Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
Dans la droite ligne de ce qui a été écrit sur ce blog hier, ce nouvel article (en dessous) corrobore les analyses de l'ISAAA.
Il ne sert à rien de nier ce qui existe, ce qui se passe. Il faut en prendre la mesure pour réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre.
La lutte contre le transgénique comme moyen de contrôle du vivant et donc de nos vies, doit s'organiser sous une forme plurielle. Nos forces ne sont pas au niveau de celles du Kapital, nous devons avoir un coup d'avance et toujours être "mouvants". L'enjeu est avant tout économique, c'est l'ordre mondial marchand qui s'organise à nos dépends.
par Dominique Baillard, RFI C’est le début des moissons du soja au Brésil, les opérations ont commencé il y a quelques jours dans l’Etat du Mato Grosso, le plus grand producteur d’oléagineux du pays, là où les cultivateurs ont été le plus durement touchés par la crise du secteur. Au printemps dernier, ils bloquaient les routes pour sensibiliser les autorités à leurs difficultés, aujourd’hui ils rêvent des gains futurs car le soja a de nouveau le vent en poupe sur le marché international. Si l’on compare la progression de l’oléagineux avec la céréale vedette de l’année 2006, le maïs, il n’y a pas vraiment de quoi s’extasier, le cours du maïs a fait un bond de 80% et le soja de 12% seulement. Et à la bourse de Chicago, c’est encore le maïs qui mène la danse en ce début d’année.
Néanmoins les producteurs d’oléagineux ont de bonnes raisons d’être optimistes car cette tendance à la hausse des deux graines est animée par une même cause : le développement de l’éthanol. Le biocarburant fabriqué à partir de maïs a propulsé la céréale et dans la foulée a cassé la tendance baissière qui plombait le soja. Alléchés par l’envolée de la céréale, les producteurs américains en particulier auront tendance à délaisser le soja pour semer du maïs. Une substitution qui profiterait à l’oléagineux. Porté par cette dynamique le prix du soja pourrait doubler d’ici à la fin de l’année. Certains analystes évoquent le grand bouleversement des années 70, quand Brésiliens et Argentins ont abandonné l’orge au profit du soja pour devenir des pays majeurs sur le marché mondial des oléagineux.
La substitution soja-maïs aura-t-elle un impact similaire ? Ce n’est pas gagné car le développement des biocarburants est en partie suspendu à l’évolution du pétrole, si la baisse du brut s’installe, la filière verte pourrait lourdement en pâtir. Par ailleurs, les stocks mondiaux de l’oléagineux sont au plus haut depuis 1980, ce qui devrait limiter la tendance à la hausse. Enfin, avec la généralisation des cultures transgéniques, les rendements augmentent chez la plupart des producteurs et en particulier au Brésil. Jusqu’à maintenant seul fournisseur de soja conventionnel sur le marché mondial, le Brésil est en train de basculer à grande vitesse vers les cultures OGM. Selon le chercheur Patricio Mendez (Cirad) 80% de la récolte brésilienne de soja sera transgénique d’ici deux à trois ans. Même l’Etat du Parana qui avait fait du rejet des OGM une ligne de conduite, a pris la tangente, son principal port d’embarquement, Paraguana est en train de se doter des infrastructures pour charger sans risque de contamination les deux types d’oléagineux.