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Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

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L'addition, pas la facture !

Gauche antilibérale
L'addition, pas la facture !




Nous avons rêvé d'une gauche antilibérale, rassemblée et rénovée, qui fasse irruption en 2007 pour donner de la voix à l'alternative et changer les conditions d'existence du plus grand nombre. Au lieu de cette unité qui a tant mobilisé et enthousiasmé depuis la victoire du « non » au référendum européen, la « concurrence libre et non faussée » s'organise entre les « 3B ». Nous voulions Besancenot-Buffet-Bové sur la même tribune, nous aurons le choix entre trois bulletins de vote. Dès lors, le discours et le poids de la gauche antilibérale dans la campagne sont marginalisés et le score total crédité à la gauche est préoccupant . Le débat politique se centre à droite et Sarkozy en profite pour distiller ses attaques contre les conquêtes sociales et les libertés démocratiques. Contribuant à brouiller le clivage droite/gauche, le pacte présidentiel de Ségolène Royal accentue le cours social-libéral du Parti Socialiste et ne répond pas aux attentes populaires.
Résultat : des millions d'hommes et de femmes se retrouvent orphelins d'une gauche digne de ce nom. Et c'est François Bayrou, déguisé en candidat « anti-système », qui voudrait capter l'aspiration au changement. Prétendre que la droite molle est la mieux à même de battre la droite dure, fallait y penser ! Non, Bayrou n'est pas le plan B anti-Sarkozy ! Nous souhaitons, sans ambiguïté aucune, le recul de l'extrême droite et la défaite de toute la droite.
Mais après ?
Nous aurions pu lancer un numéro vert pour les déprimés de la gauche d'alternative…
Nous avons choisi le chemin de la reconstruction, seul moyen de faire vivre un espace politique large, crédible, utile Les calculs d'organisation de court terme, la non résolution de noeuds de discordes, le piège de la Ve République qui oblige à s'entendre sur « qui » et non seulement sur « quoi » ou encore les limites des méthodes démocratiques d'un espace ouvert et en construction ont eu raison de l'unité. S'il faut analyser les sources de l'échec, c'est pour mieux rebondir. La division est mortifère. Comment ne pas constater qu'aujourd'hui, les réponses communes apportées par Marie-George, Olivier et José sont peu audibles ? Alors que la mobilisation des salariés d'Airbus, d'Alcatel ou de Peugeot bat son plein, nos propositions concrètes en matière de lutte contre les délocalisations, d'augmentation des salaires, de droits des salariés, de sécurisation des parcours professionnels et de politique industrielle auraient dû être au coeur du débat public. Alors que l'on fête le 50 e anniversaire du Traité de Rome, les « nonistes » de gauche auraient dû faire entendre leur voix, positivement. Alors qu'un mouvement citoyen s'oppose à la traque des sans-papiers, notre parti pris de régularisation massive et d'une citoyenneté ouverte et généreuse auraient dû être au coeur de l'actualité.

Bref !

Nous résistons ensemble dans les luttes, depuis l'hiver 1995 et de plus en plus à l'échelle européenne et mondiale. Toutes ces résistances doivent converger vers la définition en positif d'un projet transformateur. C'est ce que nous avons expérimenté dans les collectifs unitaires antilibéraux : si l'issue – la multiplicité des candidatures – apparaît comme un échec, la pratique et l'élaboration commune de communistes, militants d'extrême gauche, écolos, républicains, socialistes de gauche, alter-mondialistes, féministes,antiracistes, etc, a créé des passerelles sérieuses et produit de réelles dynamiques. Qui peut nier le chemin parcouru en profondeur pour dépasser les clivages… dépassés ?

Les tragiques expériences dites socialistes à travers le monde ne peuvent enterrer l'espoir et l'exigence d'un dépassement de toutes les formes d'exploitation et de domination. Et ce d'autant que la social-démocratie européenne a surtout fait la démonstration de son renoncement face à la mondialisation capitaliste. Seule une remise en cause des logiques ibérales et capitalistes peut modifier la donne en profondeur, en France et à travers le monde - le réalisme est de ce côté. Seule l'ambition déterminée de répartir autrement les richesses, les pouvoirs, les savoirs et les temps de la vie est susceptible de répondre aux aspirations populaires. Seule une articulation entre le meilleur de la tradition du mouvement ouvrier et démocratique et les apports récents des mouvements sociaux peut être porteuse de novation à gauche. Seule une nouvelle équation entre social et politique peut produire des changements durables et offrir un débouché aux mobilisations populaires. Seule une rupture avec notre système de monarchie présidentielle peut redonner du sens à l'action politique, à l'avenir commun. Seule une cohérence de choix de société permettra de battre celle de la droite sur le fond et dans la durée. Dans cette perspective, les 125 propositions élaborées par les collectifs unitaires ouvraient des pistes. La pensée critique, qui s'est largement développée ces dernières années chez les intellectuels et les acteurs sociaux, doit alimenter ces alternatives en construction. Notre espace est en chantier.

Si nous voulons tirer dès maintenant les leçons de la dernière période, il n'y a qu'une voie raisonnable : renouer aux législatives le fil rompu à la présidentielle. Des candidatures réellement unitaires de la gauche de transformation sont déjà en construction. Partout où cela est possible, il faut renforcer les dynamiques locales existantes. Les décisions du PCF, de la LCR et des collectifs seront de ce point de vue déterminantes.
L'expérience l'a montré : dès que l'on est ensemble, on réussit ; quand on est séparés, on ne pèse plus.

C'est pourquoi les ponts et passerelles devront être reconstruits après les échéances électorales 2007, la raison et la responsabilité devront l'emporter sur les rancoeurs et les rancunes. D'ici là, nous souhaitons que l'addition des scores des candidats qui se réclament de la gauche antilibérale soit la meilleure possible. La mobilisation de cet électorat est nécessaire pour battre la droite. Pour l'avenir, ce qui est en jeu, c'est que change à l'intérieur de la gauche le rapport de force entre accompagnement et rupture , pour que l'alternative prenne enfin le pas sur les alternances sans changements.

Le 28 mars 2007

Clémentine Autain (féministe et élue app.PCF)
Eric Coquerel (Mars-Gauche Républicaine)
Claude Debons (syndicaliste)
François Labroille (militant Alternative Citoyenne)
Roger Martelli (PCF-communistes unitaires)
Claude Michel (syndicaliste)
Christian Piquet (LCR Unitaire)
Catherine Tricot (Communistes unitaires)
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