Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
752 Pépin le Bref, avec l'assentiment du pape Zacharie, fait déposer par l'assemblée des leudes Childéric III qui se retire à Saint-Orner dans un monastère où il finira ses jours. C'est le dernier roi mérovingien en même temps que le dernier « roi fainéants. ? Pépin le Bref est acclamé comme roi, à Soissons, par l'assemblée des chefs et des évêques et porté sur le pavois. Peu de temps après, il va se faire sacrer par Boniface, l'évêque de Mayence.
754 Pépin le Bref est sacré roi une deuxième fois à Reims, par le pape Etienne II qui était venu en France pour implorer le secours de ses armes contre les Lombards qui menaçaient le Saint-Siège.
Sacre de Pépin le Bref en 751
754-768 Pépin le Bref, pour assurer la sécurité du Saint-Siège, fait la guerre à Astolphe, roi des Lombards. Il enlève à ce dernier l'Exarchat de Ravenne et
768 Mort de Pépin le Bref. ? Avant de mourir, il avait partagé ses Etats entre ses deux fils : Charles et Carloman. ? Charles entre en possession de ceux qui ne sont pas attribués à son frère, avec lequel il continue la guerre contre les Aquitains.
768-771 Règne de Carloman sur Austrasie, Bourgogne et Provence. Il meurt en 771, ne laissant que deux enfants en bas âge. Charles usurpe sa succession, au détriment de ses neveux, qui vont se réfugier auprès de Didier, roi des Lombards.
771 Charles (futur Charlemagne) devient seul roi de tous les Etats sur lesquels avait régné Pépin le Bref. Son long règne est un des plus remplis et des plus glorieux de l'Histoire.
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772-805 Guerre contre les Saxons (en trois périodes) :
772-776, prise de la ville saxonne d'Ehresburg, et destruction du temple et de l'idole d'Irmensul, divinité des Saxons.
777-785 : Les Saxons, en apprenant que Charles vient de subir un grave revers à Roncevaux, violent la trêve qu'ils avaient conclue avec lui à Paderborn et qui avait mis un terme à la première période d'hostilités ; ils envahissent le royaume franc et y commettent de grands ravages. Charles revient d'Espagne à marches forcées et inflige aux Saxons une sanglante défaite à la suite de laquelle il fait décapiter 4 500 des leurs, prisonniers. Cela détermine Witikind, leur roi, à se soumettre et à venir à Attigny, où réside Charles, demander le baptême.
793-805 Après quelques années de tranquillité relative, les Saxons recommencent la guerre. Pour en finir avec eux, Charles fait enlever 10 500 de leurs familles qu'il dissémine en leur accordant des terres dans le Centre et le Midi de
774 Guerre contre les Lombards. ? Didier, leur roi, avait recueilli les neveux de Charles, et avec eux, un certain nombre de Francs ennemis du nouveau règne. De plus, il ne cessait d'inquiéter le Saint-Siège. Charles franchit les Alpes, s'empare de Pavie, fait prisonnier Didier qu'il envoie finir ses jours dans un cloître à Corbie, et se proclame lui-même roi des Lombards, à Monza, près de Milan.
778 Guerre contre les Arabes d'Espagne, entreprise contre le calife de Cordoue, tant sur la sollicitation de quelques émirs du Nord qui avaient à se plaindre de lui, que dans le but d'améliorer la condition des chrétiens d'Espagne, et de reculer le plus loin possible des Pyrénées, les foyers possibles d'invasions sarrasines en France. Charles porta victorieusement ses armes jusqu'à l'Ebre. ? Mais la fin de l'expédition ne fut pas heureuse. Au cours de la retraite qui la couronna, son arrière-garde tomba dans une embuscade, à Roncevaux où périt Roland, neveu de Charles. (C'est en apprenant ce revers que les Saxons s'étaient révoltés.)
787 Guerre contre les Bavarois aidés par le duc de Bénévent. Pour prévenir leurs attaques, Charles marcha contre eux ; le duc de Bénévent fut tué. Le duc de Bavière, condamné à mort par les chefs francs, obtint de Charles la vie sauve, mais fut enfermé pour le reste de ses jours à l'abbaye de Jumièges. Charles annexa
788-796 Cette période fut occupée par une guerre dirigée par Pépin, fils de Charles, contre les Avars, descendants des Huns, pour mettre un terme à leurs incursions sur les territoires de la monarchie. Elle fut couronnée du succès que Charles en espérait et rapporta à ses troupes un immense butin.
800 Charles est proclamé empereur d'Occident, à Rome, par le pape Léon III, le jour de Noël. A cette occasion, le pape lui met sur la tête la couronne des empereurs romains. Le peuple assemblé ratifie par ses acclamations l'acte du souverain pontife. ? Première apparition des Normands (pirates scandinaves) sur les côtes de France.

Sacre de Charlemagne
Chroniques de Jean Fouquet
814 Mort de Charles, que la postérité a appelé Charlemagne (Charles le Grand).
Le Charlemagne de Albrecht Dürer
L'immense empire carolingien s'étend entre la mer Baltique, l'Eider, la mer du Nord, l'Océan Atlantique, l'Ebre, la Méditerranée, la Pescara et le Garigliano, l'Adriatique, la Bosna, la Save, la Theiss et l'Oder. La capitale était Aix-la-Chapelle, où se voit encore le tombeau de l'empereur.

Partage de l'empire carolingien au traité de Verdun
Partage de l'Empire. Charlemagne avait fait des rois de ses trois fils, en leur donnant à chacun une partie de son empire. Pépin avait reçu l'Italie et Charles l'Allemagne ; Louis, l'Aquitaine. Pépin mourut avant l'empereur et son royaume échut à son fils Bernard ; Charles étant mort aussi avant son père eut pour héritier Louis (le Débonnaire).
814 Avènement de Louis Ier le Débonnaire. Ce prince régnait déjà sur les Aquitains et les Allemands, lorsque lui échut l'immense empire de Charlemagne.
817 Trouvant trop lourd pour un seul le gouvernement de tant de peuples différents, Louis procéda à un partage de ses territoires entre ses trois fils : Lothaire, Pépin et Louis. Lothaire était associé à l'Empire, à Pépin échut l'Aquitaine, à Louis
829-830 De sa seconde femme appelée Judith de Bavière, épousée en 819, Louis eut un fils, Charles (qui plus tard fut surnommé le Chauve), auquel il voulut assurer aussi un royaume, et dans ce but il prétendit remanier le partage fait en 817. Les trois premiers fils, nés d'Ermengarde, la première femme, protestèrent les armes à la main contre cette décision. Vainqueurs de leur père, ils le déposèrent. Cependant cette déposition ne fut pas sanctionnée par l'assemblée des Grands, à Nimègue, et d'ailleurs les trois révoltés étant entrés en composition, Louis reprit possession de son trône.
833-834 Ces événements n'avaient pas fait renoncer Louis à l'idée d'un nouveau partage. A peine rétabli sur le trône, il chercha à déposséder son fils Pépin de l'Aquitaine pour la donner à Charles, fils de Judith. Lothaire et Louis le Germanique se jugeant menacés par les nouveaux projets de leur père prirent les armes contre lui et l'attaquèrent à Colmar. Abandonné par ses soldats, Louis le Débonnaire tomba aux mains des révoltés, qui le déposèrent de nouveau en lui infligeant, à Soissons, une sorte de dégradation publique. Cependant la masse de ses sujets lui était restée fidèle et n'apprit qu'avec indignation l'outrage qu'il venait de subir. Les évêques réunis à Thionville condamnèrent solennellement les actes de ses fils et le remirent en possession du trône.
838 Mort de Pépin, roi des Aquitains.
840 Louis le Germanique exigeant, contre les intentions de son père, une part de l'héritage de Pépin, Louis le Débonnaire marcha contre lui, mais la mort le surprit au cours de cette campagne.
Pendant ce règne, les Normands continuèrent leurs incursions armées en diverses parties du littoral de l'Empire. En 838, ils remontèrent
841 Louis le Débonnaire ayant de bonne heure associé à l'Empire son fils Lothaire, celui-ci entendit, après le décès du père, exercer l'autorité impériale et garder ses frères sous son contrôle. Ces derniers se révoltèrent contre ces prétentions et prirent les armes contre leur aîné (c'étaient Charles le Chauve et Louis le Germanique) ; ils le battirent à la bataille de Fontanet.
842 Cependant la défaite de Lothaire n'avait pas altéré son prestige, ni réduit sa puissance. En vue de la continuation de la lutte contre lui, Charles et Louis renouvelèrent leur alliance, à Strasbourg, par un acte rédigé en français et en allemand, appelé Serment de Strasbourg auquel participèrent leurs compagnons et qui est resté célèbre pour nous, parce que c'est le premier texte français que l'on possède, les actes publics et privés étant jusqu'alors exclusivement rédigés en latin.
843 L'attitude résolue de ses frères incita Lothaire à entrer en composition. Entre eux trois intervint le Traité de Verdun par lequel ils se partagèrent l'Empire. Charles le Chauve eut
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Lothaire Ier
845 Les Normands remontent le cours de
847 Charles le Chauve rend l'édit de Marron, près de Maestricht, par lequel les seigneurs sont dispensés de suivre le roi à la guerre à moins que ce ne soit contre l'étranger, et les hommes libres ont la faculté de choisir leur suzerain autre que le roi.
Vers cette époque, le roi reconnaît la souveraineté du duc de Bretagne; il constitue le duché de France, dont le premier titulaire est Robert surnommé le Fort (tige des Capétiens : il fut le bisaïeul de Hugues Capet) ; et le comté de Flandre en faveur de son gendre Baudouin Bras-de-Fer.
866 Par faiblesse ou incapacité, Charles le Chauve n'avait organisé aucune défense générale contre les Normands qui devenaient de jour en jour plus audacieux et pénétraient en France par tous les fleuves; il avait cru suffisant de laisser à chaque seigneur riverain la défense de son territoire. Les pirates s'étaient établis en France en plusieurs endroits, notamment dans Ille d'Oyssel, près de Rouen et dans Ille de Noirmoutier d'où ils partaient pour infester les contrées d'alentour et où ils remisaient leur butin. Un de leurs chefs, Hastings, qui avait été serf aux environs de Troyes, était particulièrement redoutable. Robert le Fort réunit les forces de quelques autres seigneurs pour marcher contre lui; une bataille se livra près de Brissarthe dans l'Anjou, où Hastings fut battu, mais Robert le Fort y perdit la vie.
877 En cette année fut dressé, par Charles le Chauve, le capitulaire de Kiersy-sur-Oise (capitulaire: ordonnances, ou recueil d'ordonnances, divisés en chapitres) qui assurait aux seigneurs l'hérédité des fiefs, charges et dignités qu'ils n'avaient possédés jusqu'alors qu'un titre temporaire. Mort de Lothaire, empereur d'Italie. Charles le Chauve passe promptement les Alpes dans le but de s'emparer du trône devenu vacant et réussit en effet à se faire couronner empereur à Rome; mais en s'en retournant, il meurt, au pied du mont Colis.
871- 879 Règne de Louis II le Bègue, fils de Charles le Chauve (né en 846), qui ne se distingua que par la facilité avec laquelle il se laissa arracher de nouveaux fiefs par les seigneurs de son entourage. Cependant Bernard, duc de Septimanie, s'étant révolté contre son autorité, il allait se mettre en route pour le châtier, lorsqu'il mourut. En cette même année, Boson, beau-frère de Charles le Chauve, fonda à son profit le royaume d'Arles (dit aussi de Provence, ou de Bourgogne cisjurane).
879 Louis III et Carloman, fils de Louis le Bègue recueillirent sa succession et régnèrent de concert, bien qu'ils se fussent partagé le royaume de telle sorte que Carloman avait l'Aquitaine et
882 Mort de Louis III. Carloman seul roi. Ce dernier ne régna seul que deux ans. Il mourut en 884, victime comme son frère, d'un accident, sans que rien de particulier ait marqué la fin de son règne.
884 Avènement de Charles le Gros, fils de Louis le Germanique et d'Emma de Bavière, né en 839. Le trône laissé par Carloman revenait à son deuxième frère Charles, fils posthume de Louis le Bègue, mais celui-ci n'était encore qu'un enfant de cinq ans. Pour cette raison, les seigneurs élurent Charles, qui se trouva à la tête d'un empire aussi vaste que celui de Charlemagne. Le nouveau roi était paresseux, incapable et lâche. Il laissa les Normands poursuivre leurs ravages et s'enhardir jusqu'à venir mettre le siège devant Paris. La future capitale de
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Représentation de Vikings
datant du IXè ou Xè siècle
887 Indignés de la lâcheté de Charles le Gros et de son incapacité, les seigneurs, réunis en la diète de Tribur, le déposèrent, et partagèrent son empire en sept royaumes indépendants : 1. France; 2. Provence (Bourgogne cisjurane); 3. Bourgogne transjurane ; 4. Italie ; 5. Lorraine; 6. Allemagne (Germanie) ; 7. Navarre. Eudes fut, à Compiègne, proclamé roi de France par les seigneurs.
888 Eudes continua avec succès la lutte contre les Normands, sur lesquels il remporta entre autres victoires, celle de Montfaucon où il leur tua 20 000 hommes.
896 Charles, fils posthume de Louis le Bègue, n'avait pas renoncé à la succession de son père. Une ligue se forma entre seigneurs de son entourage pour faire valoir ses droits, et prit les armes contre Eudes. Les amis de Charles furent vaincus, mais Eudes, par esprit de justice et pour éviter de nouvelles réclamations, lui céda les provinces situées entre Seine et Meuse.
898 Mort de Eudes. Le duché de France passe à son frère Robert. Charles III (le Simple) occupe seul le trône.
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Le simple ne signifiait pas sot, mais honnête.
911 Traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu entre Charles III et Rollon, chef des pirates normands établis dans l'ancienne Normandie, dans le but de mettre un ternie aux incursions de ces aventuriers dans le haut pays. Charles donnait sa fille Gisèle en mariage à Rollon et abandonnait à ce dernier
922 Soulèvement des seigneurs contre Charles le Simple, causé par leur dépit d'avoir vu le roi prendre pour favori et ministre un certain Haganon, auquel ils reprochaient l'obscurité de sa naissance et son esprit d'intrigue. Dans une assemblée, ils le déposèrent et élurent à sa place Robert (frère d'Eudes), qui se fit aussitôt sacrer à Reims. Charles III marcha contre ce rival et lui livra bataille à Soissons. ? Bataille de Soissons : Robert y est tué, mais Charles le Simple est battu. Charles prend la fuite, va se réfugier auprès du duc de Vernandols, est livré quelque temps après par celui-ci à ses ennemis, et enfermé au château de Péronne, où il meurt en 929. Le fils de Robert, Hugues le Grand, ayant rallié ses partisans, achève la victoire de Soissons et ceint la couronne des rois de France.
923 Maître de la couronne, Hugues l'offrit à son beau-frère Raoul (gendre de Robert), duc de Bourgogne, mais sous le nouveau roi, il dirigea les affaires de l'Etat. Hugues se fit remarquer par les campagnes heureuses qu'il entreprit contre les Hongrois, descendants des Huns, qui avaient envahi le royaume après avoir ravagé l'Allemagne et qui n'étalent pas moins redoutables que leurs ancêtres.
936 A la mort de Raoul, il y eut un interrègne de cinq mois, pendant lequel Hugues continua de gouverner. Il appela au trône un fils de Charles le Simple et d'Odgiwe, né en 921 : Louis W, dit d'Outre-mer, parce qu'il résidait alors en Angleterre où il s'était réfugié après la bataille de Soissons ; c'est à lui d'ailleurs que revenait en droit la couronne. Louis IV batailla bravement contre les Hongrois et les Normands, mais il voulut s'affranchir de la tutelle de Hugues le Grand et, fait prisonnier dans un des combats qui se livrèrent à cette occasion, il dut faire abandon de tous ses biens pour se racheter. Sur l'intervention de son beau-frère Othon, empereur d'Allemagne, dont il avait épousé la s?ur Gorberge, disent les uns, du pape, disent les autres, Hugues lui rendit, avec la liberté, la ville de Laon. Louis mourut en 954.
954 Avènement de Lothaire (fils du précédent). Ce fut encore Hugues le Grand qui présida à l'avènement de ce nouveau roi, mais en gardant pour lui toute l'autorité.
956 Mort de Hugues le Grand. Son fils aîné Hugues Capet lui succède comme duc de France et maire du palais avec tout le pouvoir qu'il avait eu.
974 Lothaire eut quelques démêlés avec Othon (d'Allemagne), qui se réglèrent les armes à la main. Complètement dominé par le maire du palais et tenu en suspicion par les seigneurs, il ne put donner la mesure de sa valeur, qui était réelle. Il mourut en 986.
986 Avènement de Louis V, fils de Lothaire et d'Emma (né en 967). Ce prince ne régna, d'ailleurs sans éclat, que quatorze mois. Il mourut d'un accident de chasse. Ce fut le dernier Carolingien.