L'optimisme d'Arnaud ne peut toutefois pas cacher les erreurs de stratégies de la sphère anti- OGM et de l'orientation sur un seul volet de lutte : l'activisme au travers des faucheurs volontaires, auquel Greenpeace s'est rallié, pour aujourd'hui faire marche arrirère. Le titre dit le contraire de la réalité : Les OGM dans le monde : 10 ans de pression de l’industrie des biotechnologies, 10 ans de résistance des citoyens ...pour quels résultats ? Il est temps de réfléchir (à nouveau) aux manières de faire, dans le respect de chacuns.
Ces calculs stratégiques, en dehors de la question spécifique des OGM a nuit à la lutte contre les OGM.
La base du combat étant un combat économique avec comme outil de propagande le brevet, en prenant la dissémination comme premier élément de lutte ne permettait pas de travailler en profondeur la conscience populaire...dans un rôle d'éducation populaire qui sembait être accepté par le monde anti-OGM .
Quoiqu'il en soit voici le constat fait par Arnaud Apotheker au nom de Greenpeace, qui me semble bien partiel et bien optimiste pour l'avenir.
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Les OGM dans le monde : 10 ans de pression de l’industrie des biotechnologies, 10 ans de résistance des citoyens
18 janvier 2007 Comme chaque année, l’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (Isaaa) publie un panorama des cultures d’OGM à travers le monde. Cette agence de lobby, fondée et financée par l’industrie des biotechnologies, est le seul organisme à établir des données sur les cultures d’OGM dans le monde. L’Isaaa utilise les chiffres fournis par les semenciers - donc difficiles à vérifier - et dépeint une situation toujours plus florissante : croissances des surfaces OGM à deux chiffres, augmentation du nombre de pays qui se lancent dans les cultures transgéniques, etc. « Sans surprise, le rapport 2006 dépeint la même dynamique joyeuse de croissance des OGM, commente Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France. La France est citée en exemple car les surfaces de maïs transgénique y ont décuplé, passant de 500 à 5000 ha. Bien sûr, nul part il n’est précisé que cela représente moins de 0,2 % de la sole française de maïs. » Même « manque de détails » à l’échelle mondiale. « La superficie globale des cultures d’OGM a passé la barre des 100 millions d’hectares ? Soit, mais elle ne représente qu’environ 5 % des surfaces cultivés dans le monde, relativise Arnaud Apoteker. De même, les 10 millions d’agriculteurs OGM ne pèsent pas grand chose par rapport au milliard et demi de paysans répartis sur la planète. » Pour Greenpeace, l’année 2006 n’a pas été aussi rose pour les OGM que l’industrie des biotechnologies voudrait le faire croire. Quelques éléments : * La révélation, à l’automne, de la contamination des exportations de riz américain par un riz OGM de la compagnie Bayer et autorisé nulle part dans le monde a provoqué de vives réactions des producteurs, et négociants de riz et gouvernements. Un peu partout, les achats de riz américain ont été réduits, voire stoppés. Les consommateurs ont été fortement ébranlés en apprenant qu’un produit non autorisé était vendu dans leurs magasins. La preuve avec un sondage CSA/Greenpeace qui a montré mi septembre que 86 % des Français réclament une interdiction, définitive ou temporaire, des OGM. « L’augmentation des surfaces de maïs transgénique dans l’Hexagone se fait donc dans le plus parfait mépris d’une écrasante majorité de l’opinion », note Arnaud Apoteker. * En février, la Roumanie, qui cultivait du soja transgénique de Monsanto depuis huit ans, fait marche arrière et en interdit la culture afin d’entrer dans l’UE. Une première fois dans l’histoire des OGM. * Même dans des régions où fleurissent les OGM, la résistance continue, malgré les pressions considérables. La Commission d’évaluation des OGM brésilienne n’a toujours pas autorisé le maïs OGM de Bayer. Même rejet du riz transgénique de la part de la Commission chinoise. Et en Inde, la Cour suprême a exigé un moratoire sur tous les essais en plein champ de plantes transgéniques. « Loin du triomphe affiché par l’industrie des biotechnologies, 2006 montre que les OGM ne s’imposent dans le monde que contre la volonté des consommateurs et de la majorité des agriculteurs, analyse Arnaud Apoteker. Gouvernements réticents à les autoriser, paysans réticents à les utiliser et des consommateurs réticents à les acheter : les OGM n’ont pas leur place dans le futur de l’agriculture ! » Source/auteur : http://www.greenpeace.fr18 janvier 2007
Les chiffres des PGM en 2006, selon l'ISAAA


La superficie mondiale consacrée aux cultures biotechnologiques dépasse les 100 millions d’hectares et affiche une croissance de 13 %
Une étude prévoit 200 millions d’hectares, 20 millions d’agriculteurs d’ici 2015 Les agriculteurs à travers le monde ont continué d’adopter rapidement les cultures biotechnologiques au cours de l’année 2006, marquant plusieurs jalons d’adoption pour ces cultures améliorées, qui offrent de meilleurs rendements des récoltes pour l’alimentation humaine, animale, les fibres et le carburant, d’après un rapport publié aujourd’hui par l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications).
Au début de la deuxième décennie de l’adoption de la culture biotechnologique, la superficie mondiale consacrée à ces cultures a progressé de 12 millions d’hectares, soit une croissance de 13 %, pour atteindre 102 millions d’hectares, dépassant ainsi la barre des 100 millions d’hectares pour la première fois et réalisant ainsi la deuxième plus grande croissance au cours des cinq dernières années. La croissance sans précédent entre 1996 et 2006 équivaut à une multiplication par 60 ; le taux d’adoption le plus élevé pour n’importe quelle technologie de culture. En outre, le nombre d’agriculteurs cultivant des plantes biotechnologiques a dépassé les 10 millions pour la première fois, de 8,5 millions en 2005 à
10,3 millions en 2006.
Clive James, président et fondateur de l’ISAAA et auteur du rapport, prédit une accélération de ces niveaux d’adoption tout au long de la deuxième décennie de commercialisation. D’ici 2015, l’ISAAA prévoit que plus de 20 millions d’agriculteurs cultiveront 200 millions d’hectares de plantes biotechnologiques dans environ 40 pays.
« Plus de 90 % ou 9,3 millions des agriculteurs qui ont cultivé des plantes biotechnologiques l’année dernière étaient de petits agriculteurs aux faibles ressources des pays en voie de développement, ce qui a permis à la biotechnologie de contribuer modestement à la diminution de leur pauvreté », a déclaré Clive James. « Des millions de petits agriculteurs aux faibles ressources se tourneront vers le potentiel qu’offrent les cultures biotechnologiques au cours de la prochaine décennie. »
Le rapport indique d’ailleurs que la croissance de l’adoption des cultures biotechnologiques était nettement supérieure dans les pays en voie de développement, avec 21% contre 9% dans les pays industrialisés. Les pays en voie de développement représentent à présent 40 % de la superficie mondiale consacrée aux cultures biotechnologiques.
Ravinder Brar, veuve et mère de deux enfants, productrice de coton Bt en Inde, explique que les agriculteurs des pays en voie de développement ont besoin de la production accrue et des revenus offerts par les cultures biotechnologiques, ainsi que des bénéfices environnementaux et
des économies de temps.
« Mes cultures biotechnologiques m’ont permis de diminuer les frais de pulvérisation et d’obtenir une meilleure productivité. Je compte sur les cultures biotechnologiques pour accroître mes profits et offrir ainsi une vie meilleure à ma famille », déclare-t-elle.
C.D. Mayee, membre de l’ISAAA et président de l’ASRB (Agricultural Scientists Recruitment Board) confirme les dires de Mme Brar. « Le coton Bt a contribué de manière significative à l’augmentation du rendement du coton en Inde qui est passé de 308 kg de fibres de coton par hectare pour la période 2001 à 2002 à 450 kg par hectare pour celle de 2005 à 2006.
L’augmentation du rendement du coton Bt a contribué à son tour à une hausse des exportations du coton indien, qui se sont envolées, passant de 0,9 million de balles en 2005 à 4,7 millions en 2006, chiffre record en Inde. »
Ces avantages sont le moteur de la croissance générale des cultures biotechnologiques dans le monde. En 2006, il y avait des centres de production clés sur les cinq continents, offrant ainsi une base étendue et stable pour les cultures biotechnologiques de la deuxième décennie. En outre, alors que 22 pays ont planté des cultures biotechnologiques l’année dernière, le rapport indique que 29 pays supplémentaires ont autorisé l’importation de produits agricoles biotechnologiques, leur utilisation pour l’alimentation humaine et animale, et leur dissémination
dans l’environnement.
« Plus de la moitié de la population mondiale comptant 6,5 milliards de personnes vit à présent dans des pays où des plantes biotechnologiques sont cultivées, permettant ainsi à 3,6 milliards de personnes de profiter des bienfaits économiques, sociaux et environnementaux fournis par les cultures biotechnologiques », a déclaré Clive James. « Avec 51 pays en tout profitant de l’expérience des cultures biotechnologiques, leur acceptation ne fera que progresser. »
Centres de production clés
Amériques : les États-Unis continuent de propulser la croissance en Amérique du Nord et dans le monde. Ils représentent la plus grande croissance de superficie absolue en 2006 avec 4,8 millions d’hectares en plus. Le Brésil prend la tête de la croissance en Amérique du Sud avec une augmentation de 22 % pour atteindre 11,5 millions d’hectares de soja et coton biotechnologiques; ce dernier ayant été commercialisé pour la première fois en 2006.
Asie : l’Inde se révèle un chef de file en Asie. Elle affiche la plus forte croissance avec 192 %, soit 2,5 millions d’hectares, pour atteindre 3,8 millions d’hectares totaux, et gagnant ainsi deux places dans le classement mondial pour devenir le cinquième plus grand pays producteur de cultures biotechnologiques au monde, devançant pour la première fois la Chine.
Afrique : l’Afrique du Sud a avancé à grands pas l’année dernière et a pris la tête du continent africain en multipliant pratiquement par trois ses superficies de cultures biotechnologiques. L’augmentation provient notamment du maïs blanc Bt, destiné principalement à l’alimentation humaine et le maïs jaune Bt destiné à l’alimentation animale.
Europe : la croissance se poursuit également dans les pays européens, où la Slovaquie est devenue le sixième des 25 pays européens à cultiver des plantes biotechnologiques. L’Espagne est toujours en tête du continent, avec 60 000 hectares en 2006 ; néanmoins, les cinq autres pays européens ont multiplié par cinq leurs superficies de 1 500 hectares en 2005 à environ 8 500 hectares en 2006. Pour sa deuxième année de cultures biotechnologiques après une interruption de 4 ans, la France a décuplé sa superficie de maïs résistant aux insectes, de 500 hectares à 1 000 hectares en 2005, pour la quintupler ensuite et atteindre 5 000 hectares en 2006. Le maïs biotechnologique a remporté un soutien important des agriculteurs français, qui
devraient profiter de cette culture plus que tout autre pays européen.
Moteurs de la croissance future
L’ISAAA prévoit la poursuite de cette croissance au cours de la deuxième décennie de commercialisation avec des opportunités importantes dans plusieurs zones géographiques.
« La commercialisation du riz biotechnologique à elle seule pourrait accélérer l’adoption des cultures biotechnologiques bien au-delà de l’estimation modérée d’une augmentation des agriculteurs de 20 millions à 80 millions. Ces chiffres reposent sur un taux d’adoption d’un tiers des 250 millions de riziculteurs du monde, qui sont de petits agriculteurs aux faibles ressources, et dont 90 % se trouvent en Asie. Le riz biotechnologique résistant aux insectes afin d’améliorer la productivité pourrait avoir un impact important sur l’un des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de l’ONU, qui est de réduire de moitié la pauvreté d’ici 2015, et le riz doré enrichi en vitamine A pourrait améliorer considérablement la nutrition », a expliqué Clive
James.
Les biocombustibles seront également un moteur de croissance important. Les cultures biotechnologiques seront utilisées pour augmenter l’efficacité des énergies alternatives et répondre à leur demande croissante, et pour explorer les options biotechnologiques pour apporter l’alcool éthylique dérivé de cellulose des champs aux marchés énergétiques. Les cultures biotechnologiques peuvent jouer un rôle primordial pour répondre aux demandes accrues en aliments et en carburants. De plus, les cultures biotechnologiques résistantes à la sécheresse devraient être commercialisées dans les cinq prochaines années, ouvrant de nouvelles possibilités de production dans les climats secs.
Alors que le continent américain était en tête de la première décennie d’adoption des cultures biotechnologiques, la deuxième décennie affichera certainement une croissance importante en Asie et dans ses pays en voie de développement comme l’Inde, la Chine et les Philippines, ainsi que dans de nouveaux pays biotechnologiques comme le Pakistan et le Vietnam. En Afrique, l’expérience de l’Afrique du Sud poussera certainement d’autres pays à cultiver des plantes biotechnologiques, notamment l’Égypte, le Burkina Faso et le Kenya, où des essais prometteurs en champ ont été déjà été mis en place. Enfin, la progression mondiale constante de l’adoption des cultures biotechnologiques se révèlera certainement une tendance méritant d’être mieux reconnue par l’Europe. La France, en tant que chef de file de l’Europe, est un exemple phare avec la croissance de sa superficie de maïs Bt qui a atteint 5 000 hectares en 2006.
« Nous sommes dans une période passionnante pour l’adoption de la biotechnologie », a indiqué Clive James. « L’avenir de la deuxième décennie de commercialisation des plantes biotechnologiques offre de nombreux facteurs susceptibles de propulser une croissance substantielle des cultures biotechnologiques bien au-delà du cercle des tout premiers adeptes. C’est au cours de cette décennie que les cultures biotechnologiques pourront avoir une contribution et un impact importants sur les 1,3 milliards de pauvres dans le monde. »
Le rapport est parrainé conjointement par la fondation Rockefeller, un organisme philanthropique implanté aux États-Unis associée à la Révolution verte qui a sauvé des milliards de vies dans les années soixante, et Ibercaja, une des plus grandes banques espagnoles dont le siège se trouve dans la région de production du maïs en Espagne. Pour de plus amples informations ou le résumé du rapport, veuillez accéder au site
www.isaaa.org.
L’ISAAA est une organisation à but non lucratif disposant d’un réseau international de centres conçus pour contribuer à la lutte contre la faim et la pauvreté en partageant les applications de cultures biotechnologiques. Clive James, président et fondateur de l’ISAAA, a vécu et travaillé pendant 25 ans dans les pays en développement en Asie, en Amérique latine et en Afrique, consacrant ses efforts aux questions de recherche et de développement agricoles mettant l’accent sur les cultures biotechnologiques et la sécurité de l’alimentation au niveau mondial.