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Les humeurs, les rumeurs, les coups de cœur, les coups de gueule, et puis les amitiés de la rue et de plus loin, de la journée, de l'air du temps...un peu de tout, un peu de rien, mais toujours à gauche.

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Les Valois 2

1380  Mort de Du Guesclin devant la forteresse de Châteauneuf-Randon tenue par les Anglais et dont il faisait le siège. Charles V voulut qu'il fût inhumé auprès des rois de France, dans l'abbaye de Saint-Denis.
Mort de Charles V. Ce règne doit être regardé comme un des meilleurs que la France ail connus. II vit la réalisation de réformes heureuses et de grands progrès.



Citons :
  • l'agrandissement et la consolidation du domaine royal;
  • la restauration des finances (vide à l'avènement, le Trésor contenait plusieurs millions à la mort de Charles V);
  • l'économie instaurée dans les services publics, notamment dans la perception des impôts ;
  • la substitution dans le Parlement des légistes aux barons ;
  • la création, sous le nom de Librairie royale, de la Bibliothèque Nationale , dont le premier siège fut dans la Tour du Louvre (commencée avec 20 volumes, elle en contenait 900 quand mourut le roi) ;
  • l'établissement du Palais de justice (dans l'ancien château de saint Louis) ;
  • la fondation de la Bastille (qui ne fut du reste achevée que plus tard), etc.

  • De plus, Charles V fixa à 13 ans révolus la majorité des rois de France.


Le célèbre chroniqueur Froissart, auquel on doit le plus de renseignements sur la guerre de Cent ans et dont les écrits ont beaucoup contribué à nous faire connaître le Moyen Âge, vécut sous ce règne (1325-1400). Charles V avait épousé Jeanne de Bourbon, dont il eut Charles VI (né en 1368) qui lui succéda.


A la mort de Charles V son fils (né en 1368 de Jeanne de Bourbon) lui succède sous le nom de Charles VI, mais il est mineur et ne gouverne d'abord que sous la tutelle de ses oncles, les ducs d'Anjou, de Bourgogne et de Berry, qui mettent au pillage le trésor royal, lentement constitué par Charles V, et mécontentent la population par leur attitude hautaine et arrogante.

1382 Les régents font annoncer qu'ils rétablissent des taxes qui avaient été abolies par le feu roi. A cette nouvelle, le peuple de Paris se révolte, massacre un collecteur d'impôts et s'empare des armes qui étaient tenues en réserve
que dans le Languedoc, où les révoltés prennent le nom de Tuchins. Pendant ces troubles, les Flamands se sont, de leur côté, soulevés contre leur comte, et se sont donné pour chef Philippe Artevelde (fils de Jacques Artevelde que les Français ont combattu sous le règne de Philippe VI). Le comte de Flandre étant le beau-père du duc de Bourgogne (l'un des régents de France), celui-ci pousse Charles VI à prendre les armes en sa faveur. La chevalerie française obéit d'au-tant plus volontiers en cette circonstance à Charles VI, que le mouvement qui se produit dans les Flandres est en réalité une révolte des artisans et des bourgeois contre les seigneurs. Les Français sont commandés par un ancien compagnon d'armes de Du Guesclin, le connétable Olivier de Clisson. La rencontre a lieu le 17 novembre à Rosebecque ; les Flamands y sont complètement battus par les Français et leur chef Artevelde y est tué. A la suite de cette victoire, Charles VI entre à Gand et y fait décapiter plusieurs bourgeois regardés comme les chefs du mouvement. Après quoi il rentre à Paris pour réduire la révolte des Maillotins. à l'Hôtel de Ville, notamment de maillets de plomb fabriqués autrefois pour être distribués en cas de besoin aux défenseurs des remparts : de là le surnom de Maillotins donné à ces insurgés qui, maîtres de la ville, y font régner la terreur et y commettent toute sorte d'excès. En même temps, des troubles analogues éclatent dans plusieurs villes, telles que Reims, Sens, Compiègne, Amiens et Rouen, et jusque dans le Languedoc, où les révoltés prennent le nom de Tuchins. Pendant ces troubles, les Flamands se sont, de leur côté, soulevés contre leur comte, et se sont donné pour chef Philippe Artevelde (fils de Jacques Artevelde que les Français ont combattu sous le règne de Philippe VI). Le comte de Flandre étant le beau-père du duc de Bourgogne (l'un des régents de France), celui-ci pousse Charles VI à prendre les armes en sa faveur. La chevalerie française obéit d'au-tant plus volontiers en cette circonstance à Charles VI, que le mouvement qui se produit dans les Flandres est en réalité une révolte des artisans et des bourgeois contre les seigneurs. Les Français sont commandés par un ancien compagnon d'armes de Du Guesclin, le connétable Olivier de Clisson. La rencontre a lieu le 17 novembre à Rosebecque ; les Flamands y sont complètement battus par les Français et leur chef Artevelde y est tué. A la suite de cette victoire, Charles VI entre à Gand et y fait décapiter plusieurs bourgeois regardés comme les chefs du mouvement. Après quoi il rentre à Paris pour réduire la révolte des Maillotins.

1385 Charles VI épouse Isabeau de Bavière, fille d'Étienne II, duc de Bavière, née en 1371, qui est restée célèbre par les scandales de sa vie privée et publique.

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Charles VI
 
Illustration tirée du livre " Bien connaître les généalogies des rois de France " par J.C. Volkmann

Fils de Charles V et de Jeanne de Bourbon, Charles VI naît à Paris en 1368 et meurt en 1422. A la mort de son père, en 1380, il est sacré roi à Reims. N'ayant que 12 ans, ce sont ses oncles : Louis de Bourbon, Louis 1er d'Anjou, Jean de Berry et Philippe de Bourgogne dit " le Hardi " qui assurent sa tutelle et la régence. Depuis ce jour, le jeune Charles VI sera tiraillé entre ces Princes qui serviront avant tout leurs intérêts personnels.

En février-mars 1382, il dut affronter la révolte des Maillotins de Paris. En 1383/84, ses armées conquièrent les Flandres et Philippe le Hardi devient Comte de Flandres. 1385 : c'est la date de son mariage avec Isabeau de Bavière dont il aura 11 enfants !

En 1388, à sa majorité, il prend les rênes du pouvoir, renvoie " ses chers oncles " et s'entoure des anciens conseillés de son père, comme Olivier de Clisson Juvénal des Ursins ou Jean de Vienne, qui sont appelés par dérision les Marmousets. La nouvelle équipe procède à une réforme générale de l'Etat et de l?administration.

C'est en 1392 qu'apparaissent les premiers signes de folie, comme en ce jour du 5 août 1392, où lors de la traversée de la forêt du Mans, il crut tomber dans une embuscade. Il frappa de son épée et tua tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Charles VI fut maîtrisé, ligoté et ramené au Mans sur un chariot ! Au retour, les oncles reprennent le pouvoir et renvoient les Marmousets.


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Folie de Charles VI


 

En 1393, à la suite d'un horrible accident resté dans les mémoires sous le nom du " Bal des Ardents " ou " bal des Sauvages ", (Louis d'Orléans s'approche d'un groupe de danseurs vêtus uniquement de plumes avec une torche à la main. Or celle-ci enflamma ses danseurs parmi lesquels se trouvait Charles VI. Il fut sauvé de la mort par sa tante qui avait jeté son manteau sur lui.) sa raison vacilla encore un peu plus. Il vit alors reclus dans son Hôtel Royal, l'hôtel Saint-Pol à Paris, alternant les périodes de lucidité et de folie.

En 1408, Isabeau de Bavière donne naissance à son 11éme enfant, Charles, le futur Charles VII. A la mort de Philippe le Hardi en 1404, son fils Jean Sans Peur le remplace auprès du roi et surtout de la Reine.

Il occupe Paris, il est maître de la Bourgogne ,des Flandres, de l'Artois et obtient la garde du Dauphin Charles. A partir de 1410, une véritable guerre civile s'installe entre les Armagnacs partisans de Charles d'Orléans et les Bourguignons de Jean Sans Peur, allié des Anglais qui pendant ce temps là, débarquent dans le Cotentin ! Le royaume est dans le plus grand chaos, l'armée française est écrasée à Azincourt en 1415.



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Charles VI à Azincourt

(musée de Dijon)

 
 
 
 

Tous les enfants de Charles VI mourront avant leur majorité, seul reste le dauphin Charles, qui est nommé régent en 1418 durant les " absences " de son père. Il négocie avec Jean Sans Peur, mais lors de l'entrevue de réconciliation à Montereau, celui-ci est assassiné Charles est tenu pour responsable et déchu de ses droits par sa mère. Il ira se réfugier à Bourges.

Les Anglais gagnent du terrain, prennent toute la Normandie, arrivent aux portes de Paris. Une paix éphémère est instituée et Charles VI signe alors le 22 mai 1420, le traité de Troyes, qui reconnaît Henri V d'Angleterre comme héritier de la couronne de France.

Compte tenu de l'état du roi de France, Henri V d'Angleterre prend la régence de la France. Charles VI meurt le 21 octobre 1422 près de sa favorite Odinette de Champdivers. Il sera inhumé à Saint Denis le 9 novembre 1422


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1388
Charles VI décidé à gouverner seul renvoie ses oncles dont l'action a été si funeste, et rappelle les anciens conseillers de son père, gens de petite noblesse, et même de mince origine (et que pour cette raison on appela les Marmousets), mais sages et prévoyants.
L'administration prudente et économe des Marmousets ramène quelque prospérité dans le pays.


1389
Louis, duc d'Orléans, frère de Charles VI, épouse Valentine Visconti, qui reçoit en dot des droits sur le Milanais (cause des futures guerres d'Italie).

1392 Attentat à Paris de Pierre de Craon contre Olivier de Clisson, qui est laissé pour mort, mais réchappe de ses blessures. Cette tentative de meurtre a eu lieu à l'instigation du duc de Bretagne, ennemi mortel du connétable. Charles VI exige la remise du meurtrier qui s'est réfugié à la cour du duc, et que celui-ci refuse de livrer. Le roi de France, pour venger son fidèle lieutenant auquel il doit la victoire de Rosebecque ainsi que le rétablissement du prestige royal et qui est du reste un personnage considérable, prépare une expédition contre le duc, et entre en campagne. Le 5 août, comme l'armée, au sortir de la forêt du Mans, débouchait en plaine par une chaleur torride, Charles VI, déjà troublé par l'apparition soudaine d'un individu qui, sous bois, lui avait crié d'arrêter parce qu'il était trahi, devient subitement fou en entendant le bruit d'armes qu'un soldat laissait par négligence s'entrechoquer. Il se jette l'épée haute sur son entourage, tue quatre hommes de son escorte et n'est maîtrisé qu'à grand-peine. Ses oncles reprennent le pouvoir concurremment avec son frère Louis d'Orléans. Sa folie cependant n'est pas absolue, et on le voit pendant trente-cinq ans que dure encore son règne, s'occuper fréquemment des affaires de l'État.


1396  Jean sans Peur, fils du duc de Bourgogne, conduit une expédition de chevaliers français à la défense de la Hongrie contre les Turcs ; il est battu à Nicopolis par le sultan Bajazet Ier.


Jean sans peur 

Jean sans peur

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1404 Mort de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Son fils Jean sans Peur lui succède.


Isabeau de Bavière


1407 La mésintelligence règne entre les régents du royaume au nombre desquels se place la reine Isabeau de Bavière : elle est particulièrement vive entre le duc d'Orléans et le duc de Bourgogne qui, pour se débarrasser de son rival, le fait assassiner à Paris dans un guet-apens.

 

 

 

Isabelle de Bavière

ou Isabeau de Bavière



1407-1435 Armagnacs et Bourguignons. Charles, fils de Louis d'Orléans qui vient d'être assassiné, épouse la fille du comte d'Armagnac et rallie autour de lui tous les partisans de sa maison, auxquels on donne le nom d'Armagnacs; il entre en lutte armée avec les parti-sans du duc de Bourgogne, appelés les Bourguignons. Cette querelle, qui partage la France en deux camps, dégénère en une véritable guerre civile ; les deux factions rivalisent d'atrocités.

Les Bourguignons dominent d'abord dans Paris, où ils s'appuient sur la corporation des bouchers dirigés par Caboche et Capeluche, et surnommés les Cabochiens. Ceux-ci poussent les excès si loin que la population appelle les Armagnacs à son secours (1413), et l'on voit les fureurs des Armagnacs succéder à celles des Bourguignons. La lutte continue entre ces irréconciliables adversaires. Le parti Armagnac s'aliène les sympathies du peuple en sollicitant le concours des Anglais. En 1414, Charles VI marche contre le duc de Bourgogne qu'il va assiéger à Arras. C'est au cours de ce siège qu'il est fait pour la première fois usage des arquebuses que l'on appelait alors e canons à main s. Cette expédition n'a pas de suites : Charles accorde la paix au duc.


1415 Les Anglais ont cherché à profiter du désordre où se trouve la France pour débarquer des troupes à l'embouchure de la Seine. Un grand nombre d'Armagnacs et de Bourguignons font trêve à leur querelle pour marcher ensemble contre eux sous le commande-ment du connétable d'Albret ; le duc de Bourgogne ne se joint pas à eux.


 

Les Français livrent bataille aux Anglais à Azincourt où la chevalerie française subit un désastre sans précédent.

 

Bataille d'Azincourt

25 octobre 1415



Clairière entre le bois d'Azincourt et celui de Tramecourt

dans l'Artois (Nord)


1418 Henri V d'Angleterre profite de sa victoire pour continuer la conquête de la Normandie ; Caen et Rouen se défendent héroïquement. Jean sans Peur exploite cet événement en soulevant le peuple de Paris contre les Armagnacs dont le chef, Jean d'Armagnac, vient d'être fait connétable. Les Bourguignons entrent dans la ville avec l'aide des Cabochiens, se saisissent de tous les Armagnacs qu'ils peuvent trouver et les massacrent. Le dauphin Charles (fils aîné de Charles VI et d'Isabeau de Bavière) n'échappe à la mort que grâce au dévouement de Tanneguy Duchâtel, prévôt des marchands, qui l'emporte couvert d'un manteau et réussit à le faire sortir de Paris. Le dauphin prend le titre de régent et transfère à Poitiers le siège du gouvernement et ce qui, du Parlement et de l'Université, s'attache à sa fortune.


 

Henry V d'Angleterre

Henry V d'Angleterre


1419 Les amis du dauphin, feignant de désirer une réconciliation avec le duc de Bourgogne Jean sans Peur, attirent ce dernier à Montereau, où il est assassiné par Tanneguy Duchâtel.


1420 Traité de Troyes, négocié par Isabeau de Bavière et Philippe le Bon, duc de Bourgogne (fils de Jean sans Peur) avec les Anglais, et qu'on fait signer à Charles VI malgré sa débilité mentale. Par ce traité, le dauphin est déshérité au profit de Henri V, roi d'Angleterre qui est déclaré régent, et héritier de la couronne de France, à la condition d'épouser Catherine, fille de Charles VI.


Henri V fait son entrée à Paris et se fait remettre le Louvre, la Bastille , Vincennes, Sens, Montereau et Melun, que ses troupes occupent.


1421 Le dauphin n'a pas cessé de guerroyer contre les Anglais. Sept mille Écossais sont venus se mettre à sa solde, mais en général le sort des armes ne lui est pas favorable.


1422 Mort de Charles VI et de Henri V d'Angleterre; Henri VI, qu'Henri V a eu de la fille de Charles VI, âgé seulement de dix mois, est proclamé à Paris roi de France et d'Angleterre, tandis que le dauphin Charles se proclame roi de France à Mehun-sur-Yèvre (en Berry), sous le nom de Charles VII.

La règne de Charles VI a été désastreux pour la France. Pendant que le pays était livré aux horreurs de la guerre civile, ceux qui prétendaient le gouverner au nom du roi fou l'exploitaient indignement, et finalement en vendaient aux Anglais la plus grande partie. La reine Isabeau, qui a marqué ce long règne de ses débauches et de ses exactions, survit à son complice Henri V d'Angleterre jusqu'en 1435.

Charles VI passa presque toutes les années de sa folie dans une sorte d'internement, livré aux soins d'une compagne, Odette de Champdivers, qui inventa pour le distraire, dit-on, les cartes à jouer.

Lors de la mort de Charles VI, les Armagnacs et les Bourguignons étaient encore en guerre : les premiers représentaient le parti du dauphin, les Bourguignons étaient inféodés aux Anglais.

Avènement de Charles VII (né en 1403). A ce moment, il ne possède que la Touraine , l'Orléanais, le Berry, l'Auvergne et le Dauphiné : il a fixé sa capitale à Bourges, aussi les Anglais l'appellent-ils par dérision le roi de Bourges.

Tout le reste du royaume, tel qu'il était à l'avènement de Charles VI, est entre les mains des Anglais qui, tout au moins, en occupent les points les plus importants, et gouverné par leur duc de Bedford ; celui-ci, allié avec le duc de Bourgogne, continue la conquête de la France.

Charles VII est entouré de capitaines braves et dévoués, tels que La Hire , Xaintrailles, le connétable de Richemond, mais il manque de ressources pour soutenir efficacement la lutte. D'ailleurs, bien qu'il ait donné à l'occasion des preuves de bravoure, il est indolent et prodigue et sacrifie tout au plaisir.


1423-1429 Au cours de la lutte contre les Anglais, les Français et les Écossais qui combattent avec eux sont battus dans toutes les rencontres : à Crevant (1423), à Verneuil (1424), à Rouvray (1429) où ils ont la satisfaction platonique de détruire un convoi de harengs destiné au ravitaillement des Anglais, ce qui a fait donner à cette affaire le nom de Journée des Harengs. Aussi les Anglais ont-ils pu descendre jusqu'à Orléans, qu'ils assiègent et autour de laquelle ils ont élevé des bastilles (forteresses en bois ou matériaux légers pour abriter les assiégeants).

 


Voici une image de Jeanne d'Arc


 

 

 












1429-1431 Mission et actes de Jeanne d'Arc. C'est la fille de pauvres gens de Domrémy (village de Lorraine), elle est née en 1412. Vers l'âge de treize ans, elle a commencé à avoir des visions au cours des-quelles, dit-elle, l'archange saint Michel et des saintes lui ont apparu, et lui ont ordonné de délivrer la France des Anglais. Elle se défend pendant cinq ans, que durent ces manifestations de l'au-delà, d'accepter cette mission pour laquelle elle ne se voit pas faite. Cependant, dans sa province reculée, les gens souffrent cruellement de l'état de guerre permanent ; le bruit des défaites des compagnons du roi de France est parvenu jusqu'à eux ; ils n'ignorent pas qu'Orléans qui est le dernier rempart de la monarchie est dans une position précaire. Ces dernières nouvelles emportent le consentement de Jeanne. Elle va raconter ses visions au capitaine du pays pour le roi, le sire de Baudricourt, et le somme de la faire conduire auprès de Charles VII ; Baudricourt commence par la rebuter, et enfin ébranlé par la conviction de la jeune « pastoure », il consent à son départ, lui facilite l'achat d'un cheval et de vêtements masculins, lui donne une épée et une escorte de six hommes d'armes. Après un voyage de vingt jours, Jeanne arrive à Chinon où se tient la Cour. Charles VII ne la laisse que trois jours plus tard pénétrer auprès de lui, encore s'est-il mêlé à la foule des courtisans pour voir si elle le reconnaîtra, mais elle va à lui sans hésitation. Le roi des cieux, lui dit-elle, vous mande par moi, gentil dauphin, que vous serez sacré et couronné à Reims.

Après divers incidents, le roi, gagné lui aussi, ainsi que son entourage, par l'assurance de celle qui se dit envoyée de Dieu, consent à lui confier quelques troupes avec lesquelles elle part pour faire lever le siège d'Orléans. Jeanne d'Arc réussit à pénétrer le 20 avril dans Orléans où les assiégés, confiants dans sa mission et subjugués par son ascendant, se rangent sous ses ordres : en quelques jours, elle rétablit la discipline, réorganise la défense et dirige de sa personne plusieurs coups de main hors des murs, au cours desquels différentes bastilles sont enlevées aux Anglais. Le 7 mai, malgré l'avis des capitaines, elle ordonne une grande sortie qui donne lieu à un violent combat où elle est blessée, mais les Français, après avoir été sur le point de lâcher pied, sur ses exhortations reprennent vigoureusement l'offensive et remportent la victoire. Le lendemain, les Anglais épouvantés lèvent le siège. C'est cet événement que la ville d'Orléans en particulier, et la France en général, commémorent par de grandes fêtes le 8 mai.


Les Français, électrisés par ce succès magnifique, suivent dès lors aveuglément Jeanne d'Arc. Sous ses ordres, ils pourchassent les Anglais en retraite, leur reprennent Jargeau, Beaugency et Meung. Enfin, le 18 juin, elle remporte à Patay une nouvelle grande victoire qui lui ouvre la route de Reims ; Troyes et Châlons lui font leur soumission. Le gouverneur bourguignon de Reims est contraint par l'enthousiasme populaire d'ouvrir les portes de la ville à Jeanne et à Charles VII.

Le 17 juillet, en présence de Jeanne d'Arc, des capitaines et de l'armée, a lieu dans la cathédrale le sacre solennel de Charles VII par l'archevêque Regnault de Chartres, que le retour des Français a remis en possession de son siège.

Jeanne d'Arc à Reims lors du sacre du roi Charles VII

Artiste : Jules Eugène Lenepveu (1890)

Lieu : Panthéon


Jeanne est décidée à poursuivre sans autre répit les Anglais, mais les chefs de l'armée, jaloux sans doute de l'ascendant qu'elle pourrait prendre sur le roi, ne la secondent que mollement. Cependant elle vient attaquer Paris (fin août 1429), et bien qu'elle manque des moyens nécessaires pour une aussi grosse entreprise, elle tente de forcer l'entrée de la ville par la porte Saint-Honoré.

La ville est sur le point d'être prise, lorsque Jeanne est blessée : ses troupes l'entraînent en arrière, et les Anglais restent maîtres de la place. Jeanne continue de tenir la campagne, mais le mauvais vouloir des chefs des troupes paralyse ses efforts et elle ne remporte plus que des succès sans conséquence. En 1430, le duc de Bourgogne étant venu mettre le siège devant Compiègne qui tenait pour le roi de France, les habitants demandent le secours de Jeanne ; tout ce que l'héroïne peut obtenir de Charles VII est un renfort de 70 hommes, avec lequel elle essaye de bousculer dans une sortie les assiégeants (24 mai).

La sortie est malheureuse; d'ailleurs les Français n'étaient pas en force ; en rentrant en désordre et précipitamment dans la ville, ils abandonnent Jeanne qui vient d'être blessée, et tombe aux mains des Bourguignons, dont le chef, Jean de Luxembourg, la vend aux Anglais (novembre 1430).

Conduite à Rouen où elle est emprisonnée, Jeanne expie par toute sorte de mauvais traitements ses victoires sur les Anglais : ceux-ci l'accusent de sorcellerie pour se débarrasser plus facilement d'elle en se réservant les apparences du bon droit. Un tribunal est formé soi-disant pour la juger, mais qui a en réalité pour mission de la condamner. En effet, après diverses péripéties où se révélèrent manifestement la duplicité et la rancune des Anglais, Jeanne est condamnée à être brûlée vive et subit héroïquement le dernier supplice le 30 mai 1431. L'histoire a gardé le nom, à jamais souillé, du personnage qui, pour complaire aux Anglais, dirigea ce procès inique de manière à le faire aboutir à la condamnation de Jeanne d'Arc : c'était Cauchon, évêque de Beauvais.

 


Voici une image de Jeanne d'Arc au bûcher





































 



1431 Naissance de François Villon.


François de Moncorbier dit Villon

(né en 1431 ou 1432 à Paris, disparu en 1463)

est un poète français de la fin du Moyen Âge.

Il est probablement l'auteur français le plus connu de cette période.

Les romantiques en firent le précurseur des poètes maudits.


François Villon (Grand Testament de Maistre François Villon, 1489)

François Villon
(Grand Testament de Maistre François Villon, 1489)

 

 


 1431-1435 Charles VII n'avait tenté que peu d'efforts pour sauver celle à qui il  devait d'avoir pu recouvrer une grande partie de son royaume. Cependant, la mort de l'héroïne provoqua une réaction favorable dans les esprits. Le roi se mit sérieusement au travail ; tandis que ses capitaines continuaient à batailler contre les Anglais et les Bourguignons, il réorganisait le pays et entamait des négociations avec le duc de Bourgogne en vue d'une réconciliation avec celui-ci.


1435 Paix d'Arras. Au prix de concessions territoriales importantes, Charles VII réussit à détacher le duc de Bourgogne de ses alliés les Anglais, il abandonnait à Philippe le Bon les comtés de Mâcon et d'Auxerre, ainsi que quelques villes de la Somme : Abbeville, Amiens, Corbie, Péronne et Saint-Quentin que, d'ailleurs, il se réservait la faculté de racheter ; mais ce sacrifice mettait fin à la lutte entre Armagnacs et Bourguignons.


1436 Cependant Paris était toujours occupé par les Anglais. Les notables se concertèrent pour mettre fin à la domination étrangère. Dans ce but, à l'instigation de l'un d'eux, Michel Laillier, ils ouvrirent clandestinement les portes au connétable de Richemond qui reprit promptement possession de la ville. La garnison anglaise se retira dans la Bastille , d'où il lui fut permis plus tard de sortir sans dommage pour quitter la capitale.

 

1437 Charles VII fait solennellement son entrée à Paris, mais ne s'y fixe pas.


1438 Une violente épidémie de peste désole Paris et une partie de la France. Le concile de Bourges édicte la Pragmatique Sanction qui règle les rapports du clergé de France avec le Saint-Siège et établit l'Église gallicane.


1439 Il s'était formé un peu partout des bandes de malfaiteurs, hommes de guerre renvoyés sans solde, mercenaires étrangers sans emploi, gens sans aveu de toute sorte qui, sous le nom d'Écorcheurs, ravageaient la France. Charles VII convoqua en 1439 les États généraux à Orléans et obtint d'eux, sous le nom de taille permanente, les fonds nécessaires pour la création de troupes permanentes qui devaient rétablir partout l'ordre et la sécurité. La création de cette force royale inquiéta les seigneurs, qui y virent (non sans raison) un instrument à l'aide duquel la monarchie pourrait les dépouiller de leurs privilèges féodaux ; ils se révoltèrent contre le roi : ce mouvement fut appelé la Praguerie parce qu'il coïncidait avec une manifestation analogue qui avait lieu en Bohême ; Charles VII en vint à bout facilement.

Charles VII conclut une trêve avec l'Angleterre et en profita pour persuader les Écorcheurs d'aller se battre pour le compte d'autres princes en Lorraine et en Suisse : il en enrôla cependant un certain nombre des plus braves dans ses troupes de récente création.


1445 Création des Compagnies d'ordonnance (15 de 600 hommes à cheval) qui furent le noyau de la cavalerie française.


1448 Création de l'infanterie régulière française dont les premières unités sont les francs-archers. Perfectionnement et extension de l'artillerie, sous la direction des frères Bureau. Les bombardes du temps de Crécy font place à de véritables canons.  Réorganisation des finances sous la direction de Jacques Coeur, qui mit sa grande fortune personnelle à la disposition du roi pour lui permettre de réaliser ses projets.

 


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