Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.
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Fils de Charles V et de Jeanne de Bourbon, Charles VI naît à Paris en 1368 et meurt en 1422. A la mort de son père, en 1380, il est sacré roi à Reims. N'ayant que 12 ans, ce sont ses oncles : Louis de Bourbon, Louis 1er d'Anjou, Jean de Berry et Philippe de Bourgogne dit " le Hardi " qui assurent sa tutelle et la régence. Depuis ce jour, le jeune Charles VI sera tiraillé entre ces Princes qui serviront avant tout leurs intérêts personnels.
En février-mars 1382, il dut affronter la révolte des Maillotins de Paris. En 1383/84, ses armées conquièrent les Flandres et Philippe le Hardi devient Comte de Flandres. 1385 : c'est la date de son mariage avec Isabeau de Bavière dont il aura 11 enfants !
En 1388, à sa majorité, il prend les rênes du pouvoir, renvoie " ses chers oncles " et s'entoure des anciens conseillés de son père, comme Olivier de Clisson Juvénal des Ursins ou Jean de Vienne, qui sont appelés par dérision les Marmousets. La nouvelle équipe procède à une réforme générale de l'Etat et de l?administration.
C'est en 1392 qu'apparaissent les premiers signes de folie, comme en ce jour du 5 août 1392, où lors de la traversée de la forêt du Mans, il crut tomber dans une embuscade. Il frappa de son épée et tua tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Charles VI fut maîtrisé, ligoté et ramené au Mans sur un chariot ! Au retour, les oncles reprennent le pouvoir et renvoient les Marmousets.
Folie de Charles VI
En 1393, à la suite d'un horrible accident resté dans les mémoires sous le nom du " Bal des Ardents " ou " bal des Sauvages ", (Louis d'Orléans s'approche d'un groupe de danseurs vêtus uniquement de plumes avec une torche à la main. Or celle-ci enflamma ses danseurs parmi lesquels se trouvait Charles VI. Il fut sauvé de la mort par sa tante qui avait jeté son manteau sur lui.) sa raison vacilla encore un peu plus. Il vit alors reclus dans son Hôtel Royal, l'hôtel Saint-Pol à Paris, alternant les périodes de lucidité et de folie.
En 1408, Isabeau de Bavière donne naissance à son 11éme enfant, Charles, le futur Charles VII. A la mort de Philippe le Hardi en 1404, son fils Jean Sans Peur le remplace auprès du roi et surtout de la Reine.
Il occupe Paris, il est maître de la Bourgogne ,des Flandres, de l'Artois et obtient la garde du Dauphin Charles. A partir de 1410, une véritable guerre civile s'installe entre les Armagnacs partisans de Charles d'Orléans et les Bourguignons de Jean Sans Peur, allié des Anglais qui pendant ce temps là, débarquent dans le Cotentin ! Le royaume est dans le plus grand chaos, l'armée française est écrasée à Azincourt en 1415.
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Charles VI à Azincourt
(musée de Dijon)
Tous les enfants de Charles VI mourront avant leur majorité, seul reste le dauphin Charles, qui est nommé régent en 1418 durant les " absences " de son père. Il négocie avec Jean Sans Peur, mais lors de l'entrevue de réconciliation à Montereau, celui-ci est assassiné Charles est tenu pour responsable et déchu de ses droits par sa mère. Il ira se réfugier à Bourges.
Les Anglais gagnent du terrain, prennent toute la Normandie, arrivent aux portes de Paris. Une paix éphémère est instituée et Charles VI signe alors le 22 mai 1420, le traité de Troyes, qui reconnaît Henri V d'Angleterre comme héritier de la couronne de France.
Compte tenu de l'état du roi de France, Henri V d'Angleterre prend la régence de la France. Charles VI meurt le 21 octobre 1422 près de sa favorite Odinette de Champdivers. Il sera inhumé à Saint Denis le 9 novembre 1422
1392 Attentat à Paris de Pierre de Craon contre Olivier de Clisson, qui est laissé pour mort, mais réchappe de ses blessures. Cette tentative de meurtre a eu lieu à l'instigation du duc de Bretagne, ennemi mortel du connétable. Charles VI exige la remise du meurtrier qui s'est réfugié à la cour du duc, et que celui-ci refuse de livrer. Le roi de France, pour venger son fidèle lieutenant auquel il doit la victoire de Rosebecque ainsi que le rétablissement du prestige royal et qui est du reste un personnage considérable, prépare une expédition contre le duc, et entre en campagne. Le 5 août, comme l'armée, au sortir de la forêt du Mans, débouchait en plaine par une chaleur torride, Charles VI, déjà troublé par l'apparition soudaine d'un individu qui, sous bois, lui avait crié d'arrêter parce qu'il était trahi, devient subitement fou en entendant le bruit d'armes qu'un soldat laissait par négligence s'entrechoquer. Il se jette l'épée haute sur son entourage, tue quatre hommes de son escorte et n'est maîtrisé qu'à grand-peine. Ses oncles reprennent le pouvoir concurremment avec son frère Louis d'Orléans. Sa folie cependant n'est pas absolue, et on le voit pendant trente-cinq ans que dure encore son règne, s'occuper fréquemment des affaires de l'État.
1396 Jean sans Peur, fils du duc de Bourgogne, conduit une expédition de chevaliers français à la défense de
Jean sans peur
1404 Mort de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Son fils Jean sans Peur lui succède.
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1407 La mésintelligence règne entre les régents du royaume au nombre desquels se place la reine Isabeau de Bavière : elle est particulièrement vive entre le duc d'Orléans et le duc de Bourgogne qui, pour se débarrasser de son rival, le fait assassiner à Paris dans un guet-apens.
Isabelle de Bavière
ou Isabeau de Bavière
1407-1435 Armagnacs et Bourguignons. Charles, fils de Louis d'Orléans qui vient d'être assassiné, épouse la fille du comte d'Armagnac et rallie autour de lui tous les partisans de sa maison, auxquels on donne le nom d'Armagnacs; il entre en lutte armée avec les parti-sans du duc de Bourgogne, appelés les Bourguignons. Cette querelle, qui partage
Les Bourguignons dominent d'abord dans Paris, où ils s'appuient sur la corporation des bouchers dirigés par Caboche et Capeluche, et surnommés les Cabochiens. Ceux-ci poussent les excès si loin que la population appelle les Armagnacs à son secours (1413), et l'on voit les fureurs des Armagnacs succéder à celles des Bourguignons. La lutte continue entre ces irréconciliables adversaires. Le parti Armagnac s'aliène les sympathies du peuple en sollicitant le concours des Anglais. En 1414, Charles VI marche contre le duc de Bourgogne qu'il va assiéger à Arras. C'est au cours de ce siège qu'il est fait pour la première fois usage des arquebuses que l'on appelait alors e canons à main s. Cette expédition n'a pas de suites : Charles accorde la paix au duc.
1415 Les Anglais ont cherché à profiter du désordre où se trouve
Les Français livrent bataille aux Anglais à Azincourt où la chevalerie française subit un désastre sans précédent.
Bataille d'Azincourt
25 octobre 1415
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Clairière entre le bois d'Azincourt et celui de Tramecourt
dans l'Artois (Nord)
1418 Henri V d'Angleterre profite de sa victoire pour continuer la conquête de
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Henry V d'Angleterre
1419 Les amis du dauphin, feignant de désirer une réconciliation avec le duc de Bourgogne Jean sans Peur, attirent ce dernier à Montereau, où il est assassiné par Tanneguy Duchâtel.
1420 Traité de Troyes, négocié par Isabeau de Bavière et Philippe le Bon, duc de Bourgogne (fils de Jean sans Peur) avec les Anglais, et qu'on fait signer à Charles VI malgré sa débilité mentale. Par ce traité, le dauphin est déshérité au profit de Henri V, roi d'Angleterre qui est déclaré régent, et héritier de la couronne de France, à la condition d'épouser Catherine, fille de Charles VI.
Henri V fait son entrée à Paris et se fait remettre le Louvre,
1421 Le dauphin n'a pas cessé de guerroyer contre les Anglais. Sept mille Écossais sont venus se mettre à sa solde, mais en général le sort des armes ne lui est pas favorable.
1422 Mort de Charles VI et de Henri V d'Angleterre; Henri VI, qu'Henri V a eu de la fille de Charles VI, âgé seulement de dix mois, est proclamé à Paris roi de France et d'Angleterre, tandis que le dauphin Charles se proclame roi de France à Mehun-sur-Yèvre (en Berry), sous le nom de Charles VII.
La règne de Charles VI a été désastreux pour
Charles VI passa presque toutes les années de sa folie dans une sorte d'internement, livré aux soins d'une compagne, Odette de Champdivers, qui inventa pour le distraire, dit-on, les cartes à jouer.
Lors de la mort de Charles VI, les Armagnacs et les Bourguignons étaient encore en guerre : les premiers représentaient le parti du dauphin, les Bourguignons étaient inféodés aux Anglais.
Avènement de Charles VII (né en 1403). A ce moment, il ne possède que
Tout le reste du royaume, tel qu'il était à l'avènement de Charles VI, est entre les mains des Anglais qui, tout au moins, en occupent les points les plus importants, et gouverné par leur duc de Bedford ; celui-ci, allié avec le duc de Bourgogne, continue la conquête de
1423-1429 Au cours de la lutte contre les Anglais, les Français et les Écossais qui combattent avec eux sont battus dans toutes les rencontres : à Crevant (1423), à Verneuil (1424), à Rouvray (1429) où ils ont la satisfaction platonique de détruire un convoi de harengs destiné au ravitaillement des Anglais, ce qui a fait donner à cette affaire le nom de Journée des Harengs. Aussi les Anglais ont-ils pu descendre jusqu'à Orléans, qu'ils assiègent et autour de laquelle ils ont élevé des bastilles (forteresses en bois ou matériaux légers pour abriter les assiégeants).
1429-1431 Mission et actes de Jeanne d'Arc. C'est la fille de pauvres gens de Domrémy (village de Lorraine), elle est née en 1412. Vers l'âge de treize ans, elle a commencé à avoir des visions au cours des-quelles, dit-elle, l'archange saint Michel et des saintes lui ont apparu, et lui ont ordonné de délivrer
Après divers incidents, le roi, gagné lui aussi, ainsi que son entourage, par l'assurance de celle qui se dit envoyée de Dieu, consent à lui confier quelques troupes avec lesquelles elle part pour faire lever le siège d'Orléans. Jeanne d'Arc réussit à pénétrer le 20 avril dans Orléans où les assiégés, confiants dans sa mission et subjugués par son ascendant, se rangent sous ses ordres : en quelques jours, elle rétablit la discipline, réorganise la défense et dirige de sa personne plusieurs coups de main hors des murs, au cours desquels différentes bastilles sont enlevées aux Anglais. Le 7 mai, malgré l'avis des capitaines, elle ordonne une grande sortie qui donne lieu à un violent combat où elle est blessée, mais les Français, après avoir été sur le point de lâcher pied, sur ses exhortations reprennent vigoureusement l'offensive et remportent la victoire. Le lendemain, les Anglais épouvantés lèvent le siège. C'est cet événement que la ville d'Orléans en particulier, et
Les Français, électrisés par ce succès magnifique, suivent dès lors aveuglément Jeanne d'Arc. Sous ses ordres, ils pourchassent les Anglais en retraite, leur reprennent Jargeau, Beaugency et Meung. Enfin, le 18 juin, elle remporte à Patay une nouvelle grande victoire qui lui ouvre la route de Reims ; Troyes et Châlons lui font leur soumission. Le gouverneur bourguignon de Reims est contraint par l'enthousiasme populaire d'ouvrir les portes de la ville à Jeanne et à Charles VII.
Le 17 juillet, en présence de Jeanne d'Arc, des capitaines et de l'armée, a lieu dans la cathédrale le sacre solennel de Charles VII par l'archevêque Regnault de Chartres, que le retour des Français a remis en possession de son siège.
Jeanne d'Arc à Reims lors du sacre du roi Charles VII
Artiste : Jules Eugène Lenepveu (1890)
Lieu : Panthéon
Jeanne est décidée à poursuivre sans autre répit les Anglais, mais les chefs de l'armée, jaloux sans doute de l'ascendant qu'elle pourrait prendre sur le roi, ne la secondent que mollement. Cependant elle vient attaquer Paris (fin août 1429), et bien qu'elle manque des moyens nécessaires pour une aussi grosse entreprise, elle tente de forcer l'entrée de la ville par la porte Saint-Honoré.
La ville est sur le point d'être prise, lorsque Jeanne est blessée : ses troupes l'entraînent en arrière, et les Anglais restent maîtres de la place. Jeanne continue de tenir la campagne, mais le mauvais vouloir des chefs des troupes paralyse ses efforts et elle ne remporte plus que des succès sans conséquence. En 1430, le duc de Bourgogne étant venu mettre le siège devant Compiègne qui tenait pour le roi de France, les habitants demandent le secours de Jeanne ; tout ce que l'héroïne peut obtenir de Charles VII est un renfort de 70 hommes, avec lequel elle essaye de bousculer dans une sortie les assiégeants (24 mai).
La sortie est malheureuse; d'ailleurs les Français n'étaient pas en force ; en rentrant en désordre et précipitamment dans la ville, ils abandonnent Jeanne qui vient d'être blessée, et tombe aux mains des Bourguignons, dont le chef, Jean de Luxembourg, la vend aux Anglais (novembre 1430).
Conduite à Rouen où elle est emprisonnée, Jeanne expie par toute sorte de mauvais traitements ses victoires sur les Anglais : ceux-ci l'accusent de sorcellerie pour se débarrasser plus facilement d'elle en se réservant les apparences du bon droit. Un tribunal est formé soi-disant pour la juger, mais qui a en réalité pour mission de la condamner. En effet, après diverses péripéties où se révélèrent manifestement la duplicité et la rancune des Anglais, Jeanne est condamnée à être brûlée vive et subit héroïquement le dernier supplice le 30 mai
1431 Naissance de François Villon.
François de Moncorbier dit Villon
(né en 1431 ou 1432 à Paris, disparu en 1463)
est un poète français de la fin du Moyen Âge.
Il est probablement l'auteur français le plus connu de cette période.
Les romantiques en firent le précurseur des poètes maudits.
François Villon
(Grand Testament de Maistre François Villon, 1489)
1435 Paix d'Arras. Au prix de concessions territoriales importantes, Charles VII réussit à détacher le duc de Bourgogne de ses alliés les Anglais, il abandonnait à Philippe le Bon les comtés de Mâcon et d'Auxerre, ainsi que quelques villes de
1436 Cependant Paris était toujours occupé par les Anglais. Les notables se concertèrent pour mettre fin à la domination étrangère. Dans ce but, à l'instigation de l'un d'eux, Michel Laillier, ils ouvrirent clandestinement les portes au connétable de Richemond qui reprit promptement possession de la ville. La garnison anglaise se retira dans
1437 Charles VII fait solennellement son entrée à Paris, mais ne s'y fixe pas.
1438 Une violente épidémie de peste désole Paris et une partie de
1439 Il s'était formé un peu partout des bandes de malfaiteurs, hommes de guerre renvoyés sans solde, mercenaires étrangers sans emploi, gens sans aveu de toute sorte qui, sous le nom d'Écorcheurs, ravageaient
Charles VII conclut une trêve avec l'Angleterre et en profita pour persuader les Écorcheurs d'aller se battre pour le compte d'autres princes en Lorraine et en Suisse : il en enrôla cependant un certain nombre des plus braves dans ses troupes de récente création.
1445 Création des Compagnies d'ordonnance (15 de 600 hommes à cheval) qui furent le noyau de la cavalerie française.
1448 Création de l'infanterie régulière française dont les premières unités sont les francs-archers. Perfectionnement et extension de l'artillerie, sous la direction des frères Bureau. Les bombardes du temps de Crécy font place à de véritables canons. Réorganisation des finances sous la direction de Jacques Coeur, qui mit sa grande fortune personnelle à la disposition du roi pour lui permettre de réaliser ses projets.