Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

J’ai eu envie de relire André Gorz, Ecologica, un bouquin superbe qui m’a beaucoup apporté et que j’avais lu à sa sortie en 2007.
Il traite en général de l’écologie politique comme éthique de la libération.
Tout un programme.
Mais dans son livre il y est question aussi de l’idéologie sociale de la bagnole.
Il relate tout le luxe que peut être la voiture, dans son idée première, puis dans sa dévalorisation, dans la débauche d’énergie que cela implique, dans l’égoïsme que cela développe, dans l’égoïsme agressif aussi, dans le triomphe de l’idéologie bourgeoise au niveau de la pratique quotidienne que matérialise l’automobilisme.
Comment d’un privilège octroyé aux riches de rouler plus vite que tous les autres, qui eux n’avaient droit qu’aux diligences, puis aux trains, chacun à pu faire son « Fanjo » sur la route, jusqu’à recréer des privilèges avec les routes à péages : suivant que tu seras riche ou que tu ne le seras pas.
La boucle est bouclée.
Qu’est ce que la voiture sinon un engin hyper polluant dans sa consommation, dans son besoin de support routier destructeur de paysage, dans sa non convivialité, dans l’exploitation du sol jusqu’à l’épuisement qu’elle entraîne.
Peut-on imaginer tout ce que la voiture implique en terme de responsabilité des puissances publiques ?
Les routes, les parkings, les stations services, les garages, les accès, etc., les élus doivent tout cela à des populations toujours plus demandeuses, car quand la voiture enserre son conducteur, plus rien n’existe et tout lui est dû.
Vous rappelez vous les dernières insultes que vous avez proférées ? Ce fut certainement contre le con ou la conne qui vous empêchez d’aller plus vite, ou de tourner ou de vous garer ou vous vouliez.
Je suis aussi assez conne pour réagir aussi de cette manière de temps à autre.
Comment se pose le problème des transports ?
Il ne se pose jamais isolément, il doit toujours être lié au problème de la ville, à la division sociale du travail et à la compartimentation de notre existence.
Regardez nos villes se quelles deviennent :
Ici on travaille, là on habite, là bas on s’approvisionne, dans un autre lieu on s’instruit et pour se divertir on va encore ailleurs.
L’agencement de l’espace continue la désintégration de l’homme commencé par la division du travail en usine.
Nous sommes saucissonnés.
Car nous pouvons aussi imaginer que travailler, se cultiver, communiquer, prendre du plaisir, satisfaire des besoins et vivre une vie personnelle peuvent et doivent être une seule et même chose, que l’on peut retrouver dans le tissu social d’une commune.
Quand je vois ces rubans de bitumes qui transportent une foultitude de personnes seules, et moi au milieu de tout ça, j’ai envie d’hurler.
Pourquoi au milieu du vingtième siècle notre réseau de chemin de fer qui était un des plus complet, un des plus performant et qui couvrait la géographie de notre pays la France, pourquoi ce réseau a-t-il était démantelé après tous les efforts et l’argent qu’il avait demandé à sa construction ?
Pourquoi dans les années 90 en ce qui concerne le transport du fret a-t-il été si important de le transférer sur les routes et de déstructurer la SERNAM ?
Pourquoi aujourd’hui devons nous nous plaindre en permanence du danger que nous font courir les camions sur les routes ?
Pourquoi avant de construire une route on ne se pose pas la question du transport en commun ?
Pourquoi on ne se pose pas la question des réserves de pétrole ?
Pourquoi, pourquoi ?
Nous devrions nous occuper de notre avenir.
Aurore