Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
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Le travail de recensement des propositions des différents partis, inscrits dans le cadre de cette élection présidentielle, tout au long de la campagne, m’ amène à faire les constats suivants :
Aucun parti n’a présenté de programme clair et structuré à l’amorce de cette campagne, ni même sur la dernière ligne droite. Seul le Front National s’est engagé, sur un programme diffusé depuis novembre 2006, permettant aux citoyens d’appréhender un ensemble de mesures et un parti pris politique global, même si la portée gouvernementale est … faible.
L’ensemble de la campagne a reposé sur :
- Des enjeux de stratégie politicienne qui ne portaient bien souvent pas sur les programmes des candidats mais au mieux sur des questions isolées, partielles, sorties de tout contexte programmatique. Au pire sur des enjeux internes aux partis et à la sphère politicienne, tous bords confondus.
- Des questions isolées, partielles, « décontextualisées » dont le traitement en fonction des sondages ou de l’intérêt momentané des médias, a permis aux différents candidats de ne pas s’engager sur un projet de société argumenté. Les candidats se sont contentés de visiter certaines propositions (fiscalité, identité nationale, écologie …) sans les articuler ni entre elles, ni en cohérence avec l’ensemble d’un programme. Si les citoyens attendent des réponses précises sur un certains nombre de sujets comme la privatisation des services publics, l’intégration de la donne écologique, les délocalisations et le chômage, les politiques européennes … Il ne se peuvent se contenter de réponses décousues, partielles, superficielles, techniques, interchangeables … non articulées avec un projet de société qui lui sera effectif après ces élections, d’une façon ou d’une autre.
Par ailleurs, pour les candidats qui se sont peu ou prou, au fil de la campagne, inscrits dans une approche d’envergure gouvernementale, des écarts et « fantaisies » non négligeables existent entre les propositions des candidats eux-mêmes et celles du parti qu’ils sont sensés représenter : que retenir ? A quels engagements ou perspectives se fier ?
Qu’un programme électoral puisse s’enrichir, se renforcer, s’affiner à l’épreuve d’une campagne électorale, prouverait la qualité d’un débat démocratique en cours. Or, l’absence générale de programmes clairement élaborés et défendus par l’ensemble des candidats met au grand jour … l’incapacité actuelle des organisations politiques à soutenir un réel débat entre elles et avec la population.
De plus, cette dispersion fait le jeu de certains médias qui se nourrissent de la surenchère et de l’éparpillement des uns et des autres pour se complaire dans une guerre médiatique qui lasse et éloigne un certain nombre d’électeurs, de l’intérêt et l’enthousiasme politique qui devrait être notre lot de citoyen.
Ce « spectacle » permet également, aux différents acteurs en jeu de contourner les engagements politiques effectifs et la transformation envisageable du monde dont ils sont normalement porteurs.
La mise à plat des propositions des uns et des autres met à jour également le fait qu’un certain nombre de candidats refusent ou omettent de faire de réelles propositions gouvernementales.
Dans le meilleur des cas ils offrent un vote « contestataire », sans programme ficelé, ce qui ne permet pas aux électeurs d’évaluer l’effective « contestation » dont il s’agit sur bien des points, ni d’alimenter une nécessaire expertise citoyenne sur les perspectives « contestables ».
Dans le pire des cas c’est une juxtaposition de vœux pieux ou de constats, qui trahissent l’incapacité à penser notre société dans sa globalité, son contexte national, européen et mondial, donc dans son devenir.
Un courant idéologique n’a d’intérêt sur les bancs électoraux que s’il rempli effectivement son rôle de « bâtisseur d’idées », en confrontant clairement ses thèses avec l’ensemble de celles des autres candidats. Ce qu’il peut faire par ailleurs par le biais de la presse, de publications ou de réunions publiques hors cadre électoral. C’est le minimum qui lui est demandé en échange des voix qu’il rogne et n’amènera nulle part, dans l’espace du suffrage universel.
Le bipartisme se construit aussi de cette place là !
L’absence des citoyens et organisations du mouvement social (syndicats, association, groupements de citoyens …) dans l’ensemble de cette campagne, vient confirmer l’état de délabrement de l’implication de la population et les faibles capacités et moyens d’intervention dont elle se dote.
La démocratie comme l’a définie Condorcet, doit réunir, pour exister :
- Une information de qualité.
- Un débat raisonné.
- Le suffrage universel.
Nous avons encore à peine plus de 5 ans pour nous y préparer et continuer de la mettre en oeuvre.
Sabine
p.s. : Nous avons pu nous battre contre le TCE, l'AGCS et la directive Bolkestein d'abord parce que nous avions ... les textes sous les yeux !
Et j'ai peur ... qu'ils l'aient tous très bien compris !
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