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Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

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Les fractures à venir



 

 

Il y a (il y avait) dans cette campagne présidentielle une odeur de fin de règne qui laisse tout le monde sur le bord de l’écran télévisuel.

Il n’y a jamais eu autant de personnes se disant prêtes à suivre les échanges des candidats, à se prétendre intéressées par la campagne en cours, il n’y a jamais autant de nouveaux inscrits, en particulier du côté des jeunes, depuis 1981, cela s’est d’ailleurs retrouvé dans les urnes avec un taux record de participation, et pourtant…

 

Et pourtant la campagne n’a aucune saveur, il nous est resservi la même sauce qu’il y a 5 ans, la question sécuritaire revient sur la scène politique un mois avant le vote, la gauche dite socialiste essaie de récupérer les atouts de la droite, la droite dure se tourne vers les thèses de l’extrême droite, et toujours la droite nous refait le coup du « ni droite, ni gauche » qui a si bien été usité depuis des millénaires, niant ainsi la dualité de toutes les civilisations depuis la naissance du monde.

 

Et pour finir le vote utile nous a été servi sur tous les tableaux, de l’extrême droite à la gauche. Nous pouvons nous poser ainsi la question de notre utilité.

 

Et pourtant il se passe quelque chose sous nos yeux que nous avons du mal à reconnaître. Des ruptures s’opèrent, des glissements se font, des positionnements se font jour.

 

A la lueur de ce qui vient d’être ébauché, il peut être affirmé qu’un resserrement se met en place autour des valeurs du libéralisme. Ce resserrement n’est possible qu’avec la complicité involontaire d’une gauche inexistante.

 

Et pourtant il se passe là un glissement non négligeable qui est en train de dessiner l’avenir politique de la France, comme nous pouvons le percevoir dans d’autres pays : une ligne de partage entre le libéralisme et l’antilibéralisme se fait jour et ce depuis le référendum sur le traité constitutionnel et les errements de mise en œuvre de l’Europe à la suite de la chute du mur de Berlin.

Cette fracture est composée d’une autre teneur plus souterraine, moins visible, mais plus profonde : le contenu productiviste ou non productiviste de notre avenir. Un débat de société long et douloureux va s’instaurer doucement, au niveau mondial, sur cette question.

 

Il en dépend certainement de notre survie.

 

Je suivais dernièrement, sur un blog parisien, un canular monté par les « Yes Men », ces personnes qui démontrent ce que le libéralisme est en train de produire comme incongruités. Ils interrogeaient le porte parole d’un candidat aux élections présidentielles sur la question écologique et en fin d’interview les « Yes Men » notaient le projet le plus fabuleux que notre société puisse produire pour faire coïncider l’outil de production dans une croissance toujours plus forte avec la préservation de la qualité de notre environnement. Les sociétés Boeing, ITT et Général Electric en lien avec le gouvernement américain, vont produire de la glace dans différentes usines à travers la planète afin de déverser cette glace sur les pôles pour protéger les calottes glacières. L’invité politique à qui il était demandé de savoir si Airbus participerait à ce type d’opération, à trouvé l’idée très bonne, et a surenchéri en pointant que le libéralisme savait toujours trouver les ressources nécessaires pour réaliser la jonction entre la production et l’environnement.

 

Nous devrions nous occuper de notre avenir.

 

Aurore

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