dans le seul objectif d’enrichir quelques firmes dans le monde.
8 - Avec les OGM on enrichit le patrimoine génétique de l’humanité.
Ce que cherchent à faire quelques grandes firmes dans le monde, c’est la brevetabilité du vivant et l’appropriation du contrôle de toute l’économie gricole dans le monde. Les variétés de plantes appartiendront demain à quelques grands semenciers dans le monde qui les manipuleront à leur profit ; Les graines anciennes seront dans des musées et ne seront plus dans la nature. On voit déjà ce phénomène aujourd’hui avec les hybridations ; dans les pays « dits développés » nous ne trouvons plus sur les marché que quelques catégories de tomates ou de pommes alors qu’il en existe des centaines adaptables à chaque terroir.
9 - De toutes façons si l’on sépare bien les cultures OGM et non OGM chacun peut s’y retrouver
La dissémination en milieu ouvert ne peut être contrôlée ; dans la nature et les facteurs naturels sont incontrôlables ; il est donc impossible de garantir complètement l’étanchéité entre deux filières séparées OGM et non OGM.
10 – Les OGM améliorent les rendements des agriculteurs
Aucune étude sérieuse le prouve aujourd’hui ; d’ailleurs les OGM n’ont pas été créés pour cela mais pour utiliser moins de produits phytosanitaires ; ce qui est également faux puisque dans les pays très utilisateurs d’OGM les quantités de pesticides utilisées ne cessent d’augmenter.
Agriculture: les programmes des candidats à la présidentielle
Sur 7sur7
Voici les propositions sur l'agriculture des principaux candidats à l'élection présidentielle:
- François Bayrou (UDF): Défendre "des prix garantis" et un tissu agricole
dense. Défendre la diversité des exploitations, gérer les risques agricoles,
organiser les professions pour améliorer les conditions de marché et équilibrer la puissance des centrales d’achat, simplifier les labels. Simplification réglementaire, clarification de la rémunération des fonctions non-productives.
Renforcer le soutien à la production de biocarburants.
- Olivier Besancenot (LCR): Interdiction des OGM et normes drastiques d’utilisation des pesticides et engrais chimiques, de consommation d’eau.
Diversification des productions. Politique publique de développement de
l’emploi agricole, soutien à la petite paysannerie. Suppression des subventions à l’exportation.
- Marie-George Buffet (PCF): Instaurer des "prix minimums garantis" et supprimer des marges arrière de la grande distribution. Prohiber tout dumping sur les prix dans les échanges internationaux. Lutter pour le statut particulier de
l’agriculture à l’OMC. Favoriser l’accès à la terre et "résister à la spéculation".
- Jean-Marie Le Pen (FN): Création d'une caisse "chargée d’amortir la dette
paysanne, jusqu’au rétablissement de l’équilibre financier des exploitations".
Exonération en 5 ans des entreprises agricoles de toutes charges fiscales et
sociales. Création d’un Fonds d’intervention pour la campagne et d’un
Conservatoire du patrimoine viticole. Protéger notre marché contre le dumping
salarial, sanitaire et environnemental. Proposer aux autres pays européens "une grande politique agricole ambitieuse". Mettre à parité les retraites agricoles avec les autres retraites.
- Ségolène Royal (PS): Promouvoir une agriculture assurant une alimentation de qualité, respectueuse de l’environnement. Favoriser la valeur ajoutée des
produits agricoles afin d’améliorer les revenus et favoriser l’installation des
jeunes. Promouvoir la réorientation de la PAC vers les aides agro-environnementales, assurer transparence et meilleure répartition des
aides. Transférer aux régions la gestion des aides directes. Encourager la
fourniture d’énergie alternative et l’agriculture biologique. Arrêter les essais d'OGM en plein champ.
- Nicolas Sarkozy (UMP): Ouvrir le chantier de l'avenir de la PAC pour l'après 2013. Trouver "les moyens de revenir à une rémunération des agriculteurs majoritairement tirée des prix de leur production" et orienter davantage la production vers la demande. Aider "les jeunes qui le souhaitent à devenir exploitants". Encourager les circuits courts, la pluriactivité, le tourisme
vert. Favoriser la déconcentration de la grande distribution et permettre la
transparence des prix.
- Philippe de Villiers (MPF): Remettre en cause le découplage instauré par la réforme de la PAC. Rétablir la préférence communautaire. Mettre en place une politique de prix rémunérateurs qui prendra en compte les contraintes
environnementales, sociales et sanitaires. Revaloriser la retraite des agriculteurs. Indexer les retraites agricoles sur le régime général. Sortir les produits agricoles et viticoles de l’OMC. Lancer un plan pour sauver la viticulture. Appliquer le principe de précaution sur les OGM.
- Dominique Voynet (Verts): Répartition des subventions de la PAC en faveur de la "protection de la santé des consommateurs, de l’environnement et de l'emploi". Interdiction en 10 ans des pesticides et engrais chimiques. Arrêt
des subventions européennes aux exportations vers les pays qui n’ont pas les
moyens de subventionner les leurs. OGM : interdiction des cultures en plein
champ, arrêt de toutes les importations. Soutien aux circuits courts et 15% de
l'agriculture en biologique en 2012.