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Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

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Négation











Négation

 

Nous vivons une drôle d’époque disais-je dans un précédent billet.


Chacun peut dire ça de son époque et cela à dû être dit à toutes les époques ; si l’on considère que l’Epoque est la période la plus longue de l’Histoire.

 

Considérons notre d’époque récente et en particulier un des ses guides spirituel : le Pape.

 

Pas d’anticléricalisme dans ce billet, je suis bien top laïque pour m’amuser à cela.

 

J’ai le respect des croyances, dans la mesure où le prosélytisme ne s’en mêle pas. Chacun vit sa croyance ou sa non croyance dans la sphère privée et la politique ne doit pas s’en mêler, dans la mesure où des règles laïques ont été érigées pour que chacun se respecte.

 

Mais voilà, car il y a toujours un mais.

 

Je me suis longuement interrogée sur la signification qu’a voulu donner le Pape à vouloir réintégrer au sein de l’Eglise catholique romaine des évêques dissidents qui avaient été, et à mon sens à juste titre, exclus, pour la plus grande dignité de l’Eglise.

 

Pour les ignorants ces quatre évêques avaient été ordonnées par Mgr Lefebvre en 1988, évêque se réclamant de la faction le plus dure de l’Eglise, intégriste revendiqué, proche de l’extrême droite. Cette ordination avait été accomplie sans le consentement du Pape de l’époque, Jean Paul II, ce qui avait créé un schisme (un vrai bordel en bon français).

 

Ces évêques sont donc de parfaits intégristes, fascisants, et l’un d’eux, dont je préfère taire le nom pour lui donner un minimum d’importance, a, de plus, des positions négationnistes à l’égard des crimes contre l’humanité, des génocides et des atrocités commises par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Ce triste sire se permis de dire entre autres choses : « Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz ».

 

Malgré des excuses présentées par ce monstre auprès de Benoît XVI et du cardinal Hoyos sous la formule la plus expurgée possible : "…à cette énorme tempête médiatique provoquée par des propos imprudents de ma part à la télévision suédoise, je vous supplie d'accepter (...) mes sincères regrets pour vous avoir causé à vous même et au Saint-Père tant de peine et de problèmes inutiles". Il adresse également ses "sincères remerciements personnels" au cardinal Hoyos et au Pape pour la levée de son excommunication.

 

Je ne sais pas vous, mais j’ai du mal à le croire le négationniste en question.

Et ses excuses elles ne s’adressent même pas aux victimes. Juste au Pape pour la peine qu’il a pu lui causer, concernant des propos imprudents.

Imprudents ses propos.

Une véritable injure aux victimes, oui.

 

En même temps je ne comprends pas la position de l’Eglise ou plutôt de son chef spirituel.

Ou bien, je n’ose pas la comprendre.

Que l’Eglise par la voix de son chef réintègre en son sein quelques brebis égarées afin de retrouver son unité pour ouvrir à la discussion, cela peut encore s’entendre et se sont les affaires de cette Eglise, mais quand on regarde d’un peu plus prés le parcours de ce pape né Joseph Alois Ratzinger en 1927 en Allemagne, franchement je m’inquiète.

 

Je vais tenter d’être explicite même si quelques détours seront nécessaires pour bien se faire comprendre et pour que mes propos ne soient pas trahis.

 

Pendant la seconde guerre mondiale Ratzinger fut enrôlé dans les jeunesses hitlériennes. D’autres le furent aussi comme Günter Grass qui finit dans la Waffen-SS. Il faut reconnaître à ce dernier, prix Nobel de littérature, qu’il sut s’en démarquer et expliquer le contexte, dans un premier temps dans son comportement au quotidien, mais en expliquant, même si cela se fit tardivement, son « erreur de jeunesse ».

Aucun mot, aucun regret de la part de ce pape sur le sujet, contrairement à Grass. Ratzinger finit la guerre dans la Wehrmacht et au sortir de la guerre se concentrant sur des études de prêtres, se passionne pour Claudel, Bernanos, Mauriac…de notoires gauchistes.

 

Je peux citer également Dario Fo qui adhéra à la République de Salò en 1944 à 18 ans. La République de Salò ou République sociale Italienne fut un état d’inspiration fasciste fondé par Mussolini dans les zones contrôlées par la Wehrmacht en Italie.

Fo sut au cours de sa vie et de son œuvre expliquer les circonstances de son adhésion et l’horreur que cela lui inspira. Ses pièces de théâtres et ses engagements ne permirent aucun doute sur cette « erreur de jeunesse ».

Mais Ratzinger ne regrette rien.

Ratzinger n’a commis aucune erreur de jeunesse.

Aussi Ratzinger réintègre dans l’Eglise ses ouailles les plus extrêmes, ceux avec qui il a le plus d’affinités.

 

Quand je disais en début de billet, nous vivons une drôle d’époque, c’est que parfois on peut se dire que l’histoire radote, qu’elle repasse les plats.

 

J’oserais ici un parallèle audacieux : le travail séculier de l’Eglise pour atteindre Vatican II (liberté religieuse, dialogue interreligieux, rapport à la société, célébrations liturgiques,…même si tout n’est pas parfait, rien n’est figé) et le travail bicentenaire de notre République pour obtenir des libertés sociales respectueuses des autres et solidaires de tous (droit du travail, droit des familles, sécurité sociale, congés payés, laïcité,…) sont bafoués et vont dans un sens contraire : la restriction des libertés.

 

Je ne peux m’empêcher en pensant à la réintégration des quatre évêques intégristes à la mutation d’un préfet et d’un fonctionnaire de police pour une manifestation qui déplait au prince, comme à l’emprisonnement des jeunes de Tarnac sans aucune preuve. Je ne peux m’empêcher de penser à l’allocution prononcée par le président de la République dans la salle de la signature du palais du Latran, le 20 décembre 2007.

Je ne peux m’empêcher de faire des liens.

Et je suis horrifiée.

Et je pense à tous ceux au sein de l’Eglise, au sein des autres religions qui œuvrent en permanence pour établir un discours interreligieux, pour renforcer la paix. Je pense à tous ces démocrates qui se battent au quotidien pour que notre avenir soit moins dur, plus responsable, plus humain et plus en paix.

 

Je pense à mes enfants demain.

Dans quoi vivront-ils si je ne fais rien ?

Vers où iront-ils ?

 

Je suis triste ce soir.

 

Nous devrions nous occuper de notre avenir.

Aurore

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